Vie saine, longévité augmentée et en bonne santé, perspectives d’un futur proche avec Elizabeth Parrish

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Vivre plus longtemps implique nécessairement de vivre en bonne santé. En effet, vivre plus vieux tout en étant un fardeau pour soi-même et la société n’a jamais été très enviable. Cependant, ce que vous ne savez pas encore, c’est que l’humanité est à l’aube de vivre un nouveau paradigme. Et parler de nouveau paradigme implique nécessairement un changement total de notre manière de concevoir l’existence humaine. Cette nouvelle conception de la vie humaine nous sera donnée par la science et l’allongement exponentiel de la longévité. Actuellement, cela n’a plus rien de la science-fiction car la recherche sur la longévité augmentée est véritablement devenue une science…

Santé et Longévité se définissent désormais en fonction d’un nouveau paradigme existentiel

Désormais, nous savons que le premier homme (ou la première femme) qui dépassera les 150 ans est déjà sur terre comme le dit Aubrey de Grey,  et ce n’est qu’un début particulièrement modeste. A ce sujet, la conférence d’Elizabeth Parrish est éclairante. Première femme a avoir accepté de tenter une modification génétique sur ses propres cellules, Elizabeth Parrish est aujourd’hui la mieux placée pour nous parler de l’évolution de la longévité humaine. Jeune femme passionnante dans ses propos et la valeur de son discours scientifique, j’ai obtenu les droits de transcription pour ses vidéos. Aujourd’hui, je vous propose de suivre sa conférence intitulée Future of Healthy Longevity. Naturellement, la conférence retranscrite ici appartient à sa société BioViva USA & UK; je n’en suis en aucun cas l’auteur.

Eric Mallet

Introduction à la conférence (Association Mormone du Transhumanisme): j’ai le grand plaisir de vous annoncer la présence de notre second conférencier. Elizabeth Parrish est la présidente de BioViva, une société de biotechnologies qui se focalise sur le vieillissement cellulaire, le développement de thérapies qui visent à régénérer cellules et tissus. BioViva estime que chacun a le droit d’avoir accès à ces thérapies. Elizabeth est une humanitaire, entrepreneure et innovatrice. Elle s’implique fortement pour les thérapies géniques. En tant que forte partisane pour le progrès et la formation éducative sur l’avancée de la médecine régénératrice et de ses modalités, elle est aujourd’hui source d’inspiration pour le grand public sur les sciences du vivant. Elle se trouve aujourd’hui fortement impliquée dans les médias d’information scientifique au niveau international, tout en étant le membre fondateur de l’International Longevity Alliance. Elizabeth Parrish est membre affiliée du Complex of Biological Systems Alliance qui représente une plateforme unique pour un certain nombre de personnes talentueuses et désireuses de discourir sur les avancées scientifiques innovatrices. La mission du CBSA est d’offrir une compréhension plus large de la complexité biologique ainsi que de la nature et de l’origine des maladies humaines. Elle est la fondatrice de BioTrove Inv. et de BioTrove PodCasts qui ont pour objet d’offrir des moyens significatifs pour le public d’apprendre et de récolter des fonds pour la médecine régénérative. Merci d’accueillir Elizabeth Parrish…

Elizabeth Parrish: C’est un plaisir d’être ici dans cette si belle partie de la campagne. Je pense que si je devais avoir une religion, il s’agirait de la Nature et je me sens très humble par rapport à l’Univers dans lequel je suis née également. Donc, lorsque l’on m’a demandé de parler ici, de parler peut-être un peu de foi et de spiritualité, je n’ai pas été élevée avec la religion et je ne pense pas avoir beaucoup de foi mais je pourrais dire que si nous plaçons notre foi en un lieu, il s’agirait de la placer en nous-même parce que nous pouvons nous demander à nous-même d’accomplir des choses et nous pouvons réellement demander à d’autres de le faire aussi. Lorsque j’étais au lycée, j’ai demandé à mon professeur de chimie s’il croyait en Dieu et il m’a dit que la science est en fait la preuve de l’existence de Dieu car pourquoi un homme ou une femme travailleraient toute leur vie pour quelque chose qu’il n’ont jamais vu et j’ai trouvé que cette réponse était vraiment très belle et personnellement, je pense que nous pourrions déjà mettre un peu d’énergie dans chaque chose que nous pensons.

 

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Et le fait est que nous nous servons de nombreux outils, que nous les ayons inventé ou que nous les ayons reçu nous importe peu de savoir d’où ils viennent. Si nous les utilisons pas, ils sont inutiles. Donc, je dirais qu’il est important de placer notre foi dans un lieu où ces outils auront un usage concret. En plaçant votre foi en vous-même, vous savez que vous pouvez vous lever et accomplir votre tâche. N’attendez pas que quelqu’un d’autre le fasse à votre place. J’en suis le parfait exemple parce que je suis la dernière personne à rester sur place. J’ai poursuivi mes études même si je ne les ai pas totalement terminées parce que j’ai eu mon deuxième enfant et que je restais à la maison en tant que maman tout en travaillant à temps partiel dans l’entreprise de mon mari alors que mon garçon devait se battre contre un diabète de type I.

Elizabeth Parrish ne pouvait pas rester inactive devant la souffrance créée par les maladies infantiles

J’ai fini par me rendre à l’hôpital et je me suis rendu compte que de nombreux enfants souffraient de maladies chroniques et que nombre d’entre eux en mourraient. Et en même temps, j’avais appris que de nombreuses maladies animales avaient trouvées un remède ainsi que des modèles pour la recherche mais que ces derniers n’étaient pas transposés aux êtres humains. J’ai donc posé la question aux médecins à l’hôpital. Ils m’ont dit que cela n’était pas éthique, cela va contre l’éthique d’utiliser la médecine expérimentale sur l’être humain. Mais je trouve que c’est aller contre l’éthique que de laisser les gens mourir…

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Elizabeth Parrish BioViva CEO

J’ai donc quitté l’hôpital et je me suis mise à la recherche de ma propre voie afin de trouver ce que je pouvais faire pour changer cette situation, des enfants atteint d’une maladie afin de les aider à trouver un solution thérapeutique et je suis finalement tombé sur la conférence de SENS, l’organisation d’Aubrey de Grey et je pense qu’il est intervenu ici-même il y a de cela quelques années. Dès lors, j’ai commencé à étudier le vieillissement biologique. De là, j’ai eu une véritable révélation. Les remèdes génétiques concernant le vieillissement biologique s’avèrent très similaires au traitements qui pourraient aider des milliers d’enfants à guérir de leur maladie. Tous les jours, nous perdons plus de 100000 personnes à cause du vieillissement biologique. Si seulement une de ces personnes pouvaient faire un pas en avant et devenir un sujet de test humain, pour apporter des remèdes à l’humanité, non pas exclusivement pour eux-mêmes seulement mais pour la communauté et en même temps pour nos enfants.

