Nouveau rôle pour la L-Glutamine dans la synthèse des protéines ? Une étude suggère un effet direct sur les mTOR…

NdT: Je n’ai jamais été un partisan de la L-Glutamine, à l’opposé des BCAA qui selon moi, apportent un plus appréciable sur la conservation du muscle maigre. Cependant, si la recherche semble affirmer l’utilité de cet acide aminé, autant en prendre connaissance de manière impartiale et rationnelle, en mettant les préjugés de côté, une chose toujours difficile à faire lorsqu’ils sont installés depuis des années. A chacun d’estimer ce que la glutamine peut faire pour lui mais dans tous les cas, cet article de la SuppVersity nous permettra de développer notre culture physique :-)

————

Arnold-Schwarzenegger

Image 1: (Pumping Iron): Le gars du milieu, a priori personne d’autre que le chêne autrichien, prenait de la glutamine, le reste du public l’a surement oublié avec cette folie qui entoure l’importance de la Leucine… blague mise à part, quelqu’un qui s’entraîne comme Arnold risque peut-être de bénéficier d’un supplément de glutamine.

Après toutes ces mauvaises nouvelles au sujet des suppléments prétendument efficaces, j’ai pensé qu’il pourrait être sur le temps de présenter quelques bonnes nouvelles au sujet d’un supplément prétendument inefficace: la L-Glutamine ! Publié en ligne avant impression de la version de la revue scientifique Amino Acids, les résultats d’une étude de 2012 par Martina Chiu et ses collègues de l’Unité de pathologie générale et clinique du département de médecine expérimentale de l’Université de Parme, en Italie (Chia. 2012), pourraient bien expliquer le commentaire récent d’un internaute qui affirme avoir pu bénéficier de grandes améliorations sur la rétention de masse maigre à partir d’un combiné BCAA + supplément de glutamine qu’en prenant des BCAA seuls. Et tandis que je devrais aboutir à ce que je crois être une explication beaucoup plus probable de cette observation dans la conclusion de cet article de blog, jetons d’abord un œil à ce que Chiu & Al. viennent de mettre sur la table.

Ne me prend pas ma L-Glutamine !

Des études antérieures publiées par Evans et al. avaient déjà suggéré que la L-Glutamine, malgré son caractère non essentiel (ce qui signifie que votre corps peut en produire à partir d’autres acides aminés par transamination), joue plus qu’un rôle de facilitateur dans la phosphorylation de la cible mammalienne de la rapamycine (mTOR) et la synthèse des protéines dans le muscle squelettique (Evans. 2007 & 2008). Pour vérifier cette hypothèse, Chiu et al. ont incubées des cellules HepG2 et HeLa (l’utilisation de ces cellules durables et bon marché au lieu de myocytes comme ils ont été utilisés par Evans est certainement un des inconvénients de l’étude) et il a été constaté que:

  • La présence / abondance de L-Glutamine influe sur l’activité des mTORC1
  • Cet effet n’est pas influencé par des augmentations induites de la L-Glutamine en fonction de la teneur cellulaire en leucine
  • La contribution quantitative de la L-Leucine et de la L-Glutamine à l’activation de mTORC1 est spécifique à la lignée cellulaire
  • Même en l’absence de L-Glutamine, l’activité mTORC1 n’était pas complètement inhibée
  • Dans toutes les cellules, à la fois la L-Glutamine et la L-Leucine semblent nécessaires pour une stimulation maximale de mTORC1

La spécificité de la lignée cellulaire, est invariablement problématique même si la conclusion générale affirme qu’un appauvrissement en L-Glutamine ne conduit pas à une diminution subséquente ou à l’absence de l’absorption des acides aminés essentiels, ce qui, à son tour réduirait la phosphorylation induite par les mTOR de l’absorption de l’enzyme de régulation des protéines p70S6K (protéine ribosomale S6 kinase bêta-1) qui est probablement valable pour les cellules musculaires. Cela suggère que “les signaux et les voies de transduction impliqués peuvent être aussi distincts et leurs sensibilités différentes.” ( Chiu. 2012)

NdT: “Cela veut tout simplement dire qu’une absence relative de la glutamine ne conduirait pas systématiquement à une réduction des signaux cellulaires conduisant à l’anabolisme puisque ces signaux déclenchent des réactions multiples et complexes (dont la phosphorylation est le plus commun d’entre eux) au niveau des cellules musculaires (certains d’entre eux dépendent aussi d’autres voies que le mTOR) mais que ces chemins peuvent être différents ou spécifiques en fonction de la nature des cellules (lignée cellulaire).” Rappelons simplement que la phosphorylation permet d’activer ou de désactiver des enzymes ou des récepteurs cellulaires.

Signalisation-de-la-proteine-p70S6-kinase

Image 2: Signalisation des p70S6 Kinase (source www.sentineloncology.com)

Alors qu’est-ce que cela signifie? Prendre ou ne pas prendre de L-Glutamine – c’est la question !

Si nous écartons le fait que le mécanisme exact derrière ces observations reste à élucider et d’invoquer qu’il existait une réaction biphasique provoquée par l’épuisement de la glutamine avec un minimum de 3h à 6h et une activité de sauvetage partiel par les phospho-p70S6K intervenant plus tard, ces résultats soutiendraient l’intérêt de la prise d’un supplément de L-Glutamine, en particulier juste après l’entraînement intense ou en période de restriction calorique, lorsque la glutamine intramusculaire et la charge des acides aminés essentiels (muscle, foie, intestins) sont aussi utilisés comme substrat de la glycogenèse hépatique (production de sucre dans le foie) et que la glutamine exogène pourrait épargner  BCAA/EAA “pro – anabolisant” (Holecek. 2002).

