L’entraînement fonctionnel selon Sébastien Bême

L'entrainement fonctionnelC’est avec grand plaisir que je redonne la parole (de coach) à Sébastien Bême, entraîneur professionnel, sur un thème que l’on connait encore assez mal dans le monde du sport car porteur de plusieurs sens (ou sens dérivés). En effet, ce que l’on appelle l’entraînement fonctionnel n’a pas forcément de rapport direct au Crossfit, même si la plupart des athlètes ont désormais cette définition à l’esprit. L’ouvrage de Sébastien Bême est une approche éclairée sur la manière dont l’entraînement physique fonctionnel peut nous aider à apporter les corrections nécessaires à divers déséquilibres physiologiques.

L’entrainement fonctionnel, la cohérence des fonctions corporelles

Selon Sébastien Bême et Benjamin Dumortier, auteurs de l’ouvrage L’entraînement Fonctionnel, cette forme d’athlétisation (ou de ré-athlétisation suivant le cas) peut être considérée du point de vue de la correction d’un déséquilibre engendré – là, c’est moi qui interprète –  par des habitudes sportives, des postures fautives ou des entraînements pouvant générer des dysfonctionnements, généraux et secondaires.

Trêve de commentaires, je vous laisse avec le texte de Sébastien Bême et la présentation de son ouvrage…

Eric Mallet

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L’entraînement fonctionnel, le livre !

L’entraînement fonctionnel est un livre de 290 pages (pour le format papier) où l’on a essayé, Benjamin Dumortier et moi-même, de ne pas mettre en avant la recherche d’une solution à un déséquilibre de manière précise. Il existe déjà des milliers de vidéos sur Internet où le moindre bobo, la plus petite faiblesse trouvent une solution.

A l’inverse, on s’est attelés à démontrer que les soucis locaux sont la quasi-totalité du temps (sauf traumatisme) lié à des dysfonctionnements plus généraux et sous éloignés. Un défaut de fonctionnement au niveau du pied engendrant des douleurs récurrentes à l’épaule par exemple. Partant de là, le livre va chercher à trouver comment identifier les défauts moteurs principaux, puis comment mettre en place une logique de résolution du dysfonctionnement.

Le contenu de l’ouvrage « Entraînement fonctionnel »

Ainsi, après une partie purement théorique pour donner un minimum de bagage afin de comprendre la suite, nous vous présentons comment rechercher ces petits désordres de coordination, de souplesse, etc. Nous présentons différents exercices à titre d’exemple mais l’objectif est que chaque utilisateur trouve, au travers de son expérience, ses propres tests permettant, grâce à la méthode de l’entonnoir, de définir les points les plus importants à résoudre.

covertureebookUne fois que l’on a ces points à corriger, la dernière partie du livre « Entraînement Fonctionnel » va présenter 2 solutions pour mettre en place un travail de réapprentissage du geste, une sorte de Reset des fonctions motrices, mais de manière très personnalisée (et non un programme type valable pour tous, chose qui n’existe pas dans la vraie vie).

Il faut le voir non pas comme un livre de recettes (que personne n’applique réellement et exactement et qui donne souvent une simple addition d’exercices plus ou moins cohérente), mais plutôt comme les bases pour mettre en place un Entraînement fonctionnel que l’on a défini non pas en fonction du contenu (exercices fonctionnels, méthode fonctionnelle, etc.) mais plutôt en fonction de l’objectif : retrouver tout la fonctionnalité de son corps.

Pour répondre aux questions des lecteurs ou pour que chacun puisse donner ses différentes programmations, nous avons ouvert un groupe Facebook. N’hésitez pas à y apporter vos cas concrets, il est fait pour ça : https://www.facebook.com/groups/Functional.movement/

Sébastien BÊME

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L’ouvrage de Sébastien Bême et de Benjamin Dumortier est disponible sur le site gymsante-shop.eu au format papier ou e-book à ces adresses: http://www.gymsante-shop.eu/produit/entrainement-fonctionnel ou http://www.gymsante-shop.eu/produit/entrainement-fonctionnel-ebook

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L’encadrement en salle de sport: Ne sous estimez pas l’effet coach !

Les débutants à l’entraînement de force progressent plus vite s’ils bénéficient d’un encadrement intensif. C’est ce qu’écrivent les scientifiques du sport de l’Université de Brasilia dans un article qui sera bientôt publié dans le Journal of Strength & Conditioning Research. Le principal effet des entraîneurs ou d’un bon coach sportif repose sur le fait qu’ils motivent les athlètes à s’entraîner avec une charge suffisante.

