Les bienfaits inattendus d’un supplément de Leucine: 1,68 gramme de Leucine dans votre boisson intra-entraînement avec AAE vous donne l’avantage, deux fois plus, vous gagnez encore 33% !

Je ne sais pas si je peux vraiment parler de «nouvelles» quand je vous dis que la consommation intra-entraînement de l’acide aminé branché L-Leucine va vous aider à construire du muscle, mais je suis sûr que vous comme moi, vous êtes toujours demandés si l’ajout de Leucine dans une composition d’EAA (acides aminés essentiels) plus «naturelle» produirait les mêmes, ou même de meilleurs résultats.

Bien qu’un certain nombre de produits améliorés en leucine, soit EAA ou BCAA qui contiennent plus de leucine que la norme de 2: 1: 1 formules, ont eu tendance à envahir le marché, ces derniers temps, Pasiakos et cie ont été les premiers a émettre l’hypothèse que les BCAA, ou, dans ce cas, les formules EAA contenant un taux plus élevé que la teneur en leucine normale pourraient provoquer des effets plus importants en termes de synthèse des protéines (Pasiakos., 2011).

Une étude qui vise à mettre en relation la Leucine et la synthèse des protéines

Avant que les huit volontaires sains participent à l’étude de Pasiakos et commencent leur 60 minutes d’exercice modéré de type endurance  (60% VO2max) sur une bicyclette ergométrique, ils ont été perfusés avec des isotopes traceurs radioactifs de la Leucine et de la L-Phénylalanine (voir la figure 1 pour les quantités exactes) afin de suivre la synthèse des protéines musculaires et le renouvellement des protéines du corps entier en réponse à l’exercice. Tout au long de la séance d’exercice, les volontaires ont consommé 125 ml d’un cocktail d’acides aminés, soit enrichi en leucine (L-EAA) ou un supplément de contrôle isonitrogénique en EAA  sur des intervalles de 20 minutes en commençant immédiatement après le premier exercice et se terminant à la fin de la séance d’exercices. »

les effets de la Leucine en fonction des autres acides aminés

Tableau 1: Composition du contrôle isonitrogénique en EAA et de la variante enrichie en leucine (L-EAA), tous deux avec traceurs (données adaptées de Pasiakos 2011)

Les résultats de Pasiakos et cie aboutissent à un + 33% d’augmentation de la synthèse des protéines musculaires après l’entraînement, une diminution de -13,3% dans la synthèse des protéines du corps entier et environ 20% de dégradation en moins des protéines. Cela parle en faveur du renforcement musculaire des quatre premiers acides aminés isomères qui est si fortement vanté dans les magasins de suppléments, les boutiques en ligne et autres magazines, ces derniers temps. En dépit de son profond effet sur ​​le métabolisme des protéines musculaires, le + 1,63 g supplémentaire de Leucine dans la formule EAA enrichi en L-Leucine n’a pas augmenté la réponse des mTOR sur l’exercice, ni en comparaison avec les EAA standard seul il y avait cependant une tendance à une plus longue durée d’élévation mais moins prononcée à la fois des  mTOR et de la phosphorylation des Akt dans le groupe LeuEAA, qui pourrait en partie expliquer l’augmentation globale de la  réponse anabolique des protéines envers l’exercice et la (ré) alimentation.

Remarque: La diminution de la synthèse des protéines du corps entier (-13,3%, cf. figure 2) qui apparaît dans cette étude est quelque chose que vous voudriez éviter. Si, toutefois, vous vous souvenez de ce que vous avez appris dans la série Amino Acids for Super Human, un mécanisme pourrait probablement expliquer cette observation. Elle serait liée à une diminution de la synthèse et de l’utilisation intra-organique des transporteurs d’azote L-Alanine, L-Glutamine et aspartate, qui seraient ensuite (sur-)utilisés par le foie et d’autres organes comme une source alternative de carburant. L’augmentation de 33% de la synthèse des protéines musculaires, d’autre part, souligne que la supplémentation de L-Leucine ajoutée dans le cadre d’un entraînement intense ne compromet pas votre capacité à construire des muscles, mais, au contraire, augmente l’accumulation de «nouvelle masse musculaire ».

 

 

En toute bonne logique, cette augmentation n’est pas vraiment une surprise puisqu’elle ne fait que confirmer ce que les pro et vos collègues de la fonte soupçonnaient: plus de Leucine = plus d’anti-catabolisme = signal protéogénique musculaire plus fort.

acides aminés essnetiels + L-Leucine

Tableau 2: Effets des EAA avec un contenu différent de L-Leucine (3,5 g contre 1,87 g de leucine) sur le métabolisme des protéines sur 8 sujets sains après exercices de cycle ergométrique (données calculées sur la base de Pasiakos., 2011)

Compte tenu de la mentalité « plus c’est mieux«  qui est facilement et volontairement favorisée par les distributeurs de suppléments respectifs, il convient de mentionner que le « plus » de la L-Leucine (= réduction d’autres acides aminés, cf. Tableau 1) ajouté à un autre mélange d’EAA standard ne ramène seulement le niveau de leucine qu’aux 4 grammes que vous obtiendriez de deux portions de votre shake de protéines de lactosérum préféré, de toute façon. (NdT: Forcément, si vous augmentez la quantité de leucine, vous réduisez la présence relative des autres acides aminés de votre protéine).

 

L-Leucine et synthèse des protéines (anabolisme)

Tableau 3: Relation linéaire hypothétique (mais toujours exagérée) dose/réponse entre la Leucine (en grammes) et la multiplication de l’augmentation de la synthèse des protéines par rapport à un mélange isonitrogénique de contrôle.

