Trop d’insistance sur le petit-déjeuner en régime amaigrissant vous coûtera de la masse musculaire

Si vous voulez perdre du poids, vous devez vous assurer de prendre un bon petit-déjeuner. Essayez déjà d’interroger Google à ce sujet… Toujours est-il qu’une petite étude réalisée en 1997 a montré que les athlètes ne suivraient pas la meilleure approche vers la minceur en mettant trop l’accent sur le petit-déjeuner. Faire cela signifie que vous pourriez perdre de la masse maigre – en d’autres mots, que vous perdriez du muscle…

Une étude scientifique des années 1970

Dans les années 1970, des chercheurs ont réalisé des expériences au cours desquelles ils ont donné un seul repas par jour à leurs sujets. [Chronobiologia 1975; 2 (Suppl 1): 33.] Le repas fournissait juste assez de calories pour maintenir le poids corporel. Lorsque les sujets ont mangé leur repas du soir, ils ont maintenu le même poids. Quand ils ont mangé leur repas au matin ils ont perdu un peu de poids.

Depuis cette expérience, presque tous les experts réels et autoproclamés de la minceur vous diront que vous devriez prendre un petit-déjeuner si vous voulez perdre du poids. Au plus de calories quotidiennes vous consommerez le matin, au plus vous allez brûler ces calories, et l’histoire continue… Au plus vous allez prendre de calories tôt le matin, au plus votre vitesse de métabolisme sera élevée et au plus de calories vous brûlerez. Et donc, (petit) déjeuner vous rend mince.

Dans les manuels de culturisme vous lirez parfois ce genre de conseils adressé aux athlètes de force: « de prendre le petit-déjeuner comme un roi, de déjeuner comme un prince et de dîner comme un pauvre« . Ce genre de conseil a souvent été accompagné de l’image d’un Hulk grimaçant avec de larges épaules, assis à une table en face de quelques litres de lait, un régime de bananes, quatre kilogrammes de fromage blanc, un morceau de viande crue, une assiette de riz brun et deux douzaine d’œufs durs. Et la légende sous l’image serait celle-ci: « La journée d’un athlète de force commence par un bon petit-déjeuner. »

Une étude sur le petit-déjeuner qui date de 1997

Malheureusement, les chercheurs des années soixante-dix ne tenaient pas compte de la composition corporelle. Les nutritionnistes du département américain de l’agriculture en ont tenu compte dans leurs expériences, cependant. En 1997, ils ont publié dans le Journal of Nutrition, les résultats d’une étude dans laquelle ils avaient demandés à 10 femmes de perdre du poids avec un régime pas trop strict et au cours duquel les femmes ont reçu 2 repas par jour – petit-déjeuner et dîner.

Les femmes ont été divisées en 2 groupes. Un groupe a suivi le modèle AM (matin) durant les 6 premières semaines de l’étude. Pour cela, les femmes ont consommé 70% de leur apport calorique quotidien au petit-déjeuner. L’autre moitié a suivi le modèle PM (soir), avec une consommation de 70% de leurs calories quotidiennes au dîner.

Après 6 semaines, les femmes ont changé leur mode d’alimentation. Les femmes qui avaient commencé avec le modèle AM ont ensuite fait 6 semaines sur le modèle PM alors que les femmes qui avaient commencé avec le modèle PM on suivi les 6 semaines suivantes avec le modèle AM.

Expérience de régime alimentaire changeant en fonction de la matinée (petit-déjeuner) ou de la soirée (diner)

Perte de poids, de masse maigre et de graisse en fonction d'un régime alimentaire focalisé sur le petit-déjeuner ou le diner

 

Résultats de l’expérience

Les graphiques ci-dessus vous montrent combien de poids, de masse grasse et de masse maigre les femmes ont perdues au cours de l’expérience. Ces graphiques résument les conclusions les plus importantes de l’étude. Ils montrent l’évolution du poids corporel moyen et la composition corporelle pendant 6 semaines de régime sur les modèles AM (petit-déjeuner) et PM (diner).

Conclusion

Si la perte de poids seule est votre objectif principal, alors un bon petit déjeuner et un dîner léger sont une option acceptable. Par contre, si vous voulez perdre du poids mais pas trop de masse musculaire, vous feriez mieux de prendre un petit-déjeuner léger et de consommer la plupart de vos calories dans la soirée.