Elizabeth Parrish fonde l’entreprise BioViva en 2015

J’ai donc monté une entreprise du nom de BioViva en 2015 avec l’ambition de trouver des solutions génétiques pour l’être humain et leur donner l’accès à ces traitements. Un grand nombre de gouvernements étaient intéressés par ce que nous faisions, ainsi que de nombreux “leaders naturels” mais ils ne savaient vraiment pas comment nous faire aller de l’avant. Après être resté dans le pétrin pendant 2 ans en recherchant des solutions thérapeutiques pour l’homme, nous avons établi cette année un partenariat avec l’entreprise Integrative Health System. Ces derniers sont actuellement en train de faire des essais thérapeutiques sur l’être humain. C’est un partenariat vraiment exceptionnel parce que maintenant nous pouvons légalement avoir accès aux personnes et BioViva va se charger de traiter leurs données. Ainsi, BioViva tend à devenir une entreprise de bio-informatique qui a pour but de gérer des informations biologiques afin de connaître ce qui arrive quand on soigne l’être humain avec une thérapie génique au niveau des fondements mêmes du vieillissement biologique.

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Le Fardeau Financier Mondial des Maladies liées au Vieillissement Cellulaire

Le vieillissement biologique, la dégénération cellulaire est la racine fondamentale sur laquelle se base les maladies à cause desquelles nous mourrons. Donc, si vous réfléchissez au vieillissement biologique en tant que maladie, ce que nous faisons, vous vous rendrez effectivement compte que l’accumulation des dommages cellulaires qui s’accumulent alors nous vieillissons nous mène aux symptômes des maladies qui nous mènent à la mort. C’est précisément ce qu’il faut envisager lorsqu’il s’agit de cancers, de maladies cardiovasculaires, de maladies rénales ou de maladies pulmonaires obstructives chroniques. Ainsi, comment les choses ont-elles changé à travers les années, comment avons-nous déjà commencé à devenir “transhumanistes” ? Donc en 1900, c’est ainsi que nous mourrions, des maladies infectieuses de manière prédominante. A cette époque, les gens mourraient à l’âge d’environ 30 à 45 ans et en grande majorité à cause des maladies infectieuses. Et si vous regardez du côté gauche du graphique, un grand nombre de maladies sont manquantes parce qu’elles n’étaient pas encore connues. Mais en 2010, nous voyons que seulement 3% de la population est décédé de maladies infectieuses, à cause de l’immunisation procurée par les antibiotiques. C’est un fait qui a largement modifié la manière dont les hommes vivent et jusqu’à quel âge ils vivent.

 

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Donc, lorsque nous étudions les faits à propos du vieillissement biologique et des principales maladies qui leurs sont liées, nous pouvons constater que le cancer a augmenté de manière significative après 40 ans (voir tableau ci-dessous). Les causes de décès par maladies cardiovasculaires ont également largement augmentées après 40 ans. De fait, l’occurrence des maladies cardiovasculaires s’est largement élevé après l’âge de 45 ans à notre époque dans les pays industrialisés. Le diabète de type II (non pas de type I) augmente également de manière significative alors que nous prenons de l’âge, de même que pour Alzheimer.

 

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De cette façon, si nous nous interrogeons sur ce qui se passe au niveau cellulaire en travaillant sur les causes de ces maladies, nous y trouverons directement les causes premières de ce qui crée un tel intérêt pour la longévité actuellement. Aujourd’hui, de grandes entreprises et les scientifiques commencent à se tourner vers les raisons qui provoquent la dégénérescence cellulaire. Maintenant nous allons vers des traitements thérapeutiques qui vont bientôt affecter ce qui sera une réalité en 2050, c’est à dire qu’il y aura sur terre plus de 2 milliards de personnes de plus de 60 ans. Cela représente effectivement un lourd fardeau – de maladies – parce que nous ne comptons pas suffisamment de personnes en âge de travailler pour pouvoir supporter ce fardeau. C’est ce que ce graphique démontre (ci-dessous).

 

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De fait, en 2020, nous aurons plus de personnes à dépasser l’âge des 65 ans que d’enfants à l’âge de 5 ans. C’est aujourd’hui une véritable calamité pour chaque endroit sur cette planète et certains pays ont déjà largement dépassé ces estimations. Par exemple, à Hong Kong, c’est un des endroits du monde où les gens vivent le plus longtemps alors qu’ils ont vraiment très peu d’enfants et nous voyons que cela se vérifie maintenant au niveau mondial. Au plus la longévité augmente, au plus les personnes décident d’avoir de moins en moins d’enfants. Mais cela crée surtout un énorme fardeau du point de vue des maladies (à soigner et à financer), ce qui se traduit par un énorme désastre économique. Donc, voici un schéma avec au centre, le “vieillissement” et en périphérie les problèmes de santé qui lui sont associés.

 

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C’est également un problème que nous pourrions qualifier de fardeau à plusieurs centaines de milliards de dollars par an. Actuellement, le coût global de la démence sénile atteint pratiquement 1000 milliards de $. C’est également le cas pour les maladies cardiovasculaires. Le coût du cancer dépasse déjà 1000 milliards de dollars et c’est également le cas pour le diabète. Donc, notre entreprise est à la recherche de thérapies qui combattent ces dégénérescences cellulaires, à la source de ces problèmes de santé.

 

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Mais est-ce seulement un problème en rapport à l’argent que nous dépensons en termes de ressources pour l’être humain ? Ce graphique vous montre qu’en réalité, ce n’est pas le cas. Les USA dépensent actuellement le plus en soins de santé par rapport à toutes les autres nations mais profitent de la longévité la plus basse de tous les pays industrialisés.

 

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Nous devrions donc plutôt considérer comment nous faisons des affaires (Note EM: business de la recherche sur la santé et les thérapies) et les substances qui peuvent réellement être considérées comme des substances ou médicaments sans effets secondaires. Les USA représentent 5% de la population mondiale et nous prenons 75% des médicaments prescrits au monde pour obtenir la longévité la plus basse. Donc, quand les instances de régulation me disent que nous devons concevoir des médicaments sans danger, je suis totalement d’accord avec eux mais je ne pense pas qu’ils valident le moindre d’entre eux. La santé, c’est ce que nous voyons du côté gauche (voir ci-dessous) et c’est ce que nous voulons promouvoir. Nous voulons vivre sainement, faire partie de la société, grandir au sein de véritables communautés. Et ce que nous voyons sur la droite, c’est ce qui arrive quand nous vieillissons. C’est un phénomène que nous pourrions qualifier de “pré-mortalité”.

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Ces personnes ont tendance à se refermer sur elles-mêmes, elles partagent moins leurs ressources, et à vrai dire, ce n’est pas dépendant de l’âge car si vous êtes diagnostiqué avec une maladie latente à l’âge de 20 ans vous obtenez le même type de “pré-mortalité” lié à l’âge. Nous observons que le tissu social a tendance à se déconstruire avec l’âge. Donc, alors que nous nous référons à la population mondiale globale et sur la catastrophe potentielle, pas seulement en termes de fardeau financier mais aussi sur le fait que les gens ont tendance à se refermer sur eux-mêmes, il s’agit vraiment d’un problème que nous devons solutionner maintenant.

En termes de prévention et de thérapies…

Quand nous évoquons les questions de prévention et de guérison, il s’agit ici du principe de la découverte des médicaments et de leur mise en application aujourd’hui (Tableau ci-dessous). Vous pouvez dénombrer entre 5 à 10000 molécules qui vont être testées, et seulement un très faible pourcentage d’entre elles, en fonction de celles qui passeront les tests (environ 3 à 8%) deviendront disponibles. On pourrait donc se demander où se situe le problème. En réalité, il existe de nombreux problèmes: au niveau du travail académique qui ne peut pas être reproduit, des problèmes avec les modèles animaux qui ne sont pas assez proches du corps humain… Notre entreprise a pour objectif de résoudre ces problèmes, de devenir une plateforme où les entreprises pharmaceutiques se rendent avant d’essayer de franchir ce qui coûte aujourd’hui plus d’un milliard de dollars pour soumettre une molécule à des essais cliniques. Si vous vous demandez pourquoi les investisseurs ne veulent pas être impliqués dans les biotechnologies, vous en avez ici la raison. Ils ont tendance à y entrer et à en sortir aussi vite, avant d’arriver en phase 3 par ce qu’ils veulent en retirer un profit mais la santé ne devrait pas être une organisation basée sur le profit. La santé devrait être accessible à tous et non pas basée sur le besoin de trouver d’énormes montants d’argent.

 

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Donc, notre entreprise et notre plateforme ont pour objectif de prendre en charge des médicaments prometteurs, en particulier pour la médecine génétique et la régénération cellulaire en donnant accès à ces entreprises à 10 ou 20 patients qui auront consenti à utiliser ces médicaments afin de les tester. Donc, si ces entreprises pharmaceutiques veulent mettre leurs molécules sur le marché, ils pourront désormais puiser dans les informations relatives à 10 ou 20 personnes et constater si leurs médicaments fonctionne ou pas. Imaginez un monde où les entreprises pharmaceutiques pourraient revenir sur leurs travaux et modifier les problèmes liés à leurs molécules avant même qu’elles entrent sur le marché pour un coût de plusieurs milliards de dollars… Imaginez un monde où nous saurons exactement où fonctionnent ces molécules sans que ces entreprises ne doivent émettre des milliers d’hypothèses pour déterminer où et comment leurs médicaments fonctionnent ou ne fonctionnent pas.

 

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Ce tableau (ci-dessus) résume ce à quoi ressemble le marché du développement des médicaments. De là, nous observons que le coût des médicaments permettant une approbation par la FDA a augmenté alors que les investissements dans la recherche se sont effondrés. Nous profitons de moins en moins de l’arrivée d’innovations. Et sur la droite, nous observons que le pourcentage d’efficacité a lui aussi chuté. Par exemple, pour le cancer, leur efficacité serait de 25%. Actuellement, en ce qui concerne la thérapie génique et l’immunothérapie nous constatons une augmentation de la probabilité pour la population d’être traitée par des médicaments plus sûrs qu’auparavant, ce qui est particulièrement prometteur. A nouveau, la puissance des gènes… Si vous regardez les chiffres de plus près, vous constatez qu’un très grand nombre de patients prennent des médicaments qui ne sont pas efficaces pour eux. Donc, ce qu’ils prennent ne marche pas alors qu’il existe un très grand nombre d’effets secondaires, sans bénéfices thérapeutiques pour le patient. Notre espoir, avec la thérapie génique repose sur le fait que nous voulons étudier sans cesse les gènes que nous pourrions réguler. Nous ne faisons que corriger les protéines qui vous donnent les bénéfices thérapeutiques qu’ils recherchaient. Par conséquent, elles se détournent des effets secondaires. Nous en recherchons les effets positifs alors que les effets négatifs ne devraient pas être aussi marqués, disons plutôt aussi fréquents…

 

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Ce schéma représente le développement du médicament du point de vue historique jusqu’à maintenant sur le côté gauche du tableau. Vous voyez que les interventions thérapeutiques que nous essayons de cibler sont des maladies spécifiquement traitées à partir des symptômes biologiques apparaissant avec le vieillissement biologique. Donc, nous intervenons directement sur la neurodégénération, l’athérosclérose et le cancer mais en réalité, nous devrions travailler en allant vers ce qui est affiché sur la droite du schéma. Les interventions thérapeutiques, lorsqu’elles sont traités en rapport direct avec le vieillissement thérapeutique peuvent éradiquer toutes ces maladies, exception faite du cancer. Pour le cancer, nous rencontrons des problèmes parce que la plupart d’entre eux sont liés à l’environnement. Donc, jusqu’à ce que nous trouvions des gènes qui peuvent aider à conserver la stabilité génomique, aussi vite que possible, et je pense que nous pouvons le faire, nous subirons toujours le problème du cancer. Mais lorsque nous travaillons sur le vieillissement biologique en fonction de chacun de ses aspects, nous pouvons en fin de compte arrêter chacun de ces processus ou symptômes du vieillissement en une seule fois.

Quel serait le pouvoir réel d’un traitement contre le vieillissement biologique ?