 

Il faudrait également noter que, même avec seulement 3,5 grammes de leucine, l’augmentation de 90% de leucine supplémentaire ne donnera pas une augmentation égale à 90% de la réponse anabolique musculaire. Il est également irréaliste de supposer que la relation dose/réponse puisse être linéaire (cf. illustration 1, ligne verte), de sorte que + 20 grammes de leucine devrait créer une augmentation de 4.68 fois la synthèse des protéines musculaires par rapport aux EAA seuls. Au contraire, il est beaucoup plus probable que nous pourrions constater une courbe dose-réponse logarithmique. Comme je l’ai esquissé dans le tableau 2 (ligne rouge; la courbe dose-réponse réelle est probablement moins forte cependant) + de 20 grammes supplémentaires de leucine augmenterait la synthèse des protéines musculaires par 2,25 fois au maximum (encore une fois, le graphique esquissé dans l’illustration 1 surestime probablement la force de l’effet) par rapport à un supplément d’EAA standard.

Gardez toujours à l’esprit que le rôle de la L-Leucine dans le renouvellement des protéines musculaires est à la fois celui d’un substrat énergétique, ainsi que celui d’un signal / commutateur. Alors que la leucine est introuvable de manière isolée de toute source de protéine naturelle, votre corps interprète sa disponibilité comme un signe d’abondance des autres acides aminés (BCAA et EAA, notamment) disponibles et décale le métabolisme des protéines musculaires vers la synthèse. Pourtant, tout aussi humain que votre corps puisse l’être, il commencera aussi à être généreux avec ses acides aminés pour accélérer l’oxydation de l’azote (+ 69,7% pour l’étude référencée). En conséquence, le ratio d’acides aminés qui est effectivement utilisé pour «construire du muscle» par rapport à ceux qui seront brûlés (par oxydation) pour alimenter vos besoins énergétiques plonge en termes commerciaux le « bénéfice marginal diminue » -. Gardez cela à l’esprit lorsque vous essayerez d’avaler votre pot de 500g de l-leucine avec 1 litre d’eau au cours d’une séance d’entraînement de 45 minutes il est probable que l’agonie n’en vaille vraiment pas la chandelle ;)

 

 

 

Donc, le message à retenir de cette étude, qui soit dit en passant n’a pas été financée par un fabricant de suppléments mais par l’armée américaine, est que, dans le cas de la L-Leucine, le concept autrement illusoire de « plus et mieux » s’applique réellement du moins tant que nous parlons de quantités qui seraient obtenues par la nutrition seule (~ 1-5g). Avec des montants plus élevés de supplémentation en leucine et des quantités relatives inférieures d’EAA dans la protéine, le manque d’EAA disponibles pourrait abolir l’augmentation additionnelle de la synthèse des protéines musculaires. Compte tenu de l’augmentation de l’oxydation des protéines (+ 69,7%, cf. tableau 2), il est en fait beaucoup plus probable que l’ingestion de 20 grammes de leucine supplémentaire, isolément ou en combinaison avec seulement 10 grammes d’acides aminés essentiels, à savoir un rapport de un à deux  2:1 de L-Leucine par rapport aux EAA (dans l’étude, les ratios étaient d’environ 1,87: 8,23 et 3,5: 6,5), conduirait à une augmentation marginale de la synthèse des protéines musculaires et à une augmentation importante de l’oxydation des acides aminés à des fins énergétiques. En d’autres termes, la leucine serait (sur-)utilisée sous forme de carburant.

Un groupe d’acides aminés essentiels enrichi en Leucine pourrait donner les meilleurs résultats sur l’anabolisme musculaire

En comparaison à l’hypothèse précitée d’un taux de leucine élevé à bas/normale d’EAA, l’utilisation de 20 grammes au lieu de 10g de la formule d‘acides aminés enrichie en leucine (pour la composition exacte voir le tableau 1), et donc 7 grammes de L-Leucine + 13g d’EAA semble être une approche plus raisonnable. Après tout, nous ne pouvons qu’espérer que l’Institut de recherche de l’armée américaine de médecine soit tout aussi intéressée par le ratio optimal EAA/Leucine ou par les effets sur l’entraînement de la force et qu’il finance une étude de suivi, et dont les résultats vous le savez apparaîtront en premier lieu sur la SuppVersity !

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

Article SuppVersity original: The Muscle Building Magic of additional (!) Leucine: 1,68g Leucine in your intra-workout EAA mixture is good, twice the amount is 33% better, though!

En savoir plus »
Aucun commentaire

Les effets de répartition du glucose de l’isoleucine: un BCAA sous apprécié et ses dipeptides qui optimisent l’expression des GLUT4

Note du traducteur: Même si j’apprécie énormément ce blog pour l’information scientifique précieuse qu’il distille, le titre lui-même fait preuve d’un manque de synthèse et de clarté de l’expression où l’on retrouve fréquemment deux ou trois sujets dans la même phrase. C’est un peu dommage car la qualité des articles de vulgarisation (relative) est particulièrement appréciable. Peut-être serait-il souhaitable que les formations universitaires en sciences dures se chargent d’un cours de méthodologie et de quelques rappels de grammaire simples du genre Sujet + Verbe + Complément et notamment des règles qui régissent les phrases complexes, cela serait particulièrement apprécié et appréciable pour les lecteurs, qu’ils soient sur Internet ou publiés dans les magazines scientifiques (heureusement qu’il existe des comités de lecture). Dans ces conditions, il me sera difficile de traduire un grand nombre de ces articles rapidement, cela va s’en dire. Sur ce, je redonne la parole au Dr. Andro.

