Le meilleur des régimes alimentaires pour prévenir la perte de muscle contiendrait une grande quantité de protéines mais aussi d’antioxydants

Imaginez que vous vieillissez mais que vous souhaitiez préserver votre intégrité musculaire, quels seraient les meilleurs aliments à manger ? Naturellement, une grande quantité de produits riches en protéines… Toujours est-il que les aliments riches en antioxydants sont tout aussi importants que les protéines. Le thé, le café, les légumes et les fruits auront autant d’importance. Du moins, c’est ce que les épidémiologistes de l’Université de Tokyo ont découvert. Combiner une quantité importante de protéines et d’antioxydants réduirait le risque de perte de muscle par un facteur quatre.

L’étude sur les protéines et les antioxydants

Les Japonais ont cherché à estimer si 2108 femmes de 65 ans et plus étaient devenues physiquement plus fragiles. Les personnes âgées fragiles perdent beaucoup de leur masse musculaire, de leur force et de leur capacité de déplacement. Leur chance de mourir, de tomber ou de tomber malade est plus élevée.

Trolox antioxydantLes chercheurs ont mesuré la quantité de protéines présentes dans le régime des participants âgés ainsi que la quantité d’antioxydants. Puis, ils ont divisé les participants en groupes sur la base de ces mesures. La quantité d’antioxydants a été exprimée en équivalents de Trolox. Trolox est un analogue synthétique de la vitamine E et un antioxydant efficace.

Résultats de l’étude sur l’importance des antioxydants

Les personnes âgées ont consommé des quantités relativement importantes de protéines. Leur apport moyen en protéines était de 1,45 g par kg de poids corporel par jour. Néanmoins, au sein de ce groupe, les participants ayant le plus fort apport en protéines étaient 44% moins susceptibles d’être physiquement fragiles que le groupe ayant le plus faible apport en protéines. (*)

Protéines et antioxydants

Il s’est avéré qu’un apport en antioxydants protégeait les muscles un peu mieux. Les sujets dont les apports en antioxydants étaient les plus élevés présentaient un pourcentage 49% plus faible de souffrir de fragilité structurelle par rapport au groupe qui présentait l’apport en protéines le plus faible. (**)

Le tableau ci-dessous présente les effets conjoints d’un apport en protéines et en antioxydants. Les personnes âgées ayant une consommation élevée de protéines et un apport élevé en antioxydants étaient 73% moins susceptibles de fragilité physique que le groupe ayant le plus faible apport en protéines et en antioxydants. Ce que l’on pouvait considérer comme un facteur de protection était presque quatre fois plus élevé; ce qui est assez considérable.

protéines et antioxydants chez les personnes âgéesperte de muscle, protéine et antioxydants chez les personnes âgées

Conclusion

« Nous avons constaté que la consommation totale de protéines et la capacité antioxydante alimentaire totale étaient indépendamment associées à la fragilité chez les femmes japonaises âgées », en ont conclu les chercheurs. «Un régime alimentaire combiné à une teneur élevée en protéines ainsi qu’à une forte capacité antioxydante alimentaire a été marqué par une faible occurrence de fragilité physique».

«Manger des fruits, des légumes, des légumes secs, du poisson, des crustacés, de boire du thé et du café vert au lieu de prendre des sucreries et des boissons gazeuses peut être une stratégie efficace de prévention de la fragilité chez les Japonais. Dans d’autres populations, d’autres combinaisons d’aliments qui permettent une augmentation de la part des protéines et des antioxydants dans l’alimentation peut être choisie en fonction de la culture alimentaire locale et des habitudes alimentaires. « 

« D’autres études seront nécessaires afin de développer des stratégies alimentaires efficaces dans le cadre de la prévention de la fragilité physique. »

Source de l’article: Best diet to prevent muscle loss contains lots of protein but also of antioxidants

Source Ergo-log: Nutr J. 2017 May 12;16(1):29.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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L’acide carnosique, l’aide minceur potentiel du romarin

L’acide carnosique est utilisé dans les dentifrices, la viande transformée, les pizzas et les sauces. Il est surtout naturellement retrouvé dans les herbes et épices ordinaires et fonctionnerait plutôt bien comme agent conservateur biologique. L’acide carnosique pourrait également être considéré comme une aide minceur intéressante, comme l’a écrit un diététicien nutritionniste coréen* dans le Journal of Cancer Prevention.

L’acide carnosique

acide carnosiqueL’acide carnosique est un diterpène retrouvé dans certains végétaux tels que le romarin par exemple. Sa formule structurelle est présentée ci-contre.

Oui, l’étude scientifique dont nous allons vous parler aujourd’hui a été réalisée in vitro. En effet, un grand nombre de substances qui présentent des effets intéressants sur les cellules dans les laboratoires en Asie n’ont pas nécessairement le même effet sur les humains.

La raison pour laquelle nous pensons que cette étude vaut la peine d’être considérée, c’est qu’il est facile pour les fabricants de suppléments d’utiliser de l’acide carnosique. Il existe depuis des années comme agent de conservation biologique. La toxicité de l’acide carnosique a été étudiée en détail et dans l’UE, la molécule est considérée comme sûre. [The EFSA Journal (2008) 721, 1-29.]

Donc, nous y voilà. D’un coup, l’étude coréenne est devenue beaucoup intéressante.

L’étude de laboratoire sur l’acide carnosique

Les chercheurs ont exposé de jeunes cellules adipeuses flottant dans un liquide composé de diverses concentrations d’acide carnosique. La molécule a inhibé la croissance et le développement des cellules adipeuses. Au plus la concentration d’acide carnosique était élevée, au moins les cellules étaient riches en graisse.

acide carnosiqueL’acide carnosique a inhibé la fabrication de la protéine PPAR-gamma que les cellules adipeuses utilisent pour «reconnaitre» les acides gras. Il a également fait de même avec la SCD1, une enzyme qui synthétise l’acide oléique dans les adipocytes. Des indices ont démontré que lorsque l’obésité est impliquée – ou certaines formes malignes de cancer – l’activité de l’enzyme SCD1 (acide gras désaturase) devient trop élevée.

acide carnosiquemétabolisme de l'acide carnosique

Conclusion

Le potentiel anti-cancéreux de l’acide carnosique s’est révélé probable. Peut-être s’agit-il d’une aide minceur ou peut-être des deux. Par la suite, nous vous donnerons plus d’informations. Nous n’allons peut-être pas trouver d’expérience clinique réalisée sur l’être humain mais il serait déjà intéressant de pouvoir discuter d’une étude réalisée sur l’animal.

Source de l’article: Carnosic acid: potentiel slimming aid from Rosemary

Source Ergo-Log: J Cancer Prev. 2015 Mar;20(1):41-9.

* Il s’agit ici d’un diététicien nutritionniste clinicien, titulaire d’un doctorat.

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Note: Sur Espace Corps Esprit Forme, nous connaissons déjà bien le romarin mais pour des considérations scientifiques en relation à l’acide ursolique dont l’effet sur l’hypertrophie musculaire et le potentiel anti-cancérigène sont attestés. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur l’acide carnosique en traitant d’une autre épice, le thym. Le thym renferme également de l’acide ursolique et carnosique mais nous en apprendrons plus sur son action au niveau cellulaire, hormis l’influence de ce dernier sur les protéines PPAR gamma.

Après tout ceci, je possèderais assez d’éléments pour rédiger un article sur l’épissage cellulaire, comme prévu depuis fort longtemps maintenant. Cet article reviendra sur l’acide ursolique, expliquant comment il agit et pourquoi il s’avère particulièrement intéressant pour le bodybuilding et la croissance musculaire. Pour ceux qui sont de ma génération, nous aurons l’occasion de parler du personnage qui popularisa cette molécule et qui s’était fait connaitre pour bien autre chose que l’acide ursolique. Toujours est-il que l’on peut considérer le romarin comme un condiment à ranger dans la catégorie de la recomposition corporelle. Ces derniers sont particulièrement rares, plus efficaces et sans le potentiel probablement néfaste du CLA à forte dose.

Donc, si l’on vous dit qu’ils ont la santé les fruits et les légumes frais, pensez que c’est également le cas pour certains condiments et épices, peut-être encore bien plus que pour les fruits et légumes.

Mais d’ici là, je ne peux que vous inviter à développer votre culture physique !

Eric Mallet

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L’acide chlorogénique précipite le glucose vers les cellules musculaires

Acide chlorogéniqueL’acide chlorogénique (structure ci-contre) est une molécule présente en abondance dans le café et les suppléments à base de graines de café vert. Cette molécule pourrait être utile dans le cadre du bodybuilding, de la perte de poids et des compléments alimentaires des sports d’endurance selon une étude réalisée par l’université nationale de Singapour. En effet, l’acide chlorogénique augmente la sensibilité des cellules musculaires à l’insuline et précipite le glucose dans ces mêmes cellules.

L’acide chlorogénique

L’acide cholorogénique est retrouvé dans la plupart des aliments que nous mangeons. En réalité, il s’agit probablement du phénol que nous consommons le plus. Une tasse de café renferme facilement plus de 100 mg d’acide chlorogénique. Théoriquement, la consommation journalière d’un bon buveur de café se compte en grammes. Nous savons d’ailleurs que le café exerce des effets protecteurs contre le diabète de type 2, les nutritionnistes pensent que les effets de protection sont en partie dus à l’acide chlorogénique.

L’étude scientifique

Les pharmacologistes de l’université nationale de Singapour s’étaient mis en tête de mieux comprendre les effets de l’acide chlorogénique sur le travail de l’insuline, ils ont donc réalisés une série d’expérience à partir de cellules musculaires provenant de souris en surpoids et atteintes de diabète de type 2.

Résultats de l’expérience sur l’acide chlorogénique

Le tableau ci-dessous montre que pour les souris en surpoids du groupe de contrôle [DC], une quantité moindre de glucose avait atteint le muscle soléaire par rapport aux souris les plus minces  [Lean]. Administrer de l’acide chlorogénique avait augmenté la prise de glucose, certainement en combinaison avec l’insuline. L’acide chlorogénique n’est devenu toxique pour les cellules musculaires qu’à partir d’une concentration supérieure à 2 millimoles.

Acide chlorogénique et glucose

acide chlorogénique et glucose musculaire

Prise du glucose sanguin avec l'acide chlorogéniqueActivité AMPK et acide chlorogénique

Le mécanisme

Lorsque les chercheurs ont saboté l’enzyme AMPK en agissant sur l’AMPK-siRNAs, les effets ont cessé. Lorsqu’il ne le faisait pas, l’activité de l’AMPK augmentait alors que la concentration en acide chlorogénique augmentait. Les chercheurs étaient en mesure de montrer que l’acide chlorogénique activait le transporteur de glucose GLUT4 via l’AMPK. En effet, l’activation des GLUT4 a généralement lieu après l’exercice physique.

Conclusion

Les chercheurs pensent que l’acide chlorogénique – qu’il proviennent de l’alimentation classique ou des aliments – pourrait être utile aux personnes qui souffrent de diabète de type 2. Cependant, de plus amples études seront nécessaires afin de soutenir l’hypothèse selon laquelle l’acide chlorogénique augmente l’élimination du glucose périphérique dans le muscle squelettique et donc diminue la glycémie ».

Nous pourrions pousser l’hypothèse un peu plus loin et envisager que l’acide chlorogénique soit utilisé prochainement dans les suppléments glucidiques pour les athlètes d’endurance, des produits post-entraînement riches en calories et en sucres rapides pour les athlètes de la force ou des produits diététiques pour les personnes qui veulent perdre du poids d’une manière intelligente.

Source de l’article:  Chlorogenic acid chases glucose into muscles cells

Source Ergo-log: PLoS One. 2012;7(3):e32718.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

 

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Augmentez votre consommation de flavonoïdes et réduisez votre pourcentage de graisses

Imaginez que vous vouliez faire quelque chose pour réduire votre petit bidon bien gras. La première chose à faire sera sans doute de consommer moins de calories et d’en brûler davantage en faisant de l’exercice. C’est logique. Mais les nutritionnistes britanniques de l’Université d’East Anglia viennent de publier un article sur une troisième stratégie dans American Journal of Clinical Nutrition. Cette stratégie pourrait être tout aussi efficace. Selon les Britanniques, vous pourriez réduire votre pourcentage de graisse en augmentant la quantité de flavonoïdes présents dans votre alimentation.

L’étude clinique sur les flavonoïdes

Proanthocyanidines et flavonoïdesLes chercheurs ont étudié un groupe de 2734 jumelles britanniques. Ils ont utilisé des scanners pour mesurer la quantité de graisse corporelle qu’elles avaient. Ils leurs ont ensuite demandé de remplir des questionnaires pour obtenir des informations sur leur alimentation. Ils ont pris en considération leur consommation des « bonnes » et « mauvaises » graisses, les aliments riches en fibres, les glucides à absorption rapide, les protéines et kilocalories ainsi que la quantité de flavonoïdes qu’elles consommaient.

 

Les flavonoïdes dans les fruist et légumes

Les résultats de l’étude scientifique

Le tableau compare la composition corporelle des femmes avec la prise la plus faible de flavonoïdes avec la composition corporelle des femmes ayant le meilleur apport. Pour être plus précis: les chercheurs ont travaillé avec des quintiles (groupes de 5 éléments). Au plus les flavonoïdes étaient consommés par les sujets de l’étude, au plus leur pourcentage de graisse était faible.

 

Aliments riches en flavonoïdes

En particulier, les flavones – présents dans les poivrons et les oranges – et les anthocyanes – trouvés dans les baies comme l’acaï, les myrtilles, les bleuets et l’aronia, mais aussi avec les polyphénols du raisin et le Pycnogénol – semblent avoir un effet inhibiteur de graisse.

Dans une autre analyse, les chercheurs ont mesuré les effets des flavonoïdes sur le rapport de la masse grasse en comparant les jumeaux les uns avec les autres. La figure ci-dessous montre que les aliments contenant de grandes quantités d’anthocyanines – les baies et le raisin – ont un effet inhibiteur de la graisse.

Flavonoïdes et perte des graisses

Les effets inhibiteurs de graisse des flavonoïdes sont demeurés intacts lorsque les chercheurs ont corrigé tous les facteurs liés aux aliments auxquels ils pouvaient penser. Donc, il n’y avait pas de corrélation entre les femmes qui avaient mangé de grandes quantités de flavonoïdes et qui faisaient également plus d’exercices, ou qui avaient mangé plus de légumes ou moins de calories.

Conclusions sur les flavonoïdes

« Nos données suggèrent un rôle protecteur pour un certain nombre de sous-classes de flavonoïdes, y compris les anthocyanines […], sur la répartition de la masse grasse indépendante à partir de facteurs génétiques et environnementaux communs », ont conclu les chercheurs. Ils ont également été quelque peu surpris de la force des effets qu’ils ont trouvés.

« Nous démontrons qu’il existe de plus grandes relations entre le taux de masse grasse et l’apport en flavonoïdes que pour l’activité physique et les apports d’énergie et les boissons sucrées, qui sont des contributeurs bien connus à la masse grasse » ont-ils écrit.

« Nous montrons également que ces associations sont à la fois indépendantes et que l’importance des effets en rapport à la masse graisseuse sont nettement supérieures à celles de l’apport total en fruits et légumes et en fibres ».

« En outre, ces associations sont présentées à partir d’apports alimentaires réalisables en flavonoïdes, ce qui les rend pertinents pour les recommandations de santé publique à des fins de réduire la graisse corporelle. Nos résultats suggèrent que les flavonoïdes alimentaires peuvent contribuer à un profil de masse graisseuse plus saine et, par conséquent, qu’elles méritent une enquête plus poussée à partir d’expériences contrôlées « .

Source de l’article: Boost your flavonoid intake and lower your fat percentage

Source Ergo-log: Am J Clin Nutr March 2017 vol. 105 no. 3 626-34.

NdT: La conclusion des chercheurs ne me paraît pas très claire. Comprenons simplement qu’il existe des relations plus pertinentes et qui portent plus à conséquence entre les flavonoïdes et la perte des graisses qu’il n’existe de relations de causes à effets entre l’activité physique, les apports en énergie et les boissons sucrées. En gros, les flavonoïdes protègeraient relativement plus que les boissons sucrées ne causerait une augmentation de la prise de graisse. Ces relations flavonoïdes et perte de graisse//activité physique boissons sucrées et prise de graisse seraient indépendantes les unes des autres mais les apports en flavonoïdes présenteraient des effets cumulatifs, indépendamment de la quantité totale des apports en fruits et légumes.

Eric Mallet

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