Longévité Facteur Q10 ?

tnf-alpha-coenzyme-q10Si vous présentez un taux sanguin de TNF-alpha [à droite] et de CRP (C-reactive Protein) circulants moins élevé, vous seriez moins susceptible de développer un certain nombre de cancers. Selon une méta-étude chinoise, un moyen de réduire la production de ces facteurs serait de compléter votre alimentation par un supplément de coenzyme Q10,

L’étude scientifique chinoise

Les chercheurs ont analysé 9 études où les patients souffrant de désordres métaboliques comme le surpoids, le diabète et une stéatose hépatique non alcoolique avaient reçus des suppléments de coenzyme Q10. Ils ont rassemblé l’ensemble des résultats et les ont réanalysé.

Les résultats de l’analyse

La supplémentation en coenzyme Q10 a abouti à une augmentation statistiquement significative de Co Q10 sanguin ainsi qu’une réduction mesurable de la concentration des cytokines TNF alpha.

q10-inflammation-meta-analyse

 

Les chercheurs ont isolé trois études qui avaient examinées les cytokines TNF alpha. Les doses utilisées dans ces études étaient de 100, 300 et 500 mg de coenzyme Q10 par jour. La réduction de concentration de l’interleukine-6 et de la protéine C réactive dans le sang n’était pas significative.

Conclusion sur le Coenzyme Q10

“La présente revue systématique fournit certaines preuves que la supplémentation en CoQ10 pourrait en partie, améliorer le processus d’état inflammatoire chez des patients atteints de maladies métaboliques”, ont résumé les chercheurs. “Cependant, ces résultats devraient être interprétés avec prudence en raison de la preuve d’une hétérogénéité.”

Co-enzyme-Q10-tnf-alpha-proteine-c-reactive

“D’autres études, en particulier avec des échantillons de plus grande taille et des essais contrôlés randomisés bien conçus, sont nécessaires pour confirmer l’efficacité de la supplémentation en CoQ10 sur l’amélioration du statut inflammatoire dans le cadre des maladies métaboliques.”

Une autre méta-étude sur le Q10 et son aspect anti-inflammatoire présumé (cytokines TNF alpha, IL-6…)

Des chercheurs en gériatrie de l’Université Soochow en Chine ont récemment publié une méta-étude dans laquelle ils tentaient d’obtenir une vue d’ensemble des effets anti-inflammatoires du Co Q10. Celle-ci n’était pas liée à des personnes souffrant d’un trouble ou d’une maladie. L’étude de Soochow* présentait une image plus positive que la méta-analyse réalisée à l’université de Sichuan.

“Cette méta-analyse d’essais contrôlés et randomisés avec le Q10 fait état d’un effet significatif de réduction sur la CRP, l’IL-6 et le TNF-alpha”. C’est ce que présentait la conclusion de la méta-étude de Soochow.

Source de l’article: Longevity factor Q10

Source Ergo-log: PLoS One. 2017 Jan 26;12(1):e0170172.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

—————————-

Références bibliographiques

  • * Fan L. et al., Effects of coenzyme Q10 supplementation on inflammatory markers: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials, Pharmacol Res. 2017 May;119:128-136
  • Farsi F, Heshmati J, Janani L, Irandoost P, Mesri Alamdari N, Keshtkar A, Akbari A, Vafa M. Can coenzyme Q10 supplementation effectively reduce human tumour necrosis factor-α and interleukin-6 levels in chronic diseases? Protocol for a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials, BMJ Open. 2017 Oct 8; 7(10):e016841. Epub 2017 Oct 8.
  • Suksomboon N, Poolsup N, Juanak N. J, Effects of coenzyme Q10 supplementation on metabolic profile in diabetes: a systematic review and meta-analysis, Clin Pharm Ther. 2015 Aug; 40(4):413-8. Epub 2015 Apr 25.
  • Sanoobar M, Eghtesadi S, Azimi A, Khalili M, Khodadadi B, Jazayeri S, Gohari MR, Aryaeian N., Coenzyme Q10 supplementation ameliorates inflammatory markers in patients with multiple sclerosis: a double blind, placebo, controlled randomized clinical trial, Nutr Neurosci. 2015 May; 18(4):169-76.
  • Gökbel H, Gergerlioğlu HS, Okudan N, Gül I, Büyükbaş S, Belviranli M., Effects of coenzyme Q10 supplementation on plasma adiponectin, interleukin-6, and tumor necrosis factor-alpha levels in men, J Med Food. 2010 Feb; 13(1):216-8.

 

En savoir plus »
Aucun commentaire

Des ecdystéroïdes modifiés présenteraient des effets anabolisants augmentés

Peut-être est-il possible que les ecdystéroïdes – un groupe d’hormones stéroïdes anabolisantes d’origine végétale que vous pouvez acheter en tant que complément alimentaire – devraient figurer sur une liste des substances dopantes. C’est ce que des biochimistes allemands écrivaient il y a trois ans. Aujourd’hui, cela n’est pas encore le cas. Mais si les ecdystéroïdes modifiés que des chimistes hongrois ont découverts sont mis sur le marché, cela pourrait changer. En tubes à essai, les effets anabolisants de certains de ces ecdystéroïdes sont trois fois plus importants que ceux des ecdystéroïdes classiques.

Les ecdystéroïdes

Il s’agit de molécules à structure stéroïde présentes dans certains végétaux comme les épinards ou le quinoa. Le plus connu d’entre-eux est l’ecdystérone. Durant des études sur animaux, l’ecdystérone avait augmenté la masse musculaire, stimulé la croissance du cartilage d’articulations et amélioré la qualité de la peau.

La poststérone, un dérivé de l’ecdystérone

Des chimistes hongrois, associés à l’Université de Szeged, ont signalé en 2015 que la poststérone, une version structurellement plus courte de l’ecdystérone, présentait un effet anabolisant plus important en éprouvettes que l’ecdystérone. [J Nat Prod. 23 oct. 2015; 78 (10): 2339-45.] La poststérone est présente en petites quantités dans presque toutes les plantes contenant de l’ecdystérone et pourrait donc se retrouver dans l’organisme lors de la conversion de l’ecdystérone.

ecdysterone-poststerone

 

Des ecdystéroïdes synthétiques

Cela devrait être effectivement le cas, pensaient les Hongrois. Et ainsi, dans leur laboratoire, ils ont commencé à modifier des ecdystéroïdes – dans l’idée d’obtenir de meilleurs résultats que la poststérone. Et, comme ils l’écrivent dans un article paru dans Biorganic Chemistry, ils ont effectivement réussi.

Ils ont trouvé 8 ecdystéroïdes modifiés qui étaient plus anabolisants que l’ecdystérone. Les ecstystéroïdes activent la molécule de signalisation de l’anabolisme Akt (Note EM: on parle de la phosphorylation d’Akt ou de son activation). Les chercheurs ont même mis à jour 3 molécules étant trois fois plus fortes que l’ecdystérone [composants 11, 12 et 16].

 

ecdysteroides-synthese

ecdysteroides-synthese

 

Pour autant que nous le savons, la plupart des molécules synthétisées par les chercheurs hongrois ne sont pas présentes dans la nature. Elles n’ont jamais été décrites ni répertoriées.

Conclusion

Il y a fort à parier qu’une entreprise décide d’associer ces molécules à un nouveau supplément et de le mettre sur le marché. Mais est-ce que nous pouvons toujours considérer ces ecdystéroïdes comme des substances naturelles ? Est-ce que nous pouvons admettre qu’elles se retrouvent dans un complément ? N’y aurait-il pas justement de trop grandes similitudes avec la définition même du dopage ?

Source de l’article: Modified ecdysteroides with more anabolic effects

Source Ergo-log: Bioorg Chem. 2018 Oct 31;82:405-13.

Note: Dopage ou pas dopage, la question commence à se poser au sujet de ces ecdystéroïdes modifiés en laboratoire… Molécules manipulées à partir de la molécule originale et présente dans certains végétaux, il me parait difficile de parler encore d’ergogènes naturels.

C’est un peu le même sujet qui s’était posé avant l’interdiction des prohormones vers la fin des années 1990 où les fabricants prétextaient que les prohormones étaient naturellement synthétisées dans l’organisme (ce qui était vrai pour la plupart des variantes de l’androsténédione et de l’androsténédiol). Mais entre ce qui est naturellement présent dans la nature ou ce qui est ajouté en quantité tellement importante qu’on ne la retrouve jamais dans un organisme sain, c’est précisément entre ces termes que la définition du dopage peut varier. Disons que si une molécule naturellement présente dans la nature est manipulée, il n’est plus possible de parler d’ergogènes naturels (comme le sont la créatine ou l’acide ursolique) mais bien d’une volonté d’obtenir un effet dopant. De toute évidence, ajoutons qu’une large majorité de substances pharmaceutiques sont elles aussi dérivées de molécules naturelles. Pour ma part, je relaie l’information, ensuite, chacun en pensera ce qui lui convient.

Eric Mallet

—————————-

Références bibliographiques

  • Csábi J. et al., Oxidized Metabolites of 20-Hydroxyecdysone and Their Activity on Skeletal Muscle Cells: Preparation of a Pair of Desmotropes with Opposite Bioactivities, J Nat Prod. 2015 Oct 23;78(10):2339-45.
  • Issaadi HM. et al., Side-chain cleaved phytoecdysteroid metabolites as activators of protein kinase B., Bioorg Chem. 2018 Oct 31;82:405-413.
  • Kumpun S. et al., The metabolism of 20-hydroxyecdysone in mice: relevance to pharmacological effects and gene switch applications of ecdysteroids, J Steroid Biochem Mol Biol. 2011 Aug;126(1-2):1-9.
  • Bâthori M, Toth N, Hunyadi A, Mârki A, Zador E. (2008). Phytoecdysteroids and anabolic-androgenic steroids – Structure and effects on Humans, Current Médicinal Chemistry 75:75-91.
  • Chermnykh NS, Shimanovsky NL, Shutko GV, Syrov VN. 1988. Effects of methandrostenolone and ecdysterone on physical endurance of animais and protein metabolism in the skeletal muscle, Farmakologiya i Toksikologiya6 57-62.
  • Foucault AS, Mathé V, Lafont R, Even P, Dioh W, Veillet S, Tomé D, Huneau D, Hermier D, Quignard-Boulangé A. 2012. Quinoa extract enriched in 20- hydroxyeedysone protects mice from diet-induced obesity and modulâtes adipokines expression, Obesity 20:270-277.
  • Foucault AS, , Dioh W, Lafont R, Veillet S, Tomé D, Quignard-Boulangé A, , Clément K, Rizkalla S. 2014. 20-Hydroxyecdysone increases android fat mass loss with no significant effect on muscle mass loss during a weight loss program in obèse and overweight subjects, ICFSR 2014 International Conférence of Frailty and Sarcopenia Research, Barcelone, 12-14/03/2014.
  • Gorelick-Feldman J, MacLean D, llic N, Poulev A, Lila MA, Raskin I. 2008. Phytoecdysteroids increase protein synthesis in skeletal muscle cells, J. Agric. Food Chem. 56: 3532-3537.

———————

pi3k-mtor-akt-synthese-proteines

Petit rappel – simplifié – en image sur la voie Pi3K/AKT/mTOR

 

En savoir plus »
Aucun commentaire

Que vous en fassiez un peu ou beaucoup, l’exercice est une activité physique saine

Si vous ne supportez pas de faire de l’exercice, les épidémiologistes américains auraient de bonnes nouvelles pour vous. Il vous suffirait d’en faire un peu pour réduire considérablement vos chances de développer des formes mortelles de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Les mêmes chercheurs ont également de bonnes nouvelles pour les accros du sport qui en font beaucoup plus que ce que les experts conseillent. Un mode de vie qui repose sur des quantités importantes d’exercice physique n’influence pas non plus le taux de mortalité.

L’exercice physique, un peu ou beaucoup ?

Marcher à vive allure pendant une demi-heure cinq fois par semaine est un investissement de temps d’exercice physique recommandé par la plupart des scientifiques de la santé. Exprimé en dépense calorique, cette quantité s’élève à 7,5 heures d’équivalent métabolique par semaine [MET h/semaine]. Et si vous faites déjà autant d’exercice ? Alors, vous devriez essayer de le doubler.

De nombreuses études ont montré que de suivre ces conseils réduisaient vos risques de mortalité. Mais qu’arrivera-t-il si vous faites plus d’exercice que la valeur recommandée de 7,5 à 15 MET/jour ? Telle est la question à laquelle des chercheurs de l’Institut National Américain contre le Cancer Shady Grove, ont tenté de répondre avec l’étude épidémiologique qu’ils ont publiée en juin 2015 dans la revue JAMA.

L’étude scientifique sur l’exercice

Les chercheurs ont rassemblé des données d’études publiées antérieurement. Cela représentait 661 137 personnes suivies pendant 14,2 ans.

Les participants qui ont effectué plus que l’heure de marche recommandée [LPTA] se sont retrouvées mieux protégés contre le cancer ou les maladies cardiovasculaires que ceux qui avaient effectué la quantité recommandée d’exercice. Les sujets qui avaient effectué 5 à 10 fois la quantité recommandée d’exercice (de 7,5 à 15 MET/h) ont obtenu le plus de protection. Les participants qui ont dépassé la quantité recommandée d’exercices de plus de 10 fois présentaient un risque de mortalité légèrement plus élevé que les participants qui avaient effectué la quantité optimale d’exercice, mais cette augmentation s’est avérée négligeable.

exercice-quantite-longevite

Le tableau ci-dessous montre l’effet pour les deux formes différentes de mortalité. L’exercice physique a réduit le risque de décès par maladie cardiovasculaire [ligne bleue] à 22,5-40 MET h/semaine. En d’autres termes: faire une bonne heure de marche chaque jour. L’effet de l’exercice physique sur le risque de mourir d’un cancer augmente d’autant plus que vous faites de l’exercice physique. Dans ce cas, au plus vous en faites, au mieux cela sera.

exercice-intensite-longevite

 

Conclusion

“Ces résultats sont porteurs d’informations pour les individus présentés aux deux extrémités du spectre de l’activité physique”, ont écrit les chercheurs. “Ils apportent des preuves sérieuses aux personnes inactives en montrant que des activités modestes apportent un bénéfice substantiel sur le report de la mortalité, tout en rassurant les personnes très actives sur l’absence d’augmentation du risque de mortalité associé à l’exercice.”

Source de l’article: Whether you do a little or a lot, exercise is always healthy

Source Ergo-log: JAMA Intern Med. 2015 Jun;175(6):959-67.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

3 grammes de Glycine pour améliorer le sommeil

Si vous prenez 3 grammes de Glycine une heure avant d’aller au lit, vous pourriez mieux dormir. Des chercheurs du fabricant japonais Ajinomoto l’ont découvert en effectuant une petite étude avec 19 employées de l’entreprise comme sujets de test.

L’étude sur la Glycine

En 2003, des chercheurs d’Ajinomoto ont découvert que la Glycine améliorait le sommeil. L’entreprise japonaise n’avait encore rien publié à propos de cette étude mais les chercheurs l’ont mentionné dans la publication Sleep and Biological Rhythms en 2006. Ils ont écrit que les sujets de l’expérience étaient des “volontaires en bonne santé”. C’est tout ce que nous savons sur la première étude.

glycine-acide-amine

Dans celle-ci, les scientifiques d’Ajinomoto confirment les résultats de la première étude. Ils ont donné à 19 employées féminins en bonne santé de leur entreprise 3 grammes de Glycine ou un placebo. Ils leurs ont ensuite posé des questions le lendemain. Les chercheurs ont utilisé des questionnaires standard: le SAM Fatigue Checklist, qui mesure la fatigue et la somnolence. Elles ont également répondu au SMH Sleep Questionnaire, qui dresse un tableau sur la qualité du sommeil.

Les résultats de cette petite étude scientifique sur la Glycine

Le tableau ci-dessous montre que les femmes qui avaient pris 3 grammes de Glycine se sentaient moins fatiguées ou moins somnolentes le jour d’après et qu’elles avaient eu une meilleure nuit de sommeil que durant leur sommeil ordinaire. L’effet s’est révélé statistiquement significatif.

glycine-acide-amine-sommeil

 

Par contre, les chercheurs n’ont trouvé aucun effet statistiquement significatif sur le résultat total du questionnaire sur le sommeil de SMH. Le questionnaire contenait la question “À quel point aviez-vous l’esprit clair après vous être levé ce matin?” et les réponses à cette question n’étaient pas significatives sur le plan statistique. Après une nuit de sommeil probablement améliorée par cet acide aminé, les sujets se sentaient plus lucides qu’après une nuit de sommeil standard, sans cet acide aminé.

Conclusion de l’expérience

“La Glycine est un acide aminé consommé en tant qu’élément protéique alimentaire connu depuis longtemps. En outre, l’innocuité de la Glycine est jugée supérieure à celle des somnifères”, écrivent les Japonais. “Aucun effet indésirable grave n’a été observé lorsque des doses allant jusqu’30 g/jour de Glycine avaient été administrées à l’homme.”

“Ces résultats suggèrent que l’innocuité de la Glycine est relativement élevée et que l’administration orale de cet acide aminé produit une bonne sensation subjective de réveil chez des sujets humains insatisfaits de la qualité de leur sommeil.”

Source de l’article: Three grams glycine improves sleep

Source Ergo-log: Sleep and Biological Rhythms 2006; 4:75–7.

Note: Rappelez-vous que la Glycine est un acide aminé qui joue un rôle significatif de sécrétagogue de l’hormone de croissance, ce qui pourrait jouer favorablement dans les résultats obtenus. Je vous invite d’ailleurs à relire l’article à ce sujet. Précurseur du glutathion et de l’acétylcholine, ces éléments de réponse pourraient également expliquer le pourquoi du comment. Rappelez-vous également que si les acides aminés peuvent rarement vous être utiles de manière isolée, ils le seront cependant bien plus que vous ne le pensez, en fonction du contexte et du moment de la prise.

Eric Mallet

En savoir plus »
2 Commentaires

C’est un fait, les glucides vous engraissent: nouvelle étude…

La théorie selon laquelle un régime comprenant de nombreux glucides – et en particulier un régime comportant beaucoup de glucides rapidement assimilables – conduit au surpoids et à l’obésité n’est pas nouvelle. Un régime riche en glucides permet aux cellules adipeuses de se développer mais il garantit que le reste du corps reçoit moins d’énergie. C’est ce que dit cette théorie. Les scientifiques de la nutrition de l’Université de Harvard ont publié un article dans The BMJ qui suggère que cette théorie est correcte.

Les glucides, l’insuline et le pourcentage de graisse corporelle

Les chercheurs ont voulu tester le «modèle glucides-insuline», qui décrit comment une alimentation riche en glucides fait grossir l’être humain.

“Selon ce modèle, des glucides transformés qui ont été consommés excessivement pendant notre existence durant une période d’alimentation pauvre en graisses ont permis d’augmenter les niveaux d’insuline. De là, les cellules adipeuses ont pu stocker des calories en excès, avec moins de calories, ce qui conduit à une augmentation de la faim et un ralentissement du métabolisme – c’est une recette idéale pour prendre du poids”, affirme David Ludwig, directeur de recherche, dans un communiqué de presse. {Low-carb diets cause people to burn more calories}.

 

glucides-hydrates-de-carbone

Les glucides, la forme d’énergie la plus simple à métaboliser mais aussi la plus complexe à gérer…

L’étude sur les hydrates de carbone

Les chercheurs ont réalisé leur expérience avec un groupe de 120 sujets en bonne santé âgés de 18 à 65 ans. Les sujets avaient un IMC de 25 ou plus. Avant le début de la véritable expérience, les sujets avaient perdu 12% de leur poids corporel avec un régime amincissant. Au cours des 12 semaines qu’aura durée l’étude, les sujets ont suivi un régime alimentaire fournissant exactement le nombre de calories nécessaires pour maintenir leur nouveau poids.

Les chercheurs ont divisé les sujets en 3 groupes. Ils ont donné à un groupe un régime riche en hydrates de carbone. 60% de leur régime était composé de glucides. Un deuxième groupe a reçu un régime modéré ou 40% de l’énergie provenait des hydrates de carbone. Enfin, un troisième groupe a reçu un régime pauvre en glucides (20%). Plus d’informations sur les régimes alimentaires des sujets de test sont donnés sur le tableau ci-dessous. En laboratoire, les chercheurs ont déterminé la consommation d’énergie des sujets avant, pendant et après les 12 semaines d’expérience.

glucides-apres-regime-hypocalorique

 

Les résultats de l’étude sur la variation des apports en hydrates de carbone

Une alimentation faible en glucides réduit la concentration de triglycérides dans le sang. C’est à peu près la même chose que la concentration de VLDL, le «pire des cholestérols». {Note EM: l’approche simplificatrice des rédacteurs d’Ergo-log pourrait prêter à confusion. Le VLDL n’est problématique que lorsque la quantité produite par le foie est excessive}. Dans le même temps, une alimentation faible en glucides augmentait le HDL ou «bon cholestérol».

 

glucides-triglycerides-vldl-hdl

 

Dans le groupe à quantité réduite en hydrates de carbone, la consommation énergétique a augmenté de 200 calories. Dans le groupe à teneur élevée en glucides, la consommation calorique a baissée.

 

hydrates-carbone-consommation-calories

 

“Si cette différence persiste – et nous n’avons pas constaté de baisse au cours de notre étude, […] l’effet se traduirait par une perte de poids d’environ 9,1 kg [20 livres] après trois ans, sans modification de l’apport calorique”, affirme le premier auteur Cara Ebbeling. “Nos observations remettent en cause la conviction que toutes les calories sont identiques pour le corps. Notre étude ne mesurait pas la faim et la satiété, mais d’autres études suggèrent que les régimes pauvres en glucides diminuent également la faim, ce qui pourrait aider à perdre du poids à long terme.”

L’insuline

Avant de diviser les sujets en 3 groupes à régimes alimentaires distincts, les chercheurs ont mesuré l’effet d’une partie du glucose sur leurs taux d’insuline. Sur cette base, ils ont divisé les sujets en 3 autres groupes: un groupe dans lequel le niveau d’insuline réagissait à peine au glucose, un groupe à réponse modérée et un groupe dans lequel le niveau d’insuline augmentait fortement. Plus le niveau d’insuline répondait fortement, plus l’effet d’un régime pauvre en glucides sur la consommation de calories était fort.

 

glucides-insuline

 

Conclusion

“La composition d’un régime alimentaire semble affecter la dépense énergétique indépendamment du poids corporel”, écrivent les chercheurs. “Un régime alimentaire à faible charge glycémique et riche en graisses pourrait faciliter le maintien de la perte de poids au-delà de l’objectif conventionnel consistant à limiter l’apport énergétique et à encourager l’activité physique.”

“Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour examiner les effets de la charge glycémique sur le poids corporel, avec contrôle de l’apport énergétique. Si les avantages métaboliques d’une alimentation à charge glycémique réduite sont confirmés, la mise au point d’interventions comportementales et environnementales appropriées serait nécessaire afin d’opérer une traduction optimale en termes de santé publique.”

Source de l’article: Yessir, carbohydrates make you fat: brand new human study

Source Ergo-log: BMJ 2018;363:k4583.

Note EM: Tout ceci est très intéressant mais cela ne fait que refléter ce que nous savions déjà par la théorie. Au moins, nous savons que celle-ci est confirmée. Mais… Eric me diriez-vous… “Finalement, il suffirait de réduire les apports en glucides et d’augmenter la part des graisses pour perdre du poids avec l’exercice non ?” Et la deuxième question que j’entends déjà arriver “Mais alors pourquoi les coachs me disent que l’on peut prendre des glucides, voire du sucre ? Cela n’a pas de sens finalement…”.

En fait si, cela a du sens et je dirais même que vous reconnaitrez un bon entraîneur au simple fait qu’il vous dira que le sucre n’est pas un problème. Encore une fois (comme je l’avais écrit en légende de la première image), c’est que le glucose est la première source d’énergie de vos cellules, c’est la plus simple à métaboliser mais aussi la plus complexe à gérer, précisément à cause de son rapport à l’insuline et inversement, au glucagon. Cet article met l’accent sur le travail de l’insuline c’est certain mais la première chose à prendre en compte, c’est le contexte. Naturellement, la gestion des ressources énergétiques d’une personne active, sportive ou d’un athlète sera totalement différente de celle d’un sédentaire. A partir de là, les apports en hydrates de carbone seront plus simples à gérer (et votre “coach” vous dira comment le faire). Toute la différence se situera donc entre la prise et la gestion des glucides en fonction du contexte. 

Autre problème contextuel sur lequel je me permets d’insister sera celui du syndrome métabolique bien connu du diabète. Malheureusement, je trouve que l’on en parle que trop peu, étant donné que notre alimentation beaucoup trop industrialisée et notre environnement sont des facteurs de risque aggravants. Personne n’est à l’abri et bon nombre d’entre nous sont sans doute pré-diabétiques sans même le savoir. Dans ce cas, limiter les sucres simples et raffinés de l’alimentation industrielle (et non pas naturels comme ceux qui viennent des fruits) est une chose évidente à suivre. Dans tous les cas, favorisez les hydrates de carbone complexes que vous trouverez dans une alimentation saine. Paradoxalement, cette démarche vous permettra  de ne plus avoir peur des sucres. C’est aussi ce que dirait notre physiologiste de l’exercice et il a parfaitement raison à ce sujet. Encore une fois, lorsqu’il s’agit des oses et des osides, les notions de gestion et de contexte sont la clé du système.

Eric Mallet

 

En savoir plus »
Aucun commentaire