——————————–

Image article isoleucine

Vous vous attendez toujours à voir apparaître vos abdominaux ? Peut-être avez-vous simplement suivi les mauvais ratios « scientifiquement prouvés », « supérieurs » ou « modern » avec des ratios non naturels de BCAA dans votre alimentation peri-training. Même si ce n’est pas la seule raison, quoi que…

Article SuppVersity: The Glucose Repartioning effects of Isoleucine (…)

La semaine dernière, j’ai posté plusieurs articles de presse Facebook qui étaient, d’une manière ou d’une autre, apparentés aux effets négatifs d’un isolement de (micro) nutriments et/ou de la prise de ce qu’on pourrait appeler des ratios «contre-nature». De fait, un de ces ratios naturels dont la plupart d’entre vous est familier rime avec la proportion de 2:1:1 de la leucine, de l’isoleucine et de la valine, les trois acides aminés à chaîne ramifiée. J’ai longtemps jugé ceci d’un œil plus que sceptique à voir comment les fabricants de suppléments ont tenté de monétiser sur le battage médiatique injustifié de la leucine en tordant les rapports 2:01:01, 3:01:01 et même 10:1:1 en déclarant que ce serait une modification « plus anabolisante » ou « scientifiquement validée ». Avec la publication imminente d’un document par un groupe de scientifiques brésiliens, je suis encore assez certain que vous allez bientôt voir apparaître des rapports très différents (Morato. 2013).

La Leucine c’était hier, l’isoleucine c’est le futur – du moins pour des gains en masse musculaire sèche

Les données présentées par les chercheurs et publiés dans un article du Journal de la Chimie Alimentaire indique clairement que ni la L-Leucine, ni la L-Glutamine, ni la L-Cystéine, ni l’arginine, ni la L-Citrulline et aucun des autres acides aminés habituellement étudiés mais que l’acide aminé branché L-Isoleucine est la véritable force motrice de l’augmentation de translocation et de captation du glucose par les GLUT-4  en réponse à une prise de BCAA et de sources de protéines riches en BCAA tels que les protéines de lactosérum.

Pour étudier les effets individuels des différentes composantes du lactosérum sur la captation du glucose, les chercheurs ont administré un mélange de glucose + hydrolysat de protéines de lactosérum ou l’un des acides aminés/dipeptides suivants à 49 rats qui avaient fait de l’exercice la veille et ont été laissés à jeun 15:30 heures plus tard (ce protocole a été conçu pour épuiser le glycogène musculaire et hépatique) : L-Isoleucine (Ile) , L-Leucine (LEU), L-Leucine ainsi que L-Isoleucine (LEU + ILE), L-Isoleucyl-L-leucine et (ILE -LEU), L-Leucyl-L-Isoleucine (LEU- ILE).

Après avoir reçu ces solutions , les animaux (N = 7 par groupe) ont été sacrifiés et les effets sur le transporteur de glucose 4 (GLUT-4), p-Akt et AMPK dans le muscle squelettique, ainsi que les niveaux d’insuline et de glucose dans le sang et la teneur en glycogène du foie, du muscle squelettique et cardiaque ont été évalués.

Expression des protéines après la prise lactosérum/Acides aminés et peptides

Tableau I: Expression des protéines du muscle squelettique, niveau d’insuline, de glucose et de glycogène musculaire, hépatique et cardiaque, 30 minutes après l’ingestion de glucose + whey/AA/peptides en solution.

Ou se trouvait donc le glucose ?

training velo statique

L’entraînement qui vise la chute totale du glycogène peut être vu comme une technique d’intensité qui peut augmenter la biogenèse des marqueurs des mitochondries par plus de 700%. Cependant, ne pas régénérer vos réserves de glycogène musculaire pendant des jours peut être interprété comme de la folie furieuse.

Ce qui peut vous surprendre, cependant, est le fait que le glucose qui a disparu de la circulation sanguine ne réapparaît pas sous forme de glycogène dans l’un des organes testés. Ce n’est pourtant pas dû à l’oxydation, et encore moins au dépôt dans les tissus adipeux des animaux mais cela s’explique simplement en rappelant que pour le protocole de l’étude, les rongeurs n’avait plus que 30 minutes à vivre après l’administration de la solution d’essai. Selon des recherches antérieures, la chute complète des niveaux de glycogène sévèrement réduit peut prendre jusqu’à 24 heures (Jentjens. 2003) et ceci, en présence de quantités suffisantes de glucose. La solution de glucose à 30% dans laquelle 0.55g/kg de lactosérum, d’acides aminés ou de dipeptides ont été utilisés dans l’étude, cependant, n’aurait pas été suffisante pour que les niveaux de glycogène se rétablissent à un degré significatif, même si ces pauvres créatures avaient eu 24 heures de plus à vivre.

Maintenant, vous pouvez certainement faire valoir que les scientifiques n’auraient pas dû mesurer la teneur en glycogène en premier lieu, s’ils savaient déjà qu’il ne changerait pas. Dans un sens, c’est vrai, mais puisque nous savons que le taux d’absorption du glucose est inversement proportionnel aux taux de glycogène dans le muscle, la mesure de la teneur réelle en glycogène était nécessaire simplement pour s’assurer que les différences inter-groupes  en termes de quantité de glycogène qui restait encore dans les muscles, le foie et le tissu cardiaque des animaux ne pouvait pas interférer avec les résultats de l’étude.

Acides aminés, lactate déhydrogenase (LDH), creatine kinase et plus…

images[6]

Le café noir contient l’un des promoteurs de GLUT4 les moins connus au monde. C’est au moins ce que suggère un article de Guarino en 2012. Cela explique en partie les risques moindres de diabètes chez les buveurs habituels de café ainsi qu’une incidence moindre du cancer, apportée par la synergie naturelle des nombreux nutriments retrouvés dans le café.

