Les extraits de pépins de raisin pourraient inhiber l’aromatase

pepins-de-raisinL’extrait de pépins de raisin et les suppléments qui en contiennent pourraient peut-être faire baisser les niveaux d’estradiol. Ces antioxydants se présenteraient alors comme un complément intéressant pour les athlètes qui voudraient perdre du poids plus rapidement ou pour leur faire gagner un peu de tonicité. Des chercheurs en cancérologie du Beckman Research Institute en Californie ont démontré l’effet anti-œstrogénique des extraits de pépins de raisin lors de tests sur cellules.

Les pépins de raisin contiennent 75% de proanthocyanidines. Parmi ceux-ci, il semble plus probable que les dimères de la procyanidine B soient les molécules actives. Ceux-ci sont d’ailleurs présents dans le vin rouge. Les chercheurs ont déjà montré que ces polyphénols inhibent l’aromatase, l’enzyme qui convertit la testostérone et l’androsténédione en estradiol.

Les antioxydants présents dans les extraits de pépins de raisin ont un lien fonctionnel avec l’aromatase

Ces données intéressent les cancérologues car l’estradiol serait responsable de la croissance de nombreuses formes de cancer du sein. Les tumeurs fabriquent souvent leur propre aromatase. De savoir qu’il existe des substances naturelles qui désactivent l’aromatase mais qui empêchent également les cellules de produire de l’aromatase pourrait conduire à d’autres recherches. Ce qui nous amène bien sûr à la question: les proanthocyanidines des extraits de pépins de raisin (ou OPC) sont-il capables de le faire ?

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont d’abord voulu savoir si l’extrait de pépins de raisin inhibait effectivement l’aromatase. Ils ont placé des concentrations croissantes de l’extrait dans des éprouvettes contenant des cellules produisant l’enzyme aromatase puis ils ont mesuré la quantité d’estradiol produite. Le tableau ci-dessous montre que plus il y en avait dans l’éprouvette, au moins d’estradiol était retrouvé.

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Mais comment les extraits de pépins de raisin font-il pour nous donner ces résultats ? Les chercheurs connaissent les séquences du gène de l’aromatase [les exons] à lire par les cellules afin de fabriquer l’aromatase. Au niveau de l’ADN, les gènes représentent des “modèles” de construction. L’ARN copie les composants nécessaires à la fabrication d’une protéine et les composants sont alors assemblés. Les chercheurs ont alors ajouté les molécules extraites du raisin aux cellules puis, ils ont cherché à savoir si les cellules pouvaient toujours lire l’ensemble des fragments de l’ADN. Ils ont remarqué que l’extrait de pépins produisait des erreurs de traduction des gènes.

Lorsque les chercheurs ont examiné les raisons de cette situation, ils ont constaté que les extraits de pépins sabotaient deux facteurs de transcription dont la cellule a besoin pour lire le gène de l’aromatase.

Les polyphénols des pépins de raisin inhibent certains facteurs de transcription permettant de coder pour l’aromatase

Pour vous donner une image plus ou moins simple et compréhensible des facteurs de transcription, essayez de comparez l’ADN à un disque vinyle. De là, un facteur de transcription serait plus ou moins comparable à l’aiguille que vous placez sur le disque pour le transcrire. en réalité, la métaphore est un peu bancale car une cellule se sert d’un nombre important de facteurs de transcription et non pas d’un seul tourne-disque mais essayez d’imaginer l’idée. {Note EM: J’imagine aussi qu’une comparaison avec un DAC (Convertisseur Digital vers l’Analogique) aurait été plus précise et un peu plus proche de l’ADN mais l’idée est là}.

L’un des facteurs de transcription inhibés par les extraits de pépins de raisin serait peut-être intéressant pour les athlètes de résistance: le récepteur des glucocorticoïdes. Il s’agit de la protéine à laquelle le cortisol, une hormone liée à l’utilisation des acides aminés de vos muscles à des fins catabolisantes, se fixe. Le tableau ci-dessous montre l’effet des extraits de pépins de raisin sur le nombre de récepteurs des glucocorticoïdes.

aromatase-glucosteroides

De nombreux phénols présentent un effet inhibiteur du cortisol. La quercétine serait l’un d’entre eux. Les athlètes naturels qui auraient pris de la quercétine à dose élevée (500 à 1500 mg par jour) auraient remarqué qu’ils perdaient un peu de graisse abdominale.

Bien sûr, nous parlons ici de recherches menées avec des substances dans des éprouvettes. Nous ne savons pas si les humains produisent réellement moins d’estradiol s’ils prennent des extraits de pépins de raisin. Les chercheurs ignorent souvent le rôle de la digestion et du métabolisme sur des molécules bien précises. Ils oublient parfois que le corps absorbe à peine une substance et que les quantités infimes absorbées sont converties en un rien de temps en composés inactifs. En ce qui concerne les extraits de pépins de raisin, cependant, le scénario pourrait ne pas être trop mauvais. En réalité, le corps absorbe assez bien la plupart des flavonoïdes et polyphénols contenus dans les pépins de raisin.

D’autres aliments présentant un effet anti-œstrogénique sont par exemple le varech, le Ginkgo biloba, la Damiana, la vitamine K, l’huile de poisson, le thé vert et les AGL.

Source de l’article: Grape Seed extracts inhibits aromatase

Source Ergo-log: Cancer Res. 2006 Jun 1;66(11):5960-7.

Note EM: Gardez bien en tête que les extraits de pépins de raisin ont pour effet d’augmenter la fluidité le sang. Ils ne peuvent donc pas être associés ni pris avec du Ginkgo biloba, ni avec des acides gras polyinsaturés (Omega 3 ou 6) ni avec des dérivés de la salicine, salicylates, de l’aspirine ou toutes substances médicamenteuses présentant cette propriété sans l’avis médical d’un professionnel de santé.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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Longévité Facteur Q10 ?

tnf-alpha-coenzyme-q10Si vous présentez un taux sanguin de TNF-alpha [à droite] et de CRP (C-reactive Protein) circulants moins élevé, vous seriez moins susceptible de développer un certain nombre de cancers. Selon une méta-étude chinoise, un moyen de réduire la production de ces facteurs serait de compléter votre alimentation par un supplément de coenzyme Q10,

L’étude scientifique chinoise

Les chercheurs ont analysé 9 études où les patients souffrant de désordres métaboliques comme le surpoids, le diabète et une stéatose hépatique non alcoolique avaient reçus des suppléments de coenzyme Q10. Ils ont rassemblé l’ensemble des résultats et les ont réanalysé.

Les résultats de l’analyse

La supplémentation en coenzyme Q10 a abouti à une augmentation statistiquement significative de Co Q10 sanguin ainsi qu’une réduction mesurable de la concentration des cytokines TNF alpha.

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Les chercheurs ont isolé trois études qui avaient examinées les cytokines TNF alpha. Les doses utilisées dans ces études étaient de 100, 300 et 500 mg de coenzyme Q10 par jour. La réduction de concentration de l’interleukine-6 et de la protéine C réactive dans le sang n’était pas significative.

Conclusion sur le Coenzyme Q10

“La présente revue systématique fournit certaines preuves que la supplémentation en CoQ10 pourrait en partie, améliorer le processus d’état inflammatoire chez des patients atteints de maladies métaboliques”, ont résumé les chercheurs. “Cependant, ces résultats devraient être interprétés avec prudence en raison de la preuve d’une hétérogénéité.”

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“D’autres études, en particulier avec des échantillons de plus grande taille et des essais contrôlés randomisés bien conçus, sont nécessaires pour confirmer l’efficacité de la supplémentation en CoQ10 sur l’amélioration du statut inflammatoire dans le cadre des maladies métaboliques.”

Une autre méta-étude sur le Q10 et son aspect anti-inflammatoire présumé (cytokines TNF alpha, IL-6…)

Des chercheurs en gériatrie de l’Université Soochow en Chine ont récemment publié une méta-étude dans laquelle ils tentaient d’obtenir une vue d’ensemble des effets anti-inflammatoires du Co Q10. Celle-ci n’était pas liée à des personnes souffrant d’un trouble ou d’une maladie. L’étude de Soochow* présentait une image plus positive que la méta-analyse réalisée à l’université de Sichuan.

“Cette méta-analyse d’essais contrôlés et randomisés avec le Q10 fait état d’un effet significatif de réduction sur la CRP, l’IL-6 et le TNF-alpha”. C’est ce que présentait la conclusion de la méta-étude de Soochow.

Source de l’article: Longevity factor Q10

Source Ergo-log: PLoS One. 2017 Jan 26;12(1):e0170172.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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Références bibliographiques

  • * Fan L. et al., Effects of coenzyme Q10 supplementation on inflammatory markers: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials, Pharmacol Res. 2017 May;119:128-136
  • Farsi F, Heshmati J, Janani L, Irandoost P, Mesri Alamdari N, Keshtkar A, Akbari A, Vafa M. Can coenzyme Q10 supplementation effectively reduce human tumour necrosis factor-α and interleukin-6 levels in chronic diseases? Protocol for a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials, BMJ Open. 2017 Oct 8; 7(10):e016841. Epub 2017 Oct 8.
  • Suksomboon N, Poolsup N, Juanak N. J, Effects of coenzyme Q10 supplementation on metabolic profile in diabetes: a systematic review and meta-analysis, Clin Pharm Ther. 2015 Aug; 40(4):413-8. Epub 2015 Apr 25.
  • Sanoobar M, Eghtesadi S, Azimi A, Khalili M, Khodadadi B, Jazayeri S, Gohari MR, Aryaeian N., Coenzyme Q10 supplementation ameliorates inflammatory markers in patients with multiple sclerosis: a double blind, placebo, controlled randomized clinical trial, Nutr Neurosci. 2015 May; 18(4):169-76.
  • Gökbel H, Gergerlioğlu HS, Okudan N, Gül I, Büyükbaş S, Belviranli M., Effects of coenzyme Q10 supplementation on plasma adiponectin, interleukin-6, and tumor necrosis factor-alpha levels in men, J Med Food. 2010 Feb; 13(1):216-8.

 

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Les caroténoïdes contre l’atrophie musculaire ?

carottes-beta-caroteneSelon une étude japonaise publiée dans le British Journal of Nutrition en 2013, une consommation élevée de caroténoïdes sous forme de bêta-carotène pourrait protéger contre la dégradation musculaire. Les chercheurs, affiliés à l’Université d’Osaka ont administré une dose élevée de bêta-carotène à des souris, un apport qui pourrait s’avérer dangereux chez l’homme. Fort heureusement, il existe des caroténoïdes qui pourraient avoir le même effet anti-catabolique sans pour autant présenter un risque pour la santé.

L’étude scientifique sur le bêta-carotène

Les chercheurs japonais ont coupé les voies nerveuses des membres inférieurs de souris afin que les animaux ne puissent plus utiliser une jambe [Den]. Pour d’autres souris, ils ne l’ont pas fait [Sham]. Durant la première semaine suivant l’opération, les chercheurs ont examiné ce qui se passait dans les muscles dénervés. Ils ont administré quotidiennement une quantité substantielle de bêta-carotène par voie orale à certaines souris [B-Carotene]. D’autres souris ont reçu un placebo [véhicule].

Résultats de l’expérience

Pour les souris qui avaient reçu du bêta-carotène {Barres grises}, le muscle soleus avait régressé moins rapidement après la coupure des nerfs que pour les animaux qui avait reçu un placebo {Barres blanches}.

 

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Dans le tissu musculaire du soléaire, la quantité de conjugués ubiquitines a augmenté après la coupure du nerf. Les conjugués ubiquitine sont des fragments de protéines sur lesquels la cellule a lié des molécules d’ubiquitine. De cette façon, la cellule marque les protéines comme «prêtes à être mises au rebut». Cependant, dans les muscles dénervés des souris ayant reçu du bêta-carotène, les chercheurs ont trouvé moins de conjugués d’ubiquitine que dans les muscles des souris de l’autre groupe.

 

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La fragmentation des protéines des cellules musculaires est réalisée par des enzymes telles que l’Atrogin-1 et la MuRF-1. Pour faire une comparaison simple et amusante, disons qu’il s’agit des équivalents moléculaires du “déchiqueteur” et de la “boule de démolition”. Dans le muscle soléaire des souris, la production de ces protéines a augmenté après la dénervation mais une supplémentation en bêta-carotène a inhibé ce processus.

 

beta-carotene-anti-catabolique

Les chercheurs Japonais ne savent pas comment le bêta-carotène inhibe la dégradation musculaire. Ils suggèrent que le bêta-carotène neutralise les radicaux libres jouant un rôle dans la première phase de la dégradation musculaire et qu’il inhibe FOXO3a. Il s’agit d’un facteur de transcription moléculaire qui joue un rôle clé dans la décomposition musculaire.

Conclusion sur l’influence cellulaire du bêta-carotène

“Nous avons démontré qu’une supplémentation alimentaire en bêta-carotène est utile en tant qu’agent chimio-préventif pour réduire la perte de masse musculaire induite par l’absence de travail musculaire au stade précoce de l’atrophie du muscle soléaire”, ont écrit les chercheurs.

 

carotenoides

 

Spéculons un peu sur le sujet…

L’équivalent humain de la quantité de bêta-carotène utilisée par les chercheurs serait d’environ 100 milligrammes par jour. Ce dosage est considéré comme malsain pour l’être humain. La recherche estime qu’un apport quotidien de 15 milligrammes de bêta-carotène supplémentaire est suffisant pour augmenter le risque de cancer du poumon chez les fumeurs. Cela est probablement dû au fait que le bêta-carotène se transforme en rétinol et que des concentrations élevées de rétinol, associées à des facteurs environnementaux, augmentent le risque de certains types de cancer.

Heureusement, nous retrouvons d’autres substances dans les aliments dont la structure est similaire à celle de ce caroténoïde. Cependant, ils ne peuvent pas ou très difficilement être converties en vitamine A. L’alpha-carotène, par exemple ou la bêta-cryptoxanthine, le lycopène, l’astaxanthine, ou la lutéine Il se pourrait que ces antioxydants protègent également contre la dégradation musculaire…

Source de l’article: Carotenoids versus muscle atrophy

Source Ergo-log: Br J Nutr. 2013 Apr 28;109(8):1349-58.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

Note EM: N’oubliez pas que la patate douce est riche en bêta-carotène (plus de 10000 mcg/100 g en moyenne :-)

 

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La cyanidine, le facteur longévité des myrtilles

myrtilles-cyanidine-sirt6Les myrtilles (ou bleuets si vous êtes canadien) ne sont pas vraiment bon marché mais il serait sans doute opportun de les inclure dans votre alimentation. C’est surtout vrai si vous êtes un fanatique de la santé qui primo, voudrait vieillir plus d’un siècle, et secundo, voudrait courir un marathon pour son centième anniversaire. Selon une étude in vitro publiée dans Scientific Report, des fruits comme les bleuets contiennent des phénols qui activent l’enzyme de longévité SIRT6.

Qu’est-ce que les SIRT6 ?

SIRT6 est l’une des 7 sirtuines, un groupe d’enzymes impliquées dans les processus de réparation cellulaire. SIRT6 assure la réparation de l’ADN brisé, inhibe l’inflammation, aide les télomères à conserver leur longueur et permet aux cellules d’absorber le glucose. Des souris génétiquement modifiées produisant plus de SIRT6 vivraient près de 20% plus longtemps que les souris normales. Elles restent remarquablement en bonne santé jusqu’à un âge avancé.

L’étude sur les myrtilles et les sirtuines

Les chercheurs ont exposé des cellules cancéreuses du côlon humain Caco2 à des dizaines de flavonoïdes dans notre alimentation, dont ils soupçonnent les effets positifs sur la santé. Ils ont déterminé si ces flavonoïdes activaient les SIRT6.

 

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Résultats de l’étude sur les flavonoïdes

Le flavonoïde numéro 17 a démontré qu’il était le plus actif, comme l’ont découvert les chercheurs.Il s’agissait de la cyanidine, un flavonoïde que l’on trouve principalement dans les baies comme les myrtilles. La cyanidine était en mesure de multiplier par 55 l’activité des SIRT6. D’autres flavonoïdes, comme la quercétine et la myricétine, ont également augmenté cette activité mais pas autant que la cyanidine.

 

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Dans les cellules cancéreuses, la cyanidine a activé la molécule signal FOXO3. FOXO3 joue un rôle dans la croissance du tissu musculaire par le biais du recrutement de cellules souches. Au niveau des cellules cancéreuses, il active les enzymes suicide.

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Dans le même temps, la cyanidine a inhibé GLUT1 et Twist1 dans les cellules cancéreuses. Dans ces cellules, les deux gènes sont plus actifs. Le gène SLC2A1 assure la production du transporteur de glucose GLUT1, une protéine avec laquelle les cellules absorbent le glucose. Twist-1 joue un rôle dans la métastase des cellules cancéreuses.

Conclusion sur les flavonoïdes, la cyanidine et les SIRT6

myrtilles-bleuets-longevite-sirtuines“Parmi les sirtuines, SIRT6 est impliquée dans le vieillissement et les maladies liées à l’âge mais son rôle physiologique n’est pas complètement compris”, écrivent les chercheurs. “On ignore encore dans quelle mesure l’activation accrue de SIRT6 affecte ces maladies. Elle pourrait offrir un mécanisme de protection ou représenter un élément prenant partie dans le processus lié à la pathologie.”

“Bien que de nombreuses preuves démontrent que SIRT6 est un suppresseur de tumeur, son effet est à double tranchant, car il peut également inactiver les protéines suppresseurs de tumeur FoxO3a et p53. Pour examiner plus en détails ces rôles opposés de SIRT6, il existe un besoin pressant de nouveaux modulateurs puissants, tant pour les inhibiteurs que pour les activateurs. Ces modulateurs permettent d’étudier le rôle physiologique et le potentiel thérapeutique du SIRT6.”

“Fait intéressant, les principaux activateurs de SIRT6 parmi les flavonoïdes étaient les anthocyanidines, le pigment végétal universel, responsable de la couleur rouge, violette et bleue de nombreux fruits, légumes et fleurs.”

“Le composé le plus puissant de la classe des anthocyanidines, la cyanidine, a considérablement augmenté l’activité de désacétylation des SIRT6. Il est plus abondant dans les baies rouges, notamment les myrtilles, les framboises et les canneberges. Des études ont suggéré que les anthocyanidines, y compris la cyanidine, pourraient jouer un rôle important et réduire le risque de nombreuses maladies liées à l’âge. “

Source de l’article: Cyanidin, the life-extender in blueberries

Source Ergo-log: Sci Rep. 2018 Mar 7;8(1):4163.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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L’apigénine, l’anabolisant naturel du persil

L’apigénine est un flavonoïde naturellement retrouvé dans le persil, le céleri, la camomille et les agrumes. L’apigénine présenterait un effet anabolisant, comme l’ont découvert des chercheurs du Korea Food Research Institute. Détail intéressant à connaitre, l’équivalent humain de la dose que les chercheurs ont administrée à leurs souris de laboratoire est relativement faible.

L’apigénine, un flavonoïde assez peu connu des athlètes ou des sédentaires

La formule structurelle de l’apigénine est très similaire à celle de molécules antioxydantes comme la quercétine, le kaempférol et la lutéoline. Pourtant, l’apigénine a des effets différents sur l’organisme par rapport à ces derniers. Lorsque les chercheurs Coréens ont examiné l’apigénine, l’hespérétine, le kaempférol, la lutéoline, la myricétine et la quercétine pour rechercher d’éventuelles qualités anaboliques au moyen d’un test in vitro visant à déterminer les propriétés anaboliques possibles, seule l’apigénine a semblé être un candidat prometteur.

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Le dosage utilisé par les chercheurs

Les chercheurs ont ajouté l’apigénine à l’alimentation de deux groupes de souris mâles C57BL/6. Un groupe a reçu une faible dose, [Api-L] un autre groupe une forte dose [Api-H]. Un troisième groupe de souris a reçu une alimentation standard, sans ajouts [NOR]. L’équivalent humain des doses testées était d’environ 20 et 40 milligrammes par jour.

Un test d’endurance réalisé après 7 semaines

Sept semaine après le début de l’étude, les chercheurs ont fait courir les souris sur des tapis jusqu’à l’épuisement. Les animaux qui avaient pris ce flavonoïde ont réalisé de meilleures performances que les souris du groupe de contrôle.

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Les effets de l’antioxydant sur la masse musculaire

Les quadriceps des souris qui avaient reçu l’apigénine était significativement plus massives que celles des souris du groupe de contrôle. Au plus la dose était forte, au plus la masse musculaire était importante.

Les chercheurs ont également examiné la masse musculaire du tibial antérieur, du gastrocnémien et du triceps. L’administration de la molécule n’a pas modifié la masse de ces groupes musculaires.

Le mécanisme par lequel la stimulation serait opérée

L’apigénine augmenterait la production des protéines contractiles du muscle [MHC], les hormones anaboliques IGF-1 et IGF-2 ainsi que les PGC-1-alpha, un corégulateur de transcription qui stimule les cellules afin qu’elles produisent davantage de mitochondries.

 

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Après des recherches in vitro sur des cellules musculaires C2C12, les chercheurs coréens ont pu établir le tableau ci-dessous. L’apigénine, selon les Coréens, a déclenché des voies anaboliques en activant l’enzyme protéine arginine méthyltransférase-7 [Prmt7].

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Conclusion

“Nous avons constaté que l’apigénine augmentait le poids du muscle quadriceps chez les souris et qu’elle améliorait leur distance de course sur un tapis roulant en accélération”, comme l’ont résumé les chercheurs. “Ces événements sont imputables à la régulation à la hausse de la voie de signalisation Prmt7-PGC-1-alpha-GPR56“. “Nous avons également constaté que l’apigénine induisait la différenciation myogénique en régulant Prmt7-p38-myoD et la voie Akt-S6K1 dans les cellules C2C12.”

“Ces résultats suggèrent que l’apigénine pourrait être utilisée comme aliment fonctionnel pour prévenir la perte musculaire et améliorer la fonction musculaire. (…) Des études supplémentaires sur l’effet de l’apigénine sur les muscle de souris âgées sont nécessaires pour mieux comprendre l’effet protecteur de l’apigénine sur la sarcopénie.”

Source de l’article: Apigenin, a natural anabolic compound in parsley

Source Ergo-log: Oncotarget. 2017 Sep 16;8(45):78300-11.

Note EM: Tout ceci est très intéressant mais une question essentielle se pose: qu’en est-il exactement de la quantité de persil nécessaire afin d’obtenir une quantité significative d’apigénine ? Les rédacteurs d’Ergo-log nous parlent de 20 à 40 mg de la source alimentaire mais aucune indication précise n’est donnée sur la biodisponibilité de cet antioxydant. La réponse n’est pas donnée sur l’article d’Oncotarget puisque les quantités de flavones données aux souris sont bien évidemment rapportées à leur propre régime alimentaire: “mice were permitted ad libitum access to either a standard diet or a standard diet containing 0.2% apigenin (Api-L) or 0.4% apigenin (Api-H) for 7 weeks.“. J’ai donc mené ma petite enquête afin d’obtenir plus d’informations sur ce point. Un autre article publié dans Annals of Metabolism Nutrition m’a donné des indications plus précises sur la biodisponibilité du flavone en question. Celui varie de 0,22% à 0,16% dans le pire des cas mais d’autres détails nous éclairent un peu plus: “Only few studies gave indication on the average dietary intake. In men participating in the ATBC Study in Finland (n = 25,041), a mean daily intake of 10 mg flavonols and flavones (quercetin, kaempferol, myricetin, luteolin and apigenin) was estimated and apigenin comprised 0.5% of the total [4]. In Hungarian children (n = 521) and adults (n = 204), average apigenin intake was estimated to be 0.57 +- 0.71 and 0.85 +- 0.87 mg/day, respectively [5].” D’autre part, la quantité de persil donnée aux sujets dans cette étude correspond à 2 g/kilo de poids de corps afin de déterminer la biodisponibilité du flavone; une valeur bien supérieure à celle qui est avancée par Ergo-log.

Toujours est-il que ces informations nous indiquent, comme souvent avec les antioxydants de la famille des flavones, que leur biodisponibilité s’avère particulièrement basse mais qu’elle reste significative sur le plan métabolique. Pour ma part, je ne connais aucune marque de complément alimentaires à part chez Swanson, qui propose un complément isolé d’apigénine. Cependant, la remarque des rédacteurs d’Oncotarget sur les résultats similaires en termes de contexte de lutte contre la sarcopénie (ou pour les musclés bien informés) obtenus avec la tomatidine et l’acide ursolique (mais par d’autres voies métaboliques et/ou similaires) s’avère particulièrement pertinente et utile à rappeler: “Previous studies using connectivity maps have identified ursolic acid and tomatidine as small molecule inhibitors of skeletal muscle atrophy“. Inutile de vous dire que ce genre de cocktail végétal pourrait s’avérer probant sur le plan métabolique mais aussi, a priori, particulièrement couteux à produire.

Finalement, tout ceci s’avère particulièrement intéressant et je vous retrouverai avec plaisir pour le prochain article afin que nous puissions à nouveau développer notre culture physique !

Eric Mallet

 

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