Revendeurs de compléments alimentaires et SEO, mon expérience dans la nutrition sportive avec www.lesproteines.com

SEO, sport et compléments alimentaires

« Practice what you preach ». Traiter des compléments alimentaires et des ergogènes implique de savoir de quoi on parle…

Spécialiste en linguistique du français et de l’anglais (linguiste et non pas grammairien), mais également en psychologie avec un double cursus universitaire, j’ai pourtant décidé de me consacrer aux Lettres de manière un peu plus originale que de terminer en thèse pour finir enseignant-chercheur en faculté.

Sans ne jamais avoir à laisser les sciences humaines de côté, j’ai profité de mes années de présence à Paris 7 pour fréquenter les amphi de Paris 5 afin d’améliorer mes connaissances en biochimie. Paris 5 propose d’ailleurs depuis bien des années un Master en Sciences du sport, Nutrition et Biologie qui vaut son pesant de cacahuètes (sans jeu de mots du côté des Oméga 3 et 6). A l’époque, on parlait encore de Maîtrise et de DEA mais j’ai surtout profité du fait que Paris 7 et Paris 5 se trouvaient encore sur le même parvis, à côté de la Sorbonne. Depuis quelques années, Paris 7 Denis Diderot a déménagé, là où se situait autrefois la Halle aux farines de Paris, à côté de la BNF. Avec un peu plus de confort, c’est là que j’ai pu y terminer un Master et y aborder ma thèse.

Toujours est-il qu’après avoir rédigé plus de 450 articles sur Espace Corps Esprit Forme, j’ai décidé qu’il était temps de vous parler un peu de ce qui fait mon métier depuis plus de 12 ans ou disons, de ce qui constitue une grande partie de mon travail quotidien, le référencement naturel des articles de la nutrition sportive pour les moteurs de recherche comme celui de Google, activité linguistique aussi désignée sous l’acronyme anglais de SEO.

Le SEO, Google, les moteurs de recherche et la nutrition sportive

L’époque et la chance ont fait que je me suis finalement intéressé au domaine du SEO, mis pour Search Engine Optimization, dans le domaine de la nutrition sportive. A l’époque, la question du référencement naturel n’avait pas encore autant d’importance que maintenant puisque la concurrence n’était pas aussi développée sur le Web. Aujourd’hui, les grands groupes comme lesproteines.com, fiteurope.com, Prozis au niveau européen et d’autres entreprises de taille plus modeste sont toujours bien présents sur le marché de la nutrition sportive. La plupart d’entre eux sont des revendeurs « Pure Player », c’est à dire qu’ils revendent exclusivement sur Internet. Certains d’entre eux vendent à la fois sur Internet et en boutiques, c’est par exemple le cas de Bodxl à Paris et Strasbourg avec lesquels j’ai collaboré par le passé et d’autres encore. Actuellement, la confusion a pris les commandes car un nombre infini de petites boutiques essayent tant bien que mal de se placer quelque part sur le Web; ce qui ne facilite pas forcément mon travail…

SEO et vente de compléments alimentaires sur Internet

La vente de compléments alimentaires sur le Web implique de nombreux métiers (linguistes, webmasters, graphistes…) qui ne sont pas toujours bien considérés ou très mal connus…

Bodybuilder et passionné de chimie organique, j’ai suivi l’évolution des compléments alimentaires depuis 1991, une époque lointaine où l’on ne trouvait encore que certaines marques comme Weider Nutrition, Universal, Twinlab, Nature’s Best, parfois Solgar ou Now Foods, marques américaines historiques.

