Un supplément d’astaxanthine pour stimuler la prise de masse musculaire chez les personnes vieillissantes

astamed-myoLa marche est une activité physique indéniablement saine mais elle ne développe pas de masse musculaire. Mais cela pourrait changer si vous combinez la marche avec un supplément d’astaxanthine. C’est du moins ce que des chercheurs de l’Université de Washington affirment dans le Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle. Que se passerait-il si vous donniez de l’astaxanthine aux personnes qui font de l’exercice de résistance ?

L’étude sur les antioxydants, l’astaxanthine et quelques autres nutriments…

Les chercheurs ont demandé à 42 sujets âgés de 65 à 82 ans de marcher 3 fois par semaine à un rythme soutenu sur un tapis roulant pendant 3 mois. La moitié des sujets ont reçu un placebo, l’autre moitié un supplément de 12 milligrammes d’astaxanthine, 10 milligrammes de vitamine E sous forme de tocotriénols et 6 mg de zinc par jour.

Les chercheurs ont utilisé le produit Astamed que vous voyez ci-dessus. Astamed a parrainé l’étude.

Les résultats de l’étude

A la fin de la période d’administration, la concentration d’astaxanthine dans les muscles des sujets du groupe expérimental était 26 fois plus élevée que dans le groupe témoin. L’astaxanthine serait un antioxydant qui s’accumule apparemment dans les muscles, soupçonnent les chercheurs. Avant et après la période d’administration, les chercheurs ont déterminé la force que les muscles des sujets d’essai pouvaient développer [MVC]. En même temps, ils ont mesuré la masse musculaire des sujets de test [CSA] à l’aide de scanners. Les deux paramètres ont augmenté davantage dans le groupe astaxanthine que dans le groupe placebo. En fait, le groupe placebo n’est pas devenu plus fort et n’a pas pris de masse musculaire. [En bas à gauche]

astaxanthine-exercice

Avant et après la période de supplémentation, les chercheurs ont déterminé la distance que les sujets pouvaient parcourir en 6 minutes, à un rythme qui leur convenait. Cette distance a augmenté d’environ 8% dans les deux groupes. [En haut à droite]

Conclusion

“L’entraînement physique combiné à une formulation de composés anti-inflammatoires et antioxydants naturels a amélioré la force et la taille des muscles chez les sujets âgés plus que le seul entraînement physique”, écrivent les chercheurs. “Cela a été fait sans sacrifier les améliorations de la distance de marche et de l’endurance qui accompagnent généralement l’entraînement de l’endurance.”

Source de l’article: Supplementing with astaxanthin turns walking into bodybuilding

Source Ergo-log: J Cachexia Sarcopenia Muscle. 2018 Oct;9(5):826-33.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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L’ail et ses effets sur l’anabolisme musculaire

Avec cet article, je reviens sur la question de l’ail et autres condiments apparentés car il nous donne quelques indications sur la manière dont l’ail, et sa substance active, le disulfure de diallyle, influence la libération de testostérone. Il y a plusieurs années de cela, j’avais mis en ligne un article similaire sur l’oignon. J’avais été très étonné par les réactions qui suivirent cet article. Certains lecteurs avaient été jusqu’à se faire un jus d’oignon quotidien. Pour ma part, je ne pense pas qu’il faille aller jusqu’à ce genre d’extrémités gustatives pour espérer gagner quelques pourcentages sans doute peu significatif de testostérone. Toujours est-il que cet article de 2001 publié dans The Journal of Nutrition qui m’avait échappé à l’époque, nous explique un peu plus le mécanisme sous-jacent à cette stimulation – sans doute assez modeste – de vos androgènes.

Mais d’un point de vue santé, il y a aussi d’autres choses plus primordiales que de savoir si vous allez libérer un peu plus de testostérone. Si vous faites une recherche Google sur l’ail et l’oignon, vous trouverez des dizaines de sites qui vous diront que ces “bulbes bienfaisants” ont pour propriété de chélater les métaux lourds. Il se trouve cependant qu’ils n’attendront pas forcément d’être dans votre corps pour capturer ces substances et les extraire de votre organisme. A l’opposé, il est grandement probable qu’ils en contiennent aussi, même peut-être s’ils sont bio. Avec un peu de bon sens, vous comprendrez qu’il serait assez délicat pour votre santé d’en consommer des quantités trop importantes. Sur ce, je vous laisse avec la traduction de cet article d’Ergo-log, une occasion de plus pour nous aider à développer notre culture physique !

