Culture du corps, musculation, bodybuilding, passion et sublimation, Partie II

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Après avoir très vaguement débroussaillé le terme délicat de ‘sublimation’ dans la première partie de cet article, j’aurais voulu revenir un peu plus en avant sur la question théorique elle-même, en rapport à cette notion de la psychanalyse freudienne et lacanienne – ou plutôt sur ce qu’elle n’est pas – afin de cerner le sujet de près, puis, de me pencher avec circonspection sur ceux qui analysent le sport et sur ce qu’ils appellent sans le comprendre ‘le culte du corps’ mais que je qualifie plus exactement de culture physique, parce qu’il s’agit bien de culture, et donc d’un débat de société, pourtant restreint à ce qui apparaît parfois comme équivoque, sans pudeur, trivial ou grotesque quand il s’agit de parler de physique (ou pire encore, de son propre corps), surtout à notre époque où quelques tabous ineptes ont tendance à mettre la laideur, l’obésité obscène et le handicap maladif à l’aigre sauce de ce que beaucoup considèrent comme la règle. Se respecter soi-même un minimum demande pourtant très peu d’efforts.

Rassurez-vous, loin de moi l’idée de vous bassiner d’un discours freudien du refoulement, de projections et autres théories psychanalytiques qui ont cours depuis plusieurs décennies. Mon discours s’arrête à l’association de ces deux termes qui semblent poser problème à une majorité d’incultes qui font tout ce qu’il faut (et souvent plus encore) pour le rester.  Si mon sujet, en rapport direct avec la notion de culture physique et donc, de la pratique de la musculation est au centre du sujet, il s’applique également (et partiellement) à l’ensemble des activités physiques communément traduites sous le terme de sport ou d’activité sportive.

La sublimation et – par – la culture physique

sublimation1Et si la notion même de sublimation est largement contestée en psychanalyse (du moins au niveau de l’analyse elle-même), elle garde cependant toute sa valeur d’un point de vue théorique, il suffit de s’imaginer la définition de la sublimation en physique pour entrevoir toute la portée de cette métaphore sur le plan de l’énergie psychique, soit le passage d’un état à un autre, oblitérant un état intermédiaire jugé indispensable au processus final (je vous fais grâce de l’éternel discussion de spécialistes quant à s’interroger sur la place de l’inconscient au cœur du système ou plutôt, du processus). La théorie justement, nous rappelle que la sublimation a été, et sera encore, mise en question au regard de l’idéalisation, une tendance que certains psychanalystes défendent toujours et qui paraît prendre sens au vue de notre sujet, la culture physique.

Avec une ironie semblable au discours de Freud qui insista auprès de ses élèves pour leur faire comprendre qu’il n’avait fait que bâtir la structure d’une nouvelle science et qu’ils se devaient d’en construire l’édifice, l’auteur de l’éditorial du 7ème tome de “Figures de la psychanalyse, l’inconnue de la sublimation” * nous rapporte ceci comme une évidence portée devant le sujet qui nous anime: “La sublimation comporte, de façon plus évidente de nos jours, quelque chose qui apparaît comme thérapeutique. L’élaboration de la jouissance, le triomphe sur la pulsion de mort qu’implique une œuvre d’art constituent un rempart, plus ou moins efficace, aux pathologies que présentent nombre de grands artistes.” Directement plongé au centre de cette culture physique, n’y a t-il pas là l’élaboration d’une source de plaisir, un préliminaire moteur à la sublimation par le sport, surtout lorsque ce triomphe éphémère se conçoit non pas comme un rempart pour soi ou contre soi, mais comme un rempart contre le monde où le sujet lui-même, à la fois sublimant et finalement sublimé, se retrouve déplacé en périphérie du problème, la culture physique ne lui appartient pas. La sublimation n’est plus alors que le pâle reflet d’un sujet qui concerne enfin (en-fin) la société des hommes à laquelle il reste obstinément confronté dans un rapport au corps en constante évolution, terme ultime du sujet sublimé, en lutte contre et avec sa propre pulsion, sinon son fanatisme de la démesure. La sublimation par le sport entraîne sans doute un certain dynamisme (un déplacement) où le sujet devient l’objet du monde, dans un rapport indissociable du sport à la raison sociale; un argument que je tenterais d’appuyer.

Sublimation et culture physique ne sont liés à l’individu qu’en surface et ne peuvent s’exclure du collectif

Évidemment, le quidam qui s’interroge sur la notion de sublimation par la culture physique s’aperçoit sans équivoque que la question dépasse largement le seuil de l’individu (du sujet) qu’elle ne cesse pourtant, a priori, de circonscrire, mais qu’elle se comprend par dessus tout, en regard à un rapport purement social, sous un aspect original et exclusivement donné par le sport; c’est à dire que l’athlète est dans l’illusion de faire du sport pour lui-même. Et si la libido (au sens de Jung) est considérée comme une “énergétique psychique” ** du sujet, inconsciemment, elle se dirige du sujet sublimant (l’individu) vers la raison ou le prétexte de la sublimation (le groupe ou plus exactement l’image du groupe). En cela, la culture physique ignore un rapport égoïste et réservé à ses adeptes, la circonscription à l’individu s’avère impossible en soi, quel que soit la pratique d’un sport individuel, surtout si a fortiori dans l’art, le peintre ne peint jamais pour lui-même. On peut également croire et faire l’hypothèse quelque peu osée que la Grèce antique n’aurait su vanter les vertus d’une activité physique pratiquée pour elle-même si elle n’avait aussi inventée la cité, ses citoyens et peut-être aussi, la politique…

En effet, il semblerait que de traiter de culture physique revient à dire que le sujet s’entraîne pour lui-même en faisant mine d’oublier que c’est vers l’autre qu’il se projette d’abord, du moins c’est en ces termes que la culture physique pourrait peut-être s’interpréter mais non pas encore s’expliquer. Un début d’explication semblerait cependant apparaître clairement dans le sens où la pratique de la culture physique pour elle-même (c’est-à-dire la musculation, le bodybuilding ou le terme que vous voudrez employer) fait sans doute partie des rares activités physiques où la sublimation pourrait effectivement se confondre avec l’idéalisation, purement physique s’il en est… Aucun autre sport ne dépasse ainsi le stade d’un accomplissement temporaire et tout aussi éphémère que ces deux synonymes déjà cités comme l’élaboration de la jouissance et le triomphe sur la pulsion de mort pour se porter si brusquement vers ce que certains semblent caractériser comme pathologique: le stade de l’idéalisation. C’est du moins sur ce plan que certains chercheurs ignorants de toute activité physique tentent d’analyser le sport et a fortiori, la culture physique, où il est toujours de bon ton (par tradition franco-française sans doute) de parler de ce qu’on ne connaît pas ou de ce dont on a jamais fait l’expérience; essayant de rendre vaguement plus expressif un discours pseudo-scientifique qui pourtant sonne creux et reste complètement dénué de toutes sciences.

Nous y reviendrons…

Cependant, on s’interrogera tout d’abord sur les racines de ce concept qui semble encore – lorsqu’il est transposé au domaine psychanalytique – reposer sur un flou artistique ou pour le moins, quelques incertitudes… La notion même de sublimation psychanalytique appliquée à l’activité physique repose t-elle sur un concept analytique ou une valeur culturelle comme nous aurions tendance à le croire ? (1)

La sublimation produit un objet acceptable sur le plan culturel et social

Selon Freud et Lacan, la caractéristique fondamentale de toute sublimation est de produire un objet culturellement et socialement acceptable” (2). On en revient finalement à ce point central, soit la réalisation d’objets en adéquation avec la culture et la société. En ce sens, la notion même de culture physique prend ici toute sa valeur, celle d’un travail (d’un labeur au sens étymologique du terme) et d’un résultat supposément accepté et intégré par la communauté. Dans l’idéal, la culture physique répondrait à cette double définition mais dans l’idéal seulement. La réalité est tout autre, pour la société ou pour certains soit-disant spécialistes qui passent allègrement à côté du sujet. Et pourtant, pour faire écho à ce que certains considèrent comme l’expression d’un art à part entière, Freud souligne “Comme le don et la capacité de réalisation artistique sont en corrélation intime avec la sublimation, force nous est d’avouer que l’essence de la réalisation artistique, nous est, aussi psychanalytiquement inaccessible” (3). Soit un aveu de faiblesse (ou d’ignorance) de la part du père de la psychanalyse que nous essayons désespérément depuis de combler. Bon gré mal gré, un certain flou (artistique) subsiste dans notre définition de la culture physique au sens psychanalytique du terme. Pourtant, cette “capacité de réalisation artistique” semble, plus encore avec la culture physique, prendre corps, qu’en rapport à une autre discipline sportive parce qu’effectivement, comme une œuvre d’art, ou tout simplement une œuvre et donc ici, un travail sur soi, elle se rend visible – elle prend corps et matière – pour plagier quelques peu (mais à bon escient) la célèbre citation de Paul Klee “L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible“.

Culturisme et culte du corps rendent visible une forme d’idéalisation de la condition physique et athlétique

Le dessein du culturiste est bien précisément de rendre visible, au delà des considérations esthétiques et d’une élévation exponentielle de sa condition physique. Une condition que Freud, puis Lacan, rapprocheront sensiblement du sublime, là où un rapport sublimation/sublime est souvent évoqué et semble ostensiblement hanter l’éternelle question de la sublimation et des processus qui semble être à l’œuvre en son sein. Lacan va plus loin que Freud, il ira jusqu’à inclure les “artisans, faiseurs de robes ou de chapeaux” même si, comme le précise Fanny Colonomos dans son article, le terme de sublimation reste étroitement lié aux références alchimiques, dans l’espoir de réaliser le Grand Œuvre par des manipulations chimiques ou plutôt biochimiques et finalement… esthétiques, celui d’une certaine culture physique idéalisée où le Grand Oeuvre que les athlètes s’imaginent toujours toucher quelque part du bout des doigts et qui finalement… leur échappe.

La lettre de Freud à Pfister en 1910 (4) évoque encore le processus à l’œuvre: “Ce que vous appelez “compensation”, je l’appelle moi “sublimation” ou, ce qui revient au même mais est plus clair, “formation réactionnelle“. L’œuvre en corps (et encore) ou en matière du culturiste semble en effet s’apparenter à une œuvre en formation constante, en réaction à ce qui devient, le sublimant, le corps en formation, éternellement retrouvé dans la répétition active d’un ensemble d’exercices, de séries d’exercices et d’entraînements sans cesse répétés et sans fin programmée. Pour Freud, la “sublimation est un concept qui comprend un jugement de valeur” (5), jugement du sujet par le sujet et par ceux qu’il estime capable (consciemment ou non) de le juger. On en revient toujours à cet indissociable rapport de la culture physique à la société des initiés ou des non initiés qui la juge par un processus purement assumé et conscient. Car Lacan insiste sur une mise au point indispensable sur le processus: “La sublimation n’est pas un processus qui fait usage de l’inconscient (…) mais qui se produit précisément au moyen du potentiel de la composante consciente” (6). Et plus exactement au moyen des éléments qui bâtissent, construisent le corps, l’œuvre du sujet, exercices, entraînements maintes fois réitérés et modifiés, comme si la répétition et l’analyse sans cesse réinventée du corps et de sa matière ne devait conduire qu’à un élargissement du sujet vu par et pour lui-même, l’élargissement à de “nouveaux buts” (7) où “l’analyse, en elle-même, pour l’analysant et l’analyste, est, selon nous, un travail de sublimation puisqu’elle est supposée œuvrer au dépassement de l’énigmatique pulsion de répétition assimilable, in fine, à la pulsion de mort, répétition qui s’exerçait, en général, dans le sens de la reproduction du ratage, de l’inertie, de la non-vie, de la plainte agressive“. La répétition proprement musculaire des sports de force s’exerce avec cette inertie qui semble définir et circonscrire ce que la culture physique revendique, de faire figure de représentation et de faire réfléchir le sujet vers lui-même, de tendre vers une non-finalité sans cesse remise en jeu, un objectif refoulé vers une quête impossible de l’idéalisation du corps, d’une transformation de la matière vers un autre moi, une nouvelle constante. La culture physique représente bien cette dynamique d’un échappatoire ou d’un refoulement au sens psychanalytique du terme, de la volonté de remplir la béance du sujet (d’un manque) porté par une pulsion, celle d’un plaisir détourné de son objectif sexuel premier, et donc, d’une authentique sublimation, d’abord au sens freudien, ensuite au sens lacanien du terme.

Pour Lacan, il s’agit de produire et d’investir des signifiants

Effectivement, selon Lacan à nouveau, “la sublimation se détermine comme un processus à la fois d’investissement et de production des signifiants (…)” (8). La culture physique vu comme un acte qui signifie par le corps, comme “La forme même dans laquelle se coule le désir” (9).  La sublimation par la culture physique cherche en effet à signifier dans une comparaison finale des corps, à chercher l’équilibre, la quantité et la qualité des corps, les uns présentés aux autres. En finalité, une œuvre subjectivement sinistre par anticipation qui renvoie, plus que tout autre discipline sportive, à l’instinct de mort sur lequel Freud s’était cassé les dents, l’idée que le corps subsiste dans le désir et l’idéal de la performance, avec cette image lacanienne de la sublimation où le désir se coule dans la forme. Personnellement, j’ai toujours cru que la performance sportive et athlétique était irrévocablement liée à la mort; dans l’idée de la repousser toujours plus loin, de la performance incarnée dans un élan tellement vif de la libido qu’il en devient extrême, par nécessité… J’aurais toujours cette impression tenace que la pratique sportive, plus que tout autre tentative de sublimation, est une réponse à cet instinct de mort évoquée par Freud, sinon à les lier et lui donner sa véritable définition qui psychanalytiquement n’est pas inaccessible mais lui donne sa raison d’être. Dans cette optique, la pratique sportive demande le respect, car elle nous définit telle que nous sommes…

Quand on tombe dans le glauque, le ridicule et que l’on parle de ce que l’on ne connaît pas

A voir ce qu’en dit certaines littératures plutôt simplistes et loin d’une dialectique qui cherche à produire des signifiants qui expliquent et rassemblent les affects pour en tirer une conclusion qui fait sens, j’en veux particulièrement à certains auteurs de ce que l’on appelle un peu rapidement les “sciences sociales” et qui parfois, tombent dans l’absurde ou le médiocre. Personnellement, je ne traiterais pas d’un sujet que je ne connais pas, c’est inepte en soi. Si la question de la sublimation par la culture physique m’appelle à sortir la plume, c’est que j’en connais quelque chose et que je continue à soulever de la fonte depuis bientôt 25 ans. Pourquoi alors écrire, comme le font certains, sans connaître le sujet à traiter, sauf à jeter l’opprobre et tenter de ridiculiser un sport de passionnés ? Finalement, les écrits de ces non-spécialistes font retomber le ridicule sur eux-mêmes et les exemples sont nombreux. J’en ai choisi un, particulièrement significatif du malaise d’une sédentaire sans doute quelques peu bedonnante et pas très vive qui se cherche une raison décrire. Encore que l’exemple de l’ouvrage “Les fabriques du corps” cherche plus ou moins à dire quelque chose, contrairement à d’autres livres du même genre ou sur d’autres sujets qui parfois, tombent dans un non-sens particulièrement inquiétant. On se demande parfois ce qui pousse certains auteurs à polluer les rayons des bibliothèques, et pire encore, à servir d’exemples aux étudiants ou à certains enseignants, pas plus doués que les auteurs qu’ils prennent pour exemple.

Culte du corps et raisonnement d’inculte !

La préface commence et fait sensation, l’entête en Majuscule “Le culte du corps” semble planter le sujet – sans le définir – en faisant vaguement une référence à mai 68 pour une raison obscure et inexpliquée par l’auteur. On parle d’un culte en relation au corps mais sans savoir vraiment de quoi il s’agit, sinon à une vague référence à des affects. Le culte du corps, oui mais comment et pourquoi ? La question reste sans réponse. On reste alors dans un flou total, une avalanche d’adjectifs tout aussi abscons sont alors employés par l’auteur sans que l’on puisse comprendre à quoi cela fait référence. Qu’est-ce que “cette accentuation du côté diaphane ?” et diaphane qui caractérise quoi ? ou “du pléthorique” ?? et de “l’évanescence de la peau“, à vrai dire on ne sait pas très bien de quoi ça parle, qui cela met-il en cause sinon à tomber dans le ridicule et la grande spécialité de ces ouvrages incompréhensibles (sans doute l’auteur ne comprend t-il même pas vraiment ce qu’il écrit lui-même), le “non-dit” que tout le monde est censé connaître (ou reconnaître) mais que personne ne comprend. Ça continue sur le même ton, on parle de “l’excellence magnifiée des athlètes” (une référence à l’égo ?), de l’anti-look ou des corps érotisés (on reste dans le ridicule), ou de “corps anachroniques” mais en rapport à quelle époque, on ne le saura jamais. Cet exemple m’en rappelle un autre, celle d’un homme parfaitement respectable qui ne cessait de me dire que je répétais des exercices anachroniques; il me prouvait qu’il ne comprenait pas ce que voulait dire ce terme.

Pire encore: “les corps pulpeux prêts à se décliner en fardeau” ?? Si vous y comprenez quelque chose, merci d’utiliser le formulaire de contact pour me tenir au courant. Plus loin, l’auteur précise qu’il s’agit d’une déconstruction sociologique du corps; j’ajouterais sans doute que son ouvrage devrait plutôt traiter d’une construction quelconque, au moins d’une argumentation qui ressemble à autre chose que la peur et l’incompréhension de ce que fait l’autre et de ce qui l’intéresse. En effet, et dès la première ligne le malaise est palpable (et pas pulpeux), ça hurle en majuscules mais ça ne dit rien d’autre. Un peu plus loin encore, c’est “l’éthos somatique médiatisé” (sic), j’aurais au moins voulu être sûr que l’auteur comprend de quoi elle parle à moins qu’elle ne cherche plutôt à faire semblant d’avoir lu (en version traduite) quelques vagues notions de philosophie gréco-latine. Dans cet ouvrage, tout est question de problèmes ou d’objets “somatiques“, sans doute l’inconscient (si c’est bien de cela qu’il s’agit) en est t-il réduit à une notion vague, succincte et indéfinissable. Pourtant, la psychanalyse essaie depuis plus d’un siècle de le définir et la littérature abonde à ce sujet, les exemples et les définitions ne manquent pas. En réalité, le reproche est bien là. Il faudrait sans doute que les auteurs de ce genre d’ouvrages puissent définir leur sujet avant de noircir les pages d’un discours sans aucune signification précise, simple et qui intéresse au moins quelqu’un. C’est d’autant plus surprenant que durant mes années de facultés, on m’a toujours demandé de disserter en posant les arguments de manière simple et compréhensible avant de s’élever vers les cimes d’un raisonnement précisément construit.

Des clichés grotesques qui ridiculisent la sociologie

Malheureusement, on tombe dans le cliché des ouvrages creux, insipides et grotesques de la “sociologie” alors que d’autres auteurs des “sciences sociales” nous fournissent parfois quelques perles qu’il est toujours bon de connaître. Prenez l’exemple d’un Edgar Morin et de sa Méthode, d’un Watzlawick, de la sémiologie d’un Barthes, d’un Zvetan Todorov ou de Genette… voilà au moins des auteurs qui ont véritablement quelque chose de cohérent à dire. Et pourtant, je regrette de n’avoir trouvé personne de sérieux qui traite de la culture physique sur le plan psychanalytique sauf à caricaturer de manière grotesque une pratique qui, comme je l’avais précisé à raison, demande le respect. Et cela explique aussi la raison d’être de cet article.

* Collectif, Figures de la psychanalyse, l’inconnue de la sublimation, Collection Logos Anankè, édition érès, Paris, 2002, sous la direction de Catherine Mathelin

** Carl Gustav Jung, L’énergétique psychique, Édition Georg, Paris, 1997

(1): Fanny Colonomos, Qu’est-ce que la sublimation refoule ?, in Figures de la Psychanalyse, L’inconnue de la sublimation, n°7, 2002, édition Erès, p.13

(2): Ibid. p.13

(3): Ibid. p.14

(4): E. Jones, La vie et l’œuvre de Sigmund Freud, tome III, Paris, PUF, 1969,p.471

(5): Ibid. p.521

(6): Les minutes de la Société Psychanalytique de Vienne, vol. 3, séance du 8 novembre 1911, Paris, Gallimard, NRF, p.299

(7): Fanny Colonomos, op. cit., p.27

(8): Baldine Saint-Girons, A quoi sert la sublimation, in Figures de la Psychanalyse, L’inconnue de la sublimation, n°7, 2002, édition Erès, p.58

(9): Lacan, séminaire inédit sur Le désir et son interprétation

A propos de l'auteur

Passionné et pratiquant depuis plus de 20 ans, j'ai toujours porté un regard curieux sur le développement de la science des ergogènes et de la nutrition sportive. Diplômé des universités Lille 3 et Paris 7, je passe actuellement ma thèse en psychologie sur la question de la sublimation par la culture physique et la musculation. Espace Corps Esprit Forme est à considérer comme un blog de vulgarisation scientifique, destiné à aider le pratiquant tout en lui donnant des informations scientifiques utiles à sa pratique des sports de force.

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