J’avais commencé le sport à l’âge de 6 ans par la gymnastique mais j’ai ensuite poursuivi avec la natation et quelques compétitions qui ne m’ont pas vraiment laissé un souvenir formidable. Par contre, c’est avec la musculation que j’avais véritablement trouvé mon sport. Le sport faisait partie de ma vie mais je ne savais pas encore que ma vie allait se faire entièrement avec le sport…

Rue des sports (ça ne s’invente pas !), dans ma petite salle de Mouscron, Marco nous préparait des milkshakes à la vanille avec son shaker magique. A l’époque, il distribuait Universal Nutrition en France, en Belgique et dans les Dom-Tom, d’où la fameuse blague qu’il nous ressortait au moins une fois par mois: « Dans les Dom-Tom, ils ne prennent pas l’arôme chocolat ». C’était une blagounette de l’époque et ça nous faisait rire car cela n’avait rien de méchant ni de déplacé. Toujours est-il qu’après quelques mois de musculation, le virus était là et la passion avait pris l’ascendant. Je suis resté plusieurs années dans la salle de Marc; une petite salle sur deux étages où tout le monde se connaissait et s’entraînait dans une ambiance vraiment unique. Toujours est-il que j’étais à mille lieux de me douter que les compléments alimentaires allaient littéralement faire partie de mon cheminement professionnel quelques années après.

Le SEO, ses algorithmes et la « grammaire » des textes, du grec grammata, les parties du discours

Pour ceux qui ne le savent pas, le SEO consiste à rédiger des textes (en l’occurrence des articles ou des fiches produit) qui répondent aux critères déterminés par Google. Ces critères correspondent à des algorithmes et nous n’avons évidemment pas grand chose à dire sur ce que Google décide en matière du classement des contenus, qu’il s’agisse des textes et articles purement commerciaux comme ceux de mes clients, des articles de leurs blogs ou des articles qui n’ont pas de visée commerciale comme celui que je suis en train d’écrire. Dans le domaine de la nutrition sportive comme ailleurs, le SEO consiste à tenir compte d’un certain nombre de mots-clé et de leur répétitions (ce que savent une majorité des lecteurs de mon blog) mais aussi d’appliquer quelques règles syntaxiques et sémantiques qui visent de correspondre à ce que Google attend en matière de texte ou de liens et que j’applique ici (ce que les non spécialistes savent moins).

Instant Whey Pro Reflex Nutrition

Instant Whey Pro de Reflex Nutrition, une protéine de lactosérum fabriquée en Europe, contrairement à la majorité des protéines en poudre du marché !

Disons que d’un point de vue normatif du français et des langues en général, il s’agit tout simplement de travailler avec les parties du discours, tant sur le plan paradigmatique (ou sélection des termes qui entrent dans un champs lexical et que l’on appelle des lexèmes (lexique + termes)) que sur le plan syntagmatique, autrement dit l’axe horizontal de la syntaxe des langues (SN + SV mis pour Syntagme Nominal + Syntagme Verbal). Le plan syntagmatique, vous le connaissez sans doute puisqu’on vous a parlé de grammaire à l’école et plus précisément des fonctions grammaticales (sujet, verbes, compléments directs, indirects, etc.).

Sans vraiment le savoir, les algorithmes de  Google travaillent sur ces deux plans, ce qui veut dire qu’un rédacteur SEO sera d’autant plus compétent qu’il maitrisera la grammaire de sa propre langue (et éventuellement d’autres langues) et qu’il saura faire preuve d’un peu d’imagination, sinon d’inventivité. Malgré tout, cela n’empêchera pas certaines personnes pourtant bien intentionnées et de bonne foi de croire – cursus d’informaticien en poche plutôt que de linguistique – qu’ils ont réinventé la langue. Pour l’occasion, ils vous inventent des « méta-mots » (terme sans doute copié sur la notion de méta-langage) en étant persuadés qu’ils viennent de réinventer la poudre. Sans vouloir les décevoir, la grammaire de Port-Royal date de 1640, ce qui veut dire que leur belle « invention » a déjà été inventée il y a de cela près de quatre cent ans…

Passons sur les détails et revenons sur nos textes, le SEO et la nutrition sportive

