Le ribose aurait-il un impact sur les performances physiques ?

Pour l’instant, le Ribose, un ose des plus essentiels à la constitution des acides nucléiques et qui a entre autres, la particularité de faire le lien entre l’adénine et l’inosine pour l’adénosine phosphate (ADP, ATP…) ou l’AMP, n’a pas encore vraiment révélé dans quelles conditions il pouvait nous être utile en tant qu’ergogène. Cette expérience récente et sponsorisée de 2017 nous donne déjà plus de précisions. Elle confirme ce que l’on savait déjà tout en apportant de nouveaux éléments, que le ribose n’est pas forcément l’ergogène le plus efficace.

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Les athlètes qui ne sont pas en excellente condition physique pourraient bénéficier d’une supplémentation avec le ribose. Après un entraînement intensif, ils subiraient moins de dommages musculaires et simultanément, le supplément leur permettrait de mieux travailler lors de mouvements courts et explosifs. Une étude parrainée et publiée par des scientifiques de l’exercice à la Montana State University, parue dans le Journal of the International Society of Sport Nutrition, suggère ces résultats.

Qu’est-ce que le ribose ?

Le ribose est un « sucre », mais d’un type différent des sucres tels que le glucose, le fructose et le galactose. Ces sucres ont un squelette de 6 atomes de carbone, le ribose a un squelette de 5 atomes de carbone.

Ribose, glucose, fructose, galactose

Les molécules de ribose sont également présentes dans les molécules qui transportent l’information dans le noyau de nos cellules. La molécule d’ARN, qui transmet les instructions de l’ADN à la cellule, est en grande partie constituée de ribose. Une variante du ribose, le désoxyribose, est un élément constitutif important de l’ADN.

ADN désoxyribose

Le ribose et l'ADN

Les fabricants de suppléments prétendent que le ribose pourrait accélérer la récupération des cellules musculaires pendant et après un effort intense. Pourtant, nous ne savons toujours pas dans quelle mesure ces affirmations sont correctes car les résultats des études ne sont pas cohérents.

L’étude sur le ribose

Les chercheurs, sponsorisés par BioEnergy [bioenergyribose.com] ont divisé 26 sujets en deux groupes égaux: un groupe constitué de personnes en bonne condition physique [HVO2] et un autre groupe dont la condition physique l’était moins [LVO2].

Les deux groupes ont d’abord reçu 10 grammes de ribose par jour pendant 2 jours. Puis a suivi 3 jours durant lesquels les sujets devaient suivre une activité physique intense pendant 62 minutes chaque jour. Ils ont d’abord réalisé un entraînement par intervalles de 60 minutes au cours duquel ils devaient faire du vélo pendant 8 minutes à une allure modérément intensive, puis 2 minutes à un rythme élevé.

Après l’entraînement par intervalles, les sujets ont dû rouler aussi fortement que possible pendant 2 minutes. Dans cette dernière partie de la session, les chercheurs ont déterminé la puissance [la vitesse] que les sujets pouvaient développer. À une autre occasion, les chercheurs ont répété l’expérience. Puis ils ont donné à leurs sujets du glucose.

Résultats de l’expérience clinique sur le ribose

Les sujets de condition physique moyenne [pic moyen VO2: 39.9] ont généré un peu plus de puissance pendant la dernière partie de la séance avec le ribose. Par contre, le ribose n’a eu aucun effet sur les sujets présentant une bonne condition physique [VO2: 52,2].

 

Ribose pris en supplémentRibose et épuisement après l'exercice

Les sujets présentant une condition physique moyenne ont fait état d’une fatigue un peu moindre pendant leur séance d’exercices s’ils avaient utilisés du ribose. Encore une fois, le supplément n’a eu aucun effet sur les sujets en forme.

Après la séance, les chercheurs ont trouvé moins de créatine kinase dans le sang des sujets de condition physique moyenne qui avaient pris du ribose. Dans ce groupe, le ribose avait apparemment réduit la dégradation musculaire. Chez les sujets en bonne santé, le ribose n’a eu aucun effet – encore une fois.