Source de l’article: Too much emphasis on breakfast when dieting will cost you muscle mass

Source Ergo-log: J Nutr. 1997 Jan; 127(1): 75-82.

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Étude intéressante même si elle a sans doute été réalisée sur des sédentaires, le titre d’Ergo-log est un peu exagéré car trop caricatural. Cependant, l’étude a pour intérêt de mettre en valeur une tendance générale du métabolisme, ici des femmes, sujets généralement plus portés à réaliser une perte de poids que les hommes. Comme cela est bien établi maintenant, il faut quand même rappeler qu’il sera toujours plus simple pour quelqu’un de perdre du poids s’il possède une masse musculaire importante puisque les muscles fonctionnent comme le « moteur » de votre organisme; eux seuls permettent une augmentation importante de la dépense calorique, une combustion des calories toujours largement supérieure à celle engendrée par le métabolisme de base d’un individu. D’où l’intérêt premier de préserver la masse musculaire des individus en « régime ».

En tout état de cause, les résultats ne peuvent pas être extrapolés directement à des athlètes de bon niveau, leur métabolisme étant bien différent des sujets de l’étude, ainsi, que leur mode alimentaire. Cependant, on pourrait, en toute logique, supposer que les apports caloriques du soir permettront de compenser les pertes engendrées par la phase du catabolisme nocturne et donc, de préserver la masse musculaire de manière globale. Encore une fois, l’étude est à modérer car elle ne concerne que le public de femmes cherchant à perdre du poids. Pourtant, les clichés véhiculés par les nutritionnistes très mal informés, même s’ils ont la vie dure, sont à nouveau clairement réfutés.

Eric Mallet

Note: Pour le prochain article, nous traiterons d’un nouveau sujet, en rapport beaucoup plus direct avec les compléments alimentaires.

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Le HMB fonctionne chez les athlètes de plus de 70 ans

Métabolisme du HMB A priori, le HMB n’est sans doute pas inutile. Demandez-le aux scientifiques du sport comme Matthew Vukovich de la South Dakota State University. En 2001, il a publié les résultats d’une étude dans laquelle il a demandé à des personnes qui avaient atteint leurs soixante-dixième année de faire de la musculation durant quelques semaines. Les sujets âgés qui ont pris du HMB ont construit de la masse musculaire et ont perdu de la graisse. Ceux qui ont pris un placebo n’ont profité d’aucun effet.

Le HMB

L’étude de Vukovich a été financée par Metabolic Technologies, la société dont les chercheurs ont découvert que le HMB présentait un effet anabolisant. Le HMB est l’un des suppléments les plus étudiés sur le marché, mais la majorité des études scientifiques ont été financées par Metabolic Technologies.

Nous voilà donc de nouveau avec le plus gros problème de la nutrition sportive. Il existe des masses d’études scientifiques qui doivent leur existence à des sociétés dont le seul objectif est de faire en sorte que vous croyez en ce qu’ils ont démontré. Ils les considèrent comme Évangile et aimeraient bien que vous les appreniez par cœur également.

Mais d’un autre côté, où en serait-on sans ces sociétés ? Nous ne saurions pratiquement rien sur les nutriments. Pour toutes nos informations, nous serions dépendant d’une poignée de professeurs qui n’ont jamais touché un haltère de leur vie et qui pourraient très bien nous dire que les athlètes de force devraient boire deux verres de lait par jour. Il y aurait sans doute guère de suppléments disponibles non plus…

L’étude scientifique sur le HMB

Vukovich a donné à la moitié de ses sujets de test 3 grammes de HMB par jour (un groupe de 14 hommes et femmes âgés de 70 ans). Les sujets ont divisé leur apport sur trois moments dans la journée. Un groupe de 17 hommes et femmes de contrôle ont pris un placebo.

Tous les sujets se sont entraînés deux fois par semaine avec des poids et des machines. Ils ont réalisé deux séries de 10 à 12 répétitions de huit exercices de base, y compris la presse militaire, le développé couché, le pull-down, les extensions triceps, des curls biceps, leg curls, extensions de jambe et de la presse à cuisses.

Sur trois autres jours, les sujets ont marché pendant environ trois quarts d’heure et fait quinze minutes d’exercices d’étirement. Les chercheurs n’ont rien modifié à l’alimentation des sujets.