En plus du paramètre indiqué précédemment, Morato et al. ont également analysé toute une série de paramètres supplémentaires, principalement avec des résultats non significatifs ou physiologiquement pertinents. Un détail qui vaut la peine d’être mentionné concerne les taux sériques plus élevés du principal acide aminé glyconéogénique L-Alanine dans le groupe de L- L-Isoleucine.

Les scientifiques attribuent celui-ci à la compétition de l’isoleucine et de l’alanine pour le transport hépatique via le transporteur neutre d’acides aminés. L’absorption réduite de la L-Alanine par le foie, à son tour, aurait pu réduire la néoglucogenèse hépatique et ont donc contribué à une nouvelle réduction (ou absence d’une augmentation) des taux de glucose sérique. Cela expliquerait aussi les taux inférieurs de L-Alanine amino-transférase dans le groupe isoleucine. Après tout, cette enzyme qui est souvent attribuée à tort comme un indicateur de lésions du foie n’est en réalité rien d’autre qu’un marqueur de la transamination de la L-Alanine, un processus qui représente une étape nécessaire dans la néoglucogenèse hépatique à partir de L-Alanine en pyruvate, qui sera ensuite convertie en glucose et libérée dans le sang.

Pour résumer: Si nous récapitulons les résultats, les principaux messages à retenir de cette étude sont les suivants: (1) N’essayez jamais de tromper la sagesse de la nature, (2) l’acide aminé jusqu’alors souvent négligé et n°3 des BCAA pourrait bien être un contributeur très important à l’organisme des effets de recomposition des nutriments et donc des acides aminés à chaîne ramifiée et des protéines riches en BCAA (3), tandis que l’isoleucine peut être la reine des trois, quand il s’agit de l’augmentation non insulino-dépendant de l’activité des GLUT-4 et de l’abaissement de la glycémie, le dipeptide l -Leucyl-isoleucine du lactosérum avec ses effets profonds sur l’Akt et l’insuline, est probablement le plus anabolisant des stimulants des GLUT-4.

Sur la base de ces idées, la plupart d’entre vous ne vont probablement rien modifier à leur protocole… a moins que vous ayez craqué pour ces publicités injustifiées du business du complément alimentaire et que vous ayez changé votre protéine de lactosérum pas chère pour un produit riche en BCAA ou en EAA avec des tonnes de L-Leucine et presque rien d’autre à côté.

Il s’agit de redonner son importance à l’isoleucine !

Si oui ou non il y aurait des avantages concrets à conseiller une supplémentation isolée  en L -Isoleucine pour les personnes ayant une sensibilité à l’insuline compromise ou même pour les diabétiques, cela devrait être élucidé dans de futures études. Compte tenu du fait que les BCAA ont pourtant déjà été proposés comme un « traitement » viable des stratégies pour le diabète de type II et maladies apparentées, et (Manders 2012. Takeshita 2012.) compte tenu du fait que la L-Leucine seule n’a pas eu d’effets bénéfiques sur la gestion du glucose sur les régimes pro-diabétiques (Nairizi. 2009), l’ajout d’isoleucine aux produits destinés à augmenter l’absorption de glucose par le muscle squelettique semble certainement utile à examiner. Si les résultats sont nettement supérieurs à ceux de l’hydrolysat de protéines de lactosérum (Sousa. 2012), d’autre part, il s’agit de quelque chose qui reste encore trop incertain.

 

REFERENCES SCIENTIFIQUES

  • Jentjens R, Jeukendrup A. Determinants of post-exercise glycogen synthesis during short-term recovery. Sports Medicine. 2003; 33(2):117-144.
  • Manders RJ, Little JP, Forbes SC, Candow DG. Insulinotropic and muscle protein synthetic effects of branched-chain amino acids: potential therapy for type 2 diabetes and sarcopenia. Nutrients. 2012 Nov 8;4(11):1664-78.
  • Morato PN, Lollo PCB, Moura CS, Batista TM, Carneiro EM, Amaya-Farfan J. A dipeptide and an amino acid present in whey protein hydrolysate increase translocation of GLUT-4 to the plasma membrane in Wistar rats, Food Chemistry. 2013 [epub ahead of print].
  • Nairizi A, She P, Vary TC, Lynch CJ. Leucine supplementation of drinking water does not alter susceptibility to diet-induced obesity in mice. J Nutr. 2009 Apr;139(4):715-9.
  • Sousa GT, Lira FS, Rosa JC, de Oliveira EP, Oyama LM, Santos RV, Pimentel GD. Dietary whey protein lessens several risk factors for metabolic diseases: a review. Lipids Health Dis. 2012 Jul 10;11:67.
  • Takeshita Y, Takamura T, Kita Y, Ando H, Ueda T, Kato K, Misu H, Sunagozaka H, Sakai Y, Yamashita T, Mizukoshi E, Honda M, Kaneko S. Beneficial effect of branched-chain amino acid supplementation on glycemic control in chronic hepatitis C patients with insulin resistance: implications for type 2 diabetes. Metabolism. 2012 Oct;61(10):1388-94.
En savoir plus »
2 Commentaires

Toutes les Wheys, et pas seulement l’hydrolysat de Whey, augmentent la rétention de glucose par le foie et la surcompensation du glycogène musculaire. Plus: Comment la taurine peut être impliquée dans ces avantages

Article SuppVersity original: Confirmed! All Wheys and not just Hydro Whey (…)

Comme un étudiant assidu de la SuppVersity, vous devez vous rappeler mon article précédent « Les effets de répartition de l’isoleucine sur le glucose: le BCAA faussement déprécié et ses dipeptides maximisent l’expression des GLUT4 qui augmente la captation du glucose musculaire ». Avec cet article, je vous avais parlé des effets bénéfiques d’une classe de peptides de l’isoleucine présents dans  l’hydrolysat de protéines de lactosérum sur l’expression des transporteurs de glucose (GLUT4) et donc de l’absorption du glucose par le muscle squelettique.

Aujourd’hui, je vous propose de continuer et d’étendre notre discussion à partir de ces résultats, ceux qui furent donnés par la dernière étude du même groupe de recherche de Sao Paulo (Morato 2013)

La Whey, un outil de surcompensation anti-diabétique du glycogène

Comme Morato et al. le soulignent, leur étude est loin d’être la seule qui soutient la thèse très particulière de l’activité de sensibilisation à l’insuline des protéines de lactosérum. En fait, le lactosérum est déjà présenté comme un  anti-diabétique potentiel. Si l’orthodoxie médicale ou plutôt son bras « législatif » n’a pas été pris au piège par ses propres dogmes, le WPH [hydrolysat de protéines de lactosérum] constituerait déjà un élément central des recommandations diététiques pour les diabétiques de type II. La présente étude est la première à montrer qu’une alimentation à base de protéines de lactosérum conduira à une augmentation chronique de l’expression des GLUT4 et contribuera ainsi à réduire la glycémie et à améliorer le stockage du glycogène, cette étude est même intéressante pour la moyenne des guerriers de la fonte et son voisin obèse et diabétique de type II.

 

Whey, glucose et insuline

Tableau 1: Effets de la caséine, whey et de l’hydrolysat de whey sur l’expression des GLUT 4, niveau d’insuline, glycogène hépatique, glycogène musculaire (g/100 g de tissus; Moreto 2013)

Quant à votre voisin obèse, vous devriez le convaincre de se rendre en salle avec vous. Après tout, les données recueillies sur les rongeurs de la figure 1 montrent clairement que l’hydrolysat de Whey ne dévoile ses atouts que si elle est combinée avec l’entrainement – en l’occurrence un tapis roulant pendant 60 minutes à 15 m/min.

Image article isoleucine

Lecture à suivre: Les effets sous-estimés de répartition du glucose par l’isoleucine (traduction à venir)

Bien que l’exercice seul soit bien connu pour stimuler l’expression des GLUT4 et la captation subséquente du glucose de façon significative (Christ-Roberts. 2004; Kuo 2004…) (l’activité des GLUT4 est en corrélation avec le degré d’épuisement du glycogène musculaire), l’ajout d’un hydrolysat de protéines de lactosérum avec un niveau de pré-hydrolyse de 12,5% (une protéine enzymatiquement prédigérée) comme composant protéique unique de l’alimentation de base (15% des protéines totales, 7% de matière grasse à partir d’huile végétale, 68% de glucides à partir du sucre et d’amidon de maïs) des 48 rats mâles de l’expérience produit une augmentation de 100% par rapport à l’exercice seul et à une augmentation de 160% avec la Whey.

Je dois l’admettre, l’augmentation de l’absorption des GLUT4 n’est pas nouvelle en soi, mais il s’agit de la première étude sur une alimentation chronique où cette augmentation a été observée en association avec des niveaux plus élevés de glycogène – ca. 90%, 70% et 400% au niveau du cœur, des muscles et du foie pour les sédentaires, à la fois pour l’hydrolysat (WPH) et les protéines de lactosérum classiques. C’est très impressionnant mais il faut se rappeler qu’il s’agit du résultat de la combinaison du lactosérum avec une alimentation riche en glucides (69% de l’alimentation contre 7% de matières grasses), qui fournit le substrat nécessaire et facilement accessibles pour une « super-saturation » optimale en glycogène  (et vous gagnez plus de glycogène que vous le pourriez habituellement).

Vous pourrez  et vous pouvez très bien vivre avec le pic d’insuline !

Bien que cela puisse ne pas y ressembler avec la figure 1, vous devez comprendre que les valeurs n’ont pas été prises juste après l’ingestion d’un repas, et encore moins une boisson protéinée. En d’autres termes, il est presque certain que les groupes de protéines de lactosérum auront généré des niveaux plus élevés d’insuline immédiatement après un repas (note: La caséine est encore beaucoup plus insulinogénique que la viande ou les œufs).

«L’un des principaux moyens pour augmenter la concentration de GLUT4 dans la membrane plasmatique passe par le trafic régulée de l’insuline (Zorzano. 2005). Toutefois, dans la présente expérience, aucune augmentation n’a été notée dans le taux d’insuline sérique chez les groupes consommant une WPH.

Le dispositif expérimental de l’étude a porté sur le moment de la plus grande mobilisation de transporteurs glucose-4 (GLUT4) alors que les animaux ont été sacrifiés 2 heures après avoir consommé leur repas. C’était un intervalle trop long pour observer la réponse maximale de l’insuline plasmatique  » (Morato. 2013.)

Un pic d’insuline temporaire n’est pas préjudiciable contrairement à une élévation chronique

Il est donc acquis que la translocation des GLUT4 est déclenchée par le caractère profond et temporaire des apports nutritionnels (du moins en présence d’un apport adéquat en glucides, leur caractère temporaire est ce qui rend le pic d’insuline induit par le lactosérum comme physiologique et bénéfique vs pathologique et préjudiciable comme le sont les élévations chroniques). Selon Morato et al. ce n’est cependant pas la seule façon dont l’ingestion du lactosérum a affecté la translocation des GLUT-4 (en amont) et la prise ultérieure de glucose dans le muscle et le foie (en aval):

La translocation des GLUT4 au niveau de la membrane plasmique peut également être stimulée de façon insulino-dépendante. (Carneiro et al. 2009) l’ont fait par imitation du mécanisme de l’insuline par le biais de la taurine, augmentant ainsi la concentration de GLUT4 dans la membrane plasmique, indépendamment de l’insuline. Cependant, le processus moléculaire responsable de cet effet n’a pas encore été élucidé (Carneiro. 2009).

whey ou pas whey ?

Whey ou pas Whey ? La réponse est claire: Prenez de la Whey !

Chez les animaux ayant fait de l’exercice avec une WP (Whey Protein) ainsi que les groupes WPH (Whey Protein Hydrolysate), les concentrations plasmatiques de la taurine étaient plus élevées (p, 0,05) que ceux du groupe de contrôle prenant de la caséine. Cela pourrait expliquer, au moins en partie, la plus grande translocation des GLUT4 pour les groupes WP et les groupes WPH. De même, après avoir évalué la composition en acides aminés de la WP et WPH, les chercheurs ont constaté qu’elles étaient riches en acides aminés soufrés (tableau 2) alors que la méthionine et la cystéine sont des précurseurs endogènes de la taurine. Ainsi, les WP ou WPH ont fourni une plus grande quantité de substrat à la fabrication endogène de la taurine que la caséine, et la présence de cet acide aminé peut avoir facilité l’activation de la voie GLUT4 généralement activée par l’insuline et de la capture cellulaire du glucose, comme indiqué par la documentation scientifique. (Morato. 2013)

C’est plutôt étonnant non ? Je veux dire, comme tous lecteurs de SuppVersity, vous connaissez depuis longtemps les capacités anti-diabétiques de la taurine, mais qui aurait pu soupçonner qu’elle puisse être n° 3 aux côtés des dipeptides actifs de l’isoleucine et de la libération d’insuline parmi les mécanismes à l’origine des effets bénéfiques du lactosérum sur le glucose ? D’autant qu’il n’y a pratiquement pas de taurine dans le lactosérum.

Conclusion: Cet article soutient la thèse que vous feriez mieux de ne jamais manquer de protéines de lactosérum pour plusieurs raisons à la fois, santé et performance. Personnellement, il est encore plus fascinant de s’étonner de l’implication potentielle d’un développement endogène de la synthèse de la taurine. Nous aurons l’occasion de discuter des suppléments qui améliorent et maintiennent la sensibilité cellulaire à l’insuline.

De manière plus pragmatique, le message le plus important et finalement le moins surprenant de l’étude affirme que vous ne devrez pas nécessairement prendre un hydrolysat de protéines de lactosérum. La protéine de lactosérum classique fait déjà un travail remarquable.

Dans ce contexte, certains d’entre vous pourront également rappeler les résultats d’une autre étude publiée récemment par Lollo et al. (NdT: traduction à venir) qui suggère que les effets de renforcement musculaire et de recomposition corporelle donnés par l’hydrolysat de lactosérum sont inférieurs et non supérieurs à celles du lactosérum classique.

Références scientifiques

  • Carneiro EM, Latorraca MQ, Araujo E, Beltra M, Oliveras MJ, et al. Taurine supplementation modulates glucose homeostasis and islet function. J Nutr Biochem. 2009; 20: 503–511.
  • Christ-Roberts CY, Mandarino LJ. Glycogen synthase: key effect of exercise on insulin action. Exerc Sport Sci Rev. 2004; 32: 90–94.
  • Kuo CH, Hwang H, Lee MC, Castle AL, Ivy JL. Role of insulin on exercise-induced GLUT-4 protein expression and glycogen supercompensation in rat skeletal muscle. J Appl Physiol.  2004; 96: 621–627.
  • Morato PN, Lollo PC, Moura CS, Batista TM, Carneiro EM, Amaya-Farfan J. A dipeptide and an amino acid present in whey protein hydrolysate increase translocation of GLUT-4 to the plasma membrane in Wistar rats. Food Chem. 2013 Aug 15;139(1-4):853-9.
  • Zorzano A, Palacín M,Gumá A. Mechanisms regulating GLUT 4 glucose transporter expression and glucose transport in skeletal muscle. Acta Physiol Scand. 2006. 183: 43–58.

 

——————————————————————————————————

Note du Traducteur: Finalement, cet article nous prouve à nouveau que la whey prise seule est avantageuse mais qu’en prenant une whey + des glucides, l’intérêt de la whey est exponentiellement avantageux puisqu’elle augmenterait l’assimilation des sucres, autrement qu’à solliciter l’insuline seule. De nombreuses études avaient déjà prouvées que cette association était bénéfique sur la libération de l’hormone de croissance et de la testostérone en post-exercice mais sans avoir vraiment prouvé comment. Il y a fort à parier qu’une augmentation des GLUT 4 réduise effectivement le taux d’insuline et que cela puisse favoriser une entrée plus rapide de la somatropine et de la testostérone dans le jeu de l’anabolisme musculaire. C’est une supposition qui reste à prouver sur le plan scientifique mais qui cependant, porte du sens.

Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas de prendre votre Whey après l’entraînement, de préférence avec 1/3 de glucides (waxy maize ou maltodextrine).  Et d’ici le prochain article, n’oubliez pas de développer votre culture physique en vous abonnant à la news pour rester informé des prochains articles.

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Le HMB améliore la qualité du muscle et favorise la perte des graisses chez les athlètes âgés, et pour vous ?

Article SuppVersity original: Use HMB to improve your muscle quality (…)

Depuis quelques temps, le HMB a décidé de remonter sur scène. De nombreux scientifiques travaillent actuellement sur ​ des molécules permettant une augmentation meilleure ou plus rapide du taux d’absorption. Une étude sur le point d’être publiée dans le Journal of Experimental Gerontology laisse toutefois penser que cette forme optimisée de HMB pourrait – au moins pour certains effets basiques non négligeables au niveau du vieillissement musculaire et des tissus adipeux – n’être même pas nécessaire. À cette fin, le bon vieux (et horrible au goût) CaHMB (hydroxyméthylbutyrate de calcium) que l’on peut obtenir n’importe où semble fonctionner remarquablement bien.

Quel serait l’intérêt du HMB chez des personnes âgées de 65 ans ?

Au cours d’une étude randomisée et contrôlée, Jeffrey R. Strout et ses collègues de l’Université Centrale, de l’Université de Caroline du Nord, de la Georgia Southern University, de l’USA Sport Academy et de l’Université de Tampa, ont observé que 3 grammes du « bon vieux » calcium-β-hydroxy-β-méthylbutyrate (CaHMB) fonctionne très bien pour augmenter la force des jambes et la qualité musculaire de sujets âgés de 65 ans.

Pour être en mesure d’évaluer les effets du HMB seul et en combinaison avec l’entraînement de la force, les scientifiques ont divisé l’étude en deux phases principales:

* La Phase I qui consistait en deux groupes sans exercice (NE): (a) alimentation habituelle plus placebo (NEPLA) et (b) alimentation habituelle plus CaHMB (NEHMB).
* La Phase II se composait de deux groupes avec exercices de résistance (RE): (a) alimentation habituelle avec un placebo et des exercices de résistance (REPLA) et (b) alimentation habituelle avec CaHMB et exercices de résistance (REHMB).

La période d’évaluation de l’étude pour chaque participant dans les phases I et II était de 24 semaines. Le test a été effectué à la semaine 0 (pré-test), à 12 semaines (mi-test) et après 24 semaines (post-test), et s’intéressaient à la composition corporelle (les scientifiques ont utilisé des analyses DXA fiables pour évaluer la masse maigre et de taux de graisse corporelle ), la force musculaire, le mouvement fonctionnel, un rappel alimentaire de trois jours, les marqueurs sanguins et d’urine pour la consommation de HMB.

2×1.5 gramme + 4 grammes de glucides feront l’affaire…

Le supplément devait être consommé avec une boisson non-alcoolisée au moins 2 fois par jour. En plus du HMB ou d’une poudre placebo, il contenait 4 grammes supplémentaire de glucides (Je le mentionne car il ne peut être exclu que cela ait eu un effet minime sur l’absorption ou le métabolisme du HMB). Les sessions d’entraînement de résistance (RE) dans la 2e phase de l’étude ont été effectuées trois fois par semaine. Le volume des sessions d’entraînement (nombre de séries par exercice par semaine) était développé comme suit (Strout 2013.):

* Semaine 1 pré-test seulement,
* Semaines 2 et 3 avec une série par exercice,
* Semaine 4 avec deux séries d’exercice,
* Semaine 5-10 avec trois séries,
* Semaine 11 avec une ou deux séries,
* Semaine 12 mi-test uniquement,

* Semaines 13 et 14 avec une série d’exercice,
* Semaine 15 avec deux séries d’exercice,
* 16-22 semaines avec trois séries,
* Semaine 23 avec une ou deux séries, et en semaine 24 post-test, seulement.

La Qualité Musculaire (MQ) – Qu’est-ce que c’est ? «La Qualité musculaire (MQ) a été calculée à partir de la force musculaire par rapport à la masse musculaire. MQ a été utilisé et décrit précédemment comme une indication de la fonction musculaire (Lynch et al, 1999;.. Tracy et al, 1999).». (Strout. 2013) soit une mesure de la force en fonction de la masse musculaire. MQ est considéré comme un indicateur de l’état de santé, de la mortalité et un meilleur indicateur de la fonction musculaire que la force seule (à mettre en rapport d’une manière assez drôle avec les mesures de la force de préhension que vous lisez dans de nombreuses revues et d’études de gériatrie).

Au cours de chaque session d’exercices, tous les participants ont effectués de une à trois séries de 8-12 répétitions pour chaque exercice. Les exercices effectuées étaient le développé couché, le tirage barre (dorsaux), la presse à cuisses (bilatéral), le Hack Squat et le leg extension (bilatéral).

Effets du HMB sur la masse corporelle sèche et la perte des graisses

Tableau 1: Modifications de la composition corporelle en réponse à une phase 1 (sans exercice) et phase 2 (exercices de résistance) sur une étude de 2 x 12 semaines.

Si vous examinez les données du tableau 1, vous verrez que le principal facteur expliquant les changements dans la composition corporelle n’est pas le régime de supplémentation. Comme Strout et al. le soulignent, à la fois le HMB seul, ainsi que sa combinaison avec l’entraînement de résistance ont toutefois donné des changements statistiquement significatifs de la structure musculaire des sujets âgés de 72-73 ans (+ / -1) (pour une explication du paramètre « qualité du muscle » voir le tableau ci-dessus):

« La phase I de l’étude en cours a démontré que la supplémentation prolongée avec le CaHMB [seul] améliore la quantité de masse maigre totale (LM), la force, la fonction musculaire et le facteur MQ sans exercice de résistance. En outre, le protocole d’exercices de résistance progressifs et à haute intensité utilisé dans la Phase II a entraîné une augmentation de masse maigre, de la force et du facteur MQ, avec ou sans CaHMB. Par ailleurs, l’intervention du CaHMB en Phase II a entraîné une diminution de la masse grasse totale significative avec l’augmentation de la masse maigre totale et du facteur MQ avec l’entraînement de résistance« .

La prise de HMB a produit une élévation de la masse maigre et une perte de la graisse totale

Ce que je considère particulièrement intéressant ici, concerne l’augmentation statistiquement significative de la perte de graisse, ce qui n’est certainement pas la première chose à laquelle vous pensez quand il s’agit de supplémentation en HMB. Dans un sens, cela me rappelle les effets étonnants de Zemel et coll. observé avec leur étude « Leucine + B6″, une étude publiée récemment (voir l’article de SuppVersity correspondant NdT: à traduire) qui soutiendrait l’idée que la Leucine et / ou son métabolite le HMB conduiraient à une augmentation de  la capacité oxydative du muscle squelettique – au moins dans les situations de stress cellulaire accru (l’obésité et l’étude de Zemel, voir aussi «Leucine + resvératrol – des Boosters synergiques : +118% d’oxydation des acides gras, 60% d’augmentation de la captation du glucose musculaire, -30% de graisse viscérale & Plus – trop beau pour être vrai NdT: ibid.« ). Dans ce contexte, Strout et al. écrivent:

« Une découverte intéressante concernant le traitement au HMB de la présente étude était son effet sur la masse grasse, ce qui était conforme avec les recherches de Vukovich et al. (2001). Le CaHMB seul ne provoque pas de perte de graisse. Cependant, l’entraînement de résistance avec ou sans CaHMB entraîna une importante perte de masse grasse à la semaine 12, alors que le groupe CaHMB était en mesure de poursuivre la réduction de la masse grasse jusqu’à la semaine 24. » (Strout. 2013)

Ensuite, ils ont fait une déclaration discutable sur la façon dont «l’exercice de résistance n’est pas connu pour être un puissant stimulus sur la perte de graisse corporelle» mais pour se remettre sur la voie ils ajoutent:

« […] Cette récente preuve suggère que la supplémentation en HMB améliore l’oxydation des acides gras, l’adénosine monophosphate kinase (AMPK), ainsi que l’activité des SIRT1 et Sirt3 dans les adipocytes et les cellules musculaires (Bruckbauer. 2012). Collectivement, ces protéines agissent pour améliorer la biogenèse mitochondriale, l’oxydation des graisses et le métabolisme énergétique. » (Strout. 2013)

Cela soutient ma propre hypothèse, c’est à dire que la perte de graisses est principalement fonction de l’activité / de l’augmentation de la capacité mitochondriale. Et que tout cela doit être déterminé, à savoir si des effets similaires peuvent être observés dans les cellules non-musculaires, de même, si l’amélioration locale de la biogenèse mitochondriale pourrait avoir des effets bénéfiques sur le métabolisme du corps entier – y compris le cerveau !

P.S: Nous pourrions conseiller à ceux qui préfèrent vieillir en bonne santé de prendre leur dose quotidienne de HMB. Je suppose que je pourrais m’en remettre à cela s’il ne restait pas quelques questions à aborder:

1. Est-ce que ces effets se produisent chez les personnes suivant un régime «élevé» (2x RDA et +) en protéines ?
2. Les effet du HMB vont-ils s’ajouter aux effets bénéfiques d’une protéine de lactosérum ?
3. L’âge est-il essentiel pour en bénéficier ou allons-nous également profiter des mêmes effets ou d’effets moindres chez les sujets plus jeunes ?

Bien qu’il semble vraiment que nous soyons passé à côté de la plaque sur un complément très utile et disponible depuis des années, il reste encore des recherches à faire, avant que ces questions puissent être résolues avec un maximum de confiance.

Note sur les besoins en protéine chez les personnes âgées: Saviez-vous que l’apport en protéines actuellement recommandé pour les personnes âgées est 0.6g/kg de masse corporelle et que Campbell et al. ont pu montrer qu’au moins 1.0g/kg sont nécessaires uniquement pour maintenir un bilan azoté normal ? Non, eh bien maintenant que vous savez que l’apport en protéines de référence est de 1.1g/kg pour cette étude, vous savez désormais de quoi nous parlons – une certaine cohérence quant aux apports en protéines !

À mon humble avis, c’est particulièrement vrai en ce qui concerne les questions (1) et (2), les données correspondantes étant jusqu’ici tout simplement inexistantes. Donc, nous avons du mal à dire si vous pouvez obtenir des effets de recomposition identiques ou au moins similaires à l’expérience réalisée en ajoutant simplement un shake de protéines de lactosérum ou une barre de protéine qui ne contient pas 80% de sucres dans le régime alimentaire de nos « personnes âgées conscientes de leur alimentation » et malheureusement sous-alimentés en protéines.

D’autre part, des études antérieures chez des athlètes entraînés, ainsi que les réactions des utilisateurs grâce auxquelles le HMB aura plus ou moins disparu du marché laissent penser que c’est certainement le cas pour les jeunes. Ce qui veut dire qu’une prise régulière et une assimilation lente du HMB dans le cadre d’un entraînement déjà très optimisé et d’un régime nutritionnel chez des personnes qui n’ont pas à lutter contre le catabolisme induit par l’âge est plus que discutable.

Note du traducteur (NdT): J’ouvre ici une catégorie Leucine – HMB, à voir le nombre important d’articles réservé à ce sujet.

Références scientifiques:

  • Bruckbauer A, Zemel MB, Thorpe T, Akula MR, Stuckey AC, Osborne D, Martin EB, Kennel S, Wall JS. Synergistic effects of leucine and resveratrol on insulin sensitivity and fat metabolism in adipocytes and mice. Nutr Metab (Lond). 2012 Aug 22;9(1):77.
  • Stout JR, Smith-Ryan AE, Fukuda DH, Kendall KL, Moon JR, Hoffman JR, Wilson JM, Oliver JS, Mustad VA. Effect of calcium β-hydroxy-β-methylbutyrate (CaHMB) with and without resistance training in men and women 65+yrs: A randomized, double-blind pilot trial. Exp Gerontol. 2013 Aug 24.
  • Vukovich MD, Stubbs NB, Bohlken RM. Body composition in 70-year-old adults responds to dietary beta-hydroxy-beta-methylbutyrate similarly to that of young adults. J Nutr. 2001 Jul;131(7):2049-52.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire