La L-Citrulline vous aide à maintenir votre masse musculaire en phase de régime hypocalorique

L-Citrulline

L-Citrulline

Prendre une dose masse de l’acide aminé L-Citrulline juste avant le coucher pourrait vous aider à maintenir votre masse musculaire, même si vous vous trouvez en régime hypocalorique et que vous essayez de réduire votre taux de graisse corporelle. Du moins, il se pourrait que cela soit le cas pour des rats tels que des chercheurs de l’Université Paris Descartes l’ont expérimenté. Les chercheurs français ont publié les résultats de leur recherche dans la publication scientifique Amino Acids.

Régime alimentaire, masse musculaire, Leucine et L-Citrulline

Des millions de personnes passent plus de temps à suivre un régime restreint que de manger normalement. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, si l’on considère le nombre de personnes en surpoids. Cependant, un gros inconvénient se présente à ceux qui suivent un régime hypocalorique permanent. Si vous ne faites pas de musculation en même temps ou si vous n’assurez pas un apport alimentaire relativement important de protéines, vous risquez de perdre de la masse musculaire. Cela pourrait compromettre le succès de vos tentatives de perte de poids car il faut aussi prendre en compte le fait que les muscles sont de gros brûleurs de calories. A long terme, ce type de régime pourrait aussi augmenter le risque de faiblesse musculaire chez les personnes âgées.

Les chercheurs supposent qu’une supplémentation en L-Citrulline ou en L-Leucine permettrait de réduire ce problème. Selon des expériences réalisées sur des animaux, ces deux acides aminés pourrait stimuler l’anabolisme des cellules musculaires plus fortement. [Amino Acids. 2012 Sep;43(3):1171-8.]  [Leucine (LEU) is recognized as a major regulator of muscle protein synthesis (MPS). Citrulline (CIT) is emerging as a potent new regulator.]

L’expérience animale sur des rats sans L-Citrulline

Les chercheurs ont mis 60 rats femelles en régime contrôlé pendant 22 semaines. Cinq groupes ont reçu 60% de la nourriture qu’ils consommaient alors que le groupe de contrôle pouvait manger autant qu’il le souhaitait. Le tableau ci-dessous montre que la réduction de la masse grasse est statistiquement significative [Control restricted] par rapport aux rats qui mangent sans restriction [Basal Control].

L-Citrulline-masse-musculaire

Résultats de l’expérience avec ou sans L-Citrulline

Si les rats recevaient une dose de 0,2 à 1 g/kg de Citrulline par kilo de poids corporel par voie orale [R-CIT 1] avant d’aller dormir, ils conservaient légèrement plus de masse musculaire. Cependant, l’effet n’était pas statistiquement significatif. L’administration d’une quantité similaire de L-Leucine mélangée à la nourriture des rats, avait moins d’effet sur la masse musculaire [R-LEU].

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Le tableau ci-dessus montre ce que les chercheurs ont découvert en mesurant la quantité de protéines contractantes dans les cellules musculaires des rats. L’apport calorique réduit signifiait que moins de tissu musculaire était formé. La supplémentation en L-Leucine n’a pas permis de l’empêcher. La supplémentation en L-Citrulline l’a fait.

Les chercheurs ont également examiné l’effet de l’association de L-Leucine et de L-Citrulline [LEU-CIT]. L’ajout de L-Leucine a neutralisé l’effet positif de la L-Citrulline, comme l’ont découvert les chercheurs. Ils ne comprennent pas comment cela se produit.

Conclusion

Les chercheurs pensent que la Leucine stimule la croissance musculaire à partir du moment où l’organisme reçoit une forte quantité d’acides aminés et de nutriments pour le faire. Au cours d’une restriction calorique ou d’une période de jeûne, la L-Citrulline se présenterait encore comme un meilleur promoteur de la croissance musculaire que la L-Leucine.

Source de l’article: L-Citrulline helps you hold on to muscle mass during a weight-loss diet

Source Ergo-log: Amino Acids. 2013 Nov;45(5):1123-31.

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Image examine.com

Note EM: J’avancerais pourtant une hypothèse avec beaucoup de prudence sur la L-Citrulline. Pensez tout simplement que cet acide aminé fait partie du cycle de l’urée (Citrulline > Arginine > Ornithine). De fait, l’arginine a prouvé sa fonction de secrétagogue de la somatropine (Hgh > IGF-1 etc.), ce qui pourrait expliquer les résultats de l’étude. L’hypothèse est crédible à partir du moment où un dérivé de l’ornithine, l’OKG, a précisément été médicalement prescrit pour lutter contre la perte des tissus musculaires. Cependant, la quantité de L-Citrulline devrait vraiment être massive pour que l’on puisse valider ce type d’hypothèse. D’autres études permettront certainement d’y voir un peu plus clair à ce sujet.

Eric Mallet

Références bibliographiques

Faure C, Morio B, Chafey P, Le Plénier S, Noirez P, Randrianarison-Huetz V, Cynober L, Aussel C, Moinard C. Citrulline enhances myofibrillar constituents expression of skeletal muscle and induces a switch in muscle energy metabolism in malnourished aged rats. Proteomics. 2013 Jul; 13(14):2191-201.
Ham DJ, Gleeson BG, Chee A, Baum DM, Caldow MK, Lynch GS, Koopman R. L-Citrulline Protects Skeletal Muscle Cells from Cachectic Stimuli through an iNOS-Dependent Mechanism. PLoS One. 2015; 10(10):e0141572.
Moinard C, Cynober L. Citrulline: a new player in the control of nitrogen homeostasis. J Nutr. 2007 Jun; 137(6 Suppl 2):1621S-1625S.

 

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La spiruline serait plus anabolisante que la caséine

spirulineNe serait-ce pas fantastique – et pas seulement pour l’environnement mais aussi pour l’industrie – si nous commencions à manger de la spiruline plutôt que de la viande. Un étang d’un hectare pourrait produire 600 fois plus de protéines provenant de ces algues comestibles qu’un hectare de pâturage utilisé pour le bétail. En effet, la spiruline est composée environ de 65% de protéines. (Note: disons plutôt entre 50 et 60%)

Mais est-ce que cette protéine d’origine végétale est bonne pour nous ? Oui, selon ce que disent les chercheurs de l’Université d’État de Sao Paulo au Brésil. Il se peut même que la spiruline soit meilleure pour vos muscles que la caséine laitière. Au cours de cette expérience, les Brésiliens ont réalisé une expérience avec des rats âgés de 30 jours au début de l’essai. L’étude a duré jusqu’à ce que les rats aient 90 jours, l’âge auquel les rats deviennent adultes.

Une étude où la spiruline et la caséine ont été comparées

Les chercheurs ont divisé leurs animaux de test en deux groupes. Un groupe recevait un régime dans lequel les protéines – 17% de l’apport énergétique total – provenaient de la caséine. L’autre groupe a reçu sa protéine de la spiruline. En dehors de cela, les régimes étaient identiques.

Les rats du groupe spiruline mangeaient un peu moins que les rats du groupe caséine, mais la différence n’était pas statistiquement significative. Lorsque les chercheurs ont examiné les muscles des rats, ils ont remarqué des différences. La production de protéine musculaire dans le muscle soléaire était plus élevée dans le groupe spiruline. Le graphique ci-dessous le montre.

spiruline anabolisme

Dans un autre muscle du mollet, le gastrocnemius, les rats du groupe de la spiruline avaient également accumulé une plus grande quantité de myosine. Voir le graphique ci-dessous.

spiruline contre caséine

En revanche, la spiruline a augmenté le taux de dégradation musculaire, même si l’effet n’était pas statistiquement significatif. Pour pouvoir parler d’un effet anabolisant, les chercheurs devraient mesurer, par exemple, la quantité d’azote que les rats retiennent ou devraient peser les muscles. De là, ils travailleraient sur d’autres études scientifiques. Une fois que les résultats seront là, nous saurons si des shakes de spiruline apparaitront dans les magasins de suppléments.

Disons que dans le monde du sport, les protéines animales sont considérées comme sacrées. Il y a une raison à cela: les acides aminés dans les produits laitiers, la viande et les protéines d’œuf correspondent au mieux aux besoins en acides aminés humains. La valeur biologique des protéines animales est élevée, comme ils l’affirment.

D’un autre côté, il existe des études – principalement des études animales, nous devons l’admettre – dans lesquelles les protéines non animales ne s’en sortent pas mal du tout. Selon une de ces études, les protéines du sarrasin stimuleraient la croissance musculaire chez le rat. Il est difficile de se procurer des protéines de sarrasin pour le consommateur moyen, bien que ce soit un ingrédient de certains suppléments sportifs. Mais si cela fonctionne vraiment, nous ne le savons pas.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Note: Remarque intéressante des rédacteurs d’Ergo-log, quantifier la rétention d’azote donnée par la spiruline et la caséine aurait pu nous donner une interprétation plus précise de l’anabolisme permis par ces deux sources de protéine.