 

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Aujourd’hui, disons que l’espérance de vie d’une femme est en moyenne de 81 ans. Si nous avions un remède contre le cancer aujourd’hui, celle-ci ne gagnerait que 2 ans. C’est significatif mais cela n’a rien d’incroyable non plus. Et un remède contre les maladies cardiovasculaires ne ferait que lui donner 4 ans d’espérance de vie supplémentaire. Un traitement contre ces maladies, ainsi que pour l’AVC et le diabète ajouterait 16 ans, ce qui est vraiment significatif. Mais si nous ne faisons que ralentir le vieillissement, cela lui donnerait 33 ans d’espérance de vie productive supplémentaire. Cela lui permettrait de garder ses forces de travail plus longtemps, de la préserver de la sénilité, que vous n’ayez pas à payer pour ses soins de santé…

Voici une splendide vidéo d’une famille dans l’Oregon. Tous les ans, pendant, je pense, 40 ans, elles ont pris une photo ensemble.

 

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Ce qu’il y a de si intéressant à cela, c’est qu’elles sont belles au départ mais également à la fin. Durant la prise de ces photos, vous pouvez voir ce que le vieillissement biologique fait sur leur corps. Vous pouvez voir ce qui se passe à l’extérieur et, à vrai dire, il s’agit d’une maladie remarquable, très visuelle, qui ne se cache pas, et ce qui arrive à l’extérieur de leur corps se manifeste aussi à l’intérieur. David Kelley (je ne suis pas sûr qu’il soit là maintenant), avait fait une conférence où j’étais intervenue et nous avions montré ce à quoi ressemble un cerveau de 85 ans comparé à un autre cerveau de 17 ans. Il s’agissait d’un cerveau de 85 ans dont le sujet ne souffrait pas de démence, mais il était réellement en très mauvais état. Donc, à nouveau, il s’agit de très belles femmes mais qui subissent immanquablement le processus du vieillissement biologique.

 

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Voici maintenant (tableau ci-dessous) ce qui se passe à l’intérieur de nos cellules. Il s’agit des 10 caractéristiques principales que nous connaissons actuellement et qui entraînent le vieillissement biologique. Ajoutons que de connaitre ces caractéristiques constitue le début du combat qui nous donne le potentiel nécessaire pour intervenir. Donc, vous pouvez constater qu’il existe des processus qui se déroulent à l’extérieur de la cellule et d’autres qui se passent à l’intérieur. Il existe aussi des processus comme l’épuisement cellulaire, la perte de la protéostase, la sénescence cellulaire. Un grand nombre de personnes ici on entendu parler de la sénescence cellulaire dernièrement parce qu’une entreprise a levé des fonds à des fins de recherche et d’utilisation de la thérapie génique de destruction cellulaire. D’autres processus comme la dysfonction de la matrice extra-cellulaire et encore bien d’autres, dont le rétrécissement des télomères et la dérégulation de la sensibilité aux nutriments font partie des problèmes à résoudre.

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Ainsi, en connaissant ces caractéristiques, nous pouvons maintenant développer des thérapies qui s’opposent aux problèmes biologiques pour les inverser et ce que nous recherchons vraiment en ce moment est une cellule qui pourrait se régénérer et se rétablir aussi rapidement qu’elle se dégrade. Donc, voici les Mathusalems (tableau ci-dessous)…

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Les Mathusalems sont des organismes dont la longévité a été augmenté de manière significative à partir de la modulation génétique. Donc, vous pouvez voir que les vers ont profité d’une augmentation maintenant multipliée par 11, la mouche par 5,63, le cyprinodonte par 3, la souris par 3 et le rat, maintenant par 5. En réalité, c’est quelque chose de fantastique parce que cela démontre le pouvoir de la modulation génique mais à vrai dire, dans la nature nous pouvons observer encore bien plus de sujets intéressants et que nous aimerions imiter. Par exemple, si nous prenons l’exemple d’animaux comme les souris qui ne vivent pas très longtemps, songez que leur cousin très proche appelé le rat-taupe nu peut vivre 35 ans alors qu’une souris ne vivra que 2 à 3 ans. La différence de longévité entre les deux est liée à leurs gènes. Donc, ce que nous faisons maintenant consiste à rechercher et à étudier des organismes qui n’ont pas de cancers, qui ne souffrent pas des maladies liées au vieillissement biologique et qui présentent une longévité très élevée. De plus, les Mathusalems nous aident énormément parce qu’ils nous montrent que la modulation génétique peut effectivement aboutir à une longévité augmentée. Donc, maintenant, il est temps de le réaliser pour l’être humain…

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Voilà… Je vous laisse sur cette dernière phrase insoutenable (et un peu sadique) de suspens en m’arrêtant après la 21ème minute de transcription. Vous pouvez cependant éviter de subir ce suspens trop longtemps en allant écouter la suite mais si vous n’êtes pas anglophone, il vous faudra attendre fin février/début mars pour connaitre la suite et le développement (oh combien passionnant) de cette conférence donnée par Liz Parrish…

Je vous donne rendez-vous dans un mois (suspens… :-)

Eric Mallet

 

 

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Morphotypes et fumisteries, quand la science vient remettre de l’ordre dans les croyances

La-musculation-morphotypesLa musculation grand public est un sport où les ânes les plus bruyants se plaisent à braire à forte voix et s’en suivent un troupeau de moutons, jeunes et moins jeunes, qui s’empressent de les suivre. Ce phénomène absurde est d’ailleurs tout aussi présent dans la nutrition, marché très juteux où grand nombre de nutritionnistes et leurs croyances se plaisent à alimenter les esprits les plus crédules de leurs recettes magiques, de leurs tonnes de glucides et autres commandements divers et variés. La science dévoyée, sinon quelque peu détournée, est une source abondante et pratique d’informations que l’on vulgarise à profit depuis les années 1970 à peu près. Il faudra un jour m’expliquer comment il est possible d’être assez stupide pour prétendre qu’un autre que vous-même puisse vous dire quoi manger…

Phénomène qui se répète inlassablement, psychologie et sociologie en particulier, sont des domaines parfois victimes de cette vulgarisation outrancière. Loin de certaines théories nutritionnistes fumeuses qui ne font jamais que de créer de nouveaux obèses et autres diabétiques, d’autres fantaisies pseudo-scientifiques connues sous le nom de morphotypes font partie de ces croyances qui n’ont pas plus de rapport avec la science que les sports de force avec le tennis de table. Disons que ce genre d’inepties trouve sa source chez un psychologue (ou connu comme tel) du nom de William Herbert Sheldon.

William Sheldon, le père d’une théorie pseudo-scientifique de la morphologie humaine

Sheldon-Cooper

Ce Sheldon me semble déjà beaucoup plus sympathique !

J’ai donc un peu cherché, mais sans trop me forcer non plus, et je suis tombé sur l’article éloquent (et révélateur) proposé par la grande encyclopédie du Web pour y lire l’article consacré à William Sheldon, le fameux – ou fumeux – “psychologue” qui élabora la théorie fumeuse des morphotypes. Ajoutons que wikipedia m’étonne parfois pour la qualité suffisante des articles qu’ils proposent à tout un chacun. La pertinence de celui-ci m’a également permis de cerner rapidement et de manière adéquate les propos de l’artiste en question. A nouveau, nous voilà servis, et bien servis…

Né le 19 novembre 1898 et mort le 16 octobre 1977, nous apprenons que William Sheldon est surtout connu pour ses ouvrages sur la constitution physique humaine; définition déjà assez vague et sans autre précisions données par l’article. D’emblée, nous nous écartons de la science. Décrit comme un psychologue américain (en effet, nous sommes très loin de l’Autriche, de la Suisse et des pères de la psychanalyse), nous apprenons que Sheldon se basait sur des données empiriques (!) plus anciennes. En effet, elles sont anciennes puisqu’elles datent de l’antiquité mais elles n’en sont que difficilement analysables au sens actuel du terme, même si l’on se réfère aux années 1940, date de l’élaboration de cette théorie boiteuse. En outre, William Sheldon n’était pas physiologiste, ce qui n’arrange rien à l’affaire !

On nous parle ensuite de tempéraments hippocratiques pour caractériser l’édification d’une typologie des corps humains. Autrement dit, la notion de “tempéraments”, vague notion proto-psychologique datant de l’antiquité selon l’article, est probablement associée au père de la médecine, personnage autant historique que mythique dont nous ne pouvons en aucun cas accorder un crédit scientifique sérieux au sens moderne du terme. Cela n’enlève d’ailleurs rien au personnage d’Hippocrate et de la notion d’éthique qu’il aurait pu apporter à la médecine occidentale naissante, même si la médecine est plus ancienne que la Grèce antique sur le plan historique.

On commence à cerner le personnage et ça commence assez mal…

Sheldon-CooperDisons que la notion de typologie des corps me paraît déjà assez inquiétante sur le plan éthique. C’est une notion qui pour l’honnête homme, justifierait déjà qu’il s’insurge à juste titre contre ces fadaises. William Sheldon eut été allemand à l’époque, il est probable qu’il aurait pu se faire des amis très peu fréquentables… Admettons simplement que la bêtise humaine est universelle, cela sera déjà suffisant.

Revenant sur cette idée incongrue de tempérament, nous apprenons que “En psychologie, le tempérament désigne la constitution physique et l’ensemble des dispositions organiques innées du sujet. Le tempérament est la base physique à partir de laquelle émerge ensuite le caractère.” Lisant ceci, on commence par rire puis par s’inquiéter sérieusement. Cet axiome indéterminé de tempérament est lié à un raisonnement arbitraire de causes à effets où la “constitution physique” et “l’ensemble des dispositions organiques innées” du sujet sont considérés comme déterminants le caractère d’une personne. Autrement dit, nous voici encore réduits à lire des approximations indéterminables de “constitution physique” et autres “dispositions organiques innées” qui seraient à la base d’un jugement subjectif caractérisé (et tout aussi indéterminé de caractère). En termes de psychologie, nous voici arrivés au niveau de la médecine de Molière. Aucune données empiriques et encore moins cliniques ne viennent appuyer ce discours grossier sinon grotesque.

En réalité, cette théorie s’avère particulièrement inquiétante. Il devient déjà difficile de dire si nous sommes dans la science fiction, l’homéopathie, la voyance ou quelque chose de plus grave encore…

Essayons cependant d’approfondir un peu le sujet en étudiant les bases de ces morphotypes

Suivant l’article, nous apprenons que les théories de William Sheldon proviendraient de l’embryologie où, trois couches de tissus sont distinguées: l’endoderme, le mésoderme et l’ectoderme. De là, ce qui est caractérisé avec fantaisie comme des “traits de personnalité” sont déclinés comme tels:

  • D’abord l’endomorphe dont nous apprenons que le développement du système digestif – et l’estomac en particulier – induirait une tendance chez ces individus à présenter un corps mou et des muscles peu développés. Voilà ensuite ces pauvres gens classés dans la catégorie des “tempéraments viscérotoniques” c’est à dire qu’ils ne chercheraient que le confort, les plaisirs de la table, la sociabilité et la bonne humeur. Ainsi, il s’agirait d’extravertis.

Amusés, nous devrions admettre qu’un tiers de l’humanité présenterait une physiologie semblable à celle d’une vache civilisée ou d’un ruminant plutôt affable. Voilà pour le moins une chose peu courante mais nous comprenons déjà mieux pourquoi Molière se riait ainsi des médecins de son époque dont l’ignorance et la bêtise devait être comparable à celle de cet américain spécialiste de la psychologie de comptoir.

  • Ensuite, le mésomorphe. Ici, nous rejoignons les caricatures des hommes et femmes musclées dont on nous dit qu’ils présenteraient “un grand développement de la musculature et du système circulatoire” en corrélation (douteuse) avec le mésoderme. On nous parle ensuite de “tempérament somatotonique, de courage, d’énergie, de personnes actives, dynamiques, autoritaires, agressives et qui aiment prendre des risques.

Encore une fois, nous tombons dans le cliché et l’énumération de différents constats généraux réalisés a posteriori pour les placer a priori. Pour se donner un air de science, cet homme simple s’empresse de mettre la charrue avant les bœufs et de croire que des généralités fondées sur du vent décrivent une réalité. Dernière idiotie, l’ectomorphe décrirait l’archétype des “intellectuels”, nécessairement minces et élancés.

  • Ici, l’ectomorphe est mis en relation avec le développement du système nerveux et du cerveau. On nous parle avec amusement de “tempérament cérébrotonique”, de sensibilité, de timidité et d’introversion.
Genetique-et-nutrigenomique

La génétique moderne vous en apprendra plus sur vous-même que cette théorie boiteuse des morphotypes

Pour ma part, si j’en étais réduit à me trouver quelque part dans ce classement fantaisiste, j’aurais tendance à me situer chez les mésomorphes mais avec le caractère des trois “somatypes”. Finalement, les morphotypes, c’est un peu comme l’horoscope du matin où l’on pourrait trouver du vrai dans plusieurs signes différents. Voilà qui ne fait rien pour accréditer le sérieux de cette thèse proto-psychologique des morphotypes. C’est d’autant plus comique qu’au pays de Mac Donald et des pizzas hypercaloriques, ce William Herbert Sheldon ne s’est jamais interrogé sur le métabolisme de l’espèce humaine ni sur la génétique. Lorsqu’on se veut maniaque du classement (et numismate de surcroît !), cette évidence semble encore plus criante, d’autant qu’il se vantait de faire référence à l’embryologie.

De là, l’intelligence de tout esprit bien formé aurait tendance à émettre l’hypothèse qu’il existerait certaines règles générales et règles spécifiques liées à une espèce, autrement dit, les lois de la génétique. Ce sont précisément ces règles qui détermineront les gènes transmis des parents à l’enfant, déterminant, entre autres, la forme du squelette, la longueur des clavicules, la largeur des hanches et les fonctions métaboliques. De là, l’environnement et les acquis viendront s’ajouter à ces règles structurantes faisant qu’un obèse ne le restera pas forcément toute sa vie ou qu’un geek ne le sera pas non plus jusqu’à son décès s’il en décide autrement. Il n’existe pas de prédétermination génétique pas plus qu’il n’existe de morphotypes mais des règles qui font ce que nous sommes sur le plan physique et organique, ni plus ni moins; le destin et la volonté d’y changer quelque chose feront le reste… ou pas.

Quand une nouvelle branche de la génétique vient remettre de l’ordre dans les croyances

Évoquer la génétique d’un individu, c’est évoquer un passé lointain qu’il n’a pas connu alors que nous parlons de philogénétique mais c’est aussi admettre que la génétique de cet individu sera amenée à changer au cours de son existence. Sans forcément parler des polymorphismes (variation de la séquence ADN des gènes qui apparaissent chez un pourcentage significatif d’une population donnée) ou de mutations génétiques qui peuvent avoir lieu sous l’effet du hasard ou de certaines circonstances, les sciences de la génétique nous apprennent que notre espèce n’est aucunement figée et qu’elle ne cesse d’évoluer avec le temps, dans des directions particulièrement variées et qui n’ont rien à voir avec 3 genres ou types spécifiques qui se distingueraient des autres. En effet, les considérations primaires de William Sheldon et de ses morphotypes laisseraient sous-entendre que les variations physiques et physiologiques de l’espèce humaine sont mineures pour rejoindre sans cesse les mêmes schémas. Ridicule en première lecture, ces histoires de somatypes à dormir debout sont aisément démenties par la recherche scientifique.

Loin des fantaisies primaires des morphotypes, la nutrigénomique est une nouvelle science qui nous offre une vision plus précise de notre santé

Nutrigenomique

La nutrigénomique: vers une alimentation santé individualisée en fonction de nos gênes ? (image www.nutritiongenome.com)

La génétique et son évolution actuelle à partir de l’épigénétique se porte en faux contre ces élucubrations proto-scientifiques. C’est d’autant plus vrai que depuis peu, une nouvelle branche de la génétique en relation avec le métabolisme est en train d’émerger. Il s’agit de la nutrigénomique. Cette nouvelle science met en lumière l’influence des gênes sur l’assimilation des nutriments et commence à proposer des explications sur les raisons pour lesquels un individu lambda présentera par exemple des carences en vitamine D ou en acide folique alors qu’un autre individu ne sera pas carencé. L’apparition de ces carences s’explique par des variabilités individuelles du génome qui entraînent une assimilation moindre de certains nutriments. Comme l’explique le Dr. Rondha Patrick, spécialiste américaine en micronutrition, des polymorphismes ont été constatés à partir de nombreux gènes dont MTHFR, NBPF3, FUT2, BCMO1, FADS1, FADS2, CYP2R1, PEMT, APOE et FOXO3. A l’heure actuelle, un simple test qui ne couterait qu’une centaine d’euros serait déjà en mesure de détecter ces polymorphismes et incidemment, de vous informer sur la régularité ou les éventuels troubles d’assimilation métaboliques de votre organisme.

Vos gênes s’expriment en fonction de votre régime alimentaire et votre régime alimentaire influence votre évolution génétique

Selon les recherches de Patrick Rhonda et d’autres chercheurs, une part importante d’individus pourrait être affectée par des polymorphismes affectant l’assimilation des folates (en lien avec le taux d’homocystéine), l’absorption intestinale de la vitamine B12, du taux plasmatique de la vitamine B6, de la conversion du bêta-carotène en vitamine A, de la conversion des Oméga 3 ALA en EPA, de la fabrication de la phosphatidylcholine par le foie ou de la conversion de la vitamine D3 en hormone stéroïde active. Ces découvertes scientifiques doivent aussi vous faire penser qu’il est tout à fait probable que vous léguiez une partie de vos gènes modifiées à vos enfants. Ce qui se produit en amont, peut aussi se produire en aval. Autrefois théoriques, des expériences scientifiques très précises au niveau génétique ont été réalisées sur des rongeurs divisés en deux groupes. Soumis à une alimentation hypercalorique, l’un des groupes de rongeurs avait développé le diabète alors qu’ils ne présentaient pas de prédispositions à ce trouble métabolique. Devenus diabétiques, les rongeurs ont transmis le risque de développement de la maladie à leur descendance. Sans vouloir m’étendre plus longuement sur ce sujet (vous consulterez les liens donnés dans mon article), je vous laisse visionner cette vidéo du Dr. Rondha Patrick (en anglais) qui vous explique comment votre régime alimentaire, l’exercice et l’hyperthermie peuvent influencer l’expression de vos gènes, ceux-là même que vous lèguerez à votre descendance.

Comme vous l’avez compris, les gènes qui vous ont été donnés par vos parents détermineront certaines caractéristiques physiques immuables comme celles que j’avais cité plus haut, c’est-à-dire la longueur de vos clavicules, la largeur relative de vos hanches (et incidemment l’étroitesse de votre taille) et vos mesures personnelles qui feront de vous un athlète plutôt doué pour le bodybuilding, la natation ou le basketball. Ensuite, d’autres critères en relation à votre capacité plus ou moins grande à prendre du muscle et à limiter le stockage des graisses vont également vous aider ou vous défavoriser de manière relative.

Exploiter l’inné pour enrichir l’acquis, première règle de l’épigénétique !

La manière dont vous exploiterez l’inné lèguera ensuite la base génétique dont hériteront vos enfants. Cependant, vous pourrez toujours vous dire que Phil Heath ou Larissa Reis étaient génétiquement faits pour le bodybuilding mais sans les efforts incommensurables et la volonté qu’ils déploient chaque jour à aller plus loin, la meilleure des génétiques n’aura aucune valeur. Quant à ces morphotypes proto-scientifiques, vous comprendrez également que des relations de causes à effets un peu trop simples découlent souvent d’une ignorance tellement grande qu’elles se cachent paradoxalement encore plus aisément derrière l’égo de ceux qui les énoncent ou les exploitent. La preuve en est qu’il suffit de se rappeler que l’histoire de l’humanité est truffée de sectes et de religions qui n’ont pour objectif que de s’asseoir sur l’ignorance humaine pour mieux profiter du peu de fortune de ses croyants.

En toutes circonstances, méfiez-vous de ces gens trop polis pour être honnêtes qui vous présenteront des évidences trop parfaites. Trop pressés à prendre des vessies pour des lanternes, ils se réveillent un matin psychologue ou philosophe et vous parlent d’évidences ou d’autres idées qui s’accordent au bon sens avec un air de suffisance et d’auto-satisfaction bien pensantes. En creusant un peu, vous comprendrez que cette logique légère qui se prétend être un fondement de la science étouffe encore sous plusieurs tonnes d’incertitudes.

Eric Mallet

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Longévité, tissus musculaires et irisine

irisineLes muscles libèrent une protéine nommée irisine [formule développée ci-contre] dans la circulation sanguine, et ce montant est augmenté par l’exercice physique. L’irisine inhibe les cellules cancéreuses, nous vous en avions parlé récemment. Des chercheurs espagnols pensent aussi que cette même irisine pourrait aider les gens à vivre plus longtemps, c’est ce qu’ils écrivent dans l’American Journal of Medicine.

Une vie plus longue avec plus de muscles

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Image www.researchGate.com

L’exercice physique est sain et la masse musculaire l’est aussi. C’est clair comme le jour, ceux qui  font beaucoup d’exercices vivent plus longtemps que les gens qui en font peu alors qu’il existe un nombre croissant de preuves que vous vivrez à un âge avancé, au plus de masse musculaire vous avez. Dans ces conditions, vous pouvez vous attendre à ce que la musculation puisse être considérée comme le sport le plus sain jamais inventé; la musculation naturelle, cela s’entend.

En effet, un grand nombre de bodybuilders utilisent tout ce que la nature a interdit dans une tentative de construire plus de muscles et de masse, mais il n’existe encore aucune indication convaincante que les bodybuilders aidés par la pharmacie meurent plus tôt que la moyenne des gens.

Il est probable que les culturistes soient protégées par la partie nonpharmacologique de leur mode de vie. Il est peut-être également probable que les bodybuilders qui n’utilisent ni stéroïdes anabolisants, ni hormone de croissance, ni insuline, ni IGF-1 ni d’autres substances puissent vivre beaucoup plus longtemps que la normale. Beaucoup de bodybuilders bien connus, des haltérophiles et des hommes des sports de force de l’époque pré-stéroïdes ne vivent pas seulement jusqu’à des âges exceptionnels mais ils ont également gardés une condition physique exceptionnelle jusque dans leur vieillesse. Georg Hackenschmidt [1877-1968], par exemple a vécu 90 ans. Il s’est entraîné presque tous les jours jusqu’à ses 80 ans et plus, tout en courant sur des distances de 11 km plusieurs fois par semaine. Et ce n’est qu’un exemple.

L’irisine

 Il y a de cela quelques mois, des chercheurs espagnols ont décrit dans l’American Journal of Medicine qu’ils pourraient avoir découvert comment les muscles et l’exercice physique prolonge l’espérance de vie. Les chercheurs ont étudié un groupe de 79 hommes et femmes en bonne santé, âgés entre 100 et 104 ans {Healthy centenarians} et les a comparés avec un groupe de personnes en bonne santé âgé de 27 et 39 ans {Young, healthy} ainsi qu’avec un groupe de personnes du même âge qui venait d’avoir une crise cardiaque [Young, acute myocardial].Les sujets âgés avaient plus d’irisine dans leur sang que les jeunes adultes en bonne santé et encore plus d’irisine que les jeunes adultes qui ont eu une attaque cardiaque.

Taux-d-irisine-en-fonction-de-différents-groupes-de-personnes

Conclusion

“Notre étude démontre que les centenaires en bonne santé sont caractérisés par une augmentation d’irisine sanguin alors que des niveaux significativement plus faibles de cette molécule ont été retrouvés chez de jeunes patients ayant subi un infarctus du myocarde” écrivent les chercheurs espagnols. Au total, nos données indiquent que les niveaux de circulation de l’irisine peuvent être associées de manière significative avec un vieillissement sain et pourrait servir de marqueur potentiel de risque vasculaire.”

Cependant, d’autres études seront nécessaires pour déterminer si l’irisine pourrait agir comme un facteur de protection pour le développement des maladies cardiovasculaires et des troubles liés à l’âge. Nous pensons que des niveaux d’irisine élevés observés chez nos centenaires peuvent refléter un vieillissement réussi parce cet échantillon de personnes ne présentait pas de maladie.

Source de l’article: Life extension, muscle tissue and irisin

Source Ergo-log: Am J Med. 2014 Sep;127(9):888-90.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme
Eric Mallet
Références bibliographiques
  • Algul S, Ozdenk C, Ozcelik O. Variations in leptin, nesfatin-1 and irisin levels induced by aerobic exercise in young trained and untrained male subjects. Biol Sport. 2017 Dec; 34(4):339-344. Epub 2017 Sep 20.
  • Huh JY. The role of exercise-induced myokines in regulating metabolism. Arch Pharm Res. 2018 Jan; 41(1):14-29. Epub 2017 Nov 25.
  • Kabak B, Belviranli M, Okudan N. Irisin and myostatin responses to acute high-intensity interval exercise in humans. Horm Mol Biol Clin Investig. 2018 Mar 20; . Epub 2018 Mar 20.
  • Pang M, Yang J, Rao J, Wang H, Zhang J, Wang S, Chen X, Dong X. Time-Dependent Changes in Increased Levels of Plasma Irisin and Muscle PGC-1α and FNDC5 after Exercise in Mice. Tohoku J Exp Med. 2018 Feb; 244(2):93-103.
  • Son JS, Chae SA, Testroet ED, Du M, Jun HP. Exercise-induced myokines: a brief review of controversial issues of this decade. Expert Rev Endocrinol Metab. 2018 Jan;13(1):51-58.
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Le stress réduirait l’espérance de vie au niveau moléculaire

De graves inquiétudes et du stress, endurés à long terme, réduisent votre espérance de vie. Des psychiatres américains et des scientifiques qui travaillent au niveau moléculaire l’ont découverts quand ils ont étudié des femmes qui prennent soin de leurs enfants. L’ADN de ceux qui s’occupaient d’un enfant chroniquement malade prenaient de l’âge plus rapidement au niveau cellulaire.

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang provenant de 20 mères ayant un enfant en bonne santé le groupe de contrôle et de 40 mères ayant un enfant gravement malade le groupe expérimental. Ils ont ensuite extrait les globules blancs à partir des échantillons. Dans l’ADN des globules blancs, les chercheurs ont déterminé la longueur des télomères. Au plus ils sont longs, au plus la personne est jeune en termes biologiques. Si les télomères sont plus longs, ils pourront plus se diviser que des télomères courts. Au plus vos cellules comportent de longs télomères, au plus la durée de vie de votre corps sera élevée.

Le stress pourrait avoir une influence sur la longueur des télomères

Lorsque les chercheurs ont interrogé les femmes sur le nombre de périodes stressantes qu’elles avaient dues subir au cours de leur vie, ils ont découvert qu’une quantité plus élevée de stress signifiait aussi des télomères plus courts. La figure ci-dessous le montre. Il semble que le stress réduise l’espérance de vie vie. En rouge = les femmes du groupe expérimental; en bleu = les femmes du groupe de contrôle.

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La durée du stress est également un facteur signifiant, les chercheurs l’ont découvert. Au plus longtemps les femmes du groupe expérimental avaient pris soin d’un enfant gravement malade, au plus leurs télomères étaient courts même lorsque les chercheurs ont pris en compte l’âge des femmes.

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L’enzyme télomérase essaie de maintenir la longueur des télomères dans les cellules. Le stress réduit la concentration de cette enzyme comme les chercheurs l’ont observé lorsqu’ils ont comparé les femmes qui avaient subi un stress important par rapport aux femmes qui avaient été moins stressées.

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Le stress est avant tout un phénomène mental; tout se passe dans le cerveau. Les chercheurs ne sont pas certains de savoir comment ce processus mental peut influencer la structure de votre ADN. Ils spéculent que le cortisol, l’hormone du stress, puisse avoir quelque chose à voir avec elle. Les glucocorticoïdes augmentent le stress oxydatif qui endommage les neurones, en partie à cause de la diminution des enzymes antioxydantes». C’est une des raisons avancées dans d’autres études, écrivent-ils. Chez les femmes, le stress intense dont elles affirment la présence s’est retrouvé lié à de plus grands dommages oxydatifs sur l’ADN. Le stress oxydatif raccourcit les télomères dans des cellules cultivées in vitro.

Une vie modérée en stress augmenterait la longévité

Il semblerait qu’un mode de vie qui comporte peu de périodes stressants chroniques allonge l’espérance de vie. Les chercheurs ont également retrouvé des télomères plus longs chez les buveurs de thé, ceux qui prennent des multivitamines, les personnes ayant des niveaux élevés de vitamine D dans le sang et les personnes qui font beaucoup d’exercice.

Source de l’article: Stress reduces life expectancy at molecular level

Source Ergo-log:  Proc Natl Acad Sci U S A. 2004 Dec 7; 101(49):17312-5.

@ bientôt pour d’autres articles,

Eric Mallet

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L’exercice physique retarderait l’âge “moléculaire” de 10 ans

exercices-musculationSi vous êtes très actif physiquement, les chances que votre matériel génétique soit de 10 ans plus jeune par rapport à ce qu’il serait si vous aviez passé votre vie comme une loque dans un canapé sont grandes. C’est du moins ce qu’affirment des chercheurs du King’s College de Londres, dans les Archives of Internal Medicine. Les chercheurs britanniques ont mesuré la longueur des télomères de 2400 jumeaux pour lesquels ils avaient déterminé la fréquence de l’activité et de l’exercice physique qu’ils avaient eu l’année précédente.

La longueur des télomères est un des marqueurs de l’espérance de vie

Au plus vos télomères sont longs, au plus votre matériel génétique aura encore de temps devant lui. Un certain nombre d’études ont été publiées récemment, affirmant que les télomères sont plus longs chez les personnes qui consomment plus de vitamine D, font du sport de résistance où se retrouvent à une position plus élevée dans l’échelle sociale.

Les chercheurs ont mesuré la longueur des télomères dans l’ADN des globules blancs des jumeaux pré-cités. Les chercheurs ont divisé les jumeaux en quatre groupes en fonction de la quantité d’activité physique qu’ils pratiquaient: inactifs [16 minutes d’activité physique par jour], activité légère [36 minutes d’exercice physique par jour], activité modérée [102 minutes d’exercice physique par jour] et une forte activité [199 minutes d’exercice physique par jour]. Les chercheurs n’ont pas pris pas en compte l’activité physique sur les lieux de travail. Ils ont seulement pris en compte la quantité d’activité physique que les jumeaux pratiquaient pendant leur temps libre.

Le schéma ci-dessous met en évidence la relation entre la quantité d’activité physique et la longueur des télomères.

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Comme vous pouvez le voir, les chercheurs ont corrigé les données en fonction du poids, du tabagisme et de l’environnement social [SES = score socio-économique]. Les chercheurs l’ont fait parce que il existe des études qui indiquent que le tabagisme et le surpoids accélèrent l’érosion des télomères [Lancet. 20 au 26 août 2005; 366 (9486): 662-4], de même que le stress chronique [Proc Natl Acad Sci US A. 2004 le 7 décembre; 101 (49):.. 17312-5].

L’exercice physique retarderait le vieillissement génétique d’une décennie !

La longueur des télomères dans les cellules sanguines est également déterminée génétiquement. Certaines études suggèrent que l’hérédité en détermine la longueur pour presque 80%. Si vous observez l’effet de l’activité physique sur la longueur des télomères dans cette optique, il semblerait que l’exercice physique ne soit pas un facteur important. Mais cela n’est pas le cas, selon les chercheurs: ils affirment que l’exercice physique réduit le vieillissement génétique de dix ans.

Source de l’article: Physical exercise delays molecular aging by 10 years

Source Ergo-log: Arch Intern Med. 2008 Jan 28;168(2):154-8.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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