La cyanidine, le facteur longévité des myrtilles

myrtilles-cyanidine-sirt6Les myrtilles (ou bleuets si vous êtes canadien) ne sont pas vraiment bon marché mais il serait sans doute opportun de les inclure dans votre alimentation. C’est surtout vrai si vous êtes un fanatique de la santé qui primo, voudrait vieillir plus d’un siècle, et secundo, voudrait courir un marathon pour son centième anniversaire. Selon une étude in vitro publiée dans Scientific Report, des fruits comme les bleuets contiennent des phénols qui activent l’enzyme de longévité SIRT6.

Qu’est-ce que les SIRT6 ?

SIRT6 est l’une des 7 sirtuines, un groupe d’enzymes impliquées dans les processus de réparation cellulaire. SIRT6 assure la réparation de l’ADN brisé, inhibe l’inflammation, aide les télomères à conserver leur longueur et permet aux cellules d’absorber le glucose. Des souris génétiquement modifiées produisant plus de SIRT6 vivraient près de 20% plus longtemps que les souris normales. Elles restent remarquablement en bonne santé jusqu’à un âge avancé.

L’étude sur les myrtilles et les sirtuines

Les chercheurs ont exposé des cellules cancéreuses du côlon humain Caco2 à des dizaines de flavonoïdes dans notre alimentation, dont ils soupçonnent les effets positifs sur la santé. Ils ont déterminé si ces flavonoïdes activaient les SIRT6.

 

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Résultats de l’étude sur les flavonoïdes

Le flavonoïde numéro 17 a démontré qu’il était le plus actif, comme l’ont découvert les chercheurs.Il s’agissait de la cyanidine, un flavonoïde que l’on trouve principalement dans les baies comme les myrtilles. La cyanidine était en mesure de multiplier par 55 l’activité des SIRT6. D’autres flavonoïdes, comme la quercétine et la myricétine, ont également augmenté cette activité mais pas autant que la cyanidine.

 

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Dans les cellules cancéreuses, la cyanidine a activé la molécule signal FOXO3. FOXO3 joue un rôle dans la croissance du tissu musculaire par le biais du recrutement de cellules souches. Au niveau des cellules cancéreuses, il active les enzymes suicide.

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Dans le même temps, la cyanidine a inhibé GLUT1 et Twist1 dans les cellules cancéreuses. Dans ces cellules, les deux gènes sont plus actifs. Le gène SLC2A1 assure la production du transporteur de glucose GLUT1, une protéine avec laquelle les cellules absorbent le glucose. Twist-1 joue un rôle dans la métastase des cellules cancéreuses.

Conclusion sur les flavonoïdes, la cyanidine et les SIRT6

myrtilles-bleuets-longevite-sirtuines“Parmi les sirtuines, SIRT6 est impliquée dans le vieillissement et les maladies liées à l’âge mais son rôle physiologique n’est pas complètement compris”, écrivent les chercheurs. “On ignore encore dans quelle mesure l’activation accrue de SIRT6 affecte ces maladies. Elle pourrait offrir un mécanisme de protection ou représenter un élément prenant partie dans le processus lié à la pathologie.”

“Bien que de nombreuses preuves démontrent que SIRT6 est un suppresseur de tumeur, son effet est à double tranchant, car il peut également inactiver les protéines suppresseurs de tumeur FoxO3a et p53. Pour examiner plus en détails ces rôles opposés de SIRT6, il existe un besoin pressant de nouveaux modulateurs puissants, tant pour les inhibiteurs que pour les activateurs. Ces modulateurs permettent d’étudier le rôle physiologique et le potentiel thérapeutique du SIRT6.”

“Fait intéressant, les principaux activateurs de SIRT6 parmi les flavonoïdes étaient les anthocyanidines, le pigment végétal universel, responsable de la couleur rouge, violette et bleue de nombreux fruits, légumes et fleurs.”

“Le composé le plus puissant de la classe des anthocyanidines, la cyanidine, a considérablement augmenté l’activité de désacétylation des SIRT6. Il est plus abondant dans les baies rouges, notamment les myrtilles, les framboises et les canneberges. Des études ont suggéré que les anthocyanidines, y compris la cyanidine, pourraient jouer un rôle important et réduire le risque de nombreuses maladies liées à l’âge. “

Source de l’article: Cyanidin, the life-extender in blueberries

Source Ergo-log: Sci Rep. 2018 Mar 7;8(1):4163.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Augmentez votre consommation de flavonoïdes et réduisez votre pourcentage de graisses

Imaginez que vous vouliez faire quelque chose pour réduire votre petit bidon bien gras. La première chose à faire sera sans doute de consommer moins de calories et d’en brûler davantage en faisant de l’exercice. C’est logique. Mais les nutritionnistes britanniques de l’Université d’East Anglia viennent de publier un article sur une troisième stratégie dans American Journal of Clinical Nutrition. Cette stratégie pourrait être tout aussi efficace. Selon les Britanniques, vous pourriez réduire votre pourcentage de graisse en augmentant la quantité de flavonoïdes présents dans votre alimentation.

