Acide arachidonique et croissance musculaire, est-ce vraiment sans risque ?

L’acide arachidonique est au cœur des processus inflammatoires de l’organisme car précurseur de nombreuses molécules et hormones en lien direct avec l’inflammation comme les prostaglandines, les thromboxanes et autres leucotriènes. Phénomène extrêmement complexe et particulièrement difficile à définir dans son ensemble, le cycle de Krebs et la totalité des réactions qui l’entoure ressemble à un jeu d’enfant en comparaison avec la complexité du phénomène si l’on tient compte de toutes les interactions cellulaires.

Nous savons cependant, comme nous l’avons vu avec l’article de la Suppversity sur les processus pro-inflammatoires qui mènent à l’hypertrophie des muscles squelettiques, que les médiateurs et agents de l’inflammation ne sont pas forcément toxiques pour l’organisme lorsqu’ils sont exprimés car ils représentent avant tout des signaux extra et intracellulaires indispensables au travail d’adaptation de l’organisme entier.

Concernant l’acide arachidonique, il existe depuis au moins une quinzaine d’années, des compléments qui en contiennent. De là, on pourra raisonnablement s’interroger sur la pertinence, sinon le danger potentiel, à supplémenter cet acide gras comme n’importe quel complément alimentaire. L’étude décrite ici sur Ergo-log semble écarter nos inquiétudes à ce sujet. Cependant, l’expérience clinique réalisée concerne des sujets jeunes, dans leur vingtaine. Dans ce cadre, d’éventuels effets secondaires semblent exclus mais rien ne nous dit qu’il en serait de même 20 ou 30 ans plus tard. Cet article est donc à prendre avec beaucoup de recul et ici comme ailleurs sur Espace Corps Esprit Forme, il ne s’agit en rien d’inciter qui que ce soit à l’usage de tel complément alimentaire ou d’un autre mais de retranscrire la recherche scientifique à titre d’information uniquement.

Sur ce, je vous laisse avec l’article d’Ergo-log…

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Selon un nombre restreint mais croissant d’études chez l’homme, une supplémentation avec 1500 mg d’acide arachidonique par jour stimulerait la croissance musculaire. Mais l’acide arachidonique est-il sûr avec ce dosage ? Cet acide gras ne déclenche t-il pas de réactions inflammatoires dans l’organisme ? Selon une étude humaine de faible ampleur publiée par le scientifique du sport James Markworth, de l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, et publiée dans Prostaglandins, Leukotrienes & Essential Fatty Acids, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter.

L’acide arachidonique

Chaque jour, les occidentaux moyens consomment environ 15 grammes d’acide gras Oméga 6 acide linoléique. En utilisant cet acide linoléique comme précurseur, le corps synthétisera environ 30 milligrammes d’acide arachidonique par jour, un autre acide gras Oméga 6. Par le biais de l’alimentation les mêmes occidentaux consomme environ 150 milligrammes d’acide arachidonique quotidiennement.

La majeure partie de l’acide arachidonique présente dans le corps humain – dont un pourcentage étonnamment élevé peut être trouvé dans le tissu musculaire – n’est pas synthétisée à partir de l’acide linoléique mais provient directement de l’alimentation. Ceci nous suggère qu’une supplémentation en acide arachidonique serait un bon moyen d’augmenter la quantité d’acide arachidonique présente dans les muscles.

Plus d’acide arachidonique dans les muscles impliquerait plus de croissance musculaire selon les études scientifiques effectuées. L’acide arachidonique est le précurseur de nombreux facteurs inflammatoires tels que les PGF et les PGE. Certains d’entre eux jouent un rôle crucial sur la croissance musculaire. C’est aussi la raison de l’introduction de l’acide arachidonique comme complément alimentaire par Molecular Nutrition il y a plus de dix ans.

Mais, comme certains scientifiques de la nutrition se le demandent, la supplémentation avec de telles quantités d’acide arachidonique est-elle sûre ? En effet, les facteurs inflammatoires peuvent également avoir des effets néfastes sur la santé. D’où la recherche néo-zélandaise.