D’un point de vue commercial, l’objectif sera donc de produire un article ou une fiche produit qui se place en première page des moteurs de recherche, face à la concurrence. Donc, si vous m’avez suivi, vous comprendrez facilement que les sites Pure Player de vente de compléments alimentaires ne se basent plus uniquement sur la rédaction SEO de fiches produit mais aussi sur des articles de blog, qu’il s’agisse d’un blog lié au site commercial ou non. Imaginez que pour un site comme www.lesproteines.com, il s’agit pour moi de gérer plus de 2500 références, donc, autant de textes et de fiches produit…

Nutrition sportive

La nutrition sportive, un domaine où il faut savoir trier le bon grain de l’ivraie…

D’un point de vue non commercial, le SEO aura aussi de l’intérêt même si ce critère revêt moins d’importance a priori. Je ne vais pas non plus vous dévoiler les règles et astuces que j’utilise dans mes textes, ce n’est pas l’objet de cet article mais hormis mon travail pour www.lesproteines.com par exemple, j’ai voulu créer mon blog il y a de cela près de 8 ans afin de me distancier largement des fiches produit que j’écrivais en mode SEO mais qui n’ont rien de très scientifique.

Actuellement, sur les sites où je rédige des articles, sur le blog de www.lesproteines.com et d’autres sites, il me reste encore de nombreux textes à modifier, ces textes ayant souvent été rédigés par des personnes n’ayant aucun bagage scientifique sérieux pour le faire. De là, on en est arrivé à de la créatine hypoglycémiante, des erreurs sur certains acides gras ou des protéines en poudre qui donnent mal aux reins. De manière assez drôle, certains comiques font circuler ce genre de fadaises sur leurs sites ou des forums de la musculation sans même se rendre compte de l’absurdité de leurs propos. Certains d’entre eux vendent aussi des compléments alimentaires, le comble du ridicule…

Alimenter le monde des sports de force avec de la science, des articles scientifiques et du bon sens

Aujourd’hui, Espace Corps Esprit Forme est connu d’un nombre de plus en plus grand d’athlètes et de passionnés par la science de la nutrition sportive. A partir de mon blog, j’ai toujours eu pour objectif de dispenser des informations scientifiques vérifiables sur les ergogènes, afin que les athlètes puissent être aidés dans leur progression sportive de manière plus rationnelle que ce que les marques de compléments alimentaires voudraient bien leur faire avaler.

Mon aventure dans le monde de la nutrition sportive se poursuit aujourd’hui et d’autres projets d’écriture ou de sites sont sur le point d’aboutir. Certains d’entre eux verront le jour dans un futur proche sous la forme d’ouvrages en rapport à la psychanalyse, domaine des sciences humaines que je finirais à termes par rejoindre, laissant derrière moi la nutrition sportive, mais sans jamais oublier le sport. Toujours est-il que cet article tombe à point pour remercier ceux avec qui je travaille depuis tant d’années, espérant qu’un brun de rationalité et de bon sens finisse aussi par percer dans le monde de plus en plus confus de la nutrition sportive et des compléments alimentaires… Fort heureusement, quelques rares mouvements de qualité finissent par se constituer pour créer un peu d’émulation et d’énergie positive. L’association Fitness Nations avec laquelle je collabore est là pour vous dire que les sports de force ne se définissent pas seulement par les performances individuelles de quelques athlètes mais qu’il s’agit aussi d’une grande communauté sportive…

Quant au prochain article de votre blog, nous retrouverons la Leucine et la Glycine mais d’ici là, n’oubliez pas de développer votre culture physique !

Eric Mallet

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Une dose optimale d’huile de poisson dépendrait du poids corporel

Omega 3Si, pour une raison quelconque, vous preniez de l’huile de poisson et que vous découvrez que cela ne fonctionne pas après quelques semaines, il se pourrait que votre poids corporel soit trop élevé. Au plus vous êtes lourd, au plus la concentration en acides gras Oméga 3 augmentera lentement dans votre organisme. Les psychiatres américains de l’Ohio State University ont découvert cela lorsqu’ils ont donné des capsules d’huile de poisson à leurs sujets d’expérience.

