La vitamine B5 est impliquée dans la production de testostérone

La vitamine B5 – ou acide pantothénique  – serait impliquée dans la production de testostérone comme les chercheurs à l’université de Gifu au Japon l’ont découvert. L’étude sur les animaux qu’ils ont réalisé montre que le niveau de testostérone diminue s’il y a trop peu de vitamine B5 dans l’organisme. Dans ce cas, un supplément de vitamine B5 pourrait-il stimuler le taux de testostérone ? C’est peut-être le cas…

La vitamine B5 ou acide pantothénique

La vitamine B5 [formule structurale ci-dessous] est impliquée dans le cycle de l’acide citrique, une réaction complexe où les cellules convertissent les nutriments en énergie. Elle participe également à la biosynthèse du cholestérol, des acides gras et de l’acétylcholine. Et si nous accordons du crédit aux études animales, l’acide pantothénique serait également impliqué dans les processus de la croissance des cheveux et la guérison des plaies.

vitamine B5

La vitamine B5 ou acide pantothénique

La vitamine B5 est présente dans de nombreux aliments, surtout d’origine animale comme la viande, le yaourt et les œufs, la gelée royale, l’avocat et les produits à base de grains entiers. Puisque la vitamine B5 se retrouve dans de nombreux aliments, les carences en acide pantothénique sont rares mais ils se produisent parfois. Les symptômes d’une carence en vitamine B5 sont de l’ordre de l’apathie, de l’agitation, des troubles du sommeil, des crampes d’estomac, des nausées. Une sensation de brûlure douloureuse au niveau des pieds ou de forts picotements semblables à une piqure d’épingles ou d’aiguilles peuvent aussi être ressentis.

Le dernier symptôme est très similaire à un effet secondaire familier de la bêta-alanine, souvent ressenti par les pratiquants de musculation. Un supplément en vitamine B5 pourrait atténuer cet effet secondaire, ce qui peut difficilement s’interpréter comme une coïncidence.

De l’exercice accompagné d’un régime alimentaire riche en graisses

Une étude scientifique japonaise récente suggère que d’associer une activité physique intense avec un régime alimentaire relativement riche en matières grasses augmenterait la probabilité d’obtenir une quantité sous-optimale en acide pantothénique. [J Nutr Sci Vitaminol (Tokyo). 2015;61(3):215-21.]

Nous avons donc élaboré le tableau ci-dessous à partir des données de cette étude. Il nous indique la concentration en vitamine B5 dans le sang des rats qui consommaient une quantité limitée de cette vitamine et qu’ils ont également nagé tous les jours ou ingurgité des quantités relativement importantes de graisse. [Pour un rat, un régime composé de 5% de graisse est considéré comme normal.]

Vitamine B5 dans le sang en fonction dy régime alimentaire de rats

Les Japonais ont également observé que chez les rats présentant une consommation normale en vitamine B5, leur taux d’acide pantothénique avait diminué en raison de l’association d’exercices physiques fréquents et d’un régime alimentaire riche en matières grasses. L’effet était cependant moins prononcé que ce que nous avons montré ci-dessus.

« Les besoins en acide pantothénique chez les rats est augmenté en corrélation avec l’association de l’exercice et d’un régime alimentaire riche en matières grasses », ont écrit les chercheurs japonais. « Ces résultats suggèrent que l’apport d’acide pantothénique devrait être augmenté en fonction de la pratique d’exercices ou d’un régime alimentaire riche en matières grasses, surtout lorsque ces facteurs sont combinés. Un apport adéquat en acide pantothénique pourrait prévenir les troubles caractérisés par une carence en cette vitamine.

La vitamine B5 et la testostérone

Vitamine B5 et testostéroneLe tableau sur la droite vous montre ce qui est arrivé au niveau de testostérone des rats lorsqu’ils ont pris de la nourriture ne contenant pas de vitamine B5. [J Vet Med Sci. 2009 Nov;71(11):1427-32.] Leur taux de testostérone avait diminué. Quelque chose devrait donc se passer au niveau des testicules puisque l’absence de vitamine B5 du régime alimentaire n’a eu aucun effet sur la sécrétion des hormones messagers LH et FSH.

Les chercheurs soupçonnent que le déclin du niveau de testostérone qui résulte d’une carence en vitamine B5 se produit en raison d’une diminution de la biosynthèse du cholestérol dans les testicules. En effet, les testicules produisent la testostérone à partir du cholestérol.

