Il y a quelque chose d’un peu curieux à propos des suppléments contenant de l’Acacia rigidula

Aucun commentaire

Il y a probablement un problème avec les suppléments « minceur » qui contiennent de l’Acacia rigidula. Presque la moitié des produits contenant ce végétal contient effectivement un analogue d’une amphétamine synthétique qui n’existe pas dans la nature.

Après l’éphédrine, le DMAA, et après l’Acacia rigidula ?

Lorsque les gouvernements à travers le monde ont interdit l’utilisation de l’Ephédra sinica dans les compléments minceur, les fabricants de suppléments partirent à la recherche d’une alternative, ils ont découvert le DMAA. Et lorsque les gouvernements ont mis le DMAA sur leur liste noire, l’industrie des compléments alimentaires a découvert le potentiel de l’Acacia rigidula.

Selon une étude américaine effectuée en 1998, des extraits d’Acacia rigidula contiennent des quantités impressionnantes de stimulants à des concentrations toutes aussi impressionnantes. [Phytochimie, Volume 49, Issue 5, 5 Novembre 1998, Pages 1377-1380.] Le tableau ci-dessous provient de cette étude.

Amphétamines et analogues d'amphétamines présents dans des végétaux

Comme vous pouvez le voir, l’analyse montre que l’Acacia rigidula contient des amphétamines et des méthamphétamines, les deux étant considérées comme des drogues récréatives. L’étude de 1998, et la popularité de plus en plus forte des compléments minceur contenant de l’Acacia rigidula, ont incité les chercheurs de la FDA à s’intéresser de plus près à ce végétal et à des suppléments contenant des extraits de cette plante. Les résultats ont été publiés dans le Journal of Pharmaceutical and Biomedical Analysis.

Un journal américain publie un article sur des compléments contenant des analogues d’amphétamines

USA Today, un journal qui avait déjà eu un regard critique sur l’industrie des suppléments et des compléments alimentaires depuis plusieurs mois, publia un article sur la publication du journal scientifique au point que nul ne pouvait plus l’ignorer. [USA Today 18-11-2013] « Neuf compléments alimentaires contiennent un composé semblable à l’amphétamine » titrait l’article.

L’article de USA Today ne rend pas justice au contenu de la publication. L’article soutient non seulement que certains des produits prétendant contenir de l’Acacia rigidula contiennent en réalité un analogue de l’amphétamine de synthèse, mais aussi qu’il peut y avoir quelque chose de néfaste avec tous les suppléments contenant de l’Acacia rigidula.

Naturellement, une amphétamine est introuvable dans les végétaux

Les chercheurs ont analysé des échantillons d’Acacia rigidula. Une version simplifiée des résultats est présentée ci-dessous. Les chercheurs n’ont trouvé aucune trace d’amphétamines. Ce n’est pas si surprenant: aussi loin que les biochimistes puissent le savoir, l’amphétamine n’est pas une substance qui se retrouve dans la nature. L’étude de 1998 est le seul rapport d’analystes ayant trouvé des amphétamines dans un produit naturel.

Acacia rigidula et amphétamines ?

Métabolites de stimulants (phénéthylamine, Tyramine, amphétamine)

Les chercheurs de la FDA ont trouvé de la phénéthylamine, de la tyramine et de la tryptamine.

Les chercheurs ont ensuite acheté 21 suppléments contenant des extraits d’Acacia rigidula  et les ont analysés. À ce stade, ils ont fait un certain nombre de découvertes. Le tableau ci-dessous est simplifiée.

Compléments alimentaires contenant des extraits d'Acacia rigidula

Dans 9 des 21 suppléments qu’ils ont examinés, les chercheurs ont retrouvé des quantités substantielles de bêta-méthylphénéthylamine. Il s’agit d’une substance qui présente une ressemblance frappante avec l’amphétamine, et qui ne se retrouve pas dans la nature. A voir les quantités, les fabricants doivent l’avoir ajouté intentionnellement au supplément. Quelqu’un prenant les suppléments 1 et 9, s’il prend la dose maximale recommandée, ingère 146 et 67 mg de bêta-méthylphénéthylamine et 148 et 23 mg de phénéthylamine.

Les chercheurs ont ensuite parcouru la littérature scientifique pour obtenir des informations sur l’analogue de l’amphétamine de synthèse, et n’ont retrouvé aucune étude humaine. Ils n’ont croisé que quelques études sur des animaux de la première moitié du XXe siècle. Ceux-ci montrent que le bêta-méthylphénéthylamine est d’environ 30 à 50% aussi efficace que les bonnes vieilles amphétamines. [[J. Suis. Chem. Soc. 53 (1931) 1875-1879.] [Ind Eng. Chem. 37 (1945) 149-151.]

L’excuse d’une substance naturellement présente dans les végétaux ne tient pas !

Cependant, les produits qui ne contiennent pas de bêta-méthylphénéthylamine ne sont pas complètement sains non plus. Leur principal ingrédient actif est la phényléthylamine. C’est une substance naturelle qui se trouve dans l’Acacia rigidula. Mais l’Acacia rigidula contient d’autres substances qui sont curieusement absentes dans les suppléments. La même chose vaut pour les suppléments contenant du bêta-méthylphénéthylamine synthétique. Les chercheurs supposent donc qu’aucune des 21 formules qu’ils ont étudiées ne contiennent d’extraits d’Acacia rigidula.

Il semble que de nombreux suppléments de cette plante contiennent de la phényléthylamine synthétique. Les chercheurs en ont découvert des quantités élevées, en particulier dans les suppléments qui ne contiennent pas l’amphétamine analogue bêta-méthylphénéthylamine. Si vous prenez la dose maximale recommandée des suppléments 10 et 11, vous auriez consommé 809 et 552 mg de phénéthylamine sur la journée.

Source de l’article: There is something fishy about Acacia rigidula supplements

Source Ergo-log: J Pharm Biomed Anal. 2014 Jan;88:457-66.

Traduction Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

A propos de l'auteur

Passionné et pratiquant depuis plus de 20 ans, j'ai toujours porté un regard curieux sur le développement de la science des ergogènes et de la nutrition sportive. Diplômé des universités Lille 3 et Paris 7, je passe actuellement ma thèse en psychologie sur la question de la sublimation par la culture physique et la musculation. Espace Corps Esprit Forme est à considérer comme un blog de vulgarisation scientifique, destiné à aider le pratiquant tout en lui donnant des informations scientifiques utiles à sa pratique des sports de force.

Faire une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un *