L’étude scientifique réalisée avec l’acide arachidonique

James Markworth a donc divisé 19 hommes de vingt ans, qui s’entraînaient tous avec des charges depuis au moins un an, en deux groupes. Un des groupes a reçu 1500 milligrammes d’acide arachidonique par jour pendant 4 semaines. L’autre groupe a reçu un placebo. Les chercheurs ont utilisé Arasco, un produit fabriqué par DSM. Arasco est principalement utilisé dans les aliments pour bébés.La recherche n’a pas été financée par Molecular Nutrition ni par DSM.

Résultats de l’étude scientifique

La supplémentation en acide arachidonique n’a pas entraîné de changements statistiquement significatifs dans la composition corporelle – mais la durée de l’étude était certainement trop courte pour cela. Cependant, la supplémentation a amélioré légèrement l’équilibre du cholestérol des sujets de test.

Pendant la période de supplémentation, la concentration de l’acide arachidonique dans les globules blancs [PBMC] et les cellules musculaires a augmenté de 8 et 4% respectivement. Néanmoins, la production de facteurs inflammatoires tels que l’interleukine 1-bêta et le TNF-alpha n’a pas augmenté, ni dans les cellules sanguines ni dans les cellules musculaires.

Acide arachidonique et anabolisme musculaireAnabolisme et acide arachidonique

La supplémentation en acide arachidonique a augmenté la production des MyoG et de MyoD1 dans les cellules musculaires. Il s’agit de molécules de signalisation qui jouent un rôle dans la croissance musculaire, en partie parce qu’elles permettent aux cellules souches de se développer en nouvelles cellules musculaires.

Conclusion sur l’acide arachidonique et son rôle d’ergogène

“L’augmentation de la consommation d’acide arachidonique de 1,5 g/jour pendant 4 semaines chez des jeunes hommes en bonne santé participant à des exercices de résistance favorise de plus grandes variations de l’abondance plasmatique et musculaire de l’acide arachidonique par rapport au placebo mais sans être associé à aucune preuve quant à une augmentation de l’inflammation basale systémique ou intramusculaire” a écrit Markworth.

“La supplémentation en acide arachidonique n’a pas eu d’impact négatif évident sur une série de paramètres cliniques pour cette population. Ainsi, les augmentations à court terme de l’apport alimentaire en acide arachidonique, au moins jusqu’à 1,5 g/jour, n’influencent pas l’inflammation locale chez des jeunes hommes en bonne santé. participant de manière régulière à des entraînements de résistance. ”

Source de l’article: Arachidonic acid, a muscle strengthening fatty acid without health risks

Source Ergo-log: Prostaglandins Leukot Essent Fatty Acids. 2018;128:74-86.

Note: Espace Corps Esprit Forme évolue. Plus d’informations sur ce sujet dès samedi midi 🙂

Eric Mallet

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Les besoins en protéines des plus de 65 ans seraient bien supérieurs à ce que vous pensez qu’ils sont…

Quantifier les besoins en protéines est un sujet particulièrement sensible dans le milieu de la nutrition sportive (ou de la nutrition tout court). C’est une matière qui fait sans doute débat depuis l’invention du tube à essai et du premier haltère ou du moins, depuis que l’on théorise sur le domaine très complexe de l’hypertrophie musculaire. A ce sujet, je reviendrai vers vous d’ici samedi ou dimanche pour vous faire part d’un article de synthèse particulièrement intéressant de Jäger et de ses renommés collègues sur ce sujet.

Pour l’instant, je vous laisse avec une traduction d’Ergo-log tout aussi intéressante sur les plus de 65 ans et leurs besoins en protéines. La conclusion de cet article m’étonne – à moitié – dans le sens où celles-ci semblent contrarier les idées reçues de certain des “nutritionnistes” vaguement cités dans l’article (sans que l’on sache de qui il s’agit précisément). Peut-être s’agit-il finalement de personnes qui refusent de considérer certains faits qui contredisent leur façon de penser, plus que par impartialité scientifique. C’est un constat qui me fera toujours croire que certains s’éloignent facilement de la science et des débats raisonnés qu’elle suscite, sauf parfois quand cela correspond à certains archaïsmes qu’ils tiennent pour acquis (que les chercheurs canadiens aient raison ou non sur ce qu’ils avancent, par ailleurs). Parfois placés trop loin des faits scientifiques tels qu’ils se présentent à notre raison, les clichés, archaïsmes et autres idées reçues ont parfois tôt faits de s’attacher à nos pensées comme une grippe dont nous aurions souvent du mal à nous débarrasser.

