L’apigénine, l’anabolisant naturel du persil

L’apigénine est un flavonoïde naturellement retrouvé dans le persil, le céleri, la camomille et les agrumes. L’apigénine présenterait un effet anabolisant, comme l’ont découvert des chercheurs du Korea Food Research Institute. Détail intéressant à connaitre, l’équivalent humain de la dose que les chercheurs ont administrée à leurs souris de laboratoire est relativement faible.

L’apigénine, un flavonoïde assez peu connu des athlètes ou des sédentaires

La formule structurelle de l’apigénine est très similaire à celle de molécules antioxydantes comme la quercétine, le kaempférol et la lutéoline. Pourtant, l’apigénine a des effets différents sur l’organisme par rapport à ces derniers. Lorsque les chercheurs Coréens ont examiné l’apigénine, l’hespérétine, le kaempférol, la lutéoline, la myricétine et la quercétine pour rechercher d’éventuelles qualités anaboliques au moyen d’un test in vitro visant à déterminer les propriétés anaboliques possibles, seule l’apigénine a semblé être un candidat prometteur.

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Le dosage utilisé par les chercheurs

Les chercheurs ont ajouté l’apigénine à l’alimentation de deux groupes de souris mâles C57BL/6. Un groupe a reçu une faible dose, [Api-L] un autre groupe une forte dose [Api-H]. Un troisième groupe de souris a reçu une alimentation standard, sans ajouts [NOR]. L’équivalent humain des doses testées était d’environ 20 et 40 milligrammes par jour.

Un test d’endurance réalisé après 7 semaines

Sept semaine après le début de l’étude, les chercheurs ont fait courir les souris sur des tapis jusqu’à l’épuisement. Les animaux qui avaient pris ce flavonoïde ont réalisé de meilleures performances que les souris du groupe de contrôle.

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Les effets de l’antioxydant sur la masse musculaire

Les quadriceps des souris qui avaient reçu l’apigénine était significativement plus massives que celles des souris du groupe de contrôle. Au plus la dose était forte, au plus la masse musculaire était importante.

Les chercheurs ont également examiné la masse musculaire du tibial antérieur, du gastrocnémien et du triceps. L’administration de la molécule n’a pas modifié la masse de ces groupes musculaires.

Le mécanisme par lequel la stimulation serait opérée

L’apigénine augmenterait la production des protéines contractiles du muscle [MHC], les hormones anaboliques IGF-1 et IGF-2 ainsi que les PGC-1-alpha, un corégulateur de transcription qui stimule les cellules afin qu’elles produisent davantage de mitochondries.

 

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Après des recherches in vitro sur des cellules musculaires C2C12, les chercheurs coréens ont pu établir le tableau ci-dessous. L’apigénine, selon les Coréens, a déclenché des voies anaboliques en activant l’enzyme protéine arginine méthyltransférase-7 [Prmt7].

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Conclusion

“Nous avons constaté que l’apigénine augmentait le poids du muscle quadriceps chez les souris et qu’elle améliorait leur distance de course sur un tapis roulant en accélération”, comme l’ont résumé les chercheurs. “Ces événements sont imputables à la régulation à la hausse de la voie de signalisation Prmt7-PGC-1-alpha-GPR56“. “Nous avons également constaté que l’apigénine induisait la différenciation myogénique en régulant Prmt7-p38-myoD et la voie Akt-S6K1 dans les cellules C2C12.”

“Ces résultats suggèrent que l’apigénine pourrait être utilisée comme aliment fonctionnel pour prévenir la perte musculaire et améliorer la fonction musculaire. (…) Des études supplémentaires sur l’effet de l’apigénine sur les muscle de souris âgées sont nécessaires pour mieux comprendre l’effet protecteur de l’apigénine sur la sarcopénie.”

Source de l’article: Apigenin, a natural anabolic compound in parsley

Source Ergo-log: Oncotarget. 2017 Sep 16;8(45):78300-11.

