Vivre plus longtemps grâce aux acides gras mono-insaturés ?

huile-olive-mono-insatureSi vous voulez que votre séjour sur cette planète dure le plus longtemps possible, vous feriez bien de consommer le plus de graisses possible à partir d’huile d’olive, d’avocats et de noix. Ces produits seraient les meilleures sources d’acides gras mono-insaturés. Selon une étude épidémiologique de longévité réalisée en 2005, un apport élevé en ces acides gras prolonge la durée de vie.

L’étude dont nous parlons a été publiée dans Experimental Gerontology. Des chercheurs de l’Université de Bari ont suivi 278 Italiens en bonne santé âgés de 65 à 84 ans, du début des années 1990 au début du XXIe siècle. Au cours de cette période, ils ont essayé de déterminer les habitudes alimentaires qui réduisent les risques de mortalité.

Les résultats donnent à réfléchir. Les protéines, les glucides, les fibres, les ” mauvais ” acides gras saturés [SFA] – rien de tout cela n’a eu d’effet sur la mortalité. Les chercheurs n’ont trouvé que deux facteurs qui ont eu un effet : l’apport en acides gras mono-insaturés [MUFA] et le rapport acides gras insaturés : acides gras saturés [UFA/SFA].

Les acides gras mono-insaturés favoriseraient la longévité des sujets de l’étude

Le second n’était pas fortement significatif, le premier était plus convaincant. Donc les Italiens vivaient plus longtemps lorsqu’ils consommaient des acides gras plus insaturés. A priori, il serait plus facile d’optimiser votre équilibre en supprimant les produits prêts à l’emploi de votre alimentation : leur composition en acides gras est malsaine. La graisse de viande et celle du lait seraient moins risquées. Bien qu’ils contiennent de grandes quantités d’acides gras saturés, ils contiennent aussi de grandes quantités d’acides gras mono-insaturés. Mais les sources végétales de matières grasses comme les noix, les olives et les graines présenteraient la meilleure composition en acides gras.

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L’étude italienne confirme les conclusions des études animales sur la relation entre la composition en acides gras et l’espérance de vie. En 2011, des chercheurs de l’Université de médecine vétérinaire d’Autriche ont publié les résultats d’une telle étude. {J Comp Physiol B. 2011 Feb ; 181(2) : 289-98} Le chiffre reproduit ci-dessous provient de cette étude.

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L’étude autrichienne a également montré qu’une alimentation riche en acides gras polyinsaturés n-3 ou n-6 n’avait pratiquement aucun effet sur la durée de vie des souris. Ce qui a eu un effet, c’est la concentration d’acides gras mono-insaturés dans les membranes cellulaires.

Source de l’article: Live longer with monounsaturated fatty acids

Source Ergo-log: Exp Gerontol. 2005 Apr;40(4):335-43.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Voici pourquoi l’huile d’olive pourrait vous aider à vivre plus longtemps

huile-oliveJe profite de cet article pour revenir sur l’huile d’olive, et sur une molécule que vous avez sans doute déjà croisé dans vos boissons énergétiques, c’est à dire l’oleuropéine. Dimanche, je vous proposerai un premier article de statistiques sur le marché des compléments alimentaires mais à présent, je vous laisse avec l’article d’Ergo-log.

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Si vous utilisez de l’huile d’olive pour cuisiner – plutôt de l’huile extra vierge – celle-ci pourrait prolonger votre espérance de vie. C’est du moins la conclusion que nous pourrions tirer après avoir lu l’article que des scientifiques espagnols ont publié dans Cell Cycle. Selon les chercheurs, l’huile d’olive extra vierge contient des polyphénols qui retardent le processus de vieillissement et réduisent les risques de maladies liées à l’âge, dont le cancer.

Des polyphénols sécoiridoïdes

Les substances que les chercheurs ont à l’esprit sont appelées polyphénols sécoiridoïdes. Les deux polyphénols sécoiridoïdes qui intéressent le plus les chercheurs sont présentés ci-dessous. A gauche : l’oleuropéine, à droite : le décarboxyméthyl-oleuropéine. Les chercheurs pensent que ce sont ces substances qui permettent à l’huile d’olive de réduire le risque de cancer [FASEB J. Janvier 2007 ; 21(1):45-52.] et d’augmenter l’espérance de vie des rats de laboratoire.

oleuropeine

huile-olive-longeviteDans le cadre de la Bioactive Food Component Platform financée par leur gouvernement, des chercheurs espagnols ont étudié au niveau moléculaire l’effet des extraits d’huile d’olive qui contiennent de fortes concentrations de ces polyphénols sécoiridoïdes. ils ont découvert que ces substances activent l’enzyme AMPK dans les cellules. [Comme montré ici : p-AMPK = AMPK actif.] Note EM: Plus simplement p-AMPK: AMPK phosphorylé.

L’AMPK est habituellement activée par le jeûne ou l’exercice physique à long terme. Les cellules activent leur réparation et se régénèrent lorsque l’AMPK devient active. C’est une des raisons pour lesquelles les sportifs viveraient plus longtemps en faisant de l’exercice. Ainsi, les chercheurs pensent que les polyphénols sécoiridoïdes de l’huile d’olive présentent le même effet que le jeûne et l’exercice.

Repousser les processus du vieillissement

Dans leur article, les chercheurs décrivent des expériences réalisées avec des fibroblastes diploïdes humains [PD] où ils ont utilisé un test de coloration sur des cellules vieillissantes. Ils ont remarqué que celles qui ne fonctionnaient plus de manière optimale devenaient bleues. Il n’y avait aucune coloration lorsque les cellules ont été exposées à l’extrait d’olive EVOOO-PE-7. Les substances contenues dans cet extrait sont représentées ci-dessous.

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Les mécanismes cellulaires impliqués

Depuis leurs expériences, les chercheurs ont conclu que les phénols contenus dans l’huile d’olive stimulent non seulement l’enzyme AMPK mais qu’ils désactivent également le commutateur moléculaire mTOR.

mTOR joue non seulement un rôle clé dans les processus anabolisants des cellules musculaires mais aussi dans le vieillissement et le cancer. En effet, mTOR est très actif dans de nombreuses cellules cancéreuses. C’est pourquoi les polyphénols sécoiridoïdes de l’huile d’olive pourraient non seulement retarder les processus de vieillissement mais aussi inhiber le cancer. Les chercheurs espagnols y croient.

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Source de l’article: Why olive oil can help us live longer

Source Ergo-log: Cell Cycle. 2013 Feb 15;12(4):555-78.

Note EM: Il s’agit ici d’insister et de faire la distinction entre la protéine enzymatique mTOR entraînant une cascade de réactions anabolisantes aboutissant sur la synthèse des protéines et le cancer. Entre les processus normaux de la croissance cellulaire et la croissance chaotique des cellules cancéreuses, il serait très hasardeux de faire des rapports directs. De même, les études cliniques ont démontré que l’activation de mTOR dans le cadre du cancer était stimulé par la voie de l’insuline et donc, par une consommation excessive et chronique de sucres et de calories, menant à l’obésité. Mais cela ne veut pas dire non plus que les obèses développent systématiquement un cancer. Toujours est-il que le risque cancéreux n’a rien à voir avec mTOR stimulé par une prise de protéine et de Leucine (acide aminé insulinogène) chez un individu sain. Cela n’a encore jamais été démontré.

Eric Mallet

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Le butyrate protègerait les muscles contre le vieillissement

butyrateSi vous voulez prévenir le vieillissement de votre masse musculaire, pensez d’abord à l’entraînement de musculation et à un régime contenant suffisamment de protéines. En second lieu, vous pourriez penser à la concentration de butyrate dans le sang. C’est un élément de preuve obtenu à partir d’une étude sur l’animal réalisée par les biologistes américains de l’Université du Texas ont publié en 2015 dans Aging Cell.

L’étude scientifique sur le butyrate

Les chercheurs ont donné à un groupe de souris, depuis leur 16ème mois (un âge moyen pour une souris de laboratoire) jusqu’à leur 24ème mois de vie (une souris de laboratoire âgée), un aliment composé de 5 % de butyrate de sodium. Un groupe témoin de souris a reçu une alimentation standard.

Pour l’homme, un tel programme de supplémentation serait assez risqué. Ceux qui veulent bénéficier d’une quantité augmentée de cet acide gras dans leur organisme devraient plutôt consommer plus de fibres alimentaires. Les organismes probiotiques les transforment en butyrate ou en d’autres acides gras à chaîne courte comme l’acétate ou le propionate.

Les résultats de l’étude scientifique

Le butyrate n’a eu aucun effet sur le poids corporel des souris mais en ont eu sur leur composition corporelle. Les souris âgées qui avaient pris du butyrate présentaient moins de masse grasse mais plus de masse maigre que celles qui avaient reçu des aliments sans l’acide gras.

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Les souris qui avaient reçu un régime standard ont perdu 23 % de la masse musculaire de leurs pattes arrières entre leur 14e et leur 26e mois de vie. Pour les souris qui avaient reçu du butyrate dans leur alimentation, elles n’avaient perdu que 12 % de leur masse musculaire.

Les cellules de souris âgées de 26 mois [O] recevant du butyrate [Bu diet] ont produit autant de protéines TFAM et de PGC-1 alpha que les cellules de jeunes souris [Y]. Pour les souris âgées de 26 mois ayant pris un régime alimentaire standard [Ctrl diet], la production de protéines TFAM et de PGC-1-alpha avait diminué. TFAM et PGC-1-alpha stimulent la production de mitochondries. Chez les jeunes souris, cependant, l’acide gras en question n’a eu aucun effet positif.

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Les chercheurs ont également constaté que la consommation d’oxygène des souris du groupe Buyrate était plus élevée que dans l’autre groupe. Cela signifie que les cellules convertissent plus de nutriments en énergie.

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Dans leur article, les chercheurs partent de la théorie que le butyrate provoque ces processus physiologiques anti-âge étonnants en inhibant les histone désacétylases. Par conséquent, les cellules musculaires vieillissantes continueraient de fonctionner plus longtemps. Mais les chercheurs l’admettent, le mécanisme est peut-être un peu différent.

Conclusion

“Nous ne pouvons exclure la possibilité que le butyrate exerce ses effets indépendamment de l’inhibition des histone désacétylases”, écrivent les chercheurs. “Outre cette inhibition, le butyrate a deux effets dans la cellule. C’est un acide gras qui peut être utilisé comme source d’énergie mais il peut aussi se lier aux récepteurs couplés aux protéines G impliqués dans la résolution de l’inflammation des intestins. Il faudra cependant déterminer si ces récepteurs ont une fonction dans les muscles squelettiques.”

“Nos données suggèrent que le butyrate (…) pourrait être utilisé pour traiter les maladies métaboliques liées à l’âge et la sarcopénie.”

Source de l’article: Butyrate protects muscles against aging

Source Ergo-log: Aging Cell. 2015 Dec;14(6):957-70.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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L’acide phosphatidique présente un potentiel de croissance pour les athlètes de la force

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L’acide phosphatidique

Il semblerait que le monde des sports de force soit sur le point de découvrir un nouveau supplément prometteur. Un article récemment publié dans le Journal de la Société Internationale de Nutrition Sportive décrit les effets de la supplémentation en acide phosphatidique sur les athlètes de force.

La molécule clé en matière de croissance musculaire se nomme mTOR et les nutriments qui activent mTOR sont devenus comme une espèce de Saint Graal dans le monde de la nutrition sportive. Et les substances qui l’activent pourraient aider les athlètes à développer leur masse musculaire. De la même manière, les personnes fragiles et les personnes âgées pourrait en profiter pour prévenir la perte musculaire.

L’acide phosphatidique et mTOR

En 2001, des biologistes de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign ont découvert que l’acide phosphatidique – ou 1,2-diacyl-sn-glycéro-3-phosphate -, une molécule présente en quantités infimes dans nos membranes cellulaires, serait l’un de ces nutriments.

Lorsque les cellules musculaires sont soumises à l’effort, elles utilisent l’acide phosphatidique en tant que substance messagère pour activer les molécules de signal comme mTOR. Cela veut dire qu’il serait possible d’activer le stimulus anabolique de l’entraînement de force en utilisant l’acide phosphatidique comme supplément.

Des chercheurs de l’Université de Floride centrale et d’Increnovo ont testé cette théorie dans le cadre d’une expérience impliquant 16 sujets de test ayant 20 ans en moyenne. Tous pratiquaient la musculation depuis au moins un an. Sur ce groupe, neuf ont pris un placebo [PL] pendant 8 semaines et sept ont pris une dose quotidienne de 750 mg d’acide phosphatidique sous forme de gélule [PA]. La molécule était fabriquée par Chemi Nutra. Ce fabricant commercialise l’acide phosphatidique sous le nom de Mediator. La masse musculaire du groupe expérimental a augmenté de 2,6%, le groupe placebo de 0,1%. Les résultats sont donnés ci-dessous.

 

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Le poids maximal avec lequel les sujets du groupe acide phosphatidique pouvaient réaliser un squat a augmenté de 12,7%, comme le montre le tableau ci-dessus. Dans le groupe placebo, l’augmentation a été de 9,3%.

Le tableau ci-dessous résume l’ensemble des effets mesurés. Le groupe acide phosphatidique a obtenu de meilleurs résultats que le groupe placebo sur tous les points. Bien qu’aucune des différences ne soit statistiquement significative, pour le squat maximal et la masse maigre, les chiffres étaient presque significatifs. Les chercheurs sont convaincus que, même si des recherches supplémentaires sont nécessaires, l’acide phosphatidique est efficace.

 

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L’étude a été financée par Chemi Nutra. L’entreprise a déposé une demande de brevet pour l’utilisation de l’acide phosphatidique dans les compléments destinés aux athlètes de force. De manière intéressante, la demande de brevet mentionne l’utilisation d’acide phosphatidique en combinaison avec la créatine. Et après la lecture de l’étude, c’est précisément la question qui pique notre curiosité: que se passe-t-il si vous combinez l’acide phosphatidique à la créatine ?

Toujours est-il que le brevet en question fait apparaître les noms de deux chercheurs d’Increnovo, Martin Purpura et Ralf Jaeger, en tant que co-inventeurs. Il s’agit aussi des deux chercheurs qui ont inventé l’association créatine-estragon (traduction à venir).

Note EM: Même si cela pourrait prêter à rire, il existe bien un complément vendu sur ce principe, distribué par une marque très peu connue en France, Athletic Edge Nutrition. Toujours est-il qu’il faut retenir que la plupart fabricants de compléments alimentaires qui ajoutent Mediator à leur formule le font à des doses bien plus élevée que les 750 mg de l’étude clinique reportée par Ergo-log et effectivement, cela fonctionne au-delà de ce que l’ont pourrait penser. Quant à l’associer à la créatine, je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais j’ai déjà quelques idées sur ce principe, vous devez bien vous en douter…

Source de l’article: Phosphatidic acid works for strength athletes

Source Ergo-log: J Int Soc Sports Nutr. 2012 Oct 5;9(1):47.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

Références bibliographiques

  • Fang Y. et al., Phosphatidic acid-mediated mitogenic activation of mTOR signaling, Science. 2001 Nov 30;294(5548):1942-5.
  • Chen J, Fang Y., A novel pathway regulating the mammalian target of rapamycin (mTOR) signaling, Biochem Pharmacol. 2002 Oct 1; 64(7):1071-7.
  • Hornberger TA. et al., The role of phospholipase D and phosphatidic acid in the mechanical activation of mTOR signaling in skeletal muscle, Proc Natl Acad Sci U S A. 2006 Mar 21;103(12):4741-6.
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L’hydroxytyrosol de l’huile d’olive réduirait le pourcentage de graisses corporelles

Note: Voici un article qui devrait faire plaisir à notre physiologiste de l’exercice ! Disons simplement que l’oleuropéine de l’huile d’olive ne serait pas la seule molécule en cause dans la réduction du pourcentage des graisses corporelles dans ce contexte précis.

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Hydroxytyrosol-huile-d-oliveLes olives et l’huile d’olive contiennent probablement plus de composés potentiels de recomposition corporelle que l’oleuropéine, à propos duquel nous avions écrit récemment. L’hydroxytyrosol, une autre substance présente dans l’huile d’olive, a aussi des effets biologiques intéressants. Dans une étude humaine publiée dans Oxidative Medicine and Cellular Longevity par des chercheurs italiens, la supplémentation quotidienne avec 15 milligrammes d’hydroxytyrosol réduirait le pourcentage de graisse corporelle.

L’étude sur l’extrait d’huile d’olive

Les chercheurs ont donné 2 gélules par jour de l’extrait d’olive elaVida produit par DSM à 28 sujets sains et non obèses âgés de 18 à 65 ans. Chaque capsule contenait de 7,5 milligrammes d’hydroxytyrosol, de sorte que les sujets consommaient 15 milligrammes d’hydroxytyrosol par jour. À une autre occasion, les sujets ont pris un placebo pendant 3 semaines.

Extrait-de-feuilles-d-olivier-et-d-huile-d-oliveLe supplément utilisé par les chercheurs provenait de Fenolia. [fenolia.it] Fenolia et DSM n’ont pas financé les recherches. Les chercheurs ont obtenu des subventions du gouvernement italien.

Un groupe a combiné cette approche avec une supplémentation: il prenait chaque jour 40 grammes de protéines sous forme d’un shake, 2 grammes de phytostérols, 2 grammes d’huile de poisson riche en EPA, probiotiques et 1 gramme de berbérine. Tous les suppléments étaient fabriqués par Nature’s Sunshine. [naturessunshine.com]. Les chercheurs travaillaient dans cette entreprise.

Résultats de l’expérience

Les chercheurs s’attendaient à ce que la supplémentation en hydroxytyrosol réduise la concentration en LDL oxydé. L’agence européenne EFSA a approuvé cette allégation [EFSA Journal 2011;9(4):2033.] et a exprimé une opinion positive sur la sécurité alimentaire de l’hydroxytyrosol. [EFSA Journal 2017;15(3):4728.] Cependant, les chercheurs n’ont pas constaté de réduction de quantité de LDL oxydé avec la supplémentation.

La supplémentation a augmenté la production de l’enzyme antioxydante superoxyde dismutase-1 [SOD1] par les cellules. Le SOD-1 neutralise les radicaux libres. Des souris génétiquement modifiées qui ne peuvent synthétiser cette enzyme vieillissent plus rapidement et seraient plus susceptibles à la dégénérescence musculaire liée à l’âge.

SOD-superoxyde-dismutase

supplement_hydroxytyrosolEn même temps, le supplément avait réduit le pourcentage de graisse corporelle des sujets testés, bien qu’ils n’aient pas changé leur mode de vie. Les chercheurs ont mesuré le pourcentage de graisse à l’ancienne en utilisant des bons vieux clippers.

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Hydroxytyrosol et pourcentage de graisse corporelle

Conclusion sur l’hydroxytyrosol

“Dans ce travail, nous avons observé comment 15 mg/jour de consommation d’hydroxytyrosol pourraient avoir des effets positifs sur la santé humaine en réduisant le stress oxydatif et le risque cardiovasculaire, […] bien que cette quantité quotidienne d’hydroxytyrosol ne semble pas avoir d’effets positifs sur le cholestérol LDL oxydé“, écrivent les chercheurs.

“Ces résultats suggèrent une personnalisation nécessaire des doses d’hydroxytyrosol à administrer dans le but d’exercer des bienfaits sur la santé, la prévention des maladies cardiovasculaires et la protection des particules de LDL-C contre les dommages oxydatifs.”

“Cependant, d’autres essais cliniques sont nécessaires sur une plus grande population et une plus longue période afin d’améliorer nos connaissances sur les mécanismes thérapeutiques, assurer son efficacité et sa sécurité.”

Source de l’article: Olive oil compound hydroxytyrosol lowers fat percentage

Source Ergo-log: Oxid Med Cell Longev. 2017;2017:2473495.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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  • Mulier FL., Absence of CuZn superoxide dismutase leads to elevated oxidative stress and acceleration of age-dependent skeletal muscle atrophy, Free Radic Biol Med. 2006 Jun 1;40(11):1993-2004.
  • Jackson MJ., Lack of CuZnSOD activity: a pointer to the mechanisms underlying age-related loss of muscle function, a commentary on “absence of CuZn superoxide dismutase leads to elevated oxidative stress and acceleration of age-dependent skeletal muscle atrophy, Free Radic Biol Med. 2006 Jun 1; 40(11):1900-2. Epub 2006 Mar 24.

 

 

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Acide arachidonique et croissance musculaire, est-ce vraiment sans risque ?

acide-arachidoniqueL’acide arachidonique est au cœur des processus inflammatoires de l’organisme car précurseur de nombreuses molécules et hormones en lien direct avec l’inflammation comme les prostaglandines, les thromboxanes et autres leucotriènes. Phénomène extrêmement complexe et particulièrement difficile à définir dans son ensemble, le cycle de Krebs et la totalité des réactions qui l’entoure ressemble à un jeu d’enfant en comparaison avec la complexité du phénomène si l’on tient compte de toutes les interactions cellulaires.

Nous savons cependant, comme nous l’avons vu avec l’article de la Suppversity sur les processus pro-inflammatoires qui mènent à l’hypertrophie des muscles squelettiques, que les médiateurs et agents de l’inflammation ne sont pas forcément toxiques pour l’organisme lorsqu’ils sont exprimés car ils représentent avant tout des signaux extra et intracellulaires indispensables au travail d’adaptation de l’organisme entier.

Concernant l’acide arachidonique, il existe depuis au moins une quinzaine d’années, des compléments qui en contiennent. De là, on pourra raisonnablement s’interroger sur la pertinence, sinon le danger potentiel, à supplémenter cet acide gras comme n’importe quel complément alimentaire. L’étude décrite ici sur Ergo-log semble écarter nos inquiétudes à ce sujet. Cependant, l’expérience clinique réalisée concerne des sujets jeunes, dans leur vingtaine. Dans ce cadre, d’éventuels effets secondaires semblent exclus mais rien ne nous dit qu’il en serait de même 20 ou 30 ans plus tard. Cet article est donc à prendre avec beaucoup de recul et ici comme ailleurs sur Espace Corps Esprit Forme, il ne s’agit en rien d’inciter qui que ce soit à l’usage de tel complément alimentaire ou d’un autre mais de retranscrire la recherche scientifique à titre d’information uniquement.

Sur ce, je vous laisse avec l’article d’Ergo-log…

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Selon un nombre restreint mais croissant d’études chez l’homme, une supplémentation avec 1500 mg d’acide arachidonique par jour stimulerait la croissance musculaire. Mais l’acide arachidonique est-il sûr avec ce dosage ? Cet acide gras ne déclenche t-il pas de réactions inflammatoires dans l’organisme ? Selon une étude humaine de faible ampleur publiée par le scientifique du sport James Markworth, de l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, et publiée dans Prostaglandins, Leukotrienes & Essential Fatty Acids, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter.

L’acide arachidonique

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Voie des prostaglandines depuis l’acide arachidonique

Chaque jour, les occidentaux moyens consomment environ 15 grammes d’acide gras Oméga 6 acide linoléique. En utilisant cet acide linoléique comme précurseur, le corps synthétisera environ 30 milligrammes d’acide arachidonique par jour, un autre acide gras Oméga 6. Par le biais de l’alimentation les mêmes occidentaux consomme environ 150 milligrammes d’acide arachidonique quotidiennement.

La majeure partie de l’acide arachidonique présente dans le corps humain – dont un pourcentage étonnamment élevé peut être trouvé dans le tissu musculaire – n’est pas synthétisée à partir de l’acide linoléique mais provient directement de l’alimentation. Ceci nous suggère qu’une supplémentation en acide arachidonique serait un bon moyen d’augmenter la quantité d’acide arachidonique présente dans les muscles.

Plus d’acide arachidonique dans les muscles impliquerait plus de croissance musculaire selon les études scientifiques effectuées. L’acide arachidonique est le précurseur de nombreux facteurs inflammatoires tels que les PGF et les PGE. Certains d’entre eux jouent un rôle crucial sur la croissance musculaire. C’est aussi la raison de l’introduction de l’acide arachidonique comme complément alimentaire par Molecular Nutrition il y a plus de dix ans.

Mais, comme certains scientifiques de la nutrition se le demandent, la supplémentation avec de telles quantités d’acide arachidonique est-elle sûre ? En effet, les facteurs inflammatoires peuvent également avoir des effets néfastes sur la santé. D’où la recherche néo-zélandaise.

L’étude scientifique réalisée avec l’acide arachidonique

James Markworth a donc divisé 19 hommes de vingt ans, qui s’entraînaient tous avec des charges depuis au moins un an, en deux groupes. Un des groupes a reçu 1500 milligrammes d’acide arachidonique par jour pendant 4 semaines. L’autre groupe a reçu un placebo. Les chercheurs ont utilisé Arasco, un produit fabriqué par DSM. Arasco est principalement utilisé dans les aliments pour bébés.La recherche n’a pas été financée par Molecular Nutrition ni par DSM.

Résultats de l’étude scientifique

La supplémentation en acide arachidonique n’a pas entraîné de changements statistiquement significatifs dans la composition corporelle – mais la durée de l’étude était certainement trop courte pour cela. Cependant, la supplémentation a amélioré légèrement l’équilibre du cholestérol des sujets de test.

Pendant la période de supplémentation, la concentration de l’acide arachidonique dans les globules blancs [PBMC] et les cellules musculaires a augmenté de 8 et 4% respectivement. Néanmoins, la production de facteurs inflammatoires tels que l’interleukine 1-bêta et le TNF-alpha n’a pas augmenté, ni dans les cellules sanguines ni dans les cellules musculaires.

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La supplémentation en acide arachidonique a augmenté la production des MyoG et de MyoD1 dans les cellules musculaires. Il s’agit de molécules de signalisation qui jouent un rôle dans la croissance musculaire, en partie parce qu’elles permettent aux cellules souches de se développer en nouvelles cellules musculaires.

Conclusion sur l’acide arachidonique et son rôle d’ergogène

“L’augmentation de la consommation d’acide arachidonique de 1,5 g/jour pendant 4 semaines chez des jeunes hommes en bonne santé participant à des exercices de résistance favorise de plus grandes variations de l’abondance plasmatique et musculaire de l’acide arachidonique par rapport au placebo mais sans être associé à aucune preuve quant à une augmentation de l’inflammation basale systémique ou intramusculaire” a écrit Markworth.

“La supplémentation en acide arachidonique n’a pas eu d’impact négatif évident sur une série de paramètres cliniques pour cette population. Ainsi, les augmentations à court terme de l’apport alimentaire en acide arachidonique, au moins jusqu’à 1,5 g/jour, n’influencent pas l’inflammation locale chez des jeunes hommes en bonne santé. participant de manière régulière à des entraînements de résistance. ”

Source de l’article: Arachidonic acid, a muscle strengthening fatty acid without health risks

Source Ergo-log: Prostaglandins Leukot Essent Fatty Acids. 2018;128:74-86.

Note: Espace Corps Esprit Forme évolue. Plus d’informations sur ce sujet dès samedi midi :-)

Eric Mallet

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