Pas de glucides après l’entraînement ? Récupération et croissance musculaire réduites

hydrates-de-carbone-glucidesL’exercice physique entraîne les cellules musculaires à brûler plus de graisses et à produire plus de mitochondries. Les athlètes peuvent-ils renforcer ces processus en suivant un régime pauvre en glucides ? Non, écrivez des scientifiques du sport à l’Université John Moores de Liverpool dans un article paru dans Medicine & Science in Sports & Exercise. Un régime à faible teneur en glucides pourrait en fait réduire la récupération et la croissance musculaire des athlètes.

L’étude sur l’influence d’un régime pauvre en glucides

Les chercheurs ont fait une expérience avec dix coureurs, qu’ils ont répétée à deux reprises. Dans les deux cas, les participants se sont entraînés deux fois dans la même journée. Ils ont réalisé un entraînement après le petit-déjeuner, les hommes ont effectué un entraînement intensif par intervalles le matin. Tôt dans l’après-midi, ils ont couru à un rythme modérément intensif pendant une heure.

Dans les deux cas, les hommes ont déjeuné en prenant des glucides, des protéines et des graisses. Dans l’un des cas, les participants ont reçu des aliments riches en glucides pour le reste de la journée. Dans l’autre cas, ils n’ont reçu que des aliments à faible teneur en glucides. Ensuite, les chercheurs ont prélevé de échantillons de tissu musculaire sur les jambes des hommes avant et après les séances d’entraînement, puis les ont analysés.

Résultats

Lorsque les participants ont pris des aliments faibles en glucides après leurs séances d’entraînement, les chercheurs ont trouvé moins de glycogène dans leurs cellules musculaires. Malgré cela, ils n’ont pas observé d’AMPK plus active dans leurs muscles. Cela signifie que le régime à faible teneur en glucides n’a pas entraîné une augmentation de la combustion des graisses et qu’il n’a pas stimulé la production de mitochondries non plus.

 

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En outre, le régime à faible teneur en glucides a inhibé l’activité de la molécule signal anabolique p70S6K. Cela pourrait signifier qu’un régime pauvre en glucides affaiblit les processus anabolisants.

Conclusion

“Nous fournissons de nouvelles données en concluant que l’alimentation riche en graisses après l’exercice n’a aucun effet modulateur sur l’activité de l’AMPK-alpha2 ni sur l’expression des gènes associés aux rôles régulateurs dans la biogenèse mitochondriale “, ont écrit les chercheurs.” De plus, bien que l’alimentation riche en graisses après l’exercice ait augmenté l’expression des gènes impliqués dans le transport et l’oxydation des lipides, nous avons également observé une suppression de l’activité de p70S6K1 malgré un apport suffisant en protéines après l’exercice.

“Ce dernier résultat suggère que l’alimentation riche en graisses après l’exercice peut nuire à la régulation de la synthèse des protéines musculaires après l’exercice, ce qui pourrait entraîner des réactions inadaptées à l’adaptation à l’entraînement si elle est effectuée à long terme.”

“Les études à venir devraient maintenant examiner la pertinence fonctionnelle des réponses de signalisation observées ici, non seulement en termes de synthèse protéique musculaire aiguë, mais aussi en termes d’adaptations chroniques des muscles squelettiques et des performances induites par une utilisation prolongée de cette stratégie alimentaire.

Petit détail qui a son importance

Les sportifs qui prennent un régime alimentaire à faible teneur en glucides remarquent que dans la vie réelle, le corps a besoin de plusieurs semaines pour s’adapter complètement à un régime pauvre en glucides. Les sujets de l’expérience n’avaient pas subi ce processus d’adaptation. Il se peut donc que les chercheurs auraient obtenu des résultats différents s’ils avaient effectué leur expérience sur des personnes qui s’étaient habituées à un régime pauvre en glucides.

Source de l’article: No carbs after your workouts? Less muscle recovery and growth

Source Ergo-log: Med Sci Sports Exerc. 2016 Nov;48(11):2108-2117.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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L’avocat améliore votre santé cardiovasculaire, et même plus encore…

avocatL’avocat est une source supérieure d’acides gras mono-insaturés, ce qui abaisserait le cholestérol LDL et augmenterait le cholestérol HDL. Cela rendrait les avocats “bons” pour le cœur et les vaisseaux sanguins, disent les spécialistes de la nutrition. Mais selon une étude humaine parrainée par des chercheurs de la Pennsylvania State University qui sera bientôt publiée dans le Journal of Nutrition, ce n’est peut-être pas tout.

L’étude sur l’avocat

Les chercheurs ont donné à 45 sujets obèses et en surpoids âgés de 21 à 70 ans à 3 reprises pendant 5 semaines une diète faible en graisses [LF], une diète modérée en graisses [MF] et une diète modérée en graisses avec un avocat par jour [AV]. Dans le régime alimentaire modérément gras et le régime à base d’avocat, la plupart des acides gras étaient mono-insaturés. Pendant les 3 périodes de régime, les chercheurs se sont assurés que le poids des sujets restait stable.

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Les résultats

La consommation d’un avocat par jour a réduit la quantité de cholestérol LDL oxydé dans le sang des sujets testés. Le régime MF n’a pas fait cela.

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La réduction de la quantité de cholestérol oxydé chez les sujets testés était liée à un changement dans la composition de leur cholestérol LDL. Plus la diminution de la quantité de cholestérol oxydé est importante, plus le nombre de petites particules de LDL diminue [en haut à gauche].

Explications sur le cholestérol LDL

“Quand vous pensez au mauvais cholestérol, il s’agit de particules de LDL dont la taille varie”, explique Penny Kris-Etherton, directrice de recherche, dans un communiqué de presse. “Toutes les formes de LDL sont mauvais mais les molécules de cholestérol LDL de petite dimension et denses le sont particulièrement. L’une des principales conclusions à tirer est que les personnes qui suivent un régime à base d’avocats présentent moins de particules de LDL oxydées. Ils bénéficiaient aussi de la  lutéine, qui est peut-être bioactive et qui protège le LDL contre l’oxydation.”

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“De nombreuses recherches indiquent que l’oxydation est à la base de maladies comme le cancer et les maladies cardiaques”, poursuit Kris-Etherton. “Nous savons que lorsque les particules de LDL s’oxydent, cela déclenche une réaction en chaîne qui peut favoriser l’athérosclérose, c’est-à-dire l’accumulation de plaques au niveau de la paroi artérielle. Donc si vous pouvez protéger l’organisme par les aliments que vous mangez, cela pourrait vous être très bénéfique.”

Conclusion des chercheurs

“La recherche en nutrition sur les avocats est un domaine d’étude relativement nouveau. Alors, je je pense que nous n’en sommes qu’à la pointe de l’iceberg quant à connaître leurs bienfaits sur la santé. Les avocats sont très riches en graisses saines, en caroténoïdes – qui sont importants pour la santé des yeux – et en autres nutriments. A vrai dire, ils sont tellement riches en nutriments que nous commençons à peine à apprendre comment ils peuvent améliorer la santé.”

Sponsor de l’étude

Une partie des coûts de la recherche a été payée par le Hass Avocado Board. En effet, “Le Hass Avocado Board existe pour aider à en faire le fruit le plus populaire de l’Amérique“. C’est du moins ce que nous lisons sur le site de cette organisation.

Source de l’article: Avocados improve your cardiovascular health even more than you think

Source Ergo-log: J Nutr. 2019 Oct 14. pii: nxz231.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

Bibliographie sélective

Siri-Tarino et al., Saturated fat, carbohydrate, and cardiovascular disease. Am J Clin Nutr. 2010 Mar;91(3):502-9.

Pérez-Jiménez F, López-Miranda J, Mata P. Protective effect of dietary monounsaturated fat on arteriosclerosis: beyond cholesterol. Atherosclerosis. 2002 Aug;163(2):385-98.

Hodson L, Skeaff CM, Chisholm WA. The effect of replacing dietary saturated fat with polyunsaturated or monounsaturated fat on plasma lipids in free-living young adults. Eur J Clin Nutr. 2001 Oct; 55(10):908-15.

Mattson FH. A changing role for dietary monounsaturated fatty acids. J Am Diet Assoc. 1989 Mar; 89(3):387-91.

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Créatine et bêta-alanine associés améliorent les capacités d’endurance

phosphagen-easUne prise de quatre semaines de créatine et bêta-alanine pourrait améliorer la capacité d’endurance des athlètes, selon une étude sponsorisée par des scientifiques du sport de la Florida Atlantic University. L’article a été publié il y a quelques années dans Amino Acids. Ensuite, les conditions de l’étude ne sont pas très rigoureuses non plus. A vous de voir si cela vous sera utile ou pas…

Les chercheurs ne divulguent aucune information sur leurs sujets d’essai, sauf qu’ils étaient de sexe masculin et qu’ils avaient une vingtaine d’années. Étaient-ils entraînés ? Probablement pas. Ils étaient d’ailleurs plutôt lourd de constitution [taille moyenne : 1,72 mètre, poids moyen : 82 kg]. Autre point négatif : pendant les 28 jours où les hommes ont pris les suppléments, ils ne se sont pas entraînés non plus. Mais arrêtons de spéculer sans fondements. Retour sur l’étude…

Les chercheurs ont donné à un groupe de 13 hommes un placebo quotidien contenant 34 g de glucose [Placebo]. Un groupe de 12 hommes a reçu 34 g de glucose et 5,25 g de créatine [Cr] par jour. Un autre groupe de 14 hommes a reçu 34 g de glucose et 1,6 g de bêta-alanine [B-Ala]. Un dernier groupe de 16 hommes a reçu 34 g de glucose, 5,25 g de créatine et 1,6 g de bêta-alanine [CrBA].

Phosphagen Elite ne contient pas que de la créatine et du bêta-alanine…

Et cela nous amène à un autre problème méthodologique. Les hommes du groupe CrBA ont reçu leur glucose, créatine et bêta-alanine sous la forme du supplément EAS Phosphagen Elite. EAS a arrêté la production de Phosphagen Elite en 2010. Le supplément ne contenait pas seulement du glucose, de la créatine et de la bêta-alanine Note EM: {Electrolytes et taurine comme noté sur l’image ci-dessous}. Les autres composantes n’étaient pas particulièrement spectaculaires mais méthodologiquement ce n’est pas très intelligent, d’autant que les chercheurs ne les mentionnent pas dans leur article.

Ils ont demandé à leurs sujets de rouler sur des cycles de manière de plus en plus intenses, avant et après la période de supplémentation. Ceci afin de pouvoir déterminer le seuil de lactate [LT] et le seuil ventilatoire [VT] chez les hommes. Le LT est le point auquel le niveau de lactates dans le sang commence à augmenter au fur et à mesure que l’effort physique augmente. Le VT est le point auquel, à mesure que l’effort augmente, les sujets non seulement respirent davantage, mais respirent aussi plus profondément [parce que les besoins en oxygène du corps augmentent exponentiellement].

Note EM: Pour vous aider à comprendre ce qui est avancé ici, et sans produire de confusion sur cette idée fausse d’augmentation d’acide lactique intramusculaire qui en réalité n’existe pas, les chercheurs de l’étude cite celle de Suzuki et al. (2002), suggérant que la carnosine (bêta-alanine + histidine) sert de tampon contre les ions H+ en aidant au maintien de l’équilibre acido-basique lorsque de grandes quantité de ces ions sont produits par un exercice court et à forte intensité. Notons que la phosphocréatine exerce également cet effet tampon.

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Pour le VT et le LT, les chercheurs ont mesuré l’absorption d’oxygène des hommes et le nombre de watts qu’ils ont générés. En outre, les chercheurs ont également mesuré l’absorption maximale d’oxygène des sujets – qui demeure le prédicteur le plus important de la capacité d’endurance – et la durée pendant laquelle les hommes ont pu continuer à faire du vélo à mesure que l’intensité augmentait (TTE) – voir ci-dessous.

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Les astérisques indiquent si les changements mesurés étaient statistiquement significatifs.

Conclusion des chercheurs sur l’association créatine et bêta-alanine pour l’endurance

“Quatre semaines de supplémentation en créatine et bêta-alanine ont démontré des améliorations significatives dans cinq des huit indices d’endurance cardiorespiratoire mesurés pendant l’ergométrie incrémentale d’exercice du cyclisme”, concluent les chercheurs. “La supplémentation en Cr et b-Ala a permis d’améliorer deux et un des indices, respectivement.”

Cela semble positif mais nous devons ajouter que la supplémentation en créatine et bêta-alanine n’a eu aucun effet sur l’absorption maximale d’oxygène. De plus, le nombre de secondes pendant lesquelles les hommes ont pu continuer à faire du vélo n’a augmenté que dans les groupes placebo et créatine. Ainsi, pour deux des variables les plus importantes, la supplémentation avec créatine et bêta-alanine n’a eu aucun effet.

C’est pourquoi, hormis les ambiguïtés méthodologiques, nous ne sommes pas prêts à conclure de cette étude que les athlètes sont susceptibles de bénéficier d’un complément avec la combinaison en question. Cela dépend entièrement du type d’effort que l’on attend d’eux. Sont-ils censés fonctionner selon le seuil de lactate et le seuil de ventilation ? Dans ce cas, peut-être. Sont-ils censés performer à un plus haut niveau d’intensité ? Dans ce cas, peut-être pas.

Source de l’article: Creatine and beta-alanine combined improve endurance capacity

Source Ergo-log: Amino Acids. 2007 Sep;33(3):505-10.

Note EM: Retenons simplement cette étude comme indicative, le manque de neutralité objective ainsi que la présence d’électrolytes et de taurine nous empêchent clairement de la prendre au sérieux, comme je le disais plus haut dans l’article. La créatine avait donné des signes cliniques plus encourageants sur la récupération après un entraînement d’endurance mais concernant le bêta-alanine, il est clair que nous ne pouvons rien avancer pour l’instant. Certaines études donnent des résultats positifs par rapport à une problématique donnée, d’autres non. Par soucis de rigueur scientifique, il est aussi important de traiter de l’absence de résultats que de résultats positifs lorsqu’ils sont démontrés.

Eric Mallet

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L’épinard rouge serait un véritable booster de NO

Les athlètes savent depuis des années à quel point la betterave peut être utile. La betterave est une source naturelle parfaite de nitrates. Cependant, la betterave n’est pas la seule source naturelle de nitrates disponible pour les athlètes. Les producteurs de compléments sportifs explorent les possibilités des extraits d’épinards rouges. Ils auraient d’ailleurs tout à fait raison, comme  l’écrivent bientôt des chercheurs de l’Université Hofstra dans le Journal of Strength and Conditioning Research.

L’épinard rouge

Non, les épinards rouges ne sont pas une variante des épinards que vous achetez au supermarché. Si les épinards sont également une source intéressante de nitrates, les épinards rouges sont une plante complètement différente.

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Les épinards rouges – Amaranthus tricolor en latin – sont aussi appelés épinards chinois. De nos jours, la plante pousse presque partout, mais elle est originaire d’Amérique centrale. Les épinards rouges sont un légume de la cuisine africaine et asiatique. En 2016, des chercheurs indiens ont démontré dans une étude humaine que les épinards rouges, tout comme les épinards ordinaires et la betterave rouge, étaient une excellente source de nitrates.

L’épinard rouge présenterait des propriétés ergogènes

Dans la publication qu’Adam Gonzalez publiera bientôt dans le Journal of Strength and Conditioning Research, 9 étudiants et 8 étudiantes en athlétisme ont parcouru un contre-la-montre de 4 kilomètres à deux occasions différentes. Premièrement, les sujets ont pris 1 gramme d’extrait d’épinards rouges par jour au cours de la semaine précédant le contre-la-montre. Le jour du test, les sujets ont pris 1 gramme supplémentaire d’extrait une heure avant de grimper sur leur vélo.

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Les chercheurs ont utilisé un supplément de NuVital Health, le sponsor de leur recherche. Un gramme d’extrait d’épinards rouges fournit 90 milligrammes de nitrates, selon NuVital. De plus, il ne contient pas d’oxalate, une substance qui est souvent présente dans les extraits d’épinards et de betteraves ordinaires.

À une autre occasion, les chercheurs ont répété la procédure, mais les sujets ont ensuite reçu un placebo.

Amélioration des performances

La supplémentation en extrait d’épinards rouges a réduit le temps nécessaire aux sujets pour compléter le contre-la-montre.

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Plus d’informations prochainement…

Source de l’article: Red pinach, a natural NO booster

Source Ergo-log: J Strength Cond Res. 2019 May 24. doi: 10.1519/JSC.0000000000003173.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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L’acide alpha lipoïque aurait des effets positifs et négatifs sur la composition corporelle

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Image santescience.fr

L’acide alpha-lipoïque serait plus approprié comme supplément pour les athlètes d’endurance et les personnes qui veulent perdre du poids que pour les athlètes de force, selon une étude animale réalisée à l’Université agricole de Chine.

La plupart de l’acide alpha-lipoïque de notre organisme a été fabriqué par nos propres cellules. Nous ne tirons qu’une quantité minime de cette molécule à partir de la nourriture que nous mangeons. La meilleure source serait la viande organique dont le taux métabolique est élevé comme les reins, le cœur et le foie. Si vous voulez prendre de l’acide alpha-lipoïque, vous feriez mieux de prendre des suppléments Note EM: {C’est précisément à cela qu’ils servent, n’est-ce pas ?}. Un bon supplément contient quelques centaines de milligrammes d’acide alpha-lipoïque. Pour mettre cela en perspective, lorsqu’ils ont isolé 30 mg d’acide alpha-lipoïque de la viande la première fois, les chercheurs ont eu besoin de dix tonnes de foie.

L’acide alpha-lipoïque est une molécule nécessaire à la métabolisation des nutriments en énergie

Dans vos cellules, l’acide alpha-lipoïque est impliqué dans la conversion des nutriments – en particulier le glucose – en énergie. Des recherches ont également été menées sur l’acide alpha-lipoïque pour le traitement des empoisonnements, des radiations radioactives, du cancer et du VIH, mais la plupart des recherches sont axées sur le diabète.

L’étude chinoise visait à découvrir comment l’acide alpha-lipoïque fonctionne exactement, en particulier chez les organismes plus âgés. C’est pourquoi les chercheurs ont utilisé des souris de laboratoire âgées de 24 mois. Les souris gériatriques ont reçu de l’eau potable contenant 0,75% d’acide alpha-lipoïque pendant un mois.

Si vous convertissez la dose qu’ils ont utilisée en proportions humaines, en tenant compte du fait que les humains ont un métabolisme plus lent, alors cela équivaut à quelques grammes par jour. Les utilisateurs de suppléments prennent entre  600 à 1800 mg/jour. La dose reçue par les souris âgées correspond à celle que les médecins utilisent dans leurs expériences sur les personnes atteintes de cancer ou du VIH.

Les suppléments ont fait brûler plus de calories aux souris. Leur corps s’est aminci, mais ils ont aussi perdu un peu de masse corporelle maigre.

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Dans les cellules musculaires, le supplément a activé le transporteur de glucose GLUT4, une protéine qui permet le retrait du glucose des vaisseaux sanguins pour l’amener dans la cellule et PGC-1-alpha, une molécule clé qui stimule la synthèse des mitochondries. C’est ce qui s’est passé dans les cellules musculaires des souris.

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Ce qu’il faut comprendre sur l’acide alpha-lipoïque, c’est qu’il active l’enzyme AMPK. Cette enzyme est activée si les cellules n’ont plus de carburant à oxyder. L’enzyme AMPK stimule les cellules musculaires à produire de l’énergie. L’inconvénient est illustré ci-dessus : mTOR, p70S6K et 4E-BP1 deviennent moins actifs. Il s’agit des molécules de signalisation de la croissance des fibres musculaires.

L’effet anti-anabolique de l’acide alpha-lipoïque n’est pas très important. S’il s’agit d’un problème à des doses plus faibles, l’effet est probablement plus qu’annulé en le combinant avec de la créatine. Effectivement, l’acide alpha-lipoïque améliore l’assimilation de la créatine par les cellules musculaires.

Quant à cette expérience, les chercheurs ajoutent: “Avec des actions métaboliques bénéfiques, l’acide alpha lipoïque peut être considéré comme un complément prometteur pour le traitement de l’obésité et/ou de l’insulinorésistance chez les patients âgés “, concluent les chercheurs.

Source de l’article: Alpha-lipoic acid has positive and negative effects on body composition

Source ergo-log: Metabolism. 2010 Jul; 59(7): 967-76.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Obacunone, nomiline… Des substances anabolisantes inconnues retrouvées dans les agrumes

citron-vertLes limonoïdes sont une famille d’antioxydants abondants dans les agrumes, chimiquement classés dans les terpènes ou plus précisément les triterpènes (un peu comme des lointains cousins de l’acide ursolique) mais plus précisément encore parmi les tétranortriterpènes. S’il est fort peu probable que vous connaissiez ces terpènes et encore moins que vous puissiez les placer au Scrabble, il n’en reste pas moins vrai que les agrumes ordinaires comme le bête citron que vous prenez au supermarché, renferme ce genre d’antioxydants très particuliers, au point qu’ils présentent des propriétés anabolisantes démontrées et étudiées par la recherche.

Si vous suivez mon blog, vous savez d’ailleurs que vous n’en êtes plus à une surprise prêt. Ici, il s’agit également de comprendre que ces fameux terpènes sont surtout présents dans les pépins des agrumes et qu’ils se présentent sous des formes très diverses sur le plan chimique. C’est d’autant plus intéressant que c’est aussi dans les pépins du raisin que l’on retrouve d’autres antioxydants à fort potentiel, les OPC ou oligo-proanthocyanidines.

L’obacunone décrit dans l’article d’Ergo-log n’est effectivement pas le seul des limonoïdes. On retrouve par exemple la limonine, la sinensétine, la nobilétine, la narirutine, la tangéritine et d’autres encore. Toujours est-il que les propriétés anabolisantes de ces molécules découlent, comme c’est bien souvent le cas, de recherches en lien avec l’oncologie, c’est à dire la recherche de solutions thérapeutiques contre le cancer. A vrai dire, la recherche de nouvelles substances naturelles contre ce qui pourrait nous tuer sera sans doute prioritaire sur celles qui pourraient nous donner du muscle mais l’un n’empêche pas l’autre. C’est d’autant plus vrai que la masse musculaire – ou sa perte – est indirectement liée à la longévité de l’organisme, un fait que l’on sait de plus en plus certain sur le plan scientifique. Quoi qu’il en soit, je vous laisse avec la traduction de cet article d’Ergo-log.

Eric Mallet

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Jusqu’à ce que nous voyions son nom sur l’étiquette d’un supplément sportif, nous n’avions jamais entendu parler de l’obacunone. Et après une recherche sur Google, nous l’avons tout de suite su : c’est une molécule que nos lecteurs devraient connaitre. L’obacunone, une substance présente dans les agrumes, possède un effet anabolisant. Mais ce n’est pas la seule substance contenue dans les agrumes qui serait dotée d’un certain potentiel de renforcement musculaire.

L’obacunone

L’obacunone est un limonoïde. Les chercheurs ont retrouvé cette substance dans les agrumes, dans le fruit de Fortunella margarita et de Casimiroa edulis. Les fabricants de compléments sportifs utilisent généralement des extraits de l’écorce de Phellodendron amurense comme source d’obacunone.

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De nos jours, l’obacunone se trouve principalement dans les compléments alimentaires qui devraient renforcer l’action de l’insuline et donc, qui devrait améliorer la composition corporelle. Le Slintensity d’EvoMuse en contient.

L’étude sur l’obacunone

Pendant 4 semaines, des chercheurs japonais, affiliés à la Kikkoman Corporation et à l’Université de Tokyo, ont donné à des souris KKAy, un type de souris de laboratoire sujettes au diabète de type 2, des aliments qui avaient été mélangés à de l’obacunone. Les Japonais avaient extrait l’obacunone du yuzu, un agrume japonais. Si les souris avaient été humaines, on leur aurait donné environ un gramme d’obacunone par jour. Les suppléments commercialisés contiennent une fraction de ce montant.

Les résultats sur l’étude de ce limonoïde

La supplémentation en obacunone a réduit la masse grasse et augmenté la masse musculaire. Le poids corporel des souris n’a pas changé.

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L’obacunone a augmenté la sensibilité à l’insuline [à gauche]. En haut à droite, vous voyez comment, selon les chercheurs, l’obacunone produit ces effets. L’obacunone active le TGR5, un récepteur qui est en fait destiné aux acides biliaires. Les Japonais ont récemment démontré que le TGR5 joue un rôle dans la croissance et le développement musculaires chez la souris.

Le foie libère une série d’acides biliaires pendant et après un exercice intensif. Ces acides biliaires ont divers effets positifs sur la santé, l’un d’entre eux étant que les muscles reçoivent un stimulus anabolisant supplémentaire via le TGR5. L’acide biliaire impliqué est l’acide lithocholique.

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La nomiline, un membre de la famille des limonoïdes peu courant

nomilineIl existe une autre substance alimentaire qui stimule le TGR5. En 2013, le même groupe de recherche japonais a publié une étude animale dans laquelle la nomiline, un autre limonoïde dans les agrumes, [formule structurelle à droite] augmente la sensibilité à l’insuline via TGR5. Tout comme l’obacunone, la nomiline a déjà fait son apparition dans les compléments sportifs.

Conclusion

“La supplémentation en obacunone alimentaire a supprimé l’hyperglycémie et a augmenté la masse musculaire chez les souris KKAy diabétiques. Cet effet est susceptible d’être médié, au moins en partie, par la potentialisation des multiples voies associées au TGR5”, écrivent les chercheurs.

“Ces résultats suggèrent que la consommation régulière d’obacunone pourrait être bénéfique pour prévenir le développement de l’hyperglycémie, l’atrophie musculaire et l’obésité.”

Source de l’article: Obacunone, nomilin… Weird anabolic substances in ordinary citrus fruits

Source Ergo-log: Biochem Biophys Res Commun. 2015 Aug 7;463(4):846-52.

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