Nutrition sportive et recherche scientifique, quelques explications contextuelles

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Bonjour à tous,

Harvey Capitaneo

La nutrition sportive, un domaine récent en pleine (r)évolution…

Avant de poursuivre mes publications, je voulais simplement mettre les choses au clair et vous informer au mieux des conditions et de ce qu’il faut attendre de la recherche scientifique concernant la nutrition sportive. En effet, cette petite mise au point me paraît nécessaire suite aux conversations constructives (mais encore trop peu nombreuses) qui ont eu lieu sur les réseaux sociaux par rapport aux études réalisées dans notre domaine, celui de la nutrition sportive.

Ce que vous devez savoir, c’est que la recherche scientifique concernant la nutrition sportive est minoritaire par rapport à l’ensemble des recherches effectuées dans le domaine de la biochimie, de la nutrition ou de la médecine et des thérapies en général. Ces recherches sont en parties financées par les universités, car il s’agit d’un domaine de recherche aboutissant naturellement à une connaissance plus large du métabolisme humain et de la nutrition pouvant, en conséquence, aboutir sur des résultats qui intéressent certainement les sportifs mais peut-être aussi d’autres domaines de la science.

Certaines de ces recherches sont également financées par des entreprises privées, ce qui est tout à fait normal. Comme vous le savez, certaines molécules ont d’abord été étudiées en contexte thérapeutique avant d’être étudiées dans le cadre de la nutrition sportive, c’est le cas de la Leucine, de l’Arginine ou du HMB par exemple. Ensuite, la manière dont ces recherches sont exploitées par les marques de compléments alimentaires dépend plus d’une stratégie marketing que d’un intérêt scientifique à établir les faits tels qu’ils existent, ça vous le savez aussi. Cependant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La manière dont les faits sont exploités ne leur enlève en rien leur pertinence et leur valeur scientifiques.

La recherche en nutrition sportive, comment expliquer ou interpréter les résultats

Cela fait quelques années que je traduis les articles du site américain Ergo-log afin de vous fournir une information scientifique claire et constructive sur notre sujet. J’essaie de faire de même avec les articles de Suppversity qui pour moi ont plus d’intérêt mais qui sont aussi parfois un peu moins abordable pour tous lecteurs, du fait des détails scientifiques plus nombreux et plus riches qui peuvent paraître plus difficiles à comprendre pour ceux qui n’ont pas un bagage scientifique suffisant. Cependant, mon objectif est de faire avancer les athlètes en leur fournissant une information scientifique fiable sur la nutrition sportive. J’émettrais cependant une réserve concernant les articles d’Ergo-log, notamment au sujet de l’enthousiasme américain pour la science; un enthousiasme qui peut nous paraître un peu exagéré ou quelques peu outré dans certains cas, ne serait-ce que par rapport à notre mentalité européenne, totalement différente de celle de nos amis d’outre-atlantique.

La science et la nutrition sportiveEn effet, cela nous paraît parfois incompatible avec la rigueur scientifique rigide à laquelle nous sommes habitués ici, en Europe. Cependant, mon intégrité professionnelle m’interdit d’interpréter les propos tenus, je me restreins donc à une traduction exacte de leurs articles. Ensuite, et seulement ensuite, j’ajoute un commentaire en fin d’article lorsqu’il y a lieu de préciser les conditions des expériences réalisées, d’émettre un doute sur l’intérêt pratique des études effectuées ou d’apporter des informations scientifiques validées supplémentaires. Il ne faut pourtant pas se tromper. La recherche scientifique américaine présente autant de valeur que la nôtre, les américains n’ont aucune leçon à recevoir de notre part à ce sujet. Ce que je critique parfois, c’est le ton employé par les vulgarisateurs qui voudraient, si je les comprends bien, passer parfois un peu trop vite des faits démontrés à leur utilisation pratique. En effet, et comme le soulignait Harvey, les américains réagissent plus vite que nous le faisons, ce qui explique aussi pourquoi la majorité des innovations en termes de nouveautés dans le domaine de la nutrition sportive vient des USA mais jamais d’Europe !

Les faits ne peuvent pas être contestés mais les conditions d’expériences peuvent l’être

nutrition sportive FIBO

La nutrition sportive évolue très vite !

Cependant, et c’est une nuance de taille, il apparaît parfois que certains résultats d’expérience peuvent nous sembler exagérés ou incohérents par rapport à la réalité de notre expérience de sportifs. Pourtant, il s’agit de faits établis au cours d’expériences scientifiques contrôlées (donc le plus souvent avec un groupe de contrôle et placebo) et nous ne pouvons pas, moi en tant que rédacteur scientifique et les lecteurs de mon blog, remettre en doute des études qui ont été publiées dans de grandes publications comme le Journal of Nutrition et d’autres grands magazines de réputation bien établie. Comme vous le savez, les comités de lecture de ces magazines scientifiques ont pour charge de valider les études qui leurs sont soumises; ces comités étant eux-mêmes constitués de scientifiques reconnus pour leur intégrité alors que les articles proposés sont également rédigés par des scientifiques reconnus pour leur compétence et leur respectabilité dans leur domaine.

