La perte de poids rendrait les hommes plus masculins

graisse-estradiol-testosteroneLes hommes un peu trop gras seraient moins masculins. La graisse qu’ils transportent féminiserait leur équilibre hormonal en faveur de l’estradiol et réduirait leur taux de testostérone. Mais l’inverse serait également vrai: si les hommes trop gras maigrissaient, leur taux de testostérone augmenterait aussi (!).

La graisse corporelle, la testostérone et l’estradiol

Les cellules adipeuses synthétisent l’enzyme aromatase qui convertit la testostérone, l’hormone sexuelle masculine en estradiol, l’hormone sexuelle féminine. Plus les hommes sont gros, moins de testostérone et plus d’estradiol circulent dans leur corps.

Parce que l’estradiol indique au cerveau qu’il y a beaucoup d’hormones stéroïdes circulant dans le sang, le cerveau réagit à un niveau élevé d’estradiol en diminuant la quantité de LH et de FSH qu’il sécrète. LH et FSH stimulent la production de testostérone et de sperme dans les testicules. Si les taux de ces deux hormones sont moins élevés, celui de la testostérone diminue ainsi que la qualité du sperme. Certaines études suggèrent qu’il existe un lien entre le surpoids, une baisse de la fertilité et des problèmes d’ordre sexuels.

L’étude scientifique sur le rapport entre la perte de poids, l’estradiol et la testostérone

La solution ? Perdre du poids, cela parait évident. Mais pour être vraiment convaincu, vous voulez voir une étude qui montre que les hommes gros deviennent plus masculins après avoir perdu du poids. Des endocrinologues danois de l’Université d’Aarhus ont donc fait une expérience sur 43 hommes âgés de 20 à 59 ans dont l’IMC était supérieur à 33.

Les hommes ont suivi un régime alimentaire et un programme d’exercices de 14 semaines pour perdre du poids. Avant de commencer le programme, les chercheurs ont mesuré les niveaux d’hormones et la qualité du sperme des hommes. Le tableau ci-dessous montre qu’au plus l’IMC était élevé, au plus les valeurs étaient mauvaises.

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Les chercheurs ont répété les mesures pour 27 des sujets une fois le programme terminé. Dans le tableau ci-dessus, nous avons ombré les effets statistiquement significatifs. Ces derniers montrent que la perte de poids rend les hommes plus fertiles et augmente leur taux de testostérone.

Conclusion

“Pour conclure sur cette étude pilote, nous avons observé que le profil altéré des androgènes avait tendance à s’améliorer après la perte de poids. Et que la perte de poids pouvait potentiellement conduire à une amélioration de la qualité du sperme”, écrivent les chercheurs.

Source de l’article: Weight loss makes fat men more masculine

Source Ergo-log: Reprod Health. 2011 Aug 17;8:24.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Taux de testostérone chez l’homme après 50 ans: l’âge ne serait pas en cause…

age-taux-de-testosteroneÀ mesure que les hommes adultes vieillissent, leur taux de testostérone baisse, des dizaines d’études scientifiques ont rendu cette conclusion. Mais selon les chercheurs de l’American Cooper Institute, la relation entre le vieillissement et la testostérone est un peu plus complexe. Les Américains ont examiné environ 3000 hommes en bonne santé âgés de 50 à 79 ans et n’ont trouvé aucune association entre l’âge et la testostérone. Mais ils ont découvert que l’IMC et la condition physique avaient un impact significatif sur la concentration de testostérone dans le sang des hommes.

L’étude sur le vieillissement et la testostérone

Les chercheurs ont mesuré les taux de testostérone des participants à l’étude le matin. Ils ont établi un classement selon un taux de testostérone inférieur à 250 nanogrammes par décilitre comme limite basse. Un niveau de 250 à 399 nanogrammes par décilitre était considéré comme normal mais bas et un niveau de plus de 400 nanogrammes par décilitre comme normal.

Les chercheurs ont également retiré un homme de leur échantillon car son taux de testostérone dépassait les 3000 nanogrammes par décilitre. L’individu en question n’avait signalé aucune utilisation pharmaceutique mais les chercheurs ont néanmoins décidé de ne pas le croire.

Les chercheurs ont fait courir les hommes sur un tapis roulant afin de pouvoir mesurer leur forme physique. Ils ont également déterminé leur poids. Ensuite, ils ont cherché à savoir s’ils pouvaient trouver une association entre la condition physique des hommes, leur IMC, leur âge et leur taux de testostérone.

Les résultats de l’expérience sur le taux de testostérone et l’âge

L’âge n’était pas déterminant sur les niveaux de testostérone des hommes. Qu’il s’agisse d’hommes âgés de 50 à 59 ans, de 60 à 69 ans ou de 70 à 79 ans, dans tous les groupes, le pourcentage d’hommes présentant un faible taux hormonal était compris entre 10 et 11%.

L’IMC et la condition physique ont influencé les niveaux de testostérone. Plus les hommes étaient en forme et plus leur IMC était faible, plus leur taux de testostérone était élevé.

