Un extrait végétal inhibe l’œstradiol via le récepteur arylhydrocarboné

prunella-vulgarisIl y a de cela quelques temps, nous vous avions parlé des extraits anti-oestrogéniques de la plante tropicale Brassaiopsis glomerulata. Il s’agit d’ailleurs d’un végétal qui a fait son chemin dans le monde des suppléments de la musculation et dans Triazole de DS Sport en particulier. Le Triazole contient également des extraits végétaux du Prunella vulgaris, une plante que l’on retrouve partout en Europe. A ce sujet, c’est en 2009 que des chercheurs américains spécialisés dans le cancer ont publié une étude sur des cellules et des animaux dans laquelle ils ont étudié le fonctionnement de ces substances.

Les chercheurs, financés par le gouvernement américain pour étudier des préparations à base de plantes que de plus en plus de femmes utilisent, ont découvert lors d’un dépistage que des extraits de Prunella vulgaris présentaient un effet anti-œstrogénique. Ils ont ensuite examiné les préparations de plus près.

Les chercheurs ont exposé des cellules dotées de récepteurs à l’œstradiol au DES, un œstrogène synthétique, et à l’extrait de Prunella vulgaris [PV]. Le DES a stimulé la synthèse de l’enzyme phosphatase alcaline mais le Prunella vulgaris a inhibé sa synthèse. À une concentration de 50 microgrammes par millilitre, l’extrait était presque aussi efficace que le fulvestrant, un anti-œstrogène médicamenteux [ICI]. Son nom commercial est Faslodex. Les médecins l’utilisent pour traiter le cancer du sein.

Les chercheurs ont implanté des cellules hormono-sensibles provenant d’humains chez des souris et leur ont injecté de l’estradiol [E]. Lorsque les souris ont bu du thé fait à partir de Prunella vulgaris, la croissance des cellules implantées a diminué de moitié.

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La manière dont Prunella vulgaris inhibe les effets de l’hormone a été élucidée lors d’expériences avec des cellules sensibles à l’œstradiol. Dans ces expériences, les extraits ont stimulé la synthèse des enzymes CYP1A1 et CYP1B1. La première enzyme convertit l’œstradiol en 2-hydroxy-oestradiol, et la seconde le convertit en 4-hydroxy-oestradiol. Ces deux métabolites sont considérablement moins actifs que l’œstradiol mais le 4-hydroxy-œstradiol présenterait un souci sur le plan oncologique. Le 4-hydroxy-œstradiol rend l’œstradiol cancérigène. En effet, les métabolites du 4-hydroxy-œstradiol peuvent endommager l’ADN.

Les cellules synthétisent davantage de CYP1A1 et CYP1B1 si les composés interagissent avec le récepteur arylhydrocarboné. Ce récepteur reconnaît les substances toxiques et réagit à celles-ci en augmentant la production d’enzymes de détoxification telles que les CYP1A1 et CYP1B1. Celles-ci désactivent également l’œstradiol. Les chercheurs ont ainsi découvert que les extraits de Prunella vulgaris stimulent le récepteur arylhydrocarboné. L’ajout de 3-méthoxy-4-nitroflavone [MNF], qui bloque le récepteur arylhydrocarboné, a désactivé les extraits de plantes.

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Nous avons mentionné le mot “cancer” ci-dessus. Nous ne pensons pas que la prise de suppléments contenant du Prunella vulgaris augmente le risque de cancer. Presque tous les extraits de plantes contiennent des composés qui inhibent le CYP1B1, potentiellement dangereux, ou l’occupent d’une manière ou d’une autre, de sorte qu’il ne parvient pas à transformer l’estradiol. Ce constat s’appuie sur les recherches effectuées sur un autre bloqueur d’œstrogènes à base d’un extrait végétal, le Ginkgo biloba.

Comme le Prunella vulgaris, le ginkgo active le récepteur arylhydrocarboné et stimule ainsi la dégradation de l’estradiol via l’enzyme CYP1A1. Le ginkgo, cependant, active également la “mauvaise” enzyme, CYP1B1. A vrai dire, ce n’est probablement pas un vrai  problème. Les polyphénols du ginkgo, comme l’isorhamnétine, le kaempférol et la quercétine, sont de puissants inhibiteurs de cette enzyme.

La personne qui a inventé le Triazole avait certainement fait preuve d’intelligence.

Source de l’article: Self-heal extract inhibits estradiol via aryl hydrocarbon receptor

Source Ergo-log: Biol Reprod. 2009 Feb;80(2):375-83.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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La perte de poids rendrait les hommes plus masculins

graisse-estradiol-testosteroneLes hommes un peu trop gras seraient moins masculins. La graisse qu’ils transportent féminiserait leur équilibre hormonal en faveur de l’estradiol et réduirait leur taux de testostérone. Mais l’inverse serait également vrai: si les hommes trop gras maigrissaient, leur taux de testostérone augmenterait aussi (!).

La graisse corporelle, la testostérone et l’estradiol

Les cellules adipeuses synthétisent l’enzyme aromatase qui convertit la testostérone, l’hormone sexuelle masculine en estradiol, l’hormone sexuelle féminine. Plus les hommes sont gros, moins de testostérone et plus d’estradiol circulent dans leur corps.

Parce que l’estradiol indique au cerveau qu’il y a beaucoup d’hormones stéroïdes circulant dans le sang, le cerveau réagit à un niveau élevé d’estradiol en diminuant la quantité de LH et de FSH qu’il sécrète. LH et FSH stimulent la production de testostérone et de sperme dans les testicules. Si les taux de ces deux hormones sont moins élevés, celui de la testostérone diminue ainsi que la qualité du sperme. Certaines études suggèrent qu’il existe un lien entre le surpoids, une baisse de la fertilité et des problèmes d’ordre sexuels.

L’étude scientifique sur le rapport entre la perte de poids, l’estradiol et la testostérone

La solution ? Perdre du poids, cela parait évident. Mais pour être vraiment convaincu, vous voulez voir une étude qui montre que les hommes gros deviennent plus masculins après avoir perdu du poids. Des endocrinologues danois de l’Université d’Aarhus ont donc fait une expérience sur 43 hommes âgés de 20 à 59 ans dont l’IMC était supérieur à 33.

Les hommes ont suivi un régime alimentaire et un programme d’exercices de 14 semaines pour perdre du poids. Avant de commencer le programme, les chercheurs ont mesuré les niveaux d’hormones et la qualité du sperme des hommes. Le tableau ci-dessous montre qu’au plus l’IMC était élevé, au plus les valeurs étaient mauvaises.

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Les chercheurs ont répété les mesures pour 27 des sujets une fois le programme terminé. Dans le tableau ci-dessus, nous avons ombré les effets statistiquement significatifs. Ces derniers montrent que la perte de poids rend les hommes plus fertiles et augmente leur taux de testostérone.

Conclusion

“Pour conclure sur cette étude pilote, nous avons observé que le profil altéré des androgènes avait tendance à s’améliorer après la perte de poids. Et que la perte de poids pouvait potentiellement conduire à une amélioration de la qualité du sperme”, écrivent les chercheurs.

Source de l’article: Weight loss makes fat men more masculine

Source Ergo-log: Reprod Health. 2011 Aug 17;8:24.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Taux de testostérone chez l’homme après 50 ans: l’âge ne serait pas en cause…

age-taux-de-testosteroneÀ mesure que les hommes adultes vieillissent, leur taux de testostérone baisse, des dizaines d’études scientifiques ont rendu cette conclusion. Mais selon les chercheurs de l’American Cooper Institute, la relation entre le vieillissement et la testostérone est un peu plus complexe. Les Américains ont examiné environ 3000 hommes en bonne santé âgés de 50 à 79 ans et n’ont trouvé aucune association entre l’âge et la testostérone. Mais ils ont découvert que l’IMC et la condition physique avaient un impact significatif sur la concentration de testostérone dans le sang des hommes.

L’étude sur le vieillissement et la testostérone

Les chercheurs ont mesuré les taux de testostérone des participants à l’étude le matin. Ils ont établi un classement selon un taux de testostérone inférieur à 250 nanogrammes par décilitre comme limite basse. Un niveau de 250 à 399 nanogrammes par décilitre était considéré comme normal mais bas et un niveau de plus de 400 nanogrammes par décilitre comme normal.

Les chercheurs ont également retiré un homme de leur échantillon car son taux de testostérone dépassait les 3000 nanogrammes par décilitre. L’individu en question n’avait signalé aucune utilisation pharmaceutique mais les chercheurs ont néanmoins décidé de ne pas le croire.

Les chercheurs ont fait courir les hommes sur un tapis roulant afin de pouvoir mesurer leur forme physique. Ils ont également déterminé leur poids. Ensuite, ils ont cherché à savoir s’ils pouvaient trouver une association entre la condition physique des hommes, leur IMC, leur âge et leur taux de testostérone.

Les résultats de l’expérience sur le taux de testostérone et l’âge

L’âge n’était pas déterminant sur les niveaux de testostérone des hommes. Qu’il s’agisse d’hommes âgés de 50 à 59 ans, de 60 à 69 ans ou de 70 à 79 ans, dans tous les groupes, le pourcentage d’hommes présentant un faible taux hormonal était compris entre 10 et 11%.

L’IMC et la condition physique ont influencé les niveaux de testostérone. Plus les hommes étaient en forme et plus leur IMC était faible, plus leur taux de testostérone était élevé.

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Conclusion

“Cette étude transversale ne soutient pas l’affirmation selon laquelle la testostérone diminue uniformément avec le vieillissement chez les hommes en bonne santé d’âge moyen à âgés”, résument les chercheurs. “Le constat de taux de testostérone similaires sur plusieurs décennies suggère qu’une baisse pour cette hormone n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement.”

“Les niveaux de testostérone étaient inversement associés à l’IMC et positivement à la condition physique. Cette nouvelle découverte d’une forte association entre la condition physique mesurée objectivement avec une testostérone normale dans les groupes les plus âgés présente des implications intéressantes.”

“Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les implications de nos résultats, y compris pour les niveaux de testostérone attendus chez les personnes en bonne santé. Si les niveaux de testostérone augmentent alors que la condition physique s’améliore, et si les niveaux de testostérone peuvent être maintenus malgré un excès de poids et/ou la présence de maladies chroniques dans le cadre d’une condition physique modérée à élevée”.

Source de l’article: Testosterone levels in men over 50: age is not a factor

Source Ergo-log: Maturitas. 2018 Dec;118:1-6. doi: 10.1016/j.maturitas.2018.09.004. Epub 2018 Sep 29.

Traduction Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Stratégie pour la longévité: Gardez un taux de DHEA, testostérone et IGF 1 élevé

dheaLes plus de 65 ans cherchant à optimiser leurs chances de survie devraient maintenir des concentrations de DHEA, de testostérone et d’IGF-1 élevé dans leur organisme. Ceci est d’ailleurs suggéré par une étude épidémiologique que les chercheurs italiens de l’Université de Parme ont publié en 2007 dans les Archives of Internal Medicine.

L’étude scientifique sur les taux d’hormones endogènes

Les chercheurs ont suivi 410 hommes âgé de 65 à 92 ans pendant 6 ans. Juste avant le début de l’étude scientifique, ils ont mesuré la concentration de DHEA-S, de la testostérone biodisponible et de l’IGF 1 présent dans le sang des sujets de l’expérience.

Les résultats de l’étude sur les facteurs hormonaux

Les concentrations associées des hormones anabolisantes DHEA, testostérone et IGF 1, après que les chercheurs aient filtré les données en rapport à l’âge, le niveau d’éducation, le taux de graisse corporelle et d’autres facteurs, représentaient des prédicateurs solides des chances de survie des hommes de l’expérience.

Le tableau ci-dessous montre que, avec une concentration élevée ou moyennement élevée de ces hormones, environ 90% des sujets étaient encore en vie 6 ans après. Parmi les hommes dont la concentration de ces trois hormones dans le sang était basse, seul un quart d’entre eux était encore en vie après 6 ans.

 

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“Il est concevable que la DHEA-S, la testostérone et l’IGF-1 aient des effets synergiques”, ont spéculé les Italiens. “Par exemple, la DHEA-S peut être convertie en testostérone dans les tissus périphériques alors que certaines des actions périphériques de la DHEA-S et de la testostérone peuvent être médiées par l’IGF-1 généré par les tissus. Quant au vieillissement de la population, à la fois la DHEA-S et la testostérone ont eu un effet protecteur conjoint sur les taux de mortalité à 30 ans. “

Conclusion

“Les résultats de cette étude présentent d’importantes implications cliniques et conceptuelles”, ont écrit les chercheurs. “Comme les études épidémiologiques antérieures chez les patients âgés ne se sont concentrées que sur un seul déclin hormonal plutôt que sur une déficience anabolique multiple, nous suggérons que l’évaluation de ces 3 hormones anabolisantes soit toujours envisagée chez les hommes plus âgés”.

“Les futures études devraient également clarifier le lien entre la déficience de ces trois axes hormonaux différents et la mortalité par causes spécifiques chez les hommes plus âgés. Les résultats de cette étude soulèvent la possibilité qu’un dérèglement multiple plutôt qu’une dérégulation unique des hormones anaboliques soit un puissant marqueur d’un mauvais état de santé et peut-être, qu’il accélère le vieillissement chez les hommes plus âgés.”

“Une fois que nos résultats auront été confirmés dans d’autres populations, des possibilités thérapeutiques s’ouvriront sur des essais cliniques de remplacement hormonal multiple chez les hommes âgés.”

Quelques suppositions…

A juste titre, nous pourrions supposer que l’idée d’un remplacement hormonal serait peut-être trop simple car Il se peut que les hormones anabolisantes endogènes ne contribuent pas à maintenir le corps en bonne santé, mais plutôt qu’un corps sain produise des quantités relativement importantes d’hormones anabolisantes.

Si tel est le cas, cela peut ouvrir plus de possibilités. Cela signifierait qu’au moins certains programmes d’entraînement physique, d’interventions diététiques et de changements de mode de vie pouvant stimuler la production d’hormones anabolisantes pourraient engendrer d’autres effets intéressants sur la santé.

Source de l’article: Longevity strategy: keep up your DHEA, testosterone and IGF 1 levels

Source Ergo-log: Arch Intern Med. 2007 Nov 12;167(20):2249-54.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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Plus de sommeil et vous pourriez doubler votre taux de testostérone

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Le sommeil est indissociable de votre santé !

Les hommes vieillissants peuvent parfois doubler leurs niveaux de testostérone en profitant de plus de sommeil, selon une étude humaine que Plamen Penev de l’Université de Chicago a publiée dans Sleep Medicine Reviews.

Un manque de sommeil et…

Pratiquement chacun de nous souffrons probablement d’un sommeil trop court, principalement parce que nous sommes accaparés chaque jour par la technologie. Celle-ci nous permet de générer de la lumière la nuit. Elle nous offre des divertissements et des informations 24 heures sur 24 grâce aux médias électroniques et nous permet de nous contacter à volonté. Chaque soir, lorsque notre corps nous dit qu’il est temps de dormir, il nous arrive aussi de faire mille autres choses à la place.

Le sommeil et nos hormones

Trop peu de sommeil perturbe notre équilibre hormonal. Ce trouble rend notre corps moins sensible à l’insuline par exemple. Des chercheurs néerlandais ont récemment montré qu’après seulement une nuit de quatre heures de sommeil, la sensibilité à l’insuline de jeunes hommes avait diminué de 20% et d’un quart pour des diabétiques.

Dans ce dernier cas, le manque de sommeil est cliniquement pertinent. De la sorte, les médecins pourraient déjà conseiller aux diabétiques qui réagissent mal à leurs médicaments de dormir plus. “La durée du sommeil pourrait devenir une autre cible thérapeutique pour améliorer la glucorégulation du diabète de type 1” affirment les chercheurs néerlandais.

Le sommeil et la testostérone

La testostérone est aussi affectée par la quantité de sommeil dont vous bénéficiez. Cela n’a rien d’extraordinaire puisque notre corps produit plus de testostérone lorsque nous dormons que lorsque nous sommes éveillés. Nous avons pris le tableau ci-dessous en exemple à partir de l’étude mentionnée ici. Il montre à quel degré la testostérone est présente dans le sang chez les hommes de 22 à 32 ans pendant le sommeil et pendant le reste de la journée. Au plus les hommes dorment bien, au plus leur niveau de testostérone augmente alors qu’ils dorment.

Testosterone-et-sommeilEn moyenne, les hommes de plus de quarante ans présentent un taux de testostérone qui diminue de 1 à 2% par an. Pourtant, les chercheurs rencontrent parfois des hommes de 80 ans avec un niveau hormonal comparable à celui d’un jeune homme. Ajoutez à cela le fait que beaucoup d’hommes plus âgés – mais pas forcément tous – dorment de moins en moins à mesure qu’ils vieillissent et vous aboutissez forcément à l’hypothèse que Plamen Penev voulait tester dans son étude. Le niveau de testostérone diminue t-il chez les hommes plus âgés parce qu’ils dorment moins ?

Penev a basé sa théorie sur, entre autres choses, des recherches scientifiques réalisées par Eve Van Cauter. Chercheuse sur le sommeil à l’Université de Chicago, elle est très connue dans le domaine de l’endocrinologie. Van Cauter avait découvert au début du 21ème siècle que les hommes de quarante ans faisait moins de testostérone en dormant que dans leur vingtaine.

L’étude scientifique sur le rapport entre la testostérone et le sommeil

Penev a mesuré la quantité de testostérone 12 hommes minces, sains et non-fumeurs âgés de 64 à 74 ans dans leur sang le matin. Il a également amené les hommes à porter un petit gadget autour de leur poignet, ce qui lui a permis de voir combien d’heures par nuit ils dormaient. Les résultats variaient de 4,5 à 7,5 heures par 24 heures. Au plus les hommes dormaient, comme les chiffres ci-dessous le montrent, au plus de testostérone circulait dans leur sang.

 

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Les hommes qui dormaient le moins avaient un niveau de testostérone de 200 à 300 ng/dl de sang. C’est un montant normal pour les hommes de cet âge mais dans la moyenne faible. A l’opposé, les hommes qui dormaient le plus présentaient un niveau de testostérone deux fois plus élevé: 500 à 700 ng/dl. C’est un niveau que vous vous attendez à retrouver chez des jeunes hommes en bonne santé.

Conclusion de l’étude

“Ces résultats suggèrent que les plaintes concernant un sommeil médiocre ou insuffisant chez les hommes âgés mais en bonne santé pourraient être associées à un déclin des androgènes plus prononcé en rapport avec l’âge”, écrit Penev. «La prise en compte  de ce genre de plaintes à propos d’un sommeil insuffisant chez les patients âgés par le médecin pourrait le mener à une interprétation judicieuse quant à des niveaux inférieurs de testostérone chez ces sujets».

Avant que les hommes n’envisagent de réaliser une thérapie à base de testostérone, ils pourraient d’abord mesurer le nombre d’heures de sommeil dont ils bénéficient. Et pensez que «mesurer» est différent de «deviner» ou d’«estimer». La plupart des gens surestiment le nombre d’heures effectivement prises. C’est également le cas dans l’étude de Penev. Les hommes pensaient qu’ils dormaient sept heures et quart par jour en moyenne mais les enregistrements du chercheur ont montré qu’ils ne dormaient vraiment que six heures.

Source de l’article: More sleep can double your testostérone level

Source Ergo-log: Sleep. 2007 Apr;30(4):427-32.


Note: Sans vouloir tirer de conclusions hâtives ni de relation de cause à effets qui ne seraient pas fondées sur des recherches scientifiques solides, je vous proposerais simplement de relire cet article sur la mélatonine de la SuppVersity. On y apprend que l’hormone du sommeil bloque efficacement l’aromatase qui convertit la testostérone en œstrogènes. Un meilleur sommeil pourrait donc, indirectement, favoriser une aromatisation réduite de l’hormone mâle par la médiation de la mélatonine et donc, favoriser une quantité plus importante de testostérone circulant dans le sang. A tous égards, cette intuition mériterait une investigation scientifique sérieuse, si ce n’est déjà fait. Dans tous les cas, nous venons à nouveau de constater qu’un sommeil profond et suffisant est indispensable à notre santé et à nos performances sportives.

Après vérifications, et quelques études incongrues sur les variations hormonales et le comportement de chameaux et dromadaires (!) placés en boxes, deux études ont attiré mon attention. Si vous n’êtes pas trop chameau et que vous avez toujours la bosse de la musculation, jetez-y un œil rapide:

  • Jensen MA, Hansen ÅM, Kristiansen J, Nabe-Nielsen K, Garde AH, Changes in the diurnal rhythms of cortisol, melatonin, and testosterone after 2, 4, and 7 consecutive night shifts in male police officers, Chronobiol Int. 2016 Aug 11:1-13
  • Akindele OO, Kunle-Alabi OT, Adeyemi DH, Oghenetega BO, Raji Y, Effects of vitamin E and melatonin on serum testosterone level in sleep deprived Wistar rats, Afr J Med Med Sci. 2014 Dec;43(4):295-304
  • Donga E et al, A single night of partial sleep deprivation induces insulin resistance in multiple metabolic pathways in healthy subjectsJ Clin Endocrinol Metab. 2010 Jun;95(6):2963-8.
  • Donga E et al, Partial sleep restriction decreases insulin sensitivity in type 1 diabetes, Diabetes Care. 2010 Jul;33(7):1573-7.
  • Axelsson J et al., Effects of acutely displaced sleep on testosterone, J Clin Endocrinol Metab. 2005 Aug;90(8):4530-5.
  • Luboshitzky R, Disruption of the nocturnal testosterone rhythm by sleep fragmentation in normal men, J Clin Endocrinol Metab. 2001 Mar;86(3):1134-9.

Article à lire de Plamen Penev et de ses collègues: The Metabolic Consequences of Sleep Deprivation, Sleep Med Rev. 2007 Jun; 11(3): 163–178.

Eric Mallet

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Solidité osseuse, ostéocalcine et synthèse de la testostérone

Osteocalcine

L’ostéocalcine

Un pourcentage de graisse corporelle faible, des os solides et des niveaux élevés de testostérone pourraient être liés, selon des endocrinologues de l’Université de Rome qui ont étudié 86 hommes en surpoids. Leur article paru dans l’International Journal of Endocrinology confirme une théorie de plus en plus en vogue et qui dit que l’état du squelette détermine en partie la quantité de testostérone circulant dans l’organisme des hommes (et probablement aussi des femmes).

Ostéocalcine et testostérone

Il y a quelques années de cela, des endocrinologues à l’Université de Columbia aux Etats-Unis ont avancé la théorie selon laquelle l’ostéocalcine [structure spatiale indiqué ci-dessus], hormone impliquée dans la croissance osseuse, améliorerait la synthèse des hormones anabolisantes comme la testostérone. Les chercheurs ont pu montrer dans des études animales que l’ostéocalcine opérait un contrôle des testicules, et non seulement qu’elle était en partie responsable de la détermination de la quantité de testostérone synthétisée par les animaux de laboratoire mais qu’elle contribuait également à déterminer la fertilité des animaux.

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Plus récemment, les chercheurs de Columbia ont étendu leur théorie. Dans les expériences sur les animaux, ils ont maintenant démontré que l’ostéocalcine jouait également un rôle dans la synthèse de l’insuline. Au plus  les os produisent d’ostéocalcine, au plus l’insuline des cellules bêta dans le pancréas seront produites.

L’étude scientifique sur l’ostéocalcine

Ces théories sont fascinantes mais elles seraient encore plus intéressantes si elles étaient étayées par des études qui montrent que la même chose se produit chez l’homme. Des chercheurs italiens a effectué l’une de ces études. Du moins, c’est à peu près le cas.

Les chiffres ci-dessous résument les découvertes que les Italiens ont fait sur leurs sujets masculins obèses. Au plus les hommes présentaient de graisse au niveau de la zone du tronc, au moins il circulait de testostérone dans leur corps. Mais si la relation entre le surpoids et un faible niveau de testostérone est déjà connue, les chercheurs ont également constatés que les hommes présentant des niveaux élevés de graisses sur le tronc avaient aussi moins d’ostéocalcine dans le sang.

 

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Rapport-entre-le-taux-de-graisse-et-d-osteocalcine

Les résultats de l’étude scientifique

Il y avait bien une relation entre l’ostéocalcine et la testostérone.

 

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Rapport-entre-l-osteocalcine-et-l-index-HOMA

 

Le mécanisme

En outre, au plus la concentration de l’ostéocalcine était élevée, au plus l’index HOMA* était faible. L’index HOMA est un indice calculé sur la base de la quantité de glucose et d’insuline dans le sang. Il donne une indication sur la qualité de fonctionnement du mécanisme de l’insuline. Au plus votre pancréas produira d’insuline, au plus grande sera la quantité de glucose poussée dans les cellules par l’insuline, et au plus votre HOMA sera bas.

Et comme vous le savez, la graisse corporelle entrave le mécanisme de l’insuline et affecte la santé des os. À la suite de cela, la sécrétion d’ostéocalcine tombe aussi, et donc, la production de testostérone. Voilà un bref résumé du mécanisme que les conclusions des Italiens mettent en évidence.

La recherche sur l’endocrinologie de l’ostéocalcine commence vraiment à devenir intéressante pour les athlètes qui veulent augmenter leurs niveaux de testostérone. Nous savions déjà que la perte d’un excès de graisse pouvait y aider, mais maintenant il semblerait que les niveaux de testostérone puissent également être stimulés par le renforcement du squelette.

Essayons de mettre les points bout à bout

Humm… finalement, nous commençons à voir apparaître des liens.

Une des exigences les plus connues pour avoir des os solides est un régime alimentaire qui contient suffisamment de calcium. Il existe une étude turque (Cinar 2009) qui affirme que la supplémentation en calcium augmente le taux de testostérone des athlètes. Tout aussi important pour obtenir des os forts: la vitamine D. Selon des études épidémiologiques, les hommes présentant des niveaux élevés de vitamine D dans leur sang ont également des niveaux élevés de testostérone.

Un autre facteur qui joue un rôle dans la santé des os est le magnésium. Des études épidémiologiques (Maggio 2011) ont montré que les hommes âgés possédant des niveaux relativement élevés de magnésium dans le sang présentaient également des niveaux plus élevés de testostérone.

Et qu’en est-il de la vitamine K2 ? Elle rend également les os plus forts selon une étude japonaise sur animaux. Elle renforcerait également le niveau de testostérone.

Source de l’article: Strong bones, osteocalcin and high testosterone synthesis

Source Ergo-log: Int J Endocrinol. 2013;2013:182753.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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Index HOMA: Homeostasis Model Accessment of insuline resistance

Références bibliographiques

  • * Cinar V. et al., Testosterone levels in athletes at rest and exhaustion: effects of calcium supplementation., Biol Trace Elem Res. 2009 Summer;129(1-3):65-9.
  • Karsenty G., The mutual dependence between bone and gonads., J Endocrinol. 2012 May;213(2):107-14.
  • Karsenty G., Oury F., Regulation of male fertility by the bone-derived hormone osteocalcin., Mol Cell Endocrinol. 2014 Jan 25;382(1):521-526.
  • ** Maggio M. et al., Magnesium and anabolic hormones in older men., Int J Androl. 2011 Dec;34(6 Pt 2):e594-600
  • Oury F. et al., Endocrine regulation of male fertility by the skeleton., Cell. 2011 Mar 4;144(5):796-809
  • Oury F. et al., Osteocalcin regulates murine and human fertility through a pancreas-bone-testis axis., J Clin Invest. 2013 Jun;123(6):2421-33.
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Régime pauvre en glucides + entraînement intense = baisse de la testostérone

Des athlètes de bon niveau qui s’entraînent dur pendant une heure par jour et qui mangent peu de glucides produisent moins de testostérone et plus de cortisol, comme l’ écrivent les physiologistes de l’Université de Caroline du Nord dans le European Journal of Applied Physiology.

La-testosterone

La testostérone

Un entraînement intensif nécessite de l’énergie. S’il n’y a plus de glucose disponible pour vos muscles, ils seront obligés de se tourner vers les graisses pour en faire, votre corps commencera à produire plus de cortisol pour fournir plus d’énergie. Le cortisol stimule la conversion des protéines en glucose. Ceci est non souhaitable, mais encore pire; le cortisol abaisse également la production d’hormones stéroïdes comme la testostérone.

En un mot, ces données physiologiques ont abouti à donner le conseil aux athlètes de pratiquer des séances d’entraînement réduites, à la fois dans le temps et en intensité, et de manger avant, pendant et après une séance. Dans les années 1980, les experts affirmaient que les glucides protégeaient contre la dégradation musculaire.

Aujourd’hui, les scientifiques et les nutritionnistes du sport sont moins enthousiastes sur les glucides. Les régimes faibles en glucides restent cependant très populaires, ont en trouve de toutes formes et de toutes les tailles. Cette recherche scientifique suggère pourtant qu’il peut y avoir un côté bancal à pratiquer un régime faible en glucides.

Testostérone, cortisol et régime hypoglucidique

Les physiologistes ont réalisé une étude comprenant 20 athlètes d’endurance bien entraînés, qui pratiquaient tous un entraînement plus de 5 fois par semaine. La moitié d’entre eux ont pratiqué un régime alimentaire pendant 5 jours qui comprenait 60% de leur énergie sous forme de glucides [Control CHO], l’autre moitié du groupe a reçu un régime où 30% de leur énergie venaient des glucides [Low CHO]. Durant les journées 2, 3 et 4, les sujets devaient faire du cycle stationnaire pendant une heure à 75% de leur consommation maximale d’oxygène.

Pendant les séances de travail sur le cycle, les athlètes du groupe {Low CHO} ont reçu une boisson pour sportifs composée de glucose. Les athlètes du groupe de {Control CHO} ont reçu un shake contenant 45 grammes de protéine. Lorsque les chercheurs ont mesuré les concentrations de testostérone libre et de cortisol dans le sang des sujets, ils ont remarqué que dans le groupe {Low CHO}, ces hormones avaient diminué au cours de l’expérience.

Concentration-de-testosterone-et-de-cortisol-en-fonction-d-un-regime-pauvre-en-glucides

Les scientifiques se sont intéressés au ratio entre la testostérone libre et le cortisol. Cet équilibre est resté plus ou moins constant dans le groupe de contrôle. Dans le groupe {Low CHO}, il est descendu rapidement.

Concentration-de-testosterone-et-de-cortisol-en-fonction-d-un-regime-hypoglucidique

L’expérience n’a duré que 5 jours. D’autres études ainsi que l’expérience de personnes qui suivent un régime faible en glucides nous disent que le corps prend quelques semaines à s’habituer à un apport faible en glucides. Les athlètes de cette expérience pourraient très bien avoir réagi différemment si l’expérience avait duré quelques mois au lieu de quelques jours.

Un des messages à retenir de cette étude est que, si vous suivez ce genre de régime, vous seriez bien inspiré de consommer des glucides à proximité de votre séance d’entraînement.

Source de l’article: Low carb + intensive training = fall in testostérone levels

Source Ergo-log: Eur J Appl Physiol. 2010 Apr; 108 (6): 1125-31.

Traduction par Eric Mallet pour Espace Corps Esprit Forme

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