Eric Mallet

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Les hommes et les femmes de plus de 65 ans auraient besoin de plus de protéines que ce que conseillent les nutritionnistes. C’est du moins le message donné par deux études publiées par des nutritionnistes canadiens dans le Journal of Nutrition. Tous leurs collègues ne sont pas d’accord avec eux, mais cela ne nous empêche pas de partager certaines de ces informations avec vous.

Les études scientifiques sur les besoins en protéines des plus de 65 ans

En 2015 et en 2016, les chercheurs ont publié plusieurs études sur les besoins en protéines d’hommes et de femmes âgés de plus de 65 ans.  [J Nutr. 2015 Jan;145(1):18-24.]  [J Nutr. 2016 Mar 9. pii: jn225631. [Epub ahead of print].] Pour ce faire, les canadiens ont utilisés une technique constatant l’oxydation des acides aminés. Cette technique est la même que celle qui avait été utilisée au cours d’une autre étude en relation aux besoins protéiques pendant les jours de repos.

À l’heure actuelle, les nutritionnistes utilisent le bilan azoté pour déterminer les besoins en protéines. Pour cela, vous mesurez au moment de différents apports en protéines le rapport entre la quantité d’azote consommée par une personne et la quantité de protéines qui sort de l’organisme. Les besoins correspondent à l’apport protéique qui permettent d’obtenir deux valeurs égales. Selon cette méthode, autant les hommes que les femmes de plus de 65 ans auraient besoin de 0,8 g par kilo de poids de corps et par jour.

Résultats des études canadiennes sur les besoins azotés

Les Canadiens ont découvert que les besoins moyens estimés pour les femmes [EAR] était de 0,96 g de protéines par kg corporel et par jour. Une quantité journalière recommandée [RDA] basée sur ces données se situerait donc entre cette valeur de 0,96 et 1,29 g par kg par jour. (Voir ci-dessous)

 

Bilan azoté en équilibre pour des femmes de plus de 65 ans ou besoins en protéinesBesoins en protéine après 65 ans pour les hommes

Les résultats étaient pratiquement identiques pour les hommes.

Conclusion

“Les résultats obtenus grâce à cette approche apportent une validation au nombre croissant de personnes qui estiment que la recommandation actuelle de protéines pour les adultes plus âgés est trop faible”, ont conclu les chercheurs. La totalité des nutritionnistes ne sont pas d’accord avec eux. Ils croient que la méthode utilisée est appropriée pour déterminer le meilleur apport en protéines sur une courte période, mais qu’elle n’est pas utile pour déterminer les besoins en protéines sur une période plus longue. [J Nutr. 2015 Jan;145(1):5-6.]

Source de l’article: Protein requirement of over 65s is higher than you think

Source Ergo-log: J Nutr. 2016 Mar 9. pii: jn225631. [Epub ahead of print].

 

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Voici pourquoi vous resterez plus mince avec l’huile d’olive qu’en consommant des graisses saturées

Huile d'olive et perte des graissesVous seriez sans doute plus susceptible de ne pas prendre du poids si les graisses de votre alimentation étaient principalement composées de graisses mono-insaturées. A priori, plus vous mangez de graisses saturées, plus vous risquez de prendre du poids. Le corps brûle les graisses de l‘huile d’olive relativement facilement, alors qu’il préfère convertir les graisses animales et laitières en graisse corporelle. C’est du moins ce que les physiologistes français ont découvert en travaillant pour les organisations spatiales ESA, NASA et CNES.

En réalité, les chercheurs étudiaient l’effet de l’apesanteur sur le métabolisme du corps. Ils ont fait passer leurs sujets 90 jours au lit [Bed rest]. Ils n’étaient pas autorisés à s’asseoir dans leur lit et ont dû prendre une douche assis. Certains sujets s’entraînaient – assis – tous les trois jours sur un appareil de fitness, en exerçant leurs mollets et les muscles du haut du corps [Exercise group].

Avant le début de l’expérience, les chercheurs ont observé leurs sujets pendant une période pendant laquelle ils ont été autorisés à se déplacer normalement [Ambulatory]. Les sujets ont reçu des repas pour lesquels les graisses avaient été marquées. Les molécules de palmitate – acide gras saturé – et d’oléate – acide gras mono-insaturé – ont été marquées. Cela a permis aux chercheurs d’estimer la quantité de graisses que les sujets brûlaient, et quelle quantité de ces graisses étaient  stockée dans les tissus adipeux.

Graisses saturées et mono-insaturéesacides grasGraisses mono-insaturées, saturées et perte de poids

Le tableau ci-dessus montre que l’organisme brûle l’oléate plus facilement que le palmitate. Qui plus est, une quantité encore moindre de palmitate est brûlée lorsque l’activité diminue alors que la quantité d’oléate brûlée reste la même.

“Le régime méditerranéen (c’est-à-dire un régime pauvre en graisses saturées, riche en graisses mono-insaturées) serait utile s’il était promu dans les populations sédentaires et chez les patients couchés, deux groupes à risque de prise de poids”, en ont conclu les chercheurs.

 

Source de l’article: Why you stay slimmer more easily with olive oil than with saturated fats

Source Ergo-log: PLoS Clin Trials. 2006 Sep 29; 1(5): e27.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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L’Astragale stimulerait la formation de vos cellules de Leydig (et donc de la testostérone)

Les cellules de Leydig des testicules produisent la testostérone qui circule dans le corps humain. Selon de nombreuses études scientifiques – et bien sûr l’industrie des suppléments – toutes sortes d’extraits végétaux pourraient stimuler ce processus de production. Des chercheurs de la Shanxi Agricultural University en Chine ont découvert qu’un extrait d’Astragalus membranaceus (Astragale) le ferait aussi – et qu’il aurait un effet supplémentaire. Selon les Chinois, l’Astragale augmenterait également le nombre de cellules de Leydig.

L’étude scientifique sur l’Astragale et les cellules de Leydig

Les chercheurs ont exposé des cellules de Leydig de rats dans des tubes à essai à un extrait d’Astragale.

Astragale cellules de Leydig

Résultats de l’expérience

À la suite de l’exposition à l’Astragale, les cellules de Leydig ont produit plus de testostérone. Au moins, elles l’ont fait à une concentration de 20 à 100 microgrammes par millilitre. (Les chercheurs utilisent le mot injection comme synonyme d’administration dans les tableaux ci-dessous.)

Astragale testostérone et cellules de LeydigAstragale testostérone cellules de Leydig

Au-delà d’une concentration de 100 microgrammes par millilitre, l’Astragale avait augmenté le nombre de cellules de Leydig, comme le montre le tableau ci-dessus. A priori, cet effet semble être des plus intéressants.

Le processus par lequel l’Astragale augmente la production de testostérone et le nombre de cellules de Leydig productrices de testostérone est indiqué ci-dessous. L’extrait végétal stimule l’activité des enzymes antioxydantes et réduit l’activité des gènes suicidaires.

 

astragale testostéroneAstragale cellules de Leydig

Conclusion

“Au cours de la présente étude, nous avons étudié l’influence de l’injection d’Astragalus membranaceus sur le nombre de cellules et la production de testostérone par les cellules de Leydig de rats, cultivées in vitro”, ont conclu les chercheurs. “Les résultats nous suggèrent que l’injection d’Astragale présente un effet favorable sur la fonction des cellules de Leydig.”

“L’étude fournit une base pour de futures études afin de comprendre les mécanismes responsables des effets stimulants de l’injection d’Astragalus membranaceus sur les cellules de Leydig et si le traitement avec cet extrait végétal in vivo pourrait améliorer les différents facteurs de la fertilité masculine.”

Source de l’article: Astragalus for more Leydig cells (and therefore also more testosterone)

Source Ergo-log: BMC Complement Altern Med. 2015 Aug 1;15:261.

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Note: Comme vous l’avez compris, il s’agit ici d’une étude réalisée non pas sur des rats mais dans des tubes à essai. Si cette étude nous donne déjà quelques éléments de réponse sur l’influence supposée positive de l’Astragale, nous ne pouvons pas l’extrapoler intégralement à l’être humain. Rappelez-vous que l’on parle également de l’Astragale quant à son influence positive sur la taille des télomères et sur l’activité de la télomérase. Aujourd’hui, des éléments scientifiques concrets sont toujours insuffisants pour en tirer des conclusions positives; même si des éléments de preuve existent.

Eric Mallet

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