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Conclusion

“Cette étude transversale ne soutient pas l’affirmation selon laquelle la testostérone diminue uniformément avec le vieillissement chez les hommes en bonne santé d’âge moyen à âgés”, résument les chercheurs. “Le constat de taux de testostérone similaires sur plusieurs décennies suggère qu’une baisse pour cette hormone n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement.”

“Les niveaux de testostérone étaient inversement associés à l’IMC et positivement à la condition physique. Cette nouvelle découverte d’une forte association entre la condition physique mesurée objectivement avec une testostérone normale dans les groupes les plus âgés présente des implications intéressantes.”

“Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les implications de nos résultats, y compris pour les niveaux de testostérone attendus chez les personnes en bonne santé. Si les niveaux de testostérone augmentent alors que la condition physique s’améliore, et si les niveaux de testostérone peuvent être maintenus malgré un excès de poids et/ou la présence de maladies chroniques dans le cadre d’une condition physique modérée à élevée”.

Source de l’article: Testosterone levels in men over 50: age is not a factor

Source Ergo-log: Maturitas. 2018 Dec;118:1-6. doi: 10.1016/j.maturitas.2018.09.004. Epub 2018 Sep 29.

Traduction Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Associer Arginine, Ornithine et vitamine B12 produirait un effet anabolisant sur des powerlifters

Les culturistes ou les powerlifters qui prendraient un mélange d’arginine, d’ornithine et de vitamine B12 seraient susceptibles de progresser plus rapidement. Selon une étude polonaise publiée dans le Journal of Strength & Conditioning Research, cette combinaison augmenterait la production d’IGF-1 et d’hormone de croissance.

Une étude scientifique sur une association d’acides aminés et de vitamine B12

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La L-Arginine

Les Polonais ont donné un mélange d’arginine, d’ornithine et de vitamine B12 à 9 personnes âgées de 18 à 33 ans pendant 3 semaines. Pour être plus précis: les sujets testés ont pris 3 grammes de L-Arginine et 2,2 grammes de L-Ornithine avec une dose monstrueuse de 12 mg de vitamine B12, deux fois par jour. Comme vous le savez l’Ornithine est un précurseur de la L-Arginine. Un groupe témoin de 8 athlètes a pris un placebo.

Les chercheurs Polonais ont demandé aux powerlifters de ne faire que quelques séries au cours des 3 semaines qu’a duré l’étude. Les powerlifters n’ont fait que des développés couchés, des squats et du soulevé de terre. Pour chaque exercice, ils ont fait 5 à 8 séries de 1 à 3 répétitions. La charge était de 90 à 120% du poids auquel ils pouvaient simplement gérer 1 répétition.

Résultats de l’étude

Durant les 3 semaines de durée de l’étude, la concentration de l’hormone de croissance a augmenté chez les utilisateurs d’arginine. Cela n’est pas vraiment surprenant. L’Arginine est un facteur limitant pour la production de l’hormone de croissance. Si vous donnez de l’arginine à une personne, elle libèrera plus de somatropine*.

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Chez ceux qui avaient pris de l’arginine, la concentration d’IGF1 a également augmenté mais moins fortement.

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Le supplément a eu peu d’effet sur la protéine de liaison IGFBP-3, et aucun effet sur les taux de cortisol et de testostérone. Le supplément n’a également eu qu’un très faible effet sur les marqueurs de lésions musculaires tels que l’acide lactique [LA] et l’acide lactique déshydrogénase [LDH]. Cela peut être dû au fait que le volume d’entraînement des sujets était faible et qu’ils ne s’entraînaient pas jusqu’à l’échec. Donc, ils ne s’entraînaient sans doute pas assez. S’ils s’étaient entraînés plus intensément, le supplément pourrait avoir eu un effet.

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Conclusion

Les effets positifs sur l’hormone de croissance et l’IGF-1 devraient être suffisamment importants pour améliorer la croissance musculaire. En théorie… Mais si la supplémentation en L-Arginine entraîne vraiment une augmentation de la force ou de la masse musculaire, il semble que cela soi difficile à affirmer à partir de cette étude.

Source de l’article: Combination of Arginine, Ornithine and Vitamin B12 has anabolic effect on powerlifters

Source Ergo-log: J Strength Cond Res. 2010 Apr;24(4):1082-90.

* Comme nous l’avions déjà vu avec l’article de synthèse sur les secrétagogues, l’arginine n’est que rarement suffisante pour produire une augmentation endogène significative de la somatropine, du moins dans des valeurs qui présentent un réel intérêt pour la croissance musculaire des athlètes.

Eric Mallet

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Stratégie pour la longévité: Gardez un taux de DHEA, testostérone et IGF 1 élevé

dheaLes plus de 65 ans cherchant à optimiser leurs chances de survie devraient maintenir des concentrations de DHEA, de testostérone et d’IGF-1 élevé dans leur organisme. Ceci est d’ailleurs suggéré par une étude épidémiologique que les chercheurs italiens de l’Université de Parme ont publié en 2007 dans les Archives of Internal Medicine.

L’étude scientifique sur les taux d’hormones endogènes

Les chercheurs ont suivi 410 hommes âgé de 65 à 92 ans pendant 6 ans. Juste avant le début de l’étude scientifique, ils ont mesuré la concentration de DHEA-S, de la testostérone biodisponible et de l’IGF 1 présent dans le sang des sujets de l’expérience.