Eric Mallet

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ail-goussesDe l’ail en poudre stimulerait la production de testostérone et réduirait le cortisol. Cette découverte a été faite par des chercheurs de l’Université de Kobe et de l’entreprise pharmaceutique Riken au Japon. Les rats auxquels on donne de la poudre d’ail dans leur alimentation retiendraient plus de protéines.

L’ail présente t-il des propriétés ergogènes ?

Ce n’était pas la première fois que ces chercheurs étudiaient les propriétés pharmacologiques de l’ail. À la fin des années 1990, ils avaient publié un article sur la capacité de l’ail à oxyder les graisses. Ils avaient mis en évidence le fait que l’ail stimulait la production de noradrénaline. Cette fois, les chercheurs ont examiné les effets anabolisants potentiels de l’ail.

L’étude sur l’animal et les effets de l’ail

Les Japonais ont fait des tests sur trois groupes de rats ; chaque groupe a reçu des aliments qui différaient sur un seul aspect : la quantité de protéines. L’alimentation des rats se composait de 40, 20 et 10% de protéines.

Les chercheurs ont ensuite divisé chaque groupe en deux sous-groupes. L’un d’eux a reçu des aliments ordinaires contenant 10, 20 ou 40% de protéines. L’autre sous-groupe a reçu des aliments enrichis en poudre d’ail. Chaque kilogramme d’aliment contenait huit grammes de poudre d’ail. Chaque gramme de cette poudre contenait cinq milligrammes de disulfure de diallyle. Les rats ont reçu cet aliment pendant 28 jours, après quoi les chercheurs ont mesuré la quantité d’azote [lire : protéine] que les rats avaient retenu.

Résultats de l’étude, avec ou sans supplément d’ail

Ils ont découvert que l’ail n’avait aucun effet chez les rats auxquels on avait donné des quantités faibles ou moyennes de protéines. Mais dans le groupe qui avait un apport élevé en protéines, le bilan azoté était plus élevé dans le groupe de l’ail.

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La concentration de corticostérone était plus faible dans le sang des rats supplémentés, comme on peut le voir ci-dessous. Le graphique ci-dessous montre également la quantité de testostérone que les chercheurs ont trouvée dans les testicules des rats. Plus l’apport en protéines est élevé, plus la production de testostérone l’était chez les rats supplémentés.

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Le disulfure de diallyle

Les Japonais pensent que la façon dont la production de testostérone augmente a quelque chose à voir avec l’hormone messagère LH. Ils fondent leur supposition sur une expérience au cours de laquelle ils ont injecté du disulfure de diallyle – la substance active de l’ail – chez des rats et ont ensuite mesuré la production de LH. La production a augmenté. Plus le taux de disulfure de diallyle des rats était élevé, plus la LH augmentait.

Les doses utilisées dans le tableau ci-dessus sont intéressantes. Les chiffres à gauche indiquent le nombre de millimoles par litre de liquide injecté. Les rats n’ont reçu qu’un millilitre. Si les affirmations des Japonais sont vraies, alors le disulfure de diallyle serait intéressant sur le plan pharmacologique.

Financement de la recherche

Riken, entreprise qui a financé la recherche, fabrique des extraits d’ail pour les suppléments nutritionnels et les compléments alimentaires.

Source de l’article: The anabolic effect of garlic

Source Ergo-log: J Nutr. 2001 Aug;131(8):2150-6.

 

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La fisétine, le facteur longévité du concombre, facilite la disparition des cellules sénescentes

concombre-fisetineDes aliments de tous les jours comme le thé, les oignons, les pommes et les concombres contiennent de la fisétine. C’est un flavonoïde semblable à la quercétine. Selon des expériences que des chercheurs de l’American Scripps Research Institute ont publiées dans EBioMedicine, la fisétine pourrait prolonger la vie. Cet antioxydant éliminerait les cellules sénescentes et empêcherait les tissus de mal fonctionner en raison de l’accumulation de cellules en décomposition.

Des sénolytiques naturels

Les chercheurs se demandaient si les sénolytiques naturels existaient réellement. Les sénolytiques sont des substances qui nettoient les cellules sénescentes de l’organisme. L’accumulation ces cellules qui ne peuvent plus faire leur travail est un facteur important dans le processus de vieillissement. Elles ferait perdre aux tissus leur fonction. Les chercheurs anti-vieillissement espèrent que les sénolytiques augmenteront non seulement notre longévité mais aussi notre espérance de vie en matière de santé.

