Les compléments alimentaires qui vous donnent du muscle et ceux qui vous donnent de la cervelle !

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Ursolic acidIl est vrai que l’on ne peut pas tout avoir mais certains font vraiment leur maximum pour cultiver leur médiocrité physique au plus haut niveau, n’ayant de respect ni pour leur corps ni pour leurs neurones (ou ce qu’il en reste). A partir de là, essayons, au cours de cet article, de jeter un œil sur ce qui pourrait nous être utile sur le plan physique et intellectuel. Sans rentrer dans le cadre d’une préparation physique d’athlète de haut niveau ou de chercher à défier les performances d’un super ordinateur, cet article a pour but de vous donner quelques informations sérieuses sur les compléments alimentaires et nutriments les mieux à même de vous aider sur le plan de l’entretien musculaire et intellectuel. Cependant, je vous proposerais de rester dans la simplicité car Espace Corps Esprit Forme s’adresse aussi à ceux qui veulent développer leur potentiel, depuis zéro (ou presque)  !

L’acide ursolique, un acide gras particulièrement utile et validé par la recherche scientifique

Cette chose au nom étrange ou pour le moins peu connue parmi les athlètes se nomme  acide ursolique – un acide gras en particulier – Il fait depuis peu, l’objet de recherches sérieuses qui ont déjà abouties à plusieurs thèses de médecine. De l’acide ursolique, nous savons qu’il fait partie de la classe des triterpènes et que son référent isomère est l’acide oléanolique qui se différencie de son homologue par une localisation différente de son méthyle. On sait qu’il s’agit d’un anti-inflammatoire, d’un antioxydant, qu’il protège le système cardiovasculaire, qu’il est doué de propriétés anti-virales, notamment contre l’herpès ou les entérovirus, et qu’ils possèdent surtout des propriétés anti-cancérigènes importantes.

Plusieurs thèses de médecine furent consacrées à cet acide gras et confirment ses propriétés anti-cancérigènes mais ce qui intéresse plus particulièrement les athlètes de force concerne sa faculté à induire une réponse anabolisante (par le biais d’une expression locale augmentée de l’IGF 1) tout en faisant preuve d’une capacité anti-aromatase légère mais démontrée, et qui permettrait d’optimiser le métabolisme de la testostérone.

L’acide ursolique en tant que complément alimentaire

Vous connaissez sans doute déjà le supplément alimentaire Ursobolic de E Pharm. Son directeur, Patrick Arnold, n’est pas un inconnu dans le monde du complément alimentaire, même si ce n’est pas vraiment en bien, ni pour ce que l’on pourrait considérer comme étant de l’ordre du complément sous nos latitudes. En biochimiste accompli, Patrick Arnold fut à l’origine de plusieurs prohormones considérées comme légales sur le marché américain durant les années 90. Il fut également à l’origine de la distribution du méthylhexanamine (DMAA) en 2006, autrefois distribuée sous le nom de Geranamine, et qui fut interdite par la suite. Inutile d’être grand devin pour remarquer que le nom commercial de cette molécule donna lieu à plusieurs suppositions fantaisistes quand à l’origine du DMAA, soit-disant extrait du Géranium, alors que ça n’a jamais été le cas. Après avoir fondé une entreprise du nom de LPJ Research avec Ramlakhan Boodram, ils finirent par distribuer leurs produits sous le nom d’Ergopharm puis E-Pharm et Prototype Nutrition en 2009.

Aucun doute à avoir quant aux connaissances du bonhomme en son domaine de recherche, la période sulfureuse des prohormones et de ses déboires avec la justice américaine faisant désormais partie du passé. Finalement, si l’acide ursolique présente un intérêt non négligeable pour les athlètes, il s’agit avant tout d’un acide gras parfaitement anodin sur le plan sanitaire.

En jetant un œil sur le site E-Pharm, on constate qu’Ursobolic serait à la fois un anti-catabolique, un anabolisant naturel, un brûleur de graisse et un anti-aromatase potentiel. Les références du site vont citer un article du magazine scientifique Cellular Metabolism publié en juin 2011. Selon les chercheurs, l’acide ursolique réduirait la perte des protéines musculaires (catabolisme) et une augmentation de la croissance musculaire de 15%, du moins sur des souris. La spécificité de l’acide ursolique serait de jouer en même temps sur une perte égale des graisses, ce qui ferait de cet acide gras ce que les américains appellent un agent de recomposition.

L’acide ursolique influence le métabolisme de l’IGF 1 et du cortisol

Les chercheurs attribuent ces effets à une expression locale de l’IGF1 augmentée en MGF, ce qui permettrait en théorie, d’obtenir une hyperplasie effective, et non pas une hypertrophie comme cela est précisé dans l’article. Toujours est-il que s’il y a hyperplasie, il y aura ensuite hypertrophie, l’inverse n’étant pas systématique, loin de là. Même si la différence entre hypertrophie et hyperplasie est souvent confondue, l’hyperplasie caractérise le recrutement des cellules satellites en périphérie des fibres musculaires pour en créer d’autres, contrairement à l’hypertrophie, caractérisée par un renforcement des fibres existantes. L’acide ursolique agirait également sur les graisses par la lipolyse et le blocage de la synthèse des acides gras. Les scientifiques estiment également que cet acide gras pourrait inhiber l’enzyme 11b-HSD1, une enzyme liée au métabolisme du cortisol, et donc à une absence d’accumulation supplémentaire des graisses.

Vos amis, les acides aminés branchés, votre ami la Leucine

LeucineSi on a beaucoup épilogué sur la glutamine en insistant qu’il s’agissait d’un acide aminé essentiel pour les athlètes, l’abondance de ce dernier ne garantit pas forcément son utilité sur le plan de la supplémentation et des performances sportives. C’est à peu près le contraire pour les acides aminés branchés, nos fameux BCAA. S’il parait difficile d’en prendre trop, en revanche, en prendre un peu donnerait un avantage plus sérieux aux athlètes sur le plan musculaire, de l’énergie et de la récupération post-entraînement.

On les appelle branchés à cause de la forme moléculaire qui évoque le dessin d’une branche, tout simplement… Pour la même raison, on les appelle ramifiés. Il n’en existe que trois (L-Leucine, L-Valine et L-Isoleucine), leur chiralité est lévogyre comme la plupart des acides aminés considérés comme fonctionnels sur ce plan. Évidemment, pris séparément, ils ont chacun leur fonction au sein de l’organisme mais ce qui nous intéresse ici concerne leur potentiel anabolisant et anti-catabolique. Actuellement, on considère que la plupart des bénéfices à retirer de ces trois acides aminés se rapporte surtout à la Leucine, cependant, j’aurais l’occasion d’y revenir au cours d’un prochain article. Le dosage généralement conseillé en tant que supplément alimentaire est de 10 à 20 grammes, fractionné en plusieurs prises.

Au niveau de l’absorption, la L-Leucine est catalysé par diverses enzymes, comme il se doit. Elle dépend de ses transporteurs (ou Transporteur Hétérodimérique) et plus spécifiquement d’une glycoprotéine nommée CD98, laquelle se charge également du transport de l’isoleucine, de la valine, du tryptophane et de la tyrosine (transport des acides aminés branchés et aromatiques).

La Leucine active la synthèse des protéines par le biais des protéines signalisantes mTOR

Au niveau musculaire, le mécanisme biochimique principalement connu pour la L-Leucine est celui de l’activation (par phosphorylation) des mTOR, laquelle découle sur l’activation des sous unités p70 de la protéine S6Kinase. Elle-même active le protéine S6 et déclenche l’activation de plusieurs gènes liés à la synthèse des protéines.  De même, l’activation des protéines kinase B (ou Akt) peut désactiver (toujours par phosphorylation) la protéine GSK-3 pour induire une augmentation des translations protéiques. En résumé, la L-Leucine active les voies Akt et mTOR qui mène à la synthèse des protéines musculaires. En outre, la leucine permet la suppression de l’AMPK (Adénosine Monophosphate Kinase), responsable d’une baisse de la synthèse des protéines.

La leucine pourrait également augmenter la sécrétion de l’insuline et celle-ci induira la phosphorylation des mTOR à partir de ses propres récepteurs cellulaires. Tant les acides aminés branchés – et la leucine en particulier – sont impliqués dans la régulation de la synthèse protéique via le chemin Akt/mTOR, d’où l’intérêt essentiel de veiller à une sécrétion optimale de l’insuline lorsque l’on veut faire du muscle. De là, on se rend très vite compte que l’insuline est également une hormone anabolisante, à partir du moment où l’hygiène alimentaire des athlètes est irréprochable, et donc, présentant une sécrétion saine d’insuline.

Les nootropes, la choline et le Piracétam

Un nombre assez réduit d’athlètes ou de sédentaires pensent que les nootropes – des substances permettant d’optimiser le potentiel cognitif d’un individu – n’existent pas alors qu’au contraire, une multitude de molécules agissent sur nos neurones et sont dotés d’un potentiel d’excitation nerveuse parfois important. En effet, si certaines substances tout à fait banales comme la choline et les vitamines B favorisent un fonctionnement cérébral normal, c’est qu’il existe nécessairement des compléments alimentaires qui ont été élaborés en ce sens, c’est à dire à optimiser la fonctionnalité cognitive. Le plus souvent, ils agissent sur la mémoire, l’association d’idée, l’inventivité ou la créativité mais ne peuvent pas, comme certains abrutis vous le diront peut-être, rendre plus intelligent, car la notion d’intelligence reste relative et n’a pas de valeur scientifique rigoureusement établie, que vous parliez de QI ou d’autres tests encore. En réalité, le cortex cérébral (et le système nerveux secondaire) sont d’une telle complexité qu’ils échappent totalement à des termes aussi réducteurs, sinon complètement absurdes.

Dans la famille des nootropes au sens large du terme, on retrouvera donc des centaines de molécules, naturelles, artificielles ou végétales. Citons les exemples les plus simples comme la choline, l’inositol ou le Bacopa Monieri. En France, les composés de la famille des racétams avec le piracétam, l’aniracetam et d’autres, dont le très récent phénylpiracetam sont considérés comme des médicaments mais comme des compléments alimentaires aux USA. Pour être tout à fait clair sur le sujet, on distinguera les substances indispensables au métabolisme nerveux comme la choline et l’inositol, de ceux qui restent dispensables comme les racétams ou les végétaux comme le Bacopa Monieri, l’Ashwagandha, le Panax Ginseng ou l’Acorus calamus dont on soupçonne les propriétés nootropes.

Ce que la choline peut faire pour votre cerveau (et pour vos muscles) !

180px-Choline-cation-3D-ballsLa choline est essentielle à notre santé, on la considère comme faisant partie du groupe B mais la choline est synthétisable par l’organisme, donc, ce n’est pas une vitamine. Accessoirement, elle peut être élaborée par le foie mais de manière très partielle. La choline est un donneur de méthyles (CH3), ce qui en fait un nutriment précieux pour l’organisme et l’ensemble du métabolisme. On estime qu’une dose de 250 à 500 mg de choline serait nécessaire à l’organisme pour contribuer à sa santé, par le biais de l’alimentation ou d’un complément alimentaire si cela s’avère nécessaire. Un dosage plus élevé de 1 à 2 grammes peut être supplémenté pour soutenir un travail intellectuel (ou physique) intense. On retrouve la choline dans l’alimentation, notamment dans le jaune d’œuf, le soya (lécithine) et les légumes.

La choline est le précurseur du neurotransmetteur acétylcholine

Lorsqu’une dose élevée de choline est ingérée, la choline est alors métabolisée en acétylcholine (choline + acide acétique avec une liaison ester). Il s’agit d’un neurotransmetteur particulièrement important pour votre système nerveux central où elle joue un rôle sur l’apprentissage cognitif et la mémoire mais aussi sur l’activité neuromusculaire car pour n’importe quelle fibre de vos muscles, existe forcément une fonction nerveuse (plus ou moins développée). C’est principalement pour cette raison que la choline est nécessaire tant pour les athlètes que pour les étudiants car l’acétylcholine intervient sur les deux tableaux. Notons que la forme Cytidine choline (nom commercial citicholine ou citicoline) est aujourd’hui retrouvée dans certains compléments pour les athlètes car elle jouerait un rôle au niveau neuromusculaire. En théorie, l’activation augmentée du système nerveux lié au fibres musculaires permettrait des gains en force, en endurance et en temps de réaction. Certains scientifiques estiment que le rapport neurones > muscles serait développé à 70% environ et qu’un apport de Cytidine choline permettrait d’augmenter ce rapport mais aucune étude scientifique sérieuse n’a pu démontrer ces allégations pour l’instant.

Sur le plan nerveux, on a pu constater qu’une supplémentation permettait de préserver le cortex cérébral d’un déclin neurologique lié à l’âge, du fait d’une utilisation moindre de la choline par le cerveau avec le temps, tout en permettant aussi de fournir une plus grande quantité de méthyles.

Exemple classique d’un nootrope, le piracétam

100px-Piracetam.svgSi la choline ne fait pas partie des nootropes car elle agit au niveau du système nerveux autant sur le plan physique que sur le système cognitif, le piracétam est un véritable nootrope car il s’agit de sa principale fonction. Cependant, un certain nombre d’études penchent sur sa participation à la santé cardiovasculaire. Attention, le piracétam n’est pas considéré comme un complément alimentaire en France ou en Europe mais comme un médicament. L’objet de mes articles n’ayant d’autres but que l’information pure, vous êtes seul responsable de l’usage de cette molécule ou des racétams en général.

Dérivé de la classe des ampakines, si le piracétam est le plus connu des racétams, c’est qu’il est aussi le mieux connu parmi les autres molécules de cette famille. On dénombre encore l’aniracétam, le léviracetam, le dimiractétam, l’oxyracétam ou le phénylracétam. Parmi ceux-ci, le piracétam possède les effets les moins prononcés. Notons que ceux qui prenait du piracétam se sont rapidement aperçu de l’utilité de la choline, ces deux molécules devant être prises conjointement.

Il s’agit donc d’une substance synthétique, la première du genre à avoir été élaboré par une entreprise pharmaceutique belge du nom d’UCB Pharma. le Piracétam est également connu sous le nom de Nootropyl ou UCB6215. Sa structure moléculaire ressemble à celle du GABA, en tant que dérivé cyclique.

Sans entrer dans les détails, le piracétam permet une augmentation de la consommation d’oxygène et de glucose par le cortex cérébral de manière généralisée. Les effets de cette molécule, selon les expériences scientifiques menées, font état d’une amélioration cognitive observée surtout chez les personnes présentant des déficiences. Cependant, aucune théorie médicale ne permet de comprendre comment cette augmentation des substrats énergétiques et de l’oxygène peut se produire. D’autres mécanismes complexes interviennent également – notamment au niveau des récepteurs du glutamate (Glu2/Glu3), de la structure des phospholipides ou de la régulation du calcium – mais je n’ai pas la place pour en parler ici.

Le piracétam est le plus étudié des racétams

Le piracétam a notamment fait l’objet de nombreuses expériences scientifiques auprès d’une population composée de jeunes adultes en bonne santé. Il s’avère que qu’une amélioration des critères cognitifs telle que la mémoire et les capacités d’association se sont révélés concluants.

Pour conclure, disons que l’alimentation se révèle à nouveau être notre première médecine et notre garantie bien-être au quotidien (du moins pour ceux qui suivent une hygiène alimentaire sérieuse). Nous ne pouvons que le remarquer, notamment avec la choline et les BCAA. Pour l’acide ursolique, c’est une autre histoire. En effet, il paraît presque impossible de bénéficier des effets positifs de cet acide gras sans avoir recours aux suppléments nutritionnels.

D’ici là, je ne peux que vous inciter à développer votre culture physique et je vous donne rendez-vous très bientôt pour la seconde partie de mon article sur la sublimation en rapport aux sports de force et de musculation.

Eric

A propos de l'auteur

Passionné et pratiquant depuis plus de 20 ans, j'ai toujours porté un regard curieux sur le développement de la science des ergogènes et de la nutrition sportive. Diplômé des universités Lille 3 et Paris 7, je passe actuellement ma thèse en psychologie sur la question de la sublimation par la culture physique et la musculation. Espace Corps Esprit Forme est à considérer comme un blog de vulgarisation scientifique, destiné à aider le pratiquant tout en lui donnant des informations scientifiques utiles à sa pratique des sports de force.

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