La prise d’une collation protéinée en pré-entraînement améliore la tolérance au glucose: Insuline, GIP, GLP-1 – That’s the « Whey » it works !

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La résistance à l’insuline est le facteur n°1  qui contribue à l’épidémie d’obésité. Malgré le fait que la solution soit déjà applicable (en savoir plus sur les modifications de mode de vie nécessaires), ça ne pourra pas faire de mal de savoir si quelque chose d’aussi simple que de prendre un « apéritif  » à haute teneur en protéines avant un repas déséquilibré pourrait améliorer la gestion de la glycémie non ? «Exact, parce que les protéines sont toujours bonnes à prendre ! » Ah, non … Je suppose que la réponse est un peu plus complexe que cela… Néanmoins, les résultats que Tina Akhavan et ses collègues de l’Université de Toronto présentent dans leur article seront bientôt publiés dans le Journal of Nutritional Biochemistry. Ils ont effectivement de l’intérêt pour nous.

Les résultats de l’étude sont pour le moins intéressants…

… et ce n’est pas en dépit mais plutôt parce que les chercheurs n’ont pas utilisé leurs sujets habituels (rongeurs, personnes obèses ou personnes âgées) mais des jeunes hommes (de 18-29 ans) avec un IMC de 18,5 à 29,4 kg/m². A partir d’une étude croisée et randomisée (chaque sujet reçoit chacun des traitements nutritionnels – au cours de séances d’essais séparées), les sujets ont bu soit…

* 300 ml d’une solution de 10 g ou 20 g de protéines de lactosérum
* 300 ml d’ une solution de glucose à 10 g ou 20 g ou
* 300ml d’eau aromatisée zéro calorie

Les boissons de test ont été consommées quatre heures après un  « petit déjeuner » (Cheerios + lait écrémé + jus d’orange). 30 min plus tard, les sujets ont dû encore consommer une indésirable et délicieuse Pizza congelée de McCain Foods Ltd.

« Céréales », lait écrémé et la pizza… le lactosérum ne suffira pas à contrer ceci:

La Pizza avait été préparée « selon les instructions du fabricant ». Cela signifie que la réduction de la glycémie observée par les scientifiques en réponse à la prise préalable de protéine n’était pas dû au fait que la pizza était encore congelée… Ok, avant que je ne vous dise encore plus d’absurdités, nous allons jeter un œil sur ce que les prises préalables de protéines de lactosérum et de glucose ont modifié sur la réponse du taux de glucose sanguin des sujets de l’expérience.

Taux de glucose et d'insuline après un repas

Tableau 1: Taux de glucose et d’insuline observés après la prise préalable d’un repas (entre 30 et 230 minutes). Toutes les valeurs sont exprimées relativement à un contrôle où de l’eau a été prise. (+85% signifierait +85% par rapport à un niveau de contrôle observé). (Akhavan 2013)

Si ce n’est pas votre première visite à la SuppVersity, je n’aurai probablement pas à expliquer le mécanisme par lequel la pré-ingestion de lactosérum (et de glucose) réduit la glycémie induite par la pizza – le devrais-je ? Eh bien, je suppose que je ferais mieux de le répéter brièvement:

1. L’ingestion de la protéine de petit-lait provoque une augmentation significative de l’insuline: 127% pour 10g et 191% pour la dose de 20 g
2. Contrairement à une prise de glucose, il n’y a pas de glucose exogène qui pourrait conduire à une élévation rapide de la glycémie (cf. figure 1, à gauche → pré-valeurs); l’augmentation minime que vous voyez est produite par la néoglucogenèse produite dans le foie.
3. Avec les niveaux d’insuline élevés, les niveaux de glucose moyens dans la phase post-prandiale (30-230min après l’ingestion de pizza) est inférieure à la fois à la prise préalable de glucose et de petit-lait. L’effet est cependant plus prononcé avec le petit-lait que le glucose. La raison devrait être évidente: Le montant global de glucose qui a été stocké est plus faible.

