Petite histoire des secrétagogues de l’hormone de croissance

Les acides aminés ont-ils des propriétés de secrétagogues ?

Arginine, Glycine ou Ornithine sont-ils des secrétagogues de la Hgh ?

En termes d’anabolisme musculaire, la recherche scientifique a pris coutume de distinguer la capacité anabolisante d’une molécule avec la quantité d’emmerdes qu’elle pourra vous occasionner en rapport à une référence bien connue qui est celle de la testostérone. Pour les compléments alimentaires cependant, il n’y a aucune crainte à avoir mais quelques doutes cependant lorsqu’il s’agit du premier point. Cela dit, lorsqu’il s’agit des secrétagogues de la somatropine, le calcul sera quelque peu différent, pour l’insuline également. On émettra peut-être l’hypothèse que l’insuline produit l’anabolisme le plus fort par rapport à ses deux collègues déjà cités. Disons que d’avancer ce genre d’argument débouche généralement sur un débat sans fin. Donc, comme vous le savez très bien, tout se joue entre l’équilibre anabolisme/catabolisme puisque c’est de ce rapport que naitra l’hypertrophie… ou pas.

Les secrétagogues sont des substances aminés libres ou peptidiques qui stimulent la libération hormonale endogène

Toujours est-il que lorsque l’on aborde le sujet de l’hormone de croissance et son rôle sur la croissance musculaire, on vous parlera des secrétagogues. Notez que dans cet article, j’utilise indifféremment les termes d’hormone de croissance, de somatropine, de somatotropine, de GH ou de Hgh. Bref… D’un côté, on retrouve les peptides du type GHRP mais ce n’est pas l’objet de cet article et de l’autre, certains acides aminés libres comme l’arginine, l’ornithine et ses métabolites comme l’OKG, la glycine et la lysine, ainsi que le GABA et le Mucuna pruriens puisqu’il contient de la L-Dopa. Je mettrais pourtant ce dernier au placard de mon article, je ne vais pas vous en coller des tartines à n’en plus finir… Cependant, ces quelques acides aminés ont tous prouvés qu’ils avaient, sous certaines conditions, la capacité d’augmenter la libération de l’hormone de croissance comme les différentes recherches cliniques l’ont démontré au cours du temps. En voici l’histoire, brièvement racontée.

Sécréatagogue Hgh

Compter sur les secrétagogues de la GH pour améliorer l’anabolisme est-il une bonne stratégie ?

Comme vous vous en doutez, la recherche clinique effectuée sur la somatotropine n’avait pas pour objet d’obtenir je ne sais quelle hypothétique fontaine de jouvence ni même de préserver ou d’améliorer les performances physiques des athlètes mais de déterminer si ces acides aminés pouvaient être utilisés à des fins thérapeutiques. En termes de molécules miracles de l’anti-âge, on est encore loin du compte même si la recherche avance vraiment très vite et en termes de vocation ergogène des secrétagogues, cela reste assez aléatoire pour les acides aminés libres, illégal pour les GHRP. Cependant, le potentiel secrétagogue de ces acides aminés en rapport à l’hormone de croissance a bien été utilisé à des fins ergogènes depuis la fin des années 1980, sans que l’on sache s’ils pouvaient vraiment créer une différence statistique notable. En effet, la recherche clinique effectuée sur les acides aminés libres est assez récente puisqu’elle remonte aux années 1970 alors que la découverte des premiers GHRP remonte au tout début des années 1960. En effet, c’est en 1959 qu’un chercheur du nom de Seymour Reichlin va émettre l’hypothèse d’une substance induisant la libération de la somatropine au niveau de l’hypothalamus. La synthèse de la GHRF (Hypothalamic Growth Hormone Relaesing Factor) sera réalisée en 1971. C’est précisément ce facteur qui induit la libération de GH, contrairement à la somatostatine qui l’inhibe. Celle-ci sera isolée en 1971 également.

A la suite, les travaux du Dr. Cyril Bowers permettront la découverte des différents peptides GHRP qui stimulent la libération de l’hormone de croissance. Les mécanismes neuroendocriniens qui contrôlent la régulation de la GH seront ensuite découverts par Roger Guillemin, lequel sera récompensé par un prix Nobel de Physiologie et de Médecine en 1977. La découverte des sites des récepteurs cellulaires des secrétagogues GHRP, des seconds messagers cellulaires et de leur expression génétique se poursuivra ensuite pendant plus de 20 ans. A ce jour, on suppose l’existence d’un analogue au GHRP qui interviendrait sur la régulation GHRF/somatostatine mais cette molécule n’est pas encore été totalement identifiée. Cependant, nous ne sommes plus ici dans le domaine des compléments alimentaires. Il s’agit maintenant de déterminer si les acides aminés libres pré-cités présentent une activité stimulatrice réelle et suffisante de la Hgh, du moins à des fins de stimulation améliorée de l’anabolisme.