Note EM: Tout ceci est très intéressant mais une question essentielle se pose: qu’en est-il exactement de la quantité de persil nécessaire afin d’obtenir une quantité significative d’apigénine ? Les rédacteurs d’Ergo-log nous parlent de 20 à 40 mg de la source alimentaire mais aucune indication précise n’est donnée sur la biodisponibilité de cet antioxydant. La réponse n’est pas donnée sur l’article d’Oncotarget puisque les quantités de flavones données aux souris sont bien évidemment rapportées à leur propre régime alimentaire: “mice were permitted ad libitum access to either a standard diet or a standard diet containing 0.2% apigenin (Api-L) or 0.4% apigenin (Api-H) for 7 weeks.“. J’ai donc mené ma petite enquête afin d’obtenir plus d’informations sur ce point. Un autre article publié dans Annals of Metabolism Nutrition m’a donné des indications plus précises sur la biodisponibilité du flavone en question. Celui varie de 0,22% à 0,16% dans le pire des cas mais d’autres détails nous éclairent un peu plus: “Only few studies gave indication on the average dietary intake. In men participating in the ATBC Study in Finland (n = 25,041), a mean daily intake of 10 mg flavonols and flavones (quercetin, kaempferol, myricetin, luteolin and apigenin) was estimated and apigenin comprised 0.5% of the total [4]. In Hungarian children (n = 521) and adults (n = 204), average apigenin intake was estimated to be 0.57 +- 0.71 and 0.85 +- 0.87 mg/day, respectively [5].” D’autre part, la quantité de persil donnée aux sujets dans cette étude correspond à 2 g/kilo de poids de corps afin de déterminer la biodisponibilité du flavone; une valeur bien supérieure à celle qui est avancée par Ergo-log.

Toujours est-il que ces informations nous indiquent, comme souvent avec les antioxydants de la famille des flavones, que leur biodisponibilité s’avère particulièrement basse mais qu’elle reste significative sur le plan métabolique. Pour ma part, je ne connais aucune marque de complément alimentaires à part chez Swanson, qui propose un complément isolé d’apigénine. Cependant, la remarque des rédacteurs d’Oncotarget sur les résultats similaires en termes de contexte de lutte contre la sarcopénie (ou pour les musclés bien informés) obtenus avec la tomatidine et l’acide ursolique (mais par d’autres voies métaboliques et/ou similaires) s’avère particulièrement pertinente et utile à rappeler: “Previous studies using connectivity maps have identified ursolic acid and tomatidine as small molecule inhibitors of skeletal muscle atrophy“. Inutile de vous dire que ce genre de cocktail végétal pourrait s’avérer probant sur le plan métabolique mais aussi, a priori, particulièrement couteux à produire.

Finalement, tout ceci s’avère particulièrement intéressant et je vous retrouverai avec plaisir pour le prochain article afin que nous puissions à nouveau développer notre culture physique !

Eric Mallet

 

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CinDura, l’arme secrète du nouveau Cell-Tech :-)

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Nouvelles promesses ou nouvelles illusions ?

A en croire une entreprise indienne du nom de Laila Nutriceuticals, CinDura est une association brevetée de deux extraits végétaux, de mangoustan (Garcinia mangostana) d’une part et de Cinnamomum tomala (tamālapattram (तमालपत्त्रम्) en sanskrit: littéralement, les feuilles de l’arbre noir) d’autre part, une variété de cannelle. Cela dit, j’ai bien peur que Muscletech et Cell-Tech nous refassent le coup du produit miracle. A vrai dire, le ton quelque peu sarcastique des rédacteurs d’Ergo-log s’avère finalement assez rassurant. Si ce CinDura ne risque pas de mettre fin au dopage un jour, il n’en reste pas moins vrai que nous sommes sans doute ici devant un ergogène qui vaut son pesant de cacahuètes et qui viendra s’ajouter à l’arsenal déjà bien pourvu des athlètes naturels du bodybuilding. Concernant la nouvelle formule miracle de Muscletech, j’émettrai cependant des réserves en fin d’article traduit.

Eric Mallet

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Si nous pouvons croire que les employés de Laila Pharmacaeuticals sont sans aucun doute honnêtes, les bodybuilders et autres athlètes de force pourraient gagner quelques kilos de masse musculaire, perdre de la masse grasse et devenir plus forts s’ils prennent seulement 800 milligrammes d’un extrait de plante nommé CinDura chaque jour. Ainsi, il n’y a sans doute rien d’étonnant qu’un fabricant de suppléments comme Muscletech et leur Cell-Tech utilise CinDura pour reformuler leur nouvelle version incontestablement fantastique de Cell-Tech série Next Gen.

CinDura, un extrait de deux végétaux brevetés et associés au nouveau Cell-Tech de Muscletech

Les salons attenants aux grandes compétitions comme l’Arnold Classic ou l’Olympia sont souvent l’occasion pour les marques de présenter de nouveau produits et autres compléments alimentaires. C’est au cours de l’Olympia 2018 que Muscletech présenta la dernière version de son désormais bien connu Cell-Tech dont la formule bénéficie désormais d’un nouveau composant sous brevet. Cell-Tech Next Gen contient désormais (Note EM: Du moins pour la version américaine), en plus de la créatine, des BCAA, de la bétaïne et de l’acide phosphatidique, CinDura, une combinaison d’extraits des fruits de la Garcinia mangostana et des feuilles du Cinnamomum tamala. Le dosage journalier recommandé de CinDura serait de 800 mg.

Selon les sites Web du secteur des suppléments, Cell-Tech a acquis le droit exclusif sur CinDura. Et si même la moitié des allégations sur CinDura sont correctes, nous pouvons alors parfaitement comprendre pourquoi les gens de Muscletech souhaite garder ce composant pour eux. Ce produit rendra certainement les stéroïdes anabolisants obsolètes, non… Vous voulez parier ?

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CinDura est un produit de Laila Nutraceuticals, une entreprise basée en Inde. Selon Laila, Cindura devrait augmenter la production d’oxyde nitrique.

L’étude scientifique

Les membres de l’équipe de Laila ont publié une étude impliquant 38 sujets âgés de 18 à 39 ans dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition. Les sujets de l’étude s’entrainaient en anaérobie depuis au moins 6 mois.  Les chercheurs ont donné à la moitié des sujets 800 milligrammes de CinDura pendant 6 semaines et un placebo à l’autre moitié.

Résultats de l’étude sur CinDura

La force maximale (1RM) des sujets du groupe expérimental a augmenté considérablement par rapport au groupe placebo.

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Sur la même période de temps, la supplémentation avec CinDura aura également amélioré la composition corporelle. Dans le groupe de contrôle, la masse grasse et la masse musculaire maigre vont demeurer pratiquement les mêmes alors qu’elles baisseront et augmenteront respectivement dans le groupe qui avait pris CinDura.

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CinDura n’a pas eu d’effets sur l’IGF-1 et le niveau de testostérone des sujets.

Conclusion

“La présente étude a démontré que la supplémentation en Garcinia mangostana et en Cinnamomum tamala, en association avec un entraînement de résistance permet d’augmenter la force musculaire (…) et la croissance (…) chez de jeunes athlètes mâles entraînés.” comme l’ont résumé les chercheurs. “Cette étude indique également que les sujets ont bien toléré la supplémentation en Garcinia mangostana et en Cinnamomum tamala.”

“De futures études devraient être menées afin d’explorer les mécanismes moléculaires sous-jacents responsables des activités anaboliques du Garcinia mangostana et du Cinnamomum tamala. De plus, il serait intéressant d’évaluer si les suppléments de mangoustan et de cannelle tamala peuvent améliorer les fonctions musculaires et les performances physiques chez les hommes âgés et des jeunes hommes non entraînés aux activités physiques anaérobiques.”

Source de l’article: CinDura, Cell-Tech’s secret weapon

Source Ergo-log: Journal of the International Society of Sports Nutrition 2018 15:50.

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Note EM: Je voulais simplement revenir sur le nouveau Cell-Tech miraculeux de Muscletech (lien donné en début d’article). Disons que la tentative d’amélioration de leur produit est intéressante, du moins si l’on met les considérations de retombées financières de côté car il serait difficile (ou innocent) de ne pas voir les choses en face. Le dosage de créatine est un peu élevé (10g pour 2 doses), ce qui laisse penser qu’il passera difficilement au dessus de la psychose franco-européenne sur cette molécule. La formule sera donc sans doute revisitée pour l’Europe. Si l’apport de ce CinDura est pour l’instant difficile à estimer sur le terrain (à supposer que vous puissiez supporter ce breuvage pendant 6 semaines), une autre molécule dont je vous reparlerai bientôt est à prendre en compte. Il s’agit tout simplement de l’acide phosphatidique, là aussi sous brevet (Mediator). L’apport pour cette molécule est ici trop faible pour être vraiment significatif par rapport aux études menées sur cet acide gras.

Sinon, je m’étonne encore (enfin, plus vraiment…) de la présence des BCAA puisque dans un contexte de pré-entraînement, il sera toujours plus simple de métaboliser des glucides et du glycogène que de dégrader des acides aminés isolés. L’idéal et l’exception sera encore Peptopro puisque la totalité des acides aminés essentiels sont présents, avec une quantité significative de peptides. A part ceci, l’apport de Taurine est significatif, celui de l’acide alpha lipoïque l’est un peu moins. Ajouter 3 grammes de bétaïne est un plus appréciable mais dans l’ensemble, nous sommes encore loin d’un révolution…

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La laxogénine réduirait le pourcentage de graisse, l’hydroxy-laxogénine augmenterait la masse musculaire

smilax-laxogeninePour les athlètes de force qui veulent réduire leur pourcentage de masse grasse, la laxogénine pourrait être un complément intéressant. S’ils veulent augmenter leur masse musculaire, ils seraient plus avisés de prendre de la 5-alpha-hydroxy-laxogénine. Ce constat serait suggéré par les résultats préliminaires d’une étude humaine, publiée par l’expert néerlandais Jan de Heij sur son site 5-alfa-hydroxylaxogenine.com.

La laxogénine et la 5-hydroxy-laxogénine

La laxogénine et la 5-alpha-hydroxy-laxogénine sont des substances de type stéroïde présentes dans les plantes de la famille Smilax, tels que le Smilax sieboldii. “Des suppléments à base de Smilax étaient déjà disponibles dans les années 1980”, nous explique De Heij. “Mais à cette époque, les entreprises n’étaient pas encore en mesure d’extraire des substances spécifiques du végétal. Mais c’est parfaitement possible maintenant.”

De Heij a réussi à mettre la main sur des extraits hautement purifiés. Les effets de ces substances étant peu connus, il a décidé d’étudier lui-même ces extraits végétaux et de publier les résultats sur le Web. “Ce projet n’est pas encore terminé”, souligne Jan de Heij. “Il s’agit des premiers résultats, nous n’en sommes qu’aux préliminaires.”

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L’expérience scientifique

Pour ses recherches, De Heij a coopéré avec une salle de musculation hollandaise. De Heij a fourni des suppléments contenant des capsules ou rien du tout, ou 24 milligrammes de laxogénine ou 22 milligrammes de 5-alpha-hydroxy-laxogénine. Les athlètes de force expérimentés qui souhaitaient participer à l’étude ont pris 2 capsules par jour pendant 4 semaines. L’étude était réalisées en double aveugle. Les athlètes ne connaissaient pas ce qu’ils utilisaient, pas plus que la personne qui leur avait distribué.

Les résultats de l’étude sur la laxogénine

La force maximale a augmenté dans tous les groupes mais les sujets qui avaient pris la 5-alpha-hydroxy-laxogénine ont fait mieux que les deux autres groupes.

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Le volume musculaire a également augmenté dans tous les groupes de test comme vous pouvez le voir ci-dessus. [Omtrek bovenarm = circonférence de la partie supérieure du bras.] Encore une fois, l’augmentation semblait être la plus grande chez les sujets qui avaient pris de la 5-alpha-hydroxy-laxogénine.

Le pourcentage de graisse a diminué dans le groupe laxogénine seulement. [Vetpercentage = pourcentage de graisse]. Effectivement, dans les deux autres groupes, le pourcentage de graisse est resté plus ou moins stable.

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Conclusion

Les données récoltées par Jan De Heij sont encore brutes. Les calculs statistiques, qui indiquent si les associations sont significatives, n’ont pas encore été réalisées. Néanmoins, ils suggèrent que la laxogénine présente un effet différent de celui de la 5-alpha-hydroxy-laxogénine. La laxogénine se présenterait comme un supplément de perte de graisse tandis que la 5-alpha-hydroxy-laxogénine semble avoir un effet anabolisant.

Pour obtenir plus d’informations sur Jan de Heij, vous pourriez vous rendre sur le creanite.com. C’est en néerlandais mais vous pourriez éventuellement utiliser des outils de traduction automatique.

Source de l’article: Laxogenin reduces fat percentage, hydroxy-laxogenin increases muscle mass

Source Ergo-log: 5-alfa-hydroxylaxogenine.com.

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Akahori A., Yasuda F., Laxogenin, a new steroidal sapogenin isolated from Smilax sielboldi Miq., Yakugaku Zasshi. 1963 May;83:557-8.

Kubo S, Mimaki Y, Sashida Y, Nikaido T, Ohmoto T. Steroidal saponins from the rhizomes of Smilax sieboldii, Phytochemistry. 1992 Jul;31(7):2445-50.

Okanishi T, Akahori A, Yasuda F. Studies on the steroidal components of domestic plants. (…), Chem Pharm Bull (Tokyo). 1965 May;13(5):545-50.

Tian LW, Zhang Z, Long HL, Zhang YJ. Steroidal Saponins from the Genus Smilax and Their Biological Activities. Nat Prod Bioprospect. 2017 Aug; 7(4):283-298.

Wang Q, Xu J, Liu X, Gong W, Zhang C. Synthesis of brassinosteroids analogue from laxogenin and their plant growth promotion,Nat Prod Res. 2015;29(2):149-57.

 

 

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Ashwagandha, vue d’ensemble sur un Rasayana (dynamisant) de l’Ayurveda

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Image Le Jardin des Médicinales

Si j’apprécie de vous traduire quelques articles d’Ergo-log qui me paraissent intéressants, cela me permet surtout de retranscrire en français une information scientifique qui mérite d’être lue. Cependant, il est toujours plus agréable de travailler directement avec les articles que par un intermédiaire parce que souvent trop résumé, avec parfois un manque de détails et de recul évident. Ce premier article directement traduit et commenté sera suivi par d’autres, comme je vous l’avez annoncé précédemment. Ici, il s’agit d’un article qui résume les expériences cliniques réalisées sur l’Ashwagandha. Entre autres, il s’agit là de mon domaine préféré de la nutrition, celui de l’Ayurveda, la science plusieurs fois millénaire de l’Inde. Rien n’est plus impressionnant que de lire les centaines de pages des codex de l’Ayurveda décrire des dizaines de végétaux et de plantes à une époque où en Europe, régnait encore les guerres et l’obscurantisme religieux (pléonasme évident). Aujourd’hui, la recherche scientifique commence à peine à explorer le domaine immense couvert par cette science plurimillénaire pour en retirer quelques bribes de savoir. Cet article sur l’Ashwagandha sera suivi ensuite par un autre article sur le Terminalia ajurna, un végétal déjà moins connu que le premier. Il y en a bien d’autres, c’est un euphémisme mais je n’aurais pas assez de toute une vie pour vous en faire des articles. L’article original sera traduit partiellement, mes notes apparaissent en bleu.

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An Overview on Ashwagandha: A Rasayana (Rejuvenator) of Ayurveda

Auteurs: Narendra Singh, Mohit Bhalla, Prashanti de Jager, Marlena Gilca

Ashwagandha-feuillesL’Ashwagandha (Withania somnifera, famille des Solanaceae) est communément appelé “cerisier indien d’hiver” ou “Ginseng indien”. C’est l’un des végétaux les plus importants de l’Ayurveda (le système traditionnel de médecine en Inde) utilisé depuis des millénaires en tant que Rasayana pour ses nombreux bienfaits sur la santé. Rasayana est un terme qui fait référence à une préparation à base de plantes ou de métaux (oligoéléments et éléments trace comme l’or, l’argent… qui présenteraient une activité supposée mais mal connue dans l’organisme. C’est sur ce principe que l’on se baserait pour expliquer les effets du Shilajit..) qui favoriserait un état de santé physique et mentale jeune et augmenterait le bien-être. Ces types de remèdes sont donnés aux enfants en bas âge comme toniques en Inde, et sont également pris par les personnes d’âge moyen et les personnes âgées afin d’augmenter la longévité. Parmi les herbes ayurvédiques de Rasayana, l’Ashwagandha occupe la place la plus importante. Il est connu sous le nom de “Sattvic Kapha Rasayana” Herb (Changhadi, 1938). La plupart des plantes Rasayana seraient des agents adaptogènes et/ou anti-stress.

L’Ashwagandha est généralement disponible sous forme de churna, une poudre fine et tamisée qui peut être mélangée avec de l’eau, du ghee (beurre clarifié) ou du miel. Il améliorerait le fonctionnement du cerveau, du système nerveux et de la mémoire. Il améliorerait les fonctions du système reproducteur tout en favorisant un équilibre sexuel et reproductif sain. Étant un puissant adaptogène, il améliorerait la résilience du corps au stress. L’Ashwagandha améliorerait la défense de l’organisme contre la maladie en améliorant l’immunité à médiation cellulaire. Il possèderait également de puissantes propriétés antioxydantes qui aident à protéger contre les dommages cellulaires causés par les radicaux libres.

Composition chimique de l’Ashwagandha

withanolide ALes constituants chimiques biologiquement actifs du Withania somnifera sont des alcaloïdes (isopelletierine, anaferine, cuseohygrine, anahygrine, etc.), des lactones stéroïdiens (withanolides, withaférines) et des saponines (Mishra, 2000 et al., 2000). Les sitoindosides et acylstérylglucosides présents dans l’Ashwagandha seraient des agents anti-stress. Les principes actifs de l’Ashwagandha, comme par exemple les sitoindosides VII-X et Withaférine A, ont révélés une activité anti-stress significative contre des modèles aigus de stress expérimental (Bhattacharya et al., 1987). Bon nombre de ses constituants favorisent les actions immunomodulatrices (Ghosal et al., 1989). Les parties aériennes du Withania somnifera contiennent du 5-déhydroxy withanolide-R et de l’omniférine-A (Atta-ur-Rahman et al., 1991).

Utilisation traditionnelle de l’Ashwagandha

ashwagandha-feuilles-grainesL’Ayurveda, la médecine traditionnelle pratiquée en Inde, remonte à 6000 ans avant JC (Charak Samhita, 1949). Pendant ces 6000 ans, l’Ashwagandha a été utilisé comme Rasayana. La racine d’Ashwagandha est considérée comme tonique, aphrodisiaque, narcotique, diurétique, vermifuge, astringente, thermogénique et stimulante. La racine sentirait le cheval (“ashwa“), c’est pourquoi on l’appelle Ashwagandha. Sa consommation donnerait la puissance d’un cheval. Il est communément utilisé en cas d’émaciation des enfants (avec du lait, il serait le meilleur tonique pour les enfants), de débilité liée au vieillissement, de rhumatismes, troubles de vata, leucodermie, constipation, insomnie, dépression nerveuse, goitre, etc. (Sharma, 1999). Une pâte formée avec des racines écrasées avec de l’eau serait appliquée pour réduire l’inflammation au niveau des articulations (Bhandari, 1970). Il est également posé localement sur les anthrax, les ulcères et les gonflements douloureux (Kritikar et Basu, 1935). La racine en combinaison avec d’autres substances est prescrite contre le venin de serpent et la piqûre du scorpion. Il aiderait également contre la leucorrhée, les furoncles, les boutons, les coliques flatulentes, les vers et les hémorroïdes (Misra, 2004). L’Ashwagandha Nagori serait la meilleure variété d’Ashwagandha. Le maximum d’avantages apparaît lorsque de la poudre d’Ashwagandha fraîche est utilisée (Singh, 1983).

Les feuilles sont amères, elles sont recommandées en cas de fièvre et de gonflement douloureux. Les fleurs sont astringentes, dépuratives, diurétiques et aphrodisiaques. Les graines sont anthelminthiques et combinées à de l’astringent et du sel gemme, éliminent les taches blanches de la cornée. L’Ashwagandharishta est préparé à partir de cette substance. Il est utilisé dans les cas d’hystérie, d’anxiété, de perte de mémoire, de syncope, etc. Il agirait également comme stimulant et augmenterait le nombre de spermatozoïdes (Sharma, 1938).

Les études scientifiques sur les effets adaptogènes et anti-stress de l’Ashwagandha

Ashwagandha-feuillesL’Aswagandha est souvent comparé à l’Eleutherococcus senticosus (Ginseng sibérien) et le Panax Ginseng (Ginseng coréen/chinois) pour ses propriétés adaptogènes. Il est donc connu sous le nom de Ginseng indien (Singh et al., 2010). Les études approfondies sur le modèle biologique des animaux concernant les propriétés adaptogènes et anti-stress de l’Ashwagandha (Abbas et Singh, 2006; Kalsi et al., 1987; Singh et al., 1976, 1977, 1981, 1982, 1993a, 1993b, 2003 (Singh, 1995a, 1995b, 2006, 2008) ont montré qu’il était efficace pour augmenter l’endurance physique et prévenir l’ulcère gastrique induit par le stress, l’hépatotoxicité et la mortalité induites par le tétrachlorure de carbone (CCl4). L’Ashwagandha présente une activité anti-stress similaire chez le rat (Archana & Namasivayam, 1999) Une suspension aqueuse de racines d’Ashwagandha a été utilisée à raison de 100 mg/kg par dose orale. Les résultats indiquent une augmentation significative du taux plasmatique de corticostérone, de l’indice phagocytaire et de stress chez les rats prétraités avec la substance végétale. Ces paramètres étaient proches des valeurs témoins alors qu’une augmentation de la durée de la nage a été observée (voir ci-dessous). Ces résultats indiquent que le Withania somnifera utilisé sous forme brute serait un puissant agent anti-stress. Les résultats de ces études étayent l’hypothèse des effets toniques, vitalisants et régénérateurs prêtés à l’Ayurveda qui indiquent l’utilisation clinique du Withania somnifera dans la prévention et le traitement de nombreuses maladies induites par le stress comme l’artériosclérose, le vieillissement prématuré, l’arthrite, le diabète, l’hypertension… (Singh 1986, 2005; Singh et Misra, 1993).

Les effets de l’Ashwagandha sur les performances physiques en natation

ashwagandha-complement-alimentaireL’Ashwagandha a démontré qu’il permettait d’augmenter les performances en natation chez les rats (temps de nage pendant les tests d’endurance physique). Les propriétés anti-stress de l”Ashwagandha ont été étudiées en utilisant des rats adultes avec un test de résistance à l’endurance. Les animaux traités avec l’Ashwagandha ont montré une augmentation significative de la durée du temps de nage par rapport au contrôle. Le groupe témoin de souris a nagé pendant une durée moyenne de 385 minutes, tandis que les animaux traités avec la substance végétale ont continué à nager pendant une durée moyenne de 740 minutes. Ainsi, le temps de natation a été à peu près doublé après le traitement par Withania somnifera.

Effets sur le taux de cortisol et d’acide ascorbique des surrénales

La teneur en cortisol des glandes surrénales était significativement réduite chez les animaux soumis à une nage constante de 5 heures par rapport au groupe non nageur. Un prétraitement avec l’Ashwagandha a empêché la réduction de la teneur en cortisol des glandes surrénales. La teneur en acide ascorbique était également réduite de manière significative après 5 heures de nage par rapport au groupe non nageur. Le prétraitement avec le végétal a empêché la réduction de la teneur en acide ascorbique qui se produit après le stress de la natation. Ainsi, le traitement par Withania somnifera prévient la diminution du cortisol surrénal et de l’acide ascorbique due au stress de la natation. (…)

Les effets anabolisants de l’Ashwagandha

Une augmentation significative du poids de corps du groupe traité avec l’Ashwagandha comparé à un groupe de contrôle sur une période de 3 mois chez des rats a été observée. (…)

Les effets sur le système nerveux central et la cognition par l’Ashwagandha

Comme cité plus haut, l’Ashwagandha est un Rasayana ayurvédique bien connu. Il appartient à un sous-groupe de Rasayanas appelé Medhya Rasayana (ainsi que le Bacopa monieri, bien évidemment). Medhya se réfère généralement à l’esprit et à la capacité mentale/intellectuelle. Ainsi, les Medhya Rasayana comme l’Ashwagandha, sont utilisés pour promouvoir l’intellect et la mémoire. L’effet de Medhya Rasayana favorisant la cognition serait plus visible chez les enfants présentant des déficits de mémoire, ou lorsque la mémoire est compromise à la suite d’un traumatisme crânien, d’une maladie prolongée ou d’un âge avancé (Singh et Udupa., 1993).

Les effets mimétiques du GABA de l’Ashwagandha sur la neurodégénération et son potentiel neurorégénératif

GABA

Le GABA en 3D !

Des expériences comportementales ont rendu compte de l’activité GABA-mimétique d’un extrait de racines d’Ashwagandha. La neurodégénérescence GABAergique due à l’excitotoxicité induite par les neuroleptiques et au stress oxydatif est l’un des mécanismes étiopathologiques de la physiopathologie de la dyskinésie tardive (Gunne et al., 1993). L’effet bénéfique de l’extrait de racine d’Ashwagandha pourrait être dû à son activité mimétique du GABA. L’ashwagandha, ses constituants et les métabolites de ses constituants ont favorisé la croissance des nerfs après 7 jours de traitement.

Une étude intrigante a démontré que l’administration orale chronique de withanoside IV atténuait les pertes axonales, dendritiques, synaptiques et les déficits de mémoire induits par le peptide amyloïde Aβ (25-35) chez la souris (Kuboyama et al, 2006). Après administration orale chez la souris, le withanoside IV a été métabolisé en sominone, ce qui avait induit une récupération marquée au niveau des neurites et des synapses, ainsi qu’une croissance et une synaptogenèse axonales et dendritiques. Ces effets ont été maintenus pendant au moins 7 jours après l’arrêt de l’administration du withanoside IV. Ces données suggèrent que le withanoside IV et son métabolite, la sominone, pourraient avoir une utilité clinique en tant que médicaments anti-démence.

Une autre équipe a découvert qu’un extrait au méthanol d’Ashwagandha (5 mg/ml) augmentait significativement le pourcentage de cellules présentant des neurites dans les cellules SK-N-SH du neuroblastome humain. L’effet de l’extrait dépendait de la dose et du temps. Les taux d’ARNm des marqueurs dendritiques MAP2 et PSD-95 par RT-PCR se sont révélés nettement accrus par un traitement avec l’extrait. L’immunocytochimie a démontré l’expression spécifique de MAP2 dans les neurites étendus par l’extrait. Ces résultats suggèrent que l’extrait au méthanol d’Ashwagandha favorise la formation de dendrites (Kulkarni et al., 1993).

