Le Tribulus serait bon pour quelque chose: 1,25 g/jour module la disponibilité de l’IGF 1

Sport et prise de Tribulus terrestris

Des études récentes font état de résultats surprenants sur les effets ergogènes du Tribulus terrestris.

Oui, il ne s’agit pas (1) d’une étude sur des rongeurs, (2) publié dans une revue évaluée par des pairs, (3) qui n’est pas parrainée par une entreprise de suppléments (mais par le gouvernement chinois), et a été (4) réalisée non seulement avec des êtres humains inexpérimentés et presque sédentaires ou « vaguement entraînés » mais avec quinze boxeurs hautement qualifiés de sexe masculin (des athlètes nationaux de deuxième niveau, avec 2-3 ans d’entraînement) qui ont été sélectionnés à partir de l’équipe de boxe de l’Université de Shanghai affiliée à l’école du sport en Chine. Ce seul fait permet à la dernière étude de l’Université de Shanghai du Sport d’être digne d’intérêt. Le fait que les scientifiques aient effectivement observés des effets significatifs quand ils ont «nourris» leurs sujets avec 1,25 g par jour d’un extrait de Tribulus terrestris standardisé (TT) (acheté sur le marché libre de Pronova à Biocare, en Suède) avec une teneur en saponine > à 40%, rend l’étude encore plus intéressante.

Le Tribulus terrestris étudié selon d’autres aspects de la performance et de la croissance musculaire

Contrairement aux études précédentes qui portaient exclusivement sur la testostérone et (parfois) sur la DHT, l’identification des mécanismes potentiels de la performance concernant cette étude se penche sur les effets d’un extrait de Tribulus terrestris (TT) sur la masse musculaire, les lésions musculaires et les performances anaérobiques de boxeurs masculins entraînés, potentiellement provoqués par les androgènes, l’IGF-1 et/ou des modifications de l’IGF-1 ou sur la concentration de sa protéine de liaison (IGFBP-3). À cette fin, les quinze boxeurs masculins mentionnés précédemment ont été divisés en un groupe d’exercice (E, n = 7) et un groupe d’exercices plus Tribulus terrestris  (E + TT, n = 8). Les deux groupes ont réalisés des entraînements de forte intensité pendant 3 semaines et 3 semaines d’entraînement à volume d’exercice élevé. Ces derniers ont été séparées par une période de repos de 4 semaines.

« Tous les athlètes ont pratiqué 3 semaines similaires d’entraînement à haute intensité et 3 semaines d’entraînement à haut volume, séparés par un repos de 4 semaines. Outre l’entraînement technique spécifique, la partie principale de l’entraînement à haute intensité était constituée par des exercices de la force, y compris l’entraînement de la force maximale (deux fois par semaine , le mardi et le vendredi) et de la vitesse explosive (deux fois par semaine, le lundi et le jeudi). Concernant l’entraînement de volume élevé, les boxeurs ont commencé par l‘endurance (10 000 m de course tous les jours et saut à la corde à intensité faible à modéré, deux fois par semaine, le mardi et le vendredi), puis par leur technique spécifique de la boxe, de l’explosivité et enfin par l’entraînement de haute intensité « (Ma. 2015).

Le supplément, des extraits précités de Tribulus terrestris (1250 mg / joura été administré par voie orale uniquement dans le groupe E + Tribulus T, évidemment. Avant que les capsules ne soient remises aux sujets, leurs composition exacte a été analysée et leur teneur en saponines a été confirmée par chromatographie liquide à hautes performances (HPLCQTOF/MS).

Tous les extraits de Tribulus terrestris n’ont pas été créés égaux ! Si vous avez déjà pris des suppléments de Tribulus et que vous n’avez eu aucun résultat, il se pourrait bien qu’ils ne contiennent pas la bonne quantité ou le bon type de saponines. Comme Ma. et ses collègues le précisent, le contenu en 25(R)-Spirostan3,6,12trione/25R)-Spirost4-ène-3,12dione et en saponines A du Tribulus terrestris varie « selon la région géographique, le climat et les parties du végétal, ce qui pourrait expliquer en partie les résultats divergents obtenus avec des extraits végétaux provenant de différentes études« (Ma. 2015).