Conclusion sur le ribose

« Certaines études scientifiques ont fait état d’avantages ergogéniques mitigés avec le D-ribose, reflétant probablement des différences de protocole, dosage du D-ribose, timing du dosage en ribose, intensité de l’exercice et spécificité du sujet », ont écrit les chercheurs. « Pour cette raison, nous avons développé un protocole comprenant un niveau d’exercice anaérobique de haute intensité dans deux groupes de niveau de forme physique différente. »

« L’analyse a révélé que les sujets ayant une valeur VO2 inférieure présentaient une amélioration significative de leurs performances, des changements plus faibles de la créatine kinase alors qu’une note plus faible de l’effort perçu a été enregistrée avec le D-ribose contre dextrose. »

« L’évaluation des paramètres métaboliques du sérum sanguin n’a pas reflété de différences appréciables entre les traitements, ne démontrant pas clairement un mécanisme potentiel de prise en compte de cet avantage. »

«En résumé, le D-ribose a démontré un bénéfice sur la performance, la perception et les valeurs constatées dans le sérum sanguin chez des sujets adultes de moins bonne condition physique soumis à un exercice intensif. Le stress de l’exercice de haute intensité pourrait être favorisé par une supplémentation en D-ribose.  »

« Des études ultérieures sont nécessaires pour élucider le(s) mécanisme(s) d’action de l’ingestion de D-ribose et de l’exercice. »

Source de l’article: Out of shape? Ribose turns you into a better athlete

Source Ergo-log: Journal of the International Society of Sports Nutrition (2017) 14:47.

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Note: Sans être devin, on pourrait très bien supposer que le ribose, étant une des bases des acides nucléiques n’a sans doute pas d’effet chez les athlètes les plus entraînés dans le sens où ces derniers n’auront aucun mal à synthétiser suffisamment d’adénosine. Dans le cadre de sportifs moins entraînés, il est tout à fait possible que le ribose permettent une synthèse améliorée de l’adénosine. C’est du moins, la supposition la plus logique qui pourrait nous venir à l’esprit. C’est d’autant plus vrai que le ribose ne rentre pas forcément que dans la synthèse de l’adénosine, comme les rédacteurs d’Ergo-log l’ont bien précisé au début de l’article. D’autres études viendront certainement apporter un peu de lumière à ces hypothèses.

Pour ma part, un supplément de ribose n’a jamais été concluant. En outre, certains revendeurs de compléments alimentaires vont prétendre sans avancer leurs sources que le ribose pourrait être utile aux athlètes de niveau avancé. Cette étude scientifique vient précisément de démontrer le contraire.

Pour les personnes de mauvaise foi, sachant que l’étude a été financée par une entreprise privée, on constate ici que les conclusions des chercheurs n’ont pas été orientées dans un sens positif et globalisant même si les contre-exemples sont nombreux.

Eric Mallet

 

 

 

 

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Un corps hydraté brûle plus de graisses et moins de protéines

Eau et hydratation cellulaireCet article sur l’hydratation cellulaire est relativement ancien mais il présente l’avantage de nous parler d’autre chose que de l’équilibre électrolytique puisqu’il s’agit précisément de l’hydratation.

Il date de 2003 mais tout comme l’article précédent, il fait partie de ceux qui doivent nécessairement être rédigés (ou traduits en l’occurrence) afin de vérifier certaines hypothèses qui, a priori, paraissent aller de soi mais qui nécessitent, comme toutes hypothèses, à être vérifiées malgré les preuves, ou les prémisses empiriques.  Je vous laisse avec l’article d’Ergo-log.

Eric Mallet

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Dans une étude scientifique qui commence à dater, des chercheurs ont augmenté les niveaux d’hydratation chez leurs sujets et ont mesuré l’effet sur leur métabolisme. Les sujets (humains) de l’expérience ont brûlé plus de graisse et moins de protéines. Cela semblait pourtant impossible, mais l’eau serait alors à considérer comme un agent pro-anabolique.

L’étude scientifique sur l’hydratation

Les chercheurs ont déshydraté leurs sujets en leur donnant une solution saline. La solution a retiré une grande partie de l’eau de leurs cellules. Les chercheurs ont imité l’effet d’un niveau de liquide élevé en introduisant de l’eau tout en utilisant une hormone pour réduire la quantité de liquide perdue dans l’urine.

Résultats de l’expérience scientifique

Ci-dessous, vous pouvez constater l’effet du liquide sur la libération des graisses des cellules graisseuses, de sorte que l’organisme est en mesure de les brûler. La concentration de glycérol dans le corps a augmenté au fur et à mesure que les cellules de graisse libèrent plus d’acides gras.

Les barres de «l’étude d’hypo-osmalité» montrent ce qui se passe dans les corps des sujets de test complètement hydratés.

Ci-dessous vous pouvez voir l’effet d’un niveau accru de liquide sur la combustion des protéines. Hypo = cellules hydratées, Hyper = cellules déshydratées, Iso = groupe témoin. Les chercheurs ont mesuré la dégradation des protéines via l’oxydation de l’acide aminé L-Leucine.