Quelques spéculations…

Sur ces évidences, il serait peut-être possible que les athlètes qui suivent un régime pauvre en glucides (et donc riche en graisses) puisse améliorer leur libération de testostérone de quelques pourcents en s’assurant de prendre suffisamment de vitamine B5. Cela pourrait d’ailleurs être le cas des végétariens ou athlètes vegan qui ne reçoivent pas de cholestérol à partir de leur régime alimentaire.

Source de l’article: Vitamin B5, the testosterone vitamin

Source Ergo-log: J Vet Med Sci. 2009 Nov;71(11):1427-32.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

Note: J’ajouterais à cet article qu’un complexe en vitamines B ajouté à une protéine avant l’entraînement ou au cours d’un repas contribuerait intelligemment à l’assimilation des acides aminés puisque les vitamines B sont des cofacteurs des substrats énergétiques.

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Les effets du nicotinamide riboside sur les cellules musculaires

nicotinamide riboside

Le nicotinamide riboside

Les cellules musculaires dépensent plus dénergie et brûlent plus de graisse lorsquon leur donne du nicotinamide riboside, un analogue de la vitamine B3. Cette affirmation nous est suggérée par une étude animale que des chercheurs de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne en Suisse ont publié dans Cell Metabolism. Selon cette étude, le nicotinamide riboside ne serait pas seulement une aide minceur potentielle, mais il s’avère qu’elle pourrait aussi être un complément sportif intéressant, un supplément qui pourrait protéger contre le diabète et peutêtre plus encore

Le nicotinamide riboside

NAD +

NAD +

Le nicotinamide riboside est retrouvé dans le lait mais il est aussi élaboré dans notre organisme lorsque des enzymes attachent un ribose à la vitamine B3. Le nicotinamide riboside est un précurseur du coenzyme cellulaire NAD +. [Formule structurelle présentée ici] Comme vous le savez, le NAD + joue un rôle crucial dans le fonctionnement des mitochondries, les moteurs des cellules de notre corps. Les recherches ont été effectuées par David Sinclair, un chercheur précédemment connu pour son travail sur le resveratrol. Léquipe de David Sinclair amontré que le vieillissement était partiellement à la diminution de la quantité de NAD + dans notre corps et que certaines substances qui inhibent cette diminution pourraient aider à retarder le vieillissement. [Cell. 2013 Dec 19;155(7):1624-38.] Depuis cette découverte, le nicotinamide riboside est presque devenu une légende parmi la communauté anti-âge.

Des fortes doses de nicotinamide riboside pourraient-elles améliorer le fonctionnement de vos cellules musculaires ? Pourriez-vous permettre à vos muscles de dépenser plus d’énergie avec cette molécule ? C’est ce que les chercheurs de Lausanne voulaient savoir.

Une expérience helvétique réalisée avec deux groupes de souris sous régimes alimentaires différents

Les chercheurs ont engraissé un groupe de souris en leur donnant un régime riche en calories [HFD] et ont donné à un autre groupe une alimentation normale [CD]. La moitié des souris dans les deux groupes ont reçu 400 mg de nicotinamide riboside par kg de poids corporel et par jour. L’équivalent humain de cette dose – pour quelqu’un qui pèserait 80 kg – serait d’environ 3,2 grammes de nicotinamide riboside par jour. C’est une quantité vraiment très élevée. Nous ne pouvons que vous conseiller de pas essayer ça à la maison…

Par contre, sur Internet, vous pourriez facilement retrouver des témoignages d’expériences des utilisateurs qui ont pris des doses allant jusqu’à 300 et 400 mg de nicotinamide riboside par jour.

Les résultats de l’expérience

La supplémentation a inhibé l’augmentation de la masse grasse chez les souris qui prenaient le régime hypercalorique alors qu’une prise accrue d’oxygène a été constatée. Barres noires = groupe de supplémentation.

 

Nicotinamide riboside

À la fin des 12 semaines les chercheurs ont fait courir les souris engraissées par un régime hypercaloriques sur un tapis roulant jusqu’à ce qu’elles aient atteint le point d’épuisement. La supplémentation a augmenté leur capacité d’endurance. La molécule a également augmenté la température du corps de la souris dans un environnement froid et augmenté la taille de leurs mitochondries.

