Le sucralose, un édulcorant qui réduirait la sensibilité à l’insuline

sucralose

Le sucralose

Le sucralose, un édulcorant synthétique 600 fois plus sucré que le sucre, provoquerait chez les personnes en bonne santé des symptômes qui ressemblent à un diabète de type 2 au stade précoce. Des chercheurs de l’université de Yale l’écrivaient récemment dans Cell Metabolism. Bien que les sujets ne soient pas réellement tombés malades, les résultats étaient si troublants que l’université a conseillé aux chercheurs d’interrompre leur étude.

L’étude sur le sucralose

Les chercheurs ont divisé 45 sujets sains en trois groupes. Chaque groupe est venu au laboratoire des chercheurs 7 fois sur une période de 2 semaines, et a ensuite bu une boisson non alcoolisée de 355 millilitres.

Les sujets d’un groupe ont pris une boisson contenant 60 milligrammes de l’édulcorant sucralose [LCS]. L’autre groupe en a bu un autre avec 30 grammes de saccharose [sucre de table normal] [Sugar]. Les sujets du troisième groupe buvaient une boisson contenant 60 milligrammes de sucralose plus 31 grammes de maltodextrine glucidique [Combi].

La structure chimique du sucralose est très similaire à celle du saccharose. Toutefois, à trois endroits, le sucralose présente des groupes chlorés qui ont remplacés trois groupes hydroxyles (-OH). En raison de ces groupes chlorés, le sucralose serait, selon certaines études, mille fois plus sucré que le saccharose, à molécule égale.

Les résultats de l’étude sur le sucralose et l’insuline

Les boissons gazeuses n’ont eu aucun effet sur la pharmacocinétique du glucose des sujets. Lorsque les chercheurs ont donné aux sujets des boissons avec glucose après deux semaines, celui-ci a disparu du sang dans tous les groupes aussi rapidement qu’avant la période de deux semaines. À cet égard, les boissons gazeuses étaient sans danger.

Cette situation a changé lorsque les chercheurs ont examiné la quantité d’insuline présente dans le sang des sujets après l’administration du glucose. Cette quantité était nettement plus importante chez les sujets qui avaient reçu des boissons contenant de la maltodextrine et du sucralose.

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Cela implique que la combinaison du sucralose et d’un glucide à absorption rapide rend l’organisme moins sensible à l’insuline. Les chercheurs ont également constaté que chez un certain nombre de sujets, l’association de cet édulcorant et d’un glucide à absorption rapide entraînait une augmentation de l’insuline tôt le matin, avant même que les sujets ne prennent leur petit déjeuner. Cela suggère également une réduction de la sensibilité à l’insuline.

sucralose-insuline

L’explication du phénomène derrière le sucralose et les sucres naturels

Dans la bouche, dans les intestins et peut-être dans de nombreux autres endroits du corps, les édulcorants tels que le sucralose interagissent avec les récepteurs T1R2/T1R3. Ces récepteurs sont en fait destinés au glucose et à d’autres sucres naturels. Ils régulent l’absorption des sucres par l’intestin grêle. Les chercheurs spéculent que via ces récepteurs, l’édulcorant pourrait inciter l’organisme à absorber encore plus rapidement les glucides à absorption rapide – perturbant l’équilibre entre le glucose et l’insuline et réduisant la sensibilité à l’insuline.

Conclusion

“Ces résultats […] suggèrent que la consommation de sucralose modifie le métabolisme du glucose consommé simultanément pour produire rapidement des effets délétères sur la santé métabolique”, écrivent les chercheurs.

“Des durées d’exposition similaires se produisent presque certainement chez l’homme, surtout si l’on considère la consommation d’une boisson édulcorée en même temps qu’un repas. Cela soulève la possibilité que l’effet combiné puisse être un facteur majeur de l’augmentation de l’incidence du diabète de type 2 et de l’obésité”.

“Si tel est le cas, l’ajout d’édulcorants hypocaloriques pour augmenter le goût sucré des aliments et des boissons contenant des glucides devrait être découragé et la consommation de boissons contenant des édulcorants avec les repas devrait être déconseillée”.

Source de l’article: Sweetener sucralose reduces insulin sensitivity | Human study

Source Ergo-log: Cell Metab. 2020 Mar 3;31(3):493-502.e7.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Une supplémentation en spermidine réduirait le vieillissement cardiovasculaire

spermidineSi vous êtes au courant des développements dans le domaine de la longévité, alors vous connaissez la spermidine. Tout le monde n’apprécie pas forcément les compléments de spermidine actuellement disponibles dans les magasins en ligne, mais il est clair qu’il s’agit d’une substance intéressante. Nous avons lu l’étude sur les animaux que des chercheurs chinois de l’université médicale de Harbin ont publiée dans Aging, et nous devons avouer que notre intérêt est maintenant là aussi éveillé.

La spermidine, une polyamine probablement lié à la longévité

La spermidine est une polyamine. Les organismes vivants produisent cette substance par le métabolisme de l’arginine, entre autres, mais la spermidine est également présente dans les aliments. Le germe de blé en est la meilleure source. Une cuillère à soupe de 7 grammes de germe de blé contient environ 1,7 milligramme de spermidine. C’est autant que ce que la plupart des suppléments de spermidine fournissent par dose quotidienne.

Aliment Spermidine mg/kilo
Germes de blé 243
Germes de soja 207
Cheddar (1 an d’affinage) 199
Champignons 89
Riz brun 50
Foie de poulet 48
Petits pois 46
Mangue 30
Pois chiche 29
Chou fleur 25
Broccoli 25

 

polyamines-spermidine-agmatine

L’étude sur la polyamine

Les fonctions biologiques de cette polyamine ne sont pas encore clairement connues mais des études in vitro et animales suggèrent que la spermidine présenteraient un effet anti-âge. Les chercheurs de la Harbin Medical University ont tenté de mieux comprendre cet aspect de la longévité grâce à leur étude sur les animaux. Ils ont alors donné à de vieux rats de laboratoire de la spermidine quotidiennement pendant 6 semaines. Ils ont injecté la substance directement dans l’intestin grêle de leurs animaux de laboratoire.

Si les animaux avaient été des humains adultes et avaient pris la spermidine par voie orale, ils auraient consommé environ 200 à 300 milligrammes de spermidine par jour. Au bout de six semaines, les chercheurs ont comparé les cellules cardiaques de leurs rats (SPD) avec celles de jeunes rats et d’un autre groupe de vieux rats. Ces deux groupes de contrôle n’avaient pas été traités avec de la spermidine.

Les résultats

Le vieillissement a réduit la quantité de mitochondries dans les cellules cardiaques. Les cellules pouvaient donc produire moins d’énergie. Cependant, une supplémentation en spermidine a annulé cet effet de vieillissement.

spermidine-cardiovasculaire

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La spermidine a augmenté la concentration de l’enzyme anti-âge SIRT1 dans les cellules cardiaques tout en activant des molécules de signalisation telles que la PGC-1-alpha et la TFAM. Celles-ci sont impliquées dans la production des mitochondries.

Conclusion

“Ces découvertes pourraient orienter de nouvelles stratégies thérapeutiques pour contrer le vieillissement cardiaque et prévenir les maladies cardiovasculaires liées à l’âge, ainsi que de jeter les bases d’une amélioration du traitement des maladies cardiaques liées au dysfonctionnement des mitochondries”, écrivent les chercheurs.

Source de l’article: Spermidine supplementation stops cardiovascular aging

Source Ergo-log: Aging (Albany NY). 2020 Jan 6;12(1):650-71.

Note EM: Cet article est en effet très intéressant mais il ne nous explique pas clairement ce qu’est la spermidine. Précisons d’abord qu’il s’agit d’une polyamine, une molécule pourvue d’une ou de plusieurs bases amines. Parmi elles, on retrouve la putrescine, la cadaverine, la spermidine mais aussi l’agmatine; un nom qui devrait vous sembler familier. Il s’agit d’une famille de molécules dérivant de l’ornithine (ou plus précisément du métabolisme de l’arginine), considérées comme essentielles pour de nombreux mécanismes cellulaires comme la croissance et la prolifération des cellules, la stabilité du génome, l’équilibre des ions calcium, sodium et potassium, l’ATPase et l’autophagie. A vrai dire, ces molécules portent bien leur nom, y compris pour la spermidine puisqu’elle aurait effectivement été découverte la première fois dans du sperme. C’est une molécule intermédiaire qui permet la synthèse de la spermine. Le fonctionnement métabolique exact de cette molécule est encore mal connu mais nous savons qu’elle jouerait un rôle majeur sur la longévité de l’organisme.

Les polyamines sont indispensables à la croissance cellulaire sur le plan génétique

Pour le moins, nous pouvons dire qu’elle est indispensable à la croissance et à la prolifération cellulaire. Cette affirmation a également conduit la recherche à s’interroger sur le cancer et la présence des polyamines. Si la présence des polyamines dans l’alimentation n’a rien de systématique dans la survenue de la maladie – attention au raccourcis absurdes qui démontrent une ignorance totale de la biologie – la recherche scientifique validerait la réduction des polyamines pour les personnes atteintes d’une forme de cancer en la considérant comme une voie de recherche prometteuse. A l’opposé, les polyamines sont vitales pour le fonctionnement cellulaire. Cela explique le paragraphe d’introduction de cet article d’Ergo-log et les positions mitigées des fervents défenseurs du longévisme. Mais cela explique surtout que d’affirmer de manière péremptoire et sans les nuances nécessaires à l’expression d’un raisonnement scientifique suffisamment critique que les polyamines augmentent les risques de cancer découle d’un raisonnement d’abruti. Et dans le milieu de la nutrition, il en existe quelques-uns…

Cela étant, pensez à vous abonner à la newsletter afin de vous tenir au courant de la sortie des prochains articles.

Eric Mallet

 

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Bétaïne et choline, deux agents de recomposition qui protègeraient contre le cancer

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La choline

Les athlètes connaissent la bétaïne et la choline comme des substances naturelles qui augmenteraient la quantité de tissu musculaire et diminueraient la quantité de graisse corporelle. Selon une méta-analyse publiée dans Scientific Reports par des oncologues chinois à l’université de Médecine de Nanjing, ces deux substances protègeraient également contre le cancer.

Bétaïne et choline

Dans l’organisme, ces deux molécules agissent toutes deux comme donneurs de méthyles. Les cellules utilisent ces groupes méthyles pour réparer l’ADN endommagé. C’est pour cette raison que les scientifiques de la nutrition supposent que les régimes alimentaires riches en choline et en bétaïne réduisent le risque de certains cancers. En outre, les cellules utilisent la choline comme élément de construction de leurs membranes.

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La méta-analyse sur la choline et la bétaïne

Les chercheurs ont suivi 11 études publiées précédemment dans la littérature scientifique. Ils ont mis en commun les résultats et les ont réanalysés.

Les résultats

Par rapport à un régime pauvre en bétaïne, un régime riche en cette molécule réduit le risque de cancer de 14 %. Un régime alimentaire riche en choline réduit le risque de cancer de 18 %.

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Lorsque les chercheurs ont examiné l’effet d’un régime alimentaire contenant une quantité relativement importante de bétaïne et de choline, le risque de cancer a diminué de 40 %.

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Les chercheurs ont pu calculer que pour chaque augmentation de 100 milligrammes de bétaïne et choline dans l’alimentation, le risque de cancer diminuait de 11 %.

Conclusion sur l’association de choline et de bétaïne

“Notre méta-analyse démontre que la consommation de bétaïne et choline a la capacité de réduire le risque de cancer”, écrivent les chercheurs. “Toutefois, ces résultats doivent être considérés avec prudence en raison de l’hétérogénéité considérable, des biais potentiels et des facteurs de confusion. D’autres études scientifiques bien conçues comme de grandes études prospectives et des essais contrôlés par placebo sur la supplémentation en choline et en bétaïne sont justifiées pour vérifier les résultats et établir la relation dose-réponse potentielle”.

Source de l’article: Betaine & choline, body recompositioning nutrients that protect against cancer

Source Ergo-log: Sci Rep. 2016 Oct 19;6:35547.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Un extrait végétal inhibe l’œstradiol via le récepteur arylhydrocarboné

prunella-vulgarisIl y a de cela quelques temps, nous vous avions parlé des extraits anti-oestrogéniques de la plante tropicale Brassaiopsis glomerulata. Il s’agit d’ailleurs d’un végétal qui a fait son chemin dans le monde des suppléments de la musculation et dans Triazole de DS Sport en particulier. Le Triazole contient également des extraits végétaux du Prunella vulgaris, une plante que l’on retrouve partout en Europe. A ce sujet, c’est en 2009 que des chercheurs américains spécialisés dans le cancer ont publié une étude sur des cellules et des animaux dans laquelle ils ont étudié le fonctionnement de ces substances.

Les chercheurs, financés par le gouvernement américain pour étudier des préparations à base de plantes que de plus en plus de femmes utilisent, ont découvert lors d’un dépistage que des extraits de Prunella vulgaris présentaient un effet anti-œstrogénique. Ils ont ensuite examiné les préparations de plus près.

Les chercheurs ont exposé des cellules dotées de récepteurs à l’œstradiol au DES, un œstrogène synthétique, et à l’extrait de Prunella vulgaris [PV]. Le DES a stimulé la synthèse de l’enzyme phosphatase alcaline mais le Prunella vulgaris a inhibé sa synthèse. À une concentration de 50 microgrammes par millilitre, l’extrait était presque aussi efficace que le fulvestrant, un anti-œstrogène médicamenteux [ICI]. Son nom commercial est Faslodex. Les médecins l’utilisent pour traiter le cancer du sein.

Les chercheurs ont implanté des cellules hormono-sensibles provenant d’humains chez des souris et leur ont injecté de l’estradiol [E]. Lorsque les souris ont bu du thé fait à partir de Prunella vulgaris, la croissance des cellules implantées a diminué de moitié.

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La manière dont Prunella vulgaris inhibe les effets de l’hormone a été élucidée lors d’expériences avec des cellules sensibles à l’œstradiol. Dans ces expériences, les extraits ont stimulé la synthèse des enzymes CYP1A1 et CYP1B1. La première enzyme convertit l’œstradiol en 2-hydroxy-oestradiol, et la seconde le convertit en 4-hydroxy-oestradiol. Ces deux métabolites sont considérablement moins actifs que l’œstradiol mais le 4-hydroxy-œstradiol présenterait un souci sur le plan oncologique. Le 4-hydroxy-œstradiol rend l’œstradiol cancérigène. En effet, les métabolites du 4-hydroxy-œstradiol peuvent endommager l’ADN.

Les cellules synthétisent davantage de CYP1A1 et CYP1B1 si les composés interagissent avec le récepteur arylhydrocarboné. Ce récepteur reconnaît les substances toxiques et réagit à celles-ci en augmentant la production d’enzymes de détoxification telles que les CYP1A1 et CYP1B1. Celles-ci désactivent également l’œstradiol. Les chercheurs ont ainsi découvert que les extraits de Prunella vulgaris stimulent le récepteur arylhydrocarboné. L’ajout de 3-méthoxy-4-nitroflavone [MNF], qui bloque le récepteur arylhydrocarboné, a désactivé les extraits de plantes.

cyp1a1-recepteur-arylhydrocarbone

Nous avons mentionné le mot “cancer” ci-dessus. Nous ne pensons pas que la prise de suppléments contenant du Prunella vulgaris augmente le risque de cancer. Presque tous les extraits de plantes contiennent des composés qui inhibent le CYP1B1, potentiellement dangereux, ou l’occupent d’une manière ou d’une autre, de sorte qu’il ne parvient pas à transformer l’estradiol. Ce constat s’appuie sur les recherches effectuées sur un autre bloqueur d’œstrogènes à base d’un extrait végétal, le Ginkgo biloba.

Comme le Prunella vulgaris, le ginkgo active le récepteur arylhydrocarboné et stimule ainsi la dégradation de l’estradiol via l’enzyme CYP1A1. Le ginkgo, cependant, active également la “mauvaise” enzyme, CYP1B1. A vrai dire, ce n’est probablement pas un vrai  problème. Les polyphénols du ginkgo, comme l’isorhamnétine, le kaempférol et la quercétine, sont de puissants inhibiteurs de cette enzyme.

La personne qui a inventé le Triazole avait certainement fait preuve d’intelligence.

Source de l’article: Self-heal extract inhibits estradiol via aryl hydrocarbon receptor

Source Ergo-log: Biol Reprod. 2009 Feb;80(2):375-83.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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La Withaférine A, un anti-œstrogène (et peut-être aussi un anabolisant) de l’Ashwagandha

ashwagandha-withaferineSelon des études cliniques ou sur l’animal – principalement sponsorisées -, la supplémentation en Ashwagandha  augmenterait les niveaux de testostérone et stimulerait le développement du tissu musculaire. Les chercheurs de l’Institut du cancer de l’Université de Pittsburgh pourraient avoir découvert en 2011 comment l’Ashwagandha peut produire ces effets sur l’organisme. Leurs recherches mettent en évidence l’activité pharmacologique de la withaférine A, un ingrédient actif important de l’Ashwagandha.

La withaférine A présenterait un effet contre le cancer du sein

Les chercheurs américains ont exposé des cellules MCF-7 en éprouvette à de la withaférine A sur des concentrations de quelques micromoles. Les cellules cancéreuses ont perdu de leur vitalité. De plus, la withaférine A a endommagé l’ADN des cellules. Les cellules MCF-7 sont des cellules de cancer du sein qui ont besoin d’estradiol pour proliférer.

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Un effet anti-œstrogénique de l’Ashwagandha

On s’attendrait à ce genre d’effets dans des expériences où les chercheurs exposent les cellules MCF-7 à des anti-œstrogènes tels que le tamoxifène. Les chercheurs se sont donc demandé si la withaférine A avait un effet anti-œstrogénique.

Pour le savoir, les chercheurs ont mis des cellules MCF-7 dans des tubes à essai avec de la withaférine A. Ensuite, ils ont mesuré ce qu’il advenait de la synthèse du récepteur d’estradiol alpha. Ce récepteur induit les effets œstrogéniques typiques de l’œstradiol, tels que la croissance du tissu adipeux dans la région du sein, la rétention d’eau et l’agressivité. Le récepteur alpha est également impliqué dans la croissance des types de cellules cancéreuses sensibles à l’œstradiol.

Le tableau ci-dessous montre que la withaférine A a réduit la production de la protéine alpha du récepteur de l’œstradiol. Cela s’est également produit quand les chercheurs avaient ajouté de l’estradiol en plus de la withaférine A à leurs cellules cancéreuses de culture.

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Quels effets sur la croissance musculaire ?

En même temps, la withaférine A a également induit la production du récepteur bêta de l’estradiol, écrivent les chercheurs. Via ce récepteur, l’œstradiol a des effets anabolisants dans les tissus musculaires et osseux ainsi que des effets positifs sur les vaisseaux sanguins.

Selon des biochimistes allemands de l’université de Cologne, l’ecdystérone, une substance de type stéroïde présente dans les épinards, présente un effet anabolisant car elle active le récepteur bêta de l’estradiol. La whaférine A et l’ecdystérone pourraient-elles renforcer leurs effets ergogéniques respectifs ?

Source de l’article: Withaferin-A, an anti-estrogen (and maybe also an anabolic) in ashwagandha

Source Ergo-log: Mol Carcinog. 2011 Aug;50(8):614-24.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Moins de fruits et légumes dans votre régime alimentaire, moins de testostérone chez l’homme

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Image visualhunt.com

Comme les fruits et légumes ont progressivement disparu de l’alimentation occidentale, le taux de testostérone des hommes a peut-être fortement baissé. Même si nous ne sommes que les rédacteurs de ce magazine gratuit en ligne (Note EM: Ergo-Log), nous osons avancer cette affirmation audacieuse avec une certaine crédibilité, après avoir lu une étude animale oubliée des années 90.

L’étude sur les fruits et légumes en tant que source de potassium

Les fruits et légumes sont les principales sources nutritionnelles de potassium. Dans leur étude sur des animaux, des scientifiques espagnols de l’université de Murcie ont voulu découvrir les effets hormonaux d’un régime pauvre en potassium en nourrissant des souris CD1 mâles avec une quantité très faible de ce minéral essentiel.

Les résultats

Après que les souris du groupe expérimental aient reçu des aliments à faible teneur en potassium pendant 6 jours, la diminution du niveau de potassium dans leur sang a été significative mais pas encore spectaculaire. Pourtant, les niveaux de testostérone des animaux avaient déjà chuté.

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Les chercheurs ont injecté aux souris de la LH et de la GnRH. Ces hormones ont augmenté le niveau de testostérone des souris, mais l’effet de ces hormones était plus fort chez les souris qui avaient reçu suffisamment de potassium. Une carence en potassium rendrait apparemment les testicules moins sensibles à la LH.

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Les chercheurs ont examiné dans l’hypophyse la quantité de cellules qui produisent de la LH. Ces cellules étaient plus grandes – et contenaient plus de LH si les animaux avaient consommé suffisamment de potassium. Apparemment, une carence perturberait également la production d’hormones dans le cerveau lorsqu’il doit déterminer la quantité de testostérone que les testicules doivent produire.

Conclusion

“En conclusion, nos résultats indiquent que l’hypokaliémie produit une nette diminution de la sécrétion de LH et de la synthèse de testostérone et suggèrent que des facteurs testiculaires différents des androgènes stéroïdiens pourraient exercer un rôle important dans la modulation de la synthèse ou de la libération de la GnRH”, écrivent les chercheurs.

Bien qu’il ne soit pas toujours possible d’extrapoler les résultats des études animales à l’homme, l’étude espagnole pourrait bien être pertinente pour l’être humain. L’apport en potassium dans les pays développés est relativement faible. Selon les scientifiques américains, l’apport optimal de potassium est de 4700 milligrammes par jour. Une étude épidémiologique de 2012 a montré que seulement 2 % des adultes américains consomment effectivement cette quantité.

De bonnes sources de potassium sont, par exemple, la betterave, le soja, les pommes de terre, les patates douces, les avocats, le saumon et les épinards. Note EM: Il est vrai que l’on insiste souvent sur l’importance du magnésium sur le maintien d’un taux de testostérone normal chez l’homme. Ce constat sur le potassium n’est pas non plus, a priori, une surprise. Cependant, n’oubliez pas que si votre alimentation est déficiente en potassium et que vous décidiez de prendre un supplément (par exemple un citrate), gardez bien à l’esprit que tout apport excessif pour ce minéral est particulièrement dangereux pour votre cœur. Nous aurons l’occasion de le constater avec un autre article dans quelques temps. Toujours est-il que si cela n’est pas déjà fait, inscrivez-vous à la newsletter pour vous tenir informé de la mise en ligne des nouveaux articles ou de lire les 700 articles déjà en ligne.

Source de l’article: The disappearance of fruit and vegetables from our diet lowers men’s testosterone levels

Source Ergo-log: Endocrinology. 1996;137(9):3738-43.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Le Cur2004-8 serait plus efficace que la curcumine, étude sur l’animal…

La curcumine est une substance très intéressante a priori mais sa biodisponibilité est sous-optimale. Cependant, des biotechnologistes sud-coréens de l’université de Soonchunhyang ont réalisé des expériences sur des animaux avec une variante semi-synthétique de la curcumine. Elle pourrait fonctionner mieux que la curcumine elle-même. Cet analogue est appelé Cur2004-8.

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L’étude sur l’animal avec le Cur2004-8, un analogue de la curcumine

Les chercheurs ont placé du Cur2004-8 à deux concentrations différentes dans le milieu de culture de nématodes. De là, ils ont déterminé combien de temps les animaux pouvaient vivre. Ils ont fait des expériences similaires avec des nématodes dans un milieu de culture sans substances actives et dans un autre où ils avaient mis de la curcumine.

L’expérience des chercheurs a été financée par le gouvernement sud-coréen.

Les nématodes ont prolongé leur durée de vie

Les nématodes vivaient plus longtemps si les chercheurs mettaient de la curcumine dans le milieu de culture. Ils vivaient même plus longtemps s’ils avaient bénéficié d’une quantité relativement faible de 5 micromoles de Cur2004-8.

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Une faible dose de Cur2004-8 a stimulé la vitalité et la longévité des nématodes

L’ajout de 5 micromoles de Cur2004-8 au milieu a amélioré la vitalité des nématodes. Le tableau ci-dessous concerne des nématodes âgés de 20 jours.

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Phase 1: Nématode mobile spontanément sans stimulation mécanique. Phase 2: Nématode mobile lorsqu’un stimuli est appliqué. Phase 3: Nématode qui ne peut bouger que la tête après une stimulation mécanique

Sur quel principe ce dérivé de la curcumine peut-elle agir ?

Le Cur2004-8 a prolongé la vie des nématodes lorsqu’ils étaient exposés au peroxyde d’hydrogène. Le peroxyde d’hydrogène est un radical oxydant. Le Cur2004-8 a donc un effet antioxydant.

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Le tableau ci-dessus montre que Cur2004-8 a prolongé la vie des nématodes s’ils recevaient également des quantités extrêmes de glucose par leur milieu [HGD = régime à haute teneur en glucose]. Pourtant, en grande quantité, le glucose est toxique pour les nématodes. Les chercheurs supposent que le Cur2004-8 pourrait être un médicament contre le diabète pour l’homme.

Enfin, le tableau ci-dessous est lié à des expériences réalisées avec un nématode génétiquement modifié. Ces animaux avaient commencé à produire une grande quantité de peptides bêta-amyloïde. On trouve cette protéine dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres variantes de la démence. Lorsque la variante nématode de l’Alzheimer frappe, les animaux deviennent paralysés. Le tableau nous montre que le Cur-2004-8 ralentit ce processus, à un degré encore plus important que la curcumine. Les chercheurs pensent donc que le Cur2004-8 pourrait être un médicament contre la maladie d’Alzheimer.

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Conclusion

“Cur2004-8 présente des activités antioxydantes et anti-vieillissement ainsi qu’une activité protectrice contre les toxicités impliquées dans les maladies liées à l’âge”, écrivent les Coréens. “Le cur2004-8 a des activités antioxydantes et anti-vieillissement plus importantes que la curcumine. Il pourrait être utilisé pour le développement de nouveaux produits anti-âge”.

“Des études supplémentaires seront nécessaires pour identifier les cibles moléculaires en aval de Cur2004-8 et déterminer son effet in vivo dans des organismes supérieurs tels que les souris”.

Source de l’article: Cur2004-8 more effective than curcumin, animal study

Source Ergo-log: Drug Discoveries & Therapeutics. 2019; 13(4):198-206.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

 

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