Anabolisme et eau

Conclusion de l’étude sur l’hydratation cellulaire

En conclusion, les adipocytes saturés d’eau ont libéré des graisses plus facilement, les cellules musculaires totalement hydratées ont gardé plus de protéines. En un sens, la conclusion de l’étude permet de penser que l’hydratation cellulaire joue un rôle essentiel sur l’anabolisme et facilite la libération des acides gras à des fins énergétiques.

Source de l’article: Hydrated body burns more fat, less protein

Source Ergo-log: Eur J Clin Nutr. 2003 Dec;57 Suppl 2:S69-74.

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Note: Si cet article (et je vous conseille de consulter l’article original en anglais) ne vous a pas convaincu que vous deviez vous hydrater pendant l’entraînement, rien ne le fera. Moi-même, j’ai toujours réalisé de meilleurs entraînements lorsque mes apports en eau étaient toujours parfaitement assurés.

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Votre âge pourrait déterminer l’effet des sports de force sur votre corps

personnes âgées et musculation

Image qualicareottawa.com

L’entraînement de la force est aujourd’hui considéré comme un médicament anti-âge efficace mais il ne fonctionnerait pas aussi bien pour tous les aspects du vieillissement. C’est du moins ce qu’affirme une étude publiée dans JCI Insight par des scientifiques du sport anglais de l’Université de Nottingham. Leur étude suggère que les adeptes de l’anti-âge les plus sérieux qui profitent de l’entraînement de résistance et des sports de force pour rester jeunes devraient également se servir d’autres outils – probablement un régime alimentaire adapté, du cardio-training, et éventuellement des suppléments.

L’étude scientifique sur l’âge et les sports de force

Les chercheurs ont réalisé une expérience avec 3 groupes de 20 participants. L’âge des sujets dans les groupes était de 18 à 28 ans [Young], de  à 55 ans [Middle Aged] et de 65 à 75 ans [Older].

Les chercheurs ont demandé aux participants de l’étude de faire une heure d’entraînement de force supervisé, trois fois par semaine pendant 20 semaines. Les groupes d’athlètes ont réalisé huit exercices de base pour chaque séance d’entraînement: développé couché (machine), tirage poulie haute, rowing assis, extension de jambes, leg curls, presse à cuisses, extension à la chaise romaine, sit up (abdominaux). Ils auront donc travaillé l’ensemble des groupes musculaires importants de leur corps.

Résultats de l’étude scientifique

Dans les trois groupes, l’entraînement de résistance a permis une augmentation de la force et une amélioration de la qualité musculaire (autrement dit, la synthèse et la quantité de protéines a augmenté).

entraînement de résistance et âgesports de force et qualité musculaire en fonction de l'âge

La quantité de masse musculaire que les participants ont pu construire dépendait de leur âge. Au plus les athlètes étaient âgés, au moins ils avaient gagnés de muscle.

Prise de muscle en fonction de l'âgeMasse osseuse en fonction de l'âge

Le tableau ci-dessus montre également que la quantité de masse osseuse développée par les sujets de l’étude avec l’entraînement de résistance dépendait aussi de leur âge. Au plus ils étaient âgés, au moins ils avaient construits de masse osseuse. Les chercheurs ont également découverts une relation de cause à effets similaires pour la masse grasse. Parmi les jeunes participants, l’entraînement de force avait réduit leur pourcentage de graisse alors que la réduction était moindre pour les athlètes âgés, sinon inexistante.

Age et prise de graisseAge, insuline et sport de force

Inversement, l’effet de l’entraînement des sports de force sur l’équilibre de l’insuline a augmenté au plus les participants étaient âgés. L’HOMA-IR, une mesure de la résistance à l’insuline, a diminué chez les participants les plus âgés. Vous devez garder à l’esprit que la fonction de l’insuline chez les participants plus jeunes était encore intacte et que leur HOMA-IR était déjà faible (NdT: Pas d’insulinorésistance).

Conclusion

Les chercheurs concluent: « Nos résultats indiquent que l’entraînement de résistance efface certaines mais pas toutes les caractéristiques négatives du vieillissement – alors que certaines d’entre-elles arrivent au milieu de l’existence ».

Source de l’article: Study: Your age determines the effect strength training has on your body

Source Ergo-log: JCI Insight. 2017 Sep 7;2(17). pii: 95581.

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Note: Finalement, rien de nouveau sous les étoiles avec cette étude mais elle a au moins l’intérêt de nous apporter des données concrètes sur l’effet des sports de force en fonction du vieillissement. Comme le suggèrent les rédacteurs d’Ergo-log, d’autres solutions que l’entraînement de résistance comme le travail cardiovasculaire, une nutrition adaptée et sans doute des suppléments de qualité élevée pourraient favoriser un vieillissement plus sain, avec des risques réduit d’apparition des maladies liées à l’âge.

Eric Mallet

 

 

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Moins de stress, moins de myostatine

Article à mettre en rapport avec les recherches de Dunn sur l’hormèse que j’avais très brièvement évoqué avec la traduction de l’article SuppVersity « Comprendre la Croissance Musculaire« , cet article d’Ergo-log revient sur le rapport de cause à effet constaté entre l’augmentation du stress et celui de la myostatine, le facteur freinant bien connu du développement musculaire. Naturellement, et même si cette étude est intéressante, il s’agit de la mettre en relation avec d’autres recherches sur le sujet et d’autres facteurs négatifs ou mélioratifs en rapport au stress. Toujours est-il que l’on peut supposer qu’un stress psychologique excessif ne fera rien de bon si vous cherchez à prendre du muscle. Reconnaissons aussi, pour ceux qui y sont sensibles, que de stresser abusivement des animaux, serait-ce dans le cadre d’une expérience scientifique, n’est pas, à mon sens, très sympathique même si cela s’avérait nécessaire.

Eric Mallet

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Myostatine

Moins de myostatine !

A vrai dire, le stress serait encore pire pour votre croissance musculaire que ce que vous ne le pensiez déjà. Des chercheurs de l’Université du Colorado ont réalisé des expériences avec des souris et ont découvert que le stress activerait plus fortement le gène de la myostatine dans les cellules musculaires. La myostatine est un facteur de croissance négatif qui entrave la croissance des muscles.

Le stress psychologique, du genre de celui que vous ressentez quand un être cher est malade, quand vous perdez votre emploi ou durant un conflit à long terme, est différent du stress causé par l’effort physique. Néanmoins, les scientifiques du sport ont toujours cru que les deux types de stress avaient un effet négatif sur les muscles et que le mécanisme fonctionnait via l’hormone de stress cortisol.

Si le stress augmente le taux de cortisol, il augmente aussi la production de myostatine

Il est assez clair de dire que le stress psychologique augmente les niveaux de cortisol. Mais selon cette récente étude américaine, le stress psychologique stimulerait également la production de myostatine, un inhibiteur musculaire encore plus fort que le cortisol.

Les chercheurs ont fait cette découverte lorsqu’ils ont logé des souris dans une cage différente chaque jour pendant une semaine [CS]. Ils les ont aussi placées pendant une courte période chaque jour dans une petite camisole de force [RS]. Ce dernier traitement est particulièrement pénible à supporter pour ces animaux.

Après 7 jours, la masse musculaire des deux groupes avait diminué mais encore plus chez les souris RS. Quant aux tableaux ci-dessous, TA représente le muscle du mollet tibial antérieur, SOL pour soléaire. BC = masse musculaire au début de l’expérience, HC = masse musculaire dans un groupe témoin de souris qui ont été pesées tous les jours, mais n’ont pas reçu de stimuli de stress.

 

Stress et myostatine

Les chercheurs ont remarqué que les muscles des souris qui avaient été soumises à des interventions de la part des chercheurs ont commencé à produire plus de myostatine dès le jour 1, en particulier les souris RS.

Parce qu’ils voulaient savoir si la myostatine joue vraiment un rôle important dans le stress psychologique, les chercheurs ont répété leur expérience avec des souris génétiquement modifiées qui ne produisaient pas de myostatine. [MSTN KO] il s’agit en effet de ces souris monstrueuses de muscles dont vous avez probablement vu des photos sur internet. Elles provenaient du laboratoire de l’expert sur la myostatine Se-Jin Lee. Les souris non modifiées sont des souris Wistar.

 

Le stress et la myostatine

Le stress psychologique pourrait donc mener à l’obésité et affaiblir les muscles, en concluent les chercheurs. « La diminution de la masse musculaire maigre pourrait contribuer à un changement dans la composition corporelle qui pourrait à son tour favoriser l’obésité. Une perte de masse musculaire maigre diminue la quantité de tissu métaboliquement actif disponible pour la dégradation oxydative des substrats énergétiques. En outre, une diminution de la masse musculaire squelettique en réponse au stress psychologique pourrait également prédisposer le muscle squelettique à une plus grande probabilité ou gravité de blessures. »

Source de l’article: Less stress? Less myostatin

Source Ergo-log: Am J Physiol Regul Integr Comp Physiol. 2010 Sep;299(3):R889-98.

 

 

 

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