La décorine, l’inhibiteur de la myostatine et booster de la follistatine, est le facteur clé de la croissance musculaire

Il y a quelques mois, une équipe de recherche de norvégiens et d’allemands a publié une étude dans le Biochemical and Biophysical Research Communications qui nous fera dire dans un quart de siècle : Ce fut le début d’une nouvelle ère dans l’histoire du culturisme. L’étude suggère que la protéine du nom de décorine joue un rôle clé dans la croissance musculaire. En réalité, il est fort probable que la décorine joue un rôle encore plus fondamental dans la croissance musculaire que la myostatine et la follistatine.

La-decorine

La décorine

La formule développée de la décorine est indiquée ci-dessus. Il s’agit d’une glycoprotéine relativement petite qui contient également un nombre relativement important d’unités de Leucine. Il s’agit d’un dimère plongé dans un fluideles deux parties de la molécule se fixent les uns aux autres.

La décorine est une myokine, une protéine produite par les cellules musculaires. En outre, les chercheurs savent depuis pratiquement 15 ans que la décorine joue un rôle important dans la croissance musculaire. Si vous modifiez génétiquement des souris afin qu’ils produisent plus de décorine, leurs muscles vont récupérer plus rapidement de blessures et de dommages cellulaires. Ce mécanisme est en partie causé par la décorine qui sabote la myostatine, et par conséquent permet à des cellules souches de se transformer en cellules musculaires matures plus rapidement.

La myostatine est une protéine que les cellules musculaires synthétisent et avec laquelle ils inhibent leur croissance. La Décorine rend probablement les molécules de myostatine inoffensives avant qu’elles s’attachent à leur récepteur. Une théorie veut que la décorine stimule les cellules musculaire pour faire de la follistatine, une protéine qui “gobe” la myostatine, pour ainsi dire empêchant ainsi la myostatine de faire son travail.

Première étude scientifique sur la décorine

Jusqu’à présent, la recherche réalisée sur la décorine n’avait été faite que sur des cellules musculaires d’animaux de laboratoire et in vitro, mais les Norvégiens et les Allemands ont également inclus les humains dans leur étude. Ils ont sollicité 10 étudiants qui avaient déjà fait de la musculation et de procéder à un entraînement complet du corps, effectuant 8 exercices de base: de la presse à cuisses, des flexions de jambes (leg curls), du développé couché, des triceps pull down, de la presse militaire, du cross over, et du rowing à la poulie basse. Pour chaque exercice, ils ont réalisés 3 séries de 8 reps. Le schéma ci-dessous montre que la séance d’entraînement a augmenté la concentration de décorine dans le sang.

 

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Au plus les poids utilisés par les étudiants étaient lourds, au plus l’augmentation de la concentration en décorine dans leur sang était grande. La figure ci-dessus montre la relation entre la concentration de la décorine et le nombre de kilogrammes que les étudiants pouvaient déplacer sur la presse à cuisses.

Deuxième étude scientifique

Au cours d’une deuxième expérience, les chercheurs ont demandé à 26 hommes au style de vie sédentaire, âgés entre 40 et 65 ans, de faire de la musculation pendant 12 semaines. Avant et après la période d’entraînement, les chercheurs ont prélevé des échantillons de tissu musculaire de la jambe des hommes et ont mesuré leur concentration en décorine.

A la fin des 12 semaines, les hommes ont gagné en force et étaient capables de déplacer plusieurs dizaines de kilogrammes sur la presse à jambes. A ce moment, les muscles de leurs jambes ont commencé à produire plus de décorine. Au plus l’augmentation de la synthèse de la décorine dans leurs muscles était forte, au plus la force de leurs muscles avait augmenté.

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Troisième étude scientifique

Les chercheurs ont également réalisé une étude sur l’animalils ont inséré des gènes artificiels de décorine avec des impulsions électriques dans les muscles des jambes des souris. Ce stratagème a stimulé l’activité du gène de Mighty, un gène qui neutralise les effets de la myostatine. En outre, les nouveaux gènes de décorine ont stimulé l’activité du gène de la follistatine et réduit les effets des gènes de l’atrophie musculaire atrogin1 et MuRF1.

Conclusion

Les chercheurs affirment: “Nous faisons l’hypothèse que la décorine est secrétée depuis les cellules musculaires squelettiques en réponse à l’exercice impliqué dans la restructuration des muscles au cours de l’hypertrophie“.

Article Ergo-log: Decorin – myostatin inhibitot and follistatin booster – is key factor in muscle growth

Source de l’article: Biochem Biophys Res Commun. 2014 Jul 25;450(2):1089-94.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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BIBLIOGRAPHIE

  • Kishioka Y. et al., Decorin enhances the proliferation and differentiation of myogenic cells through suppressing myostatin activity, J Cell Physiol. 2008 Jun;215(3):856-67.
  • Gonzalez-Cadavid NF, Bhasin S., Role of myostatin in metabolism, Curr Opin Clin Nutr Metab Care. 2004 Jul; 7(4):451-7.
  • Li Y. et al., Decorin gene transfer promotes muscle cell differentiation and muscle regeneration, Mol Ther. 2007 Sep;15(9):1616-22.
  • Miura T, Kishioka Y, Wakamatsu J, Hattori A, Hennebry A, Berry CJ, Sharma M, Kambadur R, Nishimura T., Decorin binds myostatin and modulates its activity to muscle cells, Biochem Biophys Res Commun. 2006 Feb 10; 340(2):675-80.
  • Riquelme C. et al., Antisense inhibition of decorin expression in myoblasts decreases cell responsiveness to transforming growth factor beta and accelerates skeletal muscle differentiation, J Biol Chem. 2001 Feb 2;276(5):3589-96.
  • Zhu J, Li Y, Shen W, Qiao C, Ambrosio F, Lavasani M, Nozaki M, Branca MF, Huard J., Relationships between transforming growth factor-beta1, myostatin, and decorin: implications for skeletal muscle fibrosis, J Biol Chem. 2007 Aug 31; 282(35):25852-63.
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Doublez à vie la croissance des muscles avec une seule injection des gènes de la follistatine

La-follistatine

La follistatine !

Vous pourriez chercher très longtemps après ce nouveau genre de substance mais vous ne l’obtiendrez sans doute jamais. Nous parlons d’un nouveau genre d’anabolisant étudié par les chercheurs de l’Ohio State University. Une seule injection pourrait vous changer pour le reste de votre vie en une espèce de monstre au point que Markus Ruehl dirait qu’une telle masse de muscle n’est vraiment pas esthétique. Cet agent activerait la follistatine.

Le super stéroïde en question n’est pas une hormone. C’est un virus commun du rhume avec lequel les chercheurs ont fait quelques ajustements. Les virus envahissent les cellules et libèrent leurs gènes à l’intérieur de ces cellules. Ensuite, la cellule obéit à des instructions et libère des protéines selon les gènes du virus. Les protéines formées constituent des blocs de construction pour de nouveaux virus.

Un virus reprogrammé pour désactiver la myostatine

Les chercheurs ont réussi à obtenir de leurs virus qu’ils «programment» les cellules musculaires pour produire des protéines qui désactivent la myostatine. La myostatine est une protéine créée par les cellules musculaires pour ne pas que les propriétaires de centres de remise en forme ne soient forcés de changer de métier pour se convertir en vendeurs de 4 x 4.

Non pas que les chercheurs aient quelque chose contre les propriétaires de centre de fitness mais ils sont à la recherche d’un remède contre la dystrophie musculaire. Au cours de leurs études, publiée dans le prestigieux magazine scientifique PNAS , ils ont testé trois gènes inhibiteurs de la myostatine: le gène de la croissance et de la différenciation au facteur-associé de la protéine sérum-1 (GASP-1), le gène de la follistatine lié (FLRG) et le gène de la follistatine-344 (FS).

Il existe différents types de follistatine et ils ont tous des fonctions différentes. Pour autant que nous le savons, seule la follistatine-344 est active dans le tissu musculaire. Les souris de l’expérience ont reçu une injection quand ils avaient quatre semaines. Les photos ci-dessous montrent leur musculature deux ans plus tard. AAV1 représente l’adénovirus que les chercheurs ont utilisé. AAV1-GFP était le groupe témoin.

Les-effets-de-la-follistatine

L’injection du gène de la follistatine 344 s’est montré le plus efficace. C’est absolument évident si vous observez le schéma ci-dessous qui fait montre du poids des souris deux ans après l’injection.

Follistatine

Mais le plus intéressant reste encore le graphique ci-dessous. Il nous montre comment la puissance musculaire des souris s’est développée au cours de leur existence. Les souris du groupe de contrôle – en vert – se sont affaiblis au cours de leur vie mais les souris auxquelles ont a injecté l’AAV-FS – en rouge – ont continué à gagner de la force.

Gains-de-force-avec-de-la-follistatine

Les chercheurs ont obtenu le même succès lorsqu’ils ont injecté les virus à des souris qui souffraient de maladies musculaires congénitales. “La capacité stupéfiante de la follistatine à provoquer une amélioration massive, fonctionnelle et à long terme de la dystrophie des muscles chez les animaux âgés nous permet de prendre en considération de futures recherches et développements cliniques de traitement des maladies du muscle squelettique, en y incluant les patient âgés souffrant de dystrophie“.

Encore quelques années et les maladies musculaires ne seront peut-être plus qu’un souvenir du passé. Et l’ensemble des centres de fitness vont littéralement exploser sous la masse…

Source Ergo-log: Double muscles for life with just one injection of follistatin gene

Source de l’article: Proc Natl Acad Sci U S A. 2008 Mar 18;105(11):4318-22.

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Note du traducteur: En résumé, il serait théoriquement possible à un athlète naturel de 80/85kg de passer facilement les 100kg de muscle sec sans qu’il soit possible de lui détecter la moindre trace de dopage dans le sang. Quand on connaît déjà les différentes molécules toujours indétectables aux contrôles, on se rend bien compte que le dopage a plusieurs longueurs d’avance sur la surveillance médicale anti-dopage. C’est ainsi…

Eric Mallet

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Le Ginkgo Biloba fait preuve d’effets anabolisants sur les muscles âgés

gingko-biloba-feuillesLes athlètes qui ne sont plus dans la fleur de leur jeunesse pourraient profiter des extraits de feuilles d’un arbre centenaire, le Ginkgo biloba. Du moins, si vous extrapolez les résultats d’une étude animale publiée récemment dans la revue prestigieuse PLoS One, pour y inclure les humains. Ces extraits végétaux auraient un effet anabolisant chez les rats âgés: ils inversent le processus de vieillissement catabolique des tissus musculaires.

Le Ginkgo Biloba influencerait positivement la longévité

Le Ginkgo biloba serait un complément de longévité particulièrement intéressant. Dans les études animales et épidémiologiques, des extraits de Ginkgo biloba prolongent la durée de vie. Des études sur les vers ont montré que les extraits de ginkgo pouvaient protéger le tissu musculaire de la dégénérescence qui se produit avec le vieillissement. Les chercheurs, qui travaillent dans des instituts de recherche en France, comme l’INSERM et le CNRS se sont montrés particulièrement intéressés par ce dernier aspect. Ils se demandaient si le Ginkgo biloba pouvait agir contre la sarcopénie.

La sarcopénie est le terme scientifique pour l’affaiblissement qui se produit à la suite du vieillissement. Les muscles perdent leur force et leur capacité à fonctionner avec l’âge. Mais nous ne savons pas exactement comment cela se passe. Le vieillissement s’apparente probablement à quelque chose comme une cascade de processus cataboliques.

Une étude sur des rats met en évidence un effet anabolisant du Gingko biloba

Les chercheurs ont réalisé une étude en utilisant des rats âgés de 22 mois. Ils ont reçu 75mg par kilo de poids corporel d’extrait de Ginkgo biloba dans leur eau potable chaque jour pendant 2 mois. L’extrait utilisé était l’Egb 761 du fournisseur français Ipsen. Un groupe témoin de rats âgés n’a pas pris de Ginkgo. Un deuxième groupe témoin était constitué de jeunes rats âgés de 4 mois. Ils n’ont pas eu de Ginkgo biloba non plus.

Après 60 jours, les chercheurs ont mesuré l’effet que l’extrait de Ginkgo biloba avait eu sur le muscle soléaire du mollet. Bien sûr, chez Ergo Log, nous ne sommes que des journalistes simplement stupides, sans réelle compréhension de ces questions, mais nous pensons que c’était un choix de muscle étrange. Le soléaire n’est pas sensible aux processus de vieillissement. Un autre muscle du mollet, le jumeau réagit plus au vieillissement. En conséquence, il est tout à fait possible que cette étude sous-estime l’effet anabolisant du Ginkgo biloba. Peut importe…

À la fin de la prise du Ginkgo biloba, lorsque les chercheurs ont examiné les rats âgés, ils remarquèrent que les extraits végétaux protégeaient les rats contre le gain de poids. Les rats de laboratoire âgés sans prise de Ginkgo biloba avaient engraissé. De plus, les rats qui avaient consommé du Ginkgo gardaient plus de tissus musculaires.

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Les effets du Ginkgo Biloba n’étaient pas importants au point que les tissus musculaires des rats âgés puissent retrouver l’état des jeunes rats.

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Les rats qui avaient reçu un supplément de Ginkgo biloba avaient également développés plus de puissance musculaire. Les chercheurs ont découvert cela quand ils ont mesuré les fibres musculaires du soléaire des rats en contraction, et de mesurer la quantité d’énergie que les fibres pourraient générer.

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La supplémentation en Ginkgo biloba eu un effet intéressant sur la concentration de l’enzyme créatine kinase dans le sang des rats (un marqueur des lésions musculaires). Au plus on retrouve de créatine kinase dans le sang, au pire sera l’état des muscles. Les jeunes animaux présentaient 370 U/L dans le sang. Chez les rats âgés qui n’ont rien pris, ce chiffre était de 737 U/L. Chez les rats âgés qui ont avait eu du Ginkgo, la créatine kinase avait chuté à 371 U/L.

La raison pour laquelle la recherche française fut publiée dans une revue scientifique aussi prestigieuse que PLoS One, c’est que les chercheurs avaient utilisés la technologie génomique pour mesurer l’activité de dizaines de milliers de gènes dans l’ADN des cellules musculaires. C’est ainsi qu’ils ont découvert que le supplément de Ginkgo avait eu un effet sur 1015 de ces gènes.

Le Gingko biloba aurait modifié un nombre important de gènes, dont celui de la follistatine

Les gènes les plus importants étaient liés à la production de tissu musculaire, comme les gènes de la follistatine, une protéine apparentée à la follistatine, un récepteur de type I de l’activine, une chaîne lourde de myosine embryonnaire et le récepteurs 3 de la ryanodine. Tous étaient devenus plus actifs. D’autres gènes ont également réagi au Ginkgo: Certains ont permis aux cellules musculaires de brûler plus d’acides gras, d’autres ont réduit la quantité de radicaux libres produits par les mitochondries des cellules musculaires produites, alors que d’autres ont fait en sorte que les cellules musculaires utilisent moins de glucose comme source d’énergie.

Le Ginkgo biloba a également permis que le gène de la Ténascine C travaille deux fois plus que la normale. La Ténascine C est une molécule présente dans les articulations des muscles, c’est une composante du collagène de type I et II. Donc, le Ginkgo biloba augmenterait non seulement la masse musculaire et la force mais il permet aussi de renforcer les articulations musculaires.

Les chercheurs pensent que le Ginkgo biloba pourrait protéger les personnes âgées contre la sarcopénie. S’ils ont raison, cela permettra aux probables prolongateurs de la vie de maintenir la fonction musculaire d’une nouvelle manière. Jusqu’à présent, les prolongateurs de la longévité ne pouvaient tabler que sur la restriction calorique et l’entraînement de la force.

Source Ergo-Log: Ginkgo has anabolic effect on ageing muscles

Source: PLoS One. 2009 Nov 24;4(11):e7998.

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Note EM: Je connaissais l’intérêt du Gingko Biloba comme antioxydant et pour son action sur la circulation du sang à l’intérieur des petits vaisseaux, ce qui en fait une aide excellente contre les varices. C’est un vieux truc de musclé, une prise de Gingko à faible dose (400/600mg) par jour sur plusieurs semaines permet d’optimiser la congestion mais les effets ne se font généralement sentir qu’au bout de trois à quatre semaines, sinon plus (il faut être patient). Cependant, je ne pensais que le Gingko pouvait agir aussi loin sur l’organisme. Paracelse aurait aimé lire cette étude, j’en suis certain. Le vieil alchimiste était un farouche défenseur de la théorie des ressemblances qui dit que dans la Nature, la ressemblance physique est en relation avec la ressemblance des propriétés. Au moins, sur le Gingko, Paracelse aurait eu raison: Peut-être pourrons-nous bientôt vieillir aussi longuement que le Gingko biloba lui-même.

A bientôt,

Eric Mallet (et n’oubliez pas de développer votre culture physique…)

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