Il faut donc savoir accepter que certains résultats peuvent paraître étranges, dans un sens comme dans l’autre mais nous ne pouvons pas remettre en doute les résultats des études réalisées. Nous pouvons cependant nous interroger sur les conditions qui ont probablement permis d’arriver à des résultats que nous pourrions considérer comme contestables (sujets sédentaires, population trop ciblée, nombre de sujets trop peu nombreux, dosages faibles ou forts des molécules actives, grands débutants d’une pratique sportive, durée d’expérience et autres conditions d’expériences…).

Dans tous les cas, il faut vous attendre à lire des textes et résultats d’études qui parfois, ne vous conviendront pas. A partir de là, vous devez bien comprendre que je ne passe pas des heures devant mon écran pour faire plaisir au plus grand nombre mais pour apporter des informations scientifiques que je considère fiables et utiles. D’ailleurs, rien ne m’y oblige, je ne suis pas payé pour le faire et les petites publicités pour l’un ou l’autre ne me rapporte d’ailleurs pratiquement rien sur l’année. Vous comprenez donc qu’il ne faut pas compter sur ma plume pour vous dire que la créatine ou les protéines vont vous flinguer les reins alors que des études scientifiques sérieuses ont prouvé le contraire, ni de vous inventer des rumeurs grotesques sur des radicaux libres « dangereusement » véhiculés par l’insuline et votre collation de post-entraînement. Si vous cherchez des comiques, ce n’est pas sur mon blog que vous les trouverez. A ce jour, je n’ai d’ailleurs pas encore entendu parler d’un athlète placé en dialyse à cause d’un régime hyperprotéiné; tout simplement parce que notre métabolisme est bien plus complexe que cela, fort heureusement.

La nutrition sportive évolue en même temps que d’autres domaines scientifiques

De même, il faut vous rendre compte que la nutrition sportive est un domaine de la science qui suit la même évolution que d’autres domaines technologiques et que dans ce cas, certaines considérations ou certains faits, lorsqu’ils sont prouvés par la science, pourront vous sembler parfois aberrants ou décalés. Pensez simplement que votre smartphone qui fait aussi GPS et bien d’autres conneries vous aurait semblé inconcevable il n’y a de cela pas même 5 cinq ans. Pour la nutrition sportive, c’est pareil; la recherche évolue.

nutrition sportive en capsulesA ceci, ajoutons que ce genre de réaction est tout à fait compréhensible. Pensez qu’au Moyen âge, les gens étaient persuadés que le monde ne changerait jamais. Pourtant, la Renaissance italienne leur a donné tort. La crainte du changement est inscrite dans nos gènes, nous ne pouvons pas ne pas en tenir compte. Cependant, se réclamer de la modernité suppose que nous ayons l’esprit ouvert mais les pieds bien ancrés sur terre, l’un n’empêche pas l’autre. Sachons tout simplement faire preuve de bon sens et de rationalité. C’est un peu dans cet esprit que j’avais traduit cet article sur le jus d’oignon puisque d’une part, l’article nous apporte un éclaircissement sur le fonctionnement des antioxydants et que d’autre part, l’originalité du sujet nous apporte un décalage plutôt frais et sympathique. Pourtant, je ne suis pas certain que de se préparer un jus d’oignon tous les matins est une pratique à considérer sérieusement car comme on le dit souvent, la théorie ne commande pas aux faits, même si la théorie (et les faits qui en découlent en l’occurrence) est particulièrement intéressante sur le plan de la connaissance scientifique.

Soutenez la science, pas les rumeurs !

Ensuite, chacun voit midi à sa porte mais pour Mickey parade, ce n’est pas sur mon blog. Par contre, je soutiens la recherche scientifique et ceux qui s’y intéressent. Cela comprends certaines personnes comme William Janssens, JP Vau, Philippe Klein, Eric Rallo, François, Livio, Eric Copet, Juanito, Tom Sanders et tous les autres que je ne pourrais pas citer ici. Donc, vous comprendrez que vous ne me trouverez pas sur des forums où l’hypocrisie est la règle ni sur des groupes de discussion où chacun essaie de tirer la couverture à lui, même au prix des insultes et de la déconsidération des personnes (qu’ils ne connaissent d’ailleurs même pas). Ensuite, chacun est libre de lire ou de visionner ce qui lui semble agréable.

A part ceci, je ne considère pas cet aparté sur la nutrition sportive comme un « coup de gueule » mais plutôt comme une mise au point particulièrement utile. Et pour la compréhension de chacun, j’ajouterais que le respect de l’autre et l’ouverture au dialogue sont deux qualités qu’un nombre encore bien trop élevé de personnes se doivent de cultiver.

Merci pour votre écoute,- (et n’oubliez pas la règle: Merci pour + substantif, Merci de + Verbe !)

Eric Mallet

PS: Je pense que si je lis encore un « merci de votre écoute », je me déplace et je lui fait bouffer un Bescherelle ou le Bon Usage de Grévisse.

A propos de l'auteur

Passionné et pratiquant depuis plus de 20 ans, j'ai toujours porté un regard curieux sur le développement de la science des ergogènes et de la nutrition sportive. Diplômé des universités Lille 3 et Paris 7, je passe actuellement ma thèse en psychologie sur la question de la sublimation par la culture physique et la musculation. Espace Corps Esprit Forme est à considérer comme un blog de vulgarisation scientifique, destiné à aider le pratiquant tout en lui donnant des informations scientifiques utiles à sa pratique des sports de force.

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