L’étude scientifique sur l’huile de poisson en rapport avec le poids corporel

Les chercheurs ont donné à 28 jeunes âgés de 7 à 14 ans, tous souffrant de troubles de l’humeur, quatre capsules d’huile de poisson par jour pendant 12 semaines. Ils ont pris un produit fabriqué par American OmegaBrite. Chaque capsule contenait 350 mg d’EPA, 50 mg de DHA 100 mg d’autres acides gras Oméga 3. De cette manière, les sujets ont pris 2 grammes d’acides gras Oméga 3 par jour.

Les résultats de l’expérience

Au plus le poids corporel des participants était élevé, au moins l’augmentation de la concentration en EPA et DHA sanguin était constatée.

Assimilation des Omega 3 suivant le poids corporelAssimilation des Omega 3 suivant le poids corporel

Conclusion

« L’étude réalisée à cette fin démontre des relations linéaires claires entre le poids corporel de l’individu et son IMC avec l’accumulation du taux plasmatique d’acides gras polyinsaturés Oméga 3 chez les enfants et les adolescents », ont conclu les chercheurs. « Ces données n’ont pas montré que le surpoids ou l’obésité clinique étaient particulièrement prédictifs, mais un effet dose-réponse a été observé dans le spectre de l’IMC ».

« Les principales lignes directrices quant à des recommandations sur l’apport optimal en acides gras polyinsaturés Oméga 3 chez les jeunes viseraient à tenir compte du poids corporel plutôt que des déterminations basées sur l’âge ».

« Les études qui examinent les effets cliniques potentiels des AGPI Oméga 3 chez les jeunes et les adultes devraient intégrer les effets du poids corporel dans les modèles statistiques car les différences de poids liées aux effets pourraient contribuer de manière significative à la constatation d’incohérences dans la littérature scientifique actuelle ».

Source de l’article: Optimal fish oil dose depends on body weight

Source Ergo-log: PLoS One. 2017 Apr 5;12(4):e0173087.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

 

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Un cocktail de BCAA, L-Glutamine et L-Arginine améliore le transport de l’oxygène

Pour les athlètes d’endurance qui ne sauraient pas quoi s’offrir pour Noël, nous vous faisons une suggestion: des BCAA, de la L-Glutamine et de la L-Arginine. Selon des chercheurs japonais, une dose suffisante de ces acides aminés pourraient améliorer le transport de l’oxygène dans le sang.

Un cocktail d’acides aminés pour améliorer le transport de l’oxygène dans le sang

Le scientifique sportif japonais Masaru Ohtani de l’Université de Tokyo a expérimenté un mélange d’acides aminés comprenant 14% de Glutamine, 14% d’Arginine et 30% de BCAA [L-Leucine, L-Isoleucine, L-Valine]. Il a complété le cocktail avec de la thréonine, de la lysine, de la proline, de la méthionine, de l’histidine, de la phénylalanine et du tryptophane.

Masaru Ohtani a donné ce cocktail d’acides aminés à 13 athlètes d’endurance qui s’entraînaient 2 à 3 heures, 5 jours par semaine.  [Biosci Biotechnol Biochem. 2001 Feb; 65(2): 348-55.] A une occasion, les sujets de l’expérience ont pris 2,2 grammes du complexe d’acides aminés tous les jours pendant 30 jours. Durant une période similaire, les athlètes ont pris 4,4 grammes et enfin 6,6 grammes pendant 30 jours supplémentaires. Les athlètes d’endurance ont pris les acides aminés avec leurs repas principaux.

Le mélange a stimulé le nombre de globules rouges présents dans le sang des athlètes et la quantité d’hémoglobine, la protéine de transport de l’oxygène. Les barres blanches du tableau ci-dessous représentent les mesures prises après 30 jours.

BCAA et transport de l'oxygène

BCAA et transport de l'oxygène

Le tableau ci-dessus nous fait montre des autres modifications induites dans le sang des sujets lorsqu’ils ont pris la dose la plus élevée d’acides aminés. La concentration en créatine kinase [CPK] a diminué.