Cela peut sembler contre-intuitif, mais à part pour le point 2, le mécanisme est absolument identique pour le test du glucose – alors que l’insuline était déjà faible (avec 10 grammes de Whey) la prise de 300 ml de glucose peut effectivement conduire à une glycémie postprandiale plus faible que pour le contrôle avec l’eau aromatisée (ce qui est probablement vrai pour les personnes en bonne santé).

L’insuline ? Est-ce que c’est tout, ou y a t-il autre chose ?

Maintenant que nous connaissons le mécanisme fondamental par lequel le «glucose» et le « petit-lait »  peuvent améliorer la montée de la glycémie après le repas avant de manger la pizza, nous allons jeter un regard sur les données auxiliaires.

Niveau hormonaux et signaux métaboliques avant un repas

Tableau 2: Niveau de Ghréline, GLP, GIP, PYY, CCK avant de manger la pizza. Les valeurs sont exprimés en fonction du test de contrôle (Akhavan 2013).

Comme les données de la figure 2 vous l’indique, la libération accrue de l’insuline a été provoquée et accompagnée par des augmentations profonde de la production des hormones de la satiété GLP-1 et CCK, ainsi que le « déclencheur de l’insuline » GIP. La ghréline et les PYY qui jouent un rôle encore plus important dans le processus de régulation qui est censé contrôler notre consommation d’énergie, n’ont pas montré de différences de traitement importante cependant.

Quelle est la pertinence pratique de ces conclusions ?

Honnêtement, je ne suis pas sûr du degré de pertinence de l’étude en réalité. Je veux dire, d’une perspective « faire » ou « ne pas faire » – pas de « comprendre comment les choses fonctionnent ».

Pour ceux qui bénéficieraient le plus de la réduction de la glycémie postprandiale, à savoir l’obèse diabétique de type II, il est douteux que la moyenne de 7% de baisse fasse réellement une différence et même si elle en produit une chez une personne qui a de la difficulté à produire suffisamment d’insuline pour que son corps réagisse.

Pour l’individu mince, d’autre part, la réduction de 7% de la glycémie n’a probablement pas d’importance du tout et le pic d’insuline avant l’assaut d’une «descente en règle» de glucides et de graisses d’une pizza congelée pourrait (dans le pire des cas) augmenter les chances de stockage des graisses – le glucose peut aller vers le muscle, la graisse, d’autre part devra se retrouver stockée.

Je voudrais donc fortement conseiller à chacun de s’en tenir à ma recommandation qui est de « prendre 30 grammes de protéines de qualité à chaque repas », au lieu d’en faire un « 30 grammes de protéines avant chaque repas ». Mis à part les avantages douteux de prendre une protéine avant le repas, je ne pourrais que vous recommander de vous éloigner de la pizza et de tendre vers des choix alimentaires plus sains. Après tout, vous aurez du mal à trouver une pizza avec 30 grammes de protéines.

Références

Akhavan T et al. Mechanism Of Action Of Pre-Meal Consumption Of Whey Protein On
Glycemic Control In Young Adults, Journal of Nutritional Biochemistry. Octobre 2013

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Donc, si vous pensez que votre Whey pourrait vous éviter les désagréments nutritionnels  de la Junk Food, la réponse est non !

Article SuppVersity original: Pre-meal Protein Ingestion to Improve Glucose Tolerance (…)

Eric Mallet

A propos de l'auteur

Passionné et pratiquant depuis plus de 20 ans, j'ai toujours porté un regard curieux sur le développement de la science des ergogènes et de la nutrition sportive. Diplômé des universités Lille 3 et Paris 7, je passe actuellement ma thèse en psychologie sur la question de la sublimation par la culture physique et la musculation. Espace Corps Esprit Forme est à considérer comme un blog de vulgarisation scientifique, destiné à aider le pratiquant tout en lui donnant des informations scientifiques utiles à sa pratique des sports de force.

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