Les résultats de l’étude sur les facteurs hormonaux

Les concentrations associées des hormones anabolisantes DHEA, testostérone et IGF 1, après que les chercheurs aient filtré les données en rapport à l’âge, le niveau d’éducation, le taux de graisse corporelle et d’autres facteurs, représentaient des prédicateurs solides des chances de survie des hommes de l’expérience.

Le tableau ci-dessous montre que, avec une concentration élevée ou moyennement élevée de ces hormones, environ 90% des sujets étaient encore en vie 6 ans après. Parmi les hommes dont la concentration de ces trois hormones dans le sang était basse, seul un quart d’entre eux était encore en vie après 6 ans.

 

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“Il est concevable que la DHEA-S, la testostérone et l’IGF-1 aient des effets synergiques”, ont spéculé les Italiens. “Par exemple, la DHEA-S peut être convertie en testostérone dans les tissus périphériques alors que certaines des actions périphériques de la DHEA-S et de la testostérone peuvent être médiées par l’IGF-1 généré par les tissus. Quant au vieillissement de la population, à la fois la DHEA-S et la testostérone ont eu un effet protecteur conjoint sur les taux de mortalité à 30 ans. “

Conclusion

“Les résultats de cette étude présentent d’importantes implications cliniques et conceptuelles”, ont écrit les chercheurs. “Comme les études épidémiologiques antérieures chez les patients âgés ne se sont concentrées que sur un seul déclin hormonal plutôt que sur une déficience anabolique multiple, nous suggérons que l’évaluation de ces 3 hormones anabolisantes soit toujours envisagée chez les hommes plus âgés”.

“Les futures études devraient également clarifier le lien entre la déficience de ces trois axes hormonaux différents et la mortalité par causes spécifiques chez les hommes plus âgés. Les résultats de cette étude soulèvent la possibilité qu’un dérèglement multiple plutôt qu’une dérégulation unique des hormones anaboliques soit un puissant marqueur d’un mauvais état de santé et peut-être, qu’il accélère le vieillissement chez les hommes plus âgés.”

“Une fois que nos résultats auront été confirmés dans d’autres populations, des possibilités thérapeutiques s’ouvriront sur des essais cliniques de remplacement hormonal multiple chez les hommes âgés.”

Quelques suppositions…

A juste titre, nous pourrions supposer que l’idée d’un remplacement hormonal serait peut-être trop simple car Il se peut que les hormones anabolisantes endogènes ne contribuent pas à maintenir le corps en bonne santé, mais plutôt qu’un corps sain produise des quantités relativement importantes d’hormones anabolisantes.

Si tel est le cas, cela peut ouvrir plus de possibilités. Cela signifierait qu’au moins certains programmes d’entraînement physique, d’interventions diététiques et de changements de mode de vie pouvant stimuler la production d’hormones anabolisantes pourraient engendrer d’autres effets intéressants sur la santé.

Source de l’article: Longevity strategy: keep up your DHEA, testosterone and IGF 1 levels

Source Ergo-log: Arch Intern Med. 2007 Nov 12;167(20):2249-54.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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Une étude à large échelle sur les effets secondaires des stéroïdes apporte de mauvaises nouvelles aux utilisateurs

Un petit nombre d’études scientifiques sur l’homme, un grand nombre d’études de cas ainsi qu’un grand nombre d’études chez les animaux ont déjà montré que les stéroïdes anabolisants ne sont pas bons pour le cœur et les vaisseaux sanguins. A ce jour, les cardiologues américains ont publié la plus large étude humaine sur l’effet des stéroïdes sur le système cardiovasculaire. Et encore une fois, les résultats ne sont pas rassurants.

L’étude scientifique

Les chercheurs ont examiné le cœur et les vaisseaux sanguins de 86 utilisateurs masculins de stéroïdes qui avaient pris des substances hormonales illégales pendant une moyenne de sept ans. Chacun de ces hommes étaient des bodybuilders expérimentés. Les chercheurs ont comparé ce groupe d’utilisateurs à un groupe de 54 non-utilisateurs, également passionnés de bodybuilding. Ils s’entraînaient aussi souvent et intensément que les utilisateurs de stéroïdes anabolisants.

Les résultats de l’étude sur les stéroïdes

Les substances anabolisantes telles que les stéroïdes et l’hormone de croissance peuvent provoquer une croissance anormale du muscle cardiaque avec une pression artérielle élevée. De là, les parois du muscle cardiaque peuvent devenir trop épaisses et rigides. En conséquence, le cœur ne pourrait pas pomper autant de sang dans l’organisme.

L’une des mesures que les cardiologues utilisent pour exprimer la capacité du cœur à pomper du sang riche en oxygène autour du corps est la fraction d’éjection systolique du ventricule gauche.

Le tableau ci-dessous montre que pour presque tous les non-utilisateurs, la fraction d’éjection systolique du ventricule gauche était normale. Cependant, ce n’était pas le cas pour un certain nombre d’utilisateurs d’anabolisants, en particulier ceux qui utilisaient des stéroïdes pendant l’étude. La condition physique des utilisateurs hors cycle était moins alarmante, ce qui suggère que pendant la période où les bodybuilders ne prenaient pas d’anabolisants stéroïdiens, le cœur se rétablissait dans une certaine mesure.