Les résultats de l’étude

Après huit semaines, les chercheurs ont mesuré la graisse et la masse maigre des sujets, en utilisant un test du pli cutané et une balance. Ils ont remarqué que le groupe placebo n’avait pas gagné de masse corporelle maigre alors que le groupe HMB avait construit, en moyenne, 800 grammes de masse corporelle maigre.

Effets d'un supplément de HMB contre placebo chez des sujets de 70 ans.

 

Mesure du taux de graisse corporel chez des sujets supplémentés en HMB et âgés de 70 ans

 

La mesure du pli cutané a montré que les sujets du groupe placebo n’avaient pas perdu de graisse mais que le pourcentage de graisse du groupe HMB avait diminué, passant en moyenne, de 25,9% à 24,8%, soit une diminution de 1,1%.

Ainsi, les sujets du groupe placebo auraient fait toutes ces semaines d’entraînement pour rien, est ce que c’est bien cela que cela veut dire ? Hum…

Conclusion de l’étude sur le HMB et les personnes âgées

« La supplémentation en HMB altère la composition corporelle d’adultes âgés de 70 ans qui ont pris part à  un programme d’exercices de 8 semaines d’une manière similaire à l’effet produit chez de jeunes adultes » en concluent les chercheurs. « Cela suggère que le mécanisme sous-jacent qui cause la stimulation du gain de masse maigre par le HMB est essentiellement indépendant de l’âge. »

Source de l’article: HMB works wonders with over seventies who do strength training

Source Ergo-log: J Nutr. 2001 Jul;131(7):2049-52.

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NdT: Il ne faut pas oublier non plus que la Leucine est une des clés les plus importantes en ce qui concerne l’activation cellulaire de l’anabolisme et que le HMB est un métabolite de la Leucine. En outre, d’autres études sur la Leucine ont montré que les besoins pour cet acide aminé augmentaient avec l’âge et donc, très probablement du HMB, même si ce métabolite est minoritairement métabolisé par l’organisme. Les résultats de cette étude me paraissent donc assez cohérents dans l’ensemble.

Les rédacteurs d’Ergo-log s’étonnent de l’absence de prise de masse maigre chez les sujets qui ont pris un placebo. Cependant, et par rapport à ce qui vient d’être énoncé, il est probable que des personnes âgés de 70 ans, qui n’ont jamais fait de sport ni touchés un haltère de leur vie, ne puissent bénéficier des ressources métaboliques suffisantes (dues à leur âge avancé) pour créer de la masse musculaire, c’est une hypothèse qui me paraît plausible. Les résultats donnés par Metabolic Technologies me semblent donc fondés.

Eric Mallet

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Vitafoods 2016, Interview d’Harvey Capitaneo, Consultant en Nutrition Sportive

Harvey Capitaneo Vitafoods 2016Les athlètes ont tendance à l’oublier mais les compléments alimentaires qu’ils consomment (Whey Protein, Gainers, Acides Aminés, BCAA…) ne sont pas fabriqués par les marques elles-mêmes. Les grands groupes  – ou les plus petits –  sous-traitent généralement à des fabricants situés aux quatre coins de la planète. Usines visitées en Asie, en Europe et aux USA, l’expertise d’Harvey Capitaneo est aujourd’hui précieuse pour tous ceux qui prennent leurs protéines car la qualité, comme partout, n’est pas toujours idéale et parfois, vraiment désastreuse… Invité par Harvey Capitaneo lui-même, j’ai eux la chance de visiter le Vitafoods 2016, le plus grand marché de la nutrition et des nutraceutiques en Europe et dans le monde entier.

Harvey Capitaneo, un acteur essentiel du marché de la nutrition sportive et des nutraceutiques

Harvey capitaneoActeur essentiel du marché de l’alimentaire, des nutraceutiques et de la nutrition sportive, l’expérience d’Harvey est précieuse pour ses clients, mais aussi pour les sportifs qui ne veulent pas consommer n’importe quoi, n’importe comment. Évidement, il faut voir au-delà de la nutrition sportive puisque la santé des athlètes est primordiale, elle passera toujours en priorité par rapport à la performance physique. Malheureusement, avec une mondialisation qui s’accélère et des coûts de transport toujours plus bas, le risque de consommer des protéines dont la qualité est exécrable est toujours plus grand alors que les marques qui revendiquent une qualité nutritionnelle élevée sont de moins en moins connues.

