Comment l’avocatine B, un inhibiteur de la FAO de l’avocat, protège t-il contre le diabète de type 2 ?

Les avocats contiennent des acides gras que vous ne trouverez pas dans d’autres aliments. Il s’agit de l’avocatine B, comme les biochimistes le nomme. Selon des chercheurs canadiens, l’avocatine B pourrait prévenir l’embonpoint et l’obésité chez les personnes diabétiques. L’année prochaine, les premiers produits contenant de l’avocatine B devraient être mis sur le marché.

L’avocatine B

L’avocatine B est un terme générique pour les acides gras avocadène, avocadyne et leurs métabolites. En 2018, des chercheurs canadiens ont publié des analyses montrant que dans un avocat moyen, environ 12 milligrammes d’avocadène et d’avocadyne sont présents sous forme libre.

avocatine-b

avocadyne-avocadene-avocat

Cependant, la plupart des molécules d’avocadène et d’avocadyne des avocats sont attachées à d’autres molécules. Si vous incluez ces acides gras liés, vous arriverez à près de 180 milligrammes d’avocatine B par avocat. Pour l’instant, nous ne savons pas si les gens peuvent absorber l’avocatine-B liée.

avocadyne-avocadene

Selon un communiqué de presse de l’Université de Guelph, le chef de l’équipe de recherche Paul Spagnuolo voudrait commercialiser des suppléments d’avocatine-B en 2020 par le biais de SP Nutraceuticals.

Spagnulo et ses collègues étudient l’avocatine B depuis plusieurs années. Dans des publications précédentes, ils décrivaient comment l’avocatine B sabotait l’oxydation des acides gras dans les mitochondries des cellules leucémiques et, par conséquent, faisait en sorte que les mitochondries produisent tellement de radicaux libres que les cellules leucémiques en meurent. L’Avocatine B serait donc un inhibiteur de l’oxydation des acides gras [FAO].

L’étude sur l’animal

En octobre 2019, les Canadiens ont publié une série d’études dans Molecular Nutrition & Food Research dans lesquelles les chercheurs ont cartographié l’effet anti-diabète de l’avocatine-B. Par exemple, dans une étude animale, les chercheurs ont donné à un groupe de souris 13 semaines de nourriture standard. Après la semaine 8, les animaux de ce groupe ont reçu un placebo deux fois par semaine par voie orale [STD].

Après la semaine 8, les chercheurs ont divisé les souris engraissées en deux groupes. Les animaux d’un groupe ont reçu un placebo deux fois par semaine pour administration orale [HFD] pendant 5 semaines, les animaux du second groupe ont reçu une dose orale d’avocatine B [Avo-HFD] deux fois par semaine. Si les souris étaient des humains adultes, elles auraient reçu une dose de 600-800 milligrammes d’avocatine B deux fois par semaine.

Les résultats concernant les effets de l’avocatine B

Le supplément a légèrement inhibé la croissance de la masse grasse. L’effet sur l’insulinorésistance était encore plus net : l’avocatine-B l’empêchait de diminuer. Note EM: {inhiber la β-Oxydation des Acides Gras permet de stimuler l’utilisation du glucose}.

avocatine-b-obesite

La théorie derrière cette molécule issue de l’avocat est que l’obésité causerait le diabète de type 2 quand les mitochondries oxyderaient plus d’acides gras qu’elles ne pourraient en traiter. L’oxydation se ferait de façon incomplète et des métabolites d’acides gras toxiques seraient libérés. Ces substances rendraient la cellule insensible à l’insuline, inhiberaient la construction musculaire et tueraient les cellules productrices d’insuline dans le pancréas. Dans des expériences in vitro, les chercheurs ont pu démontrer que l’avocatine B inhibait ces processus.

Recherches sur l’être humain

Dans leur publication pour Molecular Nutrition & Food Research, les Canadiens décrivent également une étude humaine de petite envergure. Cette étude visait à démontrer l’innocuité de la supplémentation en avocatine B. Même si les sujets étaient maigres, les chercheurs ont néanmoins constaté une tendance – non significative – selon laquelle la supplémentation réduisait le poids corporel.

avocatine

Aucun effet secondaire grave ne s’est produit. Quelques sujets qui ont utilisé une forte dose d’avocatine B présentaient des éruptions cutanées. Elles ont disparu dans la semaine qui a suivi l’arrêt de la prise du supplément.

Note EM: Consultait les liens externes (medecinesciences.org, institutcochin.fr) pour obtenir des informations complémentaires sur l’équilibre de l’oxydation acides gras/glucose.

Source de l’article: How avocatin-B, the FAO inhibitor in avocado, protects against type 2 diabetes

Source Ergo-log: Mol Nutr Food Res. 2019;e1900688.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

L’avocat améliore votre santé cardiovasculaire, et même plus encore…

avocatL’avocat est une source supérieure d’acides gras mono-insaturés, ce qui abaisserait le cholestérol LDL et augmenterait le cholestérol HDL. Cela rendrait les avocats “bons” pour le cœur et les vaisseaux sanguins, disent les spécialistes de la nutrition. Mais selon une étude humaine parrainée par des chercheurs de la Pennsylvania State University qui sera bientôt publiée dans le Journal of Nutrition, ce n’est peut-être pas tout.

L’étude sur l’avocat

Les chercheurs ont donné à 45 sujets obèses et en surpoids âgés de 21 à 70 ans à 3 reprises pendant 5 semaines une diète faible en graisses [LF], une diète modérée en graisses [MF] et une diète modérée en graisses avec un avocat par jour [AV]. Dans le régime alimentaire modérément gras et le régime à base d’avocat, la plupart des acides gras étaient mono-insaturés. Pendant les 3 périodes de régime, les chercheurs se sont assurés que le poids des sujets restait stable.

avocat-cholesterol

Les résultats

La consommation d’un avocat par jour a réduit la quantité de cholestérol LDL oxydé dans le sang des sujets testés. Le régime MF n’a pas fait cela.

avocat-cholesterol-ldl

cholesterol-ldl

La réduction de la quantité de cholestérol oxydé chez les sujets testés était liée à un changement dans la composition de leur cholestérol LDL. Plus la diminution de la quantité de cholestérol oxydé est importante, plus le nombre de petites particules de LDL diminue [en haut à gauche].

Explications sur le cholestérol LDL

“Quand vous pensez au mauvais cholestérol, il s’agit de particules de LDL dont la taille varie”, explique Penny Kris-Etherton, directrice de recherche, dans un communiqué de presse. “Toutes les formes de LDL sont mauvais mais les molécules de cholestérol LDL de petite dimension et denses le sont particulièrement. L’une des principales conclusions à tirer est que les personnes qui suivent un régime à base d’avocats présentent moins de particules de LDL oxydées. Ils bénéficiaient aussi de la  lutéine, qui est peut-être bioactive et qui protège le LDL contre l’oxydation.”

avocat-cholesterol-ldl

 

“De nombreuses recherches indiquent que l’oxydation est à la base de maladies comme le cancer et les maladies cardiaques”, poursuit Kris-Etherton. “Nous savons que lorsque les particules de LDL s’oxydent, cela déclenche une réaction en chaîne qui peut favoriser l’athérosclérose, c’est-à-dire l’accumulation de plaques au niveau de la paroi artérielle. Donc si vous pouvez protéger l’organisme par les aliments que vous mangez, cela pourrait vous être très bénéfique.”

Conclusion des chercheurs

“La recherche en nutrition sur les avocats est un domaine d’étude relativement nouveau. Alors, je je pense que nous n’en sommes qu’à la pointe de l’iceberg quant à connaître leurs bienfaits sur la santé. Les avocats sont très riches en graisses saines, en caroténoïdes – qui sont importants pour la santé des yeux – et en autres nutriments. A vrai dire, ils sont tellement riches en nutriments que nous commençons à peine à apprendre comment ils peuvent améliorer la santé.”

Sponsor de l’étude

Une partie des coûts de la recherche a été payée par le Hass Avocado Board. En effet, “Le Hass Avocado Board existe pour aider à en faire le fruit le plus populaire de l’Amérique“. C’est du moins ce que nous lisons sur le site de cette organisation.

Source de l’article: Avocados improve your cardiovascular health even more than you think

Source Ergo-log: J Nutr. 2019 Oct 14. pii: nxz231.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

Bibliographie sélective

Siri-Tarino et al., Saturated fat, carbohydrate, and cardiovascular disease. Am J Clin Nutr. 2010 Mar;91(3):502-9.

Pérez-Jiménez F, López-Miranda J, Mata P. Protective effect of dietary monounsaturated fat on arteriosclerosis: beyond cholesterol. Atherosclerosis. 2002 Aug;163(2):385-98.

Hodson L, Skeaff CM, Chisholm WA. The effect of replacing dietary saturated fat with polyunsaturated or monounsaturated fat on plasma lipids in free-living young adults. Eur J Clin Nutr. 2001 Oct; 55(10):908-15.

Mattson FH. A changing role for dietary monounsaturated fatty acids. J Am Diet Assoc. 1989 Mar; 89(3):387-91.

En savoir plus »
Aucun commentaire

Vivre plus longtemps grâce aux acides gras mono-insaturés ?

huile-olive-mono-insatureSi vous voulez que votre séjour sur cette planète dure le plus longtemps possible, vous feriez bien de consommer le plus de graisses possible à partir d’huile d’olive, d’avocats et de noix. Ces produits seraient les meilleures sources d’acides gras mono-insaturés. Selon une étude épidémiologique de longévité réalisée en 2005, un apport élevé en ces acides gras prolonge la durée de vie.

L’étude dont nous parlons a été publiée dans Experimental Gerontology. Des chercheurs de l’Université de Bari ont suivi 278 Italiens en bonne santé âgés de 65 à 84 ans, du début des années 1990 au début du XXIe siècle. Au cours de cette période, ils ont essayé de déterminer les habitudes alimentaires qui réduisent les risques de mortalité.

Les résultats donnent à réfléchir. Les protéines, les glucides, les fibres, les ” mauvais ” acides gras saturés [SFA] – rien de tout cela n’a eu d’effet sur la mortalité. Les chercheurs n’ont trouvé que deux facteurs qui ont eu un effet : l’apport en acides gras mono-insaturés [MUFA] et le rapport acides gras insaturés : acides gras saturés [UFA/SFA].

Les acides gras mono-insaturés favoriseraient la longévité des sujets de l’étude

Le second n’était pas fortement significatif, le premier était plus convaincant. Donc les Italiens vivaient plus longtemps lorsqu’ils consommaient des acides gras plus insaturés. A priori, il serait plus facile d’optimiser votre équilibre en supprimant les produits prêts à l’emploi de votre alimentation : leur composition en acides gras est malsaine. La graisse de viande et celle du lait seraient moins risquées. Bien qu’ils contiennent de grandes quantités d’acides gras saturés, ils contiennent aussi de grandes quantités d’acides gras mono-insaturés. Mais les sources végétales de matières grasses comme les noix, les olives et les graines présenteraient la meilleure composition en acides gras.

acide-gras-longevite

L’étude italienne confirme les conclusions des études animales sur la relation entre la composition en acides gras et l’espérance de vie. En 2011, des chercheurs de l’Université de médecine vétérinaire d’Autriche ont publié les résultats d’une telle étude. {J Comp Physiol B. 2011 Feb ; 181(2) : 289-98} Le chiffre reproduit ci-dessous provient de cette étude.

acide-gras-mono-insatures-longevite

L’étude autrichienne a également montré qu’une alimentation riche en acides gras polyinsaturés n-3 ou n-6 n’avait pratiquement aucun effet sur la durée de vie des souris. Ce qui a eu un effet, c’est la concentration d’acides gras mono-insaturés dans les membranes cellulaires.

Source de l’article: Live longer with monounsaturated fatty acids

Source Ergo-log: Exp Gerontol. 2005 Apr;40(4):335-43.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
2 Commentaires

Voici pourquoi l’huile d’olive pourrait vous aider à vivre plus longtemps

huile-oliveJe profite de cet article pour revenir sur l’huile d’olive, et sur une molécule que vous avez sans doute déjà croisé dans vos boissons énergétiques, c’est à dire l’oleuropéine. Dimanche, je vous proposerai un premier article de statistiques sur le marché des compléments alimentaires mais à présent, je vous laisse avec l’article d’Ergo-log.

———————————

Si vous utilisez de l’huile d’olive pour cuisiner – plutôt de l’huile extra vierge – celle-ci pourrait prolonger votre espérance de vie. C’est du moins la conclusion que nous pourrions tirer après avoir lu l’article que des scientifiques espagnols ont publié dans Cell Cycle. Selon les chercheurs, l’huile d’olive extra vierge contient des polyphénols qui retardent le processus de vieillissement et réduisent les risques de maladies liées à l’âge, dont le cancer.

Des polyphénols sécoiridoïdes

Les substances que les chercheurs ont à l’esprit sont appelées polyphénols sécoiridoïdes. Les deux polyphénols sécoiridoïdes qui intéressent le plus les chercheurs sont présentés ci-dessous. A gauche : l’oleuropéine, à droite : le décarboxyméthyl-oleuropéine. Les chercheurs pensent que ce sont ces substances qui permettent à l’huile d’olive de réduire le risque de cancer [FASEB J. Janvier 2007 ; 21(1):45-52.] et d’augmenter l’espérance de vie des rats de laboratoire.

oleuropeine

huile-olive-longeviteDans le cadre de la Bioactive Food Component Platform financée par leur gouvernement, des chercheurs espagnols ont étudié au niveau moléculaire l’effet des extraits d’huile d’olive qui contiennent de fortes concentrations de ces polyphénols sécoiridoïdes. ils ont découvert que ces substances activent l’enzyme AMPK dans les cellules. [Comme montré ici : p-AMPK = AMPK actif.] Note EM: Plus simplement p-AMPK: AMPK phosphorylé.

L’AMPK est habituellement activée par le jeûne ou l’exercice physique à long terme. Les cellules activent leur réparation et se régénèrent lorsque l’AMPK devient active. C’est une des raisons pour lesquelles les sportifs viveraient plus longtemps en faisant de l’exercice. Ainsi, les chercheurs pensent que les polyphénols sécoiridoïdes de l’huile d’olive présentent le même effet que le jeûne et l’exercice.

Repousser les processus du vieillissement

Dans leur article, les chercheurs décrivent des expériences réalisées avec des fibroblastes diploïdes humains [PD] où ils ont utilisé un test de coloration sur des cellules vieillissantes. Ils ont remarqué que celles qui ne fonctionnaient plus de manière optimale devenaient bleues. Il n’y avait aucune coloration lorsque les cellules ont été exposées à l’extrait d’olive EVOOO-PE-7. Les substances contenues dans cet extrait sont représentées ci-dessous.

secoiridoides

 

olive-longevite

Les mécanismes cellulaires impliqués

Depuis leurs expériences, les chercheurs ont conclu que les phénols contenus dans l’huile d’olive stimulent non seulement l’enzyme AMPK mais qu’ils désactivent également le commutateur moléculaire mTOR.

mTOR joue non seulement un rôle clé dans les processus anabolisants des cellules musculaires mais aussi dans le vieillissement et le cancer. En effet, mTOR est très actif dans de nombreuses cellules cancéreuses. C’est pourquoi les polyphénols sécoiridoïdes de l’huile d’olive pourraient non seulement retarder les processus de vieillissement mais aussi inhiber le cancer. Les chercheurs espagnols y croient.

olive-longevite-mtor-sirtuines

 

Source de l’article: Why olive oil can help us live longer

Source Ergo-log: Cell Cycle. 2013 Feb 15;12(4):555-78.

Note EM: Il s’agit ici d’insister et de faire la distinction entre la protéine enzymatique mTOR entraînant une cascade de réactions anabolisantes aboutissant sur la synthèse des protéines et le cancer. Entre les processus normaux de la croissance cellulaire et la croissance chaotique des cellules cancéreuses, il serait très hasardeux de faire des rapports directs. De même, les études cliniques ont démontré que l’activation de mTOR dans le cadre du cancer était stimulé par la voie de l’insuline et donc, par une consommation excessive et chronique de sucres et de calories, menant à l’obésité. Mais cela ne veut pas dire non plus que les obèses développent systématiquement un cancer. Toujours est-il que le risque cancéreux n’a rien à voir avec mTOR stimulé par une prise de protéine et de Leucine (acide aminé insulinogène) chez un individu sain. Cela n’a encore jamais été démontré.

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

Le butyrate protègerait les muscles contre le vieillissement

butyrateSi vous voulez prévenir le vieillissement de votre masse musculaire, pensez d’abord à l’entraînement de musculation et à un régime contenant suffisamment de protéines. En second lieu, vous pourriez penser à la concentration de butyrate dans le sang. C’est un élément de preuve obtenu à partir d’une étude sur l’animal réalisée par les biologistes américains de l’Université du Texas ont publié en 2015 dans Aging Cell.

L’étude scientifique sur le butyrate

Les chercheurs ont donné à un groupe de souris, depuis leur 16ème mois (un âge moyen pour une souris de laboratoire) jusqu’à leur 24ème mois de vie (une souris de laboratoire âgée), un aliment composé de 5 % de butyrate de sodium. Un groupe témoin de souris a reçu une alimentation standard.

Pour l’homme, un tel programme de supplémentation serait assez risqué. Ceux qui veulent bénéficier d’une quantité augmentée de cet acide gras dans leur organisme devraient plutôt consommer plus de fibres alimentaires. Les organismes probiotiques les transforment en butyrate ou en d’autres acides gras à chaîne courte comme l’acétate ou le propionate.

Les résultats de l’étude scientifique

Le butyrate n’a eu aucun effet sur le poids corporel des souris mais en ont eu sur leur composition corporelle. Les souris âgées qui avaient pris du butyrate présentaient moins de masse grasse mais plus de masse maigre que celles qui avaient reçu des aliments sans l’acide gras.

butyrate-masse-maigre-masse-grasse

Les souris qui avaient reçu un régime standard ont perdu 23 % de la masse musculaire de leurs pattes arrières entre leur 14e et leur 26e mois de vie. Pour les souris qui avaient reçu du butyrate dans leur alimentation, elles n’avaient perdu que 12 % de leur masse musculaire.

Les cellules de souris âgées de 26 mois [O] recevant du butyrate [Bu diet] ont produit autant de protéines TFAM et de PGC-1 alpha que les cellules de jeunes souris [Y]. Pour les souris âgées de 26 mois ayant pris un régime alimentaire standard [Ctrl diet], la production de protéines TFAM et de PGC-1-alpha avait diminué. TFAM et PGC-1-alpha stimulent la production de mitochondries. Chez les jeunes souris, cependant, l’acide gras en question n’a eu aucun effet positif.

butyrate-acide-gras-anabolisant

Les chercheurs ont également constaté que la consommation d’oxygène des souris du groupe Buyrate était plus élevée que dans l’autre groupe. Cela signifie que les cellules convertissent plus de nutriments en énergie.

butyrate- acide-gras-oxygene

 

Dans leur article, les chercheurs partent de la théorie que le butyrate provoque ces processus physiologiques anti-âge étonnants en inhibant les histone désacétylases. Par conséquent, les cellules musculaires vieillissantes continueraient de fonctionner plus longtemps. Mais les chercheurs l’admettent, le mécanisme est peut-être un peu différent.

Conclusion

“Nous ne pouvons exclure la possibilité que le butyrate exerce ses effets indépendamment de l’inhibition des histone désacétylases”, écrivent les chercheurs. “Outre cette inhibition, le butyrate a deux effets dans la cellule. C’est un acide gras qui peut être utilisé comme source d’énergie mais il peut aussi se lier aux récepteurs couplés aux protéines G impliqués dans la résolution de l’inflammation des intestins. Il faudra cependant déterminer si ces récepteurs ont une fonction dans les muscles squelettiques.”

“Nos données suggèrent que le butyrate (…) pourrait être utilisé pour traiter les maladies métaboliques liées à l’âge et la sarcopénie.”

Source de l’article: Butyrate protects muscles against aging

Source Ergo-log: Aging Cell. 2015 Dec;14(6):957-70.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

En savoir plus »
Aucun commentaire

L’acide phosphatidique présente un potentiel de croissance pour les athlètes de la force

acide-phosphatidique-structure

L’acide phosphatidique

Il semblerait que le monde des sports de force soit sur le point de découvrir un nouveau supplément prometteur. Un article récemment publié dans le Journal de la Société Internationale de Nutrition Sportive décrit les effets de la supplémentation en acide phosphatidique sur les athlètes de force.

La molécule clé en matière de croissance musculaire se nomme mTOR et les nutriments qui activent mTOR sont devenus comme une espèce de Saint Graal dans le monde de la nutrition sportive. Et les substances qui l’activent pourraient aider les athlètes à développer leur masse musculaire. De la même manière, les personnes fragiles et les personnes âgées pourrait en profiter pour prévenir la perte musculaire.

L’acide phosphatidique et mTOR

En 2001, des biologistes de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign ont découvert que l’acide phosphatidique – ou 1,2-diacyl-sn-glycéro-3-phosphate -, une molécule présente en quantités infimes dans nos membranes cellulaires, serait l’un de ces nutriments.

Lorsque les cellules musculaires sont soumises à l’effort, elles utilisent l’acide phosphatidique en tant que substance messagère pour activer les molécules de signal comme mTOR. Cela veut dire qu’il serait possible d’activer le stimulus anabolique de l’entraînement de force en utilisant l’acide phosphatidique comme supplément.

Des chercheurs de l’Université de Floride centrale et d’Increnovo ont testé cette théorie dans le cadre d’une expérience impliquant 16 sujets de test ayant 20 ans en moyenne. Tous pratiquaient la musculation depuis au moins un an. Sur ce groupe, neuf ont pris un placebo [PL] pendant 8 semaines et sept ont pris une dose quotidienne de 750 mg d’acide phosphatidique sous forme de gélule [PA]. La molécule était fabriquée par Chemi Nutra. Ce fabricant commercialise l’acide phosphatidique sous le nom de Mediator. La masse musculaire du groupe expérimental a augmenté de 2,6%, le groupe placebo de 0,1%. Les résultats sont donnés ci-dessous.

 

acide-phosphatidique-musculation

acide-phosphatidique-anabolisant-musculation

 

Le poids maximal avec lequel les sujets du groupe acide phosphatidique pouvaient réaliser un squat a augmenté de 12,7%, comme le montre le tableau ci-dessus. Dans le groupe placebo, l’augmentation a été de 9,3%.

Le tableau ci-dessous résume l’ensemble des effets mesurés. Le groupe acide phosphatidique a obtenu de meilleurs résultats que le groupe placebo sur tous les points. Bien qu’aucune des différences ne soit statistiquement significative, pour le squat maximal et la masse maigre, les chiffres étaient presque significatifs. Les chercheurs sont convaincus que, même si des recherches supplémentaires sont nécessaires, l’acide phosphatidique est efficace.

 

acide-phosphatidique-entrainement-effets-mtor

 

L’étude a été financée par Chemi Nutra. L’entreprise a déposé une demande de brevet pour l’utilisation de l’acide phosphatidique dans les compléments destinés aux athlètes de force. De manière intéressante, la demande de brevet mentionne l’utilisation d’acide phosphatidique en combinaison avec la créatine. Et après la lecture de l’étude, c’est précisément la question qui pique notre curiosité: que se passe-t-il si vous combinez l’acide phosphatidique à la créatine ?

Toujours est-il que le brevet en question fait apparaître les noms de deux chercheurs d’Increnovo, Martin Purpura et Ralf Jaeger, en tant que co-inventeurs. Il s’agit aussi des deux chercheurs qui ont inventé l’association créatine-estragon (traduction à venir).

Note EM: Même si cela pourrait prêter à rire, il existe bien un complément vendu sur ce principe, distribué par une marque très peu connue en France, Athletic Edge Nutrition. Toujours est-il qu’il faut retenir que la plupart fabricants de compléments alimentaires qui ajoutent Mediator à leur formule le font à des doses bien plus élevée que les 750 mg de l’étude clinique reportée par Ergo-log et effectivement, cela fonctionne au-delà de ce que l’ont pourrait penser. Quant à l’associer à la créatine, je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais j’ai déjà quelques idées sur ce principe, vous devez bien vous en douter…

Source de l’article: Phosphatidic acid works for strength athletes

Source Ergo-log: J Int Soc Sports Nutr. 2012 Oct 5;9(1):47.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

Références bibliographiques

  • Fang Y. et al., Phosphatidic acid-mediated mitogenic activation of mTOR signaling, Science. 2001 Nov 30;294(5548):1942-5.
  • Chen J, Fang Y., A novel pathway regulating the mammalian target of rapamycin (mTOR) signaling, Biochem Pharmacol. 2002 Oct 1; 64(7):1071-7.
  • Hornberger TA. et al., The role of phospholipase D and phosphatidic acid in the mechanical activation of mTOR signaling in skeletal muscle, Proc Natl Acad Sci U S A. 2006 Mar 21;103(12):4741-6.
En savoir plus »
2 Commentaires