Morphotypes et fumisteries, quand la science vient remettre de l’ordre dans les croyances

La-musculation-morphotypesLa musculation grand public est un sport où les ânes les plus bruyants se plaisent à braire à forte voix et s’en suivent un troupeau de moutons, jeunes et moins jeunes, qui s’empressent de les suivre. Ce phénomène absurde est d’ailleurs tout aussi présent dans la nutrition, marché très juteux où grand nombre de nutritionnistes et leurs croyances se plaisent à alimenter les esprits les plus crédules de leurs recettes magiques, de leurs tonnes de glucides et autres commandements divers et variés. La science dévoyée, sinon quelque peu détournée, est une source abondante et pratique d’informations que l’on vulgarise à profit depuis les années 1970 à peu près. Il faudra un jour m’expliquer comment il est possible d’être assez stupide pour prétendre qu’un autre que vous-même puisse vous dire quoi manger…

Phénomène qui se répète inlassablement, psychologie et sociologie en particulier, sont des domaines parfois victimes de cette vulgarisation outrancière. Loin de certaines théories nutritionnistes fumeuses qui ne font jamais que de créer de nouveaux obèses et autres diabétiques, d’autres fantaisies pseudo-scientifiques connues sous le nom de morphotypes font partie de ces croyances qui n’ont pas plus de rapport avec la science que les sports de force avec le tennis de table. Disons que ce genre d’inepties trouve sa source chez un psychologue (ou connu comme tel) du nom de William Herbert Sheldon.

William Sheldon, le père d’une théorie pseudo-scientifique de la morphologie humaine

Sheldon-Cooper

Ce Sheldon me semble déjà beaucoup plus sympathique !

J’ai donc un peu cherché, mais sans trop me forcer non plus, et je suis tombé sur l’article éloquent (et révélateur) proposé par la grande encyclopédie du Web pour y lire l’article consacré à William Sheldon, le fameux – ou fumeux – “psychologue” qui élabora la théorie fumeuse des morphotypes. Ajoutons que wikipedia m’étonne parfois pour la qualité suffisante des articles qu’ils proposent à tout un chacun. La pertinence de celui-ci m’a également permis de cerner rapidement et de manière adéquate les propos de l’artiste en question. A nouveau, nous voilà servis, et bien servis…

Né le 19 novembre 1898 et mort le 16 octobre 1977, nous apprenons que William Sheldon est surtout connu pour ses ouvrages sur la constitution physique humaine; définition déjà assez vague et sans autre précisions données par l’article. D’emblée, nous nous écartons de la science. Décrit comme un psychologue américain (en effet, nous sommes très loin de l’Autriche, de la Suisse et des pères de la psychanalyse), nous apprenons que Sheldon se basait sur des données empiriques (!) plus anciennes. En effet, elles sont anciennes puisqu’elles datent de l’antiquité mais elles n’en sont que difficilement analysables au sens actuel du terme, même si l’on se réfère aux années 1940, date de l’élaboration de cette théorie boiteuse. En outre, William Sheldon n’était pas physiologiste, ce qui n’arrange rien à l’affaire !

On nous parle ensuite de tempéraments hippocratiques pour caractériser l’édification d’une typologie des corps humains. Autrement dit, la notion de “tempéraments”, vague notion proto-psychologique datant de l’antiquité selon l’article, est probablement associée au père de la médecine, personnage autant historique que mythique dont nous ne pouvons en aucun cas accorder un crédit scientifique sérieux au sens moderne du terme. Cela n’enlève d’ailleurs rien au personnage d’Hippocrate et de la notion d’éthique qu’il aurait pu apporter à la médecine occidentale naissante, même si la médecine est plus ancienne que la Grèce antique sur le plan historique.

On commence à cerner le personnage et ça commence assez mal…

Sheldon-CooperDisons que la notion de typologie des corps me paraît déjà assez inquiétante sur le plan éthique. C’est une notion qui pour l’honnête homme, justifierait déjà qu’il s’insurge à juste titre contre ces fadaises. William Sheldon eut été allemand à l’époque, il est probable qu’il aurait pu se faire des amis très peu fréquentables… Admettons simplement que la bêtise humaine est universelle, cela sera déjà suffisant.

Revenant sur cette idée incongrue de tempérament, nous apprenons que “En psychologie, le tempérament désigne la constitution physique et l’ensemble des dispositions organiques innées du sujet. Le tempérament est la base physique à partir de laquelle émerge ensuite le caractère.” Lisant ceci, on commence par rire puis par s’inquiéter sérieusement. Cet axiome indéterminé de tempérament est lié à un raisonnement arbitraire de causes à effets où la “constitution physique” et “l’ensemble des dispositions organiques innées” du sujet sont considérés comme déterminants le caractère d’une personne. Autrement dit, nous voici encore réduits à lire des approximations indéterminables de “constitution physique” et autres “dispositions organiques innées” qui seraient à la base d’un jugement subjectif caractérisé (et tout aussi indéterminé de caractère). En termes de psychologie, nous voici arrivés au niveau de la médecine de Molière. Aucune données empiriques et encore moins cliniques ne viennent appuyer ce discours grossier sinon grotesque. Cet axiome ridicule tend surtout à prouver que son auteur ne sais pas ce qu’est la psychologie, un comble !

En réalité, cette théorie s’avère particulièrement inquiétante. Il devient déjà difficile de dire si nous sommes dans la science fiction, l’homéopathie, la voyance ou quelque chose de plus grave encore…

Essayons cependant d’approfondir un peu le sujet en étudiant les bases de ces morphotypes

Suivant l’article, nous apprenons que les théories de William Sheldon proviendraient de l’embryologie où, trois couches de tissus sont distinguées: l’endoderme, le mésoderme et l’ectoderme. De là, ce qui est caractérisé avec fantaisie comme des “traits de personnalité” sont déclinés comme tels:

  • D’abord l’endomorphe dont nous apprenons que le développement du système digestif – et l’estomac en particulier – induirait une tendance chez ces individus à présenter un corps mou et des muscles peu développés. Voilà ensuite ces pauvres gens classés dans la catégorie des “tempéraments viscérotoniques” c’est à dire qu’ils ne chercheraient que le confort, les plaisirs de la table, la sociabilité et la bonne humeur. Ainsi, il s’agirait d’extravertis.

Amusés, nous devrions admettre qu’un tiers de l’humanité présenterait une physiologie semblable à celle d’une vache civilisée ou d’un ruminant plutôt affable. Voilà pour le moins une chose peu courante mais nous comprenons déjà mieux pourquoi Molière se riait ainsi des médecins de son époque dont l’ignorance et la bêtise devait être comparable à celle de cet américain spécialiste de la psychologie de comptoir.

  • Ensuite, le mésomorphe. Ici, nous rejoignons les caricatures des hommes et femmes musclées dont on nous dit qu’ils présenteraient “un grand développement de la musculature et du système circulatoire” en corrélation (douteuse) avec le mésoderme. On nous parle ensuite de “tempérament somatotonique, de courage, d’énergie, de personnes actives, dynamiques, autoritaires, agressives et qui aiment prendre des risques.

Encore une fois, nous tombons dans le cliché et l’énumération de différents constats généraux réalisés a posteriori pour les placer a priori. Pour se donner un air de science, cet homme simple s’empresse de mettre la charrue avant les bœufs et de croire que des généralités fondées sur du vent décrivent une réalité. Dernière idiotie, l’ectomorphe décrirait l’archétype des “intellectuels”, nécessairement minces et élancés.

  • Ici, l’ectomorphe est mis en relation avec le développement du système nerveux et du cerveau. On nous parle avec amusement de “tempérament cérébrotonique”, de sensibilité, de timidité et d’introversion.
Genetique-et-nutrigenomique

La génétique moderne vous en apprendra plus sur vous-même que cette théorie boiteuse des morphotypes

Pour ma part, si j’en étais réduit à me trouver quelque part dans ce classement fantaisiste, j’aurais tendance à me situer chez les mésomorphes mais avec le caractère des trois “somatypes”. Finalement, les morphotypes, c’est un peu comme l’horoscope du matin où l’on pourrait trouver du vrai dans plusieurs signes différents. Voilà qui ne fait rien pour accréditer le sérieux de cette thèse proto-psychologique des morphotypes. C’est d’autant plus comique qu’au pays de Mac Donald et des pizzas hypercaloriques, ce William Herbert Sheldon ne s’est jamais interrogé sur le métabolisme de l’espèce humaine ni sur la génétique. Lorsqu’on se veut maniaque du classement (et numismate de surcroît !), cette évidence semble encore plus criante, d’autant qu’il se vantait de faire référence à l’embryologie.

De là, l’intelligence de tout esprit bien formé aurait tendance à émettre l’hypothèse qu’il existerait certaines règles générales et règles spécifiques liées à une espèce, autrement dit, les lois de la génétique. Ce sont précisément ces règles qui détermineront les gènes transmis des parents à l’enfant, déterminant, entre autres, la forme du squelette, la longueur des clavicules, la largeur des hanches et les fonctions métaboliques. De là, l’environnement et les acquis viendront s’ajouter à ces règles structurantes faisant qu’un obèse ne le restera pas forcément toute sa vie ou qu’un geek ne le sera pas non plus jusqu’à son décès s’il en décide autrement. Il n’existe pas de prédétermination génétique pas plus qu’il n’existe de morphotypes mais des règles qui font ce que nous sommes sur le plan physique et organique, ni plus ni moins; le destin et la volonté d’y changer quelque chose feront le reste… ou pas.

Quand une nouvelle branche de la génétique vient remettre de l’ordre dans les croyances

Évoquer la génétique d’un individu, c’est évoquer un passé lointain qu’il n’a pas connu alors que nous parlons de philogénétique mais c’est aussi admettre que la génétique de cet individu sera amenée à changer au cours de son existence. Sans forcément parler des polymorphismes (variation de la séquence ADN des gènes qui apparaissent chez un pourcentage significatif d’une population donnée) ou de mutations génétiques qui peuvent avoir lieu sous l’effet du hasard ou de certaines circonstances, les sciences de la génétique nous apprennent que notre espèce n’est aucunement figée et qu’elle ne cesse d’évoluer avec le temps, dans des directions particulièrement variées et qui n’ont rien à voir avec 3 genres ou types spécifiques qui se distingueraient des autres. En effet, les considérations primaires de William Sheldon et de ses morphotypes laisseraient sous-entendre que les variations physiques et physiologiques de l’espèce humaine sont mineures pour rejoindre sans cesse les mêmes schémas. Ridicule en première lecture, ces histoires de somatypes à dormir debout sont aisément démenties par la recherche scientifique.

Loin des fantaisies primaires des morphotypes, la nutrigénomique est une nouvelle science qui nous offre une vision plus précise de notre santé

Nutrigenomique

La nutrigénomique: vers une alimentation santé individualisée en fonction de nos gênes ? (image www.nutritiongenome.com)

La génétique et son évolution actuelle à partir de l’épigénétique se porte en faux contre ces élucubrations proto-scientifiques. C’est d’autant plus vrai que depuis peu, une nouvelle branche de la génétique en relation avec le métabolisme est en train d’émerger. Il s’agit de la nutrigénomique. Cette nouvelle science met en lumière l’influence des gênes sur l’assimilation des nutriments et commence à proposer des explications sur les raisons pour lesquels un individu lambda présentera par exemple des carences en vitamine D ou en acide folique alors qu’un autre individu ne sera pas carencé. L’apparition de ces carences s’explique par des variabilités individuelles du génome qui entraînent une assimilation moindre de certains nutriments. Comme l’explique le Dr. Rondha Patrick, spécialiste américaine en micronutrition, des polymorphismes ont été constatés à partir de nombreux gènes dont MTHFR, NBPF3, FUT2, BCMO1, FADS1, FADS2, CYP2R1, PEMT, APOE et FOXO3. A l’heure actuelle, un simple test qui ne couterait qu’une centaine d’euros serait déjà en mesure de détecter ces polymorphismes et incidemment, de vous informer sur la régularité ou les éventuels troubles d’assimilation métaboliques de votre organisme.

Vos gênes s’expriment en fonction de votre régime alimentaire et votre régime alimentaire influence votre évolution génétique

Selon les recherches de Patrick Rhonda et d’autres chercheurs, une part importante d’individus pourrait être affectée par des polymorphismes affectant l’assimilation des folates (en lien avec le taux d’homocystéine), l’absorption intestinale de la vitamine B12, du taux plasmatique de la vitamine B6, de la conversion du bêta-carotène en vitamine A, de la conversion des Oméga 3 ALA en EPA, de la fabrication de la phosphatidylcholine par le foie ou de la conversion de la vitamine D3 en hormone stéroïde active. Ces découvertes scientifiques doivent aussi vous faire penser qu’il est tout à fait probable que vous léguiez une partie de vos gènes modifiées à vos enfants. Ce qui se produit en amont, peut aussi se produire en aval. Autrefois théoriques, des expériences scientifiques très précises au niveau génétique ont été réalisées sur des rongeurs divisés en deux groupes. Soumis à une alimentation hypercalorique, l’un des groupes de rongeurs avait développé le diabète alors qu’ils ne présentaient pas de prédispositions à ce trouble métabolique. Devenus diabétiques, les rongeurs ont transmis le risque de développement de la maladie à leur descendance. Sans vouloir m’étendre plus longuement sur ce sujet (vous consulterez les liens donnés dans mon article), je vous laisse visionner cette vidéo du Dr. Rondha Patrick (en anglais) qui vous explique comment votre régime alimentaire, l’exercice et l’hyperthermie peuvent influencer l’expression de vos gènes, ceux-là même que vous lèguerez à votre descendance.

Comme vous l’avez compris, les gènes qui vous ont été donnés par vos parents détermineront certaines caractéristiques physiques immuables comme celles que j’avais cité plus haut, c’est-à-dire la longueur de vos clavicules, la largeur relative de vos hanches (et incidemment l’étroitesse de votre taille) et vos mesures personnelles qui feront de vous un athlète plutôt doué pour le bodybuilding, la natation ou le basketball. Ensuite, d’autres critères en relation à votre capacité plus ou moins grande à prendre du muscle et à limiter le stockage des graisses vont également vous aider ou vous défavoriser de manière relative.

Exploiter l’inné pour enrichir l’acquis, première règle de l’épigénétique !

La manière dont vous exploiterez l’inné lèguera ensuite la base génétique dont hériteront vos enfants. Cependant, vous pourrez toujours vous dire que Phil Heath ou Larissa Reis étaient génétiquement faits pour le bodybuilding mais sans les efforts incommensurables et la volonté qu’ils déploient chaque jour à aller plus loin, la meilleure des génétiques n’aura aucune valeur. Quant à ces morphotypes proto-scientifiques, vous comprendrez également que des relations de causes à effets un peu trop simples découlent souvent d’une ignorance tellement grande qu’elles se cachent paradoxalement encore plus aisément derrière l’égo de ceux qui les énoncent ou les exploitent. La preuve en est qu’il suffit de se rappeler que l’histoire de l’humanité est truffée de sectes et de religions qui n’ont pour objectif que de s’asseoir sur l’ignorance humaine pour mieux profiter du peu de fortune de ses croyants.

En toutes circonstances, méfiez-vous de ces gens trop polis pour être honnêtes qui vous présenteront des évidences trop parfaites. Trop pressés à prendre des vessies pour des lanternes, ils se réveillent un matin psychologue ou philosophe et vous parlent d’évidences ou d’autres idées qui s’accordent au bon sens avec un air de suffisance et d’auto-satisfaction bien pensantes. En creusant un peu, vous comprendrez que cette logique légère qui se prétend être un fondement de la science étouffe encore sous plusieurs tonnes d’incertitudes.

Eric Mallet

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Quelle était la part des végétaux dans le régime paléo ?

Le-regime-paleo-vegetauxÀ l’âge de pierre, les gens mangeaient principalement du poisson et de la viande – et parce que nos gènes seraient encore “ajustés” sur le régime paléo, nous devrions aussi manger principalement du poisson et de la viande. C’est du moins l’argument favori des fanatiques de régime paléo. Mais les archéologues de l’Université Bar Ilan, qui étudiaient un lieu où les humains vivaient il y a près de huit cents mille ans, ont fait de récentes découvertes qui laissent penser que le régime alimentaire du paléolithique contenait sans doute plus de plantes que ce que nous avions toujours pensé jusqu’à présent.

Les excavations des archéologues

C’est dans la prestigieuse revue scientifique PNAS que Yoel Melamed et ses collègues publieront bientôt un article sur les fouilles qu’ils ont réalisé à Gesher Benot Ya’aqov, un lieu habité par des humains depuis 780 000 ans avant notre ère ou plutôt des êtres ressemblant aux être humains puisque les humains modernes n’existent pas depuis si longtemps que cela. Les Néandertaliens et l’Homme de Heidelberg n’avaient même pas encore émergé non plus.

Les paléontologues pensent que nous – les primates qui se tiennent debout et qui se disent Homo sapiens – ne marchent que depuis deux cents mille ans. Auparavant, les archéologues avaient découvert que les primates humains présent sur le site avaient abattu, rôti et mangé des cerfs.

Résultats et relations au régime paléo

A Gesher Benot Ya’aqov, Melamed a retrouvé des restes végétaux de 55 variétés différentes de racines consommables, de fruits, de légumes, de noix et de graines, qui avaient tous été rassemblés dans les environs et utilisés comme nourriture. Les chercheurs ont découvert qu’une grande quantité de certaines parties des plantes avaient probablement été utilisés comme aliments de base: ils formaient la base de l’alimentation, comme le riz et le blé de nos jours.

Les notations sur l’axe x ci-dessous, telles que V-4, V-5, V-6 et I-4, représentent des couches archéologiques distinctes.

Presence-de-vegetaux-dans-le-regime-paleo

Conclusions sur les végétaux et le “régime paléo”

Certains  adeptes du régime paléo soutiennent que les humains de l’âge de pierre ne mangeaient pas de graines, de racines ou de légumes et donc, que nous ferions mieux de ne pas manger de graines, de racines ni même de légumes. Les conclusions israéliennes suggèrent que ce n’est pas le cas.

Il est également remarquable qu’un certain nombre de plantes retrouvées par les chercheurs s’avèrent toxiques lorsqu’elles sont consommées crues mais qu’elles deviennent comestibles après avoir été chauffées. C’est pour cette raison qu’ils pensent que les êtres humains du milieu du Pléistocène rôtissaient les racines, les noix et autres produits végétaux comme ils le faisaient pour la viande. C’est ainsi qu’une autre idée des adeptes du régime paléo mord la poussière: l’idée que de cuisiner et de frire les aliments ne serait pas naturel – et donc malsain.

Source de l’article: How plant based was the paleo diet?

Source Ergo-log: Proc Natl Acad Sci U S A. 2016 Dec 20;113(51):14674-9.

 

Note: J’ai quand même classé l’article dans la catégorie “société”, même s’il s’agit sans doute d’une société très, très lointaine. Nous pourrions également considérer ces découvertes récente en relation à notre société moderne et à notre régime alimentaire, c’est ainsi que je le conçois. Admettons qu’avec ce genre de trouvaille, le régime paléo s’apparente de plus en plus à un mythe. Toujours est-il que ces quelques considérations paléolithiques ne devraient pas vous empêcher de développer votre culture physique d’ici le prochain article !

Eric Mallet

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Transplantation du foie après la prise d’un supplément de Garcinia cambodgia

Après la prise d’une complément alimentaire “minceur” qui contenait du Garcinia cambogia pendant trois semaines, une américaine âgée de 52 ans a développé un grave problème de foie. La situation était tellement grave qu’une transplantation du foie s’est avérée nécessaire. Les médecins de la Mayo Clinic à Phoenix aux USA ont décrit le cas dans Annals of Hepatology.

A propos du Garcinia cambogia

Garcinia-cambogiaLa jeune femme avait pris un supplément de Garcinia cambogia fabriqué par USA Nutra Labs. Une boite de la substance est indiquée ici sur la droite. Selon les informations présentes sur l’étiquette, une dose quotidienne de deux gélules contient 50 mg de calcium, 200 mcg de chrome, 50 mg de potassium et 936 mg d’extrait végétal de Garcinia cambogia. L’extrait se composait de 60% d’acide hydroxycitrique [HCA].

La structure chimique de l’HCA est montrée ci-dessous à gauche. Le HCA ressemble à l’acide citrique. Et comme vous le savez, l’acide citrique est libéré dans l’organisme pendant le cycle de l’acide citrique (cycle de Krebs), une réaction complexe au cours de laquelle les nutriments sont convertis en énergie pour les besoins cellulaires du corps. L’enzyme nécessaire pour convertir l’acide citrique dans cette réaction est bloquée par le HCA. Lorsque cela se produit, le cycle de l’acide citrique serait moins efficace. Certaines études suggèrent que le HCA aurait un effet amincissant doux.

Acide-hydroxycitriqueL’entreprise Roche Pharmaceuticals avait fait des recherches sur l’effet minceur du HCA dans les années 1970 mais elle a dû arrêter les tests car les animaux de laboratoire tombaient malades. Le HCA a d’ailleurs fait partie d’un supplément minceur controversé du nom d’Hydroxycut, qui a été retiré du marché il y a sept ans de cela. Les utilisateurs avaient développé des dommages au foie. Certains ont eu besoin d’une transplantation, d’autres en sont même morts.

Le cas clinique

Au cours d’un contrôle annuel, le médecin traitant de cette américaine nota des valeurs inhabituelles pour ses enzymes hépatiques. Elles furent envoyées en laboratoire pour une analyse plus poussée. Au cours de la deuxième série de tests, celle-ci mentionna avoir pris du Garcinia cambogia pendant plusieurs semaines. Quand elle s’était sentie fatiguée, qu’elle avait perdu son appétit et qu’elle commençait à se sentir confuse, elle arrêta de prendre le supplément.

Il était trop tard. Au moment où les médecins l’examinèrent, elle avait développé une hépatite, les scanners montraient aussi des dommages graves au foie. La femme a été admise à l’hôpital et les médecins ont essayé de sauver son foie, mais en vain. En fin de compte, elle avait besoin d’un nouveau foie. Les médecins avaient découverts que son propre foie était partiellement nécrosé. Un morceau de l’ancien foie est montré ci-dessous.

foie-necrose-hepatite

Conclusion

“En résumé, le Garcinia cambogia s’est avéré être la cause la plus probable de l’insuffisance hépatique aiguë progressive qui a finalement nécessité une transplantation du foie chez notre patient” ont résumé les chercheurs. “Les consommateurs et les thérapeutes devraient prendre conscience des risques potentiels associés aux suppléments à base de plantes.”

“Il est important de noter que lorsque des patients présentent une hépatite aiguë ou une insuffisance hépatique d’une étiologie inconnue, il faut effectuer une étude minutieuse de l’utilisation de suppléments alimentaires ou à base de plantes.”

Source de l’article: Liver transplant needed after using Garcinia cambogia weight loss supplement

Source Ergo-log: Ann Hepatol. 2015 Jan-2016 Feb;15(1):123-6.

NdT: En France, un complément de Garcinia cambogia n’est légal qu’à partir du moment où il ne contient que cet extrait végétal. En tout état de cause, le Garcinia cambogia est clairement à déconseiller pour quelque usage que ce soit. Toujours est-il qu’il existe des moyens plus simples de perdre du poids. Interrogez votre physiologiste de l’exercice ou votre coach préféré, il vous donnera de quoi perdre du poids efficacement. Notez cependant qu’il faudrait être complètement débile pour contrarier le cycle de Krebs. Toujours est-il que je vous retrouve en début de semaine prochaine pour un article totalement différent et consacré à mes entraînements en méthode PPM de Francis Benfatto mais d’ici là (et même à Noël ou à Nouvel an), je ne pourrais que vous conseiller de développer votre culture physique…

Eric Mallet

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Obèse pendant l’enfance, une faible musculature pour la vie

Les médecins se sentent de plus en plus préoccupés par le nombre croissant d’hommes et de femmes qui auront besoin de soins médicaux pendant leur vieillesse. Nous vivons tous plus longtemps et par conséquent, la maladie d’Alzheimer, la sarcopénie, le diabète et l’ostéoporose prennent des proportions épidémiques. Des chercheurs du Joslin Diabetes Center aux États-Unis ont publié une étude sur les animaux qui suggère que le nombre de personnes âgées présentant des muscles faibles est susceptible de croître plus que nous l’avions prévu.

L’étude scientifique sur l’impact des graisses dans le régime alimentaire

L-obesite-depend-de-votre-regime-alimentaire-pendant-l-enfanceLes chercheurs ont effectué des expériences avec des souris. Ils ont donné à certaines femelles enceintes une nourriture normale [Control] alors que d’autres étaient sous-alimentées [UN]. Après la naissance et le sevrage, les jeunes ont reçu soit de la nourriture ordinaire contenant environ 20% d’énergie provenant de la graisse, soit une alimentation riche en matières grasses qui contenait 60% d’énergie dérivée de la graisse. Les souris étaient donc devenues grasses lorsqu’elles étaient nourries avec un régime gras.

Après trois semaines, les chercheurs ont compté le nombre de cellules souches dans les muscles des souris. Les cellules souches ne font pas partie du tissu musculaire mais elles sont capables de se diviser. Ensuite, elles forment des cellules musculaires qui deviennent alors une partie du tissu musculaire. L’exercice physique, les hormones anabolisantes et les dommages graves aux tissus musculaires stimulent tous la division des cellules souches.

Les résultats de l’étude

Les chercheurs ont découvert que les descendants des femelles sous-alimentées présentaient moins de cellules souches. Ce n’était pas inattendu. Cependant, les chercheurs ont également découvert que la suralimentation après la naissance avait eu le même effet – et c’était inattendu. Les souris suralimentées et obèses possédaient 27% moins de cellules souches dans leurs muscles que les animaux qui avaient reçu un repas classique.

pourcentage-de-cellules-souches-par-rapport-a-un-groupe-de-controlePourcentage-de-cellules-souches-en-fonction-du-regime-alimentaireCapacite-de-regeneration-apres-blessure-en-fonction-d-un-regime-alimentaire-normal-ou-riche-en-graisse

Les chercheurs ont endommagé le tissu musculaire de leurs animaux de laboratoire en les exposant à des températures extrêmement basses. Ils ont ensuite examiné les tissus trois jours plus tard pour voir comment ils avaient récupérés. Pour les souris dont les mères avaient eu plus qu’assez à manger, la suralimentation avait réduit la capacité de récupération de 42%. La capacité de récupération de la descendance des mères sous-alimentées était de 64% plus basse.

Conclusion de l’expérience

«Des réductions importantes du nombre et de la fonction des cellules souches musculaires peuvent contribuer à des altérations de la masse musculaire et de la composition corporelle, associées au risque de maladie chez les adultes», écrivent les chercheurs. Il est clair qu’ils font référence au nombre croissant d’enfants qui sont trop gros, voire obèses. Il semble probable de dire que ces enfants à un âge plus avancé pourront perdre de la masse musculaire et de la force plus rapidement, et qu’ils auront donc besoin de plus d’aides médicales.

Dans de nombreux pays en développement, le surpoids et l’obésité sont également en augmentation. Dans ces pays, la sous-alimentation et la suralimentation vont de pair – et concernant ces pays, les relations que les Américains ont découvert sont encore plus inquiétantes.

Source de l’article: Animal Study: Fat in childhood? Weak muscles for life, says animal study

Source Ergo-log: Stem Cells Dev. 2011 Oct;20(10):1763-9.

Traduction pour Espace Corps Esprit Forme

Eric Mallet

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Voici pourquoi les études à large échelle disent que les suppléments ne marchent pas

complements-alimentaires-supplementsAvec étonnement, nous pourrions dire que les personnes qui utilisent des suppléments présenteraient un mode de vie moins sain pour certains d’entre eux. Prendre un supplément leur ferait croire qu’ils sont invulnérables, et par conséquent, ils mangeraient moins sainement et feraient moins d’exercice. Les psychologues de l’Université de Taïwan auraient découvert pourquoi, dans des études épidémiologiques à grande échelle, les compléments alimentaires auraient souvent des effets peu ou pas positifs pour la santé.

Des espoirs déçus

De nombreux suppléments montrent des effets intéressants pour les études de laboratoire, mais concernant les études à grande échelle, ils ne semblent pas agir positivement sur la santé de leurs utilisateurs. Le Ginkgo biloba en est un bon exemple: il renforcerait les os, stimulerait la libido, désactiverait l’estradiol allongerait la longévité, réduirait la sarcopénie et bloquerait le cortisol. Un grand nombre de petites études ont également montré que le Ginkgo biloba pourrait retarder le vieillissement mental et protéger contre la démence.

Néanmoins, lorsque les épidémiologistes étudient de grands groupes de personnes pendant une période de temps prolongée, souvent, ils ne montrent pas de façon convaincante que le Ginkgo biloba réduirait la probabilité de démence. Une étude récente a même conclu que le Ginkgo est sans danger et qu’il aurait un effet positif mais que l’effet était si modeste qu’il ne pouvaient pas affirmer si ce végétal aidait vraiment à quoi que ce soit.

Les Taïwanais se sont alors tournés vers la psychologie dans leur quête d’une explication de l’absence d’effets épidémiologiques positifs évidents des suppléments. Ils ont effectué deux expériences psychologiques.

Des études psychologiques sur les suppléments nutritionnels

La première expérience impliquait 82 sujets, âgés entre 18 et 46 ans. Ils devaient tous prendre une pilule. Certains sujets ont été informés qu’ils recevaient un multi-vitamines, les autres sujets ont su qu’ils recevaient une pilule ne contenant aucun ingrédient actif. Ensuite, les chercheurs ont demandé aux sujets de l’expérience à quel point ils se sentaient vulnérable ou invulnérable . Ils ont découvert que les sujets qui pensaient avoir reçu des vitamines et des minéraux étaient plus susceptibles de croire qu’ils ne tomberaient pas facilement malade. Selon les chercheurs, les suppléments donneraient aux gens une impression d’«invulnérabilité illusoire».

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Ainsi, lorsque les chercheurs ont laissé leurs sujets choisir entre un repas sain de produits biologiques ou un buffet contenant de la nourriture certainement riche en calories, avec des sucres et des graisses trans, ceux qui croyaient avoir pris des vitamines ont sélectionné le buffet malsain le plus souvent.

La seconde étude de nature psychologique

Pour leur deuxième expérience, les Taïwanais ont utilisé 68 étudiants, qui ont également reçu une pilule. A certains d’entre eux, ont a dit qu’elle ne contenait rien, aux autres, ont leur a dit qu’elle contenait des vitamines et des minéraux. Après avoir pris la pilule, les sujets devaient marcher mais on les a laissé décider eux-mêmes de la distance et de la durée de l’exercice. Les chercheurs ont observé que les sujets qui pensaient avoir pris des vitamines et des minéraux ont marché moins loin.

Le tableau ci-dessous résume les résultats.

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Conclusion

«Les gens qui comptent sur les compléments alimentaires pour protéger leur santé pourraient sans doute payer un prix caché: la malédiction de l’auto-indulgence”, vont en conclure les Taïwanais. “Les interventions politiques qui rappellent l’utilité de contrôler cet effet de licence pourrait aider à convertir une prise accrue de compléments alimentaires en amélioration de la santé publique.”

Source de l’article: Why big studies say supplements don’t work

Source Ergo-log: Psychol Sci. 2011 Aug;22(8):1081-6.

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NdT: Cette étude nous rappelle bien évidemment qu’il est inutile de mettre la charrue avant les bœufs et qu’un complément alimentaire est inutile si vous ne faites pas un minimum d’efforts en commençant par manger sainement. Comme le rappelle souvent les autorités de santé, un complément n’a pas d’effet préventif ni curatif sur la maladie. Par exemple, la vitamine D n’empêche pas le rhume ni la grippe mais elle contribue à la santé du système immunitaire; ce sont deux choses totalement différentes.

Dans le cadre des ergogènes, rappelons également que seules la caféine et la créatine ont prouvé leur efficacité depuis longtemps mais ça ne veut pas dire pour autant qu’ils vous aideront à accomplir des performances phénoménales. Dans ce cadre, prenez du recul; autant par rapport aux études publiées que par rapport à votre propre expérience et à l’évolution de vos performances sportives. Ainsi, la raison et le bon sens vous aideront à y voir plus clair.

Eric Mallet

Références bibliographiques

  • Oh. SM., Antiestrogenic activities of Ginkgo biloba extracts., J Steroid Biochem Mol Biol. 2006 Aug;100(4-5):167-76.
  • Birks J., Ginkgo biloba for cognitive impairment and dementia., Cochrane Database Syst Rev. 2009 Jan 21;(1):CD003120.
  • Weinmann S. et al., Effects of Ginkgo biloba in dementia: systematic review and meta-analysis., BMC Geriatr. 2010 Mar 17;10:14.
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Nutrition sportive et recherche scientifique, quelques explications contextuelles

Bonjour à tous,

Harvey-Capitaneo-consultant-nutrition

La nutrition sportive, un domaine récent en pleine (r)évolution…

Avant de poursuivre mes publications, je voulais simplement mettre les choses au clair et vous informer au mieux des conditions et de ce qu’il faut attendre de la recherche scientifique concernant la nutrition sportive. En effet, cette petite mise au point me paraît nécessaire suite aux conversations constructives (mais encore trop peu nombreuses) qui ont eu lieu sur les réseaux sociaux par rapport aux études réalisées dans notre domaine, celui de la nutrition sportive.

Ce que vous devez savoir, c’est que la recherche scientifique concernant la nutrition sportive est minoritaire par rapport à l’ensemble des recherches effectuées dans le domaine de la biochimie, de la nutrition ou de la médecine et des thérapies en général. Ces recherches sont en parties financées par les universités, car il s’agit d’un domaine de recherche aboutissant naturellement à une connaissance plus large du métabolisme humain et de la nutrition pouvant, en conséquence, aboutir sur des résultats qui intéressent certainement les sportifs mais peut-être aussi d’autres domaines de la science.

Certaines de ces recherches sont également financées par des entreprises privées, ce qui est tout à fait normal. Comme vous le savez, certaines molécules ont d’abord été étudiées en contexte thérapeutique avant d’être étudiées dans le cadre de la nutrition sportive, c’est le cas de la Leucine, de l’Arginine ou du HMB par exemple. Ensuite, la manière dont ces recherches sont exploitées par les marques de compléments alimentaires dépend plus d’une stratégie marketing que d’un intérêt scientifique à établir les faits tels qu’ils existent, ça vous le savez aussi. Cependant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La manière dont les faits sont exploités ne leur enlève en rien leur pertinence et leur valeur scientifiques.

La recherche en nutrition sportive, comment expliquer ou interpréter les résultats

Cela fait quelques années que je traduis les articles du site américain Ergo-log afin de vous fournir une information scientifique claire et constructive sur notre sujet. J’essaie de faire de même avec les articles de Suppversity qui pour moi ont plus d’intérêt mais qui sont aussi parfois un peu moins abordables pour tous lecteurs, du fait des détails scientifiques plus nombreux et plus riches qui peuvent paraître plus difficiles à comprendre pour ceux qui n’ont pas un bagage scientifique suffisant. Cependant, mon objectif est de faire avancer les athlètes en leur fournissant une information scientifique fiable sur la nutrition sportive. J’émettrais cependant une réserve concernant les articles d’Ergo-log, notamment au sujet de l’enthousiasme américain pour la science; un enthousiasme qui peut nous paraître un peu exagéré ou quelques peu outré dans certains cas, ne serait-ce que par rapport à notre mentalité européenne, totalement différente de celle de nos amis d’outre-atlantique.

La-science-et-la-nutrition-sportiveEn effet, cela nous paraît parfois incompatible avec la rigueur scientifique rigide à laquelle nous sommes habitués ici, en Europe. Cependant, mon intégrité professionnelle m’interdit d’interpréter les propos tenus, je me restreins donc à une traduction exacte de leurs articles. Ensuite, et seulement ensuite, j’ajoute un commentaire en fin d’article lorsqu’il y a lieu de préciser les conditions des expériences réalisées, d’émettre un doute sur l’intérêt pratique des études effectuées ou d’apporter des informations scientifiques supplémentaires. Il ne faut pourtant pas se tromper. La recherche scientifique américaine présente autant de valeur que la nôtre, les américains n’ont aucune leçon à recevoir de notre part à ce sujet. Ce que je critique parfois, c’est le ton employé par les vulgarisateurs qui voudraient, si je les comprends bien, passer parfois un peu trop vite des faits démontrés à leur utilisation pratique. En effet, et comme le soulignait Harvey, les américains réagissent plus vite que nous le faisons, ce qui explique aussi pourquoi la majorité des innovations en termes de nouveautés dans le domaine de la nutrition sportive vient des USA mais jamais d’Europe !

Les faits ne peuvent pas être contestés mais les conditions d’expériences peuvent l’être

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La nutrition sportive évolue très vite !

Cependant, et c’est une nuance de taille, il apparaît parfois que certains résultats d’expériences scientifiques peuvent nous sembler exagérés ou incohérents par rapport à la réalité de notre expérience de sportif. Pourtant, il s’agit de faits établis au cours d’expériences scientifiques contrôlées (donc le plus souvent avec un groupe de contrôle et placebo) et nous ne pouvons pas, moi en tant que rédacteur scientifique et les lecteurs de mon blog, remettre en doute des études qui ont été publiées dans de grandes publications comme le Journal of Nutrition et d’autres grands magazines de réputation bien établie. Comme vous le savez, les comités de lecture de ces magazines scientifiques ont pour charge de valider les études qui leurs sont soumises; ces comités étant eux-mêmes constitués de scientifiques généralement reconnus pour leur intégrité alors que les articles proposés sont également rédigés par des scientifiques reconnus pour leur compétence et leur respectabilité dans leur domaine. la question des conflits d’intérêt est cependant posée de plus en plus fréquemment.

Remettre en cause les études scientifiques traitées est hors de propos mais de les commenter est concevable

Il faut donc savoir accepter que certains résultats peuvent paraître étranges, dans un sens comme dans l’autre mais nous ne pouvons pas remettre en doute les résultats des études réalisées. Nous pouvons cependant nous interroger sur les conditions qui ont probablement permis d’arriver à des résultats que nous pourrions considérer comme contestables (sujets sédentaires, population trop ciblée, nombre de sujets trop peu nombreux, dosages faibles ou forts des molécules actives, grands débutants d’une pratique sportive, durée d’expérience et autres conditions d’expériences…). Nous pouvons également nous interroger sur le contexte des études effectuées. En effet, la question du contexte d’une expérience scientifique nous permet bien souvent de relativiser les faits avec clairvoyance, tout autant que d’émettre une synthèse pertinente – et souvent éclairante – par rapports à d’autres études ou à un contexte d’étude différent de l’expérience scientifique réalisée.

Dans tous les cas, il faut vous attendre à lire des textes et résultats d’études qui parfois, ne vous conviendront pas. A partir de là, vous devez bien comprendre que je ne passe pas des heures devant mon écran pour faire plaisir au plus grand nombre mais pour apporter des informations scientifiques que je considère comme fiables et utiles. D’ailleurs, rien ne m’y oblige, je ne suis pas payé pour le faire et les petites publicités pour l’un ou l’autre ne me rapporte d’ailleurs pratiquement rien sur l’année. Vous comprenez donc qu’il ne faut pas compter sur moi pour vous dire que la créatine ou les protéines vont vous flinguer les reins alors que des études scientifiques sérieuses ont prouvé le contraire, ni de vous inventer des rumeurs grotesques sur des radicaux libres “dangereusement” véhiculés par l’insuline et votre collation de post-entraînement. Si vous cherchez des comiques, ce n’est pas sur mon blog que vous les trouverez. A ce jour, je n’ai d’ailleurs pas encore entendu parler d’un athlète placé en dialyse à cause d’un régime hyperprotéiné; tout simplement parce que notre métabolisme est bien plus complexe que cela, fort heureusement.

La nutrition sportive évolue en même temps que d’autres domaines scientifiques

De même, il faut vous rendre compte que la nutrition sportive est un domaine de la science qui suit la même évolution que d’autres domaines technologiques et que dans ce cas, certaines considérations ou certains faits, lorsqu’ils sont prouvés par la science, pourront vous sembler parfois aberrants ou décalés. Pensez simplement que votre smartphone qui fait aussi GPS et bien d’autres conneries vous aurait semblé inconcevables il n’y a de cela pas même 5 cinq ans. Pour la nutrition sportive, c’est un peu pareil; la recherche évolue.

nutrition-sportive-en-capsules-et-en-poudreA ceci, ajoutons que ce genre de réaction est tout à fait compréhensible. Pensez qu’au Moyen âge, les gens étaient persuadés que le monde ne changerait jamais. Pourtant, la Renaissance italienne leur a donné tort. La crainte du changement est inscrite dans nos gènes, nous ne pouvons pas ne pas en tenir compte. Cependant, se réclamer de la modernité suppose que nous ayons l’esprit ouvert mais les pieds bien ancrés sur terre, l’un n’empêche pas l’autre. Sachons tout simplement faire preuve de bon sens et de rationalité. C’est un peu dans cet esprit que j’avais traduit cet article sur le jus d’oignon puisque d’une part, l’article nous apporte un éclaircissement sur le fonctionnement des antioxydants et que d’autre part, l’originalité du sujet nous apporte un décalage plutôt frais et sympathique. Pourtant, je ne suis pas certain que de se préparer un jus d’oignon tous les matins est une pratique à considérer sérieusement car comme on le dit souvent, la théorie ne commande pas aux faits, même si la théorie (et les faits qui en découlent en l’occurrence) est particulièrement intéressante sur le plan de la connaissance scientifique.

Soutenez la science, pas les rumeurs !

Ensuite, chacun voit midi à sa porte mais pour Mickey Mouse, ce n’est pas sur mon blog. Par contre, je soutiens la recherche scientifique et ceux qui s’y intéressent. Cela comprends certaines personnes comme William Janssens, JP Vau, Philippe Klein, Eric Rallo, François, Eric Copet, Juanito, Tom Sanders et tous les autres que je ne pourrais pas citer ici. Donc, vous comprendrez que vous ne me trouverez pas sur des forums où l’hypocrisie est la règle ni sur des groupes de discussion où chacun essaie de tirer la couverture à lui, même au prix des insultes et de la déconsidération des personnes (qu’ils ne connaissent d’ailleurs même pas), encore moins à perdre mon temps avec des gens qui se donnent des noms qu’ils n’ont pas à défaut d’avoir des compétences pour traiter sérieusement d’un sujet qui demande un minimum de sérieux. Ensuite, chacun est libre de lire ou de visionner ce qui lui semble agréable.

A part ceci, je ne considère pas cet aparté sur la nutrition sportive comme un “coup de gueule” ridicule mais plutôt comme une mise au point particulièrement utile. Et pour la compréhension de chacun, j’ajouterais que le respect de l’autre et l’ouverture au dialogue sont deux qualités qu’un nombre encore bien trop élevé de personnes se devraient de cultiver.

Merci pour votre écoute,- (et n’oubliez pas la règle: Merci pour + substantif, Merci de + Verbe !)

Eric Mallet

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