Je vous laisse avec mon interview d’Harvey…

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Bonjour Monsieur Capitaneo. Voici quelques questions que nous aurions voulu vous poser concernant le Vitafoods 2016…

Eric Mallet: Tout d’abord, que représente le salon Vitafoods 2016 pour le marché du nutraceutique et des suppléments alimentaires ?

Harvey Capitaneo: C’est l’une des 2 grandes réunions européennes qui ont une portée mondiale car les visiteurs viennent de toute la planète.

Eric Mallet: Quelles sont les grandes marques et entreprises présentes durant le salon ?

Harvey Capitaneo: Toutes les acteurs principaux de la branche sont présents: Glanbia, Lactalis,  Davisco,  Armor, Dsm, etc. On y trouve aussi des petites entreprises qui viennent avec des nouveautés. C’est précisément ce qui rend ce salon intéressant, de pouvoir côtoyer les grandes entreprises de l’agro-alimentaire et les petites, européennes ou non européennes.

Eric Mallet: Y a t-il d’autres salons de même importance ou le Vitafoods fait-il partie des plus grands salons du secteur ?

Harvey Capitaneo vitafoods 2016Harvey Capitaneo: Vitafoods est le plus grand, suivi du FI Europe, qui se tiendra cette année en Allemagne en novembre.

Eric Mallet: Le salon est-il tout public ou réservé aux professionnels des nutraceutiques et des compléments alimentaires ?

Harvey Capitaneo: Il est réservé aux professionnels, ce salon est là pour faciliter les échanges alors que des études scientifiques sont également expliquées lors des conférences.

Eric Mallet: La majorité des entreprises du secteur du nutraceutique et des suppléments alimentaires du monde entier étaient présentes au Vitafoods 2016. Dans ce cadre, auriez-vous tendance à citer en exemple certains pays pour leur dynamisme ou la qualité des produits qu’ils proposent aux consommateurs ?

Harvey Capitaneo: Je fais toujours une différence entre le dynamisme et la qualité. Pour ce qui est du dynamisme, il faut différencier les nouveautés mises sur le marché et de ce côté, les américains tiennent toujours le haut du pavé. Pour ce qui en est des ventes, les chinois me semble être de plus en plus présents mais je ne les classerait pas dans la case « qualité ». En Europe, les anglais sont très dynamiques pour ce qui est des ventes et des produits avec les allemands. Pour la supplémentation alimentaire elle-même, les pays de l’est progressent.

Eric Mallet: Selon vous, quelles seront les principales tendances du marché l’an prochain ou dans un proche avenir pour les nutraceutiques et la nutrition sportive ?

Harvey capitaneoHarvey Capitaneo: La place des enzymes et probiotiques sera de plus en plus présente, on ira de plus en plus dans une direction du « médicalent ».

Eric Mallet: On parle beaucoup des Omega 3 et des enzymes mais pourquoi ?

Harvey Capitaneo: Je ne suis pas un scientifique mais de plus en plus d’études scientifiques prouvent l’efficacité des Omega et de leur rôle, notamment pour la santé. La consommation est donc en plein boum depuis 2 à 3 ans. Pour les enzymes on sait très bien que de mettre des enzymes par exemple dans de la whey, augmente très nettement l’assimilation de celle-ci. Je pense même que d’ici 5 ans on se dira « mais comment je pouvais prendre une whey sans enzymes ? »

Eric Mallet: Au cours de votre visite, êtes-vous globalement satisfait des échanges que vous avez pu nouer avec les professionnels des grandes entreprises du secteur ?

Harvey capitaneo vitafoods 2016Harvey Capitaneo: En fait, les grandes entreprises je les connais et ce n’est pas tellement la bonne place pour les rencontrer. Je préfère les voir dans leurs bureaux. Je viens surtout ici pour voir les nouveautés et échanger sur la prospection de nouveaux marchés.

Eric Mallet: Par rapport au Vitafoods de l’année dernière, avez-vous perçu une évolution au niveau de l’offre des entreprises présentes, ou quelques innovations remarquables ?