Ohtani a également testé une dose de 7,2 grammes de son mélange d’acides aminés pendant 90 jours chez 23 joueurs de rugby. [Biosci Biotechnol Biochem. 2001 Sep; 65(9): 1970-6.] le transport de l’oxygène dans le sang avait également augmenté.

BCAA et transport de l'oxygène

Si vous voulez essayer le mélange d’Ohtani, vous devrez probablement réaliser votre propre cocktail. Associer 2 grammes de BCAA, 1 gramme de L-Arginine, 1 gramme de L-Glutamine et 2 grammes d’un supplément standard contenant des acides aminés libres. Vous trouverez tous les ingrédients dont vous avez besoin dans n’importe quel magasin de suppléments.

Le fait de prendre des BCAA ne sera probablement pas suffisant. Au cours des études dans lesquelles des animaux ont réalisé un entraînement d’endurance, les BCAA avaient augmenté les réserves de glycogène dans les muscles, mais pas les performances [NdT: Un effet auquel on pouvait s’attendre] [Life Sci. 2006 Aug 29; 79(14): 1343-8.]

Source de l’article: Cocktail of BCAAs, Glutamine and Arginine boosts oxygen transport

Source Ergo-log: J Nutr. 2006 Feb; 136(2): 538S-543S.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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Ergogène ou pas ergogène ? Définition…

Espace Corps Esprit Forme est un blog consacré aux sport de résistance, au fitness et autres disciplines sportives associées mais il s’agit surtout d’un blog d’information scientifique. Comme vous le savez, je traite principalement des ergogènes. La première partie de cet article va donc revenir sur la définition d’un ergogène, ses acceptions et ses limites. La seconde partie de l’article traitera des acides aminés, de certains antioxydants et des extraits végétaux.

Créatine

La créatine, l’ergogène le plus connu des athlètes des sports de force.

A priori, la définition d’un ergogène est celle-ci: « Une substance ou un processus permettant une augmentation des performances sportives« . Cependant, cette définition s’avère très large et très ouverte. Dans ce cas, la confusion s’installe parmi mes lecteurs. Notez que j’ai répété cette définition à chaque fois lors de mes vidéos avec Paul James. Pourtant, vous avez été nombreux à me poser des questions du genre: « Une protéine de Whey est-elle considérée comme un ergogène ? », « La créatine est-elle un ergogène ? », de même pour les secrétagogues dont nous avons déjà parlé dans un autre article.

Au départ, parler d’une substance ou d’un processus permettant l’augmentation des performances physiques reste assez vague. Comme je vous le disais au cours de la vidéo sur les Boosters énergétiques (pré-workout), on pourrait très bien considérer la musique comme un ergogène car des expériences scientifiques ont prouvé son influence sur les performances sportives, même si cela peut paraître un peu étrange a priori. Ensuite, il nous suffira simplement de séparer macro et micronutriments pour traiter du sujet de manière plus complète. Les macronutriments répondent-ils à la définition d’un ergogène ?

Les macronutriments peuvent-ils être considérés comme des ergogènes ?

Boisson isotonique ou ergogène ?

Une boisson isotonique est-elle considérée comme un ergogène ?

A priori non. Protéines, glucides et graisses sont des éléments soit structurels (protéines), soit il s’agit de substrats énergétiques (glucides, lipides), soit les deux en même temps (protéines). A partir de là, on considère les protéines comme des macromolécules nécessaires au maintien de la masse musculaire mais aussi à sa croissance. Certains diront que les protéines pourrait donc être considérés comme des ergogènes. En réalité, il n’en est rien car un ergogène vise à augmenter les performances physiques en cours d’exercice  mais pas à considérer qu’ils contribuent à la croissance du muscle et donc, à ses performances en force ou/et en endurance. Parler d’un ergogène, c’est avant toutes choses considérer son intérêt proche ou immédiat pour la performance sportive, pas à le considérer comme un élément nécessaire à la récupération musculaire en phase de post-exercice. La croissance d’un muscle dépend du phénomène d’adaptation appelé hypertrophie, reposant elle-même sur des processus complexes mais qui n’interviennent pas avant l’exercice, c’est évident. Cependant les choses se complexifient avec les acides aminés et les peptides, constituants des protéines. Pourtant, nous ne sommes plus ici dans le domaine des macronutriments mais bien des micronutriments, nous y reviendront…

