L’Ashwagandha augmenterait l’endurance, méta-analyse…

ashwagandha-supplementPour les athlètes d’endurance et les longévitants [personnes qui veulent vivre 100 ans en parfaite santé et qui lisent des sites web bizarres comme celui-ci], l’Ashwagandha est devenu encore plus intéressants qu’il ne l’était déjà. Selon une récente méta-analyse réalisée par des chercheurs espagnols de l’université d’Extremadura, la supplémentation en extraits d’Ashwagandha augmenterait le VO2max. Le VO2max est un des principaux déterminants de l’endurance. Et si vous augmentez votre VO2max, vous ralentissez probablement aussi le vieillissement.

L’Ashwagandha est l’adaptogène de l’Ayurvéda le plus populaire au monde

L’Ashwagandha est à considérer comme la mère nourricière de l’Ayurveda. Depuis des siècles, les guérisseurs traditionnels indiens utilisent la plante comme un tonique et un agent anti-âge. Maintenant que des études modernes ont montré que le végétal ayurvédique aidait les athlètes à acquérir plus de force, à augmenter leur taux de testostérone, à améliorer la composition corps et la sexualité des femmes, les suppléments contenant du Withania somnifera sont plus populaires que jamais.

Les scientifiques ne savent toujours pas exactement quelles sont les principales substances actives contenues dans l’Ashwagandha. L’attention se porte surtout sur les withanolides, mais on ne peut exclure que l’ashwagandhanolide et les withanamides jouent également un rôle important sur les effets ergogéniques de l’Ashwagandha.

ashwagandha-withanolide

La méta-analyse sur l’Ashwagandha

Les chercheurs espagnols ont suivi 5 études de la littérature médicale dans lesquelles ils ont donné aux sujets de l’Ashwagandha et ont ensuite mesuré l’effet sur le VO2max. Ils ont regroupé les résultats et les ont analysés à nouveau.

Les résultats

Le résultat de la méta-analyse est clair. L’Ashwagandha augmente le VO2max de manière indéniable.

ashwagandha-vo2-max-meta-analyse

Il est également remarquable que l’étude dont les résultats sont les plus neutres – Tripathi 2006 – soit aussi celle dont la dose est la plus faible : 330 milligrammes d’extrait végétal par jour. C’est peut-être vraiment trop peu pour augmenter le VO2max.

ashwagandha-vo2-max

Conclusion

“Une supplémentation en Ashwagandha pourrait améliorer la VO2max chez les sportifs et les sédentaires”, concluent les Espagnols. “Les études analysées sont basé sur l’administration orale d’Ashwagandha dont la durée avait variée entre 2 et 12 semaines avec des apports entre 300 et 1000 mg/jour”.

“En raison du nombre limité d’études incluses dans cette revue systématique et cette méta-analyse, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer les effets et la dose recommandée”.

Source de l’article: Ashwagandha increases stamina, meta-study

Source Ergo-log: Nutrients. 2020;12(4):E1119.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Le gingembre noir thaïlandais stimulerait le métabolisme musculaire chez les athlètes âgés

dimethoxyflavone

Le diméthoxyflavone

Le flavonoïde diméthoxyflavone, présent dans l’herbe asiatique Kaempferia parviflora, aurait la particularité de stimuler le métabolisme musculaire des personnes d’âge moyen et de leur rendre une condition physique avantageuse. C’est du moins ce que suggère une étude sud-coréenne sur des animaux de l’université Yonsei. La quantité de diméthoxyflavone nécessaire serait élevée mais pas extrême.

La diméthoxyflavone

Ceux qui s’intéressent de près aux suppléments connaissent le Kaempferia parviflora en tant que végétal “anti-âge” et comme stimulant de la testostérone. Les racines de la plante, qui contiennent des concentrations remarquables de substances bioactives, sont également appelées “gingembre noir”.

kaempferia-parviflora

Selon des études in vitro du siècle dernier, le diméthoxyflavone – plus précisément : 5,7-diméthoxyflavone – inhibe l’enzyme aromatase, empêchant ainsi la testostérone d’être synthétisée en œstradiol. Il se peut donc que vous trouviez du 5,7-diméthoxyflavone dans des compléments alimentaires censés abaisser le taux d’œstrogènes chez l’homme, et qui seraient supposer augmenter le taux de testostérone.

(Il existe d’autres méthoxyflavonoïdes ayant des propriétés inhibitrices de l’aromatase, comme le 7,4′-diméthoxyflavone, une substance que l’on trouve dans le fenugrec. Mais nous ne parlons pas de 7,4-diméthoxyflavone ici).

L’étude sur l’animal

Les chercheurs ont fait des expériences avec de jeunes souris âgées de 10 semaines et des souris plus âgées d’un an et demi. La moitié des animaux de laboratoire plus âgés ont reçu un placebo par voie orale tous les jours pendant 8 semaines, l’autre moitié du diméthoxyflavone. Si les souris avaient été des adultes humains, elles auraient reçu environ 200 ou 400 milligrammes de diméthoxyflavone par jour.

Après la période de supplémentation de 8 semaines, les chercheurs ont étudié les animaux testés.

Les résultats de l’étude sur la diméthoxyflavone

La supplémentation en diméthoxyflavone a presque entièrement éliminé la perte de force due au vieillissement. Elle a amené l’endurance des souris les plus âgées à un niveau presque similaire à celui des jeunes animaux.

dimethoxyflavone-force-masse-musculaire-endurance

Le diméthoxyflavone a fait de même avec la masse musculaire des souris.

dimethoxyflavone-muscle-force

Un début d’explication

Le vieillissement avait réduit le nombre de mitochondries dans les cellules musculaires mais le diméthoxyflavone a inversé ce processus.

dimethoxyflavone-mitochondries

Cela s’explique en partie par le fait que le diméthoxyflavone fait baisser les processus inflammatoires. En raison du vieillissement, le facteur de transcription NF-kB – en d’autres termes, un des principaux facteur des processus inflammatoires – avait augmenté. Une supplémentation en diméthoxyflavone l’a fait baisser par la suite.

dimethoxyflavone-nf-kb

dimethoxyflavone-murf1-atrogin-1

En conséquence, des gènes comme MuRF1 et atrogin-1 qui sont impliqués dans la dégradation des protéines musculaires, se sont exprimé moins fréquemment dans les cellules musculaires âgées.

Conclusion

“Le diméthoxyflavone pourrait être utilisé comme un agent naturel pour inhiber la sarcopénie“, écrivent les Coréens.

Source de l’article: Black ginger dimethoxyflavone is a muscle rejuvenation drug

Source Ergo-log: Nutrients. 2020;12(4):E1079.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Nouvelles données scientifiques sur l’acide ursolique

acide-ursolique

L’acide ursolique, extrait de Seo DY. Ursolic acid in health and disease, Korean J Physiol Pharmaco. 2018

Comme je le dis très souvent, l’acide ursolique fait partie des rares molécules de recomposition corporelle étayées par de nombreuses données scientifiques. C’est à dire que ce triterpène pentacyclique vous permet de gagner du muscle maigre tout en vous faisant perdre des graisses. Ce sont des faits démontrés, contrairement à ce que l’on voulait vous faire croire avec le CLA dont les effets de recomposition sont beaucoup trop faibles pour s’avérer significatifs. C’est d’autant plus ridicule que certains isomères du CLA sont des acides gras trans, des molécules dont nous n’avons pas assez de certitudes sur leurs effets sanitaires à court et à long terme. Par contre, sur l’acide ursolique, les données scientifiques s’accumulent et prouvent son effet de recomposition corporelle, parmi d’autres.

Contrairement à l’habitude, je ne passerai pas par un article traduit d’Ergo-log pour vous apporter de nouvelles données à ce sujet mais je vais plutôt mettre en rapport quelques études, même si cette approche est un peu plus chronophage. Tout d’abord, une méta-analyse nous permettra d’obtenir une vue d’ensemble appréciable sur le sujet. Ensuite, je vous vous apporterai des éléments plus précis sur certains aspects de cette molécule proche des acides gras.

Une méta-analyse publiée en 2017 sur les effets de recomposition corporelle de l’acide ursolique

Premier article et méta-analyse: Katashima CK. et al., Ursolic acid and mechanisms of actions on adipose and muscle tissue: a systematic review. Obes Rev. 2017 Jun;18(6):700-711.

A partir de l’extrait, je traduis: “Cette revue systématique visait à aborder les actions de l’acide ursolique comme traitement d’appoint des anomalies métaboliques liées à l’obésité. Pour explorer nos objectifs, nous avons utilisé la recherche documentaire, y compris les études cliniques et animales, en utilisant Medline et Google Scholar (jusqu’en décembre 2015).”  L’analyse des données scientifiques recueillies par les chercheurs rassemble 63 études dont 17 présentant des critères d’éligibilité sur le sujet, tels que l’utilisation de l’acide ursolique sur l’adiposité, la dépense énergétique et la masse musculaire squelettique, tant chez les souris et les humains. Autrement dit, la méta-étude s’intéresse au syndrome métabolique et plus particulièrement à l’obésité et au développement des maladies qui y sont liées: (je traduis) “nous avons découvert que plusieurs mécanismes physiologiques et moléculaires sont impliqués dans les effets de l’acide ursolique sur l’obésité, la dépense énergétique, la stéatose hépatique, la perte de masse musculaire squelettique et la condition physique, tels que:

  1. L’augmentation de la thermogenèse par modulation des facteurs de transcription adipocytaire, l’activation de la protéine kinase 5′ activée par l’adénosine monophosphate (…), autrement dit l’acide ursolique stimulerait la thermogenèse, un processus que vous connaissez bien lorsque l’on évoque les “brûleurs de graisse” et la caféine.
  2. Amélioration de la masse des muscles squelettiques par l’activation de la sécrétion de l’hormone de croissance dans le sang et des concentrations du facteur de croissance 1 analogue à l’insuline (IGF-1), ainsi que par l’activation de la cible mammifère de la rapamycine (mTOR) et l’inhibition de l’ubiquitine E3 ligase protéine 1 (RING1) (Note EM: Répresseur de la transcription des protéines qui sert de régulateur à la synthèse des protéines)
  3. (…) amélioration de la condition physique par l’expression du co-activateur gamma du récepteur activé  par le proliférateur des muscles squelettiques (PPAR-γ ou PPARG) (Note EM: Régulateur du stockage des graisses et du métabolisme du glucose) et de la sirtuine 1 (SIRT 1)

Ainsi, les chercheurs affirment: “Par conséquent, la supplémentation en acide ursolique peut être considérée comme une thérapie d’appoint pour la prévention et le traitement des conséquences métaboliques liées à l’obésité et à la masse musculaire.”

acide-ursolique-derives

                                                       Acide ursolique et molécules proches. Image Examine.com

Second article: Bakhtiari et al., Ursolic acid ameliorates aging-metabolic phenotype through promoting of skeletal muscle rejuvenation. Med Hypotheses. 2015 Jul;85(1):1-6.

Cette publication de Nuredin Bakhtiari datant de 2015 met le doigt sur l’activité de ce triterpène en relation à sa faculté de favoriser la régénération du muscle squelettique. D’autres articles traitant du même sujet par Bakhtiari seront publiés les années suivantes, confirmant cet aspect métabolique inhérent à l’acide ursolique, autant pour l’hypertrophie que pour l’hyperplasie (voir bibliographie ci-dessous). Dans l’extrait de l’article cité, disons que le chercheur et son équipe soulignent que (je traduis): “L’acide ursolique (AU) présente certaines caractéristiques, dont la plus importante est son effet anabolique sur les muscles squelettiques, qui à son tour joue un rôle important dans le processus de vieillissement, nous a incité à évaluer le rajeunissement des muscles squelettiques. Cette étude cherche à répondre aux deux questions suivantes : en premier lieu, nous nous demandons si l’AU augmente les biomarqueurs anti-âge (SIRT1 et PGC-1α) dans les cellules satellites isolées, pour ouvrir la voie à la prolifération des cellules satellites. Les résultats ont révélé que l’AU augmentait l’expression des gènes SIRT1 (∼ 35 fois) et PGC-1α (∼ 175 fois).” (…) Cependant, il s’agit de comprendre s’il est possible de généraliser les résultats in vitro à in vivo. Pour cela, une étude a été conçue pour étudier les effets de l’AU sur le statut énergétique des cellules sur les modèles animaux (souris C57BL/6) (…).

L’acide ursolique jouerait un rôle de modérateur sur la dépense énergétique cellulaire

Le chercheur poursuit ses explications en ajoutant que (je traduis): “Nous avons constaté que l’AU diminuait les charges énergétiques cellulaires telles que l’ATP (∼ 3 fois) et l’ADP (∼ 18 fois). En ce qui concerne le rôle de l’UA dans la dépense énergétique et en tant que biomarqueur anti-âge, nous pourrions nous demander si le rajeunissement des muscles squelettiques ainsi que la prolifération des cellules satellites et la néomyogénèse sont des éléments à élucider. Les résultats ont montré que l’acide ursolique a stimulé la néomyogénèse en augmentant le nombre de cellules satellites. En outre, les effets de rajeunissement de l’AU sur les muscles squelettiques nous ont rapidement incités à réexaminer les performances des muscles squelettiques. Les résultats ont indiqué que l’AU par l’augmentation de l’expression de la myoglobine (∼ 2 fois) est accompagnée de la transformation de l’état glycolytique à l’état oxydatif rapide principalement et des fibres musculaires à contraction lente. À notre connaissance, il semble que l’AU pourrait être considérée comme un candidat potentiel pour le traitement des conditions pathologiques associées à l’atrophie et au dysfonctionnement musculaires, y compris l’atrophie des muscles squelettiques, la sclérose latérale amyotrophique (SLA), la sarcopénie et les maladies métaboliques des muscles.”

triterpene-pentacyclique

                                                   Exemple de triterpènes pentacycliques – Image sciencedirect.com

L’influence de l’acide ursolique sur la longévité passerait par la croissance de la masse musculaire en stimulant le recrutement des cellules satellites

Autrement dit, l’acide ursolique, outre son intérêt thérapeutique dans le cadre de la sarcopénie et des myopathies présente également un intérêt certain pour les pratiquants des sports de force. A titre personnel, c’est effectivement ce que j’avais remarqué sur le plan empirique. A part pour le nicotinamide riboside, je n’avais d’ailleurs jamais recommandé aussi souvent un complément alimentaire. Le processus actionné par l’acide ursolique stimulant la longévité impliquerait donc le recrutement des cellules satellites à des fins de renforcement de la masse musculaire maigre. Notons d’ailleurs à ce sujet, si vous avez bien suivi le raisonnement des chercheurs, qu’il serait particulièrement judicieux d’associer le NR et l’acide ursolique, les deux molécules présentant les mêmes avantages, notamment pour la SIRT1 et la PGC-1α, cette dernière étant considérée comme un régulateur majeur de la biogenèse mitochondriale mais également pour ses interactions avec de multiples facteurs de transcription en lien avec le métabolisme musculaire. De manière purement pragmatique, ajoutons que l’acide ursolique intéressera tout autant les musclés que les défenseurs de la pensée “anti-âge” et de la longévité augmentée ce qui, à notre époque, est largement entrée du côté de la science et non plus de la science fiction comme la majorité du public français le croit encore…

L’acide ursolique jouerait un rôle particulièrement important sur la longévité par la médiation de multiples protéines et facteurs de transcription

Un article du même auteur et publié en 2016 dans Biomed Pharmacotherapy souligne le rôle de l’acide ursolique sur l’expression de SIRT1, SIRT6, PGC-1β et α-Klotho ainsi que de la prolifération des cellules satellite. Nous avions déjà eu l’occasion de traiter de Klotho dans un article plus ancien d’Espace Corps Esprit Forme. Il s’agirait d’une protéine très discrète car retrouvée en quantité infinitésimale dans le corps humain mais dont le rôle sur la longévité est primordial. L’article de Bahrami et Bakhtiari est explicite: (je traduis) “Nous avions déjà signalé que l’acide ursolique (UA) améliore les performances des muscles squelettiques grâce à la prolifération des cellules satellites et de l’état de l’énergie cellulaire. En étudiant le rôle potentiel de l’hypothalamus dans le vieillissement, nous avons développé une stratégie pour poursuivre les effets de l’acide ursolique sur les protéines anti-âge de l’hypothalamus telles que SIRT1, SIRT6, PGC-1β et α-Klotho. Dans cette étude, nous avons utilisé un modèle de vieillissement des animaux (C57BL/6). (…) Les données ont montré que l’AU augmentait significativement la surexpression des protéines SIRT1 (∼3.5±0.3 fois) et SIRT-6 (∼1.5±0.2 fois) (P<0.001). En outre, nos résultats ont montré que l’AU augmentait les niveaux de protéines α-Klotho (∼3.3±0.3) et PGC-1β (∼2.6±0.2 fois) (P<0.01). (…) “À notre connaissance, il semble que l’AU, grâce à l’amélioration des biomarqueurs anti-âge (SIRT1 et SIRT6) et du PGC-1β dans l’hypothalamus, régule le processus de vieillissement et atténue les maladies liées aux domaines des mitochondries. En ce qui concerne le rôle clé de α-Klotho dans le vieillissement, nos données indiquent que l’AU pourrait se présenter à l’horizon pour prévenir les maladies du vieillissement.”

acide-ursolique-metabolisme

Image Seo DY. Ursolic acid in health and disease, Korean J Physiol Pharmaco. 2018

L’acide ursolique influence la phosphorylation d’Akt, l’utilisation du glucose et la signalisation de l’IGF-1

Ces données scientifiques particulièrement intéressantes s’ajoutent à celles que nous avions précédemment étudiés sur le blog en rapport à un article de Plos One: Ursolic Acid Increases Skeletal Muscle and Brown Fat and Decreases Diet-Induced Obesity, Glucose Intolerance and Fatty Liver Disease par Kunkel et al. Comme nous l’avions vu, l’acide ursolique implique Akt, une protéine en relation à mTOR que vous connaissez peut-être par le biais de la vulgarisation scientifique. Je ne vais pas revenir sur cet article mais reprendre quelques éléments afin de l’enrichir. Dans l’extrait, les chercheurs soulignent (je traduis): “L’activité d’Akt stimule la croissance musculaire et confère une résistance à l’obésité, à l’intolérance au glucose et aux maladies du foie gras. Nous avions récemment découvert que l’acide ursolique augmente l’activité d’Akt au niveau des muscles squelettiques et stimule la croissance musculaire chez les souris non obèses. (…) Dans les muscles squelettiques, l’acide ursolique a augmenté l’activité d’Akt, ainsi que les ARNm en aval qui favorisent l’utilisation du glucose (hexokinase-II), le recrutement des vaisseaux sanguins (Vegfa) et la signalisation autocrine et paracrine de l’IGF-I. En conséquence, l’acide ursolique a augmenté la masse musculaire squelettique, la taille des fibres musculaires rapides et lentes, la force de préhension et la capacité d’exercice. Il est intéressant de noter que l’acide ursolique a également augmenté la graisse brune, un tissu qui partage des origines de développement avec les muscles squelettiques. Parallèlement à l’augmentation de la masse musculaire squelettique et de la graisse brune, l’acide ursolique a augmenté la dépense énergétique, ce qui a entraîné une réduction de l’obésité, une amélioration de la tolérance au glucose et une diminution de la stéatose hépatique. (…)”.

Autrement dit, le potentiel de recomposition corporelle de l’acide ursolique s’avère particulièrement bien établi depuis 2012 alors que son influence sur plusieurs protéines, facteurs de transcription et/ou de croissance, en lien avec la longévité organique tels que les Sirtuines 1 et 6 et bêta-klotho en particulier a également été avancée sur le plan expérimental. In fine, la recherche scientifique sur ce triterpénoïde pentacyclique s’oriente vers la découverte de nouvelles données scientifiques probantes, en relation avec la longévité et le recul du vieillissement en premier lieu et conséquemment, sur le maintien et la croissance de la masse musculaire maigre en second lieu, en parallèle à une réduction de la graisse corporelle et d’une amélioration de l’endurance physique (Kunkel 2012). Gageons que d’associer l’acide ursolique avec d’autres molécules, dont le nicotinamide riboside, le resvératrol ou le ptérostilbène, la tomatidine et d’autres molécules agissant sur des voies métaboliques similaires ou parallèles à celles qui ont été évoquées pourrait s’avérer prometteur en tant que complément alimentaire “anti-âge” et stimulant naturel de l’hypertrophie – ainsi que de l’hyperplasie (néomyogenèse – Bakthiari 2016) des myofibrilles du muscle squelettique des pratiquants de la musculation; un phénomène particulièrement rare pour être signalé ici.

Eric Mallet

Note: Abonnez-vous à la newsletter pour vous tenir au courant de la sortie des nouveaux articles !

Éléments de bibliographie

Bakhtiari N, Mirzaie S, Hemmati R, Moslemee-Jalalvand E, Noori AR, Kazemi J. Mounting evidence validates Ursolic Acid directly activates SIRT1: A powerful STAC which mimic endogenous activator of SIRT1., Arch Biochem Biophys. 2018 Jul 15;650:39-48.

Bakthiari N, Ursolic Acid Induces Neomyogenesis through Hyperplasia and Increases of Satellite Cells Number in Mice Skeletal Muscle, J; of Stem Cells and Rej. Biology, 2016 DOI: 10.15436/2471-0598.16.015

Gharibi S, Bakhtiari N, Elham-Moslemee-Jalalvand, Bakhtiari F. Ursolic Acid Mediates Hepatic Protection through Enhancing of anti-aging Biomarkers. Curr Aging Sci. 2018;11(1):16-23.

Bakhtiari N, Hosseinkhani S, Soleimani M, Hemmati R, Noori-Zadeh A, Javan M, Tashakor A. Short-term ursolic acid promotes skeletal muscle rejuvenation through enhancing of SIRT1 expression and satellite cells proliferation. Biomed Pharmacother. 2016 Mar;78:185-196.

Bahrami SA, Bakhtiari N. Ursolic acid regulates aging process through enhancing of metabolic sensor proteins level. Biomed Pharmacother. 2016 Aug;82:8-14.

Croft KD, Yamashita Y, O’Donoghue H, Shirasaya D, Ward NC, Ashida H, Screening plant derived dietary phenolic compounds for bioactivity related to cardiovascular disease. Fitoterapia. 2018 Apr; 126():22-28.
Ebert SM, Al-Zougbi A, Bodine SC, Adams CM. Skeletal Muscle Atrophy: Discovery of Mechanisms and Potential Therapies, Physiology. 2019 Jun 5; 34(4): 232-239
Jäger S, Trojan H, Kopp T, Laszczyk MN, Scheffler A, Pentacyclic triterpene distribution in various plants – rich sources for a new group of multi-potent plant extracts. Molecules. 2009 Jun 4; 14(6):2016-31.
Jung SH, Ha YJ, Shim EK, Choi SY, Jin JL, Yun-Choi HS, Lee JR, Insulin-mimetic and insulin-sensitizing activities of a pentacyclic triterpenoid insulin receptor activator. Biochem J. 2007 Apr 15; 403(2):243-50.
Katashima CK, Silva VR, Gomes TL, Pichard C, Pimentel GD, Ursolic acid and mechanisms of actions on adipose and muscle tissue: a systematic review. Obes Rev. 2017 Jun; 18(6):700-711.
Kunkel SD, Suneja M, Ebert SM, Bongers KS, Fox DK, Malmberg SE, Alipour F, Shields RK, Adams CM, mRNA expression signatures of human skeletal muscle atrophy identify a natural compound that increases muscle mass. Cell Metab. 2011 Jun 8; 13(6):627-38.
Mancha-Ramirez AM, Slaga TJ, Ursolic Acid and Chronic Disease: An Overview of UA’s Effects On Prevention and Treatment of Obesity and Cancer. Adv Exp Med Biol. 2016; 928():75-96.
Ramírez-Rodríguez AM, González-Ortiz M, Martínez-Abundis E, Acuña Ortega N, Effect of Ursolic Acid on Metabolic Syndrome, Insulin Sensitivity, and Inflammation. J Med Food. 2017 Sep; 20(9):882-886.
Seo DY, Lee SR, Heo JW, No MH, Rhee BD, Ko KS, Kwak HB, Han J. Korean, Ursolic acid in health and disease. J Physiol Pharmacol. 2018 May; 22(3):235-248.
Woźniak Ł, Skąpska S, Marszałek K. Ursolic acid—a pentacyclic triterpenoid with a wide spectrum of pharmacological activities. Molecules. 2015;20:20614–20641.
En savoir plus »
3 Commentaires

La Withaférine A augmenterait la sensibilité à la leptine contre l’obésité

ashwagandhaUne faible dose d’une substance retrouvée dans l’Ashwagandha permettrait aux personnes en surpoids de retrouver plus facilement la ligne. C’est ce que soupçonnent les chercheurs de la Harvard Medical School. Dans leur étude sur les animaux, des souris engraissées qui ont reçu de la Withaférine A ont perdu un quart de leur poids en 3 semaines.

L’étude sur la Whitaférine A

Les chercheurs ont réalisé des expériences avec des souris qui étaient devenues obèses parce que les chercheurs leur avaient donné un régime alimentaire hypercalorique. Ces derniers ont injecté de la Withaférine A directement dans l’intestin grêle d’une partie des animaux testés.

Résultats de l’expérience sur l’animal

L’administration de la Withaférine A a permis de réduire le poids corporel des souris [en bas à gauche]. Cela s’explique principalement par le fait que ce composant extrait de l’Ashwagandha a permis aux animaux de manger moins [en bas à droite].

withaferine-ashwagandha-leptine

withaferine-a-ashwagandha-faim

La Withaférine-A a permis de réduire la masse grasse. Bien que les souris du groupe Withaférine A aient perdu du poids, leur masse maigre est restée intacte. L’administration de la Withaférine A a normalisé la concentration de leptine dans le sang des animaux testés.

ashwagandha-leptine

Les chercheurs ont répété des expériences avec des souris minces ayant un taux de leptine normal. Chez elles, la Withaférine A n’a eu aucun effet sur le poids et la composition corporelle. Les chercheurs ont également répété leurs tests avec des souris ob/ob qui ne produisent pas de leptine en raison d’une erreur génétique. Ils ont également répété l’étude avec des souris db/db ayant un récepteur de leptine défectueux. Ces deux types de souris mangent beaucoup et deviennent grosses. Chez ces animaux, la Withaférine A n’avait pratiquement aucun effet.

Sensibilité à la leptine

L’organisme fabrique davantage de leptine lorsque les réserves de graisse augmentent. Ce phénomène réduit l’appétit. Lorsque les réserves de graisse diminuent, la production de leptine diminue et l’appétit augmente à nouveau. Cependant, si vous mangez trop pendant une longue période, ce mécanisme est perturbé. Le corps devient “sourd” à la leptine. Les chercheurs pensent qu’une supplémentation en Withaférine A augmente la sensibilité à la leptine.

leptine-perte-de-poids

Conclusion

“Plus de deux décennies se sont écoulées depuis la découverte historique de la leptine par Friedman et ses collègues mais aucun traitement viable de l’obésité centré sur la leptine n’a été mis au point à ce jour”, écrivent les chercheurs. “Peu après les premières publications sur la leptine, il a été suggéré que l’obésité est une condition de résistance à la leptine”.

“Au cours des vingt dernières années, les espoirs d’un traitement de l’obésité axé sur la leptine ont progressivement diminué car de nombreuses tentatives de re-sensibilisation du cerveau des personnes obèses à la leptine endogène ont échoué. Ces efforts infructueux pour augmenter la sensibilité à la leptine et utiliser l’état hyperleptinémique de l’obésité pour traiter la maladie ont également contribué de manière substantielle au débat sur l’existence ou non d’une résistance à la leptine”.

Le traitement de souris obèses et hyperleptinémiques nourries par un régime alimentaire riche en graisses avec de la Withaférine A a entraîné une forte réduction de la consommation alimentaire ainsi que du poids corporel. Ces deux changements dépendent des niveaux élevés de leptine en circulation. Comme les niveaux de leptine diminuent progressivement au cours de la période de traitement, l’effet de la Withaférine A diminue également progressivement. De plus, aucun changement induit par la Withaférine A dans la consommation alimentaire ou dans le poids corporel n’a été observé chez les souris maigres, qui ont de faibles niveaux de leptine en circulation”.

“Les extraits de Withania somnifera contenant également de la Withaférine A sont utilisés par les humains depuis des siècles, et le système de la leptine est fortement préservé chez les mammifères, y compris les souris et les humains. Compte tenu de toutes ces informations, nous pensons que l’utilisation de la Withaférine A pour le traitement de l’obésité chez l’homme est très prometteuse pour l’avenir”.

Source de l’article: Withaferin-A counteracts obesity by increasing leptin sensitivity

Source Ergo-log: Nat Med. 2016 Sep;22(9):1023-32.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

 

En savoir plus »
Aucun commentaire

Les tubercules de souchet comestible et votre testostérone

souchet-tiger-nutsDans notre partie de l’hémisphère, les pêcheurs sportifs utilisent les tubercules de souchet comme appâts. Mais si vous allez plus au sud, ces souchets font partie de l’alimentation quotidienne des habitants. Des chercheurs jordaniens écrivent dans BMC Complementary and Alternative Medicine que les souchets peuvent doubler le niveau de concentration de testostérone chez le rongeur.

Les tubercules de souchet

Les tubercules de souchet (Tiger nuts en anglais) sont également connues sous le nom d’amandes de terre. Ce ne sont pas vraiment des noix mais des nodules de la plante Cyperus esculentus. Les nodules sont comestibles. Ils ont un goût de noisette et, selon la médecine traditionnelle de l’Inde et du monde arabe, ils améliorent la libido. Les chercheurs de l’Université jordanienne des sciences et technologies ont réalisé une étude animale pour déterminer si les noix de souchet avaient un effet prosexuel. Leur hypothèse était que les souchets augmentent la concentration de testostérone dans l’organisme.

L’étude sur l’animal

Les chercheurs ont divisé les rats mâles en deux groupes : Un groupe de comportement sexuel très intense et un autre groupe au comportement sexuel modéré. Certains des animaux de chaque groupe ont reçu des noix de tigre séchées à manger tous les jours pendant 30 jours.

Les résultats de l’étude sur les Tiger nuts

Parmi les rats modérément actifs sexuellement au début de l’expérience, une dose de 2 g de poudre de souchet séchée par kg de poids corporel et par jour a élevé leur testostérone de 225 % au bout de 30 jours.

C: Groupe Placebo T: Tiger nuts

tiger-nuts-testosterone

La poudre de noix de tigre a également augmenté le taux de testostérone chez les rats ayant une forte activité sexuelle. Certains des animaux ont reçu 1 g de poudre de souchet séché par kilo de poids corporel chaque jour [T1]. D’autres ont reçu le double de cette quantité [T2].

testosterone-tiger-nuts

L’équivalent humain des doses testées dans l’expérience serait d’environ 11 à 22 g de poudre de noix de tigre par jour pour un homme pesant environ 80 kg.

Le processus et les composants impliqués

Les souchets contiennent des quantités relativement élevées de zinc, de quercétine et de vitamine C et E. Les chercheurs pensent que ces substances sont responsables des effets qui ont été mesurés. Nous nous demandons si c’est vraiment le cas, mais peu importe…

tiger-nuts-testosterone

Conclusion sur le souchet et la testostérone

“La présente étude soutient l’hypothèse selon laquelle les tubercules de Cyperus esculentus ont une activité aphrodisiaque, améliorant la libido et les performances sexuelles des hommes”, ont écrit les chercheurs. “L’augmentation du comportement copulatoire après l’administration de souchet pourrait être partiellement attribué à l’augmentation des niveaux de testostérone sérique chez les rats mâles”.

“De futures investigations sont justifiées pour confirmer ces effets du souchet chez l’homme.”

Source de l’article: Tiger nuts double testosterone levels

Source Ergo-log: BMC Complement Altern Med. 2015; 15: 331.

N’oubliez pas de vous abonner à la newsletter afin de mieux vous aider à développer votre culture physique !

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Un supplément de Schisandra maintiendrait la masse musculaire avec l’âge

baies-aux-5-saveurs

Image graines-baumeaux.fr

Revenons cette fois-ci sur un sujet plus sérieux pour ce 650ème article, en espérant qu’il attire autant de lecteurs que ceux qui le sont moins. Il est lié à des végétaux (et à leurs fruits) que vous ne connaissez sans doute pas encore. Il s’agit des fruits du Schisandra chinensis, un végétal assez peu connu en Europe. Son intérêt, en tant qu’ergogène pourrait s’avérer particulièrement intéressant, surtout si vous levez de la fonte et que vous n’êtes plus si jeune…

Eric Mallet

———————————

Les inventeurs d’Anafuse de Vital Alchemy, d’Infrared Energy par ATP Science ou d’autres compléments alimentaires réservés à la musculation qui contiennent du Schisandra auraient peut-être raison. Des extraits des baies de Schisandra chinensis, une plante qui pousse dans le nord-est du continent asiatique, pourraient en effet stimuler la croissance musculaire par le biais de diverses voies cellulaires bien connues. Les chercheurs en pharmacologie de l’université de Gachon en Corée du Sud tirent cette conclusion des expériences qu’ils ont menées sur des souris.

anafuse-supplement-alchemy

L’étude sur le Schisandra chinensis

Les chercheurs coréens ont divisé leurs souris de laboratoire de 16 mois en deux groupes. Pendant 4 mois, les chercheurs ont donné une alimentation standard à la moitié des souris [Con]. L’autre moitié des aliments a été enrichie avec un extrait d’alcool fait maison à partir du fruit du Schisandra chinensis [SFe].

Résultat de l’étude scientifique sur l’extrait de fruit

Entre leur seizième [16M] et leur vingtième mois de vie [20M], les souris du groupe Con ont grossi. De plus, elles ont perdu de la masse musculaire. Cela ne s’est pas produit dans le groupe SFe. La supplémentation en Schisandra chinensis a permis de conserver leur composition corporelle intacte.

schisandra-chinensis-anabolisant

schisandra-chinensis

Après 4 mois, les chercheurs ont comparé le tissu musculaire des rats du groupe témoin avec celui du groupe expérimental. Ils ont constaté que Schisandra chinensis augmentait la concentration de protéines anabolisantes MyoD, Myf5, MyoG et MRF4.

Ces protéines de signalisation stimulent les cellules souches dans le tissu musculaire afin qu’elles se développent en cellules musculaires matures. De la sorte, les fibres musculaires restent intactes ou se développent. Dans le même temps, l’extrait a réduit la production et la concentration de protéines cataboliques telles que la myostatine [MSTN], MuRF-1 et atrogin-1.

schisandra-myostatine

Conclusion

“La supplémentation alimentaire d’extraits de Schisandra chinensis à des souris âgées […] a entraîné une augmentation de la masse musculaire […] grâce à une meilleure régénération des muscles et à une réduction de leur dégradation chez les souris âgées”, écrivent les Coréens. “Nous suggérons que l’extrait de Schisandra chinensis ou des composants extraits de Schisandra chinensis peuvent être des nutraceutiques potentiels pour un vieillissement sain”.

Les souris ne sont bien sûr pas des humains. Mais l’équivalent humain de la dose que les Coréens ont donnée à leurs animaux de laboratoire n’était pas extrême : 800-950 milligrammes par jour. Le gouvernement sud-coréen a payé pour l’étude.

Source de l’article: Study: supplementation with schisandra maintains your muscle mass as you age

Source Ergo-log: Evid Based Complement Alternat Med. 2019;2019:5642149.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire