Plus de 180% d’augmentation de la testostérone avec de la taurine ?

Cet article de SuppVersity – que j’aurais voulu traduire bien avant – commente l’un de mes compléments favoris pendant l’entraînement, c’est la taurine. Les références bibliographiques sont à consulter sur le site original (lien donné en fin d’article) pour des raisons évidentes de duplicate content. A vrai dire, vous connaissez déjà ces données puisque j’avais traduit un des articles qui en parle sur Ergo-log précédemment. L’article de la SuppVersity est cependant plus complet.

Eric Mallet

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La taurine n'a rien à voir avec le taureau

Image 1: Non, la taurine n’est pas faite à partir du sperme de Belgian Blues et vous ne ressemblerez pas à un taureau du jour au lendemain, non plus 😉

Après l’article naturellement très compliqué d’hier sur les élévations et les baisses du poids corporel causées par des régimes répétitifs et des épisodes de suralimentation, j’ai décidé qu’il était temps de repartir sur l’un de vos favoris : un supplément pour booster la testostérone. Mais au lieu de vous parler de la prochaine meilleure herbe de la jungle brésilienne qui présente un “historique d’aphrodisiaque puissant dans la médecine traditionnelle” ou de l’arbuste qui peut être “seulement retrouvé dans une zone spécifique de la région reculée de [… ajoutez ici quelques éléments marketing à faire avaler afin d’augmenter les ventes], j’ai décidé de jeter un autre regard sur l’un des moyens facilement disponibles et à faible coût qui pourrait améliorer votre production d’androgènes naturels, votre fertilité, votre métabolisme des acides gras et du glucose, c’est à dire la taurine, ou acide 2-aminoéthanesulfonique (qui est d’ailleurs, non pas produit à partir de sperme de taureau, bien que son nom vienne bien du grec “tavros”, ou ταύρος comme les intellectuels en herbe le suggèrent 😉

La taurine doublerait la production de testostérone chez des raz diabétiques

La raison pour laquelle je m’attaque à nouveau à ce sujet concerne la publication récente d’une étude sur les effets bénéfiques d’un supplément de taurine administré à une dose de 500 mg/kg (équivalent humain: 80 mg/kg ou 3 à 4g par jour) en relation aux différents problèmes de santé créés par le diabète chez des rats wistar mâles de six semaines :

  • Perte de poids corporel
  • Dommages testiculaires
  • Défaut de spermatogenèse
  • Dommages oxydatifs systémiques
  • Dommages sur l’ADN
  • Perte de défense antioxydante naturelle
  • Taux faible de testostérone

Comme le montrent les données du tableau 1, l’acide aminé non essentiel que les humains et les rongeurs (pas les chats) peuvent produire à partir de la cystéine alimentaire ou taurine, a été administré (comme c’est une pratique courante dans les études sur les rongeurs), non pas de manière orale mais via la cavité péritonéale. La taurine a eu des effets profonds, spécialement en ce qui concerne les dommages oxydatifs et la restauration du système de défense antioxydant naturel.

 

Taurine et testostérone chez des rats diabétiques

Tableau 1: Poids corporel relatif, poids testiculaire et épididymaire (à gauche); niveau relatif testiculaire et sérique du MDA (malondialdéhyde), catalase testiculaire, testostérone sérique, dommages à l’ADN (au milieu), dommages testiculaires (échantillons de tissus) et score de Johnson pour la spermatogenèse (à droite); toutes les données sauf celles de Johnson sont exprimées par rapport au groupe de contrôle (calculées d’après Tsounapi, 2012)

Pourtant, malgré le fait que le malondialdéhyde sérique (CH2(CHO)2, marqueur des dommages oxydatifs) diminue de 185% chez les animaux traités à la streptozotocine et par conséquent chez les diabétiques à 92% chez les animaux ayant reçu 500 mg/kg de taurine pendant 4 semaines après une injection de streptozotocine (50 mg/kg par voie intrapéritonéale) et qu’elle était donc plus faible que chez les animaux témoins sains, l’augmentation de 7,5x du glucose sanguin qui n’était pas améliorée par la taurine était manifestement trop élevé pour que les taux de testostérone reviennent à la normale.

L’américain moyen pourrait aussi en bénéficier !

valeur ajustée de testostérone à jeun

Tableau 2 (Shin 2012): Valeurs moyennes ajustées de la testostérone totale en fonction de la glycémie à jeun (GJ) – Q1 (65 – 88 mg/dL), Q2 (88 – 94 mg/dL), Q3 (94 mg/dL – 100 mg/dL), et Q4 (100-126 mg/dL, de pré-diabétiques selon l’American Diabetes Association)

Avec une augmentation multipliée par 2 par rapport au groupe diabétique, l’effet stimulant de la testostérone dans l’étude de Tsounapi était encore très significatif et pourrait – selon les résultats de Shin et al. qui ont démontré que même des taux normaux de glycémie élevés (taux de glycémie à jeun ≥ 88 mg/dL) étaient associés à une diminution des taux de testostérone chez les hommes pré-diabétiques et non diabétiques (Shin, 2012; cf Tableau 2) – aider la plupart des hommes parmi une population estimée à plus de 79 000 000 d’adultes américains âgés de 20 ans qui seraient pré-diabétiques (CDC. 2010), à augmenter leur taux de testostérone de -25% pour les ramener à la normale.

Des doses adéquates de taurine seraient probablement plus élevées pour les diabétiques

En fonction de schémas posologiques adéquats qui, selon l’étude de Tsounapi se situeraient entre 3 et 5 grammes de taurine, les dosages seraient donc deux fois plus élevés que les 1,5 g/jour de Brøns et al. administrées à des hommes en surpoids présentant une prédisposition génétique au diabète sucré de type II. Et ceci, sans que les résultats attendus ne se traduisent par une augmentation de la sensibilité à l’insuline et de la tolérance au glucose (Brøns. 2004). Surtout chez les diabétiques, leur capacité à absorber la taurine diminue (-32%), tandis que la quantité de taurine qu’ils excrètent augmente (+ 35%, Merheb. 2007). Des doses de 5g + (3x2g par jour avec les repas) pourraient être très bien indiquées – en particulier parce que la dose équivalente humaine précédemment calculée ne tenait pas compte de la biodisponibilité accrue de la taurine ingérée par voie intrapéritonéale par rapport à la taurine ingérée par voie orale.

La Taurine, les femmes, les grossesses et les enfants en bonne santé

De même, des niveaux sériques bas (ou plus bas) de taurine ont été identifiés comme une corrélation du diabète gestationnel par Seghieri et al. Selon les chercheurs italiens:

  • […] la taurine plasmatique était inversement liée à la zone sous la courbe du glucose antérieure à la gestation et directement liée au CP/glucose post-gestationnel [CP: protéine C-réactive, un marqueur important de l’inflammation, corrélat des maladies cardiovasculaires et d’autres affections], ainsi que de la CP/glucose mesurée pendant la grossesse (p<0,05 pour les deux). De plus, le risque relatif d’altération du métabolisme du glucose au cours des grossesses antérieures [diminution de la tolérance au glucose et du diabète gestationnel] était plus élevé lorsque la taurine plasmatique diminuait, même après ajustement pour l’âge, le retard de grossesse, l’indice de masse corporelle (…)

Ainsi, la taurine n’est à considérer en aucun cas comme un «acide aminé d’homme» – en dépit du fait que sa concentration soit particulièrement élevée dans les aliments «virils», tels que le poisson et la viande. Dans ce contexte, les résultats de Kim et al. apparaissent  tout aussi remarquables. {NdT: Je ne comprends pas trop cette référence à des aliments virils, ça n’a aucun sens. La remarque d’Adel Moussa me parait ici un peu étrange}.

La taurine est un composant essentiel du lait maternel

Bienfaits et avantages de la taurine avec le diabète

La taurine présente de nombreux effets bénéfiques liés à la prévention des comorbidités du diabète (Ito., 2012): néphropathie, rétinopathie, neuropathie et cardiomyopathie diabétiques

Les chercheurs coréens ont découvert que la teneur en taurine (évidemment un nutriment d’importance vitale pour les nourrissons) se trouve profondément diminuée dans le lait maternel, même chez les mères lacto-ovovégétariennes, par rapport à leurs homologues non végétariennes (31,0-54,4 mg/L contre 19,1-52,3 mg/L, Kim, 1996). Cela pourrait être un facteur de risque important pour:

  • le diabète, l’insulite et le dysfonctionnement pancréatique (Arany. 2004)
  • Les maladies cardiovasculaires (Kulthinee, 2010)
  • Les distorsions du système rénine-angiotensine (Thaeomor, 2010)
  • L’hypertension (Roysommuti 2009)
  • Les problèmes rénaux (Roysommuti, 2010)

et toutes sortes de complications en aval, indépendamment de l’obésité ou de la tolérance au glucose de la mère. Ce risque de complication est soutenu par une foule d’études (voir les références ci-dessus) alors que de nouveaux articles sur les avantages connexes liés à la taurine apparaissent presque tous les mois.

Vous ne devez pas forcément être pré-diabétique, consommer un régime alimentaire standard ou être enceinte pour profiter de la taurine

Malgré le fait que les (pré-) diabétiques, les femmes en âge de procréer et le fameux «Américain moyen» avec son «régime américain standard» (la plupart du temps identique à l’état pré-diabétique, comme le montrent les données précédemment citées) couvrent déjà la majorité des Gérard & Josette moyens du monde occidentalisé (ou devrais-je dire Super Size ?), cela ne serait pas la SuppVersity si l’article d’aujourd’hui ne montrait pas aussi du mérite pour les culturistes.

T pour T: Taurine pour Testostérone pour les athlètes et au-delà…

L’étude en question a été menée par Yang et al. en 2009. Les chercheurs ont comparé les effets de la supplémentation en taurine sur la reproduction chez des rats d’âges différents. Ces derniers ont reçu ~ 1% de taurine ajouté à leur eau, ce qui représenterait l’équivalent ~ 15g pour un être humain adulte – ou 3x5g par jour (Note: je souligne les doses fractionnées pour deux raisons: (1) Je pense que c’est une erreur de ne pas considérer les subtilités de la supplémentation avec une faible dose chronique et (2) la taurine est un peu rude sur l’estomac et prendre 15 grammes en une seule séance risque surtout de vous faire courir vers les toilettes très rapidement 😉

Taurine et influence sur la testostérone

Tableau 3: Taux de testostérone sérique (en mUI/ml) après 22 jours (bébés) et 30 jours (rats adultes et âgés) avec ou sans taurine à 1% dans l’eau potable (adapté de Yang 2009)

Comme le montrent les données rassemblées dans le tableau 3, l’administration chronique de taurine a conduit à des augmentations statistiquement significatives des taux sériques de testostérone chez les rongeurs des trois groupes d’âge, à savoir les bébés rats (nés de mères consommant de l’eau enrichie en taurine durant la grossesse), des rats adultes âgés de 10 semaines et âgés de 72 semaines. Néanmoins, l’augmentation de + 46% de la testostérone chez les rats âgés représente probablement le changement le plus important car il redonnerait aux niveaux de testostérone des «rats âgés» des niveaux équivalents à celui de leur jeunesse. Ce changement ne peut être sous-estimé à cause des effets relatifs liés à des niveaux faibles de testostérone sur la composition de votre corps, comme discuté dans l’une des parties de la série d’articles “Comprendre la Croissance Musculaire” (spécifiquement Quantifying the Big T” > Tableau 2).

Oeufs, source d'acides aminés souffrés

Les œufs contiennent du soufre et le matériel de base nécessaire à la fabrication de la taurine, mais pas de taurine elle-même (cg. Zhao. 1998)

En conjonction avec l’activité antioxydante améliorée (SOD, ACP, GSH),  une réduction des dommages oxydatifs, des marqueurs de lésions musculaires et hépatiques, AST et ALT, ainsi que l’oxydation des lipides, MDA, ont tous été significativement réduits. L’expression accrue de l’oxyde nitrique synthase et l’augmentation subséquente dans la production d’oxyde nitrique – en passant, le seul paramètre avec une signification statistique p <0,05, seulement chez les rats âgés – il va de soi que même les personnes qui pratiquent un sport de force sont très susceptibles de bénéficier de quelques grammes de taurine supplémentaire. Ceci est d’autant plus vrai que même les aliments riches en taurine tels que les crustacés et les mollusques (300-800mg/kg), le thon Albacore (176mg/100g), l’agneau (110mg/100g), la morue (108mg/100g), le maquereau (78mg/100g), le bœuf (77mg/100g), le saumon sauvage (60mg/100g) et le porc (40mg/100g) en contiennent trop peu pour se rapprocher de l’endroit où la magie se produit.

Implications: Sur la base de cette discussion, nous pourrions clairement dire que parmi les nombreux suppléments proposés aux amateurs de musculation et de santé, que la taurine est incontestablement l’un des plus prometteurs (la dose recommandée aux non-diabétiques commence à 3x2g ou 2x3g/jour). De plus, étant donné que l’article d’aujourd’hui porte sur la testostérone et le métabolisme du glucose, je n’ai même pas mentionné tous les avantages avérés et présumés de la taurine, tels que sa capacité à…

  • Contenir le stress oxydatif induit par l’exercice  (Zhang. 2004, Silva. 2011)
  • Prévenir l’hypertension induite par le fructose (Rahman. 2011)
  • Faciliter l’hydratation cellulaire (Lang. 2012)
  • Augmenter la production de force musculaire squelettique (test EMS, Goodman. 2009)
  • Préserver la fonction et la capacité d’exercice des muscles squelettiques et cardiaques (Ito. 2010)
  • Améliorer les effets anorexiques de l’insuline au niveau de l’hypotalamus (Solon. 2012)
  • Maintenir l’activité lipolytique dans les cellules graisseuses (Piña-Zentella. 2012)
  • Augmenter l’oxydation des graisses en faisant du vélo (Rutherford. 2012, dosage: 1,5 g)
  • Contrer les effets pro-obésité du MSG (Glutamate monosodique) (Nardelli. 2012)
  • Augmenter l’acidité gastrique (Huang. 2011)

La liste s’allonge encore et devrait théoriquement être étendue à tous les avantages du TUDCA dont je n’ai parlé que récemment (voir “Tauroursodeoxycholic Acid (TUDCA) – Research Overview“), parce que si vous n’avez pas assez de taurine, tout le cholestérol et la bile du monde n’aideront pas votre corps à conjuguer l’UDCA à la taurine pour en faire du TUDCA 😉

Quelques éléments de précaution: Puisque je sais que vous êtes sur le point de commander quelques livres de taurine auprès de votre fournisseur en gros préféré, permettez-moi de mentionner brièvement un inconvénient potentiel non encore élucidé à la supplémentation excessive en taurine (5g/jour en doses divisées ne semble pas être un problème, cependant). Cet inconvénient se rapporte à sa capacité à agir comme un neurotransmetteur dans le cerveau. Alors que Louzuda et al. soulignent que la taurine pourrait être un candidat potentiel comme traitement de la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles neurologiques (Louzada. 2004), ses interactions avec le récepteur GABA dans le cerveau et les tissus périphériques (Albrecht. 1987, Jia. 2008) pourraient être un problème pour les personnes souffrant d’anxiété. Si la taurine exerce des effets anti- ou pro-anxiété, c’est un sujet de débat constant et je ne suis même pas sûr de la fiabilité des modèles sur les rongeurs, notamment pour Chen et al., Kong et al. et Zhang et al. (Chen 2004, Kong 2006 et Zhang 2007) qui ont démontré des effets anti-anxiété. Par ailleurs, El Idrissi et al. ont constatés des effets anti-anxiété après injection et un effet pro-anxiété après supplémentation chronique (El Idrissi, 2009). Dans le même temps, Whirley et al. n’auront observé que des effets «subtils» sinon inexistants (Whirley, 2008).

Article original Suppversity: Up to 180% increase in Testostérone with Taurine? (…)

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Toutes les Wheys, et pas seulement l’hydrolysat de Whey, augmentent la rétention de glucose par le foie et la surcompensation du glycogène musculaire. Plus: Comment la taurine peut être impliquée dans ces avantages

Article SuppVersity original: Confirmed! All Wheys and not just Hydro Whey (…)

Comme un étudiant assidu de la SuppVersity, vous devez vous rappeler mon article précédent “Les effets de répartition de l’isoleucine sur le glucose: le BCAA faussement déprécié et ses dipeptides maximisent l’expression des GLUT4 qui augmente la captation du glucose musculaire”. Avec cet article, je vous avais parlé des effets bénéfiques d’une classe de peptides de l’isoleucine présents dans  l’hydrolysat de protéines de lactosérum sur l’expression des transporteurs de glucose (GLUT4) et donc de l’absorption du glucose par le muscle squelettique.

Aujourd’hui, je vous propose de continuer et d’étendre notre discussion à partir de ces résultats, ceux qui furent donnés par la dernière étude du même groupe de recherche de Sao Paulo (Morato 2013)

La Whey, un outil de surcompensation anti-diabétique du glycogène

Comme Morato et al. le soulignent, leur étude est loin d’être la seule qui soutient la thèse très particulière de l’activité de sensibilisation à l’insuline des protéines de lactosérum. En fait, le lactosérum est déjà présenté comme un  anti-diabétique potentiel. Si l’orthodoxie médicale ou plutôt son bras “législatif” n’a pas été pris au piège par ses propres dogmes, le WPH [hydrolysat de protéines de lactosérum] constituerait déjà un élément central des recommandations diététiques pour les diabétiques de type II. La présente étude est la première à montrer qu’une alimentation à base de protéines de lactosérum conduira à une augmentation chronique de l’expression des GLUT4 et contribuera ainsi à réduire la glycémie et à améliorer le stockage du glycogène, cette étude est même intéressante pour la moyenne des guerriers de la fonte et son voisin obèse et diabétique de type II.

 

Whey, glucose et insuline

Tableau 1: Effets de la caséine, whey et de l’hydrolysat de whey sur l’expression des GLUT 4, niveau d’insuline, glycogène hépatique, glycogène musculaire (g/100 g de tissus; Moreto 2013)

Quant à votre voisin obèse, vous devriez le convaincre de se rendre en salle avec vous. Après tout, les données recueillies sur les rongeurs de la figure 1 montrent clairement que l’hydrolysat de Whey ne dévoile ses atouts que si elle est combinée avec l’entrainement – en l’occurrence un tapis roulant pendant 60 minutes à 15 m/min.

Image article isoleucine

Lecture à suivre: Les effets sous-estimés de répartition du glucose par l’isoleucine (traduction à venir)

Bien que l’exercice seul soit bien connu pour stimuler l’expression des GLUT4 et la captation subséquente du glucose de façon significative (Christ-Roberts. 2004; Kuo 2004…) (l’activité des GLUT4 est en corrélation avec le degré d’épuisement du glycogène musculaire), l’ajout d’un hydrolysat de protéines de lactosérum avec un niveau de pré-hydrolyse de 12,5% (une protéine enzymatiquement prédigérée) comme composant protéique unique de l’alimentation de base (15% des protéines totales, 7% de matière grasse à partir d’huile végétale, 68% de glucides à partir du sucre et d’amidon de maïs) des 48 rats mâles de l’expérience produit une augmentation de 100% par rapport à l’exercice seul et à une augmentation de 160% avec la Whey.

Je dois l’admettre, l’augmentation de l’absorption des GLUT4 n’est pas nouvelle en soi, mais il s’agit de la première étude sur une alimentation chronique où cette augmentation a été observée en association avec des niveaux plus élevés de glycogène – ca. 90%, 70% et 400% au niveau du cœur, des muscles et du foie pour les sédentaires, à la fois pour l’hydrolysat (WPH) et les protéines de lactosérum classiques. C’est très impressionnant mais il faut se rappeler qu’il s’agit du résultat de la combinaison du lactosérum avec une alimentation riche en glucides (69% de l’alimentation contre 7% de matières grasses), qui fournit le substrat nécessaire et facilement accessibles pour une “super-saturation” optimale en glycogène  (et vous gagnez plus de glycogène que vous le pourriez habituellement).

Vous pourrez  et vous pouvez très bien vivre avec le pic d’insuline !

Bien que cela puisse ne pas y ressembler avec la figure 1, vous devez comprendre que les valeurs n’ont pas été prises juste après l’ingestion d’un repas, et encore moins une boisson protéinée. En d’autres termes, il est presque certain que les groupes de protéines de lactosérum auront généré des niveaux plus élevés d’insuline immédiatement après un repas (note: La caséine est encore beaucoup plus insulinogénique que la viande ou les œufs).

«L’un des principaux moyens pour augmenter la concentration de GLUT4 dans la membrane plasmatique passe par le trafic régulée de l’insuline (Zorzano. 2005). Toutefois, dans la présente expérience, aucune augmentation n’a été notée dans le taux d’insuline sérique chez les groupes consommant une WPH.

Le dispositif expérimental de l’étude a porté sur le moment de la plus grande mobilisation de transporteurs glucose-4 (GLUT4) alors que les animaux ont été sacrifiés 2 heures après avoir consommé leur repas. C’était un intervalle trop long pour observer la réponse maximale de l’insuline plasmatique ” (Morato. 2013.)

Un pic d’insuline temporaire n’est pas préjudiciable contrairement à une élévation chronique

Il est donc acquis que la translocation des GLUT4 est déclenchée par le caractère profond et temporaire des apports nutritionnels (du moins en présence d’un apport adéquat en glucides, leur caractère temporaire est ce qui rend le pic d’insuline induit par le lactosérum comme physiologique et bénéfique vs pathologique et préjudiciable comme le sont les élévations chroniques). Selon Morato et al. ce n’est cependant pas la seule façon dont l’ingestion du lactosérum a affecté la translocation des GLUT-4 (en amont) et la prise ultérieure de glucose dans le muscle et le foie (en aval):

La translocation des GLUT4 au niveau de la membrane plasmique peut également être stimulée de façon insulino-dépendante. (Carneiro et al. 2009) l’ont fait par imitation du mécanisme de l’insuline par le biais de la taurine, augmentant ainsi la concentration de GLUT4 dans la membrane plasmique, indépendamment de l’insuline. Cependant, le processus moléculaire responsable de cet effet n’a pas encore été élucidé (Carneiro. 2009).

whey ou pas whey ?

Whey ou pas Whey ? La réponse est claire: Prenez de la Whey !

Chez les animaux ayant fait de l’exercice avec une WP (Whey Protein) ainsi que les groupes WPH (Whey Protein Hydrolysate), les concentrations plasmatiques de la taurine étaient plus élevées (p, 0,05) que ceux du groupe de contrôle prenant de la caséine. Cela pourrait expliquer, au moins en partie, la plus grande translocation des GLUT4 pour les groupes WP et les groupes WPH. De même, après avoir évalué la composition en acides aminés de la WP et WPH, les chercheurs ont constaté qu’elles étaient riches en acides aminés soufrés (tableau 2) alors que la méthionine et la cystéine sont des précurseurs endogènes de la taurine. Ainsi, les WP ou WPH ont fourni une plus grande quantité de substrat à la fabrication endogène de la taurine que la caséine, et la présence de cet acide aminé peut avoir facilité l’activation de la voie GLUT4 généralement activée par l’insuline et de la capture cellulaire du glucose, comme indiqué par la documentation scientifique. (Morato. 2013)

C’est plutôt étonnant non ? Je veux dire, comme tous lecteurs de SuppVersity, vous connaissez depuis longtemps les capacités anti-diabétiques de la taurine, mais qui aurait pu soupçonner qu’elle puisse être n° 3 aux côtés des dipeptides actifs de l’isoleucine et de la libération d’insuline parmi les mécanismes à l’origine des effets bénéfiques du lactosérum sur le glucose ? D’autant qu’il n’y a pratiquement pas de taurine dans le lactosérum.

Conclusion: Cet article soutient la thèse que vous feriez mieux de ne jamais manquer de protéines de lactosérum pour plusieurs raisons à la fois, santé et performance. Personnellement, il est encore plus fascinant de s’étonner de l’implication potentielle d’un développement endogène de la synthèse de la taurine. Nous aurons l’occasion de discuter des suppléments qui améliorent et maintiennent la sensibilité cellulaire à l’insuline.

De manière plus pragmatique, le message le plus important et finalement le moins surprenant de l’étude affirme que vous ne devrez pas nécessairement prendre un hydrolysat de protéines de lactosérum. La protéine de lactosérum classique fait déjà un travail remarquable.

Dans ce contexte, certains d’entre vous pourront également rappeler les résultats d’une autre étude publiée récemment par Lollo et al. (NdT: traduction à venir) qui suggère que les effets de renforcement musculaire et de recomposition corporelle donnés par l’hydrolysat de lactosérum sont inférieurs et non supérieurs à celles du lactosérum classique.

Références scientifiques

  • Carneiro EM, Latorraca MQ, Araujo E, Beltra M, Oliveras MJ, et al. Taurine supplementation modulates glucose homeostasis and islet function. J Nutr Biochem. 2009; 20: 503–511.
  • Christ-Roberts CY, Mandarino LJ. Glycogen synthase: key effect of exercise on insulin action. Exerc Sport Sci Rev. 2004; 32: 90–94.
  • Kuo CH, Hwang H, Lee MC, Castle AL, Ivy JL. Role of insulin on exercise-induced GLUT-4 protein expression and glycogen supercompensation in rat skeletal muscle. J Appl Physiol.  2004; 96: 621–627.
  • Morato PN, Lollo PC, Moura CS, Batista TM, Carneiro EM, Amaya-Farfan J. A dipeptide and an amino acid present in whey protein hydrolysate increase translocation of GLUT-4 to the plasma membrane in Wistar rats. Food Chem. 2013 Aug 15;139(1-4):853-9.
  • Zorzano A, Palacín M,Gumá A. Mechanisms regulating GLUT 4 glucose transporter expression and glucose transport in skeletal muscle. Acta Physiol Scand. 2006. 183: 43–58.

 

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Note du Traducteur: Finalement, cet article nous prouve à nouveau que la whey prise seule est avantageuse mais qu’en prenant une whey + des glucides, l’intérêt de la whey est exponentiellement avantageux puisqu’elle augmenterait l’assimilation des sucres, autrement qu’à solliciter l’insuline seule. De nombreuses études avaient déjà prouvées que cette association était bénéfique sur la libération de l’hormone de croissance et de la testostérone en post-exercice mais sans avoir vraiment prouvé comment. Il y a fort à parier qu’une augmentation des GLUT 4 réduise effectivement le taux d’insuline et que cela puisse favoriser une entrée plus rapide de la somatropine et de la testostérone dans le jeu de l’anabolisme musculaire. C’est une supposition qui reste à prouver sur le plan scientifique mais qui cependant, porte du sens.

Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas de prendre votre Whey après l’entraînement, de préférence avec 1/3 de glucides (waxy maize ou maltodextrine).  Et d’ici le prochain article, n’oubliez pas de développer votre culture physique en vous abonnant à la news pour rester informé des prochains articles.

Eric Mallet

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La Taurine imite les effets de l’insuline, réduit l’appétit et quadruple l’activité hypothalamique mTOR chez des rongeurs

Si la Taurine n’est pas stricto sensu considérée comme un acide aminé, l’auteur de la SuppVersity la considère comme telle. Je n’ai donc rien modifié au niveau de la traduction de l’article.

La Taurine est un acide aminé remarquable, et avant de vous bassiner avec la suite de mon article Quels nutriments pour la force athlétique Partie I, je tenais à vous faire profiter d’un excellent article paru sur Suppversity et dont le titre de l’article est traduit ci-dessus. L’auteur de cet article accorde d’ailleurs un grand intérêt à cet acide aminé, j’aurais également l’occasion de revenir sur les propriétés de certains acides aminés étudiés sur ce site dans un avenir proche.

Eric Mallet

La Taurine est un acide aminé abondant et utile à de nombreux métabolismes

Considéré comme non essentiel, la taurine est un acide aminé soufré particulièrement abondant dans notre organisme. On connait les avantages de la taurine sur le diabète, la santé du foie, le contrôle du poids et d’autres effets encore… une étude récente publiée dans le journal à forte réputation Amino Acids n’en confirme pas seulement les effets bénéfiques que nous venons de citer mais il nous permet surtout d’étendre notre connaissance de cet acide aminé, notamment sur l’axe Akt/FOXO1 (régulation de la gluconéogenèse et de la glucogénolyse par l’insuline, avec réduction  de l’adipogenèse), JAK2/STAT3 (transmission d’informations des signaux biochimiques hors de la cellule, à travers la membrane et vers les gènes pour y créer une transcription ADN et une activité cellulaire spécifique) et mTOR/AMPK/ACC (signaux de l’activation de la synthèse des protéines), une cascade de signaux conduisant à la potentialisation du fonctionnement de l’insuline, outre son influence sur le neuropeptide Y qui signale la satiété.

Carina Solon et ses collègues de l’Université de Campinas au Brézil supposent que l’activité de la taurine sur le contrôle des graisses corporelles s’exercerait par l’action directe de l’hypothalamus. Pour vérifier cette hypothèse, une dose aiguë de taurine et/ou d’insuline a été injectée à travers le ventricule intracérébral d’animaux durant un peu plus d’une semaine. Les résultats de l’expérience ont entraîné une réduction de la consommation alimentaire, de l’activité locomotrice et de l’activation du signal de transduction à travers le chemin Akt/FOXO1, JAK2/STAT3 et mTOR/AMPK/ACC, accompagné de la modulation du neuropeptide Y comme nous l’avons déjà cité plus haut. Et même sans insuline, la taurine exerce un effet anorexique d’un degré similaire à l’insuline ou à la leptine alors que cet effet ne peut être réduit à la seule réduction de l’activité locomotrice.

Taurine et marqueurs AKT, mTOR, AMPK

Il se trouve également que la taurine agit de manière similaire à l’insuline au niveau de l’hypothalamus en activant les signaux Akt/FOXO1 et JaK2/STAT3 tout en réduisant la cascade de signaux depuis l’AMPK mais sans modulation des niveaux d’insuline ou de glucose. Par comparaison avec l’ALCAR, les scientifiques ont prouvé que l’élévation des signaux JAK2 (signalisation cellulaire pour codage ADN) étaient responsables des effets suppresseurs de la taurine, et non pas de la baisse d’activité des MAP kinases (AMPK en anglais) qui jouent un rôle important dans la division et la prolifération cellulaire. Pour vous résumer simplement l’intérêt de la taurine (et sans doute parce que vous êtes sans doute un peu perdu dans toutes ces cascades d’activation biochimique cellulaire), disons simplement que cet acide aminé ouvre une voie de recherche intéressante sur la lutte contre l’obésité mais que déjà, son potentiel d’effets s’avère tout aussi intéressant pour les athlètes, notamment au niveau de la gestion énergétique.

La Taurine a des caractéristiques mimétiques de l’insuline mais pas seulement !

Dans tous les cas, les résultats scientifiques obtenus suggèrent que les effets de la taurine vont bien au-delà de la sensibilisation des tissus périphériques aux effets de l’insuline même si le mécanisme exact par lequel la taurine agit sur la cascade de signaux protéiques au niveaux de l’hypothalamus et de ses effets respectifs sur les tissus organiques (foie, pancréas, muscle…) n’est pas encore clairement connu. De nombreux athlètes m’ont souvent fait remarquer que la taurine leur permettait souvent d’aller plus loin dans l’intensité de leur entraînement, un effet que j’ai pu constater par moi-même.

En aparté, j’ajouterais que la vulgarisation scientifique à outrance commence elle aussi à envahir le monde du complément alimentaire, notamment au niveau des boutiques de vente en dur ou sur Internet. En effet, il est probable que vous ayez déjà entendu parler de la protéine mTOR à propos de la Leucine, les autres signaux étant d’ailleurs moins souvent cités car n’entrant pas systématiquement dans le cadre de l’anabolisme et de la synthèse des protéines. D’autant plus qu’il y a deux facteurs mTOR aux effets signalant légèrement différents. Même si j’ai pu contribuer, d’une manière ou d’une autre à cette vulgarisation scientifique très partielle, cela me fait un peu sourire car les multiples processus liés aux nombreux signaux moléculaires est d’une complexité particulièrement difficile à expliquer sur 4 à 6 lignes de texte.

Article SuppVersity original: http://suppversity.blogspot.fr/2011/08/taurine-mimics-effects-of-insulin.html

D’ici là, pensez aussi à vous abreuver d’autres sources scientifiques qu’Espace Corps Esprit Forme pour développer votre culture physique. Je ne peux malheureusement pas, même si j’aimerais bien, passer mes journées sur mes blogs. En réalité, je n’ai que peu de temps à y consacrer.

A très bientôt,

Eric Mallet

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