De même, la même confusion peut régner au sujet des oses et osides (glucides ou hydrates de carbone) à partir du moment où vous diriez qu’une boisson d’apports glucidiques est à considérer comme un ergogène. En réalité, il n’en est rien car les glucides participent à la fabrication d’énergie musculaire. Apporter des glucides à votre corps pendant l’entraînement vous permettra de maintenir un taux de glucose sanguin plus élevé que si vous ne preniez que de l’eau. Cependant, rien ne prouve que cet apport de glucides vous permettra d’améliorer vos performances physiques mais seulement de les maintenir. Le glucose est une molécule essentielle à l’énergie cellulaire et donc à l’exercice mais de prendre des glucides avant l’entraînement ne vous garantira pas forcément de meilleures performances, surtout si vos réserves de glycogène sont déjà optimales. Les substrats énergétiques n’entrent pas dans la catégorie des ergogènes car on ne peut pas faire sans. Nous ne pouvons donc pas les discriminer par rapport à d’autres molécules et donc, les considérer comme tels. Ils sont tout simplement nécessaires au fonctionnement cellulaire et musculaire normal, pendant et en dehors de l’exercice.

Les acides gras n’ont pas de rôle ergogène

Concernant les acides gras à nouveau, vous pourriez argumenter et me dire que les Oméga 3 EPA et DHA contribuent au gain en masse musculaire. Sur le plan scientifique, c’est exact mais à nouveau, nous nous retrouvons devant le même cas que pour les protéines et les glucides. A ma connaissance, il n’a jamais été prouvé que de prendre des Oméga 3 avant l’exercice contribuerait à améliorer les performances physiques. Comme vous l’avez compris, un ergogène est une molécule qui permet une augmentation des performances physiques et sportives avant l’entraînement ou de manière assez immédiate, sinon différée et de manière indirecte en agissant sur d’autres aspects du métabolisme, nous en reparlerons plus bas. Mais dans ce cadre, les macronutriments se retrouvent disqualifiés. A l’opposé, les micronutriments peuvent t-ils prétendre à ce titre ?

Certains micronutriments sont-il considérés comme des ergogènes et si oui, lesquels ?

vitamine C

A proprement parler, la vitamine C ne serait pas un ergogène…

Concernant les micronutriments, nous entrons dans le domaine des vitamines, minéraux, oligoéléments, antioxydants et acides aminés. A la rigueur, nous pourrions peut-être extrapoler sur les enzymes, probiotiques et autres bactéries essentielles au fonctionnement de notre système digestif. A partir de là, nous risquons d’avoir plus de choses à dire.

Prises ensemble, les vitamines ne seront pas considérées comme des ergogènes, de même que les acides aminés lorsqu’on les considèrent comme faisant partie d’une protéine. Cependant, pris séparément, certaines vitamines antioxydantes (notamment les vitamines C et E) présentent certaines propriétés mélioratives sur la croissance musculaire des personnes âgées. Pourtant, ce genre d’études cliniques n’affirme pas que les sujets ont pris leurs vitamines avant l’entraînement de musculation mais pendant la journée.

A nouveau, nous ne pouvons pas affirmer que les vitamines antioxydantes sont des ergogènes. A vrai dire, vous avez déjà tous remarqué que certains Boosters et autres Pré-workout du bodybuilding renferment de la vitamine C. Sur le plan scientifique, nous savons qu’un manque de vitamine C est nuisible aux performances athlétiques mais un apport en pré-entraînement n’a jamais prouvé qu’il pouvait apporter une aide ergogène vérifiable et mesurable. A l’opposé et dans certains cas, les vitamines C et E se sont avérées contre-productives à la performance physique.

Niacine, nicotinamide riboside et cofacteurs enzymatiques du NAD+, NR et NMN !

NAD+

Le NAD+

Dans la même optique, les vitamines du groupe B comme par exemple la niacine, sont indispensables à la métabolisation normale des macronutriments, protéines, glucides et lipides. Une des meilleures solutions à ce sujet a toujours été d’ajouter un comprimé de vitamines B à votre protéine de pré-entraînement. Si vous prenez déjà un multi-vitamines, le fait que ce dernier renferme 100 à 150% de l’AJR en vitamines B ne risque pas de changer grand chose si vous prenez un multi spécifiques en vitamines B un peu plus dosé avec vos protéines de pré-entraînement. Toujours est-il qu’il n’est plus possible d’ignorer l’importance et les bénéfices du dérivé de la vitamine B3, le nicotinamide riboside.

Popularisé par le chercheur américain David Sinclair, le même chercheur qui avait autrefois réalisé d’importantes recherches sur le resveratrol, cette molécule dérivée de la niacine est certainement le complément le plus important à prendre si vous avez dépassé vos 40 ans. Tous deux activent indirectement certaines sirtuines par le biais du NAD+ dont les SIRT 1 et 3, des protéines qui agissent sur la réparation des dommages cellulaires. Très récemment, le nicotinamide mononucléotide (NMN) vient d’arriver sur le marché américain à un prix abordable. Selon les estimations des chercheurs, son efficacité serait 4 à 5 fois supérieure au nicotinamide riboside (NR) une molécule brevetée déjà remarquable, commercialisée sous le nom de Niagen par Chromadex. Cependant, l’intérêt du NMN sur le NR serait déjà controversé; les avis divergent sur ce point.

Le Nicotinamide riboside serait un ergogène

Seul le brevet Niagen par Chromadex est une source fiable de Nicotinamide Riboside !

A l’heure actuelle, les chercheurs supposent que le NR activerait certaines sirtuines seulement alors que le NMN les activerait toutes, ce qui est assez stupéfiant. Si nous savons que ces deux molécules activent nos mitochondries et participent à réactiver les processus complexes et inhérent au métabolisme énergétique cellulaire, il y a de fortes chances que le NR puisse être considéré comme un ergogène doté d’un potentiel très élevé. Sur le plan empirique, il s’avère que cela serait effectivement le cas. Encore une fois, je mets le conditionnel car les réactions à un complément varient selon les sujets. Disons que d’un point de vue général, les effets du nicotinamide riboside vont se faire sentir au niveau de l’énergie et de l’endurance pendant l’exercice mais surtout sur la vitalité générale avec une sensation assez nette d’efficacité musculaire améliorée, un peu comme si votre horloge avait reculée vers votre première année d’entraînement (!) La qualité et le fonctionnement des muscles sont améliorés, ce qui est déjà remarquable. Si l’endurance peut être optimisée par le nicotinamide riboside, la congestion musculaire l’est aussi de manière très prononcée après une à deux semaines. Les sensations redeviennent similaires à ce que vous pouviez ressentir pendant et après vos premiers entraînements de musculation. Sur le plan de la croissance, l’amélioration ne sera sensible qu’avec le temps mais n’espérez pas prendre du muscle comme si vous étiez dans votre première année de musculation. Par contre, si vous êtes trop jeune (en dessous de 40 ans), il est fort peu probable que le NR vous serve à quelque chose. Vos performances physiques et votre endurance pourraient même être orientées à la baisse, des expériences sur ce sujet ont déjà été réalisées. Quoi qu’il en soit, une supplémentation en NR n’a de sens qu’à long terme, au moins 3 mois de suite mais essayez surtout d’en faire votre base de supplémentation, vous me direz merci.

