La Taurine imite les effets de l’insuline, réduit l’appétit et quadruple l’activité hypothalamique mTOR chez des rongeurs

Aucun commentaire

Si la Taurine n’est pas stricto sensu considérée comme un acide aminé, l’auteur de la SuppVersity la considère comme telle. Je n’ai donc rien modifié au niveau de la traduction de l’article.

La Taurine est un acide aminé remarquable, et avant de vous bassiner avec la suite de mon article Quels nutriments pour la force athlétique Partie I, je tenais à vous faire profiter d’un excellent article paru sur Suppversity et dont le titre de l’article est traduit ci-dessus. L’auteur de cet article accorde d’ailleurs un grand intérêt à cet acide aminé, j’aurais également l’occasion de revenir sur les propriétés de certains acides aminés étudiés sur ce site dans un avenir proche.

Eric Mallet

La Taurine est un acide aminé abondant et utile à de nombreux métabolismes

Considéré comme non essentiel, la taurine est un acide aminé soufré particulièrement abondant dans notre organisme. On connait les avantages de la taurine sur le diabète, la santé du foie, le contrôle du poids et d’autres effets encore… une étude récente publiée dans le journal à forte réputation Amino Acids n’en confirme pas seulement les effets bénéfiques que nous venons de citer mais il nous permet surtout d’étendre notre connaissance de cet acide aminé, notamment sur l’axe Akt/FOXO1 (régulation de la gluconéogenèse et de la glucogénolyse par l’insuline, avec réduction  de l’adipogenèse), JAK2/STAT3 (transmission d’informations des signaux biochimiques hors de la cellule, à travers la membrane et vers les gènes pour y créer une transcription ADN et une activité cellulaire spécifique) et mTOR/AMPK/ACC (signaux de l’activation de la synthèse des protéines), une cascade de signaux conduisant à la potentialisation du fonctionnement de l’insuline, outre son influence sur le neuropeptide Y qui signale la satiété.

Carina Solon et ses collègues de l’Université de Campinas au Brézil supposent que l’activité de la taurine sur le contrôle des graisses corporelles s’exercerait par l’action directe de l’hypothalamus. Pour vérifier cette hypothèse, une dose aiguë de taurine et/ou d’insuline a été injectée à travers le ventricule intracérébral d’animaux durant un peu plus d’une semaine. Les résultats de l’expérience ont entraîné une réduction de la consommation alimentaire, de l’activité locomotrice et de l’activation du signal de transduction à travers le chemin Akt/FOXO1, JAK2/STAT3 et mTOR/AMPK/ACC, accompagné de la modulation du neuropeptide Y comme nous l’avons déjà cité plus haut. Et même sans insuline, la taurine exerce un effet anorexique d’un degré similaire à l’insuline ou à la leptine alors que cet effet ne peut être réduit à la seule réduction de l’activité locomotrice.

Taurine et marqueurs AKT, mTOR, AMPK

Il se trouve également que la taurine agit de manière similaire à l’insuline au niveau de l’hypothalamus en activant les signaux Akt/FOXO1 et JaK2/STAT3 tout en réduisant la cascade de signaux depuis l’AMPK mais sans modulation des niveaux d’insuline ou de glucose. Par comparaison avec l’ALCAR, les scientifiques ont prouvé que l’élévation des signaux JAK2 (signalisation cellulaire pour codage ADN) étaient responsables des effets suppresseurs de la taurine, et non pas de la baisse d’activité des MAP kinases (AMPK en anglais) qui jouent un rôle important dans la division et la prolifération cellulaire. Pour vous résumer simplement l’intérêt de la taurine (et sans doute parce que vous êtes sans doute un peu perdu dans toutes ces cascades d’activation biochimique cellulaire), disons simplement que cet acide aminé ouvre une voie de recherche intéressante sur la lutte contre l’obésité mais que déjà, son potentiel d’effets s’avère tout aussi intéressant pour les athlètes, notamment au niveau de la gestion énergétique.

La Taurine a des caractéristiques mimétiques de l’insuline mais pas seulement !

Dans tous les cas, les résultats scientifiques obtenus suggèrent que les effets de la taurine vont bien au-delà de la sensibilisation des tissus périphériques aux effets de l’insuline même si le mécanisme exact par lequel la taurine agit sur la cascade de signaux protéiques au niveaux de l’hypothalamus et de ses effets respectifs sur les tissus organiques (foie, pancréas, muscle…) n’est pas encore clairement connu. De nombreux athlètes m’ont souvent fait remarquer que la taurine leur permettait souvent d’aller plus loin dans l’intensité de leur entraînement, un effet que j’ai pu constater par moi-même.

En aparté, j’ajouterais que la vulgarisation scientifique à outrance commence elle aussi à envahir le monde du complément alimentaire, notamment au niveau des boutiques de vente en dur ou sur Internet. En effet, il est probable que vous ayez déjà entendu parler de la protéine mTOR à propos de la Leucine, les autres signaux étant d’ailleurs moins souvent cités car n’entrant pas systématiquement dans le cadre de l’anabolisme et de la synthèse des protéines. D’autant plus qu’il y a deux facteurs mTOR aux effets signalant légèrement différents. Même si j’ai pu contribuer, d’une manière ou d’une autre à cette vulgarisation scientifique très partielle, cela me fait un peu sourire car les multiples processus liés aux nombreux signaux moléculaires est d’une complexité particulièrement difficile à expliquer sur 4 à 6 lignes de texte.

Article SuppVersity original: http://suppversity.blogspot.fr/2011/08/taurine-mimics-effects-of-insulin.html

D’ici là, pensez aussi à vous abreuver d’autres sources scientifiques qu’Espace Corps Esprit Forme pour développer votre culture physique. Je ne peux malheureusement pas, même si j’aimerais bien, passer mes journées sur mes blogs. En réalité, je n’ai que peu de temps à y consacrer.

A très bientôt,

Eric Mallet

A propos de l'auteur

Passionné et pratiquant depuis plus de 20 ans, j'ai toujours porté un regard curieux sur le développement de la science des ergogènes et de la nutrition sportive. Diplômé des universités Lille 3 et Paris 7, je passe actuellement ma thèse en psychologie sur la question de la sublimation par la culture physique et la musculation. Espace Corps Esprit Forme est à considérer comme un blog de vulgarisation scientifique, destiné à aider le pratiquant tout en lui donnant des informations scientifiques utiles à sa pratique des sports de force.

Faire une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un *