Les résultats des évaluations en pré et post de la masse musculaire, de performances anaérobiques et les indicateurs sanguin n’ont révélé aucune différence entre les groupes en ce qui concerne la testostérone, la DHT, la masse musculaire ou le total de l’IGF-1. La créatine kinase (CK), la protéine de liaison IGFBP-3, la force musculaire absolue et relative des sujets, d’autre part, ont augmenté de manière beaucoup plus significative dans le groupe supplément (E + Tribulus T) contre le groupe de contrôle (E) (le tableau 1 montre la différence relative du changement de la base, à savoir AE + Tribulus T – AE).

 

Effets sur le rapport IGF1/IGF-BP3, puissance moyenne, créatine kinase après la prise d'un supplément de Tribulus terrestris

Tableau 1: Différences de changements relatifs de l’IGFBP3, du rapport IGF / IGF-BP3, de la puissance moyenne, de la puissance moyenne relative et de la créatine kinase (CK) – Des valeurs plus élevées indiquent une augmentation significative par rapport au contrôle (E), des valeurs plus faibles ont diminué pour (E + TT) vs (E) (p <0,05) | données calculées sur la base de Ma. 2015

Dans ce contexte, il est logique que les scientifiques pensent que l’augmentation de la performance et de la réduction des dommages musculaires qu’ils ont observé puisse être causé par la disponibilité accrue de l’IGF-1 (Le rapport IGF-1 total/IGF 1 BP-3 est un indicateur de la quantité de l’IGF 1  non lié qui circulent dans le sang).

IGF1 et métabolisme

Tableau 2: Vue d’ensemble des principaux rôles de l’IGF1. Observez ce qui change quand sa production diminue avec l’âge ! (Berryman 2013)

Si vous observez les effets profonds de l’IGF-1 sur le muscle (Frystyk 2010) et ses effets généraux sur le métabolisme humain comme représentés par le tableau 2 de Berryman et ses collègues (2013), il me semble raisonnable de supposer que l’importante augmentation de la disponibilité de l’IGF1 pourrait expliquer la diminution des lésions musculaires rapportés dans l’étude ainsi que des résultats similaires obtenus à partir d’une étude sur l’homme par Milasius (2009) ainsi que par les études chez des rongeurs en surentraînement et intensément entraînés par Zhang (2010) , Wang (2010) et Yin (2013), respectivement.

Alors, quel est le verdict ? Compte tenu de la grande influence entretenue par le rapport exact entre les saponines et leur concentration sur les effets d’un extrait de Tribulus terrestris donné et de sa variabilité selon les régions, la récolte et la/les partie(s) de la plante qui a/ont été utilisées pour préparer l’extrait, il n’est pas impossible que les études précédentes effectuées par Antonio (2000) et Rogerson (2007) n’aient simplement pas trouvé d’améliorations des performances pour les entraînements de résistance et les joueurs de rugby, parce qu’ils avaient peut-être utilisés des «mauvais» extraits (ou que l’entraînement n’a pas été assez intense…).

Bien qu’il soit difficile de déterminer si oui ou non cette hypothèse est vraie, il n’y a aucune raison de débattre de la conclusion que Ma. et ses collègues ont établi sur les résultats plus récents obtenus par des boxeurs entraînés une conclusion qui dit que : « Prendre 1250 mg de Tribulus terestris [.. .] atténue les dommages musculaires et améliore la performance anaérobique de boxeurs masculins entraînés, ce qui peut être lié à la diminution du taux d’IGFBP-3 plutôt que d’être lié aux hormones androgènes présentes dans le plasma sanguin. » (Ma. 2015)

Article SuppVersity original: Tribulus is Good for Something (…)