Il n’est pas difficile de reconnaître une cellule sénescente. Elle produit plus de bêta-galactosidase associée à la sénescence qu’une cellule qui fonctionne encore correctement.

Les chercheurs ont utilisé ce principe et ont examiné un certain nombre de composants naturels ayant un effet anti-âge soupçonné. Ils ont exposé des cellules dans lesquelles ils pouvaient mesurer la production de bêta-galactosidase associée à la sénescence à ces molécules. Ils en ont découvert deux qui réduisent la production de cette enzyme : la curcumine et la fisétine. De ces deux antioxydants, la fisétine était le plus prometteur.

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La fisétine

La fisétine est un flavonoïde dont la structure est similaire à celle de la quercétine. Il est présent dans les concombres, les oignons, le thé, les fraises, les pommes et les raisins. Selon une étude japonaise, les gens consomment environ un demi-milligramme de fisétine chaque jour. {J Epidemiol. 1998 Aug;8(3):168-75}. Pour autant que nous le sachions, un apport plus élevé n’a aucun effet négatif sur la santé.

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L’étude in vitro

Dans les éprouvettes, le nombre de cellules sénescentes a diminué davantage à mesure que la concentration était plus élevée. La fisétine n’a eu aucune influence sur le nombre total de cellules. Même à des concentrations élevées, la fisétine n’est apparemment pas toxique pour les cellules saines.

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Dans les échantillons de tissus adipeux prélevés sur des volontaires humains, la fisétine a réduit la quantité des cellules sénescentes. La production de facteurs inflammatoires dans le tissu adipeux a diminué simultanément. Cela rend la fisétine deux fois plus intéressante qu’un produit anti-âge. Le processus de vieillissement n’est pas seulement causé par une accumulation de cellules sénescentes mais aussi par une cascade de réactions inflammatoires.

L’étude sur animal

Les chercheurs ont nourri un groupe de souris de laboratoire de 85 semaines pour le reste de leur vie avec de la nourriture standard [Control Diet] et ont donné de la fisétine à un autre groupe de souris. Si les souris avaient été humaines, elles auraient eu 75 ans lorsque l’expérience a commencé. Elles auraient consommé entre 600 à 900 milligrammes de fisétine par jour.

Les souris du groupe expérimental ont vécu beaucoup plus longtemps que les souris du groupe témoin.

Conclusion sur la fisétine

“Ces résultats suggèrent que nous pouvons prolonger l’espérance de vie en santé, même vers la fin de la vie “, affirme le co-auteur Paul Robbins dans un communiqué de presse. “Mais il y a encore beaucoup de questions à résoudre, y compris le bon dosage, par exemple.”

Nous en saurons bientôt plus sur la fisétine, promettent les chercheurs. “Étant donné que la fisétine est un antioxydant naturel que l’on trouve dans les aliments courants, qu’elle est disponible par voie orale en tant que supplément et qu’elle ne présente pas d’effets secondaires, nos informations pré-cliniques suggèrent qu’elle pourrait avoir un effet significatif sur la santé des patients âgés” écrivent-ils.

“D’après ces études chez la souris, des essais cliniques visant à évaluer les avantages à court terme du traitement intermittent à la fisétine sur certains aspects du vieillissement, comme la fragilité, sont actuellement en cours.”

Source de l’article: Fisetin, the life-extender in cucumber, makes senescent cells disappear from the body

Source Ergo-log: EBioMedicine. 2018 Sep 29. pii: S2352-3964(18)30373-6. doi: 10.1016/j.ebiom.2018.09.015.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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La naringénine, flavonoïde du pamplemousse, aide les muscles à absorber le glucose

La naringénine est un flavonoïde présent dans le pamplemousse. La plupart des lecteurs d’Ergo-log la reconnaîtront comme la substance qui sabote l’absorption du glucose dans les cellules de graisse. {Biochem Biophys Res Commun. 30 mai 2003 ; 305(2):229-34.} Ce flavonoïde du pamplemousse stimule l’absorption du glucose dans les cellules musculaires. C’est ce qu’écrivent des chercheurs de l’Université Brock au Canada, dans Biochemical and Biophysical Research Communications.