La L-Arginine, un acide aminé qui influence la libération de la somatropine

Quel est le potentiel stimulant de l'arginine sur la stimulation de l'hormone de croissance ?

Quel est le potentiel stimulant de l’arginine sur la stimulation de l’hormone de croissance ?

Acide aminé isolé en 1895, l’arginine est connue comme étant un secrétagogue de la Hgh, principalement en tant qu’inhibiteur de la somatostatine (par le biais de l’oxyde nitrique ou de manière directe) même si, suivant le contexte (personnes jeunes, âgés, pré-exercice…) elle donnera des résultats statistiquement significatifs ou totalement négatifs. Cependant, la L-Arginine agit sur plusieurs voies  métaboliques, ce qui explique en partie la complexité de son action et la valeur parfois aléatoire de ses effets en tant qu’acide aminé isolé. Comme secrétagogue, elle agirait sur la glande pituitaire, le pancréas et les glandes adrénales. Quant à la GH, l’arginine a prouvé qu’elle augmentait le niveau basal de GH et qu’elle améliorait la réponse à la GHRF chez l’animal et chez l’homme {Muller E., Casanueva F., Chigo E., Frohman L. A.}. Dans la plupart des cas, une faible dose comme une dose élevée se sont toutes deux montrés efficaces lorsqu’elles étaient administrées chez des enfants ou des personnes âgées {Bellone J. et Al., Chigo E. & Al.}. Cependant, les expériences cliniques ont démontré que l’arginine (prise seule) était incapable de modifier l’augmentation spontanée et nocturne de Hgh ni d’influencer l’action pro Hgh de la Ghréline, ni de modifier la baisse de réponse GH/IGF1 chez les personnes âgées {Elsair C.}.

L’arginine n’est pas le meilleur des secrétagogues de la GH

Cas plus inquiétant en ce qui concerne l’objet du blog dont vous êtes occupé à lire un article, des études cliniques réalisées en phase de pré-exercice ont démontré que l’arginine avait tendance à bloquer la libération de Hgh, particulièrement chez des sujets jeunes {Marcell TJ et Al.}. Cependant, et c’est là que se situe tout l’intérêt de ces recherches, c’est que la forme aspartate de L-Arginine a démontré sa capacité à augmenter la libération de Hgh de 60% lors du repos nocturne comparativement à un groupe de contrôle {Elsair C.}. Toujours est-il que cette augmentation reste modeste et n’offre que très peu d’intérêt dans le cadre des performances des sports de force.

D’autres études cliniques ont été effectuées avec un pyroglutamate d’arginine et de la lysine, administrés simultanément chez des sujets humains {Isidori A. et Al.}. Cependant, une étude similaire mais basée uniquement sur l’administration de 1200 mg de L-Lysine n’a pas permis de constater une élévation statistiquement significative de l’hormone de croissance {Corpas E et Al.}. Seule l’association des deux acides aminés a permis de constater une augmentation de libération de la somatropine  de deux à huit fois la valeur de base, 30 à 120 minutes après ingestion {ibid.}.

L’ornithine exercerait ses effets de secrétagogue sous la forme d’alpha cétoglutarate

Le cousin bien connu de l’arginine, l’ornithine, semble offrir un intérêt supérieur, principalement sous sa forme d’ornithine alpha cétoglutarate. La recherche clinique effectuée sur cet acide aminé permet actuellement d’ouvrir des voies thérapeutiques probablement intéressantes, notamment dans le cadre de la sarcopénie et autres problèmes de santé liés à une augmentation du catabolisme musculaire. Étudié depuis plus de 20 ans, l’OKG a permis à des patients hospitalisés de conserver une balance azotée positive avec des doses supérieures à 12 grammes par jour. La recherche scientifique a mis en évidence que l’OKG pouvait bloquer les effets destructeurs de la cortisone et stimuler la libération d’insuline et d’hormone de croissance tout en stimulant la hausse de la production d’arginine et de glutamine {Vaubourdolle M, Cynober L., Jeevanandam M., Krassowski J.} . Cependant, 12 à 15 grammes d’OKG représentent déjà une dose massive de cet acide aminé.