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NdT: Il est vrai que certains athlètes ayant pris du Tribulus ont fait état d’une amélioration de leurs performances mais j’ai toujours du mal à y croire à moins que le problème se situe tout simplement au niveau de l’influence (faible) des substances actives de ce végétal et dont les effets pourraient varier en fonction du lieu de récolte ou de la plante elle-même comme cela l’est rappelé dans l’article. A vrai dire, la variété Alatus a, quant à elle, prouvée qu’elle exerçait un effet mélioratif direct sur la testostérone, contrairement au terrestris. Toujours est-il qu’il existe d’autres végétaux dont l’influence sur les hormones androgènes ou sur l’aromatase et la DHT sont bien connus; on peut citer l’ortie, le Palmier de Scie (Saw Palmetto), l’avoine commune (Avena sativa), le Bulbine natalensis et surtout le Tongkat ali. Vous pouvez également parcourir mon blog pour y trouver les articles qui traitent de ce sujet.

Pour ma part, j’estime qu’il y a d’autres végétaux dont l’effet ergogène est reconnu et étudié par la recherche et qui peuvent être sans doute beaucoup plus utiles. On peut citer le Ginseng, l’Ashwagandha, le Cordyceps, le Suma, le Rholiola rosea et d’autres encore…

Mais d’ici là, n’oubliez pas de développer votre culture physique !

Eric Mallet

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Le Fenugrec pourrait aussi booster la libération de l’hormone de de croissance

Vous connaissez sans doute le Fenugrec de son nom scientifique Trigonella foenum-graecum en tant que végétal qui influencerait les niveaux de testostérone à la hausse et qui pourrait améliorer le rapport muscle/masse grasse. A vrai dire, il se pourrait que vous puissiez trouver du fenugrec dans des suppléments censés augmenter les niveaux d’hormone de croissance. Les chercheurs coréens de l’Université de Yeungnam ont découvert cet effet quand ils ont fait des expériences avec des cellules de rats.

L’hormone de croissance et le Fenugrec

Les chercheurs sont tombés sur cet effet stimulant de l’hormone de croissance par le Fenugrec quand ils ont étudié un extrait de fenugrec sur une base de méthanol en utilisant des cellules de l’hypophyse de rats. L’hypophyse est une glande présente dans le cerveau qui, en dehors de sécréter les hormones LH et FSH qui stimulent la sécrétion de testostérone, sécrète également l’hormone de croissance. L’activité de la glande pituitaire augmente si l’hypothalamus un autre glande du cerveau synthétise plus de LHRH et de GHRH.

Les Coréens étaient à la recherche de substances qui stimulent la production de l’hormone de croissance comme remèdes contre l’ostéoporose, le déclin musculaire et d’autres signes de vieillesse. En 2007, 2003 et 2004, ils avaient publié plusieurs études qui ont montré que la production de l’hormone de croissance était stimulée par la glycyrrhizine et l’acide glycyrrétique du Glycyrrhizae radix, par les 1monopalmitine et 1monlionleine de  l’Astragalus membranaceus (Astragale) et la puérarine du Pueraria thunbergiana.

L’étude en question

Dans l’article que nous écrivons à ce propos et publié en 2008 dans Chemistry & Biodiversity, l’extrait complet de méthanol a stimulé la production de l’hormone de croissance à près de 2200%, comme indiqué dans le tableau ci-dessous. La concentration atteinte était exceptionnellement élevée: 1 mg par millilitre.

Lorsque les chercheurs ont isolé des composés de l’extrait pour les étudier individuellement, il s’est avéré que deux composantes étaient actives: Fenugreek Saponin I (composé 1) et la dioscine (composé 9). Ceux-ci ont stimulé la sécrétion de Hgh par un facteur de 13 et de 18 respectivement, à une concentration de 20 microgrammes par millilitre.

Fenugrec et hormone de croissance

Saponines du Fenugrec

La dioscine du Fenugrec

Le mécanisme reste inconnu

Un nombre croissant d’études presque toutes financées par les fabricants sont révélateurs du fait que les extraits de Fenugrec font preuves de propriétés intéressantes pour les athlètes. Ils améliorent la masse musculaire et la force, ils stimulent la capacité à brûler la graisse, l’endurance et stimulent la libido des hommes. La théorie la plus courante à ce sujet est que les extraits de Fenugrec stimulent la production de testostérone. Le Fenugrec le fait en effet, mais pas au point que vous puissiez vous attendre à en voir les effets mesurés.

