En savoir plus sur le Tribulus, conseils et astuces

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Cet article est le premier d’une série d’articles consacrée à une molécule ou une substance naturelle isolée. Sans vouloir copier l’excellent site américain examine.com, je vous proposerais simplement un résumé avec des informations scientifiques crédibles et non-biaisés, contrairement à ce qu’on lit encore assez souvent sur le Web. Ces articles prendront donc un titre en “En savoir plus sur…“. Encore une bonne occasion de développer sa culture physique :-)

Tribulus terrestris

Le Tribulus terrestris

Aujourd’hui nous traiterons d’un végétal qui fait couler beaucoup d’encre dans le monde du culturisme et qui m’a d’ailleurs fait écrire un ou deux articles faisant partie des meilleures visites sur mon blog. Il s’agit du Tribulus terrestris. Souvent chargé d’allégations non fondées sur sa capacité – présumée – à augmenter le taux de testostérone chez l’homme, les choses sont cependant plus complexes que cela en réalité. La libération augmentée d’une hormone dépend d’un certain nombre d’actions et de rétroactions biochimiques complexes qui induiront ou non cette réaction. Pour le Tribulus terrestris, ce n’est tout simplement pas le cas, du moins pas tout à fait. S’ils suffisait d’une augmentation de l’hormone lutéinisante pour induire une élévation supraphysiologique de la testostérone, les chercheurs – et les utilisateurs – s’en seraient rendus compte. Cependant, ce végétal a prouvé qu’il pouvait contribuer à une libération saine de testostérone lorsqu’il y avait insuffisance, c’est à dire dans les normes de la biologie humaine, sans toutefois induire une différence significative. Voilà de quoi tarir quelque peu le mythe du Tribulus sans pour autant en faire une source de nutriments inutile, c’est ce que nous allons constater.

Origine(s) de la plante

Le Tribulus terrestris est un végétal connu de la médecine traditionnelle ayurvédique même s’il n’a pas été spécifiquement retrouvé en Inde. en effet, il s’agit d’une plante qui prolifère, largement répandue en Inde mais aussi en Chine et dans le sud de l’Europe ou en Bulgarie comme le veut la petite histoire. En médecine chinoise traditionnelle et en médecine ayurvédique, il est conseillé pour le traitement des troubles cardiovasculaires, urogénitaux et la libido. Le terme de Tribulus fait référence à une famille qui compte 25 espèces et dont la composition de chacune d’entre elles diffère de manière notable. Le genre Terrestris par exemple, est assez riche en quercétine (un antioxydant à fort potentiel) alors que le genre Alatus renferme des molécules telles que le spirostane, le cholestane ou le furostane qui sont impliqués dans les effets qu’il produit.

La composition du Tribulus terrestris

Saponines du Tribulus terrestris La plante contient majoritairement de la Protodioscine, considérée comme la molécule active majeure du Tribulus terrestris (jusqu’à près de 45% d’un extrait sec). La racine renferme également du pseudoprotodioscine, de la dioscine, de la diosgénine, du Tribulosine et d’autres molécules plus rares telles que l’hécogénine, de la protodibestine et de la tribestine (tous deux de la famille des Gitigénine), des spirostanols et furostanols (saponines), de l’acide dicoumaroylquinique et de la vitamine C (environ 0,9%). Le fruit du Tribulus renferme également plusieurs furostanols de la famille des saponines tels que les terrestroside A et B, de la terrestrinine B, terrestroneoside A, chloromaloside, ainsi que le tribufuroside B, I et J (glycosides).

Ce qu’il faut en retenir, c’est que les principales molécules retrouvées dans le Tribulus peuvent varier fortement d’une variété à l’autre comme nous l’avions montré avec la comparaison Terrestris/Alatus mais également en fonction de sa localisation géographique. Les effets sur l’organisme auront donc tendance à différer eux aussi. Toujours est-il que la protodioscine sera retrouvée en plus forte concentration pour le Tribulus terrestris originaire de Turquie, de Bulgarie et de Macédoine (avec une concentration plus que doublée par rapport à d’autres espèces). Par contre, le Tribulus terrestris du Vietnam et de l’Inde ne contiennent pas de tribestine ni de prototribestine alors qu’ils affichent une concentration nettement plus élevée de tribulosine que les Tribulus bulgare et turque (entre 50 et 150 fois plus).

Les effets potentiels du Tribulus terrestris

Tribulus-terrestris-fruit

Fruits du Tribulus terrestris

De nombreuses études scientifiques ont été réalisées sur ce végétal. D’un point de vue général, il faudra retenir que le Tribulus terrestris est un bon adaptogène lorsqu’il est pris en quantité raisonnable (un adaptogène est une plante qui facilite l’adaptation du corps humain au stress qu’il pourrait subir). La recherche animale a prouvé que des extraits de ce végétal présentaient une certaine capacité protectrice des organes, des reins et du foie en particulier. On soupçonne également la Tribulosine de présenter un potentiel cardioprotecteur assez prometteur même si d’autres études devront être réalisées à ce sujet.

Si vous lisez avec moi l’article d’examine.com sur ce sujet, il apparait que le Tribulus terrestris a peu de chance de produire un effet mélioratif sur la neurotransmission ni sur l’appétit d’ailleurs. Par contre, il pourrait présenter des effets analgésiques dans certains cas, du moins supérieurs à une administration de 300 mg/kg d’aspirine. Sur des rats stressés, il pourrait présenter des effets antidépresseurs, suggérant un effet adaptogène comme nous l’avions précisé.

Le Tribulus pourrait également présenter un intérêt sur le plan cardiovasculaire. La Tribulosine serait responsable de l’activation d’une protéine spécifique, kinase C epsilon, qui protège les cellules cardiaques de l’apoptose, même à faible concentration, comme les essais cliniques l’ont démontré. Le Tribulus pourrait également réduire la tension artérielle, soit par le biais d’un effet sur les reins (avec un effet protecteur ou diurétique) soit par inhibition de l’ACE (Angiotensin-Converting Enzyme). Par contre, le Tribulus ne produit aucun effet significatif sur l’agrégation des plaquettes sanguines. Quant à un effet sur la réduction du cholestérol, celui-ci reste à démontrer. 

Interactions du Tribulus terrestris avec le métabolisme du glucose

La protodioscine

Premièrement, les tests cliniques ont mis en évidence la capacité du Tribulus terrestris à inhiber l’activité de l’amylase pancréatique et d’autres enzymes sans que toutefois, il soit le seul végétal à le faire, ni de manière la plus probante. Ce qui nous intéresse un peu plus concerne le diabète où le Tribulus terrestris a prouvé son efficacité à augmenter le taux d’insuline chez des rats diabétiques au cours d’une expérience clinique de 8 semaines. Cependant, d’autres végétaux ont montré un effet plus important (Tinospora cordifolia, Ocinum sanctum, Morinda cetrifolia) ou même la quercétine elle-même, notamment sur l’inhibition de l’aldose réductase, une enzyme impliquée dans plusieurs effets secondaires liés au diabète.

Sur le métabolisme du glucose lui-même, une étude clinique menée sur des rats durant 8 semaines a échoué à mettre en évidence la moindre augmentation de concentration des GLUT4 et GLUT-2 et donc, une incapacité du Tribulus terrestris à augmenter la captation cellulaire du glucose. Une étude humaine cette fois, menée à partir d’athlètes masculins entraînés avec une supplémentation de 3,21 mg/kg de poids de corps (concentration de 45% en saponines) sur 8 semaines a échoué à mettre en évidence une augmentation de la puissance musculaire développée.

Les interactions hormonales

Un extrait de Tribulus terrestris bulgare (riche en protodioscine) a été testé avec des rats à une dose de 5 mg/kg de poids sur 8 semaines. L’expérience indique une altération possible des signaux androgènes au niveau du système nerveux (libido ?) mais ce qui en ressort plus particulièrement concerne l’expression augmentée des NADPH-d de 67%, impliquant une augmentation de la production d’oxyde nitrique, le NADPH-d étant considéré comme un biomarqueur de l’activité des NOS (l’enzyme qui permet la production de NO). Cependant, le T. terrestris n’a pas montré d’effets androgéniques, indépendamment de la testostérone.

Chez l’homme, ce même type de Tribulus bulgare n’a montré aucune influence sur la libération de testostérone totale ni sur l’hormone lutéine à un dosage de 200 mg par jour pour une concentration de 60% de saponines. Chez des joueurs de rugby bien entraînés, aucune influence n’a été notée avec un dosage de 450 mg par jour pendant 5 semaines.

Certaines études sur l’homme ont montré une augmentation de la testostérone mais il s’agissait d’une co-ingestion de Tribulus avec d’autres substances. L’une de ces études relate la prise de 6 grammes (!) d’extrait de Tribulus terrestris seul pendant 60 jours chez des hommes infertiles qui aboutira finalement à une augmentation jugée comme significative de 16,3%. Une étude similaire effectuée sur des rats impotents avec Tribestan avait permis une augmentation de testostérone, ce qui laisse penser que ce végétal pourrait avoir un rôle sur la normalisation des dommages testiculaires de sujets impotents. Quant aux œstrogènes, aucune preuve scientifique n’établit la moindre altération dans un sens ou un autre lorsqu’un supplément de T. terrestris est consommé.

Les interactions avec les organes

Le foie

5 mg/kg de Tribulus terrestris ont été donné à des rats atteints d’un empoisonnement au cadmium pendant 6 semaines. Au bout du traitement, les paramètres oxydatifs étaient revenus à la normale, avec des effets sensibles à une prise de 75 mg/kg de vitamine E. Cet effet protecteur s’est révélé également valable contre le mercure. Le Tribulus semble avoir des effets protecteur sur le foie, plus élevés que la vitamine E en termes de potentiel antioxydant mais légèrement plus faibles lorsqu’il s’agit des dommages cellulaires et des enzymes hépatiques.

Les reins

La même expérience réalisée sur 6 semaines avec 5 mg/kg de Tribulus terrestris sur des rats (cadmium) a permis une normalisation des paramètres d’oxydation en atténuant de manière significative l’accumulation du cadmium dans les reins. Cet effet peut être également reproduit contre le mercure avec un dosage de 6 mg/kg de Tribulus terrestris chez le rat. D’autres études cliniques ont été menées sur des rats afin de déterminer l’intérêt de cet extrait végétal sur la santé des reins elle-même mais les résultats se sont avérés contradictoires ou non concluants. Cependant, une protéine retrouvée dans le Tribulus terrestris s’est avérée capable de dissoudre des calculs rénaux d’oxalate de calcium in vitro. Un extrait des fruits du T. terrestris a également montré ces propriétés, provoquant une inhibition de la formation de l’oxalate de calcium de 71%, toujours in vitro.

Une partie des bienfaits du Tribulus terrestris serait sans doute dus aux flavonoïdes tels que la quercétine et le Kaempférol, tous deux étant connus pour cette propriété. Au delà d’une réduction notable du calcul, les dommages cellulaires induits par l’oxalate de calcium ont été notablement réduits. Les effets protecteur du Tribulus terrestris ont donc été établis, du moins chez les rongeurs, surtout lorsque ce végétal a été associé à du Boerhaavia diffusa (une association nommée Unex). Cependant, une surconsommation de Tribulus terrestris est toxique pour les reins comme une étude clinique l’a également prouvée.