Synthese de-la-L-Glutamine

Tableau 1: Synthèse de la glutamine (Self. 2004)

Le compte rendu de l’étude, ainsi que les conclusions de Candow et cie. qui signalent une augmentation assez négligeable de la masse maigre (+0,3%) et de la force avec 0.9g/kg avec supplémentation en L-Glutamine par rapport au contrôle (maltodextrine) et en l’absence de restrictions alimentaires, ne suggèrent pas encore que les effets de la glutamine ne peuvent être expliqués uniquement que sur la base de son contenu énergétique. Cela justifierait de nouvelles études sur le seuil des niveaux d’acides aminés essentiels (EAA) et de L-Glutamine optimales pour augmenter la synthèse des protéines musculaires in vivo et si oui ou non, une alimentation énergétiquement non restreinte à haute valeur protéique seule ne fournirait finalement pas assez de L-Glutamine et de substrats respectifs pour assurer sa production «sur demande»  (cf. figure 1).

Est-ce que vous vous entrainez suffisamment dur pour être “déficient en L-Glutamine” ?

L-Glutamine-et-transit-intestinal

Image 3: La L-Glutamine seule ne pourra probablement pas empêcher la transition hautement indésirable d’un peu de viande maigre en graisse. Avec un régime restreint en calories et bas en glucides, la supplémentation en L-Glutamine pourrait être une aide secourable qui épargnerait vos tissus, vous débarrasserait de l’ammoniac et vous aiderait à maintenir une bonne quantité de muscle.

C’est l’intensité de votre programme d’exercices qui sera peut-être le déterminant fondamental quant à savoir si vous avez ou n’avez pas besoin de L-Glutamine supplémentaire puisqu’une efficacité de la glutamine est bien établie lorsqu’elle est administrée par voie parentérale à des patients gravement malades. Comme c’est souvent le cas, l’inflammation semble être, une fois de plus, le déterminant fondamental, comme cela a été démontré dans le cas de l’augmentation de la libération nette de glutamine par les tissus périphériques tels que les muscles, les tissus centraux et des systèmes complexes comme le système immunitaire du foie (comme mentionné précédemment), de la rate et en cas de blessures (Soeters. 2012). Dans ce contexte, une ingestion de quantités supplémentaires de glutamine peut avoir un sens si cette dernière se faisait réellement pour la périphérie (muscles et système immunitaire) et n’était pas absorbée par les tissus énumérés comme “centraux” qui en ont réellement le plus besoin, un sujet qui repose aussi sur une quantité relativement complète de données scientifiques pour appuyer l’utilité de la L-Glutamine ainsi que de la L-Glutamine (di-) peptides tels que la L-Alanylglutamine (nom de marque Sustamine).

Ces dipeptides sont-ils tellement meilleurs ? Vous avez probablement entendu parler des effets “nettement supérieurs”, “uniques”, “incroyables” des dipeptides de L-Glutamine par rapport à la forme libre de la L-Glutamine classique. Et malgré le fait que je ne sois pas au courant d’études qui comparent l’un à l’autre dans un contexte pertinent et lié à l’exercice, ces déclarations reposent en fait sur une base logique. Après tout, le transport des peptides intacts par les transporteurs PEPT dans le tractus gastro-intestinal présente l’avantage majeur que les cellules de l’intestin ne profitent pas de la L-Glutamine pour elles-même avant qu’elle n’atteignent la circulation systémique (Adibi. 1997). Quelques puissent être ses effets exacts sur la synthèse des protéines – gramme pour gramme, les dipeptides seront donc plus efficaces que la L-Glutamine standard. Ce que vous devez garder à l’esprit, c’est que si vous obtenez à la fois de la L-Glutamine et de la L-Alanine de la Sustamine avec un rapport de ~ 3:0, les 40% d’alanine sont encore loin d’être inutiles. Au contraire, ils pourraient, pour eux-même et d’autres fonctions, exercer un effet d’économie sur les EAA et la glutamine puisque l’alanine est, avec les lactates et les pyruvates, le principal précurseur de la gluconéogénèse en cours d’exercice (Brooks. 1987).

Les deux études avec exercices liées à la glutamine par Hoffmann et al., qui ont montré les effets bénéfiques d’une supplémentation de L-Alanylglutamine (AG) sur le stress d’hydratation pendant l’exercice d’endurance et la performance globale lors d’un match de basket-ball souffrent encore d’une lacune méthodologique non négligeable: dans les deux études, la solution AG a été comparée à de l’eau claire au lieu d’une solution d’hydrates de carbone isocalorique. Dans le contexte de la L-Glutamine et de la L-Alanine, ces acides aminés individuels dont le peptide est fait, sont les principaux substrats qui entraînent la néoglucogenèse hépatique. Il est au moins très douteux que les effets observés puissent ne pas avoir été atteints par du sucre de table ordinaire, puisque le temps d’épuisement au cours d’un stress d’hydratation léger (Hoffmann. 2010), la performance physique et le temps de réaction visuelle (Hoffnmann. 2012) sont sans aucun doute non liés avec les effets de mTOR observés dans leur étude par Chiu et cie.

Ceci pourrait donc justifier une étude longitudinale avec des athlètes entraînés aux exercices de résistance qui consomment une alimentation riche en protéines associé à un entraînement de la force et de volume élevé (> 3 séances par jour, le maximum que j’ai pu rencontrer dans les études publiées jusqu’ici), pour voir s’il est possible de bénéficier de la L-Glutamine supplémentaire… si vous suivez un régime, d’autre part, vous pourriez vous dire qu’il vaut mieux prévenir que de le regretter et ajouter un autre cuillère à café de L-Glutamine à vos BCAA ;-)

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

Article SuppVersity original: New role for Glutamine in Protein Synthesis ?

En savoir plus »
Aucun commentaire

Leucine, l’anabolisant naturel: Près de 10% de force en plus, une composition corporelle améliorée et une perte de graisse chez des hommes non entraînés et recevant 4 grammes de leucine par jour

NdT: Il s’agit certainement d’un compte rendu intéressant sur la leucine mais, comme le précise l’auteur, l’étude a malheureusement été effectuée avec des sujets sédentaires au départ de l’expérience, et non pas avec des athlètes.