Ce qu’il faut retenir des effets cliniques positifs engendrés par l’ornithine, c’est que l’OKG, administré oralement à forte dose, a permis une augmentation plus élevée de glutamine et d’arginine dans le sang qu’une administration orale de ces deux mêmes acides aminés. Et comme vous le savez, la L-Glutamine et L-Arginine ont tous deux un rôle important à jouer dans la synthèse des protéines. Tout ceci nous laisse à penser que l’OKG présente des avantages supérieurs à l’arginine seule dans le cadre des molécules secrétagogues bien que l’arginine elle-même soit un acide aminé doté d’un intérêt particulièrement élevé pour un nombre important de métabolismes et de réactions biochimiques.

La Glycine, un acide aminé à considérer comme un secrétagogue potentiel

Glycine comme secrétagogue de l'hormone de croissance

La glycine serait un secrétagogue de la Hgh sous certaines conditions

La Glycine est l’acide aminé le plus abondant de la protéine la plus essentielle à l’être humain, c’est à dire le collagène. En effet, il s’agit d’une protéine présente dans une majorité de tissus organiques et pas seulement dans la peau ou les tissus conjonctifs comme beaucoup le croit encore. Archétype par excellence des acides aminés, la recherche s’intéresse de près à la Glycine depuis quelques années même si nous possédons pour l’instant, plus d’informations scientifiques valables sur l’arginine, la Leucine ou les BCAA par exemple. Cela n’infirme ou ne confirme donc rien quant aux qualités ou à l’utilité de la Glycine pour les athlètes et la performance sportive pour l’instant.

Quant à son utilité à stimuler la libération de GH, des études cliniques ont confirmé son appartenance à la famille très réduites des secrétagogues scientifiquement démontrés. Plusieurs expériences effectuées avec des athlètes des sports de résistance ont mis en lumière l’élévation de la force physique tant chez des hommes (+ 32%) que des femmes (+ 22%), supposant que cette augmentation de force résultait d’une libération augmentée de la Hgh {Beard HH.}. A nouveau, le dosage utilisé au cours de ces expériences est à considérer comme élevé (entre 5 et 12 grammes de Glycine) et les résultats peu significatifs.

Une des études réalisées à cette fin et composée de 19 sujets en bonne santé, supplémenté avec 6,75 g de Glycine a permis une élévation significative de la somatropine durant 3 heures, avec un pic de 3 à 4 fois le niveau de base, deux heures après administration. Selon les chercheurs, la Glycine est une des molécules secrétagogues qui aurait stimulé la glande pituitaire pour qu’elle libère un niveau plus élevé d’hormone de croissance {Kasai K.}. A l’opposé, une étude portant sur 8 individus masculins ayant pris 6 à 12 grammes de glycine pendant 10 jours n’a pas permis de mettre en évidence une augmentation de la force alors que le taux de créatine avait augmenté {Horvath SM. et Al.}.

Le GABA, un des secrétagogues de la somatotropine le plus sous-estimé

Le GABA, ou acide Gamma aminobutyrique, est un des secrétagogues les plus sous-estimés par les athlètes alors que la recherche scientifique a plusieurs fois évoquée son rôle de libérateur de la GH. Plusieurs études ont mis en évidence son rôle de stimulant. Une étude clinique portant sur 19 sujets en bonne santé a mis en évidence une augmentation statistique de la Hgh avec l’administration de 5 grammes de GABA {Cavagnini F. et Al.}. Si le GABA joue un rôle important sur l’équilibre glucagon/insuline de par son rôle de régulateur comme le prouve les études cliniques basées sur la prise de cette molécule, ce neurotransmetteur présenterait une influence positive sur la fraction active de l’hormone de croissance. Une étude effectuée sur 11 jeunes athlètes en bonne santé ayant pris du GABA contre placebo a démontré une réponse de la Hgh environ deux fois plus élevée après exercices.

GABA

Le GABA favoriserait la fraction active de la GH

Notons aussi que la vitamine B6 joue un rôle crucial de cofacteur pour l’enzyme nommée GAD (ou Glutamic Acid Carboxylase), enzyme permettant la fabrication du GABA. De manière très indirecte, on pourrait même dire par extrapolation que la vitamine B6 à dose élevée aurait son mot à dire sur la libération augmentée de la somatropine par le biais du GABA, et incidemment, sur sa fraction active. Par effet boule de neige, ce constat donnerait également du poids aux compléments de type ZMA, la vitamine B6 étant naturellement associée au zinc et au magnésium. Dernier corollaire à signaler sur la vitamine B6, celle-ci est souvent considérée comme la vitamine du rêve. Si vous m’avez bien suivi et que vous connaissez un tant soit peu les mécanismes d’expression de la GH, ceci expliquerait peut-être cela…

