Methoxyisoflavone et ipriflavone seraient des inhibiteurs de l’aromatase

m-stak-universal-nutritionIl y a plus de 15 ans sinon 20, Universal Nutrition sortait leurs tous nouveaux packs dont leur M-Stak avec des extraits végétaux un peu bizarres de méthoxyisoflavone et autres Muira puama ou extraits de Kudzu. En ces temps troublés où j’étais encore une moitié de freluquet, j’avais voulu tester. Pourtant septique en lisant l’étiquette, je ne comprenais pas tout puisque forcément, à l’époque, je n’avais pas le même recul sur l’aspect scientifique des compléments alimentaires. Toujours est-il que j’en avais pris une boite mais je n’avais pas vraiment constaté d’effets fantastiques contrairement à la première fois où j’avais pris de la créatine. Logiquement, j’avais effectivement pris de la masse musculaire et de la force.

Toujours est-il que l’expérience remonte à trop longtemps pour que je m’en souvienne encore précisément. Anecdote dont je me souviens pourtant, c’est que Marco m’avait dit “j’en connais un qui a pris M-Stak et qui a risqué l’hypoglycémie…”. A l’époque, je n’avais pas compris le pourquoi du comment. En relisant l’étiquette aujourd’hui, on comprend mieux: 4-Hydroxisoleucine, acide corosolique, Cinnulin PF (extrait de cannelle) et acide alpha lipoïque. Forcément, aujourd’hui, je comprends mieux pourquoi les petites natures n’auraient pas dus prendre leur Methoxy-machin l’estomac vide. Donc, si vous prenez un jour ce genre de complément, prenez-le avec votre Big Yam ou/et des céréales. Par contre, si vous prenez l’exemple du M-Stak d’Universal Nutrition, il est assez difficile de dire d’où pourraient venir clairement les effets puisque l’ensemble des composants de cette formule sont divers et nombreux (dont des stimulants avec caféine et théobromine). A priori, les effets supposés produits par ces flavones me semblent bien faibles et la littérature disponible a tendance à le confirmer. Mais pour l’instant, je vous laisse avec la traduction de l’article d’Ergo-log pour approfondir un peu le sujet. Prenez également en compte que l’étude a été effectuée in vitro, comme le rappelle les chercheurs.

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Certains suppléments supposés augmenter les niveaux de testostérone contiennent les isoflavones synthétiques méthoxyisoflavone et ipriflavone. Ces compléments pourraient fonctionner comme le suggère une étude in vitro des chasseurs italiens du dopage, associée à la Federazione Medico Sportiva Italiana. L’article a été publié dans Drug Testing & Analysis. Selon les chercheurs, méthoxyisoflavone et ipriflavone inhibent l’aromatase, l’enzyme qui convertit la testostérone en estradiol.

methoxyisoflavone-supplement

 

Ipriflavone et méthoxyisoflavone

Ipriflavone et méthoxyisoflavone sont des isoflavones synthétiques. Ils ont été inventés au siècle dernier par des chimistes d’Europe de l’Est qui souhaitaient fabriquer de nouveaux agents anabolisants en modifiant des isoflavones comme la daidzéine, un phyto-œstrogène du soja.

methoxyisoflavone-ipriflavone

Ces isoflavones de synthèse ne se sont pas montrés très efficaces en tant que médicament mais elles ont pourtant suivi leur chemin en tant que complément sportif.

L’ipriflavone et la méthoxyisoflavone inhibent l’action des enzymes P450 telles que les CYP1A2 et CYP2C9. De là, les Italiens se sont demandé si l’ipriflavone et la méthoxyisoflavone contrecarraient également l’aromatase. Il s’agit de l’enzyme qui convertit la testostérone en estradiol. Tout comme le CYP1A2 et le CYP2C9, l’aromatase est une enzyme P450.

Si tel est le cas, l’ipriflavone et la méthoxyisoflavone pourraient figurer sur une liste des produits dopants, où l’on retrouve également l’anastrozole et le létrozole. Comme vous le savez, les inhibiteurs de l’aromatase peuvent augmenter les niveaux de testostérone, améliorant ainsi les performances physiques.

L’étude sur les phyto-œstrogènes modifiés et leurs effets supposés sur l’aromatase

Les chercheurs ont commencé par mettre la testostérone et l’aromatase dans des éprouvettes. Puis, ils ont cherché à constater si la conversion de la testostérone en estradiol était bloquée en ajoutant de l’ipriflavone, de la méthoxyisoflavone et d’autres substances.

Résultats de l’expérience

L’ipriflavone et la méthoxyisoflavone ont inhibé la formation de l’œstradiol. Les deux substances ont bloqué l’action de l’enzyme aromatase. La daidzéine l’a fait aussi mais dans une bien moindre mesure. L’effet anti-estrogénique de la méthoxyisoflavone et de l’ipriflavone était similaire à celui de l’anastrozole.

methoxiflavone-ipriflavone-antiestrogenique

methoxiflavone-ipriflavone-antiestrogene

ipriflavone

anastrazole

 

Lorsque les Italiens ont calculé le Ki (constante d’inhibition des réactions enzymatiques) de la méthoxyisoflavone et de l’iproflavone sur la base de leurs tests, ils ont constaté qu’il était égal au Ki des inhibiteurs pharmacologiques de l’aromatase.

inhibiteurs-aromatase

 

Conclusion sur la méthoxyisoflavone et l’ipriflavone

“Les résultats obtenus dans notre système de modèles in vitro montrent que, dans la gamme de concentrations considérée, la méthoxyisoflavone et l’ipriflavone ont un potentiel d’inhibition de l’aromatase similaire à celui du formestane, de l’anastrozole et de l’aminoglutéthimide”, écrivent les chercheurs. “Ces trois médicaments [sont] utilisés dans le traitement anticancéreux et interdits par l’AMA (Agence Mondiale Antidopage) pour leurs effets sur la stéroïdogenèse.”

“Clairement, les résultats présentés ici ne sont pas suffisants pour exprimer une opinion finale sur l’opportunité d’inclure des isoflavones synthétiques sur la Liste des interdictions de l’AMA car l’ampleur réelle de leurs effets in vivo serait certainement modulée par leurs propriétés pharmacocinétiques, et notamment par leur faible biodisponibilité.”

“Néanmoins, nous pensons que leur surveillance pourrait encore être utile pour l’analyse du contrôle du dopage, compte tenu également des fortes doses recommandées pour les isoflavones de synthèse dans les compléments alimentaires.”

Source de l’article: Methoxyisoflavone and ipriflavone are aromatase inhibitors

Source Ergo-log: Drug Test Anal. 2019 Feb;11(2):208-14.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Les ecdystéroïdes, vos muscles et votre peau

Complément alimentaire pour les musclés qui vaut son pensant de cacahouètes, les ecdystéroïdes (pas ceux de vos épinards ni du quinoa), sont des petites molécules végétales à structure stéroïde qui présentent certains avantages où on ne les attendait pas. Sans être miraculeux non plus, la densité musculaire augmente au bout de quelques semaines, la force a tendance à croître également dans des proportions sensibles. Là où on ne s’y attendait pas, c’est que les ecdystéroïdes en question font du bien à votre peau. C’est aussi ce que j’avais remarqué sur la mienne. Cet article d’Ergo-log revient précisément sur ce sujet…

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ecdysteroidesSe pourrait-il que l’on puisse imaginer un nouveau supplément ? Pas un supplément sportif mais un produit pharmaceutique doté d’une concentration élevée en 20-hydroxy-ecdystérone ? Selon une étude sur les animaux réalisée au centre médical universitaire de Goettingen, un tel supplément améliore non seulement la composition corporelle, mais également la qualité de la peau.

Le 20-hydroxy-ecdystérone est un ecdystéroïde. Les plantes apparentées à la famille des épinards fabriquent des composés ecdystéroïdes pour se protéger contre les chenilles. Quand elles mangent de la 20-hydroxy-ecdystérone, les chenilles se transforment en papillons. Et vous savez que les papillons ne mangent pas d’épinards ! Cela dit, une portion standard d’épinards contient plus de 100 mg d’ecdystéroïdes.

Les ecdystéroïdes présentent un effet anabolique sur les humains et les animaux. C’est pourquoi les étagères des magasins sont garnies de ces suppléments pour bodybuilders qui veulent stimuler leur croissance musculaire. Des études sur des animaux russes plus âgés comparent même les effets anaboliques des ecdystéroïdes à ceux du dianabol. [Pharmaceutical Chemistry Journal. 2001 Dec; 12 (35) 667-71.] C’est probablement une exagération un peu grotesque, mais de récentes études allemandes sur les animaux ont montré que de petites quantités de 20-hydroxy-ecdystérone avaient un effet anabolisant sur les muscles, les os et le cartilage. Selon une étude américaine, la 20-hydroxy-ecdystérone rend les souris plus fortes et plus minces. {Kizelsztein P. et al., 20-Hydroxyecdysone decreases weight and hyperglycemia in a diet-induced obesity mice model. Am J Physiol Endocrinol Metab. 2009 Mar;296(3):E433-9.}

Quels étaient les effets des ecdystéroïdes sur la fermeté de la peau ?

Les chercheurs allemands étaient curieux de savoir quel était l’effet de la 20-hydroxy-ecdystérone sur la peau. Les femmes ménopausées produisent moins d’estradiol et leur peau commence à vieillir plus rapidement. L’hormonothérapie les aide mais les composés œstrogéniques sont potentiellement cancérigènes. La 20-hydroxy-ecdystérone n’est pas un œstrogène, donc…

Après avoir mélangé 18, 57 ou 116 mg de 20-hydroxy-ecdystérone pendant 12 semaines dans la nourriture de rats femelles dont les ovaires avaient été retirés, ils ont constaté que la peau de ces animaux était devenue plus ferme. Leur masse musculaire avait augmenté et leur masse grasse avait diminué.

 

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ecdysteroides-peau-muscles-graisse

E2: 17β-estradiol (E2)

Selon les conclusions des chercheurs, les ecdystéroïdes seraient une alternative aux traitement hormonal des femmes après la ménopause.

Source de l’article: Try ecdystéroids for younger skin and more muscle mass

Source Ergo-log: Menopause. 2011 Mar;18(3):323-7.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme.

Eric Mallet

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Une étude sur l’animal confirme l’effet des BCAA sur la longévité

BCAASujet très controversé, il n’en demeure pas moins que les BCAA sont des acides aminés essentiels et que la Leucine représente un élément clé pour la synthèse des protéines, et c’est d’autant plus vrai que l’âge avance. Une majorité écrasante d’études scientifiques convergent dans ce sens, surtout pour la sarcopénie. Mais de là à faire un lien, direct ou indirect avec la longévité, c’est un terrain sur lequel on n’attendait pas vraiment les acides aminés branchés. D’autres études (réalisées par les mêmes chercheurs que ceux qui ont effectués l’étude décrite ci-dessous ainsi que celles d’autres chercheurs) vont dans ce sens. De toute évidence, les apports en protéine est donc, en acides aminés, prennent naturellement de l’importance avec l’âge, le rapport entre la longévité et les BCAA ne serait donc pas vraiment une surprise. Je vous laisse avec l’article traduit d’Ergo-log, avant d’ajouter une note après la traduction…

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Le supplément d’acides aminés BigOne serait populaire parmi les athlètes d’endurance italiens. Des chercheurs italiens ont donc mélangé BigOne avec l’eau de leurs souris de laboratoire. Ils ont découvert que les animaux profitaient d’une longévité augmentée de 10%.

Durant le processus de vieillissement, les cellules ne sont plus en mesure de produire suffisamment d’énergie. Elles ne peuvent donc plus se protéger efficacement contre les radicaux libres. Il est vrai que la restriction calorique retarde le processus de vieillissement, mais pour de nombreuses personnes, un régime dont l’apport énergétique est réduit d’un cinquième ou plus serait hors de question.

Les Italiens ont découvert dans des études antérieures que les acides aminés à chaîne ramifiée offrent une protection contre certains des effets du vieillissement. C’est pourquoi ils ont décidé d’examiner si les BCAA de BigOne pouvaient prolonger la durée de vie des rats mâles adultes. La composition de BigOne est listée ci-dessous. Les animaux ont reçu 1,5 g de BCAA par kg de poids corporel/jour. Les tableaux ci-dessous décrivent l’effet longévité des BCAA. Note EM: Comme vous le constatez, il s’agit d’acides aminés enrichis en BCAA pour être exact.

BCAA-acides-amines

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WT = Souris ordinaires eNOS-/- = Souris incapables de fabriquer l’enzyme NOS-synthase

Les souris ne pouvant synthétiser cette enzyme meurent relativement jeune d’un arrêt cardiaque. Les BCAA N’avaient que peu d’influence sur elles.

Les chercheurs ont fait courir certaines souris sur un tapis roulant, 5 jours par semaine. Chez ces souris, les BCAA ont stimulé la production des SIRT1, prolongeant la vie et d’enzymes protectrices au niveau des cellules musculaires et cardiaques.

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Les BCAA ont activé la molécule PGC-1-alpha. Cela a permis aux souris de produire plus de mitochondries et par conséquent, elles ont résisté plus longtemps au test d’épuisement.

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Le directeur de recherche, Enzo Nisoli, avait émis l’hypothèse en interviews que l’être humain pourrait vivre plus longtemps s’ils prenait des BCAA après 60 ans. “Je pense qu’après 60 ou 65 ans, des personnes en bonne santé pourraient commencer à prendre ce mélange en tant que stratégie préventive”. Nisoli a également précisé qu’il allait répéter ses expériences sur des animaux.

Source de l’article: BCAAs extend lifespan in animal study

Source Ergo-log: Cell Metab. 2010 Oct 6; 12(4): 362-72.

Note EM: J’ai donc fait ma petite recherche afin de tomber sur la suite des études effectuées par Enzo Nisoli…

L’étude en question date de 2011, elle a été publiée dans Aging. Je vous ai traduit rapidement une partie des conclusions: “De nombreuses preuves récentes suggèrent que les acides aminés, et en particulier les BCAA, se comportent comme des modulateurs – conservés au cours de l’évolution – de la longévité de différents organismes, allant des levures aux mammifères. Nos données démontrent que la prise orale d’un mélange équilibré d’acides aminés enrichi en BCAA améliore la coordination motrice et l’endurance et favorise la longévité des souris mâles. Le rôle clé de BCAA sur la biogenèse mitochondriale, le métabolisme énergétique cellulaire et les systèmes de modulation des ROS (Note: Radical Oxygen Species = radicaux libres ou dérivés réactifs de l’oxygène), via la modulation des voies mTOR/eNOS, peut expliquer la plupart des actions bénéfiques de cette supplémentation. (…)* Nisoli et ses collègues ajoutent que d’autres études seront nécessaires afin d’aller plus loin dans la compréhension de ces mécanismes biologiques liés au vieillissement de l’organisme.

Je vous invite à vous reporter à l’article complet publié dans Aging pour plus d’informations: Branched-chain amino acids, mitochondrial biogenesis, and healthspan: an evolutionary perspective

* D’Antona G. et al., Branched-chain amino acid supplementation promotes survival and supports cardiac and skeletal muscle mitochondrial biogenesis in middle-aged mice. Cell Metab. 2010; 12:362-372.

Je ne vous ai pas mis la bibliographie pour des questions évidentes de duplicate content. Autre évidence, elle concerne l’importance de la Leucine en relation avec la sarcopénie comme je l’avais précisé en début d’article, voire de la Leucine avec la Glycine, comme cela a déjà été démontré.

Eric Mallet

 

 

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Un mélange de protéines à base de Whey, caséine et soja serait supérieur à la Whey seule

optimum-nutrition-100-casein-gold-standardLe meilleur shake post-entraînement ne contiendrait pas seulement des protéines faciles à digérer comme le lactosérum et le soja. Les athlètes de force auront plus de facilité lors de leur séance d’entraînement s’ils boivent un shake protéiné contenant un mélange de protéines rapides et lentes, avec de la caséine. C’est du moins ce qu’un scientifique en nutrition de l’Université du Texas à Galveston dans The Journal of Nutrition.

L’étude scientifique et l’entraînement suivi

Les chercheurs ont demandé à 19 sujets d’une vingtaine d’années d’entraîner leurs cuisses sur une machine à extensions de jambe. Ils avaient 8 séries de 10 répétitions à effectuer. Sur les trois premières séries, les sujets utilisaient des poids de 55%, 60% et 65% du poids avec lesquel ils pouvaient effectuer 1 répétition [1RM]. Sur les 5 séries restantes, ils prenaient 70% de leur 1RM.

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de fibres musculaires dans les muscles des cuisses des sujets juste avant l’entraînement. Ils l’ont fait à nouveau 4 heures après la fin de l’entraînement. Ils ont mesuré le taux de synthèse fractionnaire [FSR] – le taux auquel la protéine de fibre musculaire est produite – dans les échantillons. Les chercheurs ont également mesuré la concentration d’acides aminés comme la phénylalanine et les BCAA dans le sang des sujets.

Résultats de l’étude avec la Whey et le mélange de protéines

La consommation de lactosérum a entraîné un pic rapide et prononcé du niveau d’acides aminés. La consommation du mélange de protéines a entraîné un pic moins prononcé mais l’augmentation du niveau d’acides aminés a duré plus longtemps que lorsque le lactosérum seul était consommé.

Ce n’est pas si surprenant. La caséine est une «protéine lente», qui est digérée lentement et ses acides aminés n’apparaissent que progressivement dans le sang, après un laps de temps considérable. Le lactosérum est une «protéine rapide» qui est digérée rapidement et provoque donc un pic prononcé d’acides aminés. La protéine de soja est également une protéine rapide, bien qu’elle soit un peu plus lente que le lactosérum.

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Le mélange de protéines a permis d’obtenir une augmentation plus forte de la synthèse des protéines que la Whey seule, comme le montre le tableau ci-dessus.

Conclusion

“Nos données, ainsi que celles d’autres études, vont dans le sens de l’utilisation d’un supplément de mélange protéique à la suite d’un exercice de résistance par rapport à une protéine isolée”. C’est ce qu’écrivent les Texans dans leur dernier paragraphe. “Un mélange de protéines contenant une teneur suffisante en acides aminés essentiels, plusieurs taux de digestion et une aminoacidémie prolongée (Note EM: teneur du sang en acides aminés) favorise clairement la synthèse des protéines musculaires lors de la récupération après l’exercice.”

L’étude a été financée en partie par le géant du soja Solae et en partie par le gouvernement américain.

Source de l’article: Mix of casein, whey and soja protein works better than whey alone after strength training

Source Ergo-log: J Nutr. 2013 Apr;143(4):410-6.

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Un supplément de Leucine, Glutamine et Arginine augmenterait la résistance naturelle de l’organisme

Donner un supplément de Leucine, de Glutamine, d’Arginine et de vitamines à des personnes âgées malades pourrait améliorer leur système immunitaire. Selon des chercheurs de l’Université de Tokyo, un tel supplément augmenterait l’activité des cellules tueuses (lymphocytes NK).

Les cellules tueuses de notre organismes agissent avec force pour préserver notre santé

Vous pourriez comparer les cellules tueuses naturelles de votre organisme à une unité un peu rude mais très efficace des Marines qui entrent en action. Elles agissent rapidement, ce qui pourrait être plus important que d’agir correctement.

Les cellules tueuses attaquent les cellules déviantes, telles que les cellules qui deviennent cancéreuses ou celles qui seraient infectées par un virus. Les scientifiques les considèrent comme faisant partie du système immunitaire inné, appelé couramment «résistance naturelle». Cette résistance naturelle est une partie plus primitive de notre système immunitaire. La partie la plus avancée du système immunitaire est capable d’apprendre. Il collecte des informations sur les nouveaux intrus et développe des cellules spécialisées pour les éliminer mais ce n’est pas le sujet de cet article.

Un cocktail d’acides aminés censé augmenter la résistance de l’organisme des personnes âgées

Deux fois par jour pendant 8 semaines, les chercheurs ont administré à un groupe de personnes malades âgées de 70 à 80 ans un supplément dont la composition est indiquée ci-dessous. Le supplément fournissait 1 200 mg de Leucine, 600 mg de Glutamine et 500 mg d’Arginine par jour ainsi que 11 vitamines. Il était administré sous forme de poudre que les sujets devaient dissoudre dans de l’eau.

 

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Après 4 semaines [Mid-point] et à nouveau après 8 semaines [Post-point], les chercheurs ont prélevé du sang sur les sujets et extrait les cellules tueuses qu’ils ont ajoutées à un matériau étranger. Ils ont découvert que pendant la période de supplément, les cellules réagissaient plus fortement. Le supplément n’a pas augmenté le nombre de cellules tueuses naturelles.

Parmi le groupe de sujets hospitalisés, le supplément a réduit le nombre de jours de fièvre [Febrile frequency]. Cependant, la réduction n’était pas statistiquement significative. Au cours de cette même période, le nombre de jours de fièvre dans un groupe témoin a augmenté, une augmentation statistiquement significative.

Les chercheurs ne savent pas exactement comment fonctionne ce supplément. (Note EM: Cependant, ils émettent des hypothèses intéressantes, notamment pour la Leucine en tant que soutien à la synthèse des protéines et la vitamine C pour son rôle sur le système immunitaire). Dans des études antérieures, la vitamine C et la Glutamine amélioraient la réponse du système immunitaire mais les doses d’acides aminés utilisées dans ces études étaient beaucoup plus élevées que celles utilisées par les chercheurs japonais.

Note EM: Cette étude n’est certainement pas le plus éclairante du blog mais elle aura au moins le mérite de nous rappeler l’importance des acides aminés et des protéines en particuliers, lorsque l’âge avance, avec les risques de sarcopénie; que ce soit pour notre système immunitaire ou le maintient de la masse musculaire car tous deux sont liés à la longévité. 

Source de l’article: Supplement with Leucine, glutamine and arginine increases natural resistance

Source Ergo-log: J Clin Biochem Nutr. 2012 Mar;50(2):162-8.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

 

 

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10 grammes de Glycine pourraient-ils consolider vos articulations ?

Les athlètes pourraient protéger leurs articulations contre l’usure et les blessures en prenant environ 10 grammes de Glycine par jour. Cette même supplémentation pourrait accélérer la guérison des articulations blessées. Des chercheurs espagnols se sont exprimés à ce sujet à travers une étude in vitro publiée dans Amino Acids.

L’étude sur la Glycine en rapport à vos articulations

Les chercheurs ont réalisé leur expérience avec des chondrocytes, les cellules que vous retrouvez dans le cartilage. Les chondrocytes produisent du collagène de type 2. Il s’agit du type de collagène le plus fréquent dans les structures cartilagineuses.

Résultats de l’expérience en fonction de différents acides aminés

Lorsque les chercheurs ont exposé leurs cellules à divers acides aminés à une concentration trois fois supérieure à celle que l’on retrouve dans le sang d’une personne, la Glycine en particulier a stimulé la croissance du collagène de type 2.

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A partir d’une autre expérience, les chercheurs ont exposé leurs chondrocytes à différentes concentrations d’acides aminés pendant 15 jours. La Proline a stimulé au maximum la production de collagène de type 2 à une concentration que l’on retrouve encore chez l’être humain moyen. La concentration de Lysine qui stimulait au maximum la production de collagène était juste au-dessus.

La stimulation maximale de la production de collagène par la Glycine a dépassé les effets de la Proline et de la Lysine. Cependant, cet effet nécessitait une concentration qui ne peut être atteinte en pratique qu’en prenant 10 grammes de glycine par jour, ou plus.

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Interprétation des résultats

“Une clé importante pour la compréhension de ces résultats est le fait que la Glycine, l’acide aminé le plus nécessaire à la synthèse du collagène, est essentielle. Elle doit donc obligatoirement être incorporée à l’alimentation comme complément nutritionnel”, écrivent les chercheurs. “Ce besoin est général chez tous les animaux à partir d’environ 30 kg de masse corporelle et va en augmentant avec la prise de poids.”

“Chez un être humain de 70 kg, ce déficit en Glycine serait d’environ 10 grammes par jour – probablement le plus élevé des acides aminés, selon nos résultats précédents.”

Conclusion sur la Glycine

“Augmenter la présence de la Glycine dans le régime alimentaire pourrait être un moyen de contribuer à la lutte contre l’arthrose et à sa prévention sur la régénération du cartilage en renforçant la synthèse du collagène”, écrivent les chercheurs. “Il se peut que les carences mentionnées ci-dessus n’en soient pas la seule cause mais il s’agit certainement d’un point significatif par où commencer.”

“À cette fin, nos résultats suggèrent une stratégie viable qui consiste à augmenter les quantités de ces acides aminés (en particulier pour la Glycine) dans l’alimentation.”

“Étant donné que ces carences affecteront évidemment d’autres tissus conjonctifs ou mécaniques, tels que les os, les tendons, les ligaments et la peau, nous souhaitons faire remarquer que cette conclusion pourrait également être appliquée au traitement d’affections […] telles que l’ostéoporose.”

Source de l’article: Supplementation with 10 grams of Glycine per day makes your joints stronger

Source Ergo-log: Amino Acids. 2018 Jul 13. doi: 10.1007/s00726-018-2611-x. [Epub ahead of print].

Note EM: Nul doute qu’il s’agisse d’expériences intéressantes sur la Glycine quant à son rôle sur les articulations. Les résultats donnés par la la Proline et la Lysine confirment de manière évidente qu’ils sont tous deux nécessaires à la génération d’hydroxyproline et d’hydroxylysine, deux formes aminés également retrouvées en très faible quantité dans les collagènes en poudre d’excellente qualité. Pour synthétiser, disons qu’il apparait de plus en plus évident que certains acides aminés sont plus importants que d’autres en fonction de certains contextes et métabolismes comme la synthèse des protéines pour la Leucine, la santé du système cardiovasculaire pour l’arginine et la synthèse du collagène – ou même de la créatine – pour la Glycine.

Aucun acide aminé n’est inutile en soit, les expériences scientifiques décrites ne font jamais que refléter certains métabolismes bien particuliers, en fonction du contexte et des circonstances étudiées. Ici plus qu’ailleurs, il s’agit de retenir qu’il s’agit d’une expérience réalisée in vitro. Les conditions d’assimilation des acides aminés seront donc différents in vivo, c’est une évidence. Mais quoi qu’il en soit, pensez à vous inscrire à la newsletter afin de vous informer de la mise en ligne des nouveaux articles.

Eric Mallet

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