L’étude clinique sur les flavonoïdes

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Les proanthocyanidines, les antioxydants du raisin, du pin et des fruits rouges.

Les chercheurs ont étudié un groupe de 2734 jumelles britanniques. Ils ont utilisé des scanners pour mesurer la quantité de graisse corporelle qu’elles avaient. Ils leurs ont ensuite demandé de remplir des questionnaires pour obtenir des informations sur leur alimentation. Ils ont pris en considération leur consommation des “bonnes” et “mauvaises” graisses, les aliments riches en fibres, les glucides à absorption rapide, les protéines et kilocalories ainsi que la quantité de flavonoïdes qu’elles consommaient.

 

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Flavonols, flavones, isoflavones, flavanols, flavanones et anthocyanidines, les antioxydants de la famille des flavonoïdes…

Les résultats de l’étude scientifique

Le tableau compare la composition corporelle des femmes avec la prise la plus faible de flavonoïdes avec la composition corporelle des femmes ayant le meilleur apport. Pour être plus précis: les chercheurs ont travaillé avec des quintiles (groupes de 5 éléments). Au plus les flavonoïdes étaient consommés par les sujets de l’étude, au plus leur pourcentage de graisse était faible.

 

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Les aliments riches en flavonoïdes

En particulier, les flavones – présents dans les poivrons et les oranges – et les anthocyanes – trouvés dans les baies comme l’acaï, les myrtilles, les bleuets et l’aronia, mais aussi avec les polyphénols du raisin et le Pycnogénol – semblent avoir un effet inhibiteur de graisse.

Dans une autre analyse, les chercheurs ont mesuré les effets des flavonoïdes sur le rapport de la masse grasse en comparant les jumeaux les uns avec les autres. La figure ci-dessous montre que les aliments contenant de grandes quantités d’anthocyanines – les baies et le raisin – ont un effet inhibiteur de la graisse.

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Les effets inhibiteurs de graisse des flavonoïdes sont demeurés intacts lorsque les chercheurs ont corrigé tous les facteurs liés aux aliments auxquels ils pouvaient penser. Donc, il n’y avait pas de corrélation entre les femmes qui avaient mangé de grandes quantités de flavonoïdes et qui faisaient également plus d’exercices, ou qui avaient mangé plus de légumes ou moins de calories.

Conclusions sur les flavonoïdes

“Nos données suggèrent un rôle protecteur pour un certain nombre de sous-classes de flavonoïdes, y compris les anthocyanines […], sur la répartition de la masse grasse indépendante à partir de facteurs génétiques et environnementaux communs”, ont conclu les chercheurs. Ils ont également été quelque peu surpris de la force des effets qu’ils ont trouvés.

“Nous démontrons qu’il existe de plus grandes relations entre le taux de masse grasse et l’apport en flavonoïdes que pour l’activité physique et les apports d’énergie et les boissons sucrées, qui sont des contributeurs bien connus à la masse grasse” ont-ils écrit.

“Nous montrons également que ces associations sont à la fois indépendantes et que l’importance des effets en rapport à la masse graisseuse sont nettement supérieures à celles de l’apport total en fruits et légumes et en fibres”.

“En outre, ces associations sont présentées à partir d’apports alimentaires réalisables en flavonoïdes, ce qui les rend pertinents pour les recommandations de santé publique à des fins de réduire la graisse corporelle. Nos résultats suggèrent que les flavonoïdes alimentaires peuvent contribuer à un profil de masse graisseuse plus saine et, par conséquent, qu’elles méritent une enquête plus poussée à partir d’expériences contrôlées “.

Source de l’article: Boost your flavonoid intake and lower your fat percentage

Source Ergo-log: Am J Clin Nutr March 2017 vol. 105 no. 3 626-34.

NdT: La conclusion des chercheurs ne me paraît pas très claire. Comprenons simplement qu’il existe des relations plus pertinentes et qui portent plus à conséquence entre les flavonoïdes et la perte des graisses qu’il n’existe de relations de causes à effets entre l’activité physique, les apports en énergie et les boissons sucrées. En gros, les flavonoïdes protègeraient relativement plus que les boissons sucrées ne causerait une augmentation de la prise de graisse. Ces relations flavonoïdes et perte de graisse//activité physique boissons sucrées et prise de graisse seraient indépendantes les unes des autres mais les apports en flavonoïdes présenteraient des effets cumulatifs, indépendamment de la quantité totale des apports en fruits et légumes.

Eric Mallet

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Les anthocyanes des bleuets: plus de muscle et moins de graisse

Les-myrtilles-sont-riches-en-anthocyanesLes bleuets, ainsi que les cerises, les myrtilles et le raisin, contiennent des phénols connus des biochimistes sous le nom d’anthocyanes (ou anthocyanines). Selon les nutritionnistes du département américain de l’agriculture, ces molécules présenteraient un effet de recomposition. Ils réduiraient la quantité de graisse corporelle et augmenteraient la masse maigre du corps.

{NdT: Si vous avez suivi les derniers articles, vous savez que c’est également le cas pour le picéatannol ou l’acide ursolique mais d’autres agents recomposants sont aussi connus parmi les acides gras comme le CLA par exemple. Seulement, le CLA est un acide gras trans et ses effets de recomposition sont particulièrement faibles}.