L’étude coréenne contribue à expliquer le paradoxe: le Fenugrec fonctionne, mais d’une manière différente.

Source de l’article: Fenugreek may boost growth hormone emission too

Source Ergo-log: Chem Biodivers. 2008 Sep;5(9):1753-61.

Traduction par Eric Mallet pour Espace Corps Esprit Forme

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Une algue activerait les cellules souches d’un foie endommagé, du pancréas et du muscle cardiaque

Olimpiq StemXCell, un supplément élaboré par l’entreprise hongroise Crystal Institute, pourrait réparer des tissus endommagés chez la souris. Provenant d’études animales, des chercheurs de l’Université des Sciences de Pecs ont découvert que le supplément stimule les cellules souches afin de réparer les tissus endommagés.

stemxcellL’ingrédient le plus important dans Olimpiq StemXCell est un extrait de l’algue bleu-vertAphanizomenon flos-aquae ». Et si nous mettons des guillemets, c’est pour une bonne raison: Aphonizomenonflos-aquae fait partie des cyanobactéries, pas des algues. La plupart des souches d’Aphanizomenon flos-aquae dans le monde sont toxiques. Leurs toxines endommagent le foie et les nerfs. Aux États-Unis, les entreprises récoltent une espèce inoffensive d’Aphanizomenon flos-aquae du lac Klamath. Celle-ci a été ajoutée à des suppléments et considérée comme un super-aliment.

Un complément alimentaire qui stimule les cellules souches ?

Un supplément contient de l’Aphonizomenonflos-aquae et se nomme StemEnhance. Il est supposé activer les cellules souches. [Brevet US 6,814,961] [Med Hypotheses. 2,002 PTOM; 59 (4): 422-8].

Les chercheurs ont testé une variante hongroise de Stem Enhance pour leur article. Outre de l’Aphanizomenon flos-aquae, le supplément contenait de la chlorophylle, du Cimicifuga racemosa, du fucoidan (un extrait d’algues brunes), du lucidum Ganoderma, un champignon, des extraits de la plante de chanvre Cannabis sativa et du Lyceum barbarum (ou Goji).

Souris et rats ont reçu le complément alimentaire mélangé avec leur nourriture pendant 10 jours à une dose de 7,14 mg/kg/jour. C’est l’équivalent de 500 mg/jour pour un humain pesant 70 kg.

Dans une expérience préliminaire, les chercheurs avaient fait une injection de CCl4 aux souris – ce qui endommage le foie – le même jour la supplémentation a commencé. La figure ci-dessous montre que le poids du foie à la fin de la période de supplémentation était plus élevé chez les souris qui avait été supplémentées avec Olimpiq StemXCell par rapport à celles qui avaient reçues de la nourriture ordinaire [Control].

Stem XcellStem X Cell

Au cours d’une autre expérience, les chercheurs ont commencé avec une supplémentation de 10 jours de StemXCell. Après cela, ils ont injecté de l’isoprotérénol au rats, une substance qui induit une crise cardiaque. Après l’injection, les chercheurs ont cessé de donner le supplément aux rats. Après 8 semaines, ils ont remarqué que les cœurs des rats qui avaient reçu de l’Aphonizomenonflos-aquae étaient capables de pomper plus de sang par battement. La figure ci-dessus le montre. L’axe vertical indique la fraction d’éjection.

Avec une troisième expérience, le jour où la supplémentation de StemXCell  a commencé, les chercheurs ont fait une injection d’alloxane aux rats, un poison qui détruit les cellules bêta productrices d’insuline dans le pancréas. Dans ce cas, les rats ont reçu le supplément pendant 5 semaines. La figure ci-dessous montre que StemXCell a maintenu le niveau de glucose vers le bas.

Olimp StemXcell stimulerait la conversion des cellules souches en cellules musculaires

« Olimpiq StemXCell accélère la réparation des tissus dans le foie, le cœur et le pancréas« , concluent les chercheurs. Si tel est le cas, alors les athlètes de résistance devraient être en mesure de construire plus de tissus musculaires avec un supplément tel que celui-ci. L’entraînement de force ne construit pas seulement de la masse musculaire en donnant de la masse aux cellules musculaires existantes (hypertrophie) mais aussi par l’augmentation du nombre de cellules musculaires dans le tissu musculaire (hyperplasie). Les nouvelles cellules ainsi créées ont commencé leur existence comme des cellules souches.

L’Oxyde Nitrique – et la congestion – jouerait un rôle dans la transformation des cellules souches en cellules musculaires

Une large gamme de suppléments légaux comme les boosters de NO ou illégaux comme le trenbolone stimuleraient la transformation des cellules souches en cellules musculaires.

Par ailleurs, il y a quelque chose d’étrange avec Olimpiq StemXCell. Lorsque StemEnhance a été lancé, des scientifiques plus critiques ont dit qu’ils craignaient que, si le produit fonctionne, c’est qu’il pourrait activer non seulement les cellules souches mais aussi les cellules cancéreuses. [the-scientist.com 15 mai 2007] La composition de StemXCell suggère d’ailleurs que les fabricants ont pris cette critique au sérieux. Fucoidan, goji et Ganoderma lucidum sont tous des inhibiteurs de cellules cancéreuses.

Source de l’article: Algae supplement activates stem cells in damaged liver, pancreas and heart muscle

Source Ergo-log: J Med Food. 2010 Jun; 13(3): 599-604.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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En savoir plus sur le Tribulus, conseils et astuces

Cet article est le premier d’une série d’articles consacrée à une molécule ou une substance naturelle isolée. Sans vouloir copier l’excellent site américain examine.com, je vous proposerais simplement un résumé avec des informations scientifiques crédibles et non-biaisés, contrairement à ce qu’on lit encore assez souvent sur le Web. Ces articles prendront donc un titre en « En savoir plus sur…« . Encore une bonne occasion de développer sa culture physique 🙂

Tribulus terrestris

Le Tribulus terrestris

Aujourd’hui nous traiterons d’un végétal qui fait couler beaucoup d’encre dans le monde du culturisme et qui m’a d’ailleurs fait écrire un ou deux articles faisant partie des meilleures visites sur mon blog. Il s’agit du Tribulus terrestris. Souvent chargé d’allégations non fondées sur sa capacité – présumée – à augmenter le taux de testostérone chez l’homme, les choses sont cependant plus complexes que cela en réalité. La libération augmentée d’une hormone dépend d’un certain nombre d’actions et de rétroactions biochimiques complexes qui induiront ou non cette réaction. Pour le Tribulus terrestris, ce n’est tout simplement pas le cas, du moins pas tout à fait. S’ils suffisait d’une augmentation de l’hormone lutéinisante pour induire une élévation supraphysiologique de la testostérone, les chercheurs – et les utilisateurs – s’en seraient rendus compte. Cependant, ce végétal a prouvé qu’il pouvait contribuer à une libération saine de testostérone lorsqu’il y avait insuffisance, c’est à dire dans les normes de la biologie humaine, sans toutefois induire une différence significative. Voilà de quoi tarir quelque peu le mythe du Tribulus sans pour autant en faire une source de nutriments inutile, c’est ce que nous allons constater.

Origine(s) de la plante

Le Tribulus terrestris est un végétal connu de la médecine traditionnelle ayurvédique même s’il n’a pas été spécifiquement retrouvé en Inde. en effet, il s’agit d’une plante qui prolifère, largement répandue en Inde mais aussi en Chine et dans le sud de l’Europe ou en Bulgarie comme le veut la petite histoire. En médecine chinoise traditionnelle et en médecine ayurvédique, il est conseillé pour le traitement des troubles cardiovasculaires, urogénitaux et la libido. Le terme de Tribulus fait référence à une famille qui compte 25 espèces et dont la composition de chacune d’entre elles diffère de manière notable. Le genre Terrestris par exemple, est assez riche en quercétine (un antioxydant à fort potentiel) alors que le genre Alatus renferme des molécules telles que le spirostane, le cholestane ou le furostane qui sont impliqués dans les effets qu’il produit.