Conclusion sur les secrétagogues de la somatotropine

L’ensemble des études cliniques sur les acides aminés libres à notre disposition nous laisse penser qu’une association de ces AA libres sera toujours plus performante qu’une supplémentation isolée, sauf peut-être pour l’OKG qui présentent un potentiel sans doute plus élevé en tant que secrétagogue nocturne – et diurne – de la Hgh, en plus de son rôle anticatabolisant comme les études cliniques l’ont prouvé. Cependant à l’heure actuelle, il nous est impossible de dire si un mélange idéal d’acides aminés peut être pleinement efficace en tant que secrétagogue endogène de l’hormone de croissance, à des fins ergogènes ou « anti-âge ». Les résultats à attendre des secrétagogues se sont d’ailleurs révélés assez aléatoires, principalement du fait de la nature complexe des mécanismes d’actions et de contre-réactions impliquées dans le métabolisme de cette hormone que certains voient encore comme une espèce de fontaine de jouvence. Avec tout ceci, le GABA fait quand même un peu figure de cas à part, du moins serait-il à considérer comme un complément utile à ceux qui ont parfois du mal à trouver le sommeil…

Je vous retrouve rapidement pour d’autres articles, dont quelques traductions d’ergo-log, et quelques écrits assez proches du sujet de cet article, c’est à dire de l’IGF-1, comme je vous l’avais précédemment annoncé. Cela dit, je ne peux, une nouvelle fois, que vous inciter à développer votre culture physique entre deux articles…

Eric Mallet

 

ÉLÉMENTS DE BIBLIOGRAPHIE

Barry B. Bercu, Richard F. Walker, Growth Hormones Secretagogues, Springer Science & Business Media, 6 décembre 2012 – 460 pages

Beard HH, Ed. Creatine and Creatinine Metabolism. Brooklyn Chemical Publishers, Brooklyn, NY, 1943.

Bucci L, Hickson JF, Pivarnik JM, Wolinsky I, McMahon JC. Ornithine ingestion and growth hormone release in bodybuilders. Nutr Res. 1990;10:2

Cavagnini F, Invitti C, Pinto M, Maraschini C, Di Landro A, Dubini A, Marelli A. Effect of acute and repeated administration of gamma aminobutyric acid (GABA) on growth hormone and prolactin secretion in man. Acta Endocrinol (Copenh). 1980;93(2):149-54.

M. Coates Paul, Marc Blackman, Marc R. Blackman, Gordon M. Cragg, Mark Levine, Jeffrey D. White, Joel Moss, Mark A. Levine, Encyclopedia of Dietary Supplements, CRC Press, 29 déc. 2004840 pages

Corpas E, Blackman MR, Roberson R, Scholfield D, Harman SM. Oral arginine-lysine does not increase growth hormone or insulin-like growth factor-I in old men. J Gerontol. 1993;48(4):M128-33.

Cynober L. Ornithine alpha-ketoglutarate in nutritional support. Nutrition. 1991;7(5):313-22.

Cynober L, Saizy R, Nguyen Dinh F, Lioret N, Giboudeau J. Effect of enterally administered ornithine alpha-ketoglutarate on plasma and urinary amino acid levels after burn injury. J Trauma. 1984;24(7):590-6.

Elsair C. Effets de l’arginine administrée par voie orale. C R Soc Biol. 1985;179:608.

Horvath SM, Knehr CA, Dill DB. The influence of glycine on muscular strength. Am J Physiol. 1941;134:469.

Isidori A, Lo Monaco A, Cappa M. A study of growth hormone release in man after oral administration of amino acids. Curr Med Res Opinion. 1981;7:475.

Jeevanandam M, Petersen SR. Substrate fuel kinetics in enterally fed trauma patients supplemented with ornithine alpha ketoglutarate. Clin Nutr. 1999;18(4):209-17.

Kasai K, Kobayashi M, Shimoda SI. Stimulatory effect of glycine on human growth hormone secretion. Metabolism. 1978;27(2):201-8.

Krassowski J, Rousselle J, Maeder E, Felber JP. The effect of ornithine alpha-ketoglutarate on growth hormone (GH) and prolactin (PRL) release in normal subjects. Endokrynol Pol. 1986;37(1):11-5.

Marcell TJ, Taaffe DR, Hawkins SA, Tarpenning KM, Pyka G, et al. Oral arginine does not stimulate basal or augment exercise-induced GH secretion in either young or old adults. Journal of Gerontology. 1999;54A(8):M395-399.