La prostate

L’efficacité du Tribulus terrestris a été testée en rapport à l’hypertrophie bénigne de la prostate même si l’ortie ou le Palmier de Scie (Saw Palmetto ou Palmier nain ou serenoa repens en latin) ont démontré leur efficacité dans ce domaine, plutôt que le Tribulus terrestris. Les études menées à ce sujet n’ont pas démontré d’effets réellement significatifs dans ce domaine. Si certains effets mélioratifs ont été cependant notés, d’autres études seront nécessaires pour confirmer ou non ces propriétés.

Les interactions sur le plan sexuel

Plusieurs études cliniques effectuées sur des rats ont tendance à montrer l’efficacité du Tribulus terrestris sur la libido. Une étude comparée entre le Tribulus terrestris et le Sildenafil citrate (Viagra) chez des rats normaux (non castrés) a montré qu’il n’y avait pas de différence entre les deux groupes, tous deux étaient plus efficaces que le groupe de contrôle à induire des comportements aphrodisiaques, avec la même efficacité. Chez des hommes dont le niveau de sperme était était peu élevé, 6 grammes de la racine du Tribulus terrestris ont amélioré significativement leur santé sexuelle de 49,38% contre 27,80% pour le placebo.

Sécurité d’usage et toxicité

Un test de toxicologie de 28 jours par ingestion orale de 500 mg/kg d’extrait de fruit lyophilisé de cette plante (équivalent à 80 mg/kg pour un être humain) n’a pas montré de signes toxiques. Sans connaître la biodisponibilité du Tribulus terrestris, établir une dose toxique pour l’homme n’est pas envisageable. En conclusion, les doses typique d’une supplémentation de ce végétal ne présentent pas de caractère dangereux ni mortel.

Conclusion

Voilà ce qu’il en est du fameux Tribulus, du moins pour l’espèce terrestris. Rappelons cependant que les informations données dans cet article ne le sont qu’à titre d’information et qu’aucune forme d’automédication ne devrait être envisagée avec un complément alimentaire, quel qu’il soit. Si vous avez des problèmes de santé, c’est à votre médecin de déterminer un traitement.

Eric Mallet

Espace Corps Esprit Forme

Mais d’ici le prochain article (sur le FIBO 2015), n’oubliez pas de développer votre culture physique !!

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BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

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A propos de l'auteur

Passionné et pratiquant de la musculation depuis près de 28 ans, je me suis toujours intéressé au développement des ergogènes et de la nutrition sportive. Diplômé des universités Lille 3 et Paris 7, je travaille actuellement sur la rédaction de plusieurs ouvrages dont la sublimation par la culture physique et la musculation sur le plan psychanalytique. Consultant dans le domaine des compléments alimentaires, j'accompagne les entreprises dans le développement de leur stratégie de vente et de communication en matière de nutrition sportive. Espace Corps Esprit Forme est à considérer comme un blog de vulgarisation scientifique, destiné à aider les athlètes tout en leurs donnant des informations scientifiques utiles à leur pratique des sports de force.

2 Commentaires

  1. jacques -  25 avril 2015 - 17 h 02 min

    je voulais savoir quel avis vous avez sur le probolan 50 efficcace ou pas ? merci,pour tout vos article ,etudes,commentaire scientifiques ,votre generosité a transmettre au autres bon weed ken ,bonne semaine a venir !

    • Eric -  25 avril 2015 - 18 h 03 min

      Bonsoir Jacques,

      Merci pour votre commentaire. Je ne pourrais que vous conseiller d’éviter toute forme de Tribulus à des fins ergogènes et de performances athlétiques. Comme vous le savez, il n’existe pas de produits miracles. A ma connaissance, les rares végétaux qui pourraient vous apporter quelque chose sont également néfastes à la santé à fortes doses et inefficaces à faibles doses (Bulbine natalensis…). Pour plus d’informations, lisez mes articles “la vérité viendra t-elle des plantes ?”

      Bonne semaine à vous aussi,
      Eric

      https://www.espacecorps-espritforme.fr/

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