Article SuppVersity: Ces jours-ci, il devient difficile de visiter un site web de musculation ou de fitness sans y lire un article de blog, des nouveautés, un article ou la recommandation d’un produit sur la supplémentation en leucine. Les études sur l’effet (in vitro) sur la signalisation mTOR, la phosphorylation de l’AKT et l’ensemble des autres indicateurs exotiques, vecteurs de la synthèse des protéines musculaires en cours, semblent être omniprésents. Ce qui est encore plus important, à savoir, le résultat pratique de la supplémentation avec cet acide aminé est beaucoup moins discuté et je suis heureux d’annoncer les résultats d’une étude menée par des chercheurs de la Faculté Carnegie des Sports et de l’Éducation de l’Université métropolitaine de Leeds au Royaume-Uni (Ispoglou. 2011) .

Force-et-L-Leucine

Figure 1: Augmentation de la force au cours d’un exercice de 5 répétitions avec une supplémentation en leucine au cours d’un programme d’entraînement de la force (données adaptées de Ispoglou 2011)

Malheureusement, en raison des coûts et de la faisabilité attendue de l’expérience, les 26 sujets (âge 28,5 ± 8,2 ans, indice de masse corporelle de 24,9, ± 4,2 kg/m²) de cette étude de 12 semaines étaient auparavant non entraînés, mais des hommes en bonne santé. Cela rend l’étude moins significative en termes d’effets sur la supplémentation en leucine destinée à des athlètes professionnels, et de qui on pourrait s’attendre à ce qu’ils aient une consommation nette en protéine plus élevée et donc, en apport de L-Leucine, de manière incidente. D’autre part, ce type de protocole d’étude n’exclut pas les effets d’autres suppléments et isole l’effet de la leucine comme on peut supposer que la teneur en L-Leucine d’une alimentation occidentalisée du britannique standard, qui tend à laisser de côté son “fish & Chips“, est assez faible. Ainsi, il n’y a pas vraiment de surprise en affirmant que…

La Leucine a permis une prise de force plus élevée par rapport au groupe placebo

L-Leucine

La Leucine

(…) Le groupe prenant de la leucine a fait la preuve de gains nettement plus élevés au cours d’une série d’exercices de force de 5 répétitions au maximum de charge (total de 5 RM pour huit exercices) et 5 RM dans cinq des huit exercices (P <0,05). Le total des gains de force de 5 RM s’élève à un pourcentage de 40,8% (± 7,8) et 31,0% (± 4,6) pour les groupes de la L-Leucine et du placebo respectivement. Des différences significatives entre les groupes n’ont pas été retrouvées ni pour le Total des Gains (TG) ni pour le Pourcentage Total de Pertes (TG: 2,9% ± 2,5 vs 2,0 ± 2,1%) (PTP: 1,6% ± 15,6 vs 1,1% ± 7,6).

Vous pouvez maintenant faire valoir le fait que le groupe de L-Leucine a gagné plus de masse musculaire et perdu plus de graisse – oui c’est vrai, mais cette différence est beaucoup plus basse que l’écart-type (c’est à dire la mesure statistique de la différence moyenne intra-groupe entre les sujets), ce qui rend ces résultats scientifiquement “insignifiants”. Il est néanmoins intéressant de pouvoir apprécier des données quantifiables sur ce que je considère comme des avantages optimaux, c’est à dire un bénéfice pour quelqu’un qui présente au départ un apport faible de leucine, pouvant provenir d’une dose quotidienne de leucine supplémentaire de 4 grammes.

Source SuppVersity: Leucine, the Natural Anabolic

Note EM: 4 grammes supplémentaire est une stratégie intéressante pour stimuler l’hypertrophie mais des doses réparties de 2 à 3 grammes peuvent également être envisagées. Une quantité trop forte de cet acide aminé branché aura tendance à stimuler leur oxydation au lieu de l’hypertrophie. D’où l’intérêt de prises fragmentées en cours de journée. Rappelez-vous que l’organisme devient de moins en moins sensible à cet acide aminé avec l’âge. Un apport augmenté avec la Glycine serait aussi envisageable.

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Il serait peut-être possible d’associer le HMB à la Leucine

HMBSi vous vous y connaissez un peu en suppléments sportifs et en compléments alimentaires des sports de force, cette association d’acides aminés devrait vous sembler une mauvaise idée: combiner la leucine et le HMB pour maximiser la croissance musculaire. Ceci parce que le HMB est un métabolite de la Leucine, il semble peu probable qu’il y ait une synergie entre les deux. Mais selon des chercheurs de l’Université de Nottingham en Angleterre et de l’Université McMaster au Canada, le monde de la physiologie du muscle est un peu plus complexe que nous le pensions auparavant.

HMB et L-Leucine font aujourd’hui partie des acides aminés les plus vendus des sports de force

Aujourd’hui, le HMB et l’acide aminé dont il provient font partie des deux suppléments préférés des athlètes de force. Plusieurs études ont confirmé leurs effets et des effets secondaires sont peu susceptibles de se produire quand ils sont pris en quantités normales. Le HMB avait reçu une publicité négative pendant un certain temps, mais un flux continu d’études positives et des preuves empiriques sur les acides aminés ont changé la donne depuis peu.

La L-Leucine est la substance grâce à laquelle les cellules musculaires «reconnaissent» les acides aminés. De tous les acides aminés, c’est aussi celui qui se métabolise le plus facilement. Alors peut-être est-il possible que les cellules musculaires non seulement «reconnaissent» la leucine mais aussi ses métabolites, tels que le KIC (kétoisocaproate) et le HMB (Hydroxyméthyl butyrate de calcium). Si la concentration en L-Leucine et en ses métabolites [la séquence du métabolisme de cet acide aminé est illustré ci-dessous] s’élève dans la cellule musculaire, elles font machine arrière vers l’anabolisme.

