L’échec musculaire serait plus efficace pour les athlètes de haut niveau

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Nous vous avions récemment parlé d’une étude qui suggère que les athlètes de force ne devraient pas faire de séries à l’échec musculaire. En vérité, nous n’y croyons pas du tout. C’est pour cela que nous avons poursuivi notre recherche à ce sujet. Et finalement c’est le cas: nous avons trouvé une étude, publiée en 2005 dans le Journal of Strength Conditioning and Research, qui tire une conclusion différente.

L’étude clinique sur l’échec musculaire

Dans l’étude que le scientifique du sport Eric Drinkwater de l’Institut australien du sport a publié en 2005, 26 jeunes joueurs de basket-ball et de football masculins ont été sélectionnés comme sujets d’expérience. En plus de leur sport, les sujets avaient réalisés un entraînement en force durant 3 à 6 mois. Drinkwater avait divisé ses sujets en deux groupes.

Les deux groupes ont fait du développé couché trois fois par semaine pendant 6 semaines, en utilisant un poids avec lequel ils pouvaient faire 6 répétitions. Un groupe a tenté de réaliser les 6 répétitions jusqu’à l’échec. Les athlètes de ce groupe ont fait 4 sets. [RF4X6]. L’autre groupe n’a pas été jusqu’à l’échec et a réalisé des séries de 3 répétitions. Les athlètes de ce groupe ont effectuées 8 séries. [NF8X3].

Les résultats de l’étude

Les 6RM – la charge avec laquelle ils pouvaient faire 6 répétitions – a augmenté de manière significative dans les 2 groupes mais l’augmentation était plus grande dans le groupe qui s’entraînait jusqu’à l’échec.

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A la fin des 6 semaines, Drinkwater demanda à ses sujets d’expérience de réaliser des développés couchés pliométriques à la Smith machine avec une charge de 40 kilos. Cet exercice est censé développer la force explosive du haut du corps.

La quantité de watts que les sujets ont réussi à libérer tout en faisant du développé couché pliométrique a augmentée d’une quantité statistiquement significative dans les deux groupes, mais l’augmentation a été plus importante pour les athlètes qui avaient travaillé jusqu’à l’échec.

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Conclusion

«L‘entraînement au développé couché jusqu’à l’échec musculaire induit des gains de force plus élevés qu’un entraînement sans échec musculaire.” Selon la conclusion de Drinkwater.

Un peu de spéculation

La différence entre l’étude de Drinkwater et la plupart des études dans lesquelles il n’y a pas d’importance si les athlètes poussent jusqu’à l’échec musculaire ou non repose sur le fait que les sujets de Drinkwater avaient déjà plusieurs mois d’‘expérience d’entraînement de la force, alors que ce n’était pas le cas pour les autres études. Peut-être est-il possible que les athlètes inexpérimentés se développent indépendamment du type d’entraînement de la force, que ce soit à l’échec ou non ?

Source de l’article: To-failure sets more effective for relatively experienced strength athletes

Source Ergo-log: J Strength Cond Res. 2005 May;19(2):382-8.

Eric Mallet

A propos de l'auteur

Passionné et pratiquant depuis plus de 20 ans, j'ai toujours porté un regard curieux sur le développement de la science des ergogènes et de la nutrition sportive. Diplômé des universités Lille 3 et Paris 7, je passe actuellement ma thèse en psychologie sur la question de la sublimation par la culture physique et la musculation. Espace Corps Esprit Forme est à considérer comme un blog de vulgarisation scientifique, destiné à aider le pratiquant tout en lui donnant des informations scientifiques utiles à sa pratique des sports de force.

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