L’effet modeste de l’acide chlorogénique sur la perte de poids

perte-de-poids-acide-chlorogeniqueUne supplémentation quotidienne de 300 milligrammes d’acide chlorogénique – substance bioactive de l’extrait de grains de café vert – réduirait légèrement la quantité de graisse abdominale. C’est du moins ce que des chercheurs de la société japonaise Kao Corporation écrivent dans Nutrients. L’effet rapporté par les japonais sur la perte de poids serait significativement plus faible que dans les études publiées précédemment. Et semblerait beaucoup plus crédible…

L’étude sur l’acide chlorogénique du café vert et la perte de poids

Les chercheurs ont divisé 142 adultes en bonne santé mais en surpoids âgés de 20 à 65 ans en deux groupes. Tous les groupes ont bu une tasse de café instantané tous les jours pendant 12 semaines. Un groupe a reçu du café instantané standard, l’autre du café auquel les chercheurs ont ajouté environ 300 milligrammes d’acide chlorogénique.

Outre la caféine, les analogues de l’acide chlorogénique sont les constituants bioactifs les plus importants du café. Ce sont aussi les ingrédients les plus importants des extraits de café vert retrouvés dans toutes sortes de compléments amaigrissants. Et selon certaines études douteuses, ils pourraient conduire à une perte de poids de 8 kilos.

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Résultats de l’étude sur les effets de l’acide chlorogénique

Les sujets qui consommaient de l’acide chlorogénique supplémentaire ont perdu un peu de leur IMC et sont devenus plus minces de quelques millimètres au niveau de la taille.

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Selon les scanners abdominaux, les sujets du groupe expérimental présentaient un peu moins de graisse abdominale après l’étude. Cet effet était statistiquement plus fort que l’effet présenté ci-dessus sur la perte de poids mais il reste encore modeste.

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Les processus biochimiques à l’œuvre derrière l’acide chlorogénique

L’absence de résultats sensationnels n’a pas empêché les auteurs de spéculer sur le mécanisme par lequel l’acide chlorogénique peut causer une perte de graisse. “Le mécanisme qui sous-tend l’effet du café instantané contenant une quantité élevée d’acide chlorogénique (…) sur la diminution de la graisse viscérale abdominale pourrait entraîner à la fois une dépense énergétique accrue et une combustion accrue des graisses”, écrivent-ils.

“Selon un essai clinique humain comparant la consommation quotidienne de café torréfié contenant 359 mg d’acide chlorogénique et de café placebo pendant une semaine, la consommation répétée d’acide chlorogénique a diminué le quotient respiratoire et augmenté la consommation d’oxygène. Cela signifie que la dépense énergétique et l’oxydation des graisses ont augmenté”. [J. Health. Sci. 2010, 56, 745-51.]

“En outre, l’administration d’un extrait de grains de café vert contenant de l’acide chlorogénique à des souris obèses et provoquée par l’alimentation, affecte l’accumulation de graisse corporelle, avec une inhibition en fonction de la dose relative à l’augmentation du poids corporel, de l’accumulation de graisse viscérale et de graisse hépatique. [Am J Physiol Endocrinol Metab. Janvier 2011 ; 300(1):E122-33.]

“De plus, l’analyse de l’expression des gènes liés au métabolisme énergétique dans le foie a révélé une diminution significative de l’expression de l’ARN messager de la stéaroyl-CoA désaturase 1, de l’acétyl-CoA carboxylase 1 (ACC1) et de l’ACC2, impliquées dans l’oxydation des acides gras, après que des souris aient reçu pendant deux semaines un extrait de café vert contenant de l’acide chlorogénique.

“La diminution de l’expression de la stéaroyl-CoA désaturase 1 et de l’ACC1, qui participent à la synthèse des acides gras, favorise la dépense énergétique, et la diminution de l’expression de l’ACC2 augmente l’oxydation des acides gras dans les mitochondries par la production réduite de malonyl CoA, qui inhibent la carnitine palmitoyltransférase 1.

Conclusion

“La consommation de café à haute teneur en acide chlorogénique pendant 12 semaines par des adultes en surpoids pourrait réduire la zone de graisse viscérale, la zone de graisse abdominale totale, l’IMC et le tour de taille”, concluent les chercheurs.

Source de l’article: The modest fat loss effect of chlorogenic acid

Source Ergo-log: Nutrients. 2019 Jul 16;11(7).

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Vivre plus longtemps grâce aux acides gras mono-insaturés ?

huile-olive-mono-insatureSi vous voulez que votre séjour sur cette planète dure le plus longtemps possible, vous feriez bien de consommer le plus de graisses possible à partir d’huile d’olive, d’avocats et de noix. Ces produits seraient les meilleures sources d’acides gras mono-insaturés. Selon une étude épidémiologique de longévité réalisée en 2005, un apport élevé en ces acides gras prolonge la durée de vie.

L’étude dont nous parlons a été publiée dans Experimental Gerontology. Des chercheurs de l’Université de Bari ont suivi 278 Italiens en bonne santé âgés de 65 à 84 ans, du début des années 1990 au début du XXIe siècle. Au cours de cette période, ils ont essayé de déterminer les habitudes alimentaires qui réduisent les risques de mortalité.

Les résultats donnent à réfléchir. Les protéines, les glucides, les fibres, les ” mauvais ” acides gras saturés [SFA] – rien de tout cela n’a eu d’effet sur la mortalité. Les chercheurs n’ont trouvé que deux facteurs qui ont eu un effet : l’apport en acides gras mono-insaturés [MUFA] et le rapport acides gras insaturés : acides gras saturés [UFA/SFA].

Les acides gras mono-insaturés favoriseraient la longévité des sujets de l’étude

Le second n’était pas fortement significatif, le premier était plus convaincant. Donc les Italiens vivaient plus longtemps lorsqu’ils consommaient des acides gras plus insaturés. A priori, il serait plus facile d’optimiser votre équilibre en supprimant les produits prêts à l’emploi de votre alimentation : leur composition en acides gras est malsaine. La graisse de viande et celle du lait seraient moins risquées. Bien qu’ils contiennent de grandes quantités d’acides gras saturés, ils contiennent aussi de grandes quantités d’acides gras mono-insaturés. Mais les sources végétales de matières grasses comme les noix, les olives et les graines présenteraient la meilleure composition en acides gras.

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L’étude italienne confirme les conclusions des études animales sur la relation entre la composition en acides gras et l’espérance de vie. En 2011, des chercheurs de l’Université de médecine vétérinaire d’Autriche ont publié les résultats d’une telle étude. {J Comp Physiol B. 2011 Feb ; 181(2) : 289-98} Le chiffre reproduit ci-dessous provient de cette étude.

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L’étude autrichienne a également montré qu’une alimentation riche en acides gras polyinsaturés n-3 ou n-6 n’avait pratiquement aucun effet sur la durée de vie des souris. Ce qui a eu un effet, c’est la concentration d’acides gras mono-insaturés dans les membranes cellulaires.

Source de l’article: Live longer with monounsaturated fatty acids

Source Ergo-log: Exp Gerontol. 2005 Apr;40(4):335-43.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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L’acide D-Aspartique est considéré comme inefficace chez les jeunes bodybuilders

acide-d-aspartiqueImaginez que vous avez vingt ans et que vous vouliez prendre un supplément qui augmentera votre taux de testostérone et la prise de muscles. Quoi que vous fassiez, ne prenez pas d’acide D-Aspartique. Selon une petite étude humaine publiée par les scientifiques du sport Darryn Willoughby et Brian Leutholtz dans Nutrition Research, l’effet de l’acide D-Aspartique sur la testostérone et la force musculaire serait minime.

Une étude italienne à l’origine d’un buzz sur l’acide D-Aspartique

Après qu’une étude italienne ait montré qu’une supplémentation avec 3 g de sodium-D-Aspartate augmentait le taux de testostérone chez les hommes âgés, les analogues de l’acide D-Aspartique ont fait leur chemin dans le monde des compléments sportifs. Les expériences réalisées avec l’acide D-Aspartique pur n’étaient pas particulièrement prometteuses. Celles qui furent effectuées avec des sels de calcium et de sodium de l’acide aminé étaient meilleures. Le corps absorberait mieux ces formes d’acide D-Aspartique.

Willoughby et Leutholtz étaient sceptiques quant aux allégations portées sur l’acide D-Aspartique. Les hommes de l’étude italienne présentaient un faible taux de testostérone alors que les culturistes présentent généralement un taux élevé en raison d’un entraînement physique intensif et d’un régime alimentaire soigné. L’acide D-Aspartique était-il donc efficace dans ce groupe ?

C’est la question à laquelle les chercheurs ont tenté de répondre en faisant une expérience de 28 jours avec 20 culturistes amateurs dont l’âge moyen était de 22 ans. Les chercheurs ont donné à la moitié de leurs sujets 3 grammes d’acide D-Aspartique par jour. L’autre moitié des sujets ont reçu un placebo. Le supplément n’a pas fonctionné. Les tableaux ci-dessous montrent que les augmentations de la testostérone et de la force étaient négligeables. Les effets n’avaient rien de significatif.

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Les chercheurs ont constaté que la supplémentation n’a entraîné qu’une augmentation limitée de cet acide aminé chez les sujets. Ce qui a augmenté de façon significative, c’est le niveau de l’enzyme D-aspartate oxydase – une enzyme qui décompose l’acide D-Aspartique dans les intestins, les reins et le foie.

L’acide aspartique serait complètement inutile chez les jeunes athlètes

L’acide D-Aspartique ne fonctionne pas, résument les chercheurs. “Nous concluons que 28 jours de supplémentation en acide D-aspartique à une dose quotidienne de 3 grammes est inefficace pour réguler l’activité de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique et n’a aucun effet préférentiel pour augmenter la masse et la force des muscles squelettiques des hommes entraînés aux sports de résistance”, écrivent-ils.

C’est le cas de la forme libre de l’acide D-Aspartique. L’étude n’a pas dit grand-chose sur les analogues de l’acide Aspartique, du sodium-D-aspartate et du calcium-D-aspartate.

Note EM: Rappelez-vous que tout est une question de contexte mais aussi d’âge; un facteur décisif d’efficacité (ou d’inutilité) lorsqu’il s’agit de compléments alimentaires. L’étude précédemment réalisée par des chercheurs italiens avait mis en évidence une augmentation de 40% de testostérone chez des athlètes âgés, ce qui n’a absolument rien de significatif ni d’utile. A l’opposé, il vaudrait sans doute mieux tabler sur la Leucine et le HMB car vous risquez certainement d’en retirer plus de gains après 45 ans alors qu’à 20 ans, ils ne feront pratiquement aucune différence. C’est aujourd’hui une évidence démontrée.

Source de l’article: D-Aspartic acid not effective in young bodybuilders

Source Ergo-log: Nutrition Research. Available online 15 August 2013.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Pour perdre du poids, vous êtes plutôt viande ou poisson maigre ?

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Image www.atelierdeschefs.fr

Une alimentation qui vous fournit 30% moins d’énergie que ce que vous brûlez chaque jour fonctionnerait mieux si vous preniez du cabillaud comme source de protéines. Des chercheurs de l’Université d’Islande ont publié un article sur le sujet dans Nutrition, Metabolism & Cardiovascular Diseases. Pour perdre du poids, un régime hypocalorique à base de poisson maigre serait plus efficace qu’un régime identique dans lequel la source de protéines serait la viande maigre.

Poisson maigre, protéine et perte de poids

Le poisson est bon pour le cœur, les vaisseaux sanguins et la composition corporelle. Peut-être est-ce parce que le poisson contient des acides gras Oméga 3, peut-être parce qu’il contient de la vitamine D. Ou peut-être est-ce parce que les protéines de poisson contiennent des quantités assez élevées de taurine, ce qui augmente le taux métabolique. Ou peut-être est-ce à cause de l’interaction entre tous ces facteurs ? C’est un fait, les gens perdraient du poids plus rapidement s’ils mangeaient beaucoup de poisson. Des études animales auraient montré qu’un régime hypocalorique contenant beaucoup de protéines de poisson maintiendrait mieux les réserves de glucose musculaire qu’un régime basé sur d’autres sources de protéines.

L’étude sur le poisson contre la viande maigre

Les chercheurs voulaient savoir quel serait l’effet d’une alimentation riche en poisson maigre sur les hommes et les femmes en surpoids. Ils ont fait un essai avec 126 personnes obèses âgées de 20 à 40 ans et leur ont imposé un régime strict pendant 8 semaines. Le groupe témoin a reçu de la viande maigre tous les jours, un autre groupe a reçu 150 g de cabillaud 3 fois par semaine au lieu de la viande, et le dernier groupe en a mangé 150 g 5 fois par semaine. Les sujets testés tiraient leur énergie pour environ 35% des matières grasses, 17 % à partir des protéines et le reste à partir des glucides.

Les résultats !

Le tableau ci-dessous montre les changements dans les trois groupes après 8 semaines.

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Au plus les sujets avaient mangé de cabillaud, au plus l’effet de leur régime amaigrissant était important. L’effet du régime alimentaire du poisson était significatif, tant pour la perte de poids totale que pour la réduction du tour de taille. Avec du cabillaud plutôt que de la viande cinq jours par semaine, les sujets avaient perdu 1,7 kg de plus en 8 semaines.

L’étude était sponsorisée

Il y a quand même un “mais” dans cette étude : elle a été financée par le Fonds islandais pour la recherche AVS. En d’autres termes, il s’agit du ministère islandais de la pêche. La pêche est d’une importance vitale pour l’économie islandaise : le poisson représente 63 % des exportations de l’Islande. On pourrait dire que le commanditaire avait un intérêt direct dans les résultats de la recherche.

Source de l’article: Weight loss faster with lean fish than lean meat

Source Ergo-log: Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2009 Dec;19(10):690-6.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Statistiques du marché des compléments alimentaires en France

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Image healthcastle.com

Déjà 600 articles d’une petite aventure commencée il y a 10 ans mais pour moi, je ne suis aujourd’hui même pas à la moitié du chemin. A vrai dire, je me vois bien constituer une petite base de données de 1500 articles au moins, où chacun pourra puiser autant qu’il le voudra.

Ceci n’est jamais qu’une étape et j’ai d’autres projets d’écriture en cours, autant sur le plan des ergogènes qu’en psychanalyse car, comme vous le savez (ou pas), c’est ma petite marotte depuis très longtemps. Toujours est-il que cet article est consacré aux statistiques du marché des compléments alimentaires en France. Les informations données proviennent du très sérieux magazine Actif’s. Les données que je vais vous transmettre sont donc considérées comme fiables et caractéristiques du marché français.

Les compléments alimentaires en France, chiffres et statistiques

D’un point de vue purement formel, je ne pourrais pas séparer le marché des compléments alimentaires en France de celui des compléments dédiés aux sports de force comme les protéines en poudre ou la créatine car, à ma connaissance, il existe très peu de statistiques fiables sur ce seul marché. Cependant, les chiffres avancés ici sont déjà impressionnants par eux mêmes, même s’ils restent généraux. Au niveau du total des ventes, nous en sommes actuellement à 2,15 milliards d’euros, un chiffre déjà colossal à vous présenter dans les détails. Comme vous le savez, en France, les pharmacie détiennent une très large majorité du marché, les français ayant toujours cette idée ridicule en tête qu’un complément alimentaire doit être vendu en pharmacie ou en parapharmacie. Inconsciemment, le rapport indirect avec le médicament, censé être efficace, est certainement présent dans la tête des acheteurs. A priori, les pharmaciens ne s’en plaignent pas.

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En réalité, une même boite peut être vendue autant en pharmacie que sur un site, cela n’y changera rien, sauf peut-être pour le prix. Toujours est-il qu’en 2018, les pharmacies représentent 952,5 millions d’euros du chiffre d’affaires réalisé dans l’hexagone. Autrement dit, les officines monopolisent environ 44,30% du marché. Avec les parapharmacies (113,5 millions d’euros), ils représentent à eux deux 49,60% du marché. Autrement dit, un complément alimentaire sur deux en France est vendu en pharmacie et parapharmacie. Pour ma part, c’est quelque chose que j’ai toujours du mal à comprendre mais cet amalgame absurde complément/médicament persiste encore dans la tête des français. Cela dit, les grandes et moyennes surfaces ne sont pas non plus sans tirer leurs épingles du jeu car ils représentent quand même un marché de 198 millions d’euros (9,20% du marché).

Le e-commerce continue à se maintenir sur le marché des compléments alimentaires en France malgré une légère baisse

l-arginineDe son côté, les circuits de vente dématérialisées pèsent environ 600 millions d’euros pour 28% du marché. A lui seul, le e-commerce pèse pratiquement 300 millions d’euros, soit 13,80% du marché. Le secteur dématérialisé accuse cependant une baisse significative (8%) par rapport à l’année précédente. Les marges serrées et autres promotions constantes ne sont sans doute pas sans produire leur effet sur le résultat global des revendeurs. Le secteur sportif semble pourtant contribuer de manière significative à la solidité relative de ce résultat en termes de chiffre d’affaires.

D’un point de vue plus général, 46% des français affirment avoir consommé des compléments alimentaires en 2018 selon les chiffres donnés par le syndicat Synadiet. L’idée de plus en plus forte que les compléments alimentaires contribuent à l’entretien de la santé continue de faire son chemin. La phytothérapie serait appréciée par 84% des français, un chiffre de 86% est avancé en ce qui concerne les produits de l’apiculture, des chiffres intéressants à remarquer. Omégas 3, 6 et 9 continuent de maintenir leur bonne réputation pour 83% des français, 79% en ce qui concerne les huiles essentielles. En effet, l’image des compléments alimentaires en France bénéficie d’une opinion de plus en plus positive, pour 93% d’entre eux. Les arguments “croissance”, “vieillissement”, “contre les carences” ou “pour “prévenir les déficiences alimentaires” font toujours partie des principales raisons pour lesquelles les français s’intéressent de près à ce marché.

Notons également que l’implication des professionnels de santé contribue aussi à la vitalité du marché. C’est 59% des français qui auraient pris un ou des compléments alimentaires suite aux conseils de leur médecin ou d’un professionnel de santé. Les patients eux-mêmes se sentent plus impliqués dans cette démarche. Ils seraient 30% à souhaiter recevoir les conseils de leur médecin sur les compléments alimentaires. Mieux encore, 55% des français estiment que ces produits devraient être remboursés par leur mutuelle. Quoi qu’il en soit, je ne pourrais pas vous donner de chiffres précis sur le seul marché des compléments alimentaires en France dans le secteur sportif ou musculation pour l’instant. Côté statistiques, le prochain article évoquera le marché indien mais cela ne devrait pas vous empêcher de revenir rapidement sur Espace Corps Esprit Forme afin de développer votre culture physique.

Eric Mallet

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L’effet anti-catabolique de la glycine

La plupart des fabricants d’aliments ou de compléments alimentaires pour sportifs ne font rien avec l’acide aminé glycine. Pour eux, la glycine est au mieux un agent de remplissage trop onéreux. Mais cette image n’est pas justifiée, selon une étude animale que des physiologistes de l’Université de Melbourne ont publiée dans Clinical Nutrition. Selon leur étude, la glycine présenterait un effet anti-catabolique.

La Glycine soutient plusieurs fonctions essentielles de l’organisme

Le tableau ci-dessous résume ce que nous savons sur la façon dont le corps humain métabolise la glycine. La glycine sert de matière première pour les sels biliaires, les purines, le glutathion et même le glucose. Elle peut aussi être créée à partir d’autres acides aminés.

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Effet sans doute moins connu, la glycine inhibe les processus inflammatoires [Curr Opin Clin Nutr Metab Care. 2003 Mar;6(2):229-40.] et protège le tissu musculaire lorsque la circulation sanguine faiblit. En raison de ces effets, le chercheur australien, Daniel Ham s’est demandé si la glycine pouvait aider à combattre la cachexie : les processus cataboliques qui surviennent dans les formes avancées de cancer. Si c’était le cas, la glycine pourrait être considérée comme un anti-catabolique.

L’étude sur la glycine et des cellules cancéreuses

Daniel Ham a injecté des cellules tumorales agressives à des souris. Puis il leur a administré des injections quotidiennes de glycine. La glycine est facilement absorbée par voie orale, de sorte qu’il est possible de la mélanger à de la nourriture. Mais Ham a utilisé des injections pour contourner le problème de la baisse d’appétit due au cancer. La dose quotidienne était de 1 gramme de glycine par kg de poids corporel. Pour un homme adulte, le dosage s’élèverait entre 7 à 10 grammes de glycine par jour.

Les résultats de l’étude

L’administration de glycine a protégé la masse musculaire de la dégradation tout en empêchant une diminution de la force musculaire. C’est ce que Daniel Ham a observé après trois semaines.

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La supplémentation en glycine a inhibé l’activité des gènes cataboliques tels que l’Atrogin-1 dans les muscles.

Ham a répété ses expériences avec les acides aminés L-Alanine et L-Citrulline. Ceux-ci n’offraient aucune protection aux muscles. La glycine a également inhibé la croissance des tumeurs mais aucun des autres acides aminés n’a eu cet effet. La citrulline a en fait accéléré la croissance de la tumeur.

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Conclusion de l’étude sur le potentiel anti-catabolique de la glycine

“Quel que soit le mécanisme spécifique qui a lieu ici, la glycine représente un traitement potentiel de la cachexie cancéreuse, soit isolément, soit en combinaison avec d’autres nutriments “. C’est ce que concluent les chercheurs. “La glycine offre une protection contre la réduction de la taille et de la fonction des muscles squelettiques induite par le cancer. Elle réduit le fardeau oxydatif et inflammatoire, réduit l’expression des gènes associés à la dégradation des protéines musculaires dans la cachexie du cancer”.

Il est possible que la glycine ait des effets similaires chez les athlètes. Les formules de pré-entraînement contenant – par exemple – de la glycine et des BCAA pourraient s’avérer intéressants pour la progression des culturistes.

Source de l’article: The anticatabolic effect of glycine

Source Ergo-log: Clin Nutr. 2014 Jun;33(3):448-58.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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