Mathieni G. Growth hormone secretion by arginine stimulus: the effect of both low doses and oral arginine. Boll Soc It Sper Biol. 1980;56:2254.

Muller E. E. Nistico G. Neurotransmitter regulation of the anterior pituitary, in Brain Messengers and the Pituitary; Academic Press San Diego, 1989; 404-537

Vaubourdolle M, Cynober L, Lioret N, Coudray-Lucas C, Aussel C, Saizy R, Giboudeau J. Influence of enterally administered ornithine alpha-ketoglutarate on hormonal patterns in burn patients. Burns Incl Therm Inj. 1987;13(5):349-56.

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Le squat produit plus d’hormone de croissance et de testostérone que la presse à cuisses

Le squat crée un stimulus anabolisant plus fort sur l’organisme que des séries toutes aussi lourdes sur une presse à cuisses. Des scientifiques du sport de l’Université de North Texas ont écrit sur ce sujet dans le Journal of Strength and Conditioning Research}. Les Texans ont découvert que les bodybuilders synthétisent plus d’hormone de croissance et de testostérone après une séance de squat qu’après plusieurs sets sur une presse à jambes.

Musculation avec charges libres, poids et haltères ou machines vont-ils stimuler les muscles plus fort ?

L’entraînement de la force réalisé avec des barres et des haltères donne de meilleurs résultats que l’utilisation des machines. L’entraînement avec des poids libres est donc préférable pour la coordination physique et la stimulation de plusieurs groupes musculaires par rapport à ce que produit l’entraînement avec des machines. De plus, les mouvements que vous faites avec des poids libres ont tendance à être plus naturels et sont moins susceptibles de blessures (NdT: il s’agit de l’avis de l’auteur).

Toujours est-il que l’entraînement sur des machines ou avec des poids libres produit différents effets physiologiques qui ne sont pas tous connus. C’est pourquoi les Texans ont fait une expérience avec dix athlètes masculins de la force et bien entraînés – d’une moyenne d’âge de 25 ans – qui ont entraîné leurs jambes à deux reprises: une première fois en faisant du squat et une autre fois en utilisant la presse à jambes. Pour chacun des deux entraînements, les athlètes ont fait 6 séries de 10 répétitions. Pour chaque session d’entraînement, ils ont utilisé des charges qui représentaient 80% du poids avec lequel ils pouvaient tout simplement faire une seule répétition [1RM].

Immédiatement après la session d’entraînement [IP] et 15 et 30 minutes plus tard, les chercheurs ont observé que la concentration en testostérone et en hormone de croissance dans le sang des hommes était plus élevée que la mesure précédente. Mais l’augmentation de ces deux hormones propres au renforcement musculaire était considérablement plus élevé après l’entraînement de squat qu’après celui de la presse à cuisses.

Hormone de croissance et exercices de cuisses (squat, presse à cuisse)

Testostérone, presse à quadriceps, squat

Les athlètes ont trouvé que les deux types d’entraînement étaient tout aussi fatigants.

L’intensité de travail s’est avérée plus forte avec le squat

Lorsque les chercheurs ont calculé la quantité de force que les hommes avaient libéré au cours des deux sessions d’entraînement et ils ont découvert pourquoi les concentrations de l’hormone de croissance et de testostérone étaient plus élevés après la séance de squat. Bien que les hommes ont utilisé plus de poids sur la presse à cuisses, l’effort réalisé s’est avéré être 42% plus élevé durant la session de squat. C’est parce que les hommes ont dû travailler contre leur propre poids au cours des squats, et parce que l’amplitude de mouvements est plus importante durant un squat que lors de l’utilisation de la presse à cuisses.

Squat, presse à cuisse et testostérone

« A des intensités et des évaluations de l’effort perçues comme similaires, l’exercice de poids libre (squat) produit une réponse hormonale aiguë plus grande que pour la machine à charges guidées (leg press) » comme le résume les chercheurs. « Les professionnels de la force et du conditionnement physique devraient donc considérer de privilégier les exercices d’haltères par rapport aux machines à charges additionnelles afin d’induire une réponse hormonale plus aiguë car cela pourrait également entraîner des adaptations physiologiques supérieures par la suite. »

La publication est basée sur la thèse écrite par le premier auteur, Aaron Shaner « Hormonal Response to Free Weight and Machine Weight Resistance Exercise« , Université du Texas, août 2012.

Article Ergo Log: Squat produces more growth hormone and testostérone than leg press

Source de l’article: J Strength Cond Res. 2013 Nov 22.

Traduction Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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