La naringénine

naringenine-flavonoideLe diagramme de droite montre la structure de la naringénine. Elle est remarquablement similaire à celle de la quercétine. Enlevez 2 groupes hydroxyles de la quercétine et vous obtenez de la naringénine. A vrai dire, sa structure ressemble à celle du resvératrol. Les chercheurs avaient déjà découvert que le resvératrol permet aux cellules musculaires d’absorber plus de glucose [Biochem Biophys Res Commun. 2008 Sep 12 ; 374(1) : 117-22]. De là, les chercheurs canadiens voulaient savoir si cette molécule ferait la même chose. Ils voulaient trouver des moyens d’atténuer les effets néfastes du diabète de type 2 par l’alimentation.

Les cellules musculaires et la naringénine

Les Canadiens ont exposé des cellules musculaires jeunes et adultes de rats à ce flavonoïde dans des éprouvettes. Les jeunes cellules musculaires n’ont pas réagi, les cellules adultes l’ont fait. Cela indiquerait que la naringénine augmente l’activité de GLUT4, un transporteur de glucose. Les cellules musculaires adultes du rat le synthétisent, mais pas les jeunes cellules musculaires. Le tableau ci-dessous montre que plus la concentration de naringénine augmente, plus les cellules musculaires absorbent du glucose. Et au plus l’absorption de glucose augmente, au plus l’exposition à 75 micromoles de naringénine est longue.

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AMPK et naringénine

Le troisième tableau montre que 75 micromoles de naringénine stimule l’absorption du glucose en présence d’insuline. Le tableau du bas montre le fonctionnement de cet antioxydant : elle augmente la quantité d’AMPK activé (ou phosphorylé). L’AMPK est une enzyme kinase qui devient active lorsque les cellules musculaires ont épuisé leur réserve de carburant. Elle déclenche des processus permettant aux cellules musculaires d’absorber une plus grande quantité de substrats énergétiques dans le sang.

Quels doses de ce antioxydant est-elle contenue dans les fruits ?

Un pamplemousse contient environ 50 mg de naringénine par 100 g. La concentration de naringénine chez les personnes qui ont consommé du pamplemousse varie de 0,7 à 14,8 micromoles. Il est donc possible que les concentrations de naringénine utilisées dans cette étude se retrouvent chez certaines personnes dans leur vie quotidienne normale.

Moins d’énergie pour vos cellules graisseuses et plus d’énergie pour vos muscles : les boosters d’insuline qui inhibent les adipocytes sont toujours plus qu’intéressants.

Source de l’article: Grapefruit flavanoid naringenin helps muscles’ glucose uptake

Source Ergo-log:  Biochem Biophys Res Commun. 2010 Jul 23;398(2):178-83.

Note: Cet antioxydant est connu pour interagir avec certains médicaments. Si vous consommez du pamplemousse ou que vous prenez un complément alimentaire en contenant, parlez-en à votre médecin au préalable. 

Eric Mallet

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Les extraits de pépins de raisin éviteraient-ils la prise de poids des gros mangeurs ?

extraits-graines-raisinLes personnes qui suivent un régime hypercalorique et qui désirent garder leur poids sous contrôle pourrait-il tirer avantage des extraits de pépins de raisin ? Des chercheurs néerlandais de l’Université de Maastricht avait publié un article sur le sujet il y a huit ans dans l’European Journal of Clinical Nutrition.

Les extraits de pépins de raisin

Les extraits de pépins de raisin comptent parmi les compléments les plus intéressants. D’une part, ils pourraient améliorer la circulation sanguine. D’autre part, des études chez l’animal ont montré qu’ils réduiraient les risques de cancer de la prostate. Des études épidémiologiques ont également montré qu’ils réduiraient les risques de cancer de la peau. Des études in vitro ont montré qu’ils sabotaient la conversion de la testostérone en estradiol par l’enzyme aromatase. Note EM: cf. références bibliographiques ci-dessous.

Dans des études en éprouvettes, les extraits de pépins de raisin stimulent également la lipolyse, la libération des graisses par les adipocytes dans le sang. [Int J Obes Relat Metab Disord. 2000 mars; 24 (3): 319-24.] Cela pourrait signifier que l’extrait de pépins de raisin supprime l’appétit. Pour savoir si tel est le cas, les chercheurs néerlandais ont réalisé une expérience avec 51 sujets de test âgés de 18 à 65 ans.

L’étude clinique sur les extraits de pépins de raisin

Les chercheurs ont laissé leurs sujets manger autant qu’ils le voulaient au cours d’un séjour de 3 jours dans un laboratoire. Environ 30 à 60 minutes avant le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner, les sujets prenaient un supplément contenant 100 mg d’extraits de pépins de raisin. Quelques semaines plus tard, les chercheurs ont répété l’expérience, mais ont donné à leurs sujets un placebo.

Les résultats de l’étude

L’effet de la supplémentation était lié à l’apport calorique des sujets. Si l’apport calorique était inférieur à la moyenne, l’extrait de pépins de raisin n’avait aucun effet sur l’apport énergétique, comme le montre le tableau ci-dessous. Les «petits mangeurs» consommaient en moyenne 1500 kcal par jour.

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Chez les sujets ayant une consommation d’énergie supérieure à la moyenne, l’extrait de pépin de raisin a réduit l’apport énergétique, comme le montre le tableau ci-dessous. L’apport énergétique moyen de ce groupe était de 2030 kcal par jour.

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Conclusion

Parmi les «gros mangeurs», le supplément d’extraits de pépins de raisin a réduit leur apport en énergie de 96 kcal par jour. Si cet effet devait durer toute une année, les personnes ayant des besoins caloriques élevés pourraient perdre 3,7 kg de graisse corporelle sur une période de temps courte.

Source de l’article: Grape seed extract keeps big eaters’ weight down

Source Ergo-log: Eur J Clin Nutr. 2004 Apr;58(4):667-73.

Note EM: Comme il fallait s’y attendre, l’effet des extraits de pépins de raisins n’est pas énorme non plus même s’il est significatif. Cependant, à mon sens, les apports en OPC (proanthocyanidines) provenant de ces pépins (ou du pin) sont une source de molécules antioxydantes qui ont bien plus de sens que de compter sur eux pour vous aider à réduire la prise de poids.

Eric Mallet

Références bibliographiques

  • Sano A, Tokutake S, Seo A, Proanthocyanidin-rich grape seed extract reduces leg swelling in healthy women during prolonged sitting, J Sci Food Agric. 2013 Feb;93(3):457-62
  • Brasky TM et al., Specialty supplements and prostate cancer risk in the VITamins and Lifestyle (VITAL) cohort, Nutr Cancer. 2011;63(4):573-82.
  • Ikuko K. et al., Grape Seed Extract is an aromatase inhibitor and a Suppressor of Aromatase Expression, Cancer Research June 2006 volume 66, Issue 11.
  • Ardevol A. et al., Changes in lipolysis and hormone-sensitive lipase expression caused by procyanidins in 3T3-L1 adipocytes, Int J Obes Relat Metab Disord. 2000 Mar;24(3):319-24.
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Les extraits de pépins de raisin pourraient inhiber l’aromatase

pepins-de-raisinL’extrait de pépins de raisin et les suppléments qui en contiennent pourraient peut-être faire baisser les niveaux d’estradiol. Ces antioxydants se présenteraient alors comme un complément intéressant pour les athlètes qui voudraient perdre du poids plus rapidement ou pour leur faire gagner un peu de tonicité. Des chercheurs en cancérologie du Beckman Research Institute en Californie ont démontré l’effet anti-œstrogénique des extraits de pépins de raisin lors de tests sur cellules.

Les pépins de raisin contiennent 75% de proanthocyanidines. Parmi ceux-ci, il semble plus probable que les dimères de la procyanidine B soient les molécules actives. Ceux-ci sont d’ailleurs présents dans le vin rouge. Les chercheurs ont déjà montré que ces polyphénols inhibent l’aromatase, l’enzyme qui convertit la testostérone et l’androsténédione en estradiol.

Les antioxydants présents dans les extraits de pépins de raisin ont un lien fonctionnel avec l’aromatase

Ces données intéressent les cancérologues car l’estradiol serait responsable de la croissance de nombreuses formes de cancer du sein. Les tumeurs fabriquent souvent leur propre aromatase. De savoir qu’il existe des substances naturelles qui désactivent l’aromatase mais qui empêchent également les cellules de produire de l’aromatase pourrait conduire à d’autres recherches. Ce qui nous amène bien sûr à la question: les proanthocyanidines des extraits de pépins de raisin (ou OPC) sont-il capables de le faire ?

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont d’abord voulu savoir si l’extrait de pépins de raisin inhibait effectivement l’aromatase. Ils ont placé des concentrations croissantes de l’extrait dans des éprouvettes contenant des cellules produisant l’enzyme aromatase puis ils ont mesuré la quantité d’estradiol produite. Le tableau ci-dessous montre que plus il y en avait dans l’éprouvette, au moins d’estradiol était retrouvé.

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Mais comment les extraits de pépins de raisin font-il pour nous donner ces résultats ? Les chercheurs connaissent les séquences du gène de l’aromatase [les exons] à lire par les cellules afin de fabriquer l’aromatase. Au niveau de l’ADN, les gènes représentent des “modèles” de construction. L’ARN copie les composants nécessaires à la fabrication d’une protéine et les composants sont alors assemblés. Les chercheurs ont alors ajouté les molécules extraites du raisin aux cellules puis, ils ont cherché à savoir si les cellules pouvaient toujours lire l’ensemble des fragments de l’ADN. Ils ont remarqué que l’extrait de pépins produisait des erreurs de traduction des gènes.

Lorsque les chercheurs ont examiné les raisons de cette situation, ils ont constaté que les extraits de pépins sabotaient deux facteurs de transcription dont la cellule a besoin pour lire le gène de l’aromatase.

Les polyphénols des pépins de raisin inhibent certains facteurs de transcription permettant de coder pour l’aromatase

Pour vous donner une image plus ou moins simple et compréhensible des facteurs de transcription, essayez de comparez l’ADN à un disque vinyle. De là, un facteur de transcription serait plus ou moins comparable à l’aiguille que vous placez sur le disque pour le transcrire. en réalité, la métaphore est un peu bancale car une cellule se sert d’un nombre important de facteurs de transcription et non pas d’un seul tourne-disque mais essayez d’imaginer l’idée. {Note EM: J’imagine aussi qu’une comparaison avec un DAC (Convertisseur Digital vers l’Analogique) aurait été plus précise et un peu plus proche de l’ADN mais l’idée est là}.

L’un des facteurs de transcription inhibés par les extraits de pépins de raisin serait peut-être intéressant pour les athlètes de résistance: le récepteur des glucocorticoïdes. Il s’agit de la protéine à laquelle le cortisol, une hormone liée à l’utilisation des acides aminés de vos muscles à des fins catabolisantes, se fixe. Le tableau ci-dessous montre l’effet des extraits de pépins de raisin sur le nombre de récepteurs des glucocorticoïdes.

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De nombreux phénols présentent un effet inhibiteur du cortisol. La quercétine serait l’un d’entre eux. Les athlètes naturels qui auraient pris de la quercétine à dose élevée (500 à 1500 mg par jour) auraient remarqué qu’ils perdaient un peu de graisse abdominale.

Bien sûr, nous parlons ici de recherches menées avec des substances dans des éprouvettes. Nous ne savons pas si les humains produisent réellement moins d’estradiol s’ils prennent des extraits de pépins de raisin. Les chercheurs ignorent souvent le rôle de la digestion et du métabolisme sur des molécules bien précises. Ils oublient parfois que le corps absorbe à peine une substance et que les quantités infimes absorbées sont converties en un rien de temps en composés inactifs. En ce qui concerne les extraits de pépins de raisin, cependant, le scénario pourrait ne pas être trop mauvais. En réalité, le corps absorbe assez bien la plupart des flavonoïdes et polyphénols contenus dans les pépins de raisin.

D’autres aliments présentant un effet anti-œstrogénique sont par exemple le varech, le Ginkgo biloba, le Damiana, la vitamine K, l’huile de poisson, le thé vert et les AGL.

Source de l’article: Grape Seed extracts inhibits aromatase

Source Ergo-log: Cancer Res. 2006 Jun 1;66(11):5960-7.

Note EM: Gardez bien en tête que les extraits de pépins de raisin ont pour effet d’augmenter la fluidité du sang. Ils ne peuvent donc pas être associés ni pris avec du Ginkgo biloba, ni avec des acides gras polyinsaturés (Omega 3 ou 6) ni avec des dérivés de la salicine, salicylates, de l’aspirine ou toutes substances médicamenteuses présentant cette propriété sans l’avis médical d’un professionnel de santé.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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