Une expérience avec des souris ayant reçu un jus de myrtilles ou des anthocyanes

Donc, les chercheurs ont réalisé une expérience avec des souris qui a duré 72 jours. Les animaux ont reçu un régime à faible teneur en matière grasse [LF] ou au contraire, à teneur élevée en graisses [HF]. Certains des animaux ont reçu un supplément de jus de bleuets [BBJ], d’autres ont reçu des anthocyanines pures extraites des bleuets et dissoutes dans leur eau de boisson [ACN]. Le groupe ACN a reçu 0,2 mg d’anthocyanes par millilitre d’eau potable.

Les chercheurs sont allés chercher des effets anti-obésité, ils les ont trouvés dans les deux groupes. Les tableaux ci-dessous montrent que la supplémentation en anthocyanes a eu un effet qualitatif particulier sur le gain de poids de la souris. L’extrait de myrtilles a aidé les souris à gagner plus de masse maigre et moins de graisse.

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Jus-de-bleuets-riche-en-anthocyanes

Les chercheurs ont finalement découvert comment les bleuets avaient agis en examinant le sang des souris. Les anthocyanes présents dans les baies avaient améliorés le fonctionnement de l’insuline. Les souris avaient eu besoin de moins d’insuline et leurs cellules graisseuses avaient produit moins de leptine. En effet, les adipocytes produisent de la leptine lorsqu’elles croissent. A partir de là, il semblerait que les anthocyanes augmentent l’effet de l’insuline dans les cellules musculaires plutôt que dans les cellules graisseuses. [De là, les anthocyanes pourraient-elles être considérées comme des activateurs de l’AMPK ?]

Myrtilles{NdT: La leptine joue un peu le rôle de régulateur au niveau des acides gras. la régulation se fait par thermogenèse lorsque le taux de leptine augmente sensiblement. Ici, cela n’a pas été le cas puisque les anthocyanes auraient favorisé l’efficacité de l’insuline au niveau des cellules musculaires et non pas des adipocytes. L’AMPK est une enzyme de la famille des kinases (K) qui entraîne elle-même l’activation d’enzymes entrainant le blocage de la voie mTOR, ce qui mène au catabolisme à des fins d’équilibre entre les calories consommées et la dépense d’énergie. Donc, l’AMPK joue également un rôle de capteur et de régulateur d’activité en activant l’utilisation des substrats énergétiques au niveau cellulaire par l’ATP. Ici, je suis un peu obligé d’expliquer puisque l’article d’Ergo-log fait des raccourcis énormes sans explications. Retenez simplement que leptine et AMPK sont indirectement liés et qu’ils font partie des régulateurs de la dépense énergétique cellulaire}.

Retour sur l’article > Les anthocyanes font en sorte que les muscles captent la plupart du glucose à partir du sang, empêchant les cellules adipeuses de se développer ensuite. C’est pour cela que la supplémentation a eu plus d’effet dans le groupe à régime faible en graisses. L’effet était encore plus clair lorsque les chercheurs ont ajouté 1 mg d’anthocyanines au lieu de 0,2 mg par millilitre d’eau potable.

Anthocyanes-et-agent-de-recomposition-corporelMyrtilles-et-anthocyanes

Cyanidine-3-glucosideA y regarder de près, les résultats sont corrects. Dans le groupe à forte teneur en matières grasses, la dose plus élevée d’anthocyanes n’a aucun effet sur les couches de graisse mais dans le groupe à faible teneur en matière grasse, la couche de graisse a été divisée par deux.

La composition des anthocyanes que les chercheurs ont utilisés est illustrée ci-dessous. Le composant n°5 est indiqué en gras. Le cyanidine-3-glucoside [formule structurale représentée ci-dessus à droite] est l’ingrédient actif de Indigo-3G, un supplément de recomposition corporelle commercialisé par Biotest.

Anthocyanes-de-la-myrtille

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Note EM: Décidément, Ergo-log nous refait le coup de l’Indigo-3G de Biotest mais je persiste à croire que cette molécule ne pourra pas faire grande différence, du moins prise seule… En tout état de cause, d’autres articles viendront prochainement nous confirmer que le monde des végétaux a plus à nous offrir sur le plan ergogène et de la santé que ce que l’on pouvait croire il y a peu. Ce qu’il faut surtout retenir de cet article – et des autres articles sur l’acide ursolique ou la tomatidine par exemple – c’est que la base absolue de la croissance musculaire commence avec votre alimentation, si possible bio et loin des saloperies chimiques que l’industrie voudrait vous faire avaler chaque jour. Mais d’ici le prochain article, je ne pourrais que vous encourager de développer votre culture physique !

Eric Mallet

 

Source de l’article: Anthocyanins in blueberries: more muscle and less fat

Source Ergo-log: Purified blueberry anthocyanins and blueberry juice alter development of obesity in mice fed an obesogenic high-fat diet. J Agric Food Chem. 2010 Apr 14;58(7):3970-6

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