En supprimant la viande de votre alimentation, vous pourriez augmenter le risque de développer une thyroïde sous-active, ou hypothyroïdie. Du moins, c’est ce qu’ont découvert des épidémiologistes autrichiens qui ont analysé des données britanniques. La suppression de la viande réduit l’apport en iode. Et l’apport en sélénium également.
L’étude sur l’iode
Des chercheurs autrichiens, affiliés à l’université de Vienne, ont analysé les données de 466 362 Britanniques recueillies dans le cadre du projet UK Biobank. Les autrichiens ont caractérisé le régime alimentaire des Britanniques en fonction de leur consommation de viande. Ils ont ensuite examiné s’ils avaient développé une thyroïde sous-active sur une période de près de 13 ans. Dans l’ensemble du groupe, cela s’est produit chez 10 831 participants à l’étude. Le risque était donc de 2,3 %.
La raison de cette recherche est que les études montrent que les végétariens et les végétaliens consomment parfois très peu d’iode. La glande thyroïde utilise l’iode comme matière première de l’hormone thyroïdienne.

Résultats de l’étude sur l’iode
Les deux groupes les plus importants de la population étudiée étaient les Britanniques qui mangeaient beaucoup de viande et ceux qui en mangeaient peu. Ces deux groupes étaient à peu près de la même taille. Ensemble, ces deux groupes représentaient 95 % des participants à l’étude.
Les mangeurs de volaille, les végétariens mangeant du poisson ou les pescétariens, et les végétariens évitant le poisson représentaient chacun 1 à 2 %. Les végétaliens étaient si peu nombreux que leur part était considérée comme négligeable. Les Autrichiens ont constaté que les végétaliens étaient plus susceptibles de souffrir d’hypothyroïdie que les gros mangeurs de viande, mais la différence n’était pas statistiquement significative. Cela s’explique probablement par le fait que la base de données des chercheurs ne contenait que peu de végétaliens.
Dans les autres groupes – ceux qui mangent peu de viande, ceux qui mangent du poulet, les pycétariens et les autres végétariens – le risque d’hypothyroïdie était plus élevé que chez les gros mangeurs de viande. C’était particulièrement le cas pour les végétariens.

L’iode
Lorsque les chercheurs ont examiné l’apport quotidien en iode, ils ont constaté le risque de ralentissement du fonctionnement de la thyroïde chez les végétariens. La consommation d’iode dans ce groupe était faible. Cela n’a rien d’étrange. Dans le régime alimentaire occidental, la viande est une source importante d’iode.
Le tableau ci-dessous se rapporte à un apport moyen. En 2014, l’EFSA européenne a conclu que les adultes auraient besoin de 150 microgrammes d’iode par jour. Si l’on considère le pourcentage d’un groupe qui consomme trop peu d’iode, les végétaliens et les végétariens obtiennent de mauvais résultats. Dans ces deux groupes, 93 et 44 % respectivement consomment moins de 150 microgrammes d’iode par jour.

Le sélénium
Les chercheurs n’ont pas mentionné le sélénium. Cependant, il existe des données affirmant qu’une carence en sélénium pourrait aussi être la cause d’une thyroïde qui travaille au ralenti (Ventura, Melo, Carrilho 2017, Vanderpas et al. 1993). Le tableau ci-dessous que nous avons trouvé dans la section des données complémentaires de l’étude autrichienne montre que l’apport moyen en sélénium était trop faible dans tous les groupes. Chez les végétariens et les végétaliens, il était même alarmant.

Selon l’EFSA, les adultes devraient consommer 70 microgrammes de sélénium par jour. Même parmi les gros mangeurs de viande, l’apport moyen serait inférieur à ce chiffre.
Une supplémentation serait-elle nécessaire ?
Les végétariens et les végétaliens (végans) devraient peut-être se supplémenter non seulement en iode, mais aussi en sélénium. Et bien sûr de la vitamine B12. Et peut-être avec beaucoup plus de micronutriments. Mais c’est encore une autre histoire…
Références scientifiques citées dans l’article
Ventura, Melo, Carrilho, Selenium and Thyroid Disease: From Pathophysiology to Treatment, Int. Journal of Endocrinology, Volume 2017, issue 1
Vanderpas et al., Selenium deficiency mitigates hypothyroxinemia in iodine-deficient subjects, The Am. journal of Clinical Nutrition, Volume 57, Issue 2, February 1993, Pages 271S-275S
Source de l’article: Iodine deficiency threatens vegetarian thyroid
Source Ergo-log: BMC Med. 2025 May 7;23(1):269.
Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,
Eric Mallet
Une carence en iode présente t-elle un risque pour la thyroïde des végétariens ?
26 - 06
2025
L’étude sur l’iode
Des chercheurs autrichiens, affiliés à l’université de Vienne, ont analysé les données de 466 362 Britanniques recueillies dans le cadre du projet UK Biobank. Les autrichiens ont caractérisé le régime alimentaire des Britanniques en fonction de leur consommation de viande. Ils ont ensuite examiné s’ils avaient développé une thyroïde sous-active sur une période de près de 13 ans. Dans l’ensemble du groupe, cela s’est produit chez 10 831 participants à l’étude. Le risque était donc de 2,3 %.
La raison de cette recherche est que les études montrent que les végétariens et les végétaliens consomment parfois très peu d’iode. La glande thyroïde utilise l’iode comme matière première de l’hormone thyroïdienne.
Résultats de l’étude sur l’iode
Les deux groupes les plus importants de la population étudiée étaient les Britanniques qui mangeaient beaucoup de viande et ceux qui en mangeaient peu. Ces deux groupes étaient à peu près de la même taille. Ensemble, ces deux groupes représentaient 95 % des participants à l’étude.
Les mangeurs de volaille, les végétariens mangeant du poisson ou les pescétariens, et les végétariens évitant le poisson représentaient chacun 1 à 2 %. Les végétaliens étaient si peu nombreux que leur part était considérée comme négligeable. Les Autrichiens ont constaté que les végétaliens étaient plus susceptibles de souffrir d’hypothyroïdie que les gros mangeurs de viande, mais la différence n’était pas statistiquement significative. Cela s’explique probablement par le fait que la base de données des chercheurs ne contenait que peu de végétaliens.
Dans les autres groupes – ceux qui mangent peu de viande, ceux qui mangent du poulet, les pycétariens et les autres végétariens – le risque d’hypothyroïdie était plus élevé que chez les gros mangeurs de viande. C’était particulièrement le cas pour les végétariens.
L’iode
Lorsque les chercheurs ont examiné l’apport quotidien en iode, ils ont constaté le risque de ralentissement du fonctionnement de la thyroïde chez les végétariens. La consommation d’iode dans ce groupe était faible. Cela n’a rien d’étrange. Dans le régime alimentaire occidental, la viande est une source importante d’iode.
Le tableau ci-dessous se rapporte à un apport moyen. En 2014, l’EFSA européenne a conclu que les adultes auraient besoin de 150 microgrammes d’iode par jour. Si l’on considère le pourcentage d’un groupe qui consomme trop peu d’iode, les végétaliens et les végétariens obtiennent de mauvais résultats. Dans ces deux groupes, 93 et 44 % respectivement consomment moins de 150 microgrammes d’iode par jour.
Le sélénium
Les chercheurs n’ont pas mentionné le sélénium. Cependant, il existe des données affirmant qu’une carence en sélénium pourrait aussi être la cause d’une thyroïde qui travaille au ralenti (Ventura, Melo, Carrilho 2017, Vanderpas et al. 1993). Le tableau ci-dessous que nous avons trouvé dans la section des données complémentaires de l’étude autrichienne montre que l’apport moyen en sélénium était trop faible dans tous les groupes. Chez les végétariens et les végétaliens, il était même alarmant.
Selon l’EFSA, les adultes devraient consommer 70 microgrammes de sélénium par jour. Même parmi les gros mangeurs de viande, l’apport moyen serait inférieur à ce chiffre.
Une supplémentation serait-elle nécessaire ?
Les végétariens et les végétaliens (végans) devraient peut-être se supplémenter non seulement en iode, mais aussi en sélénium. Et bien sûr de la vitamine B12. Et peut-être avec beaucoup plus de micronutriments. Mais c’est encore une autre histoire…
Références scientifiques citées dans l’article
Ventura, Melo, Carrilho, Selenium and Thyroid Disease: From Pathophysiology to Treatment, Int. Journal of Endocrinology, Volume 2017, issue 1
Vanderpas et al., Selenium deficiency mitigates hypothyroxinemia in iodine-deficient subjects, The Am. journal of Clinical Nutrition, Volume 57, Issue 2, February 1993, Pages 271S-275S
Source de l’article: Iodine deficiency threatens vegetarian thyroid
Source Ergo-log: BMC Med. 2025 May 7;23(1):269.
Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,
Eric Mallet