Metabolisme-de-la-Leucine-et-du-HMB

Jusqu’à récemment, aucune étude n’avait été publiée pour comparer les effets anabolisants du HMB et de la leucine. Deux groupes de chercheurs ont corrigé ceci. Ceux de Nottingham ont examiné le HMB et ceux du Canada ont examiné l’acide aminé branché.

Les chercheurs anglais ont donné à des étudiants sédentaires 2,42 g de HMB libre (sans liaison calcium) ou 3,42 g de leucine dans la matinée sur un estomac vide, puis ont suivi l’activité anabolique dans leurs muscles en utilisant des acides aminés marqués. Les données qu’ils ont recueillies sont représentées avec les deux figures ci-dessous.

L-Leucine, HMB et synthèse des protéines

Ci-dessous, à gauche, le schéma montre l’effet de la leucine et du HMB sur les myofibrilles FSR [dans un langage plus simple: la synthèse des protéines musculaires]. La L-Leucine a stimulé la synthèse des protéines de 110%, le HMB l’a renforcé de 70%. Strictement parlant, la différence entre l’effet de renforcement musculaire du HMB et celui de l’acide aminé branché n’était pas statistiquement significatif.

 

Effets-de-la-L-Leucine-et-du-HMB-sur-l-hypertrophie

 

En haut à droite, le schéma montre l’effet du HMB sur la dégradation musculaire [DPP]. Les chercheurs ne se sont pas concentrés sur l’effet anti-catabolique de la leucine mais sur l’anabolisme. Ils savaient déjà que la leucine n’a d’effet qu’en tant qu’anti-catabolique indirect. La L-Leucine stimule la synthèse de l’insuline, c’est par l’intermédiaire de cette hormone qu’elle a un effet anti-catabolique. Si vous bloquez l’élévation du niveau de l’insuline en donnant de la leucine, le stimulus anti-catabolique de la leucine s’en trouve réduit. [Am J Physiol Endocrinol Metab. 2008 Sep;295(3):E595-604.]

L-Leucine et HMB ne fonctionnent pas exactement de la même façon dans les cellules musculaires. Les deux substances ont activé la protéine signal AKT mais pas en même temps et au même degré: le BCAA créée une activation importante de courte durée alors que le HMB déclenche une activation modérément intense mais plus longue.

Activation-de-la-proteine-signal-AKT-par-le-HMB

Activation-cellulaire-par-le-HMB-et-la-leucine

En outre, la L-Leucine a développé une meilleure activation de la molécule signal anabolisante p70S6K que le HMB ne l’a fait. Finalement, l’acide aminé et son métabolite améliorent tous deux la croissance musculaire mais pas avec le même mécanisme cellulaire, concluent les chercheurs. Cela pourrait signifier que vous pourriez améliorer l’anabolisme et le renforcement musculaire en combinant à la fois le premier des BCAA et le HMB mais peut-être pas au même moment. Quoi qu’il en soit, le HMB est une molécule de plus en plus crédible en tant que complément alimentaire des sports de force et de musculation.

Article Ergo Log: Maybe it’s possible to stack Leucine with HMB

Source Ergo Log: J Physiol. 2013 Jun 1;591(Pt 11):2911-23.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

—————————–

NdT: Comme on le remarque très bien sur le premier tableau, le HMB est un dérivé du kétoisocaproate (KIC), lui-même dérivé du BCAA en question. Si les dernières études sur le HMB sont justes, cela veut dire que le HMB gagnerait en utilité sur le plan anabolisant lorsque l’âge avance. Autrement dit, notre organisme produirait de moins en moins de HMB avec les années. C’est une propriété à prendre en compte avant de dire que l’hydroxyméthylbutyrate ne sert à rien, il faut savoir éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain !

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Les compléments alimentaires qui vous donnent du muscle et ceux qui vous donnent de la cervelle !

acide-ursoliqueIl est vrai que l’on ne peut pas tout avoir mais certains font vraiment leur maximum pour cultiver leur médiocrité physique au plus haut niveau, n’ayant de respect ni pour leur corps ni pour leurs neurones (ou ce qu’il en reste). A partir de là, essayons, au cours de cet article, de jeter un œil sur ce qui pourrait nous être utile sur le plan physique et intellectuel. Sans rentrer dans le cadre d’une préparation physique d’athlète de haut niveau ou de chercher à défier les performances d’un super ordinateur, cet article a pour but de vous donner quelques informations sérieuses sur les compléments alimentaires et nutriments les mieux à même de vous aider sur le plan de l’entretien musculaire et intellectuel. Cependant, je vous proposerais de rester dans la simplicité car Espace Corps Esprit Forme s’adresse aussi à ceux qui veulent développer leur potentiel, depuis zéro (ou presque) !

L’acide ursolique, un acide gras particulièrement utile et validé par la recherche scientifique

Cette chose au nom étrange ou pour le moins peu connue parmi les athlètes se nomme  acide ursolique – un acide gras en particulier – Il fait depuis peu, l’objet de recherches sérieuses qui ont déjà abouties à plusieurs thèses de médecine. De l’acide ursolique, nous savons qu’il fait partie de la classe des triterpènes et que son référent isomère est l’acide oléanolique qui se différencie de son homologue par une localisation différente de son méthyle. On sait qu’il s’agit d’un anti-inflammatoire, d’un antioxydant, qu’il protège le système cardiovasculaire, qu’il est doué de propriétés anti-virales, notamment contre l’herpès ou les entérovirus, et qu’ils possèdent surtout des propriétés anti-cancérigènes importantes.

Plusieurs thèses de médecine furent consacrées à cet acide gras et confirment ses propriétés anti-cancérigènes mais ce qui intéresse plus particulièrement les athlètes de force concerne sa faculté à induire une réponse anabolisante (par le biais d’une expression locale augmentée de l’IGF 1) tout en faisant preuve d’une capacité anti-aromatase légère mais démontrée, et qui permettrait d’optimiser le métabolisme de la testostérone.

L’acide ursolique en tant que complément alimentaire

acide-ursolique

Image super-smart.com

Vous connaissez sans doute déjà le supplément alimentaire Ursobolic de E Pharm. Son directeur, Patrick Arnold, n’est pas un inconnu dans le monde du complément alimentaire, même si ce n’est pas vraiment en bien, ni pour ce que l’on pourrait considérer comme étant de l’ordre du complément sous nos latitudes. En biochimiste accompli, Patrick Arnold fut à l’origine de plusieurs prohormones considérées comme légales sur le marché américain durant les années 90. Il fut également à l’origine de la distribution du méthylhexanamine (DMAA) en 2006, autrefois distribuée sous le nom de Geranamine, et qui fut interdite par la suite. Inutile d’être grand devin pour remarquer que le nom commercial de cette molécule donna lieu à plusieurs suppositions fantaisistes quand à l’origine du DMAA, soit-disant extrait du Géranium, alors que ça n’a jamais été le cas. Après avoir fondé une entreprise du nom de LPJ Research avec Ramlakhan Boodram, ils finirent par distribuer leurs produits sous le nom d’Ergopharm puis E-Pharm et Prototype Nutrition en 2009.

Aucun doute à avoir quant aux connaissances du bonhomme en son domaine de recherche, la période sulfureuse des prohormones et de ses déboires avec la justice américaine faisant désormais partie du passé. Finalement, si l’acide ursolique présente un intérêt non négligeable pour les athlètes, il s’agit avant tout d’un acide gras parfaitement anodin sur le plan sanitaire.

En jetant un œil sur le site E-Pharm, on constate qu’Ursobolic serait à la fois un anti-catabolique, un anabolisant naturel, un brûleur de graisse et un anti-aromatase potentiel. Les références du site vont citer un article du magazine scientifique Cellular Metabolism publié en juin 2011. Selon les chercheurs, l’acide ursolique réduirait la perte des protéines musculaires (catabolisme) et une augmentation de la croissance musculaire de 15%, du moins sur des souris. La spécificité de l’acide ursolique serait de jouer en même temps sur une perte égale des graisses, ce qui ferait de cet acide gras ce que les américains appellent un agent de recomposition.

L’acide ursolique influence le métabolisme de l’IGF 1 et du cortisol

Les chercheurs attribuent ces effets à une expression locale de l’IGF1 augmentée par épissage en MGF alors que la recherche scientifique fait également état d’une augmentation de l’irisine, une myokine en partie corrélée à la cinétique de l’IGF1 même si son rôle sur la physiologie du muscle squelettique demande encore à être élucidé.AU cours d’une expérience clinique, un groupe d’athlètes pratiquant un sport de force a reçu 150 mg d’acide ursolique trois fois par jour pendant 8 semaines. Les résultats de l’expérience font apparaitre une augmentation de 12% du taux d’irisine sérique en parallèle à une augmentation de 22,8% de l’IGF1 contre placebo.

L’acide ursolique agirait également sur les graisses par la lipolyse et le blocage de la synthèse des acides gras. Les scientifiques estiment également que cet acide gras pourrait inhiber l’enzyme 11b-HSD1, une enzyme liée au métabolisme du cortisol, et donc à une absence d’accumulation supplémentaire des graisses.

Vos amis, les acides aminés branchés, votre ami la Leucine

Leucine

Votre ami, la L-Leucine !

Si on a beaucoup épilogué sur la glutamine en insistant qu’il s’agissait d’un acide aminé essentiel pour les athlètes, l’abondance de ce dernier ne garantit pas forcément son utilité sur le plan de la supplémentation et des performances sportives. C’est à peu près le contraire pour les acides aminés branchés, nos fameux BCAA. S’il parait difficile d’en prendre trop, en revanche, en prendre un peu donnerait un avantage plus sérieux aux athlètes sur le plan musculaire, de l’énergie et de la récupération post-entraînement mais qu’en est-il réellement ?

Disons simplement que les BCAA sont directement métabolisés au niveau musculaire, contrairement aux autres acides aminés. Cette caractéristique aura d’ailleurs largement contribué à leur popularité en tant que compléments alimentaires. Cependant, des études scientifiques sérieuses indiquent que la prise de BCAA seul n’est que très peu significative sur la croissance musculaire. La totalité des acides aminés essentiels devraient donc accompagner une prise de BCAA pour créer une stimulation suffisante de la synthèse protéique des myofibrilles..

On les appelle branchés à cause de la forme moléculaire qui évoque le dessin d’une branche, tout simplement… Pour la même raison, on les appelle ramifiés. Il n’en existe que trois (L-Leucine, L-Valine et L-Isoleucine), leur chiralité est lévogyre comme la plupart des acides aminés considérés comme fonctionnels sur ce plan. Évidemment, pris séparément, ils ont chacun leur fonction au sein de l’organisme mais ce qui nous intéresse ici concerne leur potentiel anabolisant et anti-catabolique. Actuellement, on considère que la plupart des bénéfices à retirer de ces trois acides aminés se rapporte surtout à la Leucine, cependant, j’aurais l’occasion d’y revenir au cours d’un prochain article. Le dosage généralement conseillé en tant que supplément alimentaire est de 10 à 20 grammes, fractionné en plusieurs prises.

Au niveau de l’absorption, la L-Leucine est catalysé par diverses enzymes, comme il se doit. Elle dépend de ses transporteurs (ou Transporteur Hétérodimérique) et plus spécifiquement d’une glycoprotéine nommée CD98, laquelle se charge également du transport de l’isoleucine, de la valine, du tryptophane et de la tyrosine (transport des acides aminés branchés et aromatiques).

La Leucine active la synthèse des protéines par le biais des protéines signalisantes mTOR

signal-mtor-anabolisme-cellulaireAu niveau musculaire, le mécanisme biochimique principalement connu pour la L-Leucine est celui de l’activation (par phosphorylation) des mTOR, laquelle découle sur l’activation des sous unités p70 de la protéine S6Kinase. Elle-même active le protéine S6 et déclenche l’activation de plusieurs gènes liés à la synthèse des protéines.  De même, l’activation des protéines kinase B (ou Akt) peut désactiver (toujours par phosphorylation) la protéine GSK-3 pour induire une augmentation des translations protéiques. En résumé, la L-Leucine active les voies Akt et mTOR qui mène à la synthèse des protéines musculaires. En outre, la Leucine permet la suppression de l’AMPK (Adénosine Monophosphate Kinase), responsable d’une baisse de la synthèse des protéines.

La leucine pourrait également augmenter la sécrétion de l’insuline et celle-ci induira la phosphorylation des mTOR à partir de ses propres récepteurs cellulaires. Tant les acides aminés branchés – et la leucine en particulier – sont impliqués dans la régulation de la synthèse protéique via le chemin Akt/mTOR, d’où l’intérêt essentiel de veiller à une sécrétion optimale de l’insuline lorsque l’on veut faire du muscle. De là, on se rend très vite compte que l’insuline est également une hormone anabolisante, à partir du moment où l’hygiène alimentaire des athlètes est irréprochable, et donc, présentant une sécrétion saine d’insuline.

Les nootropes, la choline et le Piracétam

nootropique-nootropeUn nombre assez réduit d’athlètes ou de sédentaires pensent que les nootropes – des substances permettant d’optimiser le potentiel cognitif d’un individu – n’existent pas alors qu’au contraire, une multitude de molécules agissent sur nos neurones et sont dotés d’un potentiel d’excitation nerveuse parfois important. En effet, si certaines substances tout à fait banales comme la choline et les vitamines B favorisent un fonctionnement cérébral normal, c’est qu’il existe nécessairement des compléments alimentaires qui ont été élaborés en ce sens, c’est à dire à optimiser la fonctionnalité cognitive. Le plus souvent, ils agissent sur la mémoire, l’association d’idée, l’inventivité ou la créativité mais ne peuvent pas, comme certains abrutis vous le diront peut-être, rendre plus intelligent, car la notion d’intelligence reste relative et n’a pas de valeur scientifique rigoureusement établie, que vous parliez de QI ou d’autres tests encore. En réalité, le cortex cérébral (et le système nerveux secondaire) sont d’une telle complexité qu’ils échappent totalement à des termes aussi réducteurs, sinon complètement absurdes.

Dans la famille des nootropes au sens large du terme, on retrouvera donc des centaines de molécules, naturelles, artificielles ou végétales. Citons les exemples les plus simples comme la choline, l’inositol ou le Bacopa Monieri. En France, les composés de la famille des racétams avec le piracétam, l’aniracetam et d’autres, dont le très récent phénylpiracetam sont considérés comme des médicaments mais comme des compléments alimentaires aux USA. Pour être tout à fait clair sur le sujet, on distinguera les substances indispensables au métabolisme nerveux comme la choline et l’inositol, de ceux qui restent dispensables comme les racétams ou les végétaux comme le Bacopa Monieri, l’Ashwagandha, le Panax Ginseng ou l’Acorus calamus dont on soupçonne les propriétés nootropes.

Ce que la choline peut faire pour votre cerveau (et pour vos muscles) !

Choline-structure-moleculaire

La choline

La choline est essentielle à notre santé, on la considère comme faisant partie du groupe B mais la choline est synthétisable par l’organisme, donc, ce n’est pas une vitamine. Accessoirement, elle peut être élaborée par le foie mais de manière très partielle. La choline est un donneur de méthyles (CH3), ce qui en fait un nutriment précieux pour l’organisme et l’ensemble du métabolisme. On estime qu’une dose de 250 à 500 mg de choline serait nécessaire à l’organisme pour sa santé, par le biais de l’alimentation ou des compléments alimentaires si cela s’avère nécessaire. Un dosage plus élevé de 1 à 2 grammes peut être supplémenté pour soutenir un travail intellectuel (ou physique) intense. On retrouve la choline dans l’alimentation, notamment dans le jaune d’œuf, le soya (lécithine) et les légumes.

La choline est le précurseur du neurotransmetteur acétylcholine

choline-citicolineLorsqu’une dose élevée de choline est ingérée, la choline est alors métabolisée en acétylcholine (choline + acide acétique avec une liaison ester). Il s’agit d’un neurotransmetteur particulièrement important pour votre système nerveux central où elle joue un rôle sur l’apprentissage cognitif et la mémoire mais aussi sur l’activité neuromusculaire car pour n’importe quelle fibre de vos muscles, existe forcément une fonction nerveuse (plus ou moins développée). C’est principalement pour cette raison que la choline est nécessaire tant pour les athlètes que pour les étudiants car l’acétylcholine intervient sur les deux tableaux. Notons que la forme Cytidine choline (nom commercial citicholine ou citicoline) est aujourd’hui retrouvée dans certains compléments pour les athlètes car elle jouerait un rôle au niveau neuromusculaire. En théorie, l’activation augmentée du système nerveux lié au fibres musculaires permettrait des gains en force, en endurance et en temps de réaction. Certains scientifiques estiment que le rapport neurones > muscles serait développé à 70% environ et qu’un apport de Cytidine choline permettrait d’augmenter ce rapport mais aucune étude scientifique sérieuse n’a pu démontrer ces allégations pour l’instant.

Sur le plan nerveux, on a pu constater qu’une supplémentation permettait de préserver le cortex cérébral d’un déclin neurologique lié à l’âge, du fait d’une utilisation moindre de la choline par le cerveau avec le temps, tout en permettant aussi de fournir une plus grande quantité de méthyles.

Exemple classique d’un nootrope, le piracétam

PiracetamSi la choline ne fait pas partie des nootropes car elle agit au niveau du système nerveux autant sur le plan physique que sur le système cognitif, le piracétam est un véritable nootrope car il s’agit de sa principale fonction. Cependant, un certain nombre d’études penchent sur sa participation à la santé cardiovasculaire. Attention, le piracétam n’est pas considéré comme un complément alimentaire en France ou en Europe mais comme un médicament. L’objet de mes articles n’ayant d’autres but que l’information pure, vous êtes seul responsable de l’usage de cette molécule ou des racétams en général.

Dérivé de la classe des ampakines, si le piracétam est le plus connu des racétams, c’est qu’il est aussi le mieux connu parmi les autres molécules de cette famille. On dénombre encore l’aniracétam, le léviracetam, le dimiractétam, l’oxyracétam, le choluracétam ou le phénylracétam. Parmi ceux-ci, le piracétam possède les effets les moins prononcés. Notons que ceux qui prenait du piracétam se sont rapidement aperçu de l’utilité de la choline, ces deux molécules devant être prises conjointement.

Il s’agit donc d’une substance synthétique, la première du genre à avoir été élaboré par une entreprise pharmaceutique belge du nom d’UCB Pharma. le Piracétam est également connu sous le nom de Nootropyl ou UCB6215. Sa structure moléculaire ressemble à celle du GABA, en tant que dérivé cyclique.

Sans entrer dans les détails, le piracétam permet une augmentation de la consommation d’oxygène et de glucose par le cortex cérébral de manière généralisée. Les effets de cette molécule, selon les expériences scientifiques menées, font état d’une amélioration cognitive observée surtout chez les personnes présentant des déficiences. Cependant, aucune théorie médicale ne permet de comprendre comment cette augmentation des substrats énergétiques et de l’oxygène peut se produire. D’autres mécanismes complexes interviennent également – notamment au niveau des récepteurs du glutamate (Glu2/Glu3), de la structure des phospholipides ou de la régulation du calcium – mais je n’ai pas la place pour en parler ici.

Le piracétam est le plus étudié des racétams

Le piracétam a notamment fait l’objet de nombreuses expériences scientifiques auprès d’une population composée de jeunes adultes en bonne santé. Il s’avère que qu’une amélioration des critères cognitifs telle que la mémoire et les capacités d’association se sont révélés concluants.

Pour conclure, disons que l’alimentation se révèle à nouveau être notre première médecine et notre garantie bien-être au quotidien (du moins pour ceux qui suivent une hygiène alimentaire sérieuse). Nous ne pouvons que le remarquer, notamment avec la choline et les BCAA. Pour l’acide ursolique, c’est une autre histoire. En effet, il paraît presque impossible de bénéficier des effets positifs de cet acide gras sans avoir recours aux suppléments nutritionnels.

D’ici là, je ne peux que vous inciter à développer votre culture physique et je vous donne rendez-vous très bientôt pour la seconde partie de mon article sur la sublimation en rapport aux sports de force et de musculation.

Eric Mallet

—————

Bibliographie sélective

  • Boström P. et al. A PGC1-α-dependent myokine that drives brown-fat-like development of white fat and thermogenesis, Nature, 2012.
  • Kunkel SD. et al. Ursolic acid increases skeletal muscle and brown fat and decreases diet-induced obesity, glucose intolerance and fatty liver disease. PLoS One, 2012.
  • Kunkel SD. et al. mRNA expression signatures of human skeletal muscle atrophy identify a natural compound that increases muscle mass. Cell Metab., 2011.
  • Huh JY1, et al. Irisin stimulates muscle growth-related genes and regulates adipocyte differentiation and metabolism in humans. Int J Obes (Lond)., 2014.
  • Bang HS1, et al. Ursolic Acid-induced elevation of serum irisin augments muscle strength during resistance training in men. Korean J Physiol Pharmacol., 2014.
  • Figueiredo VC, Nader GA. Ursolic acid directly promotes protein accretion in myotubes but does not affect myoblast proliferation. Cell Biochem Funct., 2012
  • Ogasawara R, et al. Ursolic acid stimulates mTORC1 signaling after resistance exercise in rat skeletal muscle. Am J Physiol Endocrinol Metab., 2013.
  • Yoshizawa F. New therapeutic strategy for amino acid medicine: notable functions of branched chain amino acids as biological regulators. J Pharmacol Sci., 2012
  • Shimomura Y, et al. Branched-chain alpha-keto acid dehydrogenase complex in rat skeletal muscle: regulation of the activity and gene expression by nutrition and physical exercise. J Nutr., 1995.
  • Harper AE, Miller RH, Block KP. Branched-chain amino acid metabolism, Annu Rev Nutr., 1984.
  • Shimomura Y, et al. Regulation of branched-chain amino acid catabolism: nutritional and hormonal regulation of activity and expression of the branched-chain alpha-keto acid dehydrogenase kinase. Curr Opin Clin Nutr Metab Care, 2001.
  • Wullschleger S, Loewith R, Hall MN. TOR signaling in growth and metabolism. Cell., 2006.
  • Kim DH, et al. mTOR interacts with raptor to form a nutrient-sensitive complex that signals to the cell growth machinery. Cell, 2002.
  • Greiwe JS, et al. Leucine and insulin activate p70 S6 kinase through different pathways in human skeletal muscle. Am J Physiol Endocrinol Metab., 2001.
  • Blomstrand E, et al. Branched-chain amino acids activate key enzymes in protein synthesis after physical exercise. J Nutr., 2006.
  • Hinault C, et al. Amino acids and leucine allow insulin activation of the PKB/mTOR pathway in normal adipocytes treated with wortmannin and in adipocytes from db/db mice. FASEB J., 2004.
  • Nishitani S, et al. Leucine promotes glucose uptake in skeletal muscles of rats. Biochem Biophys Res Commun., 2002.
  • Nair KS, Schwartz RG, Welle S. Leucine as a regulator of whole body and skeletal muscle protein metabolism in humans. Am J Physiol., 1992
  • Alvestrand A, et al. Influence of leucine infusion on intracellular amino acids in humans. Eur J Clin Invest., 1990.
  • Gualtieri F, et al. Design and study of piracetam-like nootropics, controversial members of the problematic class of cognition-enhancing drugs. Curr Pharm Des, 2002.
  • Tacconi MT, Wurtman RJ. Piracetam: physiological disposition and mechanism of action. Adv Neurol. 1986.

 

En savoir plus »
Aucun commentaire

La Taurine imite les effets de l’insuline, réduit l’appétit et quadruple l’activité hypothalamique mTOR chez des rongeurs

taurine-complement-alimentaireSi la Taurine n’est pas stricto sensu considérée comme un acide aminé, l’auteur de la SuppVersity la considère comme telle. Je n’ai donc rien modifié au niveau de la traduction de l’article.

La Taurine est un acide aminé remarquable, et avant de vous bassiner avec la suite de mon article Quels nutriments pour la force athlétique Partie I, je tenais à vous faire profiter d’un excellent article paru sur le blog Suppversity et dont le titre de l’article est traduit ci-dessus. L’auteur de cet article accorde d’ailleurs un grand intérêt à cet acide aminé, j’aurais également l’occasion de revenir sur les propriétés de certains acides aminés étudiés sur ce site dans un avenir proche.

Eric Mallet

La Taurine est un acide aminé abondant et utile à de nombreux métabolismes

Considéré comme non essentiel, la taurine est un acide aminé soufré particulièrement abondant dans notre organisme. On connait les avantages de la taurine sur le diabète, la santé du foie, le contrôle du poids et d’autres effets encore… une étude récente publiée dans le journal à forte réputation Amino Acids n’en confirme pas seulement les effets bénéfiques que nous venons de citer mais il nous permet surtout d’étendre notre connaissance de cet acide aminé, notamment sur l’axe Akt/FOXO1 (régulation de la gluconéogenèse et de la glucogénolyse par l’insuline, avec réduction  de l’adipogenèse), JAK2/STAT3 (transmission d’informations des signaux biochimiques hors de la cellule, à travers la membrane et vers les gènes pour y créer une transcription ADN et une activité cellulaire spécifique) et mTOR/AMPK/ACC (signaux de l’activation de la synthèse des protéines), une cascade de signaux conduisant à la potentialisation du fonctionnement de l’insuline, outre son influence sur le neuropeptide Y qui signale la satiété.

Carina Solon et ses collègues de l’Université de Campinas au Brézil supposent que l’activité de la taurine sur le contrôle des graisses corporelles s’exercerait par l’action directe de l’hypothalamus. Pour vérifier cette hypothèse, une dose aiguë de taurine et/ou d’insuline a été injectée à travers le ventricule intracérébral d’animaux durant un peu plus d’une semaine. Les résultats de l’expérience ont entraîné une réduction de la consommation alimentaire, de l’activité locomotrice et de l’activation du signal de transduction à travers le chemin Akt/FOXO1, JAK2/STAT3 et mTOR/AMPK/ACC, accompagné de la modulation du neuropeptide Y comme nous l’avons déjà cité plus haut. Et même sans insuline, la taurine exerce un effet anorexique d’un degré similaire à l’insuline ou à la leptine alors que cet effet ne peut être réduit à la seule réduction de l’activité locomotrice.

Taurine-et-marqueurs-AKT-mTOR-AMPK

Il se trouve également que la taurine agit de manière similaire à l’insuline au niveau de l’hypothalamus en activant les signaux Akt/FOXO1 et JaK2/STAT3 tout en réduisant la cascade de signaux depuis l’AMPK mais sans modulation des niveaux d’insuline ou de glucose. Par comparaison avec l’ALCAR, les scientifiques ont prouvé que l’élévation des signaux JAK2 (signalisation cellulaire pour codage ADN) étaient responsables des effets suppresseurs de la taurine, et non pas de la baisse d’activité des MAP kinases (AMPK en anglais) qui jouent un rôle important dans la division et la prolifération cellulaire. Pour vous résumer simplement l’intérêt de la taurine (et sans doute parce que vous êtes sans doute un peu perdu dans toutes ces cascades d’activation biochimique cellulaire), disons simplement que cet acide aminé ouvre une voie de recherche intéressante sur la lutte contre l’obésité mais que déjà, son potentiel d’effets s’avère tout aussi intéressant pour les athlètes, notamment au niveau de la gestion énergétique.

La Taurine a des caractéristiques mimétiques de l’insuline mais pas seulement !

Dans tous les cas, les résultats scientifiques obtenus suggèrent que les effets de la taurine vont bien au-delà de la sensibilisation des tissus périphériques aux effets de l’insuline même si le mécanisme exact par lequel la taurine agit sur la cascade de signaux protéiques au niveaux de l’hypothalamus et de ses effets respectifs sur les tissus organiques (foie, pancréas, muscle…) n’est pas encore clairement connu. De nombreux athlètes m’ont souvent fait remarquer que la taurine leur permettait souvent d’aller plus loin dans l’intensité de leur entraînement, un effet que j’ai pu constater par moi-même.

En aparté, j’ajouterais que la vulgarisation scientifique à outrance commence elle aussi à envahir le monde du complément alimentaire, notamment au niveau des boutiques de vente en dur ou sur Internet. En effet, il est probable que vous ayez déjà entendu parler de la protéine mTOR à propos de la Leucine, les autres signaux étant d’ailleurs moins souvent cités car n’entrant pas systématiquement dans le cadre de l’anabolisme et de la synthèse des protéines. D’autant plus qu’il y a deux facteurs mTOR aux effets signalant légèrement différents. Même si j’ai pu contribuer, d’une manière ou d’une autre à cette vulgarisation scientifique très partielle, cela me fait un peu sourire car les multiples processus liés aux nombreux signaux moléculaires est d’une complexité particulièrement difficile à expliquer sur 4 à 6 lignes de texte.

Article SuppVersity original: http://suppversity.blogspot.fr/2011/08/taurine-mimics-effects-of-insulin.html

D’ici là, pensez aussi à vous abreuver d’autres sources scientifiques qu’Espace Corps Esprit Forme pour développer votre culture physique. Je ne peux malheureusement pas, même si j’aimerais bien, passer mes journées sur mes blogs. En réalité, je n’ai que peu de temps à y consacrer.

A très bientôt,

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire