Il serait peut-être possible d’associer le HMB à la Leucine

HMBSi vous vous y connaissez un peu en suppléments sportifs et en compléments alimentaires des sports de force, cette association d’acides aminés devrait vous sembler une mauvaise idée: combiner la leucine et le HMB pour maximiser la croissance musculaire. Ceci parce que le HMB est un métabolite de la Leucine, il semble peu probable qu’il y ait une synergie entre les deux. Mais selon des chercheurs de l’Université de Nottingham en Angleterre et de l’Université McMaster au Canada, le monde de la physiologie du muscle est un peu plus complexe que nous le pensions auparavant.

HMB et L-Leucine font aujourd’hui partie des acides aminés les plus vendus des sports de force

Aujourd’hui, le HMB et l’acide aminé dont il provient font partie des deux suppléments préférés des athlètes de force. Plusieurs études ont confirmé leurs effets et des effets secondaires sont peu susceptibles de se produire quand ils sont pris en quantités normales. Le HMB avait reçu une publicité négative pendant un certain temps, mais un flux continu d’études positives et des preuves empiriques sur les acides aminés ont changé la donne depuis peu.

La L-Leucine est la substance grâce à laquelle les cellules musculaires «reconnaissent» les acides aminés. De tous les acides aminés, c’est aussi celui qui se métabolise le plus facilement. Alors peut-être est-il possible que les cellules musculaires non seulement «reconnaissent» la leucine mais aussi ses métabolites, tels que le KIC (kétoisocaproate) et le HMB (Hydroxyméthyl butyrate de calcium). Si la concentration en L-Leucine et en ses métabolites [la séquence du métabolisme de cet acide aminé est illustré ci-dessous] s’élève dans la cellule musculaire, elles font machine arrière vers l’anabolisme.

Metabolisme-de-la-Leucine-et-du-HMB

Jusqu’à récemment, aucune étude n’avait été publiée pour comparer les effets anabolisants du HMB et de la leucine. Deux groupes de chercheurs ont corrigé ceci. Ceux de Nottingham ont examiné le HMB et ceux du Canada ont examiné l’acide aminé branché.

Les chercheurs anglais ont donné à des étudiants sédentaires 2,42 g de HMB libre (sans liaison calcium) ou 3,42 g de leucine dans la matinée sur un estomac vide, puis ont suivi l’activité anabolique dans leurs muscles en utilisant des acides aminés marqués. Les données qu’ils ont recueillies sont représentées avec les deux figures ci-dessous.

L-Leucine, HMB et synthèse des protéines

Ci-dessous, à gauche, le schéma montre l’effet de la leucine et du HMB sur les myofibrilles FSR [dans un langage plus simple: la synthèse des protéines musculaires]. La L-Leucine a stimulé la synthèse des protéines de 110%, le HMB l’a renforcé de 70%. Strictement parlant, la différence entre l’effet de renforcement musculaire du HMB et celui de l’acide aminé branché n’était pas statistiquement significatif.

 

Effets-de-la-L-Leucine-et-du-HMB-sur-l-hypertrophie

 

En haut à droite, le schéma montre l’effet du HMB sur la dégradation musculaire [DPP]. Les chercheurs ne se sont pas concentrés sur l’effet anti-catabolique de la leucine mais sur l’anabolisme. Ils savaient déjà que la leucine n’a d’effet qu’en tant qu’anti-catabolique indirect. La L-Leucine stimule la synthèse de l’insuline, c’est par l’intermédiaire de cette hormone qu’elle a un effet anti-catabolique. Si vous bloquez l’élévation du niveau de l’insuline en donnant de la leucine, le stimulus anti-catabolique de la leucine s’en trouve réduit. [Am J Physiol Endocrinol Metab. 2008 Sep;295(3):E595-604.]

L-Leucine et HMB ne fonctionnent pas exactement de la même façon dans les cellules musculaires. Les deux substances ont activé la protéine signal AKT mais pas en même temps et au même degré: le BCAA créée une activation importante de courte durée alors que le HMB déclenche une activation modérément intense mais plus longue.

Activation-de-la-proteine-signal-AKT-par-le-HMB

Activation-cellulaire-par-le-HMB-et-la-leucine

En outre, la L-Leucine a développé une meilleure activation de la molécule signal anabolisante p70S6K que le HMB ne l’a fait. Finalement, l’acide aminé et son métabolite améliorent tous deux la croissance musculaire mais pas avec le même mécanisme cellulaire, concluent les chercheurs. Cela pourrait signifier que vous pourriez améliorer l’anabolisme et le renforcement musculaire en combinant à la fois le premier des BCAA et le HMB mais peut-être pas au même moment. Quoi qu’il en soit, le HMB est une molécule de plus en plus crédible en tant que complément alimentaire des sports de force et de musculation.

Article Ergo Log: Maybe it’s possible to stack Leucine with HMB

Source Ergo Log: J Physiol. 2013 Jun 1;591(Pt 11):2911-23.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

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NdT: Comme on le remarque très bien sur le premier tableau, le HMB est un dérivé du kétoisocaproate (KIC), lui-même dérivé du BCAA en question. Si les dernières études sur le HMB sont justes, cela veut dire que le HMB gagnerait en utilité sur le plan anabolisant lorsque l’âge avance. Autrement dit, notre organisme produirait de moins en moins de HMB avec les années. C’est une propriété à prendre en compte avant de dire que l’hydroxyméthylbutyrate ne sert à rien, il faut savoir éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain !

Eric Mallet

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Les dipeptides de la whey hydrolysée facilitent l’assimilation du glucose

Les boissons énergisantes et les préparations post-entraînement fonctionneraient probablement mieux quand elles contiennent des peptides de lactosérum. C’est ce que les japonais de Meiji Seika ont étudié: deux chaînes de BCAA d’un hydrolysat de lactosérum permettent aux cellules musculaires d’absorber plus de glucose.

Les protéines hydrolysées sont riches en peptides dont l’assimilation est optimale

L’hydrolysat de Whey contient des protéines très fragmentées. Au plus les fragments sont petits, au plus le corps peut les absorber. Dans l’intestin grêle, il existe des protéines de transport qui peuvent absorber des chaînes de 2 et de 3 acides aminés: les di- et tripeptides. Ces mêmes protéines de transport se retrouvent dans de nombreux types de cellules. Ainsi, les peptides peuvent se retrouver dans la plupart des tissus – y compris le muscle. Des études cliniques montrent que les BCAA L-Leucine et L-Isoleucine améliorent la captation du glucose par les cellules musculaires. Mais les peptides de BCAA font-ils la même chose ?

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont réalisés des expériences avec des cellules musculaires, des fibres musculaires et les tissus musculaires de rats.

Les chercheurs ont utilisé des enzymes pour séparer les protéines de lactosérum en dipeptides, et ensuite, ils ont séparés les fractions. Quand ils ont introduit les peptides de BCAA dans des tubes à essai avec le glucose dans des fibres musculaires, ils ont constaté que les dipeptides avaient augmenté la captation du glucose.

whey-peptides

Le dipeptide le plus courant d’un hydrolysat de lactosérum est la leucine-isoleucine. Les chercheurs ont donc continué leurs expériences avec ce dipeptide. Lorsque les chercheurs ont ajouté une isoleucine-leucine à une solution de glucose, ils ont remarqué que le tissu musculaire avait absorbé plus de glucose.

whey-dipeptides

lactoserum-dipeptides

 

 

Les chercheurs ont répété l’expérience mais ils ont ajouté le composant LY294002 dans le tube à essai. Le LY294002 inhibe la P13-kinase, une enzyme qui transmet les signaux de l’insuline et du récepteur de l’IGF1 vers la cellule. Le composant neutralise l’effet du dipeptide. Cela signifie que le dipeptide imite et renforce l’effet de l’insuline, selon les chercheurs.

Les Japonais ont récemment publiés plus de données scientifiques sur le potentiel de l’hydrolysat de lactosérum à augmenter l’absorption du glucose par les cellules musculaires. Nous restons à l’écoute de ces prochaines expériences.

Source Ergo-log: Dipeptides in whey hydrolysate are glucose boosters

Source de l’article: J Nutr Sci Vitaminol (Tokyo). 2009 Feb;55(1):81-6.

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Note du traducteur: On connaissait la capacité de la Leucine à imiter l’effet de l’insuline en forçant l’absorption cellulaire du glucose mais pour ce peptide leucine-isoleucine, la leucine est-elle responsable de cet effet et dans quelle proportion ? Une comparaison entre l’acide aminé libre et ce dipeptide quant à leur influence sur l’assimilation du glucose serait sans doute intéressant mais pour l’instant, nous n’en savons pas plus.

Eric Mallet

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Le HMB libre aurait des effets immédiats

HMB-hydroxymethylbutyrateSi vous suivez les conseils des culturistes américains et les sites Web des fabricants de suppléments nutritionnels, vous savez qu’une nouvelle forme de HMB est sur ​​le point de conquérir le marché. Le HMB retrouvé dans la plupart des suppléments est attaché à un calcium. A l’opposé, la nouvelle forme est libre. Le HMB libre (HMB Free Acid) est le nom qu’on vient de lui donner. Selon une étude qui sera bientôt publiée dans le British Journal of Nutrition, l’effet du HMB libre serait perceptible après seulement deux jours.

Si vous voulez en savoir plus sur les avantages du HMB libre (ou libre de sa fonction acide), alors nous vous recommandons fortement de lire le brevet US20120053240 que Jean Rathmacher et ses collègues de Metabolic Technologies ont déposé en 2010. [Brevet US 20120053240]. Il s’agit du résultat des recherches effectuées par les inventeurs de ce dérivé de Leucine dans leur recherche d’une version améliorée des suppléments conventionnels de HMB.

L’efficacité du HMB a souvent été mise en doute par les chercheurs

Beaucoup de scientifiques du sport conservait un point de vue sceptique sur le HMB depuis des années. Il y a eu cependant de nombreuses études scientifiques démontrant l’efficacité de l’hydroxyméthyl butyrate mais la quasi-totalité d’entre eux ont été réalisées par les fabricants de compléments alimentaires. Cette situation a maintenant changé. Les scientifiques du sport ont révisé leur opinion, c’est officiel. [J Int Soc Sport Nutr. 2013 fév 2, 10 (1):. 6] Cela rend le HMB libre, et le brevet Rathmacher, d’autant plus intéressant.

Metabolisme-Leucine-HMB

Les deux tableaux ci-dessous proviennent de la demande de brevet. La première figure compare l’effet d’une dose de HMB libre sur la concentration de cette molécule dans le sang avec l’effet d’une dose similaire de HMB calcium. Comme vous pouvez le voir, le HMB libre est plus efficace que son cousin lié au calcium.

HMB-libre-contre-HMB-avec-calcium

Le-HMB-libre-aurait-des-effets-immédiats

Sur la figure ci-dessus, vous pouvez voir que, après l’ingestion de HMB libre sous forme de gel [FALW] et sous forme de capsules [FASW], on y a retrouvé moins de HMB dans l’urine des sujets de l’expérience (décrite ci-dessous) que quand ils eurent pris la forme avec calcium [CaHMB]. Il semble que le corps absorbe non seulement mieux ce dérivé de la L-Leucine sous forme libre mais aussi qu’il utilise plus efficacement.

Dans l’étude qui sera bientôt publiée dans le British Journal of Nutrition, Jacob et Wilson et ses collègues ont donné à 11 athlètes de la force bien entraînés 3 grammes de HMB libre par jour. Les athlètes ont pris une dose de 1 gramme avec leur déjeuner, une autre avec leur repas du soir et une autre 30 minutes avant une séance d’entraînement intense, plus tôt dans la journée. Un groupe témoin de 9 athlètes ont reçu un placebo.

Lorsque les chercheurs ont mesuré la concentration de l’enzyme créatine kinase dans le sang des athlètes 48 heures après leur séance d’entraînement, ils ont observé que la concentration était plus faible chez les athlètes à qui avaient été donnés du HMB libre durant les deux derniers jours. Comme vous le savez, cela signifie qu’ils ont subi moins de dommages musculaires.

HMB-libre-sans-calcium-aurait-des-effets-immediats

HMB-libre-effets-rapides

Les chercheurs ont ensuite questionnés les athlètes à propos de leur récupération (état de récupération subjectivement perçu). Les bodybuilders du groupe HMB libre se sentaient près à entamer un nouvel entraînement plus tôt que les athlètes du groupe placebo. L’étude fut financée par Metabolic Technologies avec John Rathmacher en tant que directeur de recherche.

Source de l’article: HMB Free Acid has immediate effect

Source Ergo-log: Br J Nutr. 2013 Jan 3:1-7. [Epub ahead of print].

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Note du traducteur: C’était en 1992 ou 94, je ne sais plus trop… J’avais un peu plus de 20 ans, j’étais beau et fringant et je lisais Muscular Development (remarquez la rime !). Une entreprise du nom d’EAS distribuait plusieurs compléments soit-disant révolutionnaires à l’époque mais aujourd’hui considérés comme tout à fait communs (de la glutamine cétoglutarate, du HMB et de la créatine monohydrate). En réalité, EAS fut une des premières entreprises américaines à distribuer de la créatine monohydrate mais surtout du HMB.

A l’intérieur du magazine précité (et aussi d’Ironman), on y voyait des publicités où un jeune homme musclé faisait des ravages chez la gente féminine grâce à Phosphagen (créatine) et au deux autres formules. Le plus drôle dans cette histoire c’est que ces trois molécules résument assez bien l’esprit marketing et scientifique qui entourent le monde du complément alimentaire. D’abord, le HMB, personne n’y croyait ou ne voulait y croire parce qu’il n’y avait aucune étude indépendante réalisée sur la molécule. Je n’y croyais pas non plus jusqu’au jour où j’en ai pris. C’est là que mon opinion a changé. Sans être miraculeux, la récupération post-exercice est meilleure. Ensuite, la glutamine. C’est sans doute, avec le Tribulus Terrestris, la blague qui aura le mieux fonctionné pendant plus de 20 ans.

D’un côté, personne ne croit les études scientifiques réalisées par les fabricants (même quand elles sont honnêtes) et de l’autre, les athlètes sont prêts à avaler des imbécilités soit-disant scientifiquement prouvées mais surtout, tellement détournées qu’elles laisseront toujours un doute. Pendant ce temps, on en vend toujours plus parce que certains croient encore au miracle. Rappelez-vous ce que disait un sinistre personnage: “répétez un mensonge suffisamment longtemps et les gens finiront par y croire”.

Dans tout cela, je me dit que finalement, la science nous aide vraiment à progresser et qu’il faudrait vraiment être inconscient pour choisir le dopage et prendre des risques inconsidérés avec sa santé. Peu importe, je n’ai pas l’habitude de faire la morale à qui que ce soit. Toujours est-il que ça avance. Déjà avec la cyclocréatine, aujourd’hui, avec le HMB libre. Mais d’ici là, n’oubliez pas de développer votre culture physique (et de vous inscrire à la newssletter pour vous tenir au courant des prochains articles).

Eric

Note: En bonus, le mécanisme d’action supposé du HMB.

Métabolisme du HMB (IGF 1, mTOR, MRFs, GH)

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Les compléments alimentaires qui vous donnent du muscle et ceux qui vous donnent de la cervelle !

acide-ursoliqueIl est vrai que l’on ne peut pas tout avoir mais certains font vraiment leur maximum pour cultiver leur médiocrité physique au plus haut niveau, n’ayant de respect ni pour leur corps ni pour leurs neurones (ou ce qu’il en reste). A partir de là, essayons, au cours de cet article, de jeter un œil sur ce qui pourrait nous être utile sur le plan physique et intellectuel. Sans rentrer dans le cadre d’une préparation physique d’athlète de haut niveau ou de chercher à défier les performances d’un super ordinateur, cet article a pour but de vous donner quelques informations sérieuses sur les compléments alimentaires et nutriments les mieux à même de vous aider sur le plan de l’entretien musculaire et intellectuel. Cependant, je vous proposerais de rester dans la simplicité car Espace Corps Esprit Forme s’adresse aussi à ceux qui veulent développer leur potentiel, depuis zéro (ou presque) !

L’acide ursolique, un acide gras particulièrement utile et validé par la recherche scientifique

Cette chose au nom étrange ou pour le moins peu connue parmi les athlètes se nomme  acide ursolique – un acide gras en particulier – Il fait depuis peu, l’objet de recherches sérieuses qui ont déjà abouties à plusieurs thèses de médecine. De l’acide ursolique, nous savons qu’il fait partie de la classe des triterpènes et que son référent isomère est l’acide oléanolique qui se différencie de son homologue par une localisation différente de son méthyle. On sait qu’il s’agit d’un anti-inflammatoire, d’un antioxydant, qu’il protège le système cardiovasculaire, qu’il est doué de propriétés anti-virales, notamment contre l’herpès ou les entérovirus, et qu’ils possèdent surtout des propriétés anti-cancérigènes importantes.

Plusieurs thèses de médecine furent consacrées à cet acide gras et confirment ses propriétés anti-cancérigènes mais ce qui intéresse plus particulièrement les athlètes de force concerne sa faculté à induire une réponse anabolisante (par le biais d’une expression locale augmentée de l’IGF 1) tout en faisant preuve d’une capacité anti-aromatase légère mais démontrée, et qui permettrait d’optimiser le métabolisme de la testostérone.

L’acide ursolique en tant que complément alimentaire

acide-ursolique

Image super-smart.com

Vous connaissez sans doute déjà le supplément alimentaire Ursobolic de E Pharm. Son directeur, Patrick Arnold, n’est pas un inconnu dans le monde du complément alimentaire, même si ce n’est pas vraiment en bien, ni pour ce que l’on pourrait considérer comme étant de l’ordre du complément sous nos latitudes. En biochimiste accompli, Patrick Arnold fut à l’origine de plusieurs prohormones considérées comme légales sur le marché américain durant les années 90. Il fut également à l’origine de la distribution du méthylhexanamine (DMAA) en 2006, autrefois distribuée sous le nom de Geranamine, et qui fut interdite par la suite. Inutile d’être grand devin pour remarquer que le nom commercial de cette molécule donna lieu à plusieurs suppositions fantaisistes quand à l’origine du DMAA, soit-disant extrait du Géranium, alors que ça n’a jamais été le cas. Après avoir fondé une entreprise du nom de LPJ Research avec Ramlakhan Boodram, ils finirent par distribuer leurs produits sous le nom d’Ergopharm puis E-Pharm et Prototype Nutrition en 2009.

Aucun doute à avoir quant aux connaissances du bonhomme en son domaine de recherche, la période sulfureuse des prohormones et de ses déboires avec la justice américaine faisant désormais partie du passé. Finalement, si l’acide ursolique présente un intérêt non négligeable pour les athlètes, il s’agit avant tout d’un acide gras parfaitement anodin sur le plan sanitaire.

En jetant un œil sur le site E-Pharm, on constate qu’Ursobolic serait à la fois un anti-catabolique, un anabolisant naturel, un brûleur de graisse et un anti-aromatase potentiel. Les références du site vont citer un article du magazine scientifique Cellular Metabolism publié en juin 2011. Selon les chercheurs, l’acide ursolique réduirait la perte des protéines musculaires (catabolisme) et une augmentation de la croissance musculaire de 15%, du moins sur des souris. La spécificité de l’acide ursolique serait de jouer en même temps sur une perte égale des graisses, ce qui ferait de cet acide gras ce que les américains appellent un agent de recomposition.

L’acide ursolique influence le métabolisme de l’IGF 1 et du cortisol

Les chercheurs attribuent ces effets à une expression locale de l’IGF1 augmentée par épissage en MGF alors que la recherche scientifique fait également état d’une augmentation de l’irisine, une myokine en partie corrélée à la cinétique de l’IGF1 même si son rôle sur la physiologie du muscle squelettique demande encore à être élucidé.AU cours d’une expérience clinique, un groupe d’athlètes pratiquant un sport de force a reçu 150 mg d’acide ursolique trois fois par jour pendant 8 semaines. Les résultats de l’expérience font apparaitre une augmentation de 12% du taux d’irisine sérique en parallèle à une augmentation de 22,8% de l’IGF1 contre placebo.

L’acide ursolique agirait également sur les graisses par la lipolyse et le blocage de la synthèse des acides gras. Les scientifiques estiment également que cet acide gras pourrait inhiber l’enzyme 11b-HSD1, une enzyme liée au métabolisme du cortisol, et donc à une absence d’accumulation supplémentaire des graisses.

Vos amis, les acides aminés branchés, votre ami la Leucine

Leucine

Votre ami, la L-Leucine !

Si on a beaucoup épilogué sur la glutamine en insistant qu’il s’agissait d’un acide aminé essentiel pour les athlètes, l’abondance de ce dernier ne garantit pas forcément son utilité sur le plan de la supplémentation et des performances sportives. C’est à peu près le contraire pour les acides aminés branchés, nos fameux BCAA. S’il parait difficile d’en prendre trop, en revanche, en prendre un peu donnerait un avantage plus sérieux aux athlètes sur le plan musculaire, de l’énergie et de la récupération post-entraînement mais qu’en est-il réellement ?

Disons simplement que les BCAA sont directement métabolisés au niveau musculaire, contrairement aux autres acides aminés. Cette caractéristique aura d’ailleurs largement contribué à leur popularité en tant que compléments alimentaires. Cependant, des études scientifiques sérieuses indiquent que la prise de BCAA seul n’est que très peu significative sur la croissance musculaire. La totalité des acides aminés essentiels devraient donc accompagner une prise de BCAA pour créer une stimulation suffisante de la synthèse protéique des myofibrilles..

On les appelle branchés à cause de la forme moléculaire qui évoque le dessin d’une branche, tout simplement… Pour la même raison, on les appelle ramifiés. Il n’en existe que trois (L-Leucine, L-Valine et L-Isoleucine), leur chiralité est lévogyre comme la plupart des acides aminés considérés comme fonctionnels sur ce plan. Évidemment, pris séparément, ils ont chacun leur fonction au sein de l’organisme mais ce qui nous intéresse ici concerne leur potentiel anabolisant et anti-catabolique. Actuellement, on considère que la plupart des bénéfices à retirer de ces trois acides aminés se rapporte surtout à la Leucine, cependant, j’aurais l’occasion d’y revenir au cours d’un prochain article. Le dosage généralement conseillé en tant que supplément alimentaire est de 10 à 20 grammes, fractionné en plusieurs prises.

Au niveau de l’absorption, la L-Leucine est catalysé par diverses enzymes, comme il se doit. Elle dépend de ses transporteurs (ou Transporteur Hétérodimérique) et plus spécifiquement d’une glycoprotéine nommée CD98, laquelle se charge également du transport de l’isoleucine, de la valine, du tryptophane et de la tyrosine (transport des acides aminés branchés et aromatiques).

La Leucine active la synthèse des protéines par le biais des protéines signalisantes mTOR

signal-mtor-anabolisme-cellulaireAu niveau musculaire, le mécanisme biochimique principalement connu pour la L-Leucine est celui de l’activation (par phosphorylation) des mTOR, laquelle découle sur l’activation des sous unités p70 de la protéine S6Kinase. Elle-même active le protéine S6 et déclenche l’activation de plusieurs gènes liés à la synthèse des protéines.  De même, l’activation des protéines kinase B (ou Akt) peut désactiver (toujours par phosphorylation) la protéine GSK-3 pour induire une augmentation des translations protéiques. En résumé, la L-Leucine active les voies Akt et mTOR qui mène à la synthèse des protéines musculaires. En outre, la Leucine permet la suppression de l’AMPK (Adénosine Monophosphate Kinase), responsable d’une baisse de la synthèse des protéines.

La leucine pourrait également augmenter la sécrétion de l’insuline et celle-ci induira la phosphorylation des mTOR à partir de ses propres récepteurs cellulaires. Tant les acides aminés branchés – et la leucine en particulier – sont impliqués dans la régulation de la synthèse protéique via le chemin Akt/mTOR, d’où l’intérêt essentiel de veiller à une sécrétion optimale de l’insuline lorsque l’on veut faire du muscle. De là, on se rend très vite compte que l’insuline est également une hormone anabolisante, à partir du moment où l’hygiène alimentaire des athlètes est irréprochable, et donc, présentant une sécrétion saine d’insuline.

Les nootropes, la choline et le Piracétam

nootropique-nootropeUn nombre assez réduit d’athlètes ou de sédentaires pensent que les nootropes – des substances permettant d’optimiser le potentiel cognitif d’un individu – n’existent pas alors qu’au contraire, une multitude de molécules agissent sur nos neurones et sont dotés d’un potentiel d’excitation nerveuse parfois important. En effet, si certaines substances tout à fait banales comme la choline et les vitamines B favorisent un fonctionnement cérébral normal, c’est qu’il existe nécessairement des compléments alimentaires qui ont été élaborés en ce sens, c’est à dire à optimiser la fonctionnalité cognitive. Le plus souvent, ils agissent sur la mémoire, l’association d’idée, l’inventivité ou la créativité mais ne peuvent pas, comme certains abrutis vous le diront peut-être, rendre plus intelligent, car la notion d’intelligence reste relative et n’a pas de valeur scientifique rigoureusement établie, que vous parliez de QI ou d’autres tests encore. En réalité, le cortex cérébral (et le système nerveux secondaire) sont d’une telle complexité qu’ils échappent totalement à des termes aussi réducteurs, sinon complètement absurdes.

Dans la famille des nootropes au sens large du terme, on retrouvera donc des centaines de molécules, naturelles, artificielles ou végétales. Citons les exemples les plus simples comme la choline, l’inositol ou le Bacopa Monieri. En France, les composés de la famille des racétams avec le piracétam, l’aniracetam et d’autres, dont le très récent phénylpiracetam sont considérés comme des médicaments mais comme des compléments alimentaires aux USA. Pour être tout à fait clair sur le sujet, on distinguera les substances indispensables au métabolisme nerveux comme la choline et l’inositol, de ceux qui restent dispensables comme les racétams ou les végétaux comme le Bacopa Monieri, l’Ashwagandha, le Panax Ginseng ou l’Acorus calamus dont on soupçonne les propriétés nootropes.

Ce que la choline peut faire pour votre cerveau (et pour vos muscles) !

Choline-structure-moleculaire

La choline

La choline est essentielle à notre santé, on la considère comme faisant partie du groupe B mais la choline est synthétisable par l’organisme, donc, ce n’est pas une vitamine. Accessoirement, elle peut être élaborée par le foie mais de manière très partielle. La choline est un donneur de méthyles (CH3), ce qui en fait un nutriment précieux pour l’organisme et l’ensemble du métabolisme. On estime qu’une dose de 250 à 500 mg de choline serait nécessaire à l’organisme pour sa santé, par le biais de l’alimentation ou des compléments alimentaires si cela s’avère nécessaire. Un dosage plus élevé de 1 à 2 grammes peut être supplémenté pour soutenir un travail intellectuel (ou physique) intense. On retrouve la choline dans l’alimentation, notamment dans le jaune d’œuf, le soya (lécithine) et les légumes.

La choline est le précurseur du neurotransmetteur acétylcholine

choline-citicolineLorsqu’une dose élevée de choline est ingérée, la choline est alors métabolisée en acétylcholine (choline + acide acétique avec une liaison ester). Il s’agit d’un neurotransmetteur particulièrement important pour votre système nerveux central où elle joue un rôle sur l’apprentissage cognitif et la mémoire mais aussi sur l’activité neuromusculaire car pour n’importe quelle fibre de vos muscles, existe forcément une fonction nerveuse (plus ou moins développée). C’est principalement pour cette raison que la choline est nécessaire tant pour les athlètes que pour les étudiants car l’acétylcholine intervient sur les deux tableaux. Notons que la forme Cytidine choline (nom commercial citicholine ou citicoline) est aujourd’hui retrouvée dans certains compléments pour les athlètes car elle jouerait un rôle au niveau neuromusculaire. En théorie, l’activation augmentée du système nerveux lié au fibres musculaires permettrait des gains en force, en endurance et en temps de réaction. Certains scientifiques estiment que le rapport neurones > muscles serait développé à 70% environ et qu’un apport de Cytidine choline permettrait d’augmenter ce rapport mais aucune étude scientifique sérieuse n’a pu démontrer ces allégations pour l’instant.

Sur le plan nerveux, on a pu constater qu’une supplémentation permettait de préserver le cortex cérébral d’un déclin neurologique lié à l’âge, du fait d’une utilisation moindre de la choline par le cerveau avec le temps, tout en permettant aussi de fournir une plus grande quantité de méthyles.

Exemple classique d’un nootrope, le piracétam

PiracetamSi la choline ne fait pas partie des nootropes car elle agit au niveau du système nerveux autant sur le plan physique que sur le système cognitif, le piracétam est un véritable nootrope car il s’agit de sa principale fonction. Cependant, un certain nombre d’études penchent sur sa participation à la santé cardiovasculaire. Attention, le piracétam n’est pas considéré comme un complément alimentaire en France ou en Europe mais comme un médicament. L’objet de mes articles n’ayant d’autres but que l’information pure, vous êtes seul responsable de l’usage de cette molécule ou des racétams en général.

Dérivé de la classe des ampakines, si le piracétam est le plus connu des racétams, c’est qu’il est aussi le mieux connu parmi les autres molécules de cette famille. On dénombre encore l’aniracétam, le léviracetam, le dimiractétam, l’oxyracétam, le choluracétam ou le phénylracétam. Parmi ceux-ci, le piracétam possède les effets les moins prononcés. Notons que ceux qui prenait du piracétam se sont rapidement aperçu de l’utilité de la choline, ces deux molécules devant être prises conjointement.

Il s’agit donc d’une substance synthétique, la première du genre à avoir été élaboré par une entreprise pharmaceutique belge du nom d’UCB Pharma. le Piracétam est également connu sous le nom de Nootropyl ou UCB6215. Sa structure moléculaire ressemble à celle du GABA, en tant que dérivé cyclique.

Sans entrer dans les détails, le piracétam permet une augmentation de la consommation d’oxygène et de glucose par le cortex cérébral de manière généralisée. Les effets de cette molécule, selon les expériences scientifiques menées, font état d’une amélioration cognitive observée surtout chez les personnes présentant des déficiences. Cependant, aucune théorie médicale ne permet de comprendre comment cette augmentation des substrats énergétiques et de l’oxygène peut se produire. D’autres mécanismes complexes interviennent également – notamment au niveau des récepteurs du glutamate (Glu2/Glu3), de la structure des phospholipides ou de la régulation du calcium – mais je n’ai pas la place pour en parler ici.

Le piracétam est le plus étudié des racétams

Le piracétam a notamment fait l’objet de nombreuses expériences scientifiques auprès d’une population composée de jeunes adultes en bonne santé. Il s’avère que qu’une amélioration des critères cognitifs telle que la mémoire et les capacités d’association se sont révélés concluants.

Pour conclure, disons que l’alimentation se révèle à nouveau être notre première médecine et notre garantie bien-être au quotidien (du moins pour ceux qui suivent une hygiène alimentaire sérieuse). Nous ne pouvons que le remarquer, notamment avec la choline et les BCAA. Pour l’acide ursolique, c’est une autre histoire. En effet, il paraît presque impossible de bénéficier des effets positifs de cet acide gras sans avoir recours aux suppléments nutritionnels.

D’ici là, je ne peux que vous inciter à développer votre culture physique et je vous donne rendez-vous très bientôt pour la seconde partie de mon article sur la sublimation en rapport aux sports de force et de musculation.

Eric Mallet

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Bibliographie sélective

  • Boström P. et al. A PGC1-α-dependent myokine that drives brown-fat-like development of white fat and thermogenesis, Nature, 2012.
  • Kunkel SD. et al. Ursolic acid increases skeletal muscle and brown fat and decreases diet-induced obesity, glucose intolerance and fatty liver disease. PLoS One, 2012.
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