Quorn, une alternative de protéine végétale, est-il meilleur que les protéines de lait pour stimuler la croissance musculaire ?

quornPour ceux qui s’impliquent dans le bodybuilding, le substitut de viande Quorn pourrait être une meilleure source de construction musculaire que les protéines de lait classiques. Honnêtement, nous avons du mal à le croire mais c’est ce que les chercheurs de l’Université d’Exeter ont déclaré le 3 juillet 2019 lors de la conférence annuelle du Collège européen des sciences du sport à Prague.

Une étude humaine sur Quorn, le substitut végétal aux protéines animales

Nous ne pouvons pas vous donner beaucoup de détails sur l’étude mais nous pouvons vous présenter les généralités que l’Université d’Exeter a rendues publiques dans un communiqué de presse. Selon ce dernier, les Britanniques ont réalisé une expérience avec 20 jeunes athlètes qui suivaient un entraînement de résistance depuis un certain temps. Lorsqu’ils prenaient des protéines de lait, la synthèse des protéines augmentait de 60 %. Quand ils prenaient Quorn, la synthèse des protéines augmentait de plus de 120%.

“Ces résultats sont très encourageants si l’on considère l’envie de certaines personnes de consommer des sources de protéines d’origine non animale afin de soutenir la masse musculaire à l’entraînement “, déclara le chercheur Benjamin Wall de l’Université d’Exeter.

“Nos données montrent que les mycoprotéines peuvent stimuler la croissance musculaire dans les heures qui suivent l’exercice par rapport à une protéine de comparaison animale typique (protéine de lait) – nous avons hâte de voir si ces résultats mécanistes se traduiront par des études sur des entraînements à long terme pour diverses populations.”

fusarium-venenatum-mycoproteine

Précisons que Wall et ses collègues travaillent de près avec le fabricant de Quorn depuis des années. Quorn a financé l’étude.

Quorn

Quorn est un produit de Marlow Foods, une entreprise alimentaire du Buckinghamshire au Royaume-Uni. En 1967, des chercheurs de Marlow avaient découvert un champignon dans un champ à l’extérieur du bâtiment de l’entreprise. Ce champignon est maintenant connu sous le nom de Fusarium venenatum souche PTA684.

Dans les années 1960, des scientifiques britanniques recherchaient d’autres moyens de produire des protéines de haute qualité. Ils ont examiné 3000 champignons présents dans le sol. Ils ont découvert que le Fusarium venenatum était un très bon producteur de protéines comestibles. Pour produire un gramme de protéines, vous n’avez besoin que de 10% des ressources nécessaires pour produire un gramme de protéines de poulet.

Des réactions allergiques éventuelles

Quorn a fait son entrée sur le marché en 1985 en tant qu’alternative écologique et végétalienne aux protéines animales. Tout le monde n’était pas – et n’est pas – enthousiaste à ce sujet. Les chercheurs du Center for Science in Public Interest aux États-Unis ont d’ailleurs publié l’an dernier une autre étude où ils avaient analysé 1752 cas de personnes qui avaient fait une réaction allergique à Quorn. [Ann Allergiy Asthma Immunol. 2018 Jun;120(6):626-30.]

En outre, il y a eu plusieurs centaines de cas extrêmement graves et un décès. Les Américains ont conclu que “l’acceptation dans l’approvisionnement alimentaire ou cet ingrédient non essentiel mérite d’être reconsidéré”. Cependant, il est à noter que les cas étudiés ont été rapportés sur un site Web explicitement destiné aux consommateurs qui avaient rencontré des problèmes avec Quorn. La fiabilité de ces données fait l’objet de discussions. Les Britanniques pensent que les risques lés à Quorn sont très faibles. [Curr Dev Nutr. 2019 Apr 4;3(6):nzz021.] {Note EM: Si vous vous savez allergique aux champignons, ne prenaient pas de Quorn.}

Les valeurs nutritionnelles de Quorn

Sur le papier, la valeur nutritionnelle de l’aliment végétal est excellente. La protéine se compose de 41% d’acides aminés essentiels, tout comme la protéine de la spiruline. D’autre part, la protéine de lactosérum se compose de 52% d’acides aminés essentiels.

quorn-composition

En 2017, des chercheurs britanniques ont publié une étude humaine dans laquelle ils ont donné Quorn à 10 hommes puis enregistré l’apparition des acides aminés de la protéine fongique dans leur sang. [Br J Nutr. 2017 Nov;118(9):673-85.] Ils ont découvert que Quorn est une protéine “lente” qui libère progressivement ses acides aminés dans l’organisme après ingestion. C’est peut-être parce que Quorn contient beaucoup de fibres comme les bêta-glucanes et la chitine, qui ralentissent la digestion.

Source de l’article: Is Quorn a better muscle builder than milk protein?

Source Ergo-log: ScienceDaily.com, July 3, 2019.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Après une tasse de café, vos cellules adipeuses brunes produisent plus de chaleur

nescafe-expressoAprès une tasse de café, votre corps consomme plus d’énergie. Une tasse de café contient suffisamment de caféine pour activer les cellules de graisse brune de votre corps et leur faire convertir plus de calories en chaleur. Des biologistes anglais, affiliés à l’Université de Nottingham, l’ont relaté dans leurs rapports scientifiques.

L’étude scientifique in vitro

Les chercheurs ont exposé de très jeunes cellules adipeuses, qu’ils avaient elles-mêmes développées à partir de cellules souches mésenchymateuses de souris, à une concentration physiologiquement pertinente de caféine. La caféine a activé la protéine signal UCP1. Celle-ci permet aux cellules d’utiliser leur énergie de façon plus généreuse. Comme on pouvait s’y attendre, la caféine a augmenté le nombre de mitochondries dans les cellules.

cafeine-mitochondries

mitochondries-atp-cafeine

Le taux d’exposition à l’oxygène [OCR] a augmenté en raison de l’exposition à la caféine. Les cellules ont utilisé plus d’oxygène. En même temps, la caféine a permis aux cellules graisseuses de produire plus de récepteurs bêta-3 adrénergiques et moins de récepteurs bêta-2 adrénergiques.

mitochondries-cafeine-oxygene

L’étude clinique sur des sujets humains

Les chercheurs ont fait boire une tasse de café aux sujets testés. Ils l’ont fait en dissolvant un sachet d’Espresso Original dans 200 millilitres d’eau chaude. Cette tasse de café contenait 65 milligrammes de caféine.

Juste avant que les sujets d’essai reçoivent leur café, les chercheurs ont mesuré la quantité de chaleur produite par le corps juste au-dessus de la clavicule. Il y a beaucoup de cellules graisseuses brunes dans cette région. Une demi-heure après que les sujets avaient bu leur café, les chercheurs ont répété leurs mesures.

Les graphiques ci-dessous parlent d’eux-mêmes.

cafeine-graisses-brunes

graisses-brunes-cafeine

Conclusion sur l’expérience de la “tasse de café”

“La graisse brune agit différemment des autres graisses de votre corps et produit de la chaleur en brûlant du glucose et des graisses, souvent en réponse au froid”, explique le co-auteur Michael Symonds dans un communiqué de presse. [sciencedaily.com 24 juin 2019] “L’augmentation de son activité améliore le contrôle de la glycémie ainsi que l’amélioration du taux de lipides sanguins et des calories supplémentaires brûlées qui contribuent à la perte de poids. Cependant, jusqu’à présent, personne n’avait trouvé un moyen acceptable de stimuler son activité chez l’homme.”

“Il s’agit de la première étude chez l’homme à montrer que quelque chose comme une tasse de café peut avoir un effet direct sur nos fonctions graisseuses brunes. Les résultats ont été positifs et nous devons maintenant nous assurer que la caféine, l’un des ingrédients du café, agit comme stimulant ou s’il y a un autre composant qui aide à l’activation de la graisse brune. Nous étudions actuellement des suppléments de caféine pour vérifier si l’effet est similaire.”

“Une fois que nous aurons confirmé quel composant est responsable de cette situation, il pourrait être utilisé dans le cadre d’un régime de gestion du poids ou d’un programme de régulation du glucose pour aider à prévenir le diabète”.

“Les implications potentielles de nos résultats sont assez importantes, car l’obésité est un problème de santé majeur pour la société. Nous faisons également face à une épidémie croissante de diabète et la graisse brune pourrait potentiellement faire partie de la solution.

Source de l’article: After a cup of coffee, your brown fat cells produce more heat

Source Ergo-log: Sci Rep. 2019 Jun 24;9(1):9104.

Traduction pour Espace Corps esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
2 Commentaires

Le cacao, l’épicatéchine, l’endurance et vos mitochondries

cacaoDonnez une forte quantité quotidienne de chocolat à des personnes atteintes de diabète de type 2 et de problèmes cardiaques et leurs cellules musculaires commenceront à mieux fonctionner. Selon une petite étude réalisée à l’Université de Californie à San Diego, après trois mois, les patients semblaient bénéficier d’un avantage santé comparable à celui d’un entraînement sportif régulier.

Généralement, muscles et cellules cardiaques des personnes souffrant de problèmes cardiovasculaires et de diabète de type 2 sont en mauvais état. Une accumulation de défauts moléculaires signifie que leurs mitochondries ne peuvent plus fonctionner comme elles le devraient et qu’elles ne savent plus produire suffisamment d’énergie.

Les antioxydants du cacao pourraient-ils améliorer la condition physique de diabétiques de Type 2 ou de personnes atteintes d’une maladie cardiovasculaire ?

Les chercheurs ont voulu savoir s’ils pouvaient faire quelque chose pour y remédier en leur donnant du cacao. Le cacao contient de l’épicatéchine. Cette molécule, peut-être avec d’autres substances du cacao, stimulerait la production d’énergie des mitochondries. Des études chez l’animal ont montré que ce composé serait un véritable “substitut” de l’exercice mais qu’il serait encore plus efficace avec un véritable effort physique.

epicatechineL’épicatéchine produit-elle le même effet chez l’homme ? C’est pour le découvrir que les chercheurs ont donné à cinq patients, près de 400 calories de chocolat sous forme de quatre morceaux de chocolat et de deux “boissons de recherche au cacao”. La totalité des suppléments  fournissait 100 mg d’épicatéchine par jour.

Les chercheurs ne disent pas si les suppléments donnés à leurs sujets d’étude ont modifié leur poids corporel à la hausse ou pas. Ils disent cependant que les cellules musculaires des sujets avaient nettement changé. La quantité de NO mesuré sous forme de nitrates et de nitrites avait considérablement augmentée. Il en va de même pour la protéine PGC1-alpha.

PGC1 alpha incite les cellules à produire plus de mitochondries et stimule leur développement. Et ce qui est d’autant plus intéressant ici, c’est le fait que le supplément de cacao a également activé l’enzyme SIRT1.

cacao-epicatechine

cacao-epicatechine

cacao-sirtuine1

mitochondrie

cacao-mitochondries

 

Les mitochondries ont changé de forme, elles sont devenues plus compactes. Les photos de gauche ci-dessus montrent une mitochondrie d’un des sujets. Une photo a été prise avant le début de la supplémentation en cacao, l’autre après. Comme vous pouvez le voir, les mitochondries ont développé plus de crêtes. En comparant rapidement une mitochondrie à une usine, cela signifie qu’il y a plus de machines dans l’usine.

L’étude ne dit pas si les sujets se sont réellement rétablis mais si l’on en croit les résultats, on peut s’attendre à ce que cela soit le cas. Tout semble indiquer que la capacité des cellules musculaires des sujets à convertir les nutriments en énergie a augmenté. En plaisantant un peu, il ne faudra sans doute plus longtemps avant que les coureurs du Tour de France ne soient plus aidés par des substances qui améliorent le transport de l’oxygène mais par Mars et Côte d’Or. Et par The Hershey Company qui a aidé à financer l’étude.

Source de l’article: Cacao contains endurance sports drug

Source Ergo-log: Clin Transl Sci. 2012 Feb;5(1):43-7.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Un shake de protéines avant l’exercice augmenterait l’oxydation des graisses ?

Cet article d’Ergo-log évoque un constat métabolique particulièrement intéressant. En effet, tout le monde s’est un jour demandé s’il était préférable de prendre un shake de protéines avant l’entraînement ou d’y ajouter des glucides ou pas. Mais dans tous les cas, cette étude reste très relative même si les résultats qu’elle présente sont assez parlant. En outre, j’apprécie aussi que l’on utilise de la caséine, une protéine qui vaut son pesant de cacahuètes. En effet, les protéines à libération lente semblent bien plus cohérentes sur le plan métabolique que toutes les “whey” qui vous laissent sans acides aminés dans le sang une heure après l’avoir bu. Rappelez-vous que la récupération post-entraînement demande entre 3 et même parfois 5 jours après une séance d’exercices. C’est une réalité scientifiquement démontrée malgré tout le tapage que l’on a pu faire sur le lactosérum. Cependant, je ne vais pas remettre en cause les qualités de cette protéine, ce n’est pas la question. De là, je vous laisse avec l’article traduit d’Ergo-log.

—————————-

caseine-micellaireSi vous voulez perdre du poids avec l’exercice, prenez des protéines plutôt que des glucides, et de préférence des protéines à absorption lente, comme la caséine, juste avant de commencer votre entraînement. La supplémentation en protéines augmenterait non seulement votre dépense calorique totale mais aussi l’oxydation des graisses. Des scientifiques sportifs américains de l’Université de Lindenwood ont fait ce constat l’année dernière.

Une étude comparative effectuée avec de la maltodextrine, de la Whey et de la caséine

En 4 occasions différentes, les chercheurs ont fait courir 11 sujets de sexe masculin pendant 30 minutes sur un tapis de course à une intensité de 50 à 60 % de leur fréquence cardiaque maximale. Si vous êtes en forme, vous pouvez maintenir cet effort pendant longtemps. Vous pouvez aussi tenir une conversation. Une demi-heure à l’avance, les sujets ont reçu un milk-shake avec 25 grammes de maltodextrine [MAL], une autre fois un shake avec 25 grammes de lactosérum [WPI], une autre fois un shake avec 25 grammes de caséine [CAS] et une autre fois juste de l’eau [CON]. Les chercheurs ont effectué leurs tests le matin. Avant que les sujets ne reçoivent leur shake de protéine, ils n’avaient rien mangé.

Les résultats de l’étude

Lorsque les chercheurs ont déterminé la quantité d’énergie consommée par les sujets de l’étude pendant l’exercice, ils n’ont constaté aucune différence entre les groupes. Il y avait des différences (mais pas très convaincantes) entre l’origine de l’énergie. Après avoir pris du lactosérum, les sujets ont brûlé un peu moins de graisses pendant la séance d’entraînement.

caseine-whey-maltodextrine

Les effets des suppléments 15 minutes après la séance ont été plus frappants. Ensuite, la dépense énergétique était plus élevée si les sujets avaient consommé des protéines. La supplémentation en protéines avait en même temps augmenté l’oxydation des graisses.

maltodextrine-caseine-whey

proteine-exercice-oxydation-graisses

Conclusion protéines contre maltodextrine

Les chercheurs ont fait leur étude en gardant à l’esprit la popularité croissante des méthodes de jeûne chez les athlètes et les personnes qui veulent perdre du poids. Ils mentionnent dans leur article que si vous voulez perdre du poids, l’exercice après la supplémentation en protéines pourrait mieux fonctionner que l’exercice après une période de jeûne. Cela semble convaincant, mais vous devez garder à l’esprit que la plupart des athlètes qui combinent le jeûne et l’exercice planifient leurs repas après l’exercice. Les chercheurs n’ont pas étudié l’effet d’un tel repas post-entraînement.

Source de l’article: Protein shake before exercise increases fat oxidation

Source Ergo-log: J Int Soc Sports Nutr. 2018 Nov 29;15(1):56.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
1 Commentaire

Si un régime pauvre en glucides ne vous permet pas de perdre du poids, il vous gardera toujours en bonne santé

Même si cela ne vous fera pas perdre un gramme de graisse corporelle, un régime pauvre en glucides pourrait améliorer votre santé si celle-ci s’avère compromise par une alimentation désastreuse. Et c’est précisément la conclusion d’une petite étude expérimentale que des chercheurs américains, dirigés par Jeff Volek, ont publiée dans JCI Insight.

L’étude réalisée avec un régime pauvre en glucides

Les chercheurs ont réalisé une expérience avec 16 sujets obèses, tous atteints du syndrome métabolique. Le syndrome métabolique est une série d’effets négatifs sur la santé associés à l’embonpoint et à un mode de vie occidental dégradé. Il concerne par exemple la détérioration de l’équilibre du cholestérol et d’une sensibilité réduite à l’insuline.

Pendant 4 semaines, les chercheurs ont donné à leurs sujets un régime alimentaire composé de 57 % d’énergie en glucides [HC]. À deux autres occasions, les sujets ont pris pendant 4 semaines, une alimentation dont l’énergie provenait respectivement de 32% [MC] ou de 6 % [LC] des glucides. La quantité totale d’énergie des trois types d’alimentation était la même, tout comme la quantité des protéines. La quantité d’énergie était juste suffisante pour maintenir les sujets de l’expérience au même poids de corps.

regime-pauvre-glucides

regime-glucides-bas

Les chercheurs ont été financés par l’industrie laitière américaine et hollandaise.

Résultats de l’expérience

Bien que les sujets ne soient pas devenus plus minces s’ils mangeaient moins de glucides, leurs paramètres santé s’étaient améliorés. Après 4 semaines de régime alimentaire à faible teneur en glucides, 9 des 16 personnes testées n’étaient plus affectées par le syndrome métabolique.

glucides-syndrome-metabolique

regime-pauvre-glucides-triglycerides-cholesterol-glucose

La diminution de la quantité de glucides dans l’alimentation a augmenté le taux de cholestérol HDL et réduit la concentration de glucose et de triglycérides dans le sang.

Le régime pauvre en glucides contenait pourtant 2,5 fois plus de graisses saturées que le régime riche en glucides. Théoriquement, si vous exposez vos cellules à de fortes concentrations de graisses saturées, le risque de développer le syndrome métabolique, le diabète et/ou l’infarctus du myocarde augmentent.* Pourtant, le régime pauvre en glucides a réduit la concentration d’acides gras saturés dans le sang.

PL SFA = Graisses saturées (phospholipides) TG SFA = Graisses saturées (triglycérides).

regime-pauvre-glucides-graisses-triglycerides

Le régime pauvre en glucides a également modifié le métabolisme des acides gras {Note EM: Au niveau de la synthèse hépatique des graisses à partir du glucose}. Il a permis de métaboliser l’acide linoléique en acide arachidonique de manière plus équilibrée.

acide-arachidonique

regime-faible-glucides-sante

Conclusion

“En résumé, nos résultats montrent que le syndrome métabolique peut être rapidement inversé (en 4 semaines) par un régime pauvre en glucides chez la majorité des participants obèses, même lorsque l’une des principales caractéristiques du syndrome, l’augmentation du tour de taille ou de l’adiposité, est exclue de l’équation”, écrivent les chercheurs. “Ainsi, ces résultats sous-estiment probablement les véritables bienfaits d’un régime pauvre en glucides qui sont généralement associés à une perte de poids lorsque l’alimentation est suffisante.” {Note EM: Ce qui explique aussi pourquoi les régimes cétogènes ou hyperprotéinés sont efficaces dans une certaine mesure pour perdre du poids, et de la graisse corporelle en particulier.}

“Bien que nos résultats prolongent un nombre croissant de recherches explorant les régimes à faible teneur en glucides sur le syndrome métabolique, on ne sait toujours pas si les améliorations de la composante spécifique du syndrome métabolique observée ici se traduisent par une diminution des résultats cardio-métaboliques.”

“Sur la base de ces résultats, tout essai clinique alimentaire à long terme avec des sujets atteints du syndrome métabolique sur la base de cas particulièrement difficiles devrait inclure des régimes pauvres en glucides.”

Source de l’article: Even if a low carbohydrate diet does not make you slimmer, it still makes you healthier

Source Ergo-log: JCI Insight. 2019 Jun 20;4(12). pii: 128308.

* : “There has been considerable interest and debate on the role of dietary SFA (Acides Gras Saturés) on health, with several recent reports suggesting that it is not associated with CVD or total mortality (29, 30). However, people with higher levels of circulating even-chain SFAs (particularly palmitate, 16:0) have increased risk of developing MetS (18), diabetes (3133), CVD (32), heart failure (34), and mortality (15).”

Note EM: Pour rappel – comme si cela était encore nécessaire – cette étude, comme n’importe quelle autre étude scientifique, n’a de valeur que dans son contexte. Notez également que le fait que l’expérience ait été financée par l’industrie laitière américaine et hollandaise ne présume pas systématiquement d’une malversation ou d’une volonté de biaiser et/ou de prouver ce que vous avez envie d’entendre en lieu et place des résultats objectifs de l’expérience. Autrement dit, nous savons que de réduire la part des glucides tout en gardant le même quota calorique ne vous fera pas de perdre du poids. Cela pouvait peut-être paraitre évident mais il fallait, comme n’importe quelle évidence, le prouver. Cela dit, ce genre de détail se révèle particulièrement éclairant sur le travail du métabolisme par rapport aux substrats énergétiques, qu’il s’agisse des protéines, des glucides ou des acides gras. Notez également que le régime pauvre en glucides présente quant à lui, un taux d’acides gras mono-insaturés significativement plus élevé que pour les deux autres régimes alimentaires – malgré un taux de graisses saturés plus élevé. Là aussi, il s’agit d’un autre “détail” à prendre en compte. En effet, nous connaissons l’influence des acides gras mono-insaturés sur la santé (sensibilité à l’insuline augmentée, baisse du stress oxydatif et du taux de triglycérides). Pensez à l’huile d’olive par exemple… 

Rappelez-vous que le problème du syndrome métabolique ne vient pas des glucides mais de la gestion des glucides. En l’espèce, il s’agit comme vous le savez, d’un problème de gestion chaotique des macros (généralement glucides + graisses en excès) qui vous amène au diabète ou qui font de vous un pré-diabétique et/ou un bon candidat aux maladies cardiovasculaires. Ici, la baisse des glucides chez des obèses dont la santé est déjà problématique s’avère tout à fait éclairant par rapport au sujet que nous venons d’évoquer. En réduisant drastiquement la source du problème (ici, les glucides qui ne sont pas être gérés correctement par l’organisme), on élimine le problème à sa base. L’expérience prouve alors que la dégradation de la santé (SM), et notamment le diabète de type 2, sont maitrisables par une gestion pointue des macronutriments, comme cela a déjà été prouvé sur le plan clinique. 

Inutile de dire ici combien il est difficile de se passer des glucides en période de restriction calorique pour un sujet sain, qu’il s’agisse de définition musculaire ou de perte de poids. Comme cette étude le montre très bien, et même si elle se base sur un nombre restreint de sujets, elle prouve que la perte de poids doit d’abord dépendre d’une baisse progressive des apports caloriques et que les considérations relatives à l’équilibre des macros viendra ensuite, notamment à préserver la masse musculaire à partir d’un apport suffisant en protéines. Ces considérations deviennent, comme vous le savez, encore plus difficiles à considérer dans le cadre du bodybuilding lorsqu’il s’agit de garder un maximum de muscles tout en réduisant les derniers pourcentages de graisse corporelle.

Eric Mallet

En savoir plus »
2 Commentaires

Pour vos ischio-jambiers, le soulevé de terre est-il plus efficace que le Leg curl ?

machine-leg-curlOn considère généralement que l’entraînement avec des charges libres est meilleur que l’entraînement sur machines. Il existe pourtant toujours des exceptions. Si vous voulez développer vos ischio-jambiers par exemple… Vous pourriez faire plus de progrès avec le leg curl sur une machine qu’en faisant du soulevé de terre jambes tendues. Le scientifique du sport américain Brad Schoenfeld avait publié un article à ce sujet dans le Journal of Strength and Conditioning.

L’étude sur l’efficacité des exercices pour les ischio-jambiers

Brad Schoenfeld a demandé à 10 étudiants de sexe masculin, qui faisaient tous de la musculation depuis un certain temps, d’effectuer du soulevé de terre jambes tendues et des leg curls pendant qu’il mesurait l’activité électrique de leurs ischio-jambiers avec des électrodes fixées sur les jambes. Plus l’activité électrique est élevée, plus un muscle travaille et plus il reçoit de stimuli de croissance.

ischio-jambiersLe chercheur a fait une distinction entre les ischio-jambiers inférieurs et supérieurs, et les ischio-jambiers médial et supérieur. Les muscles inférieurs se trouvent au-dessus de l’articulation du genou et les muscles supérieurs se trouvent au-dessous de l’articulation du genou. Les ischio-jambiers médians sont placés à l’intérieur de la jambe et les muscles postérieurs se retrouvent sur le côté extérieur de la jambe.

Les résultats de l’étude sur le leg curl et le soulevé de terre jambes tendues

Le leg curl [LLC] produisaient une activité électrique plus forte dans les ischio-jambiers inférieurs que le soulevé de terre jambes tendues [SLD]. Le Leg curl mobilisait plus de fibres musculaires dans les parties inférieures médianes et dans les inférieurs latéraux que ne le faisait le soulevé de terre jambes tendues.

leg-curl-souleve-de-terre

souleve-de-terre-ischio-jambiers

 

Pour les ischio-jambiers supérieurs, peu importait que les sujets les entraînaient avec le soulevé de terre jambes tendues ou avec le leg curls.

Le leg curls [LLC] produisaient plus d’activité électrique dans les ischio-jambiers inférieurs que le soulevé de terre jambes tendues [SLD]. Le leg curl mobilisaient plus de fibres musculaires dans les ischio-jambiers inférieurs médians et dans les ischio-jambiers inférieurs latéraux que ne le faisaient le soulevé de terre jambes tendues.

Conclusion

En 2014, nous avions rédigé un article à propos d’une étude similaire mais qui avait abouti à la conclusion contraire. Dans l’étude précédente, les sujets n’avaient pas effectué de séries jusqu’à l’échec ; mais dans cette étude, ils l’ont fait.

Source de l’article: Hitting the harmstrings with leg curls yields more results than hitting them with deadlifts

Source Ergo-log: J Strength Cond Res. 2015 Jan;29(1):159-64.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

En savoir plus »
3 Commentaires