La composition du Tribulus terrestris

Saponines du Tribulus terrestris La plante contient majoritairement de la Protodioscine, considérée comme la molécule active majeure du Tribulus terrestris (jusqu’à près de 45% d’un extrait sec). La racine renferme également du pseudoprotodioscine, de la dioscine, de la diosgénine, du Tribulosine et d’autres molécules plus rares telles que l’hécogénine, de la protodibestine et de la tribestine (tous deux de la famille des Gitigénine), des spirostanols et furostanols (saponines), de l’acide dicoumaroylquinique et de la vitamine C (environ 0,9%). Le fruit du Tribulus renferme également plusieurs furostanols de la famille des saponines tels que les terrestroside A et B, de la terrestrinine B, terrestroneoside A, chloromaloside, ainsi que le tribufuroside B, I et J (glycosides).

Ce qu’il faut en retenir, c’est que les principales molécules retrouvées dans le Tribulus peuvent varier fortement d’une variété à l’autre comme nous l’avions montré avec la comparaison Terrestris/Alatus mais également en fonction de sa localisation géographique. Les effets sur l’organisme auront donc tendance à différer eux aussi. Toujours est-il que la protodioscine sera retrouvée en plus forte concentration pour le Tribulus terrestris originaire de Turquie, de Bulgarie et de Macédoine (avec une concentration plus que doublée par rapport à d’autres espèces). Par contre, le Tribulus terrestris du Vietnam et de l’Inde ne contiennent pas de tribestine ni de prototribestine alors qu’ils affichent une concentration nettement plus élevée de tribulosine que les Tribulus bulgare et turque (entre 50 et 150 fois plus).

Les effets potentiels du Tribulus terrestris

De nombreuses études scientifiques ont été réalisées sur ce végétal. D’un point de vue général, il faudra retenir que le Tribulus terrestris est un bon adaptogène lorsqu’il est pris en quantité raisonnable (un adaptogène est une plante qui facilite l’adaptation du corps humain au stress qu’il pourrait subir). La recherche animale a prouvé que des extraits de ce végétal présentaient une certaine capacité protectrice des organes, des reins et du foie en particulier. On soupçonne également la Tribulosine de présenter un potentiel cardioprotecteur assez prometteur même si d’autres études devront être réalisées à ce sujet.

Si vous lisez avec moi l’article d’examine.com sur ce sujet, il apparait que le Tribulus terrestris a peu de chance de produire un effet mélioratif sur la neurotransmission ni sur l’appétit d’ailleurs. Par contre, il pourrait présenter des effets analgésiques dans certains cas, du moins supérieurs à une administration de 300 mg/kg d’aspirine. Sur des rats stressés, il pourrait présenter des effets antidépresseurs, suggérant un effet adaptogène comme nous l’avions précisé.

Le Tribulus pourrait également présenter un intérêt sur le plan cardiovasculaire. La Tribulosine serait responsable de l’activation d’une protéine spécifique, kinase C epsilon, qui protège les cellules cardiaques de l’apoptose, même à faible concentration, comme les essais cliniques l’ont démontré. Le Tribulus pourrait également réduire la tension artérielle, soit par le biais d’un effet sur les reins (avec un effet protecteur ou diurétique) soit par inhibition de l’ACE (Angiotensin-Converting Enzyme). Par contre, le Tribulus ne produit aucun effet significatif sur l’agrégation des plaquettes sanguines. Quant à un effet sur la réduction du cholestérol, celui-ci reste à démontrer. 

Interactions du Tribulus terrestris avec le métabolisme du glucose

Premièrement, les tests cliniques ont mis en évidence la capacité du Tribulus terrestris à inhiber l’activité de l’amylase pancréatique et d’autres enzymes sans que toutefois, il soit le seul végétal à le faire, ni de manière la plus probante. Ce qui nous intéresse un peu plus concerne le diabète où le Tribulus terrestris a prouvé son efficacité à augmenter le taux d’insuline chez des rats diabétiques au cours d’une expérience clinique de 8 semaines. Cependant, d’autres végétaux ont montré un effet plus important (Tinospora cordifolia, Ocinum sanctum, Morinda cetrifolia) ou même la quercétine elle-même, notamment sur l’inhibition de l’aldose réductase, une enzyme impliquée dans plusieurs effets secondaires liés au diabète.

Sur le métabolisme du glucose lui-même, une étude clinique menée sur des rats durant 8 semaines a échoué à mettre en évidence la moindre augmentation de concentration des GLUT4 et GLUT-2 et donc, une incapacité du Tribulus terrestris à augmenter la captation cellulaire du glucose. Une étude humaine cette fois, menée à partir d’athlètes masculins entraînés avec une supplémentation de 3,21 mg/kg de poids de corps (concentration de 45% en saponines) sur 8 semaines a échoué à mettre en évidence une augmentation de la puissance musculaire développée.

Les interactions hormonales

Un extrait de Tribulus terrestris bulgare (riche en protodioscine) a été testé avec des rats à une dose de 5 mg/kg de poids sur 8 semaines. L’expérience indique une altération possible des signaux androgènes au niveau du système nerveux (libido ?) mais ce qui en ressort plus particulièrement concerne l’expression augmentée des NADPH-d de 67%, impliquant une augmentation de la production d’oxyde nitrique, le NADPH-d étant considéré comme un biomarqueur de l’activité des NOS (l’enzyme qui permet la production de NO). Cependant, le T. terrestris n’a pas montré d’effets androgéniques, indépendamment de la testostérone.

Chez l’homme, ce même type de Tribulus bulgare n’a montré aucune influence sur la libération de testostérone totale ni sur l’hormone lutéine à un dosage de 200 mg par jour pour une concentration de 60% de saponines. Chez des joueurs de rugby bien entraînés, aucune influence n’a été notée avec un dosage de 450 mg par jour pendant 5 semaines.

Certaines études sur l’homme ont montré une augmentation de la testostérone mais il s’agissait d’une co-ingestion de Tribulus avec d’autres substances. L’une de ces études relate la prise de 6 grammes (!) d’extrait de Tribulus terrestris seul pendant 60 jours chez des hommes infertiles qui aboutira finalement à une augmentation jugée comme significative de 16,3%. Une étude similaire effectuée sur des rats impotents avec Tribestan avait permis une augmentation de testostérone, ce qui laisse penser que ce végétal pourrait avoir un rôle sur la normalisation des dommages testiculaires de sujets impotents. Quant aux œstrogènes, aucune preuve scientifique n’établit la moindre altération dans un sens ou un autre lorsqu’un supplément de T. terrestris est consommé.

Les interactions avec les organes

Le foie

5 mg/kg de Tribulus terrestris ont été donné à des rats atteints d’un empoisonnement au cadmium pendant 6 semaines. Au bout du traitement, les paramètres oxydatifs étaient revenus à la normale, avec des effets sensibles à une prise de 75 mg/kg de vitamine E. Cet effet protecteur s’est révélé également valable contre le mercure. Le Tribulus semble avoir des effets protecteur sur le foie, plus élevés que la vitamine E en termes de potentiel antioxydant mais légèrement plus faibles lorsqu’il s’agit des dommages cellulaires et des enzymes hépatiques.

Les reins

La même expérience réalisée sur 6 semaines avec 5 mg/kg de Tribulus terrestris sur des rats (cadmium) a permis une normalisation des paramètres d’oxydation en atténuant de manière significative l’accumulation du cadmium dans les reins. Cet effet peut être également reproduit contre le mercure avec un dosage de 6 mg/kg de Tribulus terrestris chez le rat. D’autres études cliniques ont été menées sur des rats afin de déterminer l’intérêt de cet extrait végétal sur la santé des reins elle-même mais les résultats se sont avérés contradictoires ou non concluants. Cependant, une protéine retrouvée dans le Tribulus terrestris s’est avérée capable de dissoudre des calculs rénaux d’oxalate de calcium in vitro. Un extrait des fruits du T. terrestris a également montré ces propriétés, provoquant une inhibition de la formation de l’oxalate de calcium de 71%, toujours in vitro.

Une partie des bienfaits du Tribulus terrestris serait sans doute dus aux flavonoïdes tels que la quercétine et le Kaempférol, tous deux étant connus pour cette propriété. Au delà d’une réduction notable du calcul, les dommages cellulaires induits par l’oxalate de calcium ont été notablement réduits. Les effets protecteur du Tribulus terrestris ont donc été établis, du moins chez les rongeurs, surtout lorsque ce végétal a été associé à du Boerhaavia diffusa (une association nommée Unex). Cependant, une surconsommation de Tribulus terrestris est toxique pour les reins comme une étude clinique l’a également prouvée.

La prostate

L’efficacité du Tribulus terrestris a été testée en rapport à l’hypertrophie bénigne de la prostate même si l’ortie ou le Palmier de Scie (Saw Palmetto ou Palmier nain) ont démontré leur efficacité dans ce domaine, plutôt que le Tribulus terrestris. Les études menées à ce sujet n’ont pas démontré d’effets réellement significatifs dans ce domaine. Si certains effets mélioratifs ont été cependant notés, d’autres études seront nécessaires pour confirmer ou non ces propriétés.

Les interactions sur le plan sexuel

Plusieurs études cliniques effectuées sur des rats ont tendance à montrer l’efficacité du Tribulus terrestris sur la libido. Une étude comparée entre le Tribulus terrestris et le Sildenafil citrate (Viagra) chez des rats normaux (non castrés) a montré qu’il n’y avait pas de différence entre les deux groupes, tous deux étaient plus efficaces que le groupe de contrôle à induire des comportements aphrodisiaques, avec la même efficacité. Chez des hommes dont le niveau de sperme était était peu élevé, 6 grammes de la racine du Tribulus terrestris ont amélioré significativement leur santé sexuelle de 49,38% contre 27,80% pour le placebo.

Sécurité d’usage et toxicité

Un test de toxicologie de 28 jours par ingestion orale de 500 mg/kg d’extrait de fruit lyophilisé de cette plante (équivalent à 80 mg/kg pour un être humain) n’a pas montré de signes toxiques. Sans connaître la biodisponibilité du Tribulus terrestris, établir une dose toxique pour l’homme n’est pas envisageable. En conclusion, les doses typique d’une supplémentation de ce végétal ne présentent pas de caractère dangereux ni mortel.

Conclusion

Voilà ce qu’il en est du fameux Tribulus, du moins pour l’espèce terrestris. Rappelons cependant que les informations données dans cet article ne le sont qu’à titre d’information et qu’aucune forme d’automédication ne devrait être envisagée avec un complément alimentaire, quel qu’il soit. Si vous avez des problèmes de santé, c’est à votre médecin de déterminer un traitement.

Eric Mallet

Espace Corps Esprit Forme

Mais d’ici le prochain article (sur le FIBO 2015), n’oubliez pas de développer votre culture physique !!

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BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

Kevalia J, Patel B Identification of fruits of Tribulus terrestris Linn. and Pedalium murex Linn.: A pharmacognostical approach . Ayu. (2011)

Dinchev D, et al Distribution of steroidal saponins in Tribulus terrestris from different geographical regions . Phytochemistry. (2008)

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Wang SS, et al Mechanisms of gross saponins of Tribulus terrestris via activating PKCepsilon against myocardial apoptosis induced by oxidative stress . Yao Xue Xue Bao. (2009)

Murthy AR, Dubey SD, Tripathi K Anti-hypertensive effect of Gokshura (Tribulus terrestris Linn.) – A clinical study . Anc Sci Life. (2000)

Ponnusamy S, et al Evaluation of traditional Indian antidiabetic medicinal plants for human pancreatic amylase inhibitory effect in vitro . Evid Based Complement Alternat Med. (2011)

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