La vitamine B6 serait-elle considérée elle aussi comme un ergogène ?

Question qui peut paraître un peu farfelue, c’est une interrogation pourtant plus sérieuse qui n’y parait. Comme les autres vitamines du groupe B, la B6 agit comme un cofacteur du métabolisme des macronutriments. Pourtant, la vitamine B6 est également essentielle à une enzyme qui convertit le GABA, un neurotransmetteur qui agirait indirectement sur la libération de l’hormone de croissance durant le sommeil ou du moins, à potentialiser son action. C’est un détail que je vous avais déjà fait remarquer avec l’article sur les secrétagogues de la somatropine (Hgh). Dans ce contexte, et même si le rôle de la pyridoxine avait été au départ d’améliorer l’assimilation du zinc et du magnésium, on pourrait croire que les vitamines du groupe B, niacine et pyridoxine en particulier, auraient un rôle d’ergogène à jouer. De toutes évidences, ce détail qui n’en est pas vraiment un, semble apporter du crédit à un supplément comme le ZMA, du moins sur le long terme.

Certains acides aminés présentent un potentiel affirmé de secrétagogue et donc d’ergogène

GABA

Votre ami le GABA !

Au sujet des secrétagogues précisément, nous avions vu que l’OKG (L-Ornithine Alpha Ketoglutarate) représentait l’acide aminé le plus susceptible de jouer ce rôle, avec le GABA. A posteriori plutôt qu’a priori, les secrétagogues pourraient être considérés comme des ergogènes puisqu’ils stimulent la libération des androgènes comme la somatropine et la testostérone chez l’homme. En outre, certains d’entre eux dont l’ornithine alpha cétoglutarate, présentent les deux propriétés en même temps du fait de leurs multiples actions sur notre métabolisme. Cet acide aminé proche de l’arginine serait donc considéré comme un secrétagogue mais aussi comme un ergogène car l’OKG serait en mesure de stimuler la présence de l’arginine, de la glutamine et d’autres molécules anabolisantes ou anti-catabolisantes 1. L’OKG comme le HMB ont d’ailleurs été administrés en hôpital à des fins de freiner le catabolisme musculaire de patients atteints de maladies graves ou de grands brûlés par exemple. A cette fin, l’OKG (ou α-cétoglutarate d’ornithine/ACO en français dans certaines publications) est reconnu comme un anti-catabolisant notable, à partir du moment où l’ornithine est effectivement liée au cétoglutarate, ce que la plupart des fabricants ne vous préciserons pas. Cependant, et même si vous tombez sur de l’OKG authentique, la quantité nécessaire à l’obtention d’un effet anti-catabolisant notable est assez élevée. Comptez entre 8 à 12 grammes pendant la journée et entre 3500 à 5000 mg avant le coucher si vous souhaitez stimuler naturellement la libération de l’hormone de croissance. A ce rythme, vous risqueriez d’y laisser une somme assez rondelette au bout de quelques semaines !

Comme dans le cas de l’OKG, nous dirions qu’un secrétagogue pourrait naturellement être considéré comme un ergogène puisqu’à stimuler l’hormone de croissance, il est probable que les performances athlétiques s’améliorent aussi, du moins théoriquement. Quant aux acides aminés eux-mêmes, je vous retrouve pour vous en parler dans la deuxième partie de cet article. Comme vous pouvez vous en douter, nous y traiterons de la L-Arginine mais aussi des acides aminés non protéinogènes comme la L-Citrulline, la L-Carnitine, les antioxydants et enfin les extraits végétaux.

Cependant, ceci ne devrait pas, en théorie, vous empêcher de développer votre culture physique en attendant la seconde partie de cet article !

Eric Mallet

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1 Diana Cardenas, Thierry Le Bricon, Luc Cynober, L’alpha cétoglutarate d’ornithine, mécanismes d’action et place actuelle en nutrition artificielle, Nutrition Clinique et Métabolisme, Volume 16, Numéro 3, Septembre 2002, 151-163

 

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