 

nicotinamide riboside

Le mécanisme d’action du nicotinamide riboside

Le tableau ci-dessous résume la manière dont les chercheurs pensent que le nicotinamide ridoside travaille. L’analogue de la vitamine B3 augmente la concentration de NAD+ et le NAD+ en retour, active les enzymes de réparation cellulaire comme les SIRT1.

 

Nicotinamide riboside et SIRT1

Conclusion de l’étude

« Les données en notre possession, associées avec les preuves relatives aux faits que d’autres précurseurs du NAD+ peuvent améliorer la résistance à l’insuline liée à l’âge [Cell Metab. 2011 Oct 5;14(4):528-36.] et que le nicotinamide riboside augmente la durée de vie réplicative de la levure, [Cell. 2007 May 4;129(3):473-84.] justifient donc de futures études afin de constater si l’augmentation des niveaux de NAD+ par la supplémentation en nicotinamide riboside pourrait également améliorer la santé et la durée de vie des humains », concluent les chercheurs.

Source de l’article: Nicotinamide riboside transforms muscle cells into super muscle cells

Source Ergo-log: Cell Metab. 2012 Jun 6;15(6):838-47.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric

 

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L’effet anabolisant de la tomatidine contre celui de l’acide ursolique

Tomatidine

Tomatidine

Sujet d’étude qui pourrait nous sembler un peu curieux sinon fantaisiste, les recherches scientifiques récentes sur la tomatidine, une molécule à structure stéroïde et végétale ainsi que l’acide ursolique, extrait du thym, du romarin, de la pomme ou des pruneaux viennent d’être comparés. Dotés de réels effets de recomposition, contrairement à certains acides gras comme le CLA dont le potentiel est beaucoup plus faible, il s’agit sans aucun doute de molécules extraites des végétaux qui n’ont pas fini de faire parler d’elles. En fonction des découvertes récentes, le sujet n’a plus grand chose à voir avec une fantaisie. Les américains ont d’ailleurs lancé les premiers suppléments associant acide ursolique et tomatidine sur le marché.

Eric Mallet

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acide ursolique

Acide ursolique

Nous avions récemment écrit sur la tomatidine, une molécule présente dans les plants de tomate qui ressemble à un stéroïde anabolisant. Aujourd’hui, une autre publication évoque ce sujet fascinant. Il semblerait que la tomatidine travaille de la même manière que l’acide ursolique, une substance similaire et présente dans les peaux de pomme, qui a démontré (dans une étude humaine) sa capacité à réduire la masse grasse, à augmenter légèrement la masse maigre et à renforcer la force musculaire. Selon la recherche, la dose à partir de laquelle ces effets ont lieu serait cinq fois plus faible avec la tomatidine qu’avec l’acide ursolique

L’étude sur l’acide ursolique et la tomatidine

Au cours d’une période de deux mois, des chercheurs de l’Université de l’Iowa ont donné à des souris  prématurément âgées soit une alimentation standard, soit une alimentation qui se composait de 0,27% d’acide ursolique, soit un régime alimentaire composé de 0,05% de tomatidine. Les souris en étaient à un âge où elles commençaient à perdre de la masse musculaire.

Les résultats de l’étude scientifique

Tant la tomatidine que l’acide ursolique ont permis une augmentation de la masse musculaire des animaux de laboratoire, ainsi que de leur force.

 

tomatidine contre acide ursoliqueAcide ursolique vs tomatidine

Aucune des molécules à structure stéroïde de la plante n’a conduit à une augmentation du poids corporel, comme le montrent les chiffres ci-dessus. Cela suggère que la tomatidine et l’acide ursolique réduiraient la masse grasse. C’est exactement ce que les chercheurs ont observé sur leurs animaux de laboratoire.

tomatidine et acide ursolique

La tomatidine et l’acide ursolique avaient pratiquement le même effet sur les cellules des souris. En premier lieu, les deux substances ont diminué l’activité du gène ATF4. L’ATF4 régule le fonctionnement d’un groupe d’autres gènes qui contrôlent la décomposition musculaire.

 

tomatidine et acide ursoliqueLes effets de la tomatidine et de l'acide ursolique

Cependant, la tomatidine et l’acide ursolique ont non seulement un effet anti-catabolique mais aussi un effet anabolisant direct, ont expliqué les chercheurs. «Les effets pro-croissance de l’acide ursolique et de la tomatidine dans le muscle squelettique de jeunes adultes – à savoir l’hypertrophie et la récupération après atrophie – sont associés à l’activation des mTORC1, un médiateur bien établi de la croissance musculaire», ont-ils écrit.

Conclusion

« À la lumière des résultats actuels, l’acide ursolique et la tomatidine représentent des agents potentiels et/ou des composants d’importante valeur pour le traitement médical de la faiblesse musculaire liée à l’âge ainsi que l’atrophie », ont écrit les chercheurs. En outre, parce que l’acide ursolique et la tomatidine se retrouvent dans les aliments, ils pourraient potentiellement constituer ou contribuer à élaborer des produits nutritionnels visant à préserver la force et la masse musculaire pendant le vieillissement. »

« Si les approches basées sur l’acide ursolique et la tomatidine se révèlent être sûres et efficaces chez l’homme, elles pourraient éventuellement être utilisées seules, ensemble ou en combinaison avec la physiothérapie et d’autres approches nutritionnelles et pharmaceutiques. »

Source de l’article: The anabolic effect of tomatidine versus of ursolic acid

Source Ergo-log: J Biol Chem. 2015 Oct 16;290(42):25497-511.

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Avec quelle fréquence d’entraînement un bodybuilder devrait-il entraîner chaque groupe musculaire ?

Selon l’avis du  scientifique du sport américain Brad Schoenfeld et de ce qu’il peut nous dire de la littérature sportive, les culturistes obtiendrait une meilleure progression en entraînant leurs groupes musculaires deux fois par semaine que s’ils ne s’entraînent qu’une fois. Brad Schoenfeld avait écrit au sujet de la fréquence d’entraînement dans une méta-analyse publiée dans Sport Medicine.

L’étude sur la fréquence d’entraînement des groupes musculaires

Schoenfeld a analysé les extraits de 491 études qui ont comparé les effets de différentes fréquences d’entraînement. Parmi les 491, seulement 10 ont été analysés plus en détails.

Les résultats d’analyse

Sur la base de ces 10 études qui avaient été considérées comme de qualité suffisante, les chercheurs en ont conclu que les schémas d’entraînement produisaient plus de croissance musculaire à partir du moment où les sujets avaient entrainé leurs groupes musculaires plus fréquemment dans la semaine.

 

Fréquence d'entraînement et croissance musculaire

Mais combien de fois par semaine devriez-vous entrainer un groupe musculaire pour obtenir des résultats optimaux ? Juste deux fois par semaine ou trois fois par semaine donnent-ils de meilleurs résultats ? Les chercheurs ne disposaient pas de données suffisantes pour pouvoir répondre à cette question.

Conclusion sur la fréquence d’entraînement

Les chercheurs ont tiré trois conclusions de cette méta-analyse. La première d’entre-elles paraitra assez évidente.

«En comparant les études qui ont analysé l’entraînement de groupes musculaires entre 1 et 3 jours par semaine sur une base de volume équivalent, le corpus de données qui font foi indique que les fréquences d’entraînement de deux fois par semaine favorisent des résultats hypertrophiques supérieurs par rapport à un seul entraînement», écrivent-ils. « On peut donc déduire que les groupes musculaires majeurs devraient être entraînés au moins deux fois par semaine pour maximiser la croissance musculaire. »

« Il reste à déterminer si le travail d’un groupe musculaire trois fois par semaine serait supérieur à un protocole d’entraînement de deux fois par semaine », ont-ils ajouté. « En raison de l’absence de données, il n’est pas possible de dire si l’entraînement de groupes musculaires plus de 3 jours par semaine pourrait améliorer la réponse hypertrophique. » C’est la conclusion numéro deux.

« Cela étant dit, la fréquence d’entraînement d’un groupe musculaire une fois par semaine a démontré qu’elle entraînait une forte hypertrophie musculaire et qu’elle reste une stratégie viable pour la conception d’un programme de musculation« , ont-ils écrit. Et c’est la conclusion numéro trois.

Source de l’article: How many times a week should strength athletes train their muscle groups?

Source Ergo-log: Sports Med. 2016 Nov;46(11):1689-97.

Traduction Ergo-log pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

 

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