Harvey Capitaneo: La part inquiétante est représentée par la nette augmentation des stands chinois. Certes, certaines entreprises chinoises se sont « normalisées », elles sont dans les normes mais dans l’ensemble, le niveau reste médiocre. Pour ce qui est des nouveautés, je pense qu’il existe un produit qui présente un gros potentiel, il s’agit de la protéine d’herbe avec un niveau de BCAA supérieur à une whey (28%) à un prix d’environ 50% en dessous de la whey. (biofabrik.com)

Eric Mallet: D’un point de vue plus général, le Vitafoods 2016 permet-il de dégager une direction pour le marché futur du nutraceutique et de la nutrition sportive ?

Harvey Capitaneo: Si je devais donner une direction, on va vers le végétal. Cette année a été catastrophique pour les fabricants de whey/lactosérum alors que les protéines végétales sont en plein boum, les enzymes de même, ainsi que les variantes d’Omega.

Eric Mallet: Parlant de nutrition sportive, un secteur en pleine expansion, avez-vous rencontré certains acteurs majeurs de ce segment du marché ?

Eric Favre Vitafoods 2016Harvey Capitaneo: Oui, j’ai rencontré le groupe Eric Favre, Protech, Olimp, Multipower, ON, BSN et des sous-traitants de grandes marques. Dans les conférences, j’ai aussi croisé les 2 importateurs d’une marque belgo-slovène « THE Nutrition » et en France (Didier Codol et Luiz the Rock). A noter cette année, l’absence du groupe Now Nutrition, grande marque américaine qui est aussi un grand groupe de sous-traitance.

Eric Mallet: Avez-vous quelques regrets, des déceptions ou des attentes qui n’ont pas été satisfaites par le salon ou l’absence de certains acteurs en lien direct ou indirect avec le marché des nutraceutiques et des suppléments alimentaires ou plus particulièrement de la nutrition sportive ?

Harvey Capitaneo: Je suis Suisse, donc proche de la France, et de ce côté nos amis français sont décevants. A part les géants français du secteur laitier, le stand France est chaque année du même niveau. Aucune marque de nutrition sportive n’était présente à part le groupe Eric Favre. La France est un des pays qui à le plus d’usines mais finalement, elle présente un manque de dynamisme. Seule une marque de suppléments sportifs était présente (Eric Favre). C’est vraiment peu, très peu… Juste pour vous faire remarquer qu’il y avait 2 stands néo-zelandais, un pays de 5 millions d’habitants qui se trouve aux antipodes ! La France devrait suivre l’exemple d’Eric Favre.

Eric Mallet: Quels ont été les sujets des conférences ?

Harvey capitaneoHarvey Capitaneo: Cela va du « marché » lui-même à des résultats d’études. Cela fait partie du travail de se tenir au courant des études scientifiques. La seule chose qui m’amuse, c’est que en 15 ans, je n’ai jamais croisé un seul youtubeur. Cette année, j’ai pourtant invité plusieurs youtubeurs français. Le seul qui a répondu est un suisse, TheTomSanders. C’est un peu malheureux étant donné qu’ils agissent en tant qu’expert sur youtube mais finalement, ils ne viennent pas comprendre les études ni cette industrie.

Eric Mallet: Merci Monsieur Harvey Capitaneo d’avoir répondu à nos quelques questions…

Vous pouvez poser vos questions directement à Harvey Capitaneo sur le groupe de discussion Fitness Nations France

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Quant à moi, je vous donne rendez-vous pour le prochain article, je reviendrais rapidement sur les molécules avec une étude sur le HMB proposée par Ergo-log.

@ bientôt sur Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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L’Astragale pourrait améliorer les performances d’endurance de 60%

Flavonoïdes de l'AstragaleLes athlètes des sports d’endurance qui cherchent à améliorer leur performance pourraient bénéficier de l’Astragale (Astragalus membranaceus). C’est un végétal facile à trouver et selon une étude animale publiée dans le magazine Molecules du mois de mars 2014, votre entraînement d’endurance se traduirait par une plus grande amélioration de vos performances si vous preniez 3 grammes par jour d’astragale.

L’Astragalus membranaceus est connu pour son effet immuno-stimulant dans le monde des suppléments nutritionnels mais des indices existent sur la possibilité qu’il puisse aussi aider les athlètes; et les athlètes d’endurance en particulier. Si vous ajoutez des extraits d’Astragale – ou certains composants retrouvés dans ce végétal, dont quelques-uns sont représentés ci-contre – à des cellules rénales, ces dernières commenceront à produire plus d’EPO.

L’Astragale présenterait des propriétés adaptogènes intéressantes pour les sports d’endurance

Le chercheur taïwanais Tzu-Shao Yeh de l’Université médicale de Taipei a voulu savoir si une supplémentation en Astragalus membranaceus contribuerait à améliorer les performances des athlètes. Pour le savoir, il a donné de l’Astragale à des souris tous les jours pendant six semaines. L’équivalent humain de la dose était de 1 gramme par 20 kg de poids corporel par jour [AM1]. Un autre groupe a reçu une dose quotidienne équivalent à cinq fois ce montant [AM5]. Les souris ont pris de l’astragale oralement.

Tzu-Shao Yeh a entraîné physiquement les souris 5 fois par semaine, leur imposant de nager sur une durée de plus en plus longue. Un groupe de souris de contrôle s’était entraîné mais sans Astragale, un autre groupe de contrôle ne s’entraînait pas et n’avait pas reçu d’Astragale non plus.

Immédiatement après la séance de natation, Tzu-Shao Yeh a analysé le sang et les muscles des souris.  La supplémentation en Astragale a entraîné une augmentation moindre de la quantité des lactates, de l’ammoniac et de la créatine kinase dans le sang, ainsi qu’une moindre diminution des niveaux de glucose.

Force de préhension et temps d'épuisement de souris supplémentées en Astragale

Taux de lactate, d'ammoniac, de glucose et de créatine kinase de souris supplémentées en Astragale

 

Il semblerait que l’Astragale renforce l’efficacité du métabolisme énergétique et qu’il protège les muscles de l’épuisement. L’extrait végétal n’a pas eu d’effet sur la masse musculaire.

Il est également intéressant de noter qu’à la fin de l’entraînement et de la supplémentation sur une période de six semaines, les chercheurs ont constaté que les souris présentaient 40% de triglycérides en moins dans le sang. L’Astragale n’a pas eu d’effet sur la quantité totale de cholestérol dans le sang. Il est possible que la supplémentation avec ce végétal puisse stimuler l’oxydation des acides gras par les mitochondries.

Quantité de glycogène musculaire utilisé par des souris supplémentées en Astragale

Quantité de triglycérides dans le sang de souris supplémentées en Astragale

Les Taïwanais pensent que l’Astragalus membranaceus pourrait améliorer la capacité d’endurance en augmentant l’absorption du glucose par les cellules musculaires. Ils se réfèrent à une étude chinoise publiée en 2010 et dans laquelle un polysaccharide de ce végétal avait activé le transporteur de glucose GLUT4 chez les souris.[J Ethnopharmacol. 2010 Jan 8;127(1):32-7]

« Bien que les mécanismes anti-fatigue détaillés de l’Astragalus membranaceus restent à élucider, cette étude fournit une preuve scientifique pour appuyer les allégations traditionnelles concernant un effet anti-fatigue d’un traitement d’Astragalus membranaceus et suggère une utilisation de l’Astragale comme agent ergogène et anti-fatigue », en concluent les chercheurs.

Source de l’article: Few grams Astragalus daily improves endurance training performance by 60%

Source Ergo-log: Molecules. 2014 Mar 3;19(3):2793-807.

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Bien qu’il s’agisse du premier article sur l’Astragale pour mon blog, ce végétal est loin d’être un inconnu pour ma part. Des rumeurs non fondées par des preuves scientifiques solides avaient fait de ce végétal un remède contre la télomérase. Cette allégation n’a pour l’instant, pas été prouvée de manière certaine et reste une supposition à étayer.

Cependant, l’Astragale entre dans la composition d’Astragin, une molécule sous brevet composé de ce végétal et d’une variété peu connue de Ginseng, le notoginseng. Cette formule brevetée a pour effet d’augmenter sensiblement l’assimilation des autres nutriments, notamment les acides aminés. Vous avez d’ailleurs certainement déjà rencontré l’Astragin dans vos compléments alimentaires, dans la composition des stimulants de pré-entraînement notamment.

A priori, l’Astragale ferait partie des adaptogènes (Ginseng, Rhodiola rosea…) les plus intéressants comme le montre déjà cette étude scientifique, notamment sur le plan de l’endurance.

Eric Mallet

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