Un extrait de cannelle pourrait-il vous aider à gagner de la masse musculaire ?

cannelle Pourriez-vous gagner plus d’un kilo de muscle sur 4 mois en prenant un extrait de cannelle, même sans exercice ? C’est précisément ce que les chercheurs français de l’INSERM avaient publié dans PLoS One en 2015. Note EM: Précisons que l’étude en question a été réalisée sur des pré-diabétiques.

L’étude scientifique sur un extrait de cannelle

Les chercheurs ont mené une expérience sur 52 sujets, tous sur le point de développer un diabète de type 2. Ils avaient tous besoin de perdre de la graisse corporelle et leur taux de glucose était également élevé. Ils avaient vraiment besoin de changer leur mode de vie, mais ils n’étaient pas prêts à le faire. Ils ont cependant accepté de prendre quelques capsules par jour.

Les chercheurs ont administré un placebo à la moitié des sujets tous les jours pendant quatre mois. L’autre moitié a reçu deux capsules de Glycabiane, un produit fabriqué par la société française PiLeJe, tous les jours à l’heure du déjeuner.

Les sujets du groupe expérimental ont consommé environ 460 mg d’extrait de Cinnamomum cassia, 200 mg de carnosine et 20 mg de chlorure de chrome par jour. L’extrait de Cinnamomum cassia est le composant le plus important de Glycabiane. Il contient des oligomères de proanthocyanidines A. Le Cinnamomum cassia, comme d’autres variétés de cannelle, contient des substances qui rendent le récepteur de l’insuline plus sensible et incitent les cellules musculaires à absorber plus de glucose par le sang.

Le groupe PiLeJe a financé l’étude. Trois employés de PiLeJe ont également participé à l’étude.

Les résultats obtenus

Les sujets qui prenaient l’extrait de cannelle avaient une concentration de glucose dans le sang inférieure le matin – un signe positif. Au moins il y a de glucose dans le sang tôt le matin, au plus vos cellules sont sensibles à l’insuline. Et moins vous seriez susceptible de développer un diabète de type 2.

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Dans le même temps, les sujets qui avaient pris le supplément de cannelle avaient également accumulé plus d’un kilogramme de masse maigre, qui était probablement composé essentiellement de muscle. La quantité de masse musculaire accumulée par les sujets du groupe expérimental augmentait avec la sensibilité de leurs cellules à l’insuline. Le tableau ci-dessous nous montre la relation entre l’augmentation de la masse maigre et l’augmentation de la sensibilité à l’insuline [QUICKI].

 

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Conclusion

“En conclusion, un traitement de 4 mois avec un complément alimentaire contenant de la cannelle, du chrome et de la carnosine a diminué la glycémie à jeun et augmenté la masse maigre chez les sujets pré-diabétiques en surpoids ou obèses”, ont résumé les chercheurs. “La question de savoir si le complément alimentaire testé dans cette étude peut prévenir le risque de diabète de type 2 et de complications connexes reste à déterminer. Des études à plus large échelle avec des durées de traitement et de suivi plus longues sur des paramètres cliniques devront être effectuées. (…) Des doses plus élevées d’extrait de cannelle, de même que d’autres variétés de cannelle devraient aussi être testées.”

Source de l’article: Cinnamon extract supplement boosts muscle mass

Source Ergo-log: PLoS One. 2015 Sep 25;10(9):e0138646.

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Existe t-il un rapport entre le Ginkgo biloba et l’obésité ?

ginkgo-biloba-feuillesLes personnes obèses qui ne seraient pas disposées à faire plus d’exercice ou à manger plus sainement pourraient peut-être commencer par prendre du Ginkgo biloba. Cela pourrait les aider à éviter que leur surcharge pondérale finissent par créer des problèmes réels de santé et à réduire leurs risques de développer un diabète ou d’autres maladies. Les nutritionnistes brésiliens de l’Université Féderale de Sao Paulo parviennent à cette conclusion dans une étude animale publiée dans le Brasilian Journal of Medical and Biological Research.

Le Gingko biloba et l’insuline

Selon une étude publiée en 2012 dans Biomedical Research Int., le Ginkgo biloba réduirait le taux de sucre sanguin de rats diabétiques et pourrait améliorer la libération d’insuline chez l’homme, lui aussi diabétique. Conscients de cela, les chercheurs brésiliens ont avancé l’hypothèse selon laquelle ce végétal, qui améliorerait théoriquement le travail de l’insuline, pourrait aider les muscles à absorber plus de glucose. En conséquence, le Ginkgo pourrait protéger les personnes obèses, qui mangent tellement qu’elles risquent de développer un diabète de type 2, contre la maladie.

L’étude effectuée sur l’animal

Les chercheurs ont engraissé un groupe de rats pendant huit semaines avec un aliment riche en calories [HFD]. Un groupe témoin a reçu une alimentation standard [NFD]. La moitié des rats HFD a reçu 500 mg d’extrait de Ginkgo par kilo de poids corporel [Gb] par jour. L’autre moitié a reçu un liquide ne contenant aucun ingrédient actif [V].

Les résultats de l’étude sur les rats

Les rats du groupe HFD ont pris plus de poids que ceux du groupe NFD alors que la supplémentation en Ginkgo a inhibé l’augmentation de leurs réserves de graisse. Cela était dû en partie au fait que les rats de ce groupe mangeaient moins. Et lorsque vous remarquez que la supplémentation en Ginkgo réduit également le taux de sucre sanguin des animaux, vous réalisez aussi que l’histoire a d’autres chapitres à vous faire lire…

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Le graphique ci-dessous nous indique de quoi il s’agit. Les graphiques montrent le fonctionnement du récepteur de l’insuline dans les cellules musculaires du muscle gastrocnémien. Une supplémentation en Ginkgo avec de l’insuline [barre noire] – ou sans insuline [barre blanche] – a stimulé l’activité de la molécule signal anabolisante Akt qui est stimulée par l’insuline.

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Conclusion

“Compte tenu du fait que la plupart des personnes obèses adhèrent peu souvent à un programme de rééducation nutritionnelle, le traitement par le Ginkgo biloba pourrait s’avérer très utile pour éviter le développement de comorbidités chez ces patients”, écrivent les chercheurs.

“Ces résultats suggèrent que le Ginkgo biloba représenterait un traitement efficace pour prévenir et/ou traiter l’insuffisance de la signalisation causée par l’insuline induite par l’obésité. Ils justifient des études supplémentaires afin de mieux comprendre les mécanismes complexes impliqués dans les effets hypoglycémiants du Ginkgo biloba.

Source de l’article: Ginkgo keeps incorrigible fatties healthy

Source Ergo-log: Braz J Med Biol Res. 2014 Sep;47(9):780-8.

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Le thé vert aurait de meilleurs effets sur un estomac vide

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Image sciencedaily.com

Si vous buvez du thé vert ou si prenez des gélules contenant un extrait de thé vert en estimant qu’il contribue à une meilleure santé, faites-le plutôt sur un estomac vide. Des nutritionnistes australiens nous donnent ce conseil bien intentionné dans un article de Antioxydants. Les Australiens ont découvert que le corps n’absorbe pas l’EGCG – la principale substance bio-active du thé vert – aussi bien en combinaison avec de la nourriture.

L’étude australienne sur le thé vert

the-vert-egcg-antioxydantsLes chercheurs ont administré 500 mg d’EGCG [formule structurelle à gauche] à 4 sujets en bonne santé à 3 occasions différentes. Ils ont utilisé Teavigo, fabriqué par DSM.

À une occasion, les sujets ont pris leur EGCG sous forme de gélules le matin à jeun (gélule sans petit-déjeuner). À une autre occasion, ils ont pris les capsules avec des cornflakes et du lait [capsule avec petit-déjeuner]. Et à une autre occasion encore, les chercheurs ont mélangé l’EGCG dans un shake contenant des fraises, du sucre et du lactosérum [Strawberry sorbet], que les sujets ont bu au petit-déjeuner.

Résultats de l’étude sur le thé l’estomac vide ou non

Une fois que les sujets ont pris leurs gélules d’antioxydants, les chercheurs ont surveillé le taux d’EGCG sanguin des sujets pendant huit heures. Les chercheurs leurs ont donné un déjeuner pendant cette période. Les Australiens ont découvert que le taux d’EGCG dans le sang des sujets était trois à quatre fois plus élevé lorsque les sujets avaient consommé l’extrait de thé vert à jeun, par rapport aux autres conditions.

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Quelques explications…

Avec l’arrivée des aliments, l’estomac produit de l’acide pour digérer la nourriture. Une fois que la nourriture entre dans l’intestin grêle, le pancréas neutralise l’acide avec du bicarbonate. Selon une étude de 2001, c’est à ce moment-là qu’une grande partie de l’EGCG serait perdu*.

Conclusion sur le thé vert et les EGCG avec l’estomac vide

“En conclusion, l’absorption systémique était considérablement plus élevée pour l’EGCG pris en gélules sans nourriture après un jeûne nocturne qu’il ne l’était lorsqu’il était pris en gélules avec un petit-déjeuner léger ou inséré dans un sorbet à la fraise”, ont résumé les chercheurs. “Par conséquent, sur la base de ces résultats, l’ingestion d’EGCG avec de l’eau sur un estomac vide serait la méthode la plus appropriée pour une administration orale lors de futurs essais cliniques où l’EGCG doit être étudié en tant que nutraceutique bio-actif potentiel chez l’homme.”

Source de l’article: Green tea healthier and more effective on empty stomach

Source Ergo-log: Antioxidants 2015, 4, 373-393.

* Ian R. Record, Joanne M. Lane, Simulated intestinal digestion of green and black teas, Food Chemistry, Volume 73, Issue 4, June 2001

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

 

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Des ecdystéroïdes modifiés présenteraient des effets anabolisants augmentés

Peut-être est-il possible que les ecdystéroïdes – un groupe d’hormones stéroïdes anabolisantes d’origine végétale que vous pouvez acheter en tant que complément alimentaire – devraient figurer sur une liste des substances dopantes. C’est ce que des biochimistes allemands écrivaient il y a trois ans. Aujourd’hui, cela n’est pas encore le cas. Mais si les ecdystéroïdes modifiés que des chimistes hongrois ont découverts sont mis sur le marché, cela pourrait changer. En tubes à essai, les effets anabolisants de certains de ces ecdystéroïdes sont trois fois plus importants que ceux des ecdystéroïdes classiques.

Les ecdystéroïdes

Il s’agit de molécules à structure stéroïde présentes dans certains végétaux comme les épinards ou le quinoa. Le plus connu d’entre-eux est l’ecdystérone. Durant des études sur animaux, l’ecdystérone avait augmenté la masse musculaire, stimulé la croissance du cartilage d’articulations et amélioré la qualité de la peau.

La poststérone, un dérivé de l’ecdystérone

Des chimistes hongrois, associés à l’Université de Szeged, ont signalé en 2015 que la poststérone, une version structurellement plus courte de l’ecdystérone, présentait un effet anabolisant plus important en éprouvettes que l’ecdystérone. [J Nat Prod. 23 oct. 2015; 78 (10): 2339-45.] La poststérone est présente en petites quantités dans presque toutes les plantes contenant de l’ecdystérone et pourrait donc se retrouver dans l’organisme lors de la conversion de l’ecdystérone.

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Des ecdystéroïdes synthétiques

Cela devrait être effectivement le cas, pensaient les Hongrois. Et ainsi, dans leur laboratoire, ils ont commencé à modifier des ecdystéroïdes – dans l’idée d’obtenir de meilleurs résultats que la poststérone. Et, comme ils l’écrivent dans un article paru dans Biorganic Chemistry, ils ont effectivement réussi.

Ils ont trouvé 8 ecdystéroïdes modifiés qui étaient plus anabolisants que l’ecdystérone. Les ecstystéroïdes activent la molécule de signalisation de l’anabolisme Akt (Note EM: on parle de la phosphorylation d’Akt ou de son activation). Les chercheurs ont même mis à jour 3 molécules étant trois fois plus fortes que l’ecdystérone [composants 11, 12 et 16].

 

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Pour autant que nous le savons, la plupart des molécules synthétisées par les chercheurs hongrois ne sont pas présentes dans la nature. Elles n’ont jamais été décrites ni répertoriées.

Conclusion

Il y a fort à parier qu’une entreprise décide d’associer ces molécules à un nouveau supplément et de le mettre sur le marché. Mais est-ce que nous pouvons toujours considérer ces ecdystéroïdes comme des substances naturelles ? Est-ce que nous pouvons admettre qu’elles se retrouvent dans un complément ? N’y aurait-il pas justement de trop grandes similitudes avec la définition même du dopage ?

Source de l’article: Modified ecdysteroides with more anabolic effects

Source Ergo-log: Bioorg Chem. 2018 Oct 31;82:405-13.

Note: Dopage ou pas dopage, la question commence à se poser au sujet de ces ecdystéroïdes modifiés en laboratoire… Molécules manipulées à partir de la molécule originale et présente dans certains végétaux, il me parait difficile de parler encore d’ergogènes naturels.

C’est un peu le même sujet qui s’était posé avant l’interdiction des prohormones vers la fin des années 1990 où les fabricants prétextaient que les prohormones étaient naturellement synthétisées dans l’organisme (ce qui était vrai pour la plupart des variantes de l’androsténédione et de l’androsténédiol). Mais entre ce qui est naturellement présent dans la nature ou ce qui est ajouté en quantité tellement importante qu’on ne la retrouve jamais dans un organisme sain, c’est précisément entre ces termes que la définition du dopage peut varier. Disons que si une molécule naturellement présente dans la nature est manipulée, il n’est plus possible de parler d’ergogènes naturels (comme le sont la créatine ou l’acide ursolique) mais bien d’une volonté d’obtenir un effet dopant. De toute évidence, ajoutons qu’une large majorité de substances pharmaceutiques sont elles aussi dérivées de molécules naturelles. Pour ma part, je relaie l’information, ensuite, chacun en pensera ce qui lui convient.

Eric Mallet

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Références bibliographiques

  • Csábi J. et al., Oxidized Metabolites of 20-Hydroxyecdysone and Their Activity on Skeletal Muscle Cells: Preparation of a Pair of Desmotropes with Opposite Bioactivities, J Nat Prod. 2015 Oct 23;78(10):2339-45.
  • Issaadi HM. et al., Side-chain cleaved phytoecdysteroid metabolites as activators of protein kinase B., Bioorg Chem. 2018 Oct 31;82:405-413.
  • Kumpun S. et al., The metabolism of 20-hydroxyecdysone in mice: relevance to pharmacological effects and gene switch applications of ecdysteroids, J Steroid Biochem Mol Biol. 2011 Aug;126(1-2):1-9.
  • Bâthori M, Toth N, Hunyadi A, Mârki A, Zador E. (2008). Phytoecdysteroids and anabolic-androgenic steroids – Structure and effects on Humans, Current Médicinal Chemistry 75:75-91.
  • Chermnykh NS, Shimanovsky NL, Shutko GV, Syrov VN. 1988. Effects of methandrostenolone and ecdysterone on physical endurance of animais and protein metabolism in the skeletal muscle, Farmakologiya i Toksikologiya6 57-62.
  • Foucault AS, Mathé V, Lafont R, Even P, Dioh W, Veillet S, Tomé D, Huneau D, Hermier D, Quignard-Boulangé A. 2012. Quinoa extract enriched in 20- hydroxyeedysone protects mice from diet-induced obesity and modulâtes adipokines expression, Obesity 20:270-277.
  • Foucault AS, , Dioh W, Lafont R, Veillet S, Tomé D, Quignard-Boulangé A, , Clément K, Rizkalla S. 2014. 20-Hydroxyecdysone increases android fat mass loss with no significant effect on muscle mass loss during a weight loss program in obèse and overweight subjects, ICFSR 2014 International Conférence of Frailty and Sarcopenia Research, Barcelone, 12-14/03/2014.
  • Gorelick-Feldman J, MacLean D, llic N, Poulev A, Lila MA, Raskin I. 2008. Phytoecdysteroids increase protein synthesis in skeletal muscle cells, J. Agric. Food Chem. 56: 3532-3537.

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Petit rappel – simplifié – en image sur la voie Pi3K/AKT/mTOR

 

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L’apigénine, l’anabolisant naturel du persil

L’apigénine est un flavonoïde naturellement retrouvé dans le persil, le céleri, la camomille et les agrumes. L’apigénine présenterait un effet anabolisant, comme l’ont découvert des chercheurs du Korea Food Research Institute. Détail intéressant à connaitre, l’équivalent humain de la dose que les chercheurs ont administrée à leurs souris de laboratoire est relativement faible.

L’apigénine, un flavonoïde assez peu connu des athlètes ou des sédentaires

La formule structurelle de l’apigénine est très similaire à celle de molécules antioxydantes comme la quercétine, le kaempférol et la lutéoline. Pourtant, l’apigénine a des effets différents sur l’organisme par rapport à ces derniers. Lorsque les chercheurs Coréens ont examiné l’apigénine, l’hespérétine, le kaempférol, la lutéoline, la myricétine et la quercétine pour rechercher d’éventuelles qualités anaboliques au moyen d’un test in vitro visant à déterminer les propriétés anaboliques possibles, seule l’apigénine a semblé être un candidat prometteur.

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Le dosage utilisé par les chercheurs

Les chercheurs ont ajouté l’apigénine à l’alimentation de deux groupes de souris mâles C57BL/6. Un groupe a reçu une faible dose, [Api-L] un autre groupe une forte dose [Api-H]. Un troisième groupe de souris a reçu une alimentation standard, sans ajouts [NOR]. L’équivalent humain des doses testées était d’environ 20 et 40 milligrammes par jour.

Un test d’endurance réalisé après 7 semaines

Sept semaine après le début de l’étude, les chercheurs ont fait courir les souris sur des tapis jusqu’à l’épuisement. Les animaux qui avaient pris ce flavonoïde ont réalisé de meilleures performances que les souris du groupe de contrôle.

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Les effets de l’antioxydant sur la masse musculaire

Les quadriceps des souris qui avaient reçu l’apigénine était significativement plus massives que celles des souris du groupe de contrôle. Au plus la dose était forte, au plus la masse musculaire était importante.

Les chercheurs ont également examiné la masse musculaire du tibial antérieur, du gastrocnémien et du triceps. L’administration de la molécule n’a pas modifié la masse de ces groupes musculaires.

Le mécanisme par lequel la stimulation serait opérée

L’apigénine augmenterait la production des protéines contractiles du muscle [MHC], les hormones anaboliques IGF-1 et IGF-2 ainsi que les PGC-1-alpha, un corégulateur de transcription qui stimule les cellules afin qu’elles produisent davantage de mitochondries.

 

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Après des recherches in vitro sur des cellules musculaires C2C12, les chercheurs coréens ont pu établir le tableau ci-dessous. L’apigénine, selon les Coréens, a déclenché des voies anaboliques en activant l’enzyme protéine arginine méthyltransférase-7 [Prmt7].

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Conclusion

“Nous avons constaté que l’apigénine augmentait le poids du muscle quadriceps chez les souris et qu’elle améliorait leur distance de course sur un tapis roulant en accélération”, comme l’ont résumé les chercheurs. “Ces événements sont imputables à la régulation à la hausse de la voie de signalisation Prmt7-PGC-1-alpha-GPR56”. “Nous avons également constaté que l’apigénine induisait la différenciation myogénique en régulant Prmt7-p38-myoD et la voie Akt-S6K1 dans les cellules C2C12.”

“Ces résultats suggèrent que l’apigénine pourrait être utilisée comme aliment fonctionnel pour prévenir la perte musculaire et améliorer la fonction musculaire. (…) Des études supplémentaires sur l’effet de l’apigénine sur les muscle de souris âgées sont nécessaires pour mieux comprendre l’effet protecteur de l’apigénine sur la sarcopénie.”

Source de l’article: Apigenin, a natural anabolic compound in parsley

Source Ergo-log: Oncotarget. 2017 Sep 16;8(45):78300-11.

Note EM: Tout ceci est très intéressant mais une question essentielle se pose: qu’en est-il exactement de la quantité de persil nécessaire afin d’obtenir une quantité significative d’apigénine ? Les rédacteurs d’Ergo-log nous parlent de 20 à 40 mg de la source alimentaire mais aucune indication précise n’est donnée sur la biodisponibilité de cet antioxydant. La réponse n’est pas donnée sur l’article d’Oncotarget puisque les quantités de flavones données aux souris sont bien évidemment rapportées à leur propre régime alimentaire: “mice were permitted ad libitum access to either a standard diet or a standard diet containing 0.2% apigenin (Api-L) or 0.4% apigenin (Api-H) for 7 weeks.“. J’ai donc mené ma petite enquête afin d’obtenir plus d’informations sur ce point. Un autre article publié dans Annals of Metabolism Nutrition m’a donné des indications plus précises sur la biodisponibilité du flavone en question. Celui varie de 0,22% à 0,16% dans le pire des cas mais d’autres détails nous éclairent un peu plus: “Only few studies gave indication on the average dietary intake. In men participating in the ATBC Study in Finland (n = 25,041), a mean daily intake of 10 mg flavonols and flavones (quercetin, kaempferol, myricetin, luteolin and apigenin) was estimated and apigenin comprised 0.5% of the total [4]. In Hungarian children (n = 521) and adults (n = 204), average apigenin intake was estimated to be 0.57 +- 0.71 and 0.85 +- 0.87 mg/day, respectively [5].” D’autre part, la quantité de persil donnée aux sujets dans cette étude correspond à 2 g/kilo de poids de corps afin de déterminer la biodisponibilité du flavone; une valeur bien supérieure à celle qui est avancée par Ergo-log.

Toujours est-il que ces informations nous indiquent, comme souvent avec les antioxydants de la famille des flavones, que leur biodisponibilité s’avère particulièrement basse mais qu’elle reste significative sur le plan métabolique. Pour ma part, je ne connais aucune marque de complément alimentaires à part chez Swanson, qui propose un complément isolé d’apigénine. Cependant, la remarque des rédacteurs d’Oncotarget sur les résultats similaires en termes de contexte de lutte contre la sarcopénie (ou pour les musclés bien informés) obtenus avec la tomatidine et l’acide ursolique (mais par d’autres voies métaboliques et/ou similaires) s’avère particulièrement pertinente et utile à rappeler: “Previous studies using connectivity maps have identified ursolic acid and tomatidine as small molecule inhibitors of skeletal muscle atrophy“. Inutile de vous dire que ce genre de cocktail végétal pourrait s’avérer probant sur le plan métabolique mais aussi, a priori, particulièrement couteux à produire.

Finalement, tout ceci s’avère particulièrement intéressant et je vous retrouverai avec plaisir pour le prochain article afin que nous puissions à nouveau développer notre culture physique !

Eric Mallet

 

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