Si un régime pauvre en glucides ne vous permet pas de perdre du poids, il vous gardera toujours en bonne santé

Même si cela ne vous fera pas perdre un gramme de graisse corporelle, un régime pauvre en glucides pourrait améliorer votre santé si celle-ci s’avère compromise par une alimentation désastreuse. Et c’est précisément la conclusion d’une petite étude expérimentale que des chercheurs américains, dirigés par Jeff Volek, ont publiée dans JCI Insight.

L’étude réalisée avec un régime pauvre en glucides

Les chercheurs ont réalisé une expérience avec 16 sujets obèses, tous atteints du syndrome métabolique. Le syndrome métabolique est une série d’effets négatifs sur la santé associés à l’embonpoint et à un mode de vie occidental dégradé. Il concerne par exemple la détérioration de l’équilibre du cholestérol et d’une sensibilité réduite à l’insuline.

Pendant 4 semaines, les chercheurs ont donné à leurs sujets un régime alimentaire composé de 57 % d’énergie en glucides [HC]. À deux autres occasions, les sujets ont pris pendant 4 semaines, une alimentation dont l’énergie provenait respectivement de 32% [MC] ou de 6 % [LC] des glucides. La quantité totale d’énergie des trois types d’alimentation était la même, tout comme la quantité des protéines. La quantité d’énergie était juste suffisante pour maintenir les sujets de l’expérience au même poids de corps.

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Les chercheurs ont été financés par l’industrie laitière américaine et hollandaise.

Résultats de l’expérience

Bien que les sujets ne soient pas devenus plus minces s’ils mangeaient moins de glucides, leurs paramètres santé s’étaient améliorés. Après 4 semaines de régime alimentaire à faible teneur en glucides, 9 des 16 personnes testées n’étaient plus affectées par le syndrome métabolique.

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La diminution de la quantité de glucides dans l’alimentation a augmenté le taux de cholestérol HDL et réduit la concentration de glucose et de triglycérides dans le sang.

Le régime pauvre en glucides contenait pourtant 2,5 fois plus de graisses saturées que le régime riche en glucides. Théoriquement, si vous exposez vos cellules à de fortes concentrations de graisses saturées, le risque de développer le syndrome métabolique, le diabète et/ou l’infarctus du myocarde augmentent.* Pourtant, le régime pauvre en glucides a réduit la concentration d’acides gras saturés dans le sang.

PL SFA = Graisses saturées (phospholipides) TG SFA = Graisses saturées (triglycérides).

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Le régime pauvre en glucides a également modifié le métabolisme des acides gras {Note EM: Au niveau de la synthèse hépatique des graisses à partir du glucose}. Il a permis de métaboliser l’acide linoléique en acide arachidonique de manière plus équilibrée.

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Conclusion

“En résumé, nos résultats montrent que le syndrome métabolique peut être rapidement inversé (en 4 semaines) par un régime pauvre en glucides chez la majorité des participants obèses, même lorsque l’une des principales caractéristiques du syndrome, l’augmentation du tour de taille ou de l’adiposité, est exclue de l’équation”, écrivent les chercheurs. “Ainsi, ces résultats sous-estiment probablement les véritables bienfaits d’un régime pauvre en glucides qui sont généralement associés à une perte de poids lorsque l’alimentation est suffisante.” {Note EM: Ce qui explique aussi pourquoi les régimes cétogènes ou hyperprotéinés sont efficaces dans une certaine mesure pour perdre du poids, et de la graisse corporelle en particulier.}

“Bien que nos résultats prolongent un nombre croissant de recherches explorant les régimes à faible teneur en glucides sur le syndrome métabolique, on ne sait toujours pas si les améliorations de la composante spécifique du syndrome métabolique observée ici se traduisent par une diminution des résultats cardio-métaboliques.”

“Sur la base de ces résultats, tout essai clinique alimentaire à long terme avec des sujets atteints du syndrome métabolique sur la base de cas particulièrement difficiles devrait inclure des régimes pauvres en glucides.”

Source de l’article: Even if a low carbohydrate diet does not make you slimmer, it still makes you healthier

Source Ergo-log: JCI Insight. 2019 Jun 20;4(12). pii: 128308.

* : “There has been considerable interest and debate on the role of dietary SFA (Acides Gras Saturés) on health, with several recent reports suggesting that it is not associated with CVD or total mortality (29, 30). However, people with higher levels of circulating even-chain SFAs (particularly palmitate, 16:0) have increased risk of developing MetS (18), diabetes (3133), CVD (32), heart failure (34), and mortality (15).”

Note EM: Pour rappel – comme si cela était encore nécessaire – cette étude, comme n’importe quelle autre étude scientifique, n’a de valeur que dans son contexte. Notez également que le fait que l’expérience ait été financée par l’industrie laitière américaine et hollandaise ne présume pas systématiquement d’une malversation ou d’une volonté de biaiser et/ou de prouver ce que vous avez envie d’entendre en lieu et place des résultats objectifs de l’expérience. Autrement dit, nous savons que de réduire la part des glucides tout en gardant le même quota calorique ne vous fera pas de perdre du poids. Cela pouvait peut-être paraitre évident mais il fallait, comme n’importe quelle évidence, le prouver. Cela dit, ce genre de détail se révèle particulièrement éclairant sur le travail du métabolisme par rapport aux substrats énergétiques, qu’il s’agisse des protéines, des glucides ou des acides gras. Notez également que le régime pauvre en glucides présente quant à lui, un taux d’acides gras mono-insaturés significativement plus élevé que pour les deux autres régimes alimentaires – malgré un taux de graisses saturés plus élevé. Là aussi, il s’agit d’un autre “détail” à prendre en compte. En effet, nous connaissons l’influence des acides gras mono-insaturés sur la santé (sensibilité à l’insuline augmentée, baisse du stress oxydatif et du taux de triglycérides). Pensez à l’huile d’olive par exemple… 

Rappelez-vous que le problème du syndrome métabolique ne vient pas des glucides mais de la gestion des glucides. En l’espèce, il s’agit comme vous le savez, d’un problème de gestion chaotique des macros (généralement glucides + graisses en excès) qui vous amène au diabète ou qui font de vous un pré-diabétique et/ou un bon candidat aux maladies cardiovasculaires. Ici, la baisse des glucides chez des obèses dont la santé est déjà problématique s’avère tout à fait éclairant par rapport au sujet que nous venons d’évoquer. En réduisant drastiquement la source du problème (ici, les glucides qui ne sont pas être gérés correctement par l’organisme), on élimine le problème à sa base. L’expérience prouve alors que la dégradation de la santé (SM), et notamment le diabète de type 2, sont maitrisables par une gestion pointue des macronutriments, comme cela a déjà été prouvé sur le plan clinique. 

Inutile de dire ici combien il est difficile de se passer des glucides en période de restriction calorique pour un sujet sain, qu’il s’agisse de définition musculaire ou de perte de poids. Comme cette étude le montre très bien, et même si elle se base sur un nombre restreint de sujets, elle prouve que la perte de poids doit d’abord dépendre d’une baisse progressive des apports caloriques et que les considérations relatives à l’équilibre des macros viendra ensuite, notamment à préserver la masse musculaire à partir d’un apport suffisant en protéines. Ces considérations deviennent, comme vous le savez, encore plus difficiles à considérer dans le cadre du bodybuilding lorsqu’il s’agit de garder un maximum de muscles tout en réduisant les derniers pourcentages de graisse corporelle.

Eric Mallet

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L’arginine pourrait-elle améliorer les effets du GABA ?

gaba-solgarLe GABA améliore le sommeil et augmenterait la libération de l’hormone de croissance mais l’effet de cette supplémentation est souvent modeste. Cela serait principalement dû au fait que le GABA passe difficilement la barrière hémato-encéphalique pour atteindre le cerveau. En 2002, des chercheurs de l’Université de Madras en Inde ont publié une étude animale montrant que la L-Arginine augmenterait l’absorption du GABA par le cerveau.

L’étude sur les effets du GABA et de la L-Arginine

Les chercheurs ont réalisé une expérience avec des rats. Ils ont injecté de la L-Arginine et du GABA dans l’intestin grêle de leurs animaux de laboratoire. Dans une certaine mesure, cette forme d’administration imite l’effet de l’administration orale.

Les résultats

La L-Arginine et le GABA ont tous deux augmenté la concentration de GABA dans le cerveau des rats. L’addition combinée de la L-Arginine et du GABA a toutefois entraîné une augmentation encore plus importante de la concentration en GABA.

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La L-Arginine est un précurseur de l’oxyde nitrique [NO]. L’analogue de l’Arginine ester méthyle N-nitro-L-Arginine [L-NAME] bloque la conversion de la L-Arginine en NO. L’administration de L-NAME a permis de faire en sorte que la L-arginine n’augmente plus l’absorption du GABA par le cerveau.

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Conclusion

“Notre étude montre que la L-Arginine augmente la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique au GABA et que le L-NAME l’abolit complètement” écrivent les chercheurs. “Nous pensons que ces effets sont médiés par le NO et que ce dernier contribue à augmenter la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique au GABA.”

Si tel est le cas, des suppléments comme le jus de betterave ou la L-Citrulline pourraient également améliorer l’effet du GABA. Et probablement ces combinaisons fonctionnent encore mieux que la combinaison avec la L-arginine.

Source de l’article: How arginine enhances the effect of GABA

Source Ergo-log: Brain Res Bull. 2002 Jan 15;57(2):231-6.

Note: Nous pensons également que l’arginine serait un secrétagogue potentiel de la somatropine mais les expériences cliniques n’ont jamais été très concluantes à ce sujet, c’est le moins qu’on puisse dire. Quant aux effets du GABA, son potentiel de secrétagogue serait un peu plus évident que la L-Arginine, sans présenter non plus d’effets vraiment marqués. Toutefois, cette expérience s’avère particulièrement intéressante car la présence de GABA et de L-Arginine associée prouve une fois encore que des acides aminés isolés ou d’autres molécules ne pourront réellement vous servir à quelque chose que dans le cadre d’une synergie d’effets. Naturellement, c’est dans ce cadre que je travaille à mettre au point les formules de vos prochains compléments.

Eric Mallet

 

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La glucosamine protègerait de l’infarctus, mais sous quelles conditions ?

glucosamine-capsulesLa glucosamine serait plus qu’un complément qui protège vos articulations de l’usure. De plus en plus d’indices suggèrent que la glucosamine serait un supplément anti-âge présentant un effet bénéfique sur la santé au sens large du terme. L’indice le plus récent nous est donné par une étude épidémiologique publiée dans le BMJ par des chercheurs de l’Université de Tulane à la Nouvelle-Orléans. Cette recherche suggère que la glucosamine pourrait réduire le risque de maladies cardiovasculaires mortelles.

L’étude sur la glucosamine

En 2012, des scientifiques australiens ont publié une étude dans PLoS One à partir d’une méta-analyse où ils ont décrit l’utilisation de la glucosamine chez 266 848 personnes de plus de 45 ans. [PLoS One. 2012; 7 (7): e41540.] Cette étude a montré que la glucosamine était particulièrement en vogue chez les personnes ayant des articulations usées. A priori, cela n’est guère surprenant.

La recherche a également montré que les utilisateurs de glucosamine étaient moins susceptibles de souffrir de maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires et le cancer. Et c’est un fait remarquable. La glucosamine protège-t-elle donc contre ces maladies ?

En se limitant aux maladies cardiovasculaires, les chercheurs de la Nouvelle-Orléans ont tenté de répondre à cette question. Pour cela, ils ont utilisé les données de près d’un demi-million de Britanniques qui avaient été recueillies dans l’étude de la Biobanque. La collecte de données a débuté au cours de la période 2006-2010 et les chercheurs ont pu suivre les participants à l’étude jusqu’en 2016.

Au début de la recherche, les sujets de l’étude étaient exempts de maladies cardiovasculaires.

Les résultats de l’étude sur la glucosamine et les maladies cardiovasculaires

Les participants à l’étude qui utilisaient de la glucosamine étaient environ 15% moins susceptibles de contracter une maladie cardiovasculaire et 20% moins susceptibles de mourir d’une maladie cardiovasculaire que ceux qui n’en consommaient pas.

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Il était assez frappant de constater que l’effet protecteur de la glucosamine était plus important chez les fumeurs que chez les non-fumeurs mais était absent chez les personnes qui utilisaient des anti-inflammatoires tels que l’aspirine. Étant donné que le tabagisme entraîne l’inflammation et que des médicaments tels que l’aspirine l’inhibe, les chercheurs américains pensent que la glucosamine protègerait des maladies cardiovasculaires en réduisant l’inflammation.

Les chercheurs soupçonnent l’existence d’un lien entre l’effet anti-inflammatoire de la glucosamine et les résultats des recherches de Michael Ristow en 2014. Ristow avait découvert que la glucosamine imite les effets d’un régime alimentaire pauvre en glucides, prolongeant ainsi la durée de vie des animaux de laboratoire.

Conclusion

“L’utilisation habituelle d’un supplément de glucosamine pour soulager la douleur liée à l’arthrose pourrait également être liée à la réduction des risques d’événements cardiovasculaires”, résument les chercheurs. “D’autres essais cliniques sont nécessaires pour vérifier cette hypothèse.”

Source de l’article: Glucosamine protects against deadly heart attacks

Source Ergo-log: BMJ. 2019 May 14;365:l1628.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Voici pourquoi l’huile d’olive pourrait vous aider à vivre plus longtemps

huile-oliveJe profite de cet article pour revenir sur l’huile d’olive, et sur une molécule que vous avez sans doute déjà croisé dans vos boissons énergétiques, c’est à dire l’oleuropéine. Dimanche, je vous proposerai un premier article de statistiques sur le marché des compléments alimentaires mais à présent, je vous laisse avec l’article d’Ergo-log.

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Si vous utilisez de l’huile d’olive pour cuisiner – plutôt de l’huile extra vierge – celle-ci pourrait prolonger votre espérance de vie. C’est du moins la conclusion que nous pourrions tirer après avoir lu l’article que des scientifiques espagnols ont publié dans Cell Cycle. Selon les chercheurs, l’huile d’olive extra vierge contient des polyphénols qui retardent le processus de vieillissement et réduisent les risques de maladies liées à l’âge, dont le cancer.

Des polyphénols sécoiridoïdes

Les substances que les chercheurs ont à l’esprit sont appelées polyphénols sécoiridoïdes. Les deux polyphénols sécoiridoïdes qui intéressent le plus les chercheurs sont présentés ci-dessous. A gauche : l’oleuropéine, à droite : le décarboxyméthyl-oleuropéine. Les chercheurs pensent que ce sont ces substances qui permettent à l’huile d’olive de réduire le risque de cancer [FASEB J. Janvier 2007 ; 21(1):45-52.] et d’augmenter l’espérance de vie des rats de laboratoire.

oleuropeine

huile-olive-longeviteDans le cadre de la Bioactive Food Component Platform financée par leur gouvernement, des chercheurs espagnols ont étudié au niveau moléculaire l’effet des extraits d’huile d’olive qui contiennent de fortes concentrations de ces polyphénols sécoiridoïdes. ils ont découvert que ces substances activent l’enzyme AMPK dans les cellules. [Comme montré ici : p-AMPK = AMPK actif.] Note EM: Plus simplement p-AMPK: AMPK phosphorylé.

L’AMPK est habituellement activée par le jeûne ou l’exercice physique à long terme. Les cellules activent leur réparation et se régénèrent lorsque l’AMPK devient active. C’est une des raisons pour lesquelles les sportifs viveraient plus longtemps en faisant de l’exercice. Ainsi, les chercheurs pensent que les polyphénols sécoiridoïdes de l’huile d’olive présentent le même effet que le jeûne et l’exercice.

Repousser les processus du vieillissement

Dans leur article, les chercheurs décrivent des expériences réalisées avec des fibroblastes diploïdes humains [PD] où ils ont utilisé un test de coloration sur des cellules vieillissantes. Ils ont remarqué que celles qui ne fonctionnaient plus de manière optimale devenaient bleues. Il n’y avait aucune coloration lorsque les cellules ont été exposées à l’extrait d’olive EVOOO-PE-7. Les substances contenues dans cet extrait sont représentées ci-dessous.

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Les mécanismes cellulaires impliqués

Depuis leurs expériences, les chercheurs ont conclu que les phénols contenus dans l’huile d’olive stimulent non seulement l’enzyme AMPK mais qu’ils désactivent également le commutateur moléculaire mTOR.

mTOR joue non seulement un rôle clé dans les processus anabolisants des cellules musculaires mais aussi dans le vieillissement et le cancer. En effet, mTOR est très actif dans de nombreuses cellules cancéreuses. C’est pourquoi les polyphénols sécoiridoïdes de l’huile d’olive pourraient non seulement retarder les processus de vieillissement mais aussi inhiber le cancer. Les chercheurs espagnols y croient.

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Source de l’article: Why olive oil can help us live longer

Source Ergo-log: Cell Cycle. 2013 Feb 15;12(4):555-78.

Note EM: Il s’agit ici d’insister et de faire la distinction entre la protéine enzymatique mTOR entraînant une cascade de réactions anabolisantes aboutissant sur la synthèse des protéines et le cancer. Entre les processus normaux de la croissance cellulaire et la croissance chaotique des cellules cancéreuses, il serait très hasardeux de faire des rapports directs. De même, les études cliniques ont démontré que l’activation de mTOR dans le cadre du cancer était stimulé par la voie de l’insuline et donc, par une consommation excessive et chronique de sucres et de calories, menant à l’obésité. Mais cela ne veut pas dire non plus que les obèses développent systématiquement un cancer. Toujours est-il que le risque cancéreux n’a rien à voir avec mTOR stimulé par une prise de protéine et de Leucine (acide aminé insulinogène) chez un individu sain. Cela n’a encore jamais été démontré.

Eric Mallet

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Plus de L-Arginine, plus de muscle, moins de graisse ?

l-arginineCet article sur l’arginine date de 2009 mais je tenais à vous en donner la traduction car il a le mérite de mettre à jour certaines bases fondamentales du métabolisme des acides aminés et de la L-Arginine en particulier. Comme nous l’avons déjà vu, l’arginine a bien d’autres rôles que de stimuler la vasodilatation. Plusieurs articles sur Espace Corps Esprit Forme ont déjà été traduits à cette fin. Cependant, la capacité de votre organisme à assimiler l’arginine (et de passer l’intestin en quantité suffisante) reste assez limitée, comme la plupart des acides aminés protéiques. C’est précisément sur ce point que la citrulline est plus efficace que l’arginine. Autre avantage de la L-Citrulline, c’est qu’elle est justement précurseur de l’arginine. J’aurais l’occasion de vous en reparler prochainement mais pour l’instant, je vous laisse avec l’article d’Ergo-log…

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Donnez de la L-Arginine à des rats dans leur alimentation et ils deviendront plus minces et plus musclés. Même si vous leur donnez plus de calories, ils développent moins de graisse et plus de muscles. C’est du moins, ce qu’écrivent des chercheurs de la Texas A&M University dans le Journal of Nutrition.

De nombreuses études ont été publiées ces dernières années sur les propriétés hypolipidémiantes de la L-Arginine. Certaines d’entre-elles présentaient un groupe de femmes qui suivaient un régime associé à 8 grammes de cet acide aminé où elle perdaient du gras sans perdre de masse musculaire. Une autre étude avait mélangé de la L-Arginine avec de la nourriture pour porcelets. Ils étaient devenu plus maigres et musclés.

L’Arginine utiliserait plusieurs voies cellulaires pour stimuler la recomposition corporelle

Il y a plusieurs théories en circulation sur le processus de recomposition corporel de la L-Arginine. L’un d’entre eux affirme que l’acide aminé permettrait aux récepteurs des androgènes de fonctionner plus efficacement. Une autre stipule que l’arginine augmenterait la croissance musculaire via l’oxyde nitrique, le ‘bon radical libre’ en quelque sorte. Ou peut-être que la L-Arginine augmenterait l’activité de la guanosine monophosphate cyclique [cGMP] dans les muscles, de sorte qu’ils brûlent plus de graisses et de sucres mais moins de protéines.

Les chercheurs de la Texas A&M University ont récemment découvert un autre mécanisme. Ils ont découvert que “la supplémentation alimentaire en L-Arginine réduisait sélectivement la masse grasse blanche tout en augmentant l’expression des gènes de la protéine kinase activée par l’AMP et le PGC-1α (un régulateur essentiel de la biogenèse mitochondriale)”.

Une étude qui confirme l’intérêt de la L-Arginine… sur des rats

Dans la publication commentée ici, les chercheurs décrivent les expériences qu’ils ont faits avec quatre groupes de rats. Un groupe a reçu une alimentation pauvre en graisses {LF}. Les rats sont restés minces. L’autre groupe a reçu une diète contenant 40% de matières grasses {HF}, le genre de régime qui vous donnera des rats bien gras.

Lorsque les rats ont atteint leur 19ème semaine, la moitié des rats {LF} et la moitié des rats {HF} ont reçu 1,5 % de L-arginine dans leur nourriture. En termes humains, une personne qui consomme 2500 kilocalories par jour consommerait 9,4 g de L-Arginine. Les autres rats ont reçu de la L-Alanine, un acide aminé qui n’a aucun effet sur la perte de graisse.

L’arginine n’a eu pratiquement aucun effet sur le poids corporel mais elle a affecté la composition corporelle.

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Le tableau ci-dessus montre les effets sur les rats {HF}. Ils ont développé plus de muscle, moins de graisse blanche et plus de graisse brune. La graisse brune est le tissu graisseux actif qui brûle les graisses. Le supplément de L-Arginine a eu un effet similaire sur les souris qui avaient reçu des aliments pauvres en graisses et qui n’avaient pas pris de poids.

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L’arginine avait amélioré l’action de l’insuline, comme les chercheurs l’ont découvert. Les muscles des rats supplémentés en L-Arginine avaient absorbé plus de sucres. Lorsque les chercheurs ont analysé le sang de ces rats, ils ont aussi constaté des niveaux inférieurs d’acides aminés utilisés par l’organisme pour la synthèse des protéines. Cela indique que des processus anabolisants sont à l’œuvre, suggèrent les chercheurs. Il est alors probable que la L-Arginine renforce le stimulus anabolique sur la croissance musculaire.

Pourtant, il n’existe toujours pas assez de preuves concluantes sur le rôle tenu par la L-Arginine sur la recomposition corporelle. Cela n’empêche pas les fabricants de suppléments de continuer d’en mettre dans les suppléments censés avoir un effet amincissant ainsi que leurs mélanges protéine/créatine.

Si seulement les gens étaient fait comme des rats, vous pourriez acheter tout ce dont vous avez besoin dans votre boutique de suppléments afin de gagner la compétition de bodybuilding que vous voulez remporter…

Source de l’article: More Arginine – more muscles, less fat

Source Ergo-log: J Nutr. 2009 Feb;139(2):230-7.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme,

Eric Mallet

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Période de pré-compétition en bodybuilding, une étude significative à méditer sérieusement…

En 2017, le scientifique sportif brésilien Ricardo Viana a publié une étude de cas. Il a suivi un culturiste anonyme sur une période de 11 semaines en période de pré-compétition. Viana a noté ce que l’homme mangeait, comment il s’entraînait, quels moyens pharmacologiques il prenait – et comment sa composition corporelle changeait. Pour perdre un kilo de graisse corporelle, l’homme a dû sacrifier près de quatre kilos de masse maigre….

Une étude sur la période de pré-compétition en bodybuilding

Viana a donc suivi ce culturiste amateur de 28 ans pendant 11 semaines. À la fin de cette période, l’homme a participé à une compétition de bodybuilding. Le culturiste n’était pas naturel. Il prenait habituellement plus d’un gramme de stéroïdes anabolisants par semaine.

De plus, l’homme a pris de l’éphédrine et de la théophylline. Au début, il utilisait 15 milligrammes de sulfate d’éphédrine et 120 milligrammes de théophylline par jour. Mais au cours de la dernière semaine, il prenait 35 milligrammes d’éphédrine et 240 milligrammes de théophylline. Le culturiste prenait ces stimulants avec une tasse de café juste avant ses séances d’entraînement.

Le culturiste s’entraînait 6 fois par semaine, suivant une routine d’entraînement à volume élevé. Des informations plus précises sur son programme d’entraînement sont indiquées ci-dessous:

 

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Régime alimentaire en période de pré-compétition

Pendant la période de sèche, ce dernier a réduit son apport calorique. A la onzième semaine, il consommait près de 60 % moins d’énergie qu’au cours de la première semaine.

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Composition corporelle

Malgré le soutien pharmacologique, l’homme a perdu 3,7 kilos de masse corporelle maigre. Sur la même période de temps, l’homme n’a perdu que 1,1 kilo de graisse corporelle.

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Pas assez de protéine

La plupart des initiés dans le culturisme pharmacologique reconnaîtront que ce cas n’est pas si spécial. Dans le culturisme moderne, ces cas sont à l’ordre du jour. Cependant, Viana ne tire pas cette conclusion générale. Selon lui, le culturiste a fait des “erreurs de préparation”. Son volume d’entraînement était trop élevé et son apport en protéines trop faible.

Jusqu’à la neuvième semaine inclusivement, l’apport en protéines de l’homme était bon, comme vous pouvez le voir ci-dessous. Par la suite, ce n’était plus le cas.

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Source de l’article: The pre-competitive period in bodybuilding, there must be a better way

Source Ergo-log: J. Funct. Morphol. Kinesiol. 2017, 2, 37; doi:10.3390/jfmk2040037.

Note EM: Soit dit en passant, cet article pourrait certainement s’avérer utile pour ceux qui préparent une compétition, dopage ou pas, je n’en ai absolument rien à faire. Retenez simplement que l’on ne peut pas, même si certains voudraient encore le croire, que l’on peut tromper la nature. A un autre niveau, Francis Benfatto insistait d’ailleurs pour me dire de ne jamais couper l’eau avant une compétition. Le volume musculaire qu’il afficha à sa dernière compétition lui donna d’ailleurs raison sur ce point. Ici, il s’agit plutôt d’admettre que vous ne pouvez pas vous passer de protéine, chimie ou pas.

Autre chose, j’ai viré le lien vers la source de l’article pour des question de SEO mais rien ne vous empêche de faire un copié-collé dans votre navigateur. Je vous retrouve vendredi ou samedi (en fonction de mon emploi du temps) pour faire le point sur le Vitafoods 2019 de Genève. Mais d’ici vendredi (oder Samstag), n’oubliez pas de développer votre culture physique !

Eric Mallet

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