L’effet anxiolytique du végétal ayurvédique

L’Ashwagandha a induit un effet anxiolytique apaisant comparable à celui du Lorazépam dans les trois tests standard d’anxiété: le labyrinthe, l’interaction sociale et la latence alimentaire dans un environnement inconnu. En outre, à la fois l’Ashwagandha et le Lorazépam ont réduit les marqueurs de l’anxiété clinique, lorsque les taux étaient augmentés après l’administration d’un agent anxiogène, le pentylènetétrazole.

L’Ashwagandha présentait également un effet antidépresseur, comparable à celui induit par l’imipramine, dans deux tests standards, les tests de «désespoir comportemental» induits par la nage forcée et les tests d’«impuissance acquise». Les investigations confirment l’utilisation de l’Ashwagandha comme stabilisateur de l’humeur dans des conditions cliniques d’anxiété et de dépression. (Abdel-Magied et al., 2001)

L’effet de l’Ashwagandha sur les niveaux d’énergie et la santé mitochondriale

ribosome-35s-transcription-ARNL’effet de l’Ashwagandha sur la synthèse des glycosaminoglycanes dans le tissu de granulation du granulome d’une poche d’air induit par la carragénine a été étudié. L’Ashwagandha exerce un effet inhibiteur significatif sur l’incorporation du ribosome 35S dans le tissu de granulation (Pour simplifier: pré-transcription de l’ARN (ribosome 35S) et consommation d’énergie, voir schéma. Donc, ici, le WS inhibe la pré-transcription). L’effet découplant sur la phosphorylation oxydative (réduction du rapport ADP/O) a également été observé dans les mitochondries du tissu de granulation. En outre, l’activité d’ATPase dépendante de Mg2+ s’est avérée être influencée par l’Ashwagandha. L’extrait végétal a également réduit l’activité enzymatique de la succinate déshydrogénase dans les mitochondries du tissu de granulation (Begum & Sadique, 1987).

L’effet anti-inflammatoire de la Withaférine

La withaférine A et le 3-b-hydroxy-2,3-dihydrowithanolide F isolés à partir du Withania somnifera présenteraient des propriétés antibactériennes, antitumorales, immunomodulatrices et anti-inflammatoires prometteuses (Budhiraja et Sudhir, 1987). (…)

Discussion et conclusion des auteurs

Les données scientifiques disponibles soutiennent la conclusion que l’Ashwagandha est un véritable tonique régénérateur puissant (Rasayana), en raison de ses nombreuses actions pharmacologiques, anti-stress, neuroprotecteur, antitumoral, anti-arthritique, analgésique et anti-inflammatoire. (…) Ainsi, les résultats donnés ci-dessus indiquent clairement que l’utilisation traditionnelle de l’Ashwagandha repose sur une base logique et scientifique. Des études cliniques à grande échelle seront nécessaires pour prouver l’efficacité clinique de cette plante, en particulier pour les maladies liées au stress, les troubles neuronaux et les cancers.

Quant à moi, je vous retrouve rapidement sur le blog pour vous parler d’autres ergogènes végétaux très peu connus chez nous. Ensuite, viendra la suite des articles “Comprendre la croissance musculaire”.

Eric Mallet

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Références bibliographiques

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Quelques lectures intéressantes sur l’Ayurveda

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C. P. Khare, Chandra Kant Katiyar, The Modern Ayurveda: Milestones Beyond the Classical Age, CRC Press, Boca Raton, 2012

Leung Ping-chung, From Ayurveda To Chinese Medicine, World Scientific, Singapore, 2017

Luisella Verotta, Maria Pia Macchi, Padma Venkatasubramanian, Connecting Indian Wisdom and Western Science: Plant Usage for Nutrition and Health, CRC Press, Boca Raton, 2015
Vasant Lad, Ayurveda: The Science of Self-healing : a Practical Guide, Motilal Banarsidass Publishe, Twin lakes, 2002
Frank John Ninivaggi, An Elementary Textbook of Ayurveda: Medicine with a Six Thousand Year Old Tradition, Psychosocial Press, Yale University School of Medicine, 2001
Dagmar Wujastyk, Frederick M. Smith, Modern and Global Ayurveda: Pluralism and Paradigms, SUNY Press, New York, 2013
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