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Le tableau ci-dessous est plus alarmant. Il montre la quantité de plaque présente dans les vaisseaux sanguins qui reçoivent le sang oxygéné du cœur. Au plus il y a de plaque, au plus les vaisseaux sanguins sont bouchés et au plus les risques de crise cardiaque sont élevés. Les utilisateurs d’anabolisants stéroïdiens présentaient un pourcentage de plaque nettement plus élevé que les non-utilisateurs.

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La quantité de plaque accumulée dans les vaisseaux sanguins des utilisateurs de stéroïdes anabolisants a augmenté, relativement à la durée de la prise des anabolisants. Peu de changements étaient visibles au cours des 6 à 7 premières années, mais ensuite, les risques de dépôt de plaque ont augmenté chaque année suivant l’usage des substances.

Conclusion

“Nos résultats suggèrent que l’utilisation de stéroïdes anabolisants et d’androgènes est associée à une dysfonction ventriculaire gauche ainsi qu’à une maladie coronarienne prématurée” concluent les chercheurs. “Ces résultats peuvent tenir lieu d’informations auprès des organismes de santé publique afin de freiner l’exposition aux médicaments et de fournir des données scientifiques aux cliniciens, ce qui se traduirait par une amélioration des soins prodigués aux patients”.

Source de l’article: Biggest study on cardiovascular side effects of steroids brings bad news for users

Source Ergo-log: Circulation. 2017 May 23;135(21):1991-2002.

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Plus de sommeil et vous pourriez doubler votre taux de testostérone

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Le sommeil est indissociable de votre santé !

Les hommes vieillissants peuvent parfois doubler leurs niveaux de testostérone en profitant de plus de sommeil, selon une étude humaine que Plamen Penev de l’Université de Chicago a publiée dans Sleep Medicine Reviews.

Un manque de sommeil et…

Pratiquement chacun de nous souffrons probablement d’un sommeil trop court, principalement parce que nous sommes accaparés chaque jour par la technologie. Celle-ci nous permet de générer de la lumière la nuit. Elle nous offre des divertissements et des informations 24 heures sur 24 grâce aux médias électroniques et nous permet de nous contacter à volonté. Chaque soir, lorsque notre corps nous dit qu’il est temps de dormir, il nous arrive aussi de faire mille autres choses à la place.

Le sommeil et nos hormones

Trop peu de sommeil perturbe notre équilibre hormonal. Ce trouble rend notre corps moins sensible à l’insuline par exemple. Des chercheurs néerlandais ont récemment montré qu’après seulement une nuit de quatre heures de sommeil, la sensibilité à l’insuline de jeunes hommes avait diminué de 20% et d’un quart pour des diabétiques.

Dans ce dernier cas, le manque de sommeil est cliniquement pertinent. De la sorte, les médecins pourraient déjà conseiller aux diabétiques qui réagissent mal à leurs médicaments de dormir plus. “La durée du sommeil pourrait devenir une autre cible thérapeutique pour améliorer la glucorégulation du diabète de type 1” affirment les chercheurs néerlandais.

Le sommeil et la testostérone

La testostérone est aussi affectée par la quantité de sommeil dont vous bénéficiez. Cela n’a rien d’extraordinaire puisque notre corps produit plus de testostérone lorsque nous dormons que lorsque nous sommes éveillés. Nous avons pris le tableau ci-dessous en exemple à partir de l’étude mentionnée ici. Il montre à quel degré la testostérone est présente dans le sang chez les hommes de 22 à 32 ans pendant le sommeil et pendant le reste de la journée. Au plus les hommes dorment bien, au plus leur niveau de testostérone augmente alors qu’ils dorment.

Testosterone-et-sommeilEn moyenne, les hommes de plus de quarante ans présentent un taux de testostérone qui diminue de 1 à 2% par an. Pourtant, les chercheurs rencontrent parfois des hommes de 80 ans avec un niveau hormonal comparable à celui d’un jeune homme. Ajoutez à cela le fait que beaucoup d’hommes plus âgés – mais pas forcément tous – dorment de moins en moins à mesure qu’ils vieillissent et vous aboutissez forcément à l’hypothèse que Plamen Penev voulait tester dans son étude. Le niveau de testostérone diminue t-il chez les hommes plus âgés parce qu’ils dorment moins ?

Penev a basé sa théorie sur, entre autres choses, des recherches scientifiques réalisées par Eve Van Cauter. Chercheuse sur le sommeil à l’Université de Chicago, elle est très connue dans le domaine de l’endocrinologie. Van Cauter avait découvert au début du 21ème siècle que les hommes de quarante ans faisait moins de testostérone en dormant que dans leur vingtaine.

L’étude scientifique sur le rapport entre la testostérone et le sommeil

Penev a mesuré la quantité de testostérone 12 hommes minces, sains et non-fumeurs âgés de 64 à 74 ans dans leur sang le matin. Il a également amené les hommes à porter un petit gadget autour de leur poignet, ce qui lui a permis de voir combien d’heures par nuit ils dormaient. Les résultats variaient de 4,5 à 7,5 heures par 24 heures. Au plus les hommes dormaient, comme les chiffres ci-dessous le montrent, au plus de testostérone circulait dans leur sang.

 

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Les hommes qui dormaient le moins avaient un niveau de testostérone de 200 à 300 ng/dl de sang. C’est un montant normal pour les hommes de cet âge mais dans la moyenne faible. A l’opposé, les hommes qui dormaient le plus présentaient un niveau de testostérone deux fois plus élevé: 500 à 700 ng/dl. C’est un niveau que vous vous attendez à retrouver chez des jeunes hommes en bonne santé.

Conclusion de l’étude

“Ces résultats suggèrent que les plaintes concernant un sommeil médiocre ou insuffisant chez les hommes âgés mais en bonne santé pourraient être associées à un déclin des androgènes plus prononcé en rapport avec l’âge”, écrit Penev. «La prise en compte  de ce genre de plaintes à propos d’un sommeil insuffisant chez les patients âgés par le médecin pourrait le mener à une interprétation judicieuse quant à des niveaux inférieurs de testostérone chez ces sujets».

Avant que les hommes n’envisagent de réaliser une thérapie à base de testostérone, ils pourraient d’abord mesurer le nombre d’heures de sommeil dont ils bénéficient. Et pensez que «mesurer» est différent de «deviner» ou d’«estimer». La plupart des gens surestiment le nombre d’heures effectivement prises. C’est également le cas dans l’étude de Penev. Les hommes pensaient qu’ils dormaient sept heures et quart par jour en moyenne mais les enregistrements du chercheur ont montré qu’ils ne dormaient vraiment que six heures.

Source de l’article: More sleep can double your testostérone level

Source Ergo-log: Sleep. 2007 Apr;30(4):427-32.


Note: Sans vouloir tirer de conclusions hâtives ni de relation de cause à effets qui ne seraient pas fondées sur des recherches scientifiques solides, je vous proposerais simplement de relire cet article sur la mélatonine de la SuppVersity. On y apprend que l’hormone du sommeil bloque efficacement l’aromatase qui convertit la testostérone en œstrogènes. Un meilleur sommeil pourrait donc, indirectement, favoriser une aromatisation réduite de l’hormone mâle par la médiation de la mélatonine et donc, favoriser une quantité plus importante de testostérone circulant dans le sang. A tous égards, cette intuition mériterait une investigation scientifique sérieuse, si ce n’est déjà fait. Dans tous les cas, nous venons à nouveau de constater qu’un sommeil profond et suffisant est indispensable à notre santé et à nos performances sportives.

Après vérifications, et quelques études incongrues sur les variations hormonales et le comportement de chameaux et dromadaires (!) placés en boxes, deux études ont attiré mon attention. Si vous n’êtes pas trop chameau et que vous avez toujours la bosse de la musculation, jetez-y un œil rapide:

  • Jensen MA, Hansen ÅM, Kristiansen J, Nabe-Nielsen K, Garde AH, Changes in the diurnal rhythms of cortisol, melatonin, and testosterone after 2, 4, and 7 consecutive night shifts in male police officers, Chronobiol Int. 2016 Aug 11:1-13
  • Akindele OO, Kunle-Alabi OT, Adeyemi DH, Oghenetega BO, Raji Y, Effects of vitamin E and melatonin on serum testosterone level in sleep deprived Wistar rats, Afr J Med Med Sci. 2014 Dec;43(4):295-304
  • Donga E et al, A single night of partial sleep deprivation induces insulin resistance in multiple metabolic pathways in healthy subjectsJ Clin Endocrinol Metab. 2010 Jun;95(6):2963-8.
  • Donga E et al, Partial sleep restriction decreases insulin sensitivity in type 1 diabetes, Diabetes Care. 2010 Jul;33(7):1573-7.
  • Axelsson J et al., Effects of acutely displaced sleep on testosterone, J Clin Endocrinol Metab. 2005 Aug;90(8):4530-5.
  • Luboshitzky R, Disruption of the nocturnal testosterone rhythm by sleep fragmentation in normal men, J Clin Endocrinol Metab. 2001 Mar;86(3):1134-9.

Article à lire de Plamen Penev et de ses collègues: The Metabolic Consequences of Sleep Deprivation, Sleep Med Rev. 2007 Jun; 11(3): 163–178.

Eric Mallet

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Petite histoire des secrétagogues de l’hormone de croissance

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Arginine, Glycine ou Ornithine sont-ils des secrétagogues de la Hgh ?

En termes d’anabolisme musculaire, la recherche scientifique a pris coutume de distinguer la capacité anabolisante d’une molécule avec la quantité d’emmerdes qu’elle pourra vous occasionner en rapport à une référence bien connue qui est celle de la testostérone. Pour les compléments alimentaires cependant, il n’y a aucune crainte à avoir mais quelques doutes cependant lorsqu’il s’agit du premier point. Cela dit, lorsqu’il s’agit des sécrétagogues de la somatropine, le calcul sera quelque peu différent, pour l’insuline également. On émettra peut-être l’hypothèse que l’insuline produit l’anabolisme le plus fort par rapport à ses deux collègues déjà cités. Disons que d’avancer ce genre d’argument débouche généralement sur un débat sans fin. Donc, comme vous le savez très bien, tout se joue entre l’équilibre anabolisme/catabolisme puisque c’est de ce rapport que naitra l’hypertrophie… ou pas.

Les secrétagogues sont des substances aminés libres ou peptidiques qui stimulent la libération hormonale endogène

Toujours est-il que lorsque l’on aborde le sujet de l’hormone de croissance et son rôle sur la croissance musculaire, on vous parlera des sécrétagogues. Notez que dans cet article, j’utilise indifféremment les termes d’hormone de croissance, de somatropine, de somatotropine, de GH ou de Hgh. Bref… D’un côté, on retrouve les peptides du type GHRP mais ce n’est pas l’objet de cet article et de l’autre, certains acides aminés libres comme l’arginine, l’ornithine et ses métabolites en alpha cétoglutarate comme l’OKG, la Glycine et la L-Lysine, ainsi que le GABA et le Mucuna pruriens puisqu’il contient de la L-Dopa. Je mettrais pourtant ce dernier au placard de mon article, je ne vais pas vous en coller des tartines à n’en plus finir… Cependant, ces quelques acides aminés ont tous prouvés qu’ils avaient, sous certaines conditions, la capacité d’augmenter la libération de l’hormone de croissance comme les différentes recherches cliniques l’ont démontré au cours du temps. En voici l’histoire, brièvement racontée.

Secretagogue-Hgh-arginine-glycine-ornithine

Compter sur les secrétagogues de la GH pour améliorer l’anabolisme est-il une bonne stratégie ?

Comme vous vous en doutez, la recherche clinique effectuée sur la somatotropine n’avait pas pour objet d’obtenir je ne sais quelle hypothétique fontaine de jouvence ni même de préserver ou d’améliorer les performances physiques des athlètes mais de déterminer si ces acides aminés pouvaient être utilisés à des fins thérapeutiques. En termes de molécules miracles de l’anti-âge, on est encore loin du compte même si la recherche avance vraiment très vite et en termes de vocation ergogène des secrétagogues, cela reste assez aléatoire pour les acides aminés libres, illégal sans ordonnance pour les GHRP. Cependant, le potentiel sécrétagogue de ces acides aminés en rapport à l’hormone de croissance a bien été utilisé à des fins ergogènes depuis la fin des années 1980, sans que l’on sache s’ils pouvaient vraiment créer une différence statistique notable.

En effet, la recherche clinique effectuée sur les acides aminés libres est assez récente puisqu’elle remonte aux années 1970 alors que la découverte des premiers GHRP remonte au tout début des années 1960. En effet, c’est en 1959 qu’un chercheur du nom de Seymour Reichlin va émettre l’hypothèse d’une substance induisant la libération de la somatropine au niveau de l’hypothalamus. La synthèse de la GHRF (Hypothalamic Growth Hormone Relaesing Factor) sera réalisée en 1971. C’est précisément ce facteur qui induit la libération de GH, contrairement à la somatostatine qui l’inhibe. Celle-ci sera isolée en 1971 également.

La découverte des premiers sécrétagogues sous forme de peptides date de la fin des années 1970

A la suite, les travaux du Dr. Cyril Bowers permettront la découverte des différents peptides GHRP qui stimulent la libération de l’hormone de croissance. Les mécanismes neuroendocriniens qui contrôlent la régulation de la GH seront ensuite découverts par Roger Guillemin, lequel sera récompensé par un prix Nobel de Physiologie et de Médecine en 1977. La découverte des sites des récepteurs cellulaires des sécrétagogues GHRP, des seconds messagers cellulaires et de leur expression génétique se poursuivra ensuite pendant plus de 20 ans. A ce jour, on suppose l’existence d’un analogue au GHRP qui interviendrait sur la régulation GHRF/somatostatine mais cette molécule n’est pas encore été totalement identifiée. Cependant, nous ne sommes plus ici dans le domaine des compléments alimentaires. Il s’agit maintenant de déterminer si les acides aminés libres pré-cités présentent une activité stimulatrice réelle et suffisante de la Hgh, du moins à des fins de stimulation améliorée de l’anabolisme.

La L-Arginine, un acide aminé qui influencerait la libération de la somatropine

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Quel est le potentiel stimulant de l’arginine sur la stimulation de l’hormone de croissance ?

Acide aminé isolé en 1895, l’arginine est connue comme étant un sécrétagogue de la Hgh, principalement en tant qu’inhibiteur de la somatostatine (par le biais de l’oxyde nitrique ou de manière directe) même si, suivant le contexte (personnes jeunes, âgés, pré-exercice…) elle donnera des résultats statistiquement significatifs ou totalement négatifs. Cependant, la L-Arginine agit sur plusieurs voies  métaboliques, ce qui explique en partie la complexité de son action et la valeur parfois aléatoire de ses effets en tant qu’acide aminé isolé. Comme sécrétagogue, elle agirait sur la glande pituitaire, le pancréas et les glandes adrénales.

Quant à la GH, l’arginine a prouvé qu’elle en augmentait le niveau basal et qu’elle améliorait la réponse à la GHRF chez l’animal et chez l’homme {Muller E., Casanueva F., Chigo E., Frohman L. A.}. Dans la plupart des cas, une faible dose comme une dose élevée se sont toutes deux montrés efficaces lorsqu’elles étaient administrées chez des enfants ou des personnes âgées {Bellone J. et Al., Chigo E. & Al.}. Cependant, les expériences cliniques ont démontré que l’arginine (prise seule) était incapable de modifier l’augmentation spontanée et nocturne de Hgh ni d’influencer l’action pro Hgh de la Ghréline, ni de modifier la baisse de réponse GH/IGF1 chez les personnes âgées {Elsair C.}.

L’arginine n’est pas le meilleur des secrétagogues de la GH

Cas plus inquiétant en ce qui concerne l’objet du blog dont vous êtes occupé à lire un article, des études cliniques réalisées en phase de pré-exercice ont démontré que l’arginine avait tendance à bloquer la libération de Hgh, particulièrement chez des sujets jeunes {Marcell TJ et Al.}. Cependant, et c’est là que se situe tout l’intérêt de ces recherches, c’est que la forme aspartate de L-Arginine a démontré sa capacité à augmenter la libération de Hgh de 60% lors du repos nocturne comparativement à un groupe de contrôle {Elsair C.}. Toujours est-il que cette augmentation reste modeste et n’offre que très peu d’intérêt dans le cadre des performances des sports de force.

D’autres études cliniques ont été effectuées avec un pyroglutamate d’arginine et de la lysine, administrés simultanément chez des sujets humains {Isidori A. et Al.}. Cependant, une étude similaire mais basée uniquement sur l’administration de 1200 mg de L-Lysine n’a pas permis de constater une élévation statistiquement significative de l’hormone de croissance {Corpas E et Al.}. Seule l’association des deux acides aminés a permis de constater une augmentation de libération de la somatropine  de deux à huit fois la valeur de base, 30 à 120 minutes après ingestion {ibid.}.

L’ornithine exercerait ses effets de sécrétagogue sous la forme d’alpha cétoglutarate

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La L-Ornithine est-elle à considérer comme un secrétagogue de la somatropine ? (image acides-aminés.com)

Le cousin bien connu de l’arginine, l’ornithine, semblerait offrir un intérêt supérieur, principalement sous sa forme d’ornithine alpha cétoglutarate. La recherche clinique effectuée sur cet acide aminé permet actuellement d’ouvrir des voies thérapeutiques probablement intéressantes, notamment dans le cadre de la sarcopénie et autres problèmes de santé liés à une augmentation du catabolisme musculaire. Étudié depuis plus de 20 ans, l’OKG a permis à des patients hospitalisés de conserver une balance azotée positive avec des doses supérieures à 12 grammes par jour. La recherche scientifique a mis en évidence que l’OKG pouvait bloquer les effets destructeurs de la cortisone et stimuler la libération d’insuline et d’hormone de croissance tout en stimulant la hausse de la production d’arginine et de glutamine {Vaubourdolle M, Cynober L., Jeevanandam M., Krassowski J.} . Cependant, 12 à 15 grammes d’OKG représentent déjà une dose massive de cet acide aminé.

Ce qu’il faut retenir des effets cliniques positifs engendrés par l’ornithine, c’est que l’OKG, administré oralement à forte dose, a permis une augmentation plus élevée de glutamine et d’arginine dans le sang qu’une administration orale de ces deux mêmes acides aminés. Et comme vous le savez, la L-Glutamine et L-Arginine ont tous deux un rôle important à jouer dans la synthèse des protéines. Tout ceci nous laisse à penser que l’OKG présente des avantages supérieurs à l’arginine seule dans le cadre des molécules sécrétagogues bien que l’arginine elle-même soit un acide aminé doté d’un intérêt particulièrement élevé pour un nombre important de métabolismes et de réactions biochimiques.

La Glycine, un acide aminé à considérer comme un secrétagogue potentiel

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La glycine serait un secrétagogue de la Hgh sous certaines conditions ?

La Glycine est l’acide aminé le plus abondant de la protéine la plus essentielle à l’être humain, c’est à dire le collagène. En effet, il s’agit d’une protéine présente dans une majorité de tissus organiques et pas seulement dans la peau ou les tissus conjonctifs comme beaucoup le croit encore. Archétype par excellence des acides aminés, la recherche s’intéresse de près à la Glycine depuis quelques années même si nous possédons pour l’instant, plus d’informations scientifiques sur l’arginine, la Leucine ou les BCAA par exemple. Cela n’infirme ou ne confirme donc rien quant aux qualités ou à l’utilité de la Glycine pour les athlètes et la performance sportive pour l’instant.

Quant à son utilité à stimuler la libération de GH, des études cliniques ont confirmé son appartenance à la famille très réduites des sécrétagogues scientifiquement démontrés. Plusieurs expériences effectuées avec des athlètes des sports de résistance ont mis en lumière l’élévation de la force physique tant chez des hommes (+ 32%) que des femmes (+ 22%), supposant que cette augmentation de force résultait d’une libération augmentée de la Hgh {Beard HH.}. A nouveau, le dosage utilisé au cours de ces expériences est à considérer comme élevé (entre 5 et 12 grammes de Glycine) et les résultats peu significatifs.

Une des études réalisées à cette fin et composée de 19 sujets en bonne santé, supplémenté avec 6,75 g de Glycine a permis une élévation significative de la somatropine durant 3 heures, avec un pic de 3 à 4 fois le niveau de base, deux heures après administration. Selon les chercheurs, la Glycine est une des molécules sécrétagogues qui aurait stimulé la glande pituitaire pour qu’elle libère un niveau plus élevé d’hormone de croissance {Kasai K.}. A l’opposé, une étude portant sur 8 individus masculins ayant pris 6 à 12 grammes de glycine pendant 10 jours n’a pas permis de mettre en évidence une augmentation de la force alors que le taux de créatine avait augmenté {Horvath SM. et Al.}.

Le GABA, un des secrétagogues de la somatotropine le plus sous-estimé

Le GABA, ou acide Gamma aminobutyrique, est un des sécrétagogues les plus sous-estimés par les athlètes alors que la recherche scientifique a plusieurs fois évoquée son rôle de libérateur de la GH. Plusieurs études ont mis en évidence son rôle de stimulant. Une étude clinique portant sur 19 sujets en bonne santé a mis en évidence une augmentation statistique de la Hgh avec l’administration de 5 grammes de GABA {Cavagnini F. et Al.}. Si le GABA joue un rôle important sur l’équilibre glucagon/insuline de par son rôle de régulateur comme le prouve les études cliniques basées sur la prise de cette molécule, ce neurotransmetteur présenterait une influence positive sur la fraction active de l’hormone de croissance. Une étude effectuée sur 11 jeunes athlètes en bonne santé ayant pris du GABA contre placebo a démontré une réponse de la Hgh environ deux fois plus élevée après exercices.

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Le GABA favoriserait la fraction active de la GH

Notons aussi que la vitamine B6 joue un rôle crucial de cofacteur pour l’enzyme nommée GAD (ou Glutamic Acid Carboxylase), enzyme permettant la fabrication du GABA. De manière très indirecte, on pourrait même dire par extrapolation que la vitamine B6 à dose élevée aurait son mot à dire sur la libération augmentée de la somatropine par le biais du GABA, et incidemment, sur sa fraction active. Par effet boule de neige, ce constat donnerait également du poids aux compléments de type ZMA, la vitamine B6 étant naturellement associée au zinc et au magnésium. Dernier corollaire à signaler sur la vitamine B6, celle-ci est souvent considérée comme la vitamine du rêve. Si vous m’avez bien suivi et que vous connaissez un tant soit peu les mécanismes d’expression de la GH, ceci expliquerait peut-être cela…

Conclusion sur les sécrétagogues de la somatotropine

L’ensemble des études cliniques sur les acides aminés libres à notre disposition nous laisse penser qu’une association de ces acides aminés libres sera toujours plus performante qu’une supplémentation isolée, sauf peut-être pour l’OKG qui présente un potentiel sans doute plus élevé en tant que secrétagogue nocturne – et diurne – de la Hgh, en plus de son rôle anti-catabolisant comme les études cliniques l’ont prouvé. Cependant à l’heure actuelle, il nous est impossible de dire si un mélange idéal d’acides aminés peut être pleinement efficace en tant que sécrétagogue endogène de l’hormone de croissance, à des fins ergogènes ou “anti-âge”. Les résultats à attendre des sécrétagogues se sont d’ailleurs révélés assez aléatoires, principalement du fait de la nature complexe des mécanismes d’actions et de contre-réactions impliquées dans le métabolisme de cette hormone que certains voient encore comme une espèce de fontaine de jouvence. Cependant, la réalité biologique est plus complexe que les désirs de longévité, surtout lorsqu’il s’agit des hormones et de leurs effets à court ou à long terme. Avec tout ceci, le GABA fait quand même un peu figure de cas à part, du moins serait-il à considérer comme un complément utile à ceux qui ont parfois du mal à trouver le sommeil…

Je vous retrouve rapidement pour d’autres articles, dont quelques traductions d’Ergo-log, et quelques écrits assez proches du sujet de cet article, c’est à dire de l’IGF-1, comme je vous l’avais précédemment annoncé. Cela dit, je ne peux, une nouvelle fois, que vous inciter à développer votre culture physique entre deux articles…

Eric Mallet

 

ÉLÉMENTS DE BIBLIOGRAPHIE

  • Barry B. Bercu, Richard F. Walker, Growth Hormones Secretagogues, Springer Science & Business Media, 6 décembre 2012 – 460 pages
  • Beard HH, Ed. Creatine and Creatinine Metabolism. Brooklyn Chemical Publishers, Brooklyn, NY, 1943.
  • Bucci L, Hickson JF, Pivarnik JM, Wolinsky I, McMahon JC. Ornithine ingestion and growth hormone release in bodybuilders. Nutr Res. 1990;10:2
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  • Vaubourdolle M, Cynober L, Lioret N, Coudray-Lucas C, Aussel C, Saizy R, Giboudeau J. Influence of enterally administered ornithine alpha-ketoglutarate on hormonal patterns in burn patients. Burns Incl Therm Inj. 1987;13(5):349-56.

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