Voici ce que 150 mg de resvératrol par jour vous apporte !

De nombreux suppléments fonctionnent bien sur les rongeurs mais sont décevants lorsqu’ils sont administrés à des humains. Le resvératrol ne fait pas partie de ces suppléments. Les scientifiques de l’Université de Maastricht aux Pays-Bas en ont donné à 11 hommes en surpoids; ils ont constaté que le resvératrol avait pratiquement les mêmes effets que pour les expérimentations animales ils n’étaient qu’un peu plus modestes.

Les études effectuées sur des organismes simples montrent que le resvératrol prolonge la durée de vie. Donnez-en à des souris et leur capacité d‘endurance augmente car ils brûlent leurs graisses plus efficacement. Les études animales ont également montré que le resvératrol avait un effet amincissant, et améliorait la santé des souris obèses. [Cell Metab. 2008 Aug;8(2):157-68.]

Le resvératrol stimule les enzymes AMPK

Les effets du resvératrol fonctionnent grâce à l’enzyme AMPK. L’AMPK devient active lorsque les cellules ont moins d’énergie disponible et que la quantité d’AMP (Adénosine MonoPhosphate) dans les cellules augmente. [AMPK signifie AMP-activated Kinase]. L’AMPK permet aux cellules d’absorber plus de glucose dans le sang, de brûler plus d’acides gras et empêche les nutriments d’être convertis en glucose. L’AMPK active aussi indirectement les processus de réparation. Un grand nombre des effets positifs sur la santé de l’exercice physique proviennent des effets produits par l’AMPK.

Donc, les chercheurs néerlandais ont donné 150 mg de resvératrol par jour à leurs sujets de test, et pendant 30 jours. Ils ont utilisé resVida, un complément élaboré par DSM. Pour des raisons évidentes DSM n’a pas financé la recherche. Ajoutons que les études animales ont déjà donné lieu à une argumentation si positive dans les médias pour le resvératrol qu’une étude sur l’homme et c’est bien la première aurait peu d’arguments à ajouter.

Bien que les effets observés par les chercheurs étaient tous assez subtils, ils pointaient tous dans le même sens: les effets du resvératrol ressemblent fortement à ceux causés par l’exercice physique ou la perte de poids. Les chiffres ci-dessous montrent que le resvératrol active l’AMPK [pAMPK], et que l’AMPK active aussi les SIRT1, une enzyme qui initie les processus de réparation de nos cellules.

Augmenter l’activité enzymatique stimule l’oxydation des graisses

Pour les cellules musculaires chez les hommes, une augmentation de l’activité des enzymes qui sont impliquées dans la combustion des acides gras, tels que le citrate synthase a été observée. Les muscles et les cellules du foie avaient stockées plus de graisses, probablement sous la forme d’une « réserve opérationnelle » parce que les cellules avaient commencées à brûler plus de graisse. Le resvératrol avait commencé à réduire la concentration  des protéines inflammatoires TNF-alpha, de l’insuline et du glucose.

Etude sur le resvératrol chez l'homme

Etude sur le resvératrol et la présence d'enzymes

Résultats d'une étude sur le resvératrol contre placebo

Etude sur le resvératrol, la libération d'énergie et l'oxydation des graisses

La libération d’énergie était en baisse, sauf pour l’oxydation des graisses. Ce phénomène apparaissait durant les périodes de repos, lorsque les sujets étaient endormis par exemple. Cette substance antioxydante avait probablement permis une augmentation du métabolisme, de la même manière que les sports d’endurance rendent le métabolisme des athlètes plus efficace.

Avec la dose utilisée lors de l’expérience et sans exercice physique, le resvératrol ne fonctionne pas comme un supplément d’aide à la perte de poids. Mais on peut toujours supposer que les effets du resvératrol pourraient jouer un rôle intéressant s’ils étaient combinés avec un entraînement physique régulier ou des nutriments comme les EGCG, la capsaïcine ou la caféine.

Source de l’article: This is what a daily 150 mg resveratrol can do

Source Ergo-log: Cell Metab. 2011 Nov 2;14(5):612-22.

Eric Mallet

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Le resvératrol pourrait contribuer à l’accélération de la croissance musculaire

resvératrolQuand vous faites de l’entraînement de force, votre tissu musculaire est continuellement occupé à extraire des cellules souches du sang, de sorte qu’elles peuvent ensuite se transformer en cellules musculaires matures. Une étude italienne in vitro semble suggérer que les suppléments de resvératrol accélèrent ce processus.

Une étude scientifique motivée par la découverte des effets du resvératrol

L’étude de Anna Montesano, qui a été publié dans le Journal of Translational Medicine, est d’un genre rarement retrouvé ces jours-ci. Les chercheurs ont étudié l’effet du resvératrol sur les cellules musculaires simplement parce qu’ils étaient curieux d’en étudier le sujet. Une «Recherche motivée par la curiosité» est le nom donné à ce genre de travail alors que la plupart des universités ont presque interdit ce type d’étude.

Dans la deuxième décennie du XXIe siècle, la recherche scientifique doit être «utile». Les Universités obligent de plus en plus les chercheurs à entreprendre des recherches que les entreprises privées peuvent faire vingt fois mieux et plus vite. Que ce soit «meilleur» pour la société est un point discutable. Le rythme de l’innovation technologique continue de baisser, malgré toutes les recherches «utiles» mises en œuvre.

resvératrol et hypertrophie

Mais peu importe. Montesano voulait savoir ce que le resvératrol avait fait pour les jeunes cellules musculaires dans des tubes à essai. Leur processus de développement est indiqué ci-dessus. Montesano a étudié l’effet du resvératrol à partir  de concentrations de 0,1 et 25 micromoles.

Le resvératrol influencerait le développement des fibres musculaires

Le resvératrol a accéléré le développement des cellules musculaires. En conséquence, le resvératrol a commencé par réduire la vitesse à laquelle les cellules se sont divisées. Mais en même temps, le resvératrol a également permis aux fibres musculaires de devenir plus longues et plus épaisses.

 

resvératrol et hypertrophie (diamètre des myotubes)

Le resvératrol a augmenté la production de protéines moteurs de la contraction des muscles, la » Myosin Heavy Chain » (MyHC), le composant le plus important des fibres matures des muscles.

resvératrol

L’antioxydant a également augmenté la quantité d’AMPK et des kinases extra-cellulaires {ERK1}, {ERK2} dans les cellules musculaires. L’AMPK est une protéine qui devient active lorsque les cellules musculaires n’ont plus d’énergie. ERK1 et ERK2 sont des protéines qui actionnent différents processus dans les cellules musculaires en réponse aux facteurs de croissance actifs à l’extérieur des cellules musculaires.

hypertrophie et resvératrol

AMPK et ERK1/2 régulent le développement des cellules musculaires dans des directions opposées: l’AMPK arrête les processus anaboliques mais stimule la production de mitochondries tandis que les kinases liées aux signaux extracellulaires transmettent le stimulus anabolique de l’IGF1 à l’ADN dans les cellules musculaires. Il semblerait que dans ce cas, le resvératrol ait un effet plus important sur ERK1/2 que sur l’AMPK.

« Nos données montrent que le resvératrol pourrait contrôler la prolifération, lancer le processus de myogénèse et induire une hypertrophie« , écrivent les Italiens. «Nos études in vitro peuvent constituer une nouvelle preuve de principe à des applications potentielles du composant à prévenir ou à inverser la déficience musculaire en stimulant la myogénèse, et mettre l’accent sur une nouvelle utilisation possible du resvératrol pour améliorer la performance musculaire.« 

Source de l’article: Resveratrol may speed up muscle growth

Source Ergo-log: J Transl Med. 2013 Dec 13;11:310.

Traduction Eric Mallet pour Espace Corps Esprit Forme

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L’exercice physique est un meilleur anti-âge que le resvératrol

resvératrol

Le resvératrol

Quand il s’agit de le définir, disons que le processus du vieillissement dépend surtout d’une cascade de réactions inflammatoires et que ces réactions jouent un rôle majeur sur la dégénérescence cellulaire. L’exercice physique peut aider à réduire l’inflammation, de même que la supplémentation avec l’antioxydant nommé resvératrol. Parmi les deux options, l’exercice physique fonctionne le mieux, écrivent des biologistes danois de l’Université de Copenhague dans leur article en gérontologie expérimentale.

La concentration de protéines inflammatoires TNF-alpha et d’interleukine-6 [IL-6] est deux à quatre fois plus élevée chez les personnes âgées que chez les jeunes. Les corps des personnes âgées sont lourdement affectés par des réactions d’inflammation qui entravent progressivement leur fonctionnement physique. La sensibilité à l’insuline diminue, les muscles deviennent plus faibles et la masse graisseuse augmente – pour ne nommer que quelques-uns des développements liés à la vieillesse.

La pratique sportive et des antioxydants comme le resvératrol stimulent la libération d’énergie

L’exercice physique et les substances à base de plantes tels que le resvératrol nous aident à retarder ce processus. L’exercice et le resvératrol activent les capteurs d’énergie AMPK et SIRT1, qui à leur tour, activent le facteur de transcription peroxisome des récepteurs gamma co-activateur 1-alpha [PGC-1-alpha]. Les PGC-1 alpha aident les cellules à fabriquer plus de mitochondries – et donc aussi à générer plus d’énergie – et peuvent aussi stimuler la production de substances antioxydantes.

Mais qu’est-ce qui fonctionne le mieux ? L’exercice physique ou le resvératrol ? Le PGC-1 alpha peut-il vraiment jouer un rôle aussi important ? Les danois ont répondu à la question en mettant en place une étude sur des animaux en utilisant des souris ordinaires [WT] et souris sans PGC-1 alpha [KO].

Les chercheurs ont laissé certains de leurs animaux de laboratoire utiliser un tapis roulant autant qu’ils le voulaient [T]. Ces souris ont couru sur une distance d’environ 6 kilomètres par semaine. D’autres souris n’ont pas eu accès à un tapis roulant [UT]. Certaines souris ont reçu des aliments ordinaires [C], d’autres ont été nourris avec des aliments contenant 0,4% de resvératrol [R].

L’expérience a commencé quand les souris étaient âgées de trois mois et a duré un an. Pendant cette période, les souris ont pris du poids, plus de graisse viscérale [V = AT] et de graisse sous-cutanée [S-AT]. La supplémentation en resvératrol a inhibé le processus mais l’exercice a mieux fonctionné. La combinaison de resvératrol et de l’exercice physique est ce qui fonctionne le mieux chez les souris ordinaires (WT).

exercices, revératrol et longévité

Activité physique, resvératrol et longévité

La concentration de TNF-alpha et IL-6 dans le sang des souris sauvages qui n’ont pas fait d’exercice et qui n’ont pas reçus de resvératrol a augmenté au cours du processus de vieillissement. Le resvératrol inhibe l’augmentation des TNF-alpha, comme l’a fait l’exercice. L’exercice a inhibé l’augmentation des IL-6 chez les souris WT, l’effet de la supplémentation en resvératrol n’était pas statistiquement significatif.

L’exercice physique a réduit la présence des facteurs TNF-Alpha, responsable du vieillissement cellulaire

Au cours du processus de vieillissement, la quantité de protéines carbonyles [protéines endommagées] présentes dans les tissus musculaires des souris WT a augmentée. Autant le resvératrol que l’exercice ont réduits l’augmentation. Pendant le processus de vieillissement, les cellules musculaires ont également commencé à produire une quantité croissante de TNF-alpha. L’exercice a réduit cette augmentation; le resvératrol n’a eu aucun effet significatif.

L'exercice, le resvératrol et l'espérance de vie

Les chercheurs concluent de leurs expériences avec les souris KO que les PGC-1 alpha sont en effet impliqués dans quelques-uns des effets positifs, à la fois pour le resvératrol et l’exercice sportif, mais pas forcément dans tous les cas. Ils en concluent également que l’effet positif de l’exercice physique est plus fort que celui de la supplémentation en resvératrol, même si l’association des deux s’est avéré idéale.

La dose de resvératrol que les danois ont utilisé était très élevée. Convertie en doses applicables aux humains, cela représente 2 à 4 grammes par jour. On pourrait penser que l’avis des chercheurs danois aurait sans doute été plus positif ou plus crédible s’ils avaient utilisés une dose plus modérée de resvératrol.

Il existe des études animales pour lesquelles la supplémentation en resvératrol – en utilisant des doses plus faibles que pour les danois – a renforcé l’effet de l’entraînement physique d’endurance. Il existe aussi des études sur l’animal pour lesquelles le resvératrol en combinaison avec l’entraînement en endurance permet de maintenir la condition physique du vieillissement des animaux de laboratoire – encore une fois en utilisant une dose plus faible que ce que les Danois ont utilisé. Enfin, il existe aussi des études scientifiques sur l’homme pour lesquelles une dose quotidienne de 150 mg a prouvé qu’elle pouvait améliorer la condition physique des hommes en surpoids.

Source Ergo Log: Exp Gerontol. 2013 Aug 3;48(11):1274-1284.

Source de l’article: Physical Exercise better anti-aging medicine than megadose of resveratrol

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Des nouvelles des antioxydants: le resvératrol et le ptérostilbène

Le raisin est une source de polyphénols antioxydants et de resvératrol

Le raisin, une source naturelle et riche de resvératrol

Quand on parle d’antioxydants, il faut savoir compter. Le nombre hallucinant de catégories, sous-catégories et sous types de molécules semble ne jamais finir. D’un autre côté, si je devais rédiger un article assez complet sur les antioxydants, il est possible que j’écrive plus de 20 pages sur le sujet, tout en restant dans les généralités. Le sujet est vaste mais rien ne m’empêche cependant de me réserver plusieurs sous articles sur ce sujet. Sur Espace Corps Esprit Forme, j’en resterais à l’essentiel et sur les polyphénols en particulier. Si l’on connait assez bien les diverses propriétés du resvératrol, la science commence actuellement à s’intéresser de près à un cousin du resvératrol, le ptérostilbène. Tous deux sont des polyphénols qui appartiennent d’ailleurs à la classe des stilbènes.

Le resvératrol, un bienfait de la nature

Comme vous le savez, le resvératrol fait partie des antioxydants, et plus précisément des polyphénols. Il est surtout présent dans le raisin et les mûres. On estime qu’une consommation modérée de vin est favorable à la santé, précisément à cause de la présence du resvératrol et d’un de ses cousins, le quercétol. Ce polyphénol assure une protection cardiovasculaire efficace en bloquant l’oxydation du cholestérol LDL et l’agrégation des plaquettes sanguines (E. N. Frankel, A. L. Waterhouse and J. E. Kinsella, « Inhibition of human LDL oxidation by resveratrol », dans The Lancet, vol. 341, no 8852, 1993, p. 1103-4). Les propriétés anti-inflammatoires du resvératrol sont pour beaucoup dans ses capacités mélioratives sur la santé mais ne sont pas les seules.

Life Extension, le haut de gamme du complément alimentaire et des antioxydants avec resveratrolLe resvératrol est capable de bloquer l’action de certaines enzymes jouant sur la libérations des prostaglandines, des vecteurs inflammatoires bien connus, eux-mêmes dérivés d’un acide gras tout aussi connu, l’acide arachidonique. Des expériences scientifiques ont mis en valeur les capacités du resvératrol à réduire l’agrégation des plaquettes sanguines chez des malades du cœur lorsque l’aspirine n’y parvenait plus (Stef G, Csiszar A, Lerea K, Ungvari Z, Veress G., « Resveratrol inhibits aggregation of platelets from high-risk cardiac patients with aspirin resistance. », dans J Cardiovasc Pharmacol., vol. 48, no 2, 2006, p. 1-5), ce qui n’a rien d’un  détail à vrai dire.

Ajoutons que c’est en 2003 qu’un test scientifique a démontré que le resvératrol pouvait augmenter la longévité des cellules de la levure de bière de près de 70% (Konrad T. Howitz, Kevin J. Bitterman, Haim Y. Cohen, Dudley W. Lamming, Siva Lavu, Jason G. Wood, Robert E. Zipkin, Phuong Chung, Anne Kisielewski, Li-Li Zhang, Brandy Scherer & David A. Sinclair, « Small molecule activators of sirtuins extend Saccharomyces cerevisiae lifespan », in Nature, vol. 425, 2003, p. 191-6) . C’est intéressant mais entre la levure de bière et un être humain classique, il existe quand même une petite différence de plusieurs millions de milliards de cellules, ce qui relativise l’argumentation. Un des auteurs de cet article, David Sinclair, a d’ailleurs popularisé le resveratrol tout en poursuivant ses recherches sur un autre activateur des sirtuines, le nicotinamide riboside.

Quelques pistes intéressantes sur le resvératrol pour les vertébrés

Le resvératrolEn testant l’efficacité du resvératrol sur des petits mammifères et chez des animaux connus pour leur durée de vie réduite, l’allongement de la durée de vie était déjà plus relative. En testant le resvératrol sur des souris obèse, ce polyphénol permettait de bloquer les effets néfastes des graisses chez ces petits animaux. Les bienfaits du resvératrol se jouait surtout au niveau d’une réduction du taux de glucose sanguin et du travail de l’insuline, une étude qui permis d’ouvrir une voie de recherche vers un traitement potentiel contre le type 2 du diabète. L’analyse des tissus des souris fortement nourris de resvératrol a démontré que les cellules de leurs tissus musculaires avait développé un nombre considérable de mitochondries, permettant un métabolisme de l’oxygène beaucoup plus actif, une augmentation de l’endurance et une fatigue repoussée. Les souris ayant pris du resvératrol pouvait doubler leur distance de course par rapport au groupe de souris témoin, ce qui est pour le moins, un résultat surprenant. Plus surprenant encore, les responsables de l’équipe médicale se sont rendus compte que le développement mitochondrial devait passer par l’activation d’une protéine impliquée dans l’allongement de la durée de vie, la SIRT1 du groupe des sirtuines, une protéine orthologue (une analogue) à la protéine SIR2 déjà retrouvée dans la levure de bière et qui commandait une multiplication du nombre de réplication des cellules, et de l’allongement de la durée de vie.

Le resvératrol avait produit ses effets sur les mitochondries cellulaires

Donc, si vous m’avez suivi jusqu’ici, les scientifiques se sont aperçu que la santé cellulaire et la multiplication des mitochondries était passé par un facteur protéique analogue chez les rongeurs à celui que l’on avait retrouvé dans la levure et qui avait conditionné l’allongement de la durée de vie de la levure. Sans faire d’extrapolation absurde, la science avait démontré que le resvératrol entrainait une augmentation remarquable de l’endurance et de la santé des cellules musculaires chez la souris. Des expériences plus tardives et avec des doses de resvératrol moins élevés ont également fait montre d’un allongement de la durée de vie des souris en passant par le même processus de potentialisation de l’insuline et de la respiration cellulaire.

Dans tous les cas, une augmentation de la production énergétique passant par l’utilisation de l’oxygène par les mitochondries et le recyclage de l’ATP entraîne systématiquement une augmentation de la longévité. Cependant, on ne dispose pas encore d’études scientifiques récentes sur les facteurs protéiques que nous venons de citer mais nous savons qu’ils sont impliqués sur l’allongement de la vie lorsqu’il y a une restriction alimentaire, un constat qui remonte maintenant aux années 1930.

L’activité antioxydante du resvératrol

On sait également que l’exposition cellulaire aux radicaux libres, les ROS, entraine des mutations génétiques de l’ADN des mitochondries en accélérant la perte des enzymes nécessaires au fonctionnement mitochondrial, ce qui pourrait être à la source de nombreuses maladies neurodégénératives. Ce que l’on peut dire à ce sujet, c’est que le resvératrol s’oppose à cette oxydation par le biais de son action antioxydante. On sait aussi qu’il peut passer la barrière qui protège l’encéphale et donc, qu’il peut agir directement sur les cellules nerveuses. A nouveau, des expériences ont démontré l’efficacité  antioxydante du resvératrol, notamment sur des souris ou d’autres cobayes dont on avait provoqué l’apparition de la maladie dégénérative d’Alzheimer, de Parkinson ou de Hungtington. Cependant, et malgré ces éléments de réponse très positifs, on ne peut toujours pas extrapoler ces résultats chez l’homme, surtout que l’on sait qu’il existe d’autres molécules antioxydantes ou possédant d’autres facultés pouvant jouer un rôle sur la longévité; la quercétine en est le meilleur exemple.

Les antioxydants resvératrol et ptérostilbène

Le resveratrol est commercialisé sous forme de complément alimentairePrésent en grande quantité dans les myrtilles, le ptérostilbène est un cousin du resvératrol qui agit également sur le cholestérol (vers sa réduction) ainsi que d’autres types de graisses présents dans la circulation sanguine (les corps cétoniques pour être précis). Comme le resvératrol et la majorité des polyphénols, le ptérostilbène imite les effets d’une restriction calorique mais on sait depuis peu qu’il possède des propriétés anti-inflammatoires dont on soupçonne l’importance sur la croissance d’un certain type de cellules du colon qu’il préserverait de l’inflammation, un facteur déterminant l’apparition de ce cancer. Les applications des  polyphénols antioxydants sont donc multiples (ils augmentent probablement la longévité, possède une forte activité antioxydante, protège le système cardiovasculaire et le cortex cérébral, réduisent les inflammations localisées…) mais chaque antioxydant possède ses propres capacités à agir de manière spécifique au niveau cellulaire.

On sait que le resvératrol et ses nombreux cousins possèdent la plus forte capacité d’agir sur la classe protéique des sirtuines, ces protéines agissant sur certaines fonctions cellulaires et leurs organelles comme nous l’avions mis en évidence. L’activation de ces sirtuines permet donc d’agir génétiquement sur les cellules pour mieux résister au stress, potentialiser la réponse immunitaire, optimiser le métabolisme du foie, des muscles et des adipocytes. On sait également que le resvératrol aurait un rôle de régulateur sur l’IGF 1, un facteur de croissance majeur qui atténue l’obésité, entraîne la prise de masse musculaire et réduit les troubles de santé liés à l’obésité.

Étrangement, le ptérostilbène était déjà connu il y a plus de mille ans de cela

Étrangement, le ptérostilbène était déjà connu de la médecine ayurvédique depuis près d’un millier d’années mais on ne sait toujours pas comment cette médecine qui revendique plus de trois mille ans d’existence a pu s’informer d’une molécule isolée de ce type. Du ptérostilbène, on sait cependant qu’il pourrait protéger de certains cancers, agir sur le diabète et les maladies cardio-vasculaires et contre certains effets du vieillissement. L’action du ptérostilbène et du resvératrol dépend d’une synergie agissant sur les gènes de la longévité. Certains gènes de contrôle comme le NF-kB, responsables de la réponse aux cytokines pro-inflammatoires, à la fonction immunitaire, à la prévention des cancers et à la neutralisation des radicaux libres sont désactivés par l’action des sirtuines, elles-mêmes activés par le resvératrol. L’organisme est alors préservé d’une réponse inflammatoires à certains facteurs nocifs déclencheurs (pollution, cigarette…) ou d’une libération violente d’histamines provoquant les réactions allergiques ou asthmatiques. Le ptérostilbène limite le travail des NF-kB en bloquant (in vitro) l’action de tumeurs cancéreuses tout en augmentant la capacité de destruction des cellules du cancer. D’un point de vue général, le ptérostilbène bloque une grande partie des facteurs pro-inflammatoires de l’organisme en diminuant les risques d’apparition du cancer et des maladies inflammatoires.

Ajoutons pour revenir à ce que nous disions plus tôt que la restriction calorique agit sur les gènes qui neutralisent les cellules cancéreuses tout en réduisant l’influence des gènes permettant au cancer de prendre de l’ampleur dans l’organisme. Le resvératrol et le ptérostilbène sont des antioxydants qui agissent de la même manière en favorisant l’apoptose (la mort) des cellules touchées par le cancer en préservant les cellules non infectées. Ils limitent sa prolifération en agissant sur l’expression des protéines agissant sur la réplication des cellules cancéreuses.

La protection des cellules nerveuses par le resvératrol et le ptérostilbène

Ces deux polyphénols ont prouvé leur capacité d’agir sur les facultés d’apprentissage et sur la mémorisation. Le resvératrol agit en protégeant les cellules nerveuses de radicaux libres mais aussi des multiples métabolites et dérivés oxydatifs qui envahissent progressivement le cerveau des personnes âgées. Une étude scientifique réalisée en Californie a également montré que les polyphénols de l’écorce de pin, les OPC (oligoprothocyanidines) pouvaient réduire la perte des neurones et agir sur l’ensemble du spectre des radicaux libres.

Comme nous l’avons vu, le domaine des antioxydants et des molécules qui protègent notre organisme est absolument passionnant. Je vous laisse là-dessus et vous propose à nouveau de cultiver votre culture physique !

Eric Mallet

Note: Les personnes suivant un traitement AVK doivent consulter leur médecin traitant avant de prendre un supplément contenant du ptérostilbène et des polyphénols.

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