Eric Mallet

Source de l’article: Spirulina more anabolic than casein

Source Ergo-log: Eur J Nutr. 2008 Oct;47(7):393-400.

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Comprendre la croissance musculaire: Quantifier la testostérone. Est-ce qu’une augmentation à des doses physiologiques présente vraiment une importance ?

Petit préambule nécessaire à la traduction de ce nouvel article de “Comprendre la Croissance Musculaire” de la SuppVersity. De mon point de vue, il est tout à fait inadmissible qu’une substance destinée à des fins thérapeutiques soit détournée à des fins récréatives, vous connaissez sans doute déjà mon opinion sur ce sujet et je me permets d’insister lourdement. Dites-vous bien que si vous n’êtes pas déjà favorisé par la nature pour présenter un physique hors norme, toute forme de dopage artificiel n’y changera rien. Ensuite, chacun voit midi à sa porte. Cependant, il est bien évident que je ne peux faire l’impasse sur la traduction de cet article puisqu’il reprend les informations rapportées dans l’article précédent et qu’il en donne de nouvelles par rapport aux articles qui suivront. Cela dit, je pense qu’il était utile que je le précise, au moins pour ceux qui tomberont sur cet article, sans avoir lu le début de la série. Donc, je vous laisse avec la traduction de ce nouvel épisode…

Eric Mallet

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Image 1: En fin de compte, des modifications dans la gamme physiologique n’ont que des effets négligeables sur la masse musculaire. Leur impact potentiel sur la graisse corporelle est pourtant très prononcé (voir aussi tableau. 2).

Me voilà de retour ! Je ne reviendrai pas sur ma promesse et ne laisserai pas “la Big T” sortir de la main mise de la science 😉 Alors, où en étais-je ? Ah oui… nous avons vu que sur les plus de 11 000 études publiées où les auteurs avaient utilisé les mots “administration de testostérone” (chiffres donnés par Google Scholar), il semble y en avoir exactement une ;-), dans laquelle les chercheurs ont osé “prouver” que la testostérone seule, c’est-à-dire en l’absence d’exercices ou d’interventions diététiques, “renforçait le muscle” – et cela chez des jeunes hommes en bonne santé. Nous avons également constaté une nette réduction de la relation dose-réponse pour les augmentations les plus importantes de la masse musculaire maigre et des diminutions les plus importantes de la graisse corporelle dans le groupe recevant la dose élevée (testostérone énanthate 600 mg).

Plus, c’est plus mais est-ce que plus c’est mieux ?

Si vous jetez un coup d’œil au tableau 1 de l’article précédent, vous aurez probablement remarqué que de quadrupler la quantité de testostérone énanthate de 125 mg/semaine à 600 mg/semaine n’a pas quadruplé la quantité de muscle maigre des sujets. Un économiste vous le dirait d’ailleurs immédiatement, l’utilité marginale diminue !

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Tableau 1: Relation dose-réponse du gain musculaire (en kg) par mg de testostérone énanthate. La ligne blanche indique une dose qui aurait probablement produit des niveaux de testostérone identiques à ceux de la ligne de base (calculés d’après Bhasin, 2001).

Pour rendre tout ceci un peu plus compréhensible, j’ai tracé le rapport respectif de la quantité de masse maigre que les sujets gagnaient par rapport à la quantité de testostérone énanthate nécessaire pour induire les changements constatés sur le tableau 1. Compte tenu du fait que les différentes manières d‘administration ou les moyens naturels de stimuler la testostérone auront tous des effets différents sur les niveaux réels de testostérone sérique, je laisserai toutefois l’interprétation de ce ratio gains musculaires/testostérone énanthate à ceux d’entre vous qui auraient un intérêt particulier à étudier ce sujet. Pour ma part, je vais me concentrer sur les changements de la testostérone totale (qui correspondaient presque parfaitement à – r = 0,996, selon mon propre calcul – aux niveaux de testostérone libre dans cette étude) et aux augmentations associées de la masse musculaire maigre. En cela, il convient de noter que les niveaux de testostérone ont été mesurés à la fin de chaque semaine, ce qui signifie que juste après l’injection de la dose donnée de testostérone énanthate, qui a une demi-vie de 4-5 jours, les niveaux auraient été nettement plus élevés.

Surprise Surprise ! Légèrement en dessous de la “plage naturelle”, vous obtenez le meilleur pour votre… T !

Si nous prenons en considération que la “plage normale” pour les taux de testostérone varie de 300 à 1000 ng/dl de sang et que les sujets de l’étude de Bhasin présentent des niveaux de base de ~ 600 ng/dl, tous les changements entre -50% et + 66% rentreraient dans ce que l’orthodoxie médicale considère comme “normal” (note: si les sujets avaient déjà des niveaux “bas”, même des changements de + 200% seraient toujours dans la fourchette normale. Gardez cela à l’esprit, en vous informant sur les derniers et meilleurs test-boosters 😉

rapport testosterone masse maigre et graisse

Tableau 2: Changement relatif de la masse maigre et de la masse grasse en réponse aux modifications des taux sériques de testostérone; la zone verte indique “normal” = niveaux physiologiques de testostérone; les astérisques (*) indiquent des changements statistiquement significatifs (p <0,05) par rapport à la ligne de base (calculés sur la base de Bhasin, 2001).

Si nous étudions les données et admettons que seuls les points marqués d’un astérisque (*) représentent des changements statistiquement significatifs par rapport aux valeurs initiales (p <0,05), il est évident que des élévations et des réductions n’ont aucun effet significatif sur la masse musculaire squelettique. En ce qui concerne la “construction musculaire” en l’absence d’exercice et d’interventions nutritionnelles, la magie ne commence pas avant que nous n’atteignons des concentrations supra-physiologiques de testostérone.

Brève note sur le rapport dose/effets: Si vous regardez la figure 2 sans utiliser votre cerveau, il semblerait qu’en utilisant juste assez de testostérone, vous deviendrez en un rien de temps Mr O. Cependant, si vous examinez de plus près la pente dans la zone supraphysiologique, cela signifie que pour chaque augmentation de plus de 1% de la masse maigre, il faudrait augmenter votre taux de testostérone de plus de 27% et le maintenir sur une période de 20 semaines ! Et comme si cela ne suffisait pas, même si vous pouviez survivre en augmentant vos niveaux dans la zone des + 400%, vous devez savoir que la pente se stabilisera et que vous aurez probablement besoin de + 100% pour ajouter + 1% en masse maigre. Si, d’autre part, vous n’utilisez pas d’injectables mais un “booster” de testostérone, ou si vous testez ou mesurez vos niveaux juste après ou peu après les injections, il est probable que vous deviez augmenter de 60 à 80% le taux de testostérone sérique pour gagner 1 % d’augmentation de la masse maigre totale durant les 20 semaines ! Après tout, 7 jours après l’injection (c’est-à-dire lorsque les taux de testostérone des sujets ont été mesurés), les taux sériques devraient en réalité être inférieurs de 50% par rapport à ceux observés immédiatement après l’injection de testostérone énanthate. Comme déjà mentionné, celle-ci présente une demi-vie d’environ 4 à 5 jours.

Ce qui est presque effrayant, cependant, est représenté par l’effet néfaste (et statistiquement hautement significatif) des réductions de la testostérone dans la «fourchette normale» sur la masse grasse des sujets (-47% = + 17% de masse grasse; -57% de testostérone = + 36% de masse grasse). Ces effets obésogènes de faibles niveaux de testostérone pourraient être liés à l’effet anti-adipogène direct de la testostérone (Singh. 2006) et s’intègrent parfaitement à l’image émergente (mais pas encore canonique) de niveaux faibles de T. qui contribuent à l’épidémie d’obésité (Corona. 2011).

Une analyse des interrelations complexes entre un gros ventre de bière et ce qui est caché à votre vue irait bien au-delà de la présente édition des articles “Comprendre la croissance musculaire” où les effets de la testostérone sur le muscle squelettique, et non sur le tissu adipeux, sont au centre de notre attention. En outre, ces effets ne devraient évidemment pas être limités à des augmentations de “masse maigre” mais devraient également être mesurables en termes de “taille”, c’est-à-dire en termes de circonférence musculaire/section transversale où les gains de force sont évidents.

Est-ce que la testostérone vous rend plus massif, plus mince et plus fort ?

Comme ceux d’entre vous qui connaissent les résultats des 11 000 et 1 études sur des patients hypogonodaux, âgés ou malades, où les augmentations de la masse musculaire totale du squelette induites par HRT sont souvent «statistiquement non significatives», nous pouvions nous attendre à ce que les chercheurs n’aient pas réellement besoin d’un scanner DEXA pour constater que la masse musculaire de leurs sujets avait augmenté. Comme le montre le tableau 3, un simple ruban mètre aurait suffi.

Tableau 3: Changements relatifs de la circonférence de la cuisse et du quadriceps et de la force/puissance maximales à la presse à cuisses en réponse à 20 semaines de dosage de testostérone énanthate (calculé selon Bhasin, 2001)

Pour le volume musculaire, comme pour les modifications de la masse musculaire totale discutées précédemment, l’utilité marginale est à nouveau maximale dans la «plage physiologique» supérieure, ce qui correspond à l’utilisation de 125 mg de testostérone énanthate par semaine (tableau 3, vert).

En ce qui concerne la force au leg press ainsi que la puissance totale des cuisses, une image différente se dégage: contrairement aux gains de poids et de masse musculaire, les gains en force et en puissance pour les 125 mg n’étaient pas statistiquement significatifs (p = 0,42 et p = 0,59). De plus, l’effet susmentionné des «rendements décroissants» avec des doses de testostérone supérieures à 300 mg/semaine s’avère beaucoup plus prononcé pour la force et la puissance des jambes que pour les gains de masse musculaire totale et de volume musculaire. Et comme si cela n’était pas déjà assez déroutant, contrairement à l’augmentation de + 7% dans le groupe des 125 mg, l’augmentation de + 6% de la force des cuisses dans le groupe «testostérone faible» (50 mg) était statistiquement significative (p = 0,02).

Testostérone, myostatine et IGF-1 tissent leurs liens ensemble

Afin d’expliquer cette “anomalie de la force”, nous devrons recourir à ce que nous avons appris dans les précédentes parties de cette série d’articles concernant les effets différentiels de la myostatine et de l’IGF-1 sur la taille et la composition des muscles. En supposant que vous ayez lu chacun des précédents articles de “Comprendre la Croissance Musculaire”, vous serez familier avec les résultats de l’étude de Quaisar déjà mentionnée dans “Qu’est-ce que l’hypertrophie“. Vous vous rappellerez également que les observations de Quaisar et al. ont montré très clairement que l’hypertrophie musculaire «incontrôlée» chez les souris à myostatine négative leur donnait des muscles énormes mais dysfonctionnels. D’autre part, la surexpression de l’IGF-1 a facilité un processus de restructuration profonde au sein du muscle squelettique au cours duquel le recrutement de cellules satellites et l’ajout subséquent de myonucléus ont permis une croissance “saine” qui n’a pas “éclaté” jusqu’au maximum permis de la taille des domaines myonucléaires (cf. Qu’est-ce que l’hypertrophie ? Partie II).

Tableau 4: Corrélation (R²) du volume musculaire et de la performance avec la testostérone et l’IGF-1 (gauche); ratio testostérone/IGF-1 avant et après 20 semaines sur différentes quantités de testostérone énanthate (à droite; données calculées sur la base de Bhasin. 2001)

Dans ce contexte, les ratios testostérone-IGF-1 sur le côté droit du tableau 2 de la version précédente des articles “Comprendre la croissance musculaire” (le graphique sur le côté droit du tableau 4 est une copie identique reprise sur le tableau 4) devraient présenter un tout nouveau sens. Si l’IGF-1 est nécessaire pour maintenir des muscles en croissance rapide, la raison de la perte de puissance et des gains de force réduits dans le groupe testostérone énanthate de 600 mg pourrait bien être du à un manque relatif d’IGF-1 (ratio > 3,5 x testostérone/IGF-1). La corrélation supérieure (R²) entre les mesures de performance et les valeurs IGF-1 des participants à l’étude (tableau 4 à gauche) ne serait pas seulement favorable à cette hypothèse. Elle souligne également l’importance vitale de facteurs de croissance des variantes de l’épissage non mesurées dans cette étude (Note EM: MGF…), qui peuvent se présenter pour les «athlètes sous chimie» en particulier.

Comment (ou du moins les chercheurs pensent-ils que) tout cela est en fait lié à la myostatine ? Comment la testostérone affecte-t-elle le ratio de fibres rapides à lentes (ce qui pourrait expliquer l’augmentation anormale de la biogenèse mitochondriale et de la fonction des cellules satellites ? Ce sont encore des sujets qui devront attendre le prochaine article de cette série “Comprendre la croissance musculaire”.

Article SuppVersity original: Intermittent Thoughts on Building Muscle: Quantifying “The Big T”…

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

 

 

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Dose élevée de zinc = 40% de testostérone LIBRE en plus

sources de zincLes compléments alimentaires de zinc augmenteraient effectivement les niveaux de testostérone totale et libre. Si vous donnez à des athlètes une dose quotidienne de 3 mg de sulfate de zinc [env. 1 mg de zinc élémentaire] par kilo de poids de corps, après quatre semaines, ils présenteraient 40% de plus de testostérone libre dans leur sang. Les chercheurs de l’Université de Selcuk en Turquie l’ont découvert lors d’une expérience avec 10 lutteurs masculins.

Dans l’article précédent sur cet oligoélément, nous vous avions parlé de cette recherche turque sur le zinc. Au cours de ces études scientifiques, des souris et des étudiants physiquement inactifs ont produit plus de testostérone lorsqu’ils ont reçu de fortes doses de zinc. Avec cette nouvelle expérience, les chercheurs ont examiné l’effet du zinc sur des lutteurs parfaitement entraînés. Les sujets avaient en moyenne 19 ans et s’entraînaient cinq jours par semaine depuis au moins six ans. Les lutteurs faisaient de la musculation une fois par semaine, effectuaient du cross training une fois par semaine et s’entraînaient à la lutte les trois autres jours.

Une expérience de 4 semaines pour connaitre l’influence du zinc sur la testostérone de sujets athlétiques

Avant et après la période de quatre semaines de supplémentation en zinc, les chercheurs ont fait rouler les sujets sur des cycles statiques jusqu’à ce qu’ils atteignent leur point d’épuisement. Avant et après l’expérience, les chercheurs ont mesuré les concentrations de thyroxine, de testostérone totale et testostérone libre dans le sang des sujets. Dans des conditions normales, un effort physique important diminue la concentration de ces hormones. Le tableau ci-dessous montre comment le supplément de zinc a empêché que cela se produise. Le supplément a également entraîné une augmentation de 40% de la testostérone libre avant le test d’épuisement.

 

zinc-testostérone

 

Le même effet a été observé sur les concentrations de thyroxine, T3 et T4 libre dans le sang.

 

zinc testostérone libre

 

De nombreuses enzymes utilisent le zinc dans les processus de production d’hormones et de génération d’énergie à partir des graisses ou des glucides. L’effort physique nécessite également de grandes quantités de zinc, estiment les chercheurs. Ils pensent que des quantités élevées de zinc pourraient aider les athlètes à améliorer leurs performances. “Des doses physiologiques de supplémentation en zinc peuvent s’avérer bénéfiques pour la performance”, écrivent-ils.

Si vous pesez 80 kg et que vous souhaiteriez utiliser du zinc à des doses similaires à celles utilisées par les lutteurs turcs, vous devriez prendre 240 mg de sulfate de zinc par jour [environ 80 mg de zinc élémentaire]. L’utilisation à long terme de ces doses élevées en zinc n’est pas très saine. Des chercheurs ont déjà signalé des effets secondaires dus à des apports beaucoup plus faibles. Selon des chercheurs chinois, une dose quotidienne de 50 mg de zinc entraînerait une augmentation du taux de cholestérol chez l’homme en quelques semaines. [Wei Sheng Yan Jiu. 2004 Nov;33(6):727-31.] Ajoutons que les épidémiologistes américains Walter Willett et Ed Giovannucci ont également découvert qu’un supplément en zinc à des doses supérieures à 100 mg par jour multipliait le risque de cancer de la prostate par 2,2. [J Natl Cancer Inst. 2003 Jul 2;95(13):1004-7.]

Source de l’article: Zinc megadose gives 40 percent more free testosterone

Source Ergo-log: Neuro Endocrinol Lett. 2006 Feb-Apr; 27(1-2):247-52.

Note: Les remarques des rédacteurs d’Ergo-log sont effectivement à prendre au sérieux. Une supplémentation élevée de zinc n’est pas très bonne pour la santé. Plusieurs études ont confirmé ces risques sur le cancer de la prostate. Ce que ne dit pas l’article mais qui est pourtant très connu, c’est que le zinc réduit la conversion de l’aromatase, l’enzyme qui convertit la testostérone en œstrogènes comme l’œstradiol. Un grand nombre de bodybuilders le savent très bien. Cela pourrait également expliquer pourquoi un taux aussi élevé de testostérone totale et testostérone libre a été constaté.

Eric Mallet

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