L’importance d’un bon coach est plus grande que ce que vous croyez !

coach de la force athlétiqueLes découvertes des Brésiliens ne sont pas complètement nouvelles. La recherche américaine a déjà montré que les débutants du monde de la force ont tendance à s’entraîner avec des poids trop légers. Même en ce qui concerne des femmes bien entraînées, des chercheurs de l’Université du New Jersey ont découvert qu’elles pouvaient mieux progresser si un entraîneur personnel les encourageaient à ajouter un peu plus de poids. [J Force Cond Res. . 2008 Jan; 22 (1): 103-11] La même chose est vraie pour les athlètes expérimentés si l’on en croit les études américaines, ils progressent plus rapidement si un coach travaille avec eux à modifier leur paresse innée. [Med Sci Sport Exerc. 2000 juin; 32 (6):. 1175-1184] [J Force Cond Res. 2004 mai; 18 (2): 316-23].

ne sous-estimez pas l'importance de votre coachIl ne serait donc pas si difficile de conclure que les coachs auront également un effet positif sur les débutants mais personne n’avait étudié la question pour l’instant. C’est précisément ce que les Brésiliens ont fait dans leur étude. Ils ont pris deux groupes de 100 étudiants de sexe masculin. Un groupe s’entraînait 3 fois par semaine dans une salle où il y avait un coach présent pour 25 sujets [LS]. L’autre groupe s’entraînait dans une salle de musculation où il y avait un coach pour 5 personnes [SH]. Selon les experts, le rapport optimal entre le nombre de clients et les entraîneurs dans une salle de musculation se situe quelque part entre 6: 1 et 10: 1.

Avant le début de l’expérience et de nouveau après 11 semaines, les chercheurs ont mesuré les charges que les sujets de test étaient capables de lever en une seul répétition pour le développé couché et les extensions de jambes. Ils ont remarqué que les sujets du groupe HS faisait plus de progrès que ceux du groupe LS.

conseils de coach et développé couché

l'effet coach

Les sujets du groupe LS ont réalisé 1,5% de progrès sur les extensions de jambes et 10,2% avec le développé couché. Les chiffres du groupe HS étaient de 11,8 et 15,9%.

Les coachs n’ont eu aucun effet à savoir si les gens se rendaient en salle de musculation ou non. Les participants des groupes LS et HS ont manqué le même nombre de sessions d’entraînement. Il n’y avait pas non plus de différences dans le nombre de sets réalisés par les 2 groupes. L’effet de motivation des entraîneurs se résumait avant tout au fait qu’ils avaient conseillé à leurs athlètes de mettre sur une charge supplémentaire.

Un bon coach peut vous aider à améliorer vos performances !

Quel que soit l’effet produit par les coachs dans cette étude, à la lecture de l’article des Brésiliens vous ne pouvez pas vous empêcher de vous demander si ce dernier ne pouvait pas être plus grand. « On estime que 74,19% des sujets du groupe SH et 36,07% des sujets du groupe LS s’entraînaient avec une intensité maximale sur le banc de développé couché« , écrivent les chercheurs. « Pour la presse à cuisses, 17,74% des sujets des groupes SH et 9,68% des LS s’entraînaient avec des répétitions maximales. »

Source de l’article: Supervision in the gym: don’t underestimate the coach effect

Source Ergo-log: J Strength Cond Res. 2009 Aug 5.

Eric Mallet

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Article Gymsante.eu: Fuyez la prédétermination génétique !

Gymsanté Sébastien BêmeCette fois, je laisse la place à Sébastien Bême, coach sportif et entraîneur professionnel, auteur et rédacteur sur son site Gymsanté.eu. D’une qualité qui dépasse de loin la plupart des sites similaires, Sébastien Bême a le mérite de se pencher sur l’ensemble des problématiques sportives d’une manière disons… presque exhaustive, ce qui est impressionnant, vous en conviendrez. La plume de Sébastien, si elle accroche parfois sur quelques petites fautes d’orthographe, a surtout le mérite de mettre le doigt sur un nombre impressionnant de sujets et de domaines athlétiques variés: entraînement, alimentation, préparation à l’effort, récupération, rééducation fonctionnelle, performances, endurance, résistance, condition physique, Crossfit, préparation aux compétitions… A lire Sébastien, on sent le travail d’un véritable professionnel et passionné de sport, ce qui n’est pas toujours le cas pour certains coachs mais heureusement, ils restent peu nombreux.

Non, la génétique n’est pas une excuse à de mauvaises performances physiques

Auteur invité sur Espace Corps Esprit Forme, l’article de Sébastien Bême « Fuyez la prédétermination génétique » revient avec talent sur la notion de l’inné et de l’acquis (et de ce qui va progressivement s’acquérir), bref… du rapport entre l’ADN, l’héritage génétique familial et de ce que l’athlète peut en faire ou non, de l’entraînement et du conditionnement physique, etc. Assez parlé, je laisse la parole à Sébastien Bême, je reviendrai ensuite y mettre mon grain de sel 😉

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En sport, il existe une vérité que l’on n’a pas le droit de remettre en cause sous peine de finir au bûcher : vous naissez comme vous êtes et vous devez choisir votre sport en fonction de cela. Pourtant, j’aime bien contredire cette vérité pour le bien de mes athlètes.

Certes un nain (ou personne de petite taille pour être politiquement correct) ne sera jamais un basketteur professionnel, le matériel réglementaire n’est pas prévu pour. Mais interdire à un sportif l’accès aux aides d’une fédération sous prétexte qu’il n’a pas réussi à 12 ou 14 ans les tests subjectifs qu’elle impose (le cas Bartolli en est le cas le plus visible, mais il est très loin d’être le seul), refusant le fait que l’on est ce que l’on s’entraîne ou mange. C’est ça pour moi l’hérésie !

Parler de prédétermination génétique est une excuse, plus qu’une réalité

Lorsque l’on parle de prédéterminisme, on arrive directement aux gènes et donc à la génétique. On est comme on est à cause de nos parents ou grands-parents. La grande loterie de mère nature nous prédétermine dès le départ et on n’a rien à dire. Pourtant, la nature nous montre que ce n’est pas tout a fait comme cela que ça fonctionne. En effet, à la naissance, rien ne différencie les abeilles entre elles. C’est exclusivement la nourriture qui va provoquer une modification du corps et la rendre stérile ou fertile (reine ou non). Rien à voir avec le contenu de l’ADN.

lepidodactylus lugubris

Image forum-lemonde des reptiles.com (tous droits réservés)

Dans le pacifique, certains lézards (Lepidodactylus lugubris) sont capables de changer complètement le fonctionnement de leur fécondité pour survivre. En effet, emportées par le vent, il arrive que certaines femelles se retrouvent seules sur une île. Elles sont alors capables de muter génétiquement pour s’auto-féconder et produire uniquement des femelles fonctionnant sur le même principe. Comme nous le voyons, l’environnement et la nourriture nous imposent une orientation de fonctionnement, voire d’apparence physique.

Rien n’est prédéterminé. Mieux, des enfants de parents sportifs élevés par des sédentaires ne présenteront pas systématiquement un don particulier pour le sport alors que des enfants de sédentaires élevés par des parents sportifs se retrouveront doués pour le sport et majoritairement pour le sport de leurs parents de substitution. Avec tous ces exemples, vous arrivez, vous, à définir que vous naissez rapide ou lent, endurant ou fort ? Personnellement, je n’y arrive cela m’est impossible.

Différencier la génétique acquise et ce que nous allons en faire…

Regardons un peu comment tout cela pourrait s’expliquer. Dans notre corps, tout est pré-programmé. Chaque réaction chimique, chaque mouvement est prévu et suit une logique qui est définie par nos gènes, le célèbre ADN. En fait, nous possédons pratiquement tous les mêmes gènes. Ce qui nous différencie de notre voisin, c’est la manière donc notre corps va les utiliser. Ce que nous héritons de nos parents ne sont pas les gènes à proprement parler, mais la manière dont nous les utilisons (c’est bien sûr un raccourci).

L’ADN est une sorte de disque microsillon (pour les anciens) où la tête de lecture suit la bande et lit les successions de messages pré-enregistrés. Notre héritage fait que certains passages sont cachés (par des codons). Cela engendre donc une impossibilité de lire ce passage et donc l’absence de possibilité de l’utiliser. En fait, notre ADN fonctionne par restriction : on cache ou pas une information génétique. Cela va donner nos caractéristiques (blond, brun, petit ou grand, diabétique ou non…). C’est même d’ailleurs cela qui fait la différence entre les cellules : l’ADN est le même dans toutes nos cellules ; ce n’est que la manière d’utiliser cette ADN à la naissance de la cellule qui oriente la nature même de celle-ci.

Sebastien BêmeLà nous arrivons sur terre (naissance). Ensuite, tout (ou presque) fonctionnera à partir du système nerveux qui adresse en permanence des informations aux cellules et aux systèmes hormonaux pour les faire fonctionner ou au contraire pour les arrêter. Ces influx nerveux donnent des orientations qui vont amener à modifier les codons et donc à laisser le fonctionnement à certaines parties de l’ADN tout en en empêchant d’autres. Et qu’est-ce que l’entraînement sinon une succession de messages nerveux propres à chaque mouvement, chaque geste, chaque variation de vitesse de ces derniers ? Ainsi, en permanence, notre système nerveux se déploie, se modifie, utilise sa plasticité pour créer de nouvelles jonctions, de nouveaux parcours du message pour en améliorer la réponse (le mouvement). Si nous répétons inlassablement le même geste, nous devenons spécifiques. Cela engendre un très bon acheminement du message nerveux spécifique, mais par contre nous perdons les autres possibilités (ce qui ne sert pas se perd et c’est aussi vrai au niveau du système nerveux où les synapses peuvent disparaître si elles ne sont jamais utilisées).

C’est ainsi que durant notre enfance, lors du développement de notre système nerveux, nous arrivons soit à créer un maillage important, soit très faible (en fonction de ce que nous faisons durant notre développement). Cela se passe également durant l’âge adulte, à une moindre mesure.

Sebastien BêmeEt ceci est également vrai pour un ensemble important de nos fonctions. Le message nerveux, répété de manière importante, oriente la composition du moteur : c’est le message nerveux qui définit comment les fibres musculaires s’adaptent et donc deviennent endurantes ou rapides (pour résumer). Faites de la force ou de la vitesse durant votre enfance et vous deviendrez fort ou rapide, ce que l’on nommera ensuite comme votre nature, votre génétique. Faites de l’endurance à outrance durant votre développement et vous deviendrez naturellement endurants. Mais où est le naturel là-dedans ? Vous êtes ce que vous faites et ce que vous mangez.

Remettre en cause l’entraînement pour continuer à progresser

Ceci montre un premier point vital pour progresser en sport : il est nécessaire de remettre en permanence en cause l’entraînement (ce que l’on appelle communément la variation) afin de continuer à développer, à optimiser le système nerveux. Dire que l’on est prédéterminé à telle ou telle sport, méthode d’entraînement… est donc une erreur. Certes en démarrant une technique particulière les progrès sont rapides, ce qui engendre enthousiasme (souvent à l’excès) et défense inconditionnelle de cet entraînement. Mais au bout d’un moment, l’organisme a appris tout ce qu’il pouvait apprendre et s’en est terminé de l’intérêt pour notre système nerveux quant à son développement. Alors, êtes-vous réellement prédéterminé par votre génétique, votre hérédité ?

Réfléchissons un moment grâce à Darwin et sa théorie de l’évolution. Les connaissances ont très fortement progressé depuis cette grande découverte, notamment grâce à la discipline qu’est la génétique. Par exemple, on sait que l’hérédité n’est pas une mais multiple. Par exemple, l’hérédité des parents, que l’on prend comme immuable, n’est pas une photocopie parfaite des gènes, mais plutôt un potentiel mis à la disposition de l’enfant. Son alimentation, sa pratique physique, son éducation, son environnement définiront la manière dont il utilisera ce potentiel et donc ce qu’il sera.

La génétique et notre nature nous imposent pourtant certaines limites

Mais revenons à notre pratique sportive. Certes on ne va pas pouvoir remettre en cause l’anatomie, la morphologie d’un sportif par l’entraînement. Un adulte de 1m70 ne deviendra pas un géant de 2m20 pour jouer au Basket. Mais, comme pour son potentiel génétique, il possède une base (son anatomie par exemple pouvant correspondre à son ADN, ses gènes) et l’entraînement, sa nutrition, sa motivation, son environnement ou encore son éducation vont orienter la manière dont il utilise cette base. Absolument rien ne l’empêchera de devenir très rapide, coordonné, endurant, fort, etc. Certes il faudra un grand concours de circonstances pour devenir un champion dans une discipline donnée (un champion n’est-il pas le fruit d’une succession de phénomènes parfois hasardeux telle qu’une rencontre avec un entraîneur précis ?), mais il pourra toujours s’améliorer dans un domaine particulier.

Définir la génétique comme un frein à la progression ou comme la justification d’une méthode n’est rien d’autre qu’une fainéantise de l’esprit, la recherche d’excuses à un échec. Ne justifiez pas l’échec, utilisez-le pour varier votre pratique sportive, votre environnement, votre alimentation et vous progresserez quel que soit votre hérédité !

Voici mes sacerdoces, mes lignes de conduite pour arriver à un résultat en sport. Vous pouvez parfaitement les prendre en l’état ou les personnaliser : le tout étant de ne pas s’enfermer dans un dogme qui deviendrait alors une limitation, un frein à la variation et donc la progression.

Conduite 1 : Ne pas se mettre de limites à la progression

Beaucoup de performances sont limitées à cause de barrières imaginaires. L’adage populaire dit « Il ne savait pas que c’était impossible, c’est pour cela qu’il l’a fait » est particulièrement parlant de ce point de vue.

Conduite 2 : Variez vos entraînements

Varier son entraînement, ce n’est pas qu’alterner les qualités physiques travaillées, les charges ou les mouvements. C’est aussi changer complètement de méthode, de technique voir de sport. Même temporairement, une nouveauté engendre un apprentissage et donc une obligation d’amélioration pour le système nerveux.

Conduite 3 : Progressez en permanence

Si vous ne recherchez pas la progression permanente, si vous restez assis sur vos acquis en attendant que cela se passe, l’organisme lui régresse (l’état stable n’existe pas, soit il y a progression, soit il y a habitude et donc régression).

Conduite 4 : Gardez votre motivation intacte

La motivation n’est pas que l’envie de bien faire (ou de mieux faire). C’est aussi la recherche d’un plaisir, une zone de liberté dans l’entraînement où l’on va pouvoir mettre en œuvre notre compétence, notre imagination. Bref activer des zones du cerveau qui sont aussi partie prenante du fonctionnement nerveux et donc de la progression sportive. C’est 4 règles simples permettent largement une progression quasi permanente. Certes pas forcément de manière spécifique à un objectif, mais chaque modification annexe donne une base plus forte, plus large et stable aux qualités dont vous aurez besoin pour votre spécificité. Ne vous enfermez pas dans des idées reçues sur vos possibilités, découvrez l’inconnu et utilisez-le pour progresser.

Sébastien Bême

coaching@gymsante.eu

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Déjà, je ne peux que remercier Sébastien Bême pour son article car il me permet de soulever pas mal de questions et d’interrogations personnelles quant à mon activité physique qu’est la musculation et d’ailleurs, pour n’importe quel autre sport également. La première chose qui me vient à l’esprit en lisant son article me rappelle déjà le mythe des morphotypes, espèce de regroupement des ressemblances génétiques qui aurait voulu caractériser le physique sous trois types clairement délimités: endomorphe, mésomorphe, ectomorphe. Aujourd’hui, nous savons que cette espèce de caractérisation n’a pas de sens sur le plan scientifique car cette théorie ne fait que de mettre en évidence des extrêmes. Il n’existe pas un seul être humain qui puisse être classé dans une seule de ces catégories. Personne n’est strictement endomorphe ou mésomorphe, la Nature n’a pas prévu ce genre de classement.

Phil Heath

Don’t try to mess up with me buddy !

Cependant, Sébastien le rappelle avec intelligence, les extrêmes sont ce qu’ils sont et un nain ne pourra jamais jouer au basket (appelons un chat un chat et un nain, un nain !) comme un obèse à forte tendance endomorphe deviendra très difficilement champion de bodybuilding. En tout état de cause, la Nature préfère le « juste milieu » ou le « milieu » tout court et le mélange des genres (n’y voyait aucune référence aux abominations politico-pseudoscientifiques et idéologiques d’une certaine théorie délirante sur le sexe) alors que les cas extrêmes sont rarissimes. Il est vrai que des anciens obèses ont parfois perdu une quantité impressionnante de poids en graisse et à force d’acharnement, sont devenus de véritables exemples de condition physique. Une preuve de plus s’il en est, de la valeur de l’effort, qu’il s’agisse de sport ou d’une toute autre forme de travail sur soi. Mais, et c’est un « mais » de taille, et n’en déplaise quelque-peu à Sébastien 😉 la recherche scientifique a récemment mis la main sur un certain nombre de faits intéressants au niveau génétique et physiologiques, ce que j’avais d’ailleurs énormément vulgarisé pour un article publié sur lesproteines.com la semaine dernière :Les muscles et les gênes, quelles nouvelles de la recherche ?   L’article qui m’avait servi de base est référencé sur le site de l’excellent magazine Muscular Development: Best Genes for Stimulating Muscle Growth. Selon ce papier, la recherche confirme des disparités entre les athlètes en ce qui concerne le développement musculaire mais que les extrêmes sont très peu courants. Cependant, entre le bodybuilder « génétiquement favorisé » et la moyenne des autres athlètes, les écarts sont grands, je l’avais mentionné sur mon article pour lesproteines.com

Tout ceci nous amène à dire que l’interrogation de Sébastien Bême est pertinente et qu’il se pose les bonnes questions. Il est fort peu probable qu’un jeune de 15 ans se découvre subitement un don pour l’athlétisme ou la musculation mais il faut dire que de savoir s’il sera un jour champion du monde, dépend principalement de deux choses. D’une, de ses prédispositions génétiques (sujet qui s’affirme de plus en plus dans le monde de la recherche) ou à l’inverse de ses non-prédispositions et de deux, de l’acharnement qu’il mettra à s’entraîner pour atteindre ses meilleures performances. On peut donc conclure qu’un champion du monde d’athlétisme ou un M. Olympia ne le sera jamais s’il n’est pas motivé par la passion sportive. A l’inverse, le meilleur des passionnés, s’il ne répond pas à ce fameux facteur de l »élite génétique », n’arrivera sans doute jamais premier au sommet de sa discipline si un autre est mieux « disposé » que lui et qu’il travaille tout aussi durement, sinon plus. Cependant, et dans l’état actuel des choses, il nous est impossible de dire que ces deux exemples de champions le sont parce qu’ils bénéficient de la meilleure génétique du monde ou s’ils ont tout simplement travaillé plus dur qu’un autre, qui lui était sans doute mieux « disposé génétiquement » mais qui n’a pas donné le maximum de lui en salle ou sur les terrains.

Le libre arbitre définira toujours qui vous serez et ce que vous ferez…

Phil Heath

Phil Heath

Ensuite seulement, tout est question de choix personnel. Pour ma part, il est vrai que de profiter d’une taille fine et d’une largeur claviculaire au-dessus de la moyenne me permet de bénéficier d’une esthétique physique avantageuse pour le « bodybuilding » si on retient le critère de l’esthétique en premier lieu. Cependant, on en revient un peu toujours au-même. Je bénéficie aussi d’un dos très large parce que j’ai fait de la natation en compétition étant petit. La question de l’entraînement physique avant la puberté est également un facteur particulièrement important pour argumenter sur l’acquis contre l’inné et la génétique. Sébastien ne l’a pas mentionné dans son article. Cependant, nous savons aujourd’hui que deux facteurs interviennent par la suite sur les performances sportives adultes, le premier d’entre eux est bien sûr la génétique, nous venons d’en parler et l’autre, le conditionnement physique durant l’adolescence. Au final, se présente la question du choix personnel. Je fais de la musculation parce que cela me plaît, tant d’un point de vue développement physique que sur le plan esthétique et que je n’ai besoin de personne pour m’entraîner. Dans cette optique, je ne vois pas trop l’intérêt de pratiquer un autre sport si cela ne me plait pas.

Toujours est-il que je remercie à nouveau Sébastien pour son article qui soulève pas mal de questions et pour nous avoir donné l’exemple d’un véritable professionnel et passionné du sport.

NB: Pour ceux qui le souhaitent, nous vous invitons à venir nous rejoindre sur notre forum Power & Strength, Sebastien Bême est responsable de la section « Force athlétique et Musculation Fonctionnelle » alors que j’officie toujours pour la section « Nutrition, Suppléments et Compléments alimentaires« , rubrique Espace Corps Espace Forme.

Eric Mallet pour Espace Corps Esprit Forme

Et d’ici le prochain article, n’oubliez pas…

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