Quelle était la part des végétaux dans le régime paléo ?

Le régime paléoÀ l’âge de pierre, les gens mangeaient principalement du poisson et de la viande – et parce que nos gènes sont encore « ajustés » sur le régime paléo, nous devrions aussi manger principalement du poisson et de la viande. C’est du moins l’argument favori des fanatiques de régime paléo. Mais les archéologues de l’Université Bar Ilan, qui étudiaient un lieu où les humains vivaient il y a près de huit cents mille ans, ont fait de récentes découvertes qui laissent penser que le régime alimentaire du paléolithique contenait sans doute plus de plantes que ce que nous avions toujours pensé jusqu’à présent.

Les excavations des archéologues

C’est dans la prestigieuse revue scientifique PNAS que Yoel Melamed et ses collègues publieront bientôt un article sur les fouilles qu’ils ont réalisé à Gesher Benot Ya’aqov, un lieu habité par des humains depuis 780 000 ans avant notre ère ou plutôt des êtres ressemblant aux être humains puisque les humains modernes n’existent pas depuis si longtemps que cela. Les Néandertaliens et l’Homme de Heidelberg n’avaient même pas encore émergé non plus.

Les paléontologues pensent que nous – les primates qui se tiennent debout et qui se disent Homo sapiens – ne marchent que depuis deux cents mille ans. Auparavant, les archéologues avaient découvert que les primates humains présent sur le site avaient abattu, rôti et mangé des cerfs.

Résultats et relations au régime paléo

A Gesher Benot Ya’aqov, Melamed a retrouvé des restes végétaux de 55 variétés différentes de racines consommables, de fruits, de légumes, de noix et de graines, qui avaient tous été rassemblés dans les environs et utilisés comme nourriture. Les chercheurs ont découvert qu’une grande quantité de certaines parties des plantes avaient probablement été utilisés comme aliments de base: ils formaient la base de l’alimentation, comme le riz et le blé de nos jours.

Les notations sur l’axe x ci-dessous, telles que V-4, V-5, V-6 et I-4, représentent des couches archéologiques distinctes.

Présence de végétaux dans le régime paléo

Conclusions sur les végétaux et le « régime paléo »

Certains  adeptes du régime paléo soutiennent que les humains de l’âge de pierre ne mangeaient pas de graines, de racines ou de légumes et donc, que nous ferions mieux de ne pas manger de graines, de racines ni même de légumes. Les conclusions israéliennes suggèrent que ce n’est pas le cas.

Il est également remarquable qu’un certain nombre de plantes retrouvées par les chercheurs s’avèrent toxiques lorsqu’elles sont consommées crues mais qu’elles deviennent comestibles après avoir été chauffées. C’est pour cette raison qu’ils pensent que les êtres humains du milieu du Pléistocène rôtissaient les racines, les noix et autres produits végétaux comme ils le faisaient pour la viande. C’est ainsi qu’une autre idée des adeptes du régime paléo mord la poussière: l’idée que de cuisiner et de frire les aliments ne serait pas naturel – et donc malsain.

Source de l’article: How plant based was the paleo diet?

Source Ergo-log: Proc Natl Acad Sci U S A. 2016 Dec 20;113(51):14674-9.

 

Note: J’ai quand même classé l’article dans la catégorie « société », même s’il s’agit sans doute d’une société très, très lointaine. Nous pourrions également considérer ces découvertes récente en relation à notre société moderne et à notre régime alimentaire, c’est ainsi que je le conçois. Admettons qu’avec ce genre de trouvaille, le régime paléo s’apparente de plus en plus à un mythe. Toujours est-il que ces quelques considérations paléolithiques ne devraient pas vous empêcher de développer votre culture physique d’ici le prochain article !

Eric Mallet

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Transplantation du foie après la prise d’un supplément de Garcinia cambodgia

Après la prise d’une complément « minceur » qui contenait du Garcinia cambogia pendant trois semaines, une américaine âgée de 52 ans a développé un grave problème de foie. La situation était tellement grave qu’une transplantation du foie s’est avérée nécessaire. Les médecins de la Mayo Clinic à Phoenix aux USA ont décrit le cas dans Annals of Hepatology.

A propos du Garcinia cambogia

Garcinia cambogiaLa jeune femme avait pris un supplément de Garcinia cambogia fabriqué par USA Nutra Labs. Une boite de la substance est indiquée ici sur la droite. Selon les informations présentes sur l’étiquette, une dose quotidienne de deux gélules contient 50 mg de calcium, 200 mcg de chrome, 50 mg de potassium et 936 mg d’extrait végétal de Garcinia cambogia. L’extrait se composait de 60% d’acide hydroxycitrique [HCA].

La structure chimique de l’HCA est montrée ci-dessous à gauche. Le HCA ressemble à l’acide citrique. Et comme vous le savez, l’acide citrique est libéré dans l’organisme pendant le cycle de l’acide citrique, une réaction complexe au cours de laquelle les nutriments sont convertis en énergie pour les besoins cellulaires du corps. L’enzyme nécessaire pour convertir l’acide citrique dans cette réaction est bloquée par le HCA. Lorsque cela se produit, le cycle de l’acide citrique serait moins efficace. Certaines études suggèrent que le HCA aurait un effet amincissant doux.

Acide hydroxycitriqueL’entreprise Roche Pharmaceuticals avait fait des recherches sur l’effet minceur du HCA dans les années 1970 mais elle a dû arrêter les tests car les animaux de laboratoire tombaient malades. Le HCA a d’ailleurs fait partie d’un supplément minceur controversé du nom d’Hydroxycut, qui a été retiré du marché il y a sept ans de cela. Les utilisateurs avaient développé des dommages au foie. Certains ont eu besoin d’une transplantation du foie, d’autres en sont même morts.

Le cas clinique

Au cours d’un contrôle annuel, le médecin traitant de cette américaine nota des valeurs inhabituelles pour ses enzymes hépatiques. Elles furent envoyées en laboratoire pour une analyse plus poussée. Au cours de la deuxième série de tests, celle-ci mentionna avoir pris du Garcinia cambogia pendant plusieurs semaines. Quand elle s’était sentie fatiguée, qu’elle avait perdu son appétit et qu’elle commençait à se sentir confuse, elle arrêta de prendre le supplément.

Il était trop tard. Au moment où les médecins l’examinèrent, elle avait développé une hépatite, les scanners montraient aussi des dommages graves au foie. La femme a été admise à l’hôpital et les médecins ont essayé de sauver son foie, mais en vain. En fin de compte, elle avait besoin d’un nouveau foie. Les médecins avaient découverts que son propre foie était partiellement nécrosé. Un morceau de l’ancien foie est montré ci-dessous.

foie nécrosé hépatite

Conclusion

« En résumé, le Garcinia cambogia s’est avéré être la cause la plus probable de l’insuffisance hépatique aiguë progressive qui a finalement nécessité une transplantation hépatique chez notre patient » ont résumé les chercheurs. « Les consommateurs et les thérapeutes devraient prendre conscience des risques potentiels associés aux suppléments à base de plantes. »

« Il est important de noter que lorsque des patients présentent une hépatite aiguë ou une insuffisance hépatique d’une étiologie inconnue, il faut effectuer une étude minutieuse de l’utilisation de suppléments alimentaires ou à base de plantes. »

Source de l’article: Liver transplant needed after using Garcinia cambogia weight loss supplement

Source Ergo-log: Ann Hepatol. 2015 Jan-2016 Feb;15(1):123-6.

NdT: En France, un complément de Garcinia cambogia n’est légal qu’à partir du moment où il ne contient que cet extrait végétal. En tout état de cause, le Garcinia cambogia est clairement à déconseiller pour quelque usage que ce soit. Toujours est-il qu’il existe des moyens plus simples et plus sécures de perdre du poids. Interrogez votre physiologiste de l’exercice ou votre coach préféré, il vous donnera de quoi perdre du poids efficacement. Notez cependant qu’il faudrait être complètement débile pour contrarier le cycle de Krebs. Toujours est-il que je vous retrouve en début de semaine prochaine pour un article totalement différent et consacré à mes entraînements en méthode PPM de Francis Benfatto mais d’ici là (et même à Noël ou à Nouvel an), je ne pourrais que vous conseiller de développer votre culture physique…

Eric Mallet

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Obèse pendant l’enfance, une faible musculature pour la vie

Les médecins se sentent de plus en plus préoccupés par le nombre croissant d’hommes et de femmes qui auront besoin de soins médicaux pendant leur vieillesse. Nous vivons tous plus longtemps et, par conséquent, la maladie d’Alzheimer, la sarcopénie, le diabète et l’ostéoporose prennent des proportions épidémiques. Des chercheurs du Joslin Diabetes Center aux États-Unis ont publié une étude sur les animaux qui suggère que le nombre de personnes âgées présentant des muscles faibles est susceptible de croître plus que nous l’avions prévu.

L’étude scientifique sur l’impact des graisses dans le régime alimentaire

L'obésité dépend de votre régime alimentaire pendant l'enfanceLes chercheurs ont effectué des expériences avec des souris. Ils ont donné à certaines femelles enceintes une nourriture normale [Control] alors que d’autres étaient sous-alimentées [UN]. Après la naissance et le sevrage, les jeunes ont reçu soit de la nourriture ordinaire contenant environ 20% d’énergie provenant de la graisse, soit une alimentation riche en matières grasses qui contenait 60% d’énergie dérivée de la graisse. Et donc, les souris sont devenues grasses lorsqu’elles étaient nourries avec un régime gras.

Après trois semaines, les chercheurs ont compté le nombre de cellules souches dans les muscles des souris. Les cellules souches ne font pas partie du tissu musculaire mais elles sont capables de se diviser. Ensuite, elles forment des cellules musculaires qui deviennent alors une partie du tissu musculaire. L’exercice physique, les hormones anabolisantes et les dommages graves aux tissus musculaires stimulent tous la division des cellules souches.

Les résultats de l’étude

Les chercheurs ont découvert que les descendants des femelles sous-alimentées présentaient moins de cellules souches. Ce n’était pas inattendu. Cependant, les chercheurs ont également découvert que la suralimentation après la naissance avait eu le même effet – et c’était inattendu. Les souris suralimentées et obèses possédaient 27% moins de cellules souches dans leurs muscles que les animaux qui avaient reçu un repas classique.

pourcentage de cellules souches par rapport à un groupe de contrôlePourcentage de cellules souches en fonction du régime alimentaireCapacité de régénération après blessure en fonction d'un régime alimentaire normal ou riche en graisse

Les chercheurs ont endommagé le tissu musculaire de leurs animaux de laboratoire en les exposant à des températures extrêmement basses. Ils ont ensuite examiné les tissus trois jours plus tard pour voir comment ils avaient récupérés. Pour les souris dont les mères avaient eu plus qu’assez à manger, la suralimentation avait réduit la capacité de récupération de 42%. La capacité de récupération de la descendance des mères sous-alimentées était de 64% plus basse.

Conclusion de l’expérience

«Des réductions importantes du nombre et de la fonction des cellules souches musculaires peuvent contribuer à des altérations de la masse musculaire et de la composition corporelle, associées au risque de maladie chez les adultes», écrivent les chercheurs. Il est clair qu’ils font référence au nombre croissant d’enfants qui sont trop gros, voire obèses. Il semble probable de dire que ces enfants à un âge plus avancé pourront perdre la masse musculaire et de la force plus rapidement, et qu’ils auront donc besoin de plus d’aides.

Dans de nombreux pays en développement, le surpoids et l’obésité sont également en augmentation. Dans ces pays, la sous-alimentation et la suralimentation vont de pair – et concernant ces pays, les relations que les Américains ont découvert sont encore plus inquiétantes.

Source de l’article: Animal Study: Fat in childhood? Weak muscles for life, says animal study

Source Ergo-log: Stem Cells Dev. 2011 Oct;20(10):1763-9.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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Voici pourquoi les études à large échelle disent que les suppléments ne marchent pas

Avec étonnement, nous pourrions dire que les personnes qui utilisent des suppléments présenteraient un mode de vie moins sain pour certains d’entre eux. Prendre un supplément leur ferait croire qu’ils sont invulnérables, et par conséquent, ils mangeraient moins sainement et feraient moins d’exercice. Les psychologues de l’Université de Taiwan auraient découvert pourquoi, dans des études épidémiologiques à grande échelle, les suppléments auraient souvent des effets peu ou pas positifs pour la santé.

Des espoirs déçus

De nombreux suppléments montrent des effets intéressants pour les études de laboratoire, mais concernant les études à grande échelle, ils ne semblent pas agir positivement sur la santé de leurs utilisateurs. Le Ginkgo biloba en est un bon exemple: il renforcerait les os, stimulerait la libido, désactiverait l’estradiol [J Steroid Biochem Mol Biol. 2006 Aug;100(4-5):167-76.] allongerait la longévité, réduirait la sarcopénie et bloquerait le cortisol. Un grand nombre de petites études ont également montré que le Ginkgo biloba pourrait retarder le vieillissement mental et protéger contre la démence.

Néanmoins, lorsque les épidémiologistes étudient de grands groupes de personnes pendant une période de temps prolongée, souvent, ils ne montrent pas de façon convaincante que le Ginkgo biloba réduirait la probabilité de démence. [Cochrane Database Syst Rev. 2009 Jan 21;(1): CD003120.] Une étude récente a même conclu que le Ginkgo est sans danger et qu’il aurait un effet positif mais que l’effet était si modeste qu’il ne pouvaient pas affirmer si ce végétal aidait vraiment à quoi que ce soit. [BMC Geriatr. 2010 Mar 17; 10:14.]

Les Taiwanais se sont alors tournés vers la psychologie dans leur quête d’une explication de l’absence d’effets épidémiologiques positifs évidents des suppléments. Ils ont effectué deux expériences psychologiques.

Des études psychologiques sur les suppléments nutritionnels

La première expérience impliquait 82 sujets, âgés entre 18 et 46 ans. Ils devaient tous prendre une pilule. Certains sujets ont été informés qu’ils recevaient un multi-vitamines, les autres sujets ont su qu’ils recevaient une pilule ne contenant aucun ingrédient actif. Ensuite, les chercheurs ont demandé aux sujets de l’expérience à quel point ils se sentaient vulnérable ou invulnérable . Ils ont découvert que les sujets qui pensaient avoir reçu des vitamines et des minéraux étaient plus susceptibles de croire qu’ils ne tomberaient pas facilement malade. Selon les chercheurs, les suppléments donneraient aux gens une impression d’«invulnérabilité illusoire».

études sur les suppléments et compléments alimentaires, donnent-ils une impression d'invulnérabilité ?

 

Ainsi, lorsque les chercheurs ont laissé leurs sujets choisir entre un repas sain de produits biologiques ou un buffet contenant de la nourriture certainement riche en calories, avec plein de sucre et de graisses trans, les sujets qui croyaient avoir pris des vitamines ont sélectionné le buffet malsain le plus souvent.

La seconde étude de nature psychologique

Pour leur deuxième expérience, les Taïwanais ont utilisé 68 étudiants, qui ont également reçu une pilule. A certains d’entre eux, ont a dit qu’elle ne contenait rien, aux autres, ont leur a dit qu’elle contenait des vitamines et des minéraux. Après avoir pris la pilule les sujets devaient marcher, mais ils ont été autorisés à décider eux-mêmes de la distance et de la durée de l’exercice. Les chercheurs ont observé que les sujets qui pensaient avoir pris des vitamines et des minéraux ont marché moins loin.

Le tableau ci-dessous résume les résultats.

expérience de marche en fonction de la prise ou non d'une pilule ou d'un placebo

 

Conclusion

«Les gens qui comptent sur les compléments alimentaires pour protéger leur santé pourraient sans doute payer un prix caché: la malédiction de l’auto-indulgence », vont en conclure les Taïwanais. « Les interventions politiques qui rappellent l’utilité de contrôler cet effet de licence pourrait aider à convertir une prise accrue de compléments alimentaires en amélioration de la santé publique. »

Source de l’article: Why big studies say supplements don’t work

Source Ergo-log: Psychol Sci. 2011 Aug;22(8):1081-6.

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NdT: Cette étude nous rappelle bien évidemment qu’il est inutile de mettre la charrue avant les bœufs et qu’un complément alimentaire est inutile si vous ne faites pas un minimum d’efforts en commençant par manger sainement. Comme le rappelle souvent les autorités, un complément n’a pas d’effet préventif ni curatif sur la maladie. Par exemple, la vitamine D n’empêche pas le rhume ni la grippe mais elle contribue à la santé du système immunitaire; ce sont deux choses totalement différentes.

Dans le cadre des ergogènes, rappelons également que seules la caféine et la créatine ont prouvé leur efficacité depuis longtemps mais ça ne veut pas dire pour autant qu’ils vous aideront à accomplir des performances phénoménales. Dans ce cadre, prenez du recul; autant par rapport aux études publiées que par rapport à votre propre expérience et à l’évolution de vos performances sportives. Ainsi, la raison et le bon sens